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Petro Lalaj

LA QUESTION DES PARTIS POLITIQUES EN ALBANIE

AU COURS DE LA LUTTE ANTIFASCISTE DE

LIBERATION NATIONALE







La question de l'existence en Albanie de pertis politiques, et en particulier d'un parti politique unique comme l'était le Parti communiste, est l'une des questions cardinales de l'histoire de notre peuple et de notre payis, elle se rattache à tous les problèmes, grands et petits, ainsi qu'aux événements les iplus importants de la période de la Lutte de libération nationele, c'est une question clé sì l'on veut comprendre le tournant historique radical qui eut lieu dans l'exístence du peuple albanais avee la fondation du Parti communiste d'Allbanie.

Une étude d'ensemble et approfondi:e de ce probléme important et de ses aspects particuliers fa non seulement une valeur scientifique, sur le plan des connaìssances, mais aussi une valeur éducative actuelle parce qu'elle sert à doter nos travailleurs et en particulier la jeum génération de la riche et brilliante expérience révolutionnaire de notre Parti, à tremper et à éduquer cette génération suivant les traditions d'un ardent patriotisme, de la fidélité au peuple et à la patrie et de sa révolutionnarisation marxiste-léniniste continue. Ces traditions constituent une source inépuisable pour former et tremper politiquement et i,déologiquement le jeune génération afin de faire d'elle une génération militante, révolutionnaire et intrépide au méme titre que notre Parti, capable de faire avancer notre révolution socialiste. L'étude de ce pro eme a une va eur actuel e parce que tout en faisant lia synthèse de l'expérience révolutionnaire historique de notre Parti, elle met en relief l'importante contribution apportée par ce dernier au Mouvement de libération nationale et au mouvement ouvrier révolutionnaire international, elle fait également ressortir la contrìbution apportée par le PCA et notre révolution populiaire à l'enrichissement de l'expérience révolutionnaire internationale, de la pratique et ide la théorie marxistes-léninistes.

La question des partis polirtiques et de l'existence d'un seul parti politique en Albanie constitue l'un des grands problèmes complexes de nos sciences sociales, problèrne qui a été et sera un objet d'étude pour nos historiens, philosophes, sociologues, chercheurs et travailleurs en général. Dans cet artiele, nous n'iav(>ns l'intention de traiter, assez brièvement d'ailleurs, que deux aspects de ce problème: d'une part, les principaux facteurs qui ont déterminé l'échee des tentatives des classes exploiteuses du -pays, des gros propriétaires fonciers et de la bourgeoisie, pour créer leurs propres organisations et partis politiques, et d'autre piart l'attitude observée par le Parti communíste d'Albanie vis-à-vis des organisations traltresses du "Balli Kombëtar" et du "Legaliteti". Ces deux aspects sont étrokement liés l'un à l'autre et traités en fonetion de la question de savoir pourquoi le Parti communiste d'Albanie fut et demeura l'unique parti politique progressiste et révolutionnaire dens le pays.





1. Les principaux facteurs qui ont déterminé l'échec des tentatíves de la bourgeoisie et des gros propriétaires terriens albanaís pour eréer leurs propres partis politiques.



Le fait que le PCA fut et demeura l'unique parti Politique dans le pays, qu'il assura la direction indivisible de la Luitte antifasciste de libération nationale du peuple albanaìs et de notre révolution populaire, s'explìque par les condìtions objectives favorables, les mérites et la sagesse du PCA, qui se montra à la hauteur des grandes táches ardues auxquelles il se trouvait confronté à l'époque, ainsi que par l'échec complet des tentatives des autres classes, et de la bourgeoisie en particulier, pour créer leurs propres partis politiques. L'échec de ces tentatives rehaussa l'autorité du PCA et renforga son róle dirigeant, il montra définitivement que le PCA était Tunique force politique qui représentait et défen,dait les intéréts de la patrie et de la nation albanaise, qui accélérerait le triomphe de la révolution populaire, l'instauration du pouvoir populaire et l'engagement de notre pays dans la voie de l'édification du socialisme.

L'ìncapacité des classes exploìteuses, de la bourgeoisie et des féodaux albanais, de créer leurs propres partis politiques, ainsi que la défaite qu'ils essuyèrent dans leurs tentatives en ce sens se rattiachent à plusieurs facteurs dont nous allons mentionner les príncípaux:

Premièrement, les tentatives les plus sérieuses en vue de créer leur propre organisation politique furent menées durant la Lutte de líbératíon nationale par la bourgeoisie albanaise et plus tard par les féodaux albanais. Ces tentatives se concrétisèrent dans la pratique avee la création du "Balli Kombëtar" en novembre 1942 et du "Legaliteti" en novembre 1943. Mais et la bourgeoisie et les féodaux albianais pensèrent trop tard à entreprendre un tel travail. Ils n'y pensèrent que lorsque la lutte armée menée par les communistes. avait pris de l'ampleur, qu'avaient été jetées les bases de l'alliance ,de la classe ouvrière avec la paysiannerie et que sur cette base s'étaitrèalisée l'union du peuple albanais dans la lutte contre les envahisseurs fascistes, que, à l'initiative et sous la direction du PCA, s'était créé le Front antifasciste de libériation nationale en tant qu'expression conerète de l'union du peuple dans la grande lutte antifasciste pour la liberté et l'indépendance nationale. Le peuple, qui avait. besoin d'un dirigeant capable d'assumer la responsabilité historique de l'organisation et de la directìon de sa lutte, Pavait déjà trouvé dans la classe ouvrière et son avant-garde, le Parti communiste d'Albanie. Ce fut un dirigeant tel qu'il le voulait et qu'il en avait jamais eu iauparavant, intrépide, fidèle, prét à affronter toute situation, habile dans l'action, maitre de la lutte révolutionnaire, sage et clairvoyant. Une telle direction satisfaisait toutes les. exigences du moment, toutes les aspirations du peuple et répondeít au mieux aux intéréts radicaux des ouvriers, des paysans, des intellectuels et de tous les patriotes albanais; c'est pourquoi le problème de la direction de la lutte de libération contre les envahisseurs fascistes pouvait &tre considéré comme résolu et il l'était en effet. Aucune autre direetion n'était nécess4aire, car on n'en avait pas besoin. Dans ces circonstances, il étaìt très difficile, pour ne pas dire impossible, de créer d'autres partis politiques en opposition avee le PCA et visant à l'éearter de la direction de la Lutte de libération nationale pour en prendre en main les rénes. C'est pourquoi les tentatives tardives de la bourgeoisie et des féodaux albenais pour créer leurs partis politiques ne pouvaient pas donner et ne donnè rent effectivement aucun résultat.

L'absence de partis politiques d'autres classes et les tentatives tardives de celles-ci pour en créer, étaient à l'avantage du PCA, ce qui favorisa et facilita tant la fondation de celui-ci que le rehaussement rapide de son autorité et de son róle dirigeant dans la Lutte de libération nationale. Ce retard constituait done un obstacle insurmontable pour la bourgeoisies et les féodaux, qui n'allaient jamais rattraper le temps perdu malgré leurs efforts incessants.

Ce retard n'était pas fortuit. C'était la conséquence logique et ìnévitable de l'attitude conformiste et ópportuniste, de la ligne de conciliation et de soumission suivie par la bourgeoi:sie réactionnaire albaniaise depuis la défaite de la révolution démocratique de 1924. Conformiste et soumise, la bourgeoisie albanaise ressemblait à un noyé qui a perdu tout espoir.

Le retard en ce sens de la classe des propriétaires terriens albianais également étaèt inévitable, c'était la COnséquence de la position de cette classe qui, à l'époque de Zogu, se maintenait au pouvoir par la violence et en usant de méthodes obscurantistes; sous l'occupation fasciste elle devint le principal appui socialdes envahisseurs. Dans ces circonstances, cette classe n'eut jamais besoin d'avoir son propre parti politique. Lorsque ses positions furent ébranlées et ce besoin devint manifeste, les possibilités offertes à cette classe, qui avait f ait son. temps, et sa capacité de créer un parti politique qui pút jouer un róle tant soit peu positif dans la libération du pays, étaient extrémement limitées, beaucoup plus limitées que celles de la bourgeoisie.

Deuxièmement, le conformisme et la soumission de la bourgeoi~sie albanaise étaient conditionnés et s'expliquent par sa nfature réactionnaire et son égoYsme de classe. Bien que jeune en tant,que classe et se rattachant à un ordre économique supérieur, la bourgeoisie albanaise, méme quand elle eut accédé au pouvoir au lendemain de la révolution de 1924, ne lutta pas résolument pour indiquer à cet ordre lia voie à suivre. Ayant pris peur de l'élan révolutionnaire et des tendances progressistes des masses, elle se mit à contenir cet élan, puis à le paralyser, à faire machine arrière, en ne réalisant pas les réformes démocratiques qu'elle avait promises, à hésiter, à passer des compromis avec les gros propriétaires fonciers et à liaisser en chemin la révolution. Après la défaite d~e cette révolution, la grande bourgeoisie se tourna entièrement vers la réaction, se lia et conclut une nouvelle alliance avec les gros propriétaires fonciers et, de concert avec eux, opprima et exploita le peuple. Ce passage de la bourgeoisie vlbanaise de ses positions démocratiques et progressistes, fussentelles vacillantes, à des positions franchement antidéinocratiques et réactionnaires, fut déterminé non pas tant par la défaite qu'elle avait subie que piar ses intéréts de classe égolstes.

