PTA Archives françaises

 

Illaz Fishta, Veniamin Toçí


LA NATIONALISATION DES BANQUES,

LA CREATION DE LA BANQUE DE L'ETAT

ALBANAIS ET LES MESURES REVOLUTIONNAIRES

CONCERNANT LA MONNAIE ET LE CREDIT

 

(1944-1946)


 

 

Après le triomphe de la révolution et l'instauration au pouvoir populaire, la classe ouvrière et les autres masses travailleuses, sous la dìrection du PCA, aver à sa téte le camarade Enver Hoxha, s'engagérent dans la lutte pour exproprier les classes renversées, éliminer l'ancienne base économique et en créer une nouvelle. A cette fin, il fut arrété une séiie de mesures révolutionnaires de earactère socialiste. C'est dans ce caere que s'inscrivaient ausssi la nationalisation des banques et a création de la Banque de l'Etat Albanais.




1. La nationalisation des banques et la création de la