L'expérience historique a montrè que ses intéréts de classe étroits, la crainte que lui inspirait le mouve

ment progressiste et révolutionnaire des masses populaires, ainsi que son anticommunisme forcené ont toujou,rs aveuglé la bourgeoisie albenaise et ont été à la base de son attitude conformiste et de son alliance d'abord avec les gros propriétaires fonciers, ses ennemis de naguère, et ensuite, méme de fagon camouflée, avec les envahisseurs fascistes. La bourgeoisie albanaise considérait la clique réactionnaire de Zogu au début et le régime fasciste par la suite comme un moyen de coercition, un fouet lui permettant de juguler les masses travailleuses opprimées et exploitées. Tant que ce moyen restait efficace, tant que l'existence de la bourgeoisie était assurée, tant qu'elle continuait en toute tranquillité d'exploiter le peuple et de s'enrichir, tant que ses richesses et-ses privilèges n'étaient pas mis en cause, elle n'avait aucune raison de s'opposer au régime de Zogu ou au. régime d'occupation et, partant, elle n'éprouviait pas le besoin d'avoir son propre parti politique. Il en découle que cette classe ne fit jamais de sérieux efforts, sous le régime féodalo-bourgeois de Zogu et durant les premières années de l'occupation fasciste du pays, pour organiser la moindre opposition politique et encore moins pour fonder un parti politique qui lui fút propre. La bourgeolsie albanaise ne remua pas méme son petit doigt au moment de l'occupation fasciste, qui fut si tragique pour les destinées du pays. Non contente d'avoir adopté une attitude de spectateur, elle fit tout pour saboter la résistance du peuple à l'occupant et sia lutte contre lui; bien plus, elle commenga à flirter et à passer des compromis avec l'agresseur fasciste tout en se gardant de se compromettre aux yeux du peuple. Comme l'expérience historique l'a montré, la bourgeoisie albanaise n'hésitant devant aucune bassesse pour satisfaire ses int,éréts de classe étroits et égoistes, il n'y avait pour elle rien de sacré, elle était préte à fouler aux pieds et à vendre honneur et dignité, nation et patrie. En conséquence, une classe pareille ne pouvait plus jouer aucun r61e progressiste dans l'histoire du pays et aucun parti ni organisation politique progressiste et antifasciste ne pouvait sortir de son sein.

Troisièmement, un facteur important qui, d'une part: favorisa et facilita la création et la croissance du PCA et rehaussia son róle dirigeant, et qui, d'autre part, entrava et rendit impossible la création d'un parti politique bourgeois, ce fut la faiblesse et l'incapacité de la baurgeoisie albanaise en tant que classe.

Cette faiblesse était due aviant tout au fait que la bourgeoisie albanaise en tant que nouvelle classe en cours de formation, ne parvint à se consolider ni économiquement ni polìtìquement. C'est dans cette faiblesse, conditionnée par le niveau de son développement et sa position socio-économique, que le camarade Enver Hoxha voit l'une des principales raisons pour lesquelles la bourgeoisie albanaise ne réussit pas à créer son propre partì politique. "L'Albanie, dit-íl, se trouvait au croisement de deux périodes historiques, à la phase du déclin du féodalisme et à la phase du développement du capitalisme, où les grands propriétaires terriens, en tant que vieille classe, se précipitaient à leur ruine et où la bourgeoísie n'avait pas encore atteint un degré de developpement lui permettant d'avoir fút-ce un seul parti politique"*.*( Enver Hoxha, Rapports et discours 1967-1968, éd. alb., p. 154.) L'extension et la consolidation des positíons éconorniques de la bourgeoisie en Albanie étaient extrémement lentes en sorte que sa part relative dans l'économie du. pays fut et demeura réduite; pextant, elle ne pouvait jouer qu'un rôle de second ordre dans la vie économique et politique.

La faiblesse de la bourgeoisie albanaise s'expliquait aussi par tout le passé de cette classe et surtout par le tournant contre-révolutionnaire et réactionnaire qu'el e avait opéré. Le conforinisme et l'attitude passive, 1'.esprit de compromis et les tendances marquées à trahir les intéréts nationaux, trouvèrent un terrain propice dans cette classe, ils y furent enmcinés et cultivés si bien qu'ils en devinrent es tralts caractéristiques.

Les políticiens les plus connus et les plus capables de la bcyurgeoisie albanaise, élevés et formés dans un milieu marqué par un esprit de compromis et de soumission, n'avalent aucune expérience de la véritable lutte politique, il leur manquait done le sens de la responsabilité historique, le courage et le flair politique, ils étaient incapables de manoeuvrer dans les tournants politiques. La bourgeoisie albanaise ne sortit pas de son sein, et elle ne le pouvait pas, d'honunes politiques doués, elle s'en tint à ses politiciens de l'ancien type qui aviaient fait leur temps et dont le passé était d'ailleurs fort douteux, à des politiciens qui avaient cent drapeaux dans leur poche", qui "manquant de courage, n'usalent que de ruses", tels que Mithat Frashëri, Ali Këlcyra, Kol Tromara et Fazlli Frashëri. Ces beys et intellectuels embourgeoisés avalent done Sait leur temps; loin de connaltre et de comprendre la véritable lutte politique, ils l'identifiaient aux intrígues, aux tripotages et aux complots de cabinet et de coulisse.

La faiblesse de la bourgeoisie albanaíse et de ses politiciens apparut iau grand jour aux moments décisifs pour les destinées du peuple et de la patrie, car ils se montrèrent tout à fait incapables d'influer tant soit peu positivement sur le cours des événements. S'ils y exerc&rent une certaine influence, elle ne fut que négative. Le dernier mot de cette classe fut la création de l'organisation du "Balli Kombëbar" qui n'était qu'une caricature politique sous tous les aspects. Cette organisation et surtout ses chels de file offraient la synthèse de tous les traits négatifs de la bourgeoisie albanaise en tant que classe, elle reflétait son incapacité et ses foiblesses, toute sa pourriture.

Quatrièmement, dans les conditions de l'occupation fasciste et d'une situation révblutionnaire créée en Albanie à la suite de cette occupation, des partis politiques ne pouvaient naltre, prendre racine et ercure que sur le sol nationel, le sol du patriotisme et de la lutte contre l'occupant étranger, pour la liberté et l'indépendance nationale. En dehors de ce sol, les partìs politiques, quelle que fút la classe ou couche sociale qu'ils eussent représentée, quel que fút leur programme, seraient demeurés formels, sans víe et auraient été voués à l'échec.

Un des facteurs importiants qui contrìbuèrent à la naissance et au succès certain du PCA, ainsi qu'à aceroitre sans cesse son autorité et son róle dirigeant, fut précisément le fait qu'il naquit et se tint fermement sur le sol natíonal, sur le sol de la lutte pour la libération de la patrie du joug étranger. Etant le seul parti politique du pays, le PCA se dressa tout entier et sans réserve dans une lutte armée, incessante et intransigeante, contre l'occupant fasciste, il devint le porte-drapeau de cette lutte, le défenseur et le porte-parole des íntéréts nationaux et de l'indépendance du pays, sIdentifient ainsi tout naturellement au patriotisme le plus pur et le plus élevé.

En revanche, les tentatives des autres classes, celles des grands propriétaires fonciers et de la bourgeoisie, pour créer leurs propres partis politiques étaient vouées à Féchec et elles échouèrent précisément parce qu'elles ne s'appuyèrent pias sur le sol national de la lutte pour la libération du pays. "Aucune classe, indique le camarade Enver Hoxha, aucune couche sociale, aucun autre groupe politique n'est apparu avec son propre parti pour arborer le drapeiau de la libération nationale, parce qu'iI n',étalt pas en mesure de jouer un róle indépendant dans Farène politique du pays, de dire, de faCon indépendante, son mot, de créer un parti à lui, un parti politique stable, reposant sur de solides fondements idéologiques et organisationnels."* *( Enver Hoxha, Rapports et discours 1967-1968, éd- alb., p. 155.)

La classe des gros propriétaires fonelers albanais avait rompu depuis longtemps tout lien avec sa nation et sa patrie, elle les avait vendues et trahies en tout temps, elle était devenue un instrument aveugle dans les mains de l'occupant fasciste, aussi ne pouvait-elle dire son mot de faCon indépendante. D'autre pa-rt, la bourgeoisie réaetionnaire albanalse était, elle aussi, incapable de dire son mot, de faQon l'idépendente, dans l'arène politique du pays, malgré ses efforts pour donner l'impression d'être pure de toute táche, éviter de se compromettre en tant que classe et cacher avec soìn sa collaboration avec l'occupant fasciste. De nombreux repré entants de cette classe se mirent, dès le lend in au service de l'appareil d'Etat fasciste, de l'occupation, mais cette méme classe garda certains contingents en réserve, qu'elle mit en action à l'apparition du "Balli Kombëtar".

Il va de soi qu'il pouvait y avoir des éléments patriotes dans les rangs de la grande bourgeolsie et des gros propriétaires fonciers elbanais, et il y en eut effectivernent, mais ils étaient fort rares. Ces mémes éléments participèrent à titre individuel au Front de lìbératìon nationale ou lui apportèrent leur soutien. D'autre part,la moyenne et petite bourgeoisie albanaise, qui dans sa majorité, se tenait sur des posMons piatriotiques et démocratíques, ne put, elle non plus, créer un parti politique à elle, ni dire son mot de farpon indépendante dans l'arène politique du pays. Mais, alors que la grande bourgeoisie albanaise ne fut pas capable de créer un parti ou une organisation politique progressiste et antifasciste en ralson de sa nature réactìonnaire et de ses liens de collaboration avec l'occupant fasciste, la moyenne

et petite bourgeoisie qui se tenalt sur des positions patriotiques ne fut pas à méme de fonder un parti à part parce, clu'elle était éperpillée, faible, souvent timide et hésita-nte, qu'elle ne constitualt pas une force politique considérable et n'était pas capable d'assumer l'organisation et la direction de la lutte contre l'occupant fasciste.

Cela explique pourquoi elle s'appuya sur le Front de libération nationale et y participa activement; ce Front satisfalsalt toutes les demandes et les aspirations patriotiques et démocratiques de ces couches de la bourgeosie. Ces couches firent leur la plate-forme politique du Front et restèrent dan§ ses rangs jusqu'au bout; elles n'éprouvèrent jarnals le besoin de s'organiser en tant que forces politiques à part eu sein òu en élehors du Front et ne firent aucune tentative en ce sens; elles ne s'opposèrent jainais non plus au Front au cours de la Lutte de libération nationale. Cette attitude de leur part fut favorisée et renforcée par la lutte résolue que menaient les communistes albancis et par l'essor du Mouvement do libération nationale qui les aidèrent à surmonter toute hésitation ou oscillation, à manifester et à consolider librement leurs tendances patriotiques et progressistes.



La création et l'activité des organisations traitresses du "Balli Kombëtar" et du <<Legialiteti>> montrèrent que la bourgeoisie et les gros propriétaires fonciers étaíent incapables ~de dire leur mot de fagon indépendante dans Parène politique du pays, qu'aucun parti ou organisation patriotique et antifasciste ne pouvait sortir de leur sein. En dépit de leur masque de patriotisme et de leur slogans de liberté, ces organisations se situèrent dès leur apparition dans la mouvance des accords et de la collaboration avee l'occupant.

Méme si la bourgeoisie et les gros propriétaires fonciers, ces classes exploíteuses, avaient voulu mener un travail sérieux pour créer leurs propres partis ou organisations politiq,ues animés d'un véritable patriotisme et favorable à la lutte contre l'occupant fasciste (ce qui était pratiquement impossible, car une chose piareille était contraire à la situation réelle de ces classes et à leur nature), ils n'auraient pu s'emparer de la direction de la Lutte antifasciste ni prendre le pouvoir, incapables qu'ils étaient de se mesurer au PCA et à la classe ouvrière dans le domaine de la lutte armée de libération, de la fermeté et de la volonté de combattre, du courage et de la bravoure, de l'esprit révolutionnaire et de l'abnégation. Méme si les choses s'étaient passées ainsi, le PCA seralt demeuré la force dirigeante fondamentale et aurait joué son ról-e de catalyseur dans le Mouvement antifasciste ~de libération nationale.

De son cóté, le PCA ne craignait pas la création d'autres partis politiques progressistes et antifascistes. Cependant, il ne fiavorisa ni n'encouragea, pas plus qu'il n'entrava ni ne contrecarra, la création de ces partis-là. Si de tels partis politiques antifascistes s'étaient formés, le PCA n'aurait pas hésité à collaborer avee eux au sein d'un seul et méme front antifiasciste. Le fait qu'il n'y eut pas en Albanie d'autres partis politiques, loin d'étre un faeteur négatif, revétit une importance positive. S'ils sIétaient formés, ces partis auraient été hésitants, ils auraient passé des compromis avec l'ennemi, et, après la Libériation, de partis à tendances antifascistes et progressistes qu'ils auraient été, ils seraient devenus des partis réactionnaires qui tenteraient d'entraver puis de freiner l'essor de la révolution ~populaire, de faire faire machine arrière à l'histoire en luttant pour porter de nouveau au pouvoir les classes exploiteuses.

Expliquent pourquoi il n'y eut pas d'autres partis politiques antifascistes en Albanie, le camarade Enver Hoxha a dit: "Considérant le fait historique de l'absence chez nous d'autres partis politiques, nous affirmons que pour la classe ouvrière et le peuple albancis, pour la cause de la révolution et du socialisme en Albanie, cela a été un grand bien, d'une importance incalculable, mais pour la bourgeoisie, par contre, pour la réaction nationale et internationale, un grand malheur, une perte fatale. Quelle caractère et quel but auraient eus les autres partis politiques, qu'auraient-ils représenté et quels intéréts auraient-ils défendus? Bien entendu, les intéréts des beys, des agas, des commergants, des capitalistes de la ville et de la campagne... Toute leur activité aurait été nuisible à l'unité du peuple, à la lutte de libération, elle aurait été dirigée contre le pouvoi~r populaire, contre les grandes réformes économiques, politiques et structurelles, elle aurait été nuisible au relèvement du pays et à l'édification du socialisme.

<<Cela a été prouvé très clairement au cours de la Lutte cle libération nationale, lorsque les orgenisations politiques du <<Balli Kombëtar>> et du <<Legaliteti>>, dans lesquelles s'étaient rassemblés les représentants des clas, ses dominantes et expIoiteuses du pays, firent ouverternent cause commune avec les envahisseurs nazis-fascistes et devinrent :des instruments des impérielistes angloan-1éricains pour saper la lutte de libération du peuple albanais. Cela a été confirmé aussi après la libération du pays, lorsique les représentants de la bourgeoisie et agents des Amérioains et des Anglais, Riza Dani, Shefqet Beja, Gjergj Kokoshi et autres, tentèrent de créer un parti politique pour miner le pouvoir populaire et l'édification de l'Albanie nouvelle, socialiste, tentative qui fut écrasée par hotre Parti et -le Front démocratique."* *( Enver Hoxha, Rapports et discours 1967-1968, éd. alb., pp 157-158.)

Cinquièmement, l'existenee du Parti communiste d'Albanie, en tant que premier et unique parti politique créé dans le pays etdevenu Váme et le cerveau du Mouvement antifasciste de libération nationale du peuple albanais, était un important facteur qui, objeetivement, joua un grand róle dans la question de la création d'autres partis et organisations politiques.

Les classes exploiteuses, les gros propriétaires fonciers et la bourgeolsie, étaient obligées de tenir compte de ce facteur. Ce furent justement l'existenee du PCA et l'affirmation de son róle dirigeant au sein du Front de libération nationale qui alarmèrent ces classes et les poussèrent à créer en háte et fiévreusement leurs organisations du "Balli Kombétar" et du "Legaliteti". Ces classes, qui ne s'étaient falt de soucis et n'avaient bougé n! quand l'Albanie avalt été menacée, ni quand elle fut occupée, ni quand la terreur fasciste s'abattit lourdement sur le pays, ces classes done enragèrent et se dresserent en voyant que le peuple, dirigé par le PCA, allait prendre le pouvoir.

Ce qui frappalt en particulier, c,étalt la réaction de la bourgeoisie. L'existence du PCA et du Front de libération nationale obligea la bourg.eoisie albanaise à sortir de son repaire et à jeter les dés, à accepter l'affrontement et la bataille idécísive dont dépendrait son sort. Avec la création du "Balli Kombétar" fut amorcé en fait un tournant dians la conduite et la politique de la bourgeoisie réactionneire albanaise, le passage de la politique traditionnelle de soumission passive et bi,enveillante et de collaboration timide et masquée, à une politique active de collaboration avec l'occupant fasciste italien à la suite de quoi elle mobilisa et engagea toutes ses forces dans la lutte contre le Mouvement de libération nationale. La bourgeoisie occupa ainsi le premier plan sur la scène politique de la réaction albanaise et devint le principal appui social de l'occupant en faisant passer au second plan les gros propriétaires fonciers. C'est de cette façon que s'éliargit en Albanie l'appui social du fascisme. Les deux classes exploiteuses du pays, les bourgeois et les gros propriétaires fonciers, avaient désormaís assume sans aucune réserve ce róle, mais, alors que ceux-ci le faisaient ouvertement, ceux-là s'y prenaient de fagon dissimulée. Le tournant opéré par la bourgeoisie s'expliquait également per les changements que les fascistes italiens apportèrent à la politique qu'ils suivaient en Albanie: ils fondaient maintenant leurs espoirs et avaient jete' leur dévolu sur la bourgeoisie du pays, étaient très attentifs à elle et lui apportaient le plus gros de leur appui. Approuvée et soutenue par les fascistes italiens, la bourgeoisie idevint l'initiatrice de "réformes" en vue de la création d'un "Etat albanais indépendant" dans le cadre de l'empire fasciste italien. Mais ces changements d'ordre tactique dans la politique suivie piar le fascisme italien en Albanie eurent pour effet de faire de la bourgeolsie albanaise, à travers le <<Balli Kombëtan>>, la plus puissante et la plus dangereuse des armes dans les mains de l'occupent, car cette bourgeoisie assuma un róle de scissionniste, de cinquième colonne, dans les arrières du Mouvement de libération nationale, elle devint le prornoteur d'une nouvelle démagogie, <<nationaliste>> par sa forme, fasciste par son contenu.

L'existence du PCA et la juste ligne qu'il suivalt influèrent puissamment sur le destin de ces organisations, sur l'évolution du <<Balli Kombëtar>> et du "Legaliteti", qui, d'orgianisations démagogiques et pseudo-patriotiques qui collaboraient en sous main avec l'occupant, se transformèrent en des organisations traitresses qui passèrent ouvertement dans le camp des fascistes, ennemis du peuple.

Cette influence revétit un caractère objectif, et loin d'étre arbitraire et de porter atteinte aux événements et au processus historique, elle fut le résultiat inévitable de ce dernier. Se dressant tout entier dans une lutte armée à outrance contre les envahisseurs fascistes, poursuivant et étendant sans cesse eette lutte et se tenant à l'avant-garde du Mouvement de libération nationale, sans tenir compte des sacrifices à consentir et des difficultés à surmonter, le PCA devint objectivement un point de référenee, une cime que l'on aperceviait de toutes parts et qui permettait aux simples gens, aux ouvriers, aux intellectuels et à tous les honnétes nationalistes de s'orienter comme il se devait et de ne pas se tromper, de comparer, de juger et d'apprécier à leur juste valeur les forces en présence, de choisir librement la vole juste menant à la victoire. Fortes de ce point de référenee, les larges masses citadines et rurales ne se leissèrent pas tromper par la démagogie patriotique du "Balli Kombétar" et du "Legaliteti" et ne tombèrent pas dans leur piège.

Grâce au PCA, fut créé et consolidé un nouveau type, supérieur, de patriotisme, jamais vu auparevant dans l'histoire de notre peuple et: qui fit perdre son peu de valeur au faux patriotisme du "Balli Kombëtar" et du <<Legaliteti>>. Il va sans dire que ce nouveau patriotisme, sans précédent, ne tomba pas du ciel, mais fut ianimé et trempé par le PCA, qui, ayant hérité les plus brillantes t~raditions de patriotisme du passé, les enrichit et les porta à un niveau qu'elles n'avaient jamais atteint jusque-là. Ge nouveau patriotisme avait ses propres traits distinctifs: il était avant tout populaire, un patriotisme de masse, il se reflétalt dans le courage et l'abnégation non pas de quelques éminentes personnalités ou d'un cerele restreint de personnes, mais chez des milliers de combattants, de partisans, il se reflétait dans l',esprit de sacrifice que montralent les larges masses dans les arrières :de l'Armée de libération nationale albanaise, les paysans, les iemmes, les jeunes, il se reflétait brillamment drans l'engagement des fils du peuple, des ouvriers et des paysans, dans les rangs du Parti et de l'ALNA pour devenir des commissaires politiques et comniandants capables et talentueux, d'éminents organisateurs et dirigeants politiques; ce patriotisme faisiait toujours passer avant tout les intéréts du. peuple et de la patrie en défendant jusqu'au. bout ces derniers sans reculer devant aucun obstacle, difficulté ou sacrifice; il se manifestait non seulement à des moments détermmes, non seulement dans la lutte iarmée et dans l'affrontement avec l'ennemi, mais aussi dans la vie et la pratique de tous les jours des combattants et de ceux qui participaie.nt au Mouvement de libération nationale. Ce nouveau patriotisme, conscient, émenait de la justesse de la cause pour laquelle combattaient le peuple et le Parti, de l'enthousiasine et du. pathétique que suscitait l'idéal de la liberté et de l'édification de la vie nouvelle et heureuse du peuple. Les communistes étaient les inspirateurs et les promoteurs de ce nouveau patriotisme, du patriotisme des "viaillants qui allaient libérer l'Albanie>>.

Le "Balli Kombëtar" et le "Legaliteti" ne trouvèrent rien d'autre à opposer à ce véritable et ardent patriotisme que leur phraséologie niationaliste démagogique et leur faux patriotisme; ces organisations fondèrent leurs uniques espoirs sur la puissance mystificatrice de leurs vaines paroles, sur la création de la psychose nationaliste et anticommuniste et ils engagèrent pour ce faire toutes leurs énergies et toute leur intelligence. Il ne faut pas oublier que dom ce domaine le "Balli Kombëtar" et le "Legaliteti" disposaient de moyens financiers et de propagande illimités, car ils jouissaient du plein appui de la presse et de la machine de propagande énorme du fascisme et des; quislings qui, tous ensemble, crachaient chaque jour leur fiel politique et idéologique contre les communistes et le Mouvement de libération nationale. Toutefois, le. furieuse campagne de calomnies, moui.e iusque-là, orchestrée par les idéologues ballistes et tous les autres ennemis, ne put tromper le peuple albanais ni le faire tomber dans le piège de leur nationalisme pourri.

A part la lutte armée et intriansigeante poursuivie chaque jour par le PCA et le Front de libération nationale, qui constituiait la pierre angulaire et le facteur objectif décisif dans la dénonciation de la propagande trompeuse du "Balli Kombëtar" et!du "Legaliteti", l'agitation et la propagande menée par le PCA jouèrent, elles aussi, un róle important dans le dévoilement et la dénonciation de la trahison de ces organisations. Bien que le Parti manquát de moyens de propagande, sa parole était si iconvaincante, si vraie, qu'elle se répandait avec la rapidité de l'éclair. A travers les tracts, les communiqués, la presse clandestine et Fiagitation quotidienne des communistes, la parole du Parti passait de bouche à oreille, d'une maison à l'autre, de quartier en quarti-er, d'une chaumière à l'autre et de village en village pour enflammer le coeur des Albanais. Gráce au traviail inlassable que menaient chaque jour les communistes, des milliers de combattants de la liberté, des ouvriers et des paysans, des intellectuels et des patriotes non inscrits au Parti devinrent progressivement des agitateurs et de propagandistes de la ligne du Parti en sorte que la parole et les idées de ce dernier se matérialisaient, devenant ainsi une force qui dressait les larges masses du peuple dans la lutte contre l'occupant et les traltres. Il y avait done des liens et une dépendance mutuelle entre l'activité pratique, les iactions et la lutte armée par le Parti d'une part, et sa parole et ses idées, de l'autre. La lutte et les actions quotidiennes étaient à la source et à la base du pouvoir persuasif de la parole du Parti et, inversement, la parole et les idées du Piarti ouvraient de nouvelles perspectives pour de plus nombreuses actions, de plus grande envergure et d'une nouvelle force de frappe. C'est dans cette unité de la parole et de l'action, des idées et de la pratique révolutionnaire et combattante quotidienne que résidaient la force et l'invincibilité du PCA et du Mouvement de libération nationiale. C'est précisément contre cette force que vinrent et leur faux le "Balli Kombëtar", le se briser patriotisme. C'était la première fois dans l'histoire de ple que cet affrontement était total et irrèversible, une véritable lutte à mort. Dans cet affrontement le faux patriotisme ne perdit pas naulement une bataille, il fut définitivement déniantelé. Ce genre de patriotisme ainsi que les classes dont il était le produit furent enterrés pour ne plus renaître.

Sixièmement, un autre facteur important qui conduisit egalement à l'échec des tentatives des autres classes pour creer leurs propres partis politiques, qui accéléra le processus de la faillite du "Balli Kombëtar>> et du "Legaliteti" et qui, en meme tenips, aida le PCA a accroître son autorité et à remporter un plein succès, q'ìa été la question de la perspective d'avenir, la question des garanties offertes par chacune des forces en présence pour la satisfaction des reven-dications et la réalisation des aspirations du peuple après la libération du pays.

Les perspectives d avenir offertes par les ciasses exploiteuses étaient sombres, c'était le retour en arrière. Si ces classes venaient à prendre de nouveau le pouvoir, elles ne pouvaient donner au peuple qu'oppression et exploitation. Dans le passé, chaque fois que les classes exploiteuses aviaient demandé aux masses, et surtout à la paysannerie, de les soutenir, elles leur avaient fait des promesses, mais une fois au pouvoir, elles les avaient toujours trompées en ne tenant aucune de leurs promesses. Cette fois, les classes exploiteuses se trouvaient dans une très mauvaise posture, car le peuple avait gardé un souvenir très précis de l'amère expérienee de son passé et surtout de 1924, il avait maintenant à sa téte le PCA, qui lui servait de point de référence en cette question aussi. C'est justement parce qu'elles se trouvaient dans une très mauvaise posture que les classes exploiteuses se montrèrent excessivement zélées pour fiaire des promesses, en s'enfonant dans une démagogie effrénée qui dépassait toute limite. Elles promettaient d'éliminer l'exploitation des ouvriers et des paysans, elles promettaient une Albanie équilibrée du point de vue social, où chacun aurait un emploi et un logement, où l'agriculteur recevrait la terre et aurait une vie assurée, où l'on verrait s'accroitre la dignité des ouvriers et des paysans, etc. Mais dans la bouche des chefs de file et des propagandistes du <<Balli Kombëtar>> et du <<Legaliteti>> ces promesses sonnaient creux et n'étaient que pur paradoxe. La réalisation de ces promesses auraient sonné le glas des prometteurs. Il apparaissait ainsi que les bourgeois et les gros propriétaires fonciers, par leur propre <<volonté>>, étaient préts à renoncer à leur domination, à l'exploitation des autres et à leurs richesses qu'ils donneraient au peuple, mais à une petite condition: qu'il se détourne des communistes. Les classes exploiteuses et leurs idéologues se rendaient bien compte que sans isoler le PCA des masses et sans le líquider, ils ne pouvaient pas empécher la révolution populaire de progresser ni le pouvoir populaire de s'instaurer.

Or cette campagne effrénée de mystification et de fausses promesses n'eut pas l'effet que souhaitaient le <<Balli Kombëtar>> et le <<Legaliteti>>, bien au contraire, elle éveilla la méfiance des larges masses du peuple et, avec le temps, n'ayant plus aucune prise sur celles-ci, elle finit par leur devenir odieuse.

L'activité pratique quotidienne du "Balli Kombëtar", qui ne correspondait en aucun point à ses belles promesses, a été pour beaucoup dans l'échec de cette campagne et le discrédit qu'elle s'attira. Pratiquement, les bandes armées du <<Balli kombëtar>>, qui ródaient dans les zones libérées par l'ALNA, se comportaient brutalement avec le peuple, se livraient à des actes arbitraires, à des menaces, semaient la division, soutenaient les paysans riches, les spéculateurs et les usuriers au détriment des paysans pauvres et moyens, et, quand elles le pouvaient, elles pillaient et tuaient. Ces bandes devinrent des nids de criminels, de brigiands, d'espions et, une fois chassées des zones libérées, elles se muèrent en bandes de bachibouzouks, de tueurs et de pilleurs, ouvertement au service des envahisseurs allemands. A la suite de ces agissements, le nom de <<balliste>> prit parmi le peuple un sens très péjoratif, devenant un synonyme de traitre, dé magogue, espion, criminel, voleur, poltron. Et lorsque le "Balli Kombëtar" se réduisit en cet état, il oublia ses promesses et ne gardia dans ses mains que le poignard, c'est-à-dire qu'il montra enfin ouvertement son véritable Visage, celui du bourreau du peuple et du traltre à la patrie.

Par contre, le PCA offrait d'autres perspectives d'avenir au pcuple albanais, diwnétralement opposées à celles offertes par le "Belli Kombëtar". Dès la fondation du PCA, on vit clairement la perspective réelle de l'avènement du peuple au pouvoir qui allait devenir le véritable maltre tout-puissant de ses destinées. Cette perspective ne coneernait pas seulement l'avenir, mais commenga à devenir une réalité au cours méme de la Lutte de libération nationale. Chaque pas en avant dans le renforcement et l'extension de cette Lutte était en méme temps un pas en avant dans la réalisation de cette perspective qui, avant méme la fin de la lutte armée contre l'occupant et les traltres, devint une réalité et fut sanetioné-e au Congrès de Pérmet qui posia ainsi les fondements d'un Etat alba~nais nouveau, populaire.

Le PCA montra également au peuple la perspective réelle de l'instauration du pouvoir populaire qui, après la libération du pays, procéderait à de profondes réformes sociales et économiqu,es à son profit, réaliserait toutes ses aspirations, il lui montra également que c'était lui, le peuple, qui jouirait de tous les droits et de toutes les libertés démocratiques. D'ailleurs, ce n'était pas là seulement une perspective d'avenir, cela était immédiiatement mis en oeuvre dan§ la mesure, certes, où les conditions de la guerre le permettaient. Dans les zones libérées, le peuple jouissait effectivement de droits et de libertés démocratiques, il était devenu maitre de ses destinées et gouvernait lui-méme. Dans ces zones-là, l'ancien régime avait été renversé et démantelé, toutes ses lois annulées, tous les impóts, y compris Ila dime, supprimés, et le Parti faisait appel au peuple dans les zon,es occupées pour qu'ils U'obs,ervát pas les lois de l'occupant et r-efusát de payer les impóts. Le Parti et l'ALNA luttaient contre les spéculateurs et défendaient les paysans des actions arbitraires des exploiteurs, des criminels et des bandes du "Balli kombëtar" et du "Legaliteti", ils aidaient le peuple dans ses travaux agricoles, ouvraient des écoles et organisaient des cours d'alphabétisation pour adultes, etc. Certes, ce n'était là qu'un début, les premiers signes des transformations qui seraient accomplies après la libération du pays et qui donneraient un tout autre aspect à l'économie et à la société albanaises.

C'est également au PCA que se liait la perspective à long terme, mais brillante, de la construction du communisme en Albanie, la perspective de l'élimination des disparités essentielles entre le traviail intellectuel et le travail manuel, entre la ville et la campagne, la perspective du développement et de l'épanouissement total de l'homme en tant qu'individu et de la société albanaise dans son ensemble. Les classes exploiteuses, le <<Balli Kombëtar>> et le "Legaliteti"", ainsi que tous les autr:es ennemis, firent tout pour ternir cette brillante perspective, pour discréditer l'idée de communisme, présenter celui-ci comme un épouvantail et effrayer ainsi les masses afin de les amener à s'éloigner des communistes. Mais les attaques et les calomnies de ces ennemis étaient en opposition flagrante avec la réalité, l'activité pratique, les prises de position et le comportement quotidien des communistes albianais les mettant chaque jour en échec. Le peuple voyait les communistes lutter, mener des actions, déployer une activité pratique. Dans l'esprit du peuple l'image du communiste fut gravée en tant qu'image légendaire symbolisant le courage et l'abnégation, la sagesse et la maturité politiques, lia modestie et une pureté morale de cristal, la fermeté révolutionnaire, la haine de l'ennemi fasciste et des traltres, l'amour du peuple et le dévouement à sa cause. Ainsi, le peuple se convainquit, par sa propre expérienee, que ceux qui pouvaient creindre le communisme et le PCA, c'étaient bien les classes exploiteuses et leurs organisations, le "Balli Kombëtar" et le "Legaliteti", et non pas lui, le peuple. A travers Ia lutte menée et l'exemple donné par les communistes, sans force,r arbitrairement le processus historique du cours des événements, sans déborder le cadre des táches à remplir par la Lutte de libération nationale, le communisme, loin de d~evenir un épouvantail pour le peuple, pénétrait peu à pcu le coeur des gens et devenait l'idéal des larges masses travailleuses. En méme temps que le róle dirigeant et l'autorité du PCA, s'accroissait aussi la sympiathie pour le communisme. C'est ainsi que les fondements du radieux avenir de notre pays furent jetés au cours méme de la Lutte de libération nationale.

C'étaient là les principaux facteurs qui idéterminèrent l'échec des tentatives des classes exploiteuses pour créer leurs propres piartis et organisations politiques. ns furent en méme temps au nombre des facteurs qui affirmèrent le Parti communiste d'Albanie comme l'unique parti politique dans le pays. Ce qui fut positif et progressiste, c'était que le Parti communiste d'Albanie fut et resta le seul parti politique en Albanie; ce fait accéléra tout le processus historique de l'évolution de le société albanaise, il facilita et accéléra le triomphe de la révolution populaire, assura l'engagement immédiat du pays dans la vole du socialisme.





2. L'attitude du PCA envers le "Balli Kombëtar"

et le "Legaliteti"



Le problème de Fiattitude du PCA envers les divers courants, envers les autres organisations et partis politiques est peut-étre celui qui a été le plus débattu, embrouillé à dessein et sciemment déformé par les idéologues des classes exploiteuses et ceux du <<Balli Kombëtar>> en particulier. S'efforgant de fausser les faits et la réalité historique, ces idéologues se creusèrent lia cervelle pour inventer toutes sortes de faux arguments comme quoi le PCA aurait été contre la création d'autres partis politiques et aurait tout fait pour s'y opposer, animé du désir de dominer, d'établir son monopole en ce domaine; il aurait done été contraire à tout accord avec le <<Balli Kombëtar>>, il aurait entravé et saboté toute coopération avec ce dernier et aurait, par son intolérance, semé la discorde, poussé à une guerre fratricide, obligé le "Balli Kombëtar" à trahir et à se rallier à l'occupant fasciste. Mais un mensonge, quand bien méme il serait bien tissé, reste un mensonge. Les calomnies et la déformation de la réalité, les tentatives pour rejeter toute responsabilité et sa propre faute ~sur le dos des autres, ne purent ni sauver ni justifier le "Balli Kombëtar". Sa trahison resta une trahison et il n'était pas possible de trouver des arguments pour le justifier et encore moins pour le blanchir, pour la bonne raison qu'il n'y en avait pas.

La vérité historique apparalt iau grand jour dès qu'on se réfère aux documents, aux falts et aux événements de l'époque de la Lutte antifasciste. Bien que dans le pays il n'existát pas d'autres partis politiques, le PCA avait défini clairement et de fagon catégorique son attitude aussi bien à l'égard des courants pol~itiques existants, que vi,s-à-vis des groupes, organisations ou partis politiques qui auraient pu éventuellement se créer plus tard.

L'idée de la collaboration et de l'union avec tous les autres couriants politiques sur la base de la lutte contre les envahisseurs fascistes fut avancée pour la première fois dans le document de la fondation du PCA, où il est dit entre autres: "... unissons-nous à tous les nationalistes qui aiment vraiment l'Albanie, à tous les Albanais honnétes qui veulent lutter contre le fascisme."* *( Résolution de la Réunion des groupes communistes, Documents principaux du PTA, éd. alb., t. 1, p. 14.)

C'est cette méme idée que souligne l'éditorial du premier numéro du "Zéri i popullit", organe du PCA, paru en iaoùt 1942. 19 fixait pour táche: "d'unir tout le peuple albanais autour de lui, d'unir tout ce qui est honnéte et antifasciste, sans tenir compte des croyances, des groupes politiques et des divers courants... pou,r une Albanie indépendante, libre et démocratique".* *( "Zéri i popullit", Nr. '1, aoút 1942.)

L'attitude du PCA à l'égard des divers courants et groupes politiques constituait la base de tous les travaux de lia Conférenee de Peza, qui décida à l'unanimité la création du Front de libération nationale albanais. La Conférenee de Peza souligna la nécessité de mener une lutte armée inuinterrompue et à outrance contre l'occupant fasciste et d'unir dans cette lutte tout le peuple albanais, sans distinction de cloasse, de convinetions politiques ou religieuses, de région d'origine et d'idées, au sein du Front de libération nationale.

Ces formulations qui reflétaient la situation réelle de l'époque ne font pas mention d'organisations ou de partis polítlques parce qu'il n'en existait pas. Mais la clarté et le contenu de ces décisions, loin de donner lieu au moindre doute, conduisent à Ifa conclusion que le PCA et le Front de libération nationale, en acceptant l'union avec d'autres courants politiques, étaient préts à collaborer avee d'autres partís politiques qui pouvaient se créer plus tard.

Par la suite, lorsque les classes exploiteuses, Ies bourgeols et les grands propriétiaires fonciers se mirent à faire de vains efforts pour mettre sur pied leurs propr,es partis politiques, mais échouèrent dans leurs tentatives dont il ne résulta ;que des caricatures de partis ou plut,ót des organisations traltresses seulement, le PCA réaffirmait, à ce sujet, son attitude inchangée qui admetbait, en principe, l'éventualité de la naissance d'autres pa,rtis politiques et de la collaboration avec eux. "Cela ne signifie pas que nous sommes contre la formation de divers partis politiques, lit-on dans les orientations données par le CC du PCA en octobre 1943, mais ces partis éventuels dolvent d'abord inserire dans leur programme la lutte contre l'occupent, une lutte dans les faits et non pas en paroles, puis participer au Front de libération nationale tout en ayant le droit de conserver leur individualité".* *( Documents principaux du PTA, éd. alb., t. 1, p. 212.)

Ces décisions et directives du PCA n'étaient pas de simples les déclarations insipides, elles constituaient la pierre angulaire, l'essenee de la ligne politique générale élaborée et appliquée avec dévouement et sans hésitation par le PCA tout au long da la Lutte antifasciste de libération nationale.

Il faut souligner que tous les documents du PCA et du. Front de libériation nationaledu temps de la guerre, sans exception, sont parcourus par l'idée de l'union des divers courants politiques, organisés ou non, dans une lutte armée et ininterrompue contre les envahisseurs f ascistes.

Mais les faits et les événements historiques, la pratique du. Mouvement révolutionnaire antifasciste en disent encore plus long à cet égard. La création méme du Front de libération nationale était la preuve la plus brillante de la matérialisation de Fidée et de la ligne du PCA sur l'union de tout le peuple albanals dans un Front commun antifasciste. A tous les maillons du Front de libération nationale, y compris son Consell général, participaient, à part les ouvriers et les paysans, qui en constituaient la plus grande partie, son pivot méme, des éléments appartenant à diverses classes et couches sociales, des représentants de divers courants politiques, quicon~ que voulait combattre le fascisme, indépendamment de ses convictions politiques et idéologiques ou de son origine de classe. La lutte armée elle-méme, qui gagnuit sans cesse en ampleur et se transforma en une insurrection populaire générale, démontrait ainsi la justesse de la ligne de l'union du peuple tout entier, ligne qui fut immédiatement mise en pratique. Les communistes ne pouvaient pas mener leur lutte tout seuls, mais de concert avec le peuple, et c'est ce qu'ils firent en effet, en prenent la téte du mouvement.

Toutefois, contrairement à ce que prouvent les documents, les faits et la réalité historique de l'époque, les idéologues du "Balli Kombëtar", du <<Legaliteti>> et leurs défenseurs, les impérialistes anglais et américains, n'ont jarnais renoncé à leur thèse fausse, inventée de toutes pièces, selon laquelle le PCA étant contre la création d'autres partis politiques, en interdit la création et établit par la violence le monopole d'un seul parti. C'est un fait bistorique que le PCA fut et demeura l'unique parti politique en Albanie, et cela paroe qu'il suivit une ligne juste, répondit aux intéréts fondamentaux du peuple, de la nation, de la patrie et, gagnant ainsi leur confiance et leur appui illimités, fut reconnu par eux comme l'unique force politique dirigeante du. pays. Le "Balli Kombëtar" et le "Legaliteti" furent rejetés par le peuple, non pas parce que le PCA s'étalt opposé à eux et les combattait, miais parce qu'ils ne méritaient que d'étre rejetés, parce que c'étaient des organisations de traltres. Et cela est tout à l'honneur du PCA. A quoi bon après cela les radotages sur le monopole d'un seul parti, sur l'absence de démocratie parce qu'il n'y eut pas et il n'y a pas non plus aujaurd'hui dfautres partis politiques dans le pays? Y a-t-il une démocratie plus large, plus réelle et plus effective que quand un peuple tout entier, dirigé par un parti qu'il a lui-méme choisi pour le guider et à qui il falt confiance, s'engage volontairement sur une voie hérissée d'obstacles et exigeant des sacrifices, mais la seule qui conduise à la liberté et à l'indépendance nationiale, qui ouvre la perspective de l'édification d'une société nouvelle, sans oppresseurs n! exploiteurs, et d'une vie heureuse pour le peuple? Quant à la violence qu'évoquaient les ennemis en vue de désorienter les gens, il importe de souligner que la violence en sol ne crée n! ne fait disparaltre les partis politiques. La fondation de ces partis en Albanie étalt fonction des conditions historiques et sociales du pays, de la structure de classe de la société, de la présenee de classes antagonistes en son sein et non pas de la violence. La création éventuelle d'autres partis politiques ne dépendait pas du tout de la volonté du PCA d'en permettre ou non la fondation.

C'est pourquoi, en tant que véritable parti marxiste-léniniste, le PCA ne pouvait pas ne pas accepter en principe lia possibilité de la création d'autres partis politiques. En outre, le PCA n'avait à l'époque ni la possibilité ni les moyens violents nécessaires pour empécher la créatìon d'autres partis politiques. Une thèse pareille ne pouvait être que le produit de l'imagination de l'ennemi. Les moyens de violence étaient comme on le sait entre les mains des envahisseurs fascistes et des organisations traltresses du "Balli Kombëtar" et du "Legaliteti". Ils en disposaient à profusion, depuis I.es armes et le matèriel de guerre, l'armée fasciste d'occupation et les forces de police, le!s tribunaux, les prisons et les camps de concentration, jusqu'aux bandes traitresses de bachibouzouks, et tous ces moyens de violence ont été utilisés contre le PCA, mais cela n'empêcha pas celul-ci de voir le jour, d'accroltre son autorité et d'assumer un róle toujours plus important dans la lutte de libération en dépit des efforts que l'ennemi déploya pour le détruire. D'autre part, la violence des envahisseurs fascistes et de la réaction intérieure, le soutien que la réaction impérialiste anglo-américaine prétait au "Balli Kombëtar" et au "Legaliteti" ainsi que ses menaces d'intervention n'ont pu éviter la défaite de ces organisations traltresses.

Les idéologues des classes exploiteuses se servalent de la thèse fausse de l'interdiction de fonder d'autres partis politiques et de l'établissement du monopole d'un seul parti pour aller plus loin dans leurs intrigues, pour déformer l'attitude du PCA et du Front de libération nationale à l'égard du "Balli Kombëtar" et du <<Legaliteti>>, pour camoufler et justifier leur ligne antinationale et leur défaite.

Les documents, les faits et les événements historiques rejettent également la thèse selon laquelle le PCA n'aurait pas souhaité n! accepté de s'entendre avee le "Balli Kombëtar".

Avec l'apparition du "Balli Kombëtar", le PCA définit tout de suite de fagon conerète son attitude à son égard, en se pronongant pour l'union ou la collaboration du Mouvement de libération nationale avec cette orgenisation sur la base d'une lutte armée à outrance contre l'occupant fasciste. Cette attitude émanait des principes et de la ligne politique qu'avaient proclamés et appliqués le PCA et le Front de libération nationale depuis leur fondation. Le PCA ne fit qu'observer cette méme attitude, et cela depuis la création du "Balli Kombëtar" jusqu'eu jour de sa trahison ouverte.

En accordant la primauté aux intéréts de la nation et de la patrie, le PCA fit preuve de sang froid, de patienee et de tact dans les pourparlers qu'il eut avec le "Balli Kombétar" et persévéra dans ses efforts pour s'entendre lavec lui. Il essaya constamment de détourner le "Balli Kombétar" du chemin erroné où il s'était engagé et ide l'amener à se dresser dans la lutte contre le fascisme. Le PCA ne se horna pas à avoir des entretiens avec les éhefs de file du <<Balli Kombëtar>>, il donna aussi des instructions catégoriques pour organiser des entretiens de ce genre à la base aussi, et pour conclure, là où le "Balli Kombëtar" accepterait de combattre le fascisme par les armes, des accords avec lui sans attendre pour ce faire de nouvelles instructions. Mais nulle part dans le pays et à aucun moment le "Balli Kombëtar" n'accepta de se battre contre l'ennemì fasciste.

Les documents du PCA et les oeuvres du camarade Enver Hoxha, qui datent de la période de la Lutte de libération nationale, consacrent une large place aux efforts déployés par le Parti en vue de s'entendre et de collaborer avec le <<Balli Kombëtar>> dans la lutte contre l'occupant.

Tout en se pronongant pour l'union dans la lutte et en essayant de s'entendre à ce sujet avec le "Balli Konbëtar", le PCA critiquait ouvertement parmi le peuple et dans ses pourparlers avec cette organisation les cótés négatifs et les idéfauts de celle-ci, sa ligne opportuniste et attentiste, ainsi que ses tendances marquées au compromis avec les fascistes. n avait donné des instructions Pour idénoncer toute action du "Balli Kombëtar" allant à l'encontre de la ligne de l'unian dans la lutte contre le fascisme, pour démasquer sa propagande anticommuniste et chauvine qui ressemblait tellement à la propagande menée par les fascistes, pour dénoncer enfin nommément les collaborateurs de l'ennemi, ses nombreux espions et ses criminels notoires.

Mém.e au moment où le "Balli Kombëtar" passait ouvertement à la trahison, le PCA lui offrit pour la dernière fois l'occasion de s'unir au Front de libération nationale ou du moins de collaborer avec lui. Cela, il le fit non pas pour des raisons sentimentales ou. d'opportunité, mais au nom de l'extension de la lutte armée contre l'occupant.

"Nous voulons, écrivait le camarade Enver Hoxha en septembre 1943, que le "Balli Kombëtar" renonce à sa politique erronée et sengage dans les rangs du Front de libération natìonale en souscrivant au programme adopté par le Conseil de ce dernier. Néanmoins, pour profiter de toute occasion offerte en vue d'unir le peuple albenais, nous acceptons méme une collaboration moins étroite avec l'organisation du "Balli Kombëtar", mais cette collaboration doit d'abord satisfaire les conditions minimales suivantes: 1) engager immédíatement une lutte incessante contre l'occupant fasciste italien et allemand; 2) lutter aux cótés de nos grands alliés anglo-soviéto-américains, des peuples opprimés et surtout des mouvements de libération nationale des peuples de Yougoslavie et de Grèce... ; 3) reconnaltre les conseils de líbération nationale comme l'unique pouvoir dé:rnocratique et populaire et insister sur ce point; 4) l'obligation pour le <<Balli Kombëtar>> d'épurer ses rangs des éléments Rés à l'occupant fasciste, des espions, des criminels et des spéculateurs... ; 5) cesser immédiatement la lutte contre le Parti communiste et la propagande anticommuniste qui sont inconciliables avec la lutte pour l'instauration d'une démocratie populaire en Albanie".* *( Docuinents principaux du PTA, éd. alb., t. 1, p. 195.)

Mais le "Balli Kombëtar" s'y refusa et poursuivit dans la vole de sa trahison. Pour montrer la détermina

tion et l'esprit de suite avec lesquels le PCA et le Front de libération nationale suivìrent la ligne de l'union de toutes les forces vives de la nation dans la lutte contre le fascisme, il suffit de dire que, méme après la trahison ouverte du "Balli Kombëtar", les portes du Front de libération nationale restèrent ouvertes à tous les éléments opposés au fascisme qui quittalent les rangs du "Balli Kombétar" et acceptaient de se battre contre l'occupant. En octobre 1943 le camarade Enver Hoxha disait: "Nous nous unissons aux'éléments qui reconnaissent leurs erreurs, qui adoptent notre ligne et rejoignent nos rangs, mais nous rejetons toute union avec l'organisation du "Balli Kombëtar"".* *( Ibid., p. 206.)

Le PCA, durant toute la période de la Lutte de libération nationale ne négligea aucune possibilité de grossir les rangs du Front de libération nationale en menant auprès des gens fourvoyés un travail d'éclaircissement pour les ramener dans la juste voie de la lutte contre le fascisme. Il lança de nombreux appels aux soldats, aux miliciens, aux gendarxnes, aux officiers et à tous ceux qui n'avaient pas trempé leurs mains dans le sang du peuple, pour qu'ils désertent les rangs de l'enne-mi et se rallient à la lutte antifasciste du peuple. Le PCA ne confondit jamais les véritables ennemis, les chefs de file des organisations traltresses et les crhnlnels de guerre, avec les simples gens dupés par l'ennemi.

Tout en rejetant la thèse du "Balli Kombëtar".. les documents et faits historiques prouvent que cette organisation était a priori contre tout accord avec le PCA et le Front de libération nationale, qu'elle acceptait d'entamer des pourparlers avec ces derniers juste pour la forme afin de sauver ses apparences de patriotisme. Le "Balli Kombëtar" s'opposait catégoriquement à la lutte armée pour la libération du pays du joug des envahisseurs fascistes. Voilà pourquoi il n'avait pas intérét à faire cause commune avec les forces armées qui combattalent le fascisme. Son objectif à lui n'étaít pas de lutter contre l'occupant, mais contre le PCA, le Front de libération nationale et le peuple. Usant de mots d'ordre et d'une phraséologie patriotiques de pure démagogie, il visait à affaiblir, à saper et à liquider le Mouvement de libération nationale.

En fait, l'organisation du "Balli Kombëtar" fut créée au su des fascistes. Afin de montrer son dévouement à l'occupant, elle se lia avec le fascis.Tne par un traité secret connu. sous le nom du pro-tocole "Dalmazzo-Këlcyra>>. Les ballistes, en effet, sétaient unis, depuis longtemps à l'occupant. Leurs chefs de file et la classe qu'ils représentaient avaient toujours nagé, bien que de faon plus ou. moins camouflée, dans les eaux du fascisme. Ils étaient unis par un but commun: combattre les communistes et le peuple albanals.

Le <<Balli Konbëtar" demeura fidèle à son alliance avec les ennemis, ce dont témoigne toute son activité. Les forces armées du. <<Ballì Kombëtar>>, qui ródaient dans les montagnes, ne tirèrent aucun coup de fusil contre le fascisme! Certes, il s'agit là de la prise de position et de la ligne officielle du "Balli Kombétar" en tant qu'organisation et non pas d'individus éventuellement hostiles à cette ligne. Il y eut en effet des ballistes <<rebelles>>, dont les idées et l'action allalent à l'encontre de la ligne officielle ide leur organisation. Mais ils furent vite neu~ tralisés et obligés d'adopter définitivement et sans réserve cette ligne, alors que ceux qui étaient de vrais antifascistes et patriotes se détachèrent du "Balli Konbëtar" pour s'unir au peuple insurgé.

Toute la propagande "patriotique" du "Balli Kombëtar" constitue une preuve de sa fidélité au fascisme. La presse soi-disant clandestine, les tracts et l'arsenal de propagande du <<Balli Kombëtar>> cependant qu'ils crachaient leur fiel contre les communistes, ne firent iamais la moindre critique à l'adresse du fascisme. Le <<Balli Kombëtar>> ne irnentionnalt jamais, dans sa propagande orale et écrite, les fascistes en tant qu'ennemis du peuple albanals, il se contentait tout juste de parler d'ennemis imagiraires, du péril serbe et grec.

Les ballistes et les fascistes étaìent mutuellement fidèles. Le fascisme, de son cóté, ne manquaít pas de récompenser le <<Balli Kombëtar>>, mais le faisait, évidemrnent en cachette. La meffleure des preuves, c'est qu'aucun balliste ne fut jamais ni poursuiví, ní arrété ni emprisonné et que la presse et la propagande fascistes n'attaquèrent jamais le "Balli Kombëtar".

Les faits et les événements historiques montrent que cette organisation n'était ni ne pouvait étre pour l'union au Mouvement de libération nationale. Rien ne la lìait à la Lutte antifasciste du peuple. Le <<Balli Kombëtar>> ne pcuvait admettre qu'un seul type d'accord, un accord de trahison comme celui de Mukje, lui permettant de prendre, sans le moindre mérite et sans tirer un seul coup de fusil, les rénes du Mouvement de libération nationale. Si le <<Balli>> acceptait un tel accord susceptible de lui faire prendre la direction du. Mouvement de libération nationale, ce n'était pas parce qu'il voulait poursuivre la lutte artnc-'e contre le fascisme, mais parce qu'il cherchait à étouffer ce Mouvement, à l'obliger à suivre son exemple, à le faire dégénérer et à l'engager dans la voie du. compromis et de la trahison quavait été la sienne. Cela lui permettrait de ménager la chèvre et le chou, d'assurer au. fascisme un règne tranquille et de garder lui-méme un masque de patriotisme dont il aurait besoin au cas où le fascisme perdrait la guerre. Le <<Balli Kombëtar>> entendait, done, dominer au nom. du <<patriotisme et de l'antifascisme>> et gráce au soutien de ses nouveaux a m-is et conseillers, les impérialistes anglo-américams, avec lesquels lui et toute la réaction albanaise s'entendaient déjà en sous main.

Loin de souscrire à des accords de ce genre, le PCA les dénoncait sans la moindre hésitation. "Notre attitude à l'égard du "Balli Kombëtar" est toujours la méme, écrivait le camarade Enver Hoxha, une fois l'accord de Mukie dénoncé par le Parti. Nous ne voulons pas l'union pour l'union, ce serait creuser la tombe à l'unìon, mais une Union reposant sur de solides fondements, ce qui reviendrait à ce que le "Balli Kombëtar" procède à une révision de sa politique, condamne sa politique antérieure erronée et s'engage dans la lutte". Et plus loin.

Union dans la lutte, mais non dans une lutte pour la frime que le <<Balli>>, mènerait dans le scul but d'effacer se anciennes fautes, de s'approprier le drapeau de la lutte et de la saboter d'une nouvelle manière, après l'échec de sa première tentative; union dans une lutte vérítable, ìmplacable et incessante contre le fascisme et les traitres."* *( Documents p-rincipaux du PTA, éd. alb, t. 1, pp. 182, 187.)

Bien qu'en flagrante opposition avee les documents de l'époque et la vérité historique, les idéologues du "Ealli" et leurs soutiens impérialistes ne renoncèrent pas à leur thèse montée de toute pièce, selon laquelle le PCA avait été contre l'union avec le <<Balli Konbëtar>> et n'avait pas permis d'aboutìr à un accord avec lui. Le passage du "Balli Kombëtar" du cóté des envahisseurs fascistes allemands et sa trahison ouverte étaient dus, selon eux, à l'attitude intransigeante du PCA et à la politique qu'il avait. suivie en barrant au <<Balli Kombëtar>> tout autre issue. Ils faisaient également retomber sur le PCA la responsabilité des désaccords avec le <<Balli Kombëtar>> et de l'acte de trahison qu'il avait commis.

Mais la vérité en est tout autre. Le "Balli Kombëtar" se joignit en toute conscíenee à l'ennemi, il ne fut contraínt par personne de s'engager dans cette voie, qu'il choisit au fond. de son propre chef, par sa volonté et avec son consentement. S'il opta pour cette voie, Le n'était pas parce qu'il n'avait pas d'autre issue, la voie de la lutte contre le fascisme lui était ouverte et il avait été constamment appelé à s'y engager, mais il avait fait ses calculs en partant des intéréts étroits de sa propre classe. Le "Balli" voulait à tout prix enlever le pouvoir au peuple. Afin dy parvenir, il devait absolument liquider le PCA et le Front de libération nationale. Surestimant les capacités militaires des hitlériens, il comptait, do concert avee l'occupant allemand, noyer dans le sang le Mouvement de libération nationale et, peu soucieux du cours que pourraient prendre les événements après la Seconde Guerre mondiale, il entendait détenir le pouvoir soit à l'ombre des nazis allemands soit à l'ombre d'un autre patron éventuel. La trahison du <<Balli Kombëtar>> était donc réfléchie et préméditée. Si les ballistes se trompèrent dans leurs calculs, c'est que le peuple, par sa lutte, déjoua leurs plans. Ainsi le <<Balli Kombëtar>> ne profita en rien de sa trahison. Ce fut le peuple qui garda le pouvoir entre ses mains alors que le "Balli Konbëtar" fut marqué au sceau. de la trahison.

Il serait erroné de se borner à souligner la vérité historique sur la trahison du <<Balli Kombëtar>>, en tant qu'oeuvre consciente de cette organisation et conséquence de toute sa politique, sans la considèrer comme un processus hé à la politique du PCA et du Front de libération nationale. Loin de rester les bras croisés et d'assister à ce processus en spectateur, le PCA exerga une forte influenee sur son déroulement.

Au PCA revíent d'ailleurs, le mérite d'avoir, par sa polítíque, déchiré le masque du <<Balli Kombëtar>> et mis au grand jour son vrai visage de réactionnaire et de traltre, de l'avoir empéché de rester assis plus longuement sur deux chaises à la fois. Et il ne le fit pas en recourant à la force ou. à la violence. C'est gráce à sa juste ligne politique qui était à l'origine de l'ampleur et de l'intensification ininterrompue de la lutte armée à outrance du peuple contre les envahisseurs fascistes italiens et allemands, que le PCA put réaliser ses objectifs. Dans cette lutte le peuple vit de ses propres yeux quels étaient les vrais patriotes, ceux qui versaient leur sang pour lui et pour la patrie, et quels étaient les démagogues qui se comportaient en spectateurs. Ce furent justement cette ligne et cette lutte qui jetèrent le discrédit sur le "Balli Kombëtar", qui percèrent à jour son faux patriotisme et le mirent dans l'alternative suivante: ou bíen faire cause commune avec le peuple dans sa lutte contre le fascisme, ou bien se rallier au fascisme contre le peuple et la patrie. Mais le <<Balli Kombëtar>>, qui avait toujours nagé dans les eaux du compromis avee les fascistes, opta pour la voie de la trahíson; son passage du cóté des nazis allemands n'était que la fin logique de sa ligne, qu'une manifestation de son essenee réactionnaire, qu'il avait jusque-là cachée avec soin.

Le PCA dévoila également la nature antinationale et réactionnaire du "Legaliteti", de cette autre organisation traltresse, qui surgit au. nom d'un régime et d'une classe depuis longtemps discrédités sur le plan politique. Par ailìeurs, le "Legaliteti" faisait son apparition sur la scène justement au. moment où le "Balli" était en train de s'en éloigner, après avoir joué la carte de la démagogie patriotique. Mais le peuple qui avait déjà acquis une grande expérienee et maturité politique ne pouvait plus se laisser tromper par des manoeuvres politiques rebattu.es. Après l'échec du "Balli Kombétar", le jeu de patriotisme ne convenait guère au <<Legaliteti>>, à cette organisation congue à Londres et née en Albanie dans le giron de l'occupant allemand. Dès que le Legaliteti donna les premiers signes de vie, le PCA et le Front de libératior nationale adoptèrent à son égard une attitude catégorique, mais fondée sur le principe de l'union de toutes les forces du pays, sans égard aux tendances et convictions politiques, dans la lutte armée contre les envahisseurs étrangers.

En septembre 1943, après que le tract annonçant la création du "Parti national zoguiste" fut lancé, le camarade Enver Hoxha donna des instructions claires sur l'attitude à adopter à son égard.

<<Il faut dénoncer ce tract, écrivait-il, en tant que tract d'un parti qui, loin d'étre progressiste, fait objectivement le jeu de l'occupant, car, se posant en national, au lieu de diriger son fer de lance contre celui-ci, il met sur le tapis la question du régime de Zogu et cherche à imposer au peuple un régirne d'en haut et contre sa volonté. Ce parti est apparu et agit en dehors du Front de libération nationale, mais tout parti ou groupe de forces qui restent hors de ce Front et de l'Arrbée de libération nationale, il faut les combattre comme parti ou forces de bachibouzouks qui font le jeu de l'ennemi et qui réservent au peuple un sembre avenir... Notre peuple décidera lui-méme de son sort et il choisira luiméme le régime qui lui plaira."* *( Documents princípaux du PTA, éd. alb., t. 1, p. 207.)

Le PCA et le Front de libération nationale invitèrent le <<Legaliteti>> à s'unir au Front dans la lutte contre le fascisme allemand, et à encadrer ses forces dans les rangs de l'ALNA. Pour ce qui et de la question du régime, c'est le peuple lui-méme qui la résoudrait après la Libération. Le <<Legaliteti>> se refusa à cette union, mais à la différence du <<Balli Kombëtar>> il s'efforga de ne pas passer ouvertement du cóté des envahisseurs allemands et cela non pas parce qu'il se trouvait sur des positions plus "piatriotiques", mais parce que l'union avec les Allemands, qui étaient sur leur déclin, ne lui était d'aucun profit. Toutefois le <<Legaliteti>> ne rompit en aucun mament sa collaboration et ses liens semi-clandestins avec l'occupant. Bien que les envoyés anglais lui eussent recommandé de mener un plus grand tapage "patriotique" et de faire semblant qu'il combattait par les armes l'occupant, il n'osa jamais tirer un coup de fusil contre les Allemands. ne fút-ce qu'une fois, juste pour sauver les apparences. Ce n'est que sur ce point que le <<Legaliteti>> nagissait pas selon les voeux et les instructions des Anglo-Américains, et cela non pas parce qu'il voulait désobéir à leurs ordres, mais parce qu'il était corps et áme hé aux Allemands. Cela était d'autant plus vrai que les bandes du "Legaliteti" avaient très souvent combattu cóte à c6te avec les hitlériens contre le Mouvement de libération nationale. L'existence du "Legaliteti"> ne pouvait étre conque en dehors du soutien que lui prétaít l'occupant. Toute brouille avec les Allemands aurait entrainé la liquidation du "Legaliteti" et elle pouvait étre provoquée méme si ce dernier faisait semblant de se battre contre l'occupant. Prétendant n'avoir pas attaché ses forces à celles de l'occupant, le <<Legaliteti>> se posait en ,foree antifasciste et demandait à l'ALNA de ne pas penetrer dans les zones qu'il contrólait. Mais, comine on le sait, ces territoíres étaient voisins de ceux occupes par les Allemands et les gens du "Lmegaliteti" ne pouvaient les détenir qu'avec l'approbation et le soutíen de ces derniers. C'est ce que cLemandèrent aussi les vrais patrons de cette organisation, les impérialistes angioaméricains, qui, violant leurs obligations en tant qu'alliés de la Lutte antifasciste, sommèrent l'Etat-major général de l'ALNA, de ne pas attaquer les forces du "Legaliteti". Mais, ils regurent tous, et le .Legaliteti" et les impérialistes anglo-américains, la reponse qu'ils mérítaient. Un sentait done dans toute l'activité du "Legalìteti" la présenee impérialiste anglaise et américaine, qui cherchait à garder en réserve cette organisation, qui, aprés la libération du pays, se poserait en une foroe armée, pure de toute táche, arborerait le drapeau de l'antifascisme et tenterait de prendre le pouvoir pour ouvrir la voie à l'intervention des Anglo-Amérícains et justifier cette action. Mais ils avaìent fait leurs comptes sans leur hóte. Suivant les décisions du Congrès de Pérmet, l'Etatmajor général de l'ALNA donna Vordre d'anéantir et de mettre en déroute les forces de bachibouzouks du "Legaliteti". Dès la première attaque, ces forces fondirent comme neige au soleil; leur majeure partie se dispersa et rentra chez elle ou se rallia au Mouvement, alors que leurs débris s'unirent à l'occupant ou bien s'enfuirent à l'étranger, gráce à l'aide des Anglo-Américains.

Le <<Balli Kombëtar>> et le <<Legaliteti>>, ces deux organìsations pseúdo-patriotiques, furent mises sur pied eri réaction contre le Mouvement de libération nationale du peuple albanais. Leur création est due d'ailleurs à l'aide et au soutien. que leur prétèrent l'occupant fasciste et l'impérialisme anglo-amérìcain. Mais lorsqu'elles virent chouer leur mission de subversion et de sape, elles se rallièrent aux occupants fascistes et combattirent cóte à cóte avee eux en faisant couler le sang de leur peuple et en commettant ainsi un acte de trahison sans précédent dans l'histoire de l'Albanie. L'échec de ces deux organisations traltresses constítuait aussi Féchec des deuk ciasses qu'elles représentaient: la bourgeoisie et les féodaux albanais. Leur défaite, d'une part, et Ie triomphe de la révolution populaire dirigée par le PCA, de l'autre, sanetionnèrent de finitivement le PCA comme l'unique parti politique qui jouissait de la confiance et de l'appui inconditionnel de la classe ouvrière, de la paysannerie travailleuse et de tout le peuple albanais, patriote et épris de liberté, comme l'unique parti politique appelé à répondre aux intéréts du peuple et de la patrie, en mettant toutes ses énergies à leur service.






 

 

 

 

 

 

Parti du Travail d'Albanie

PTA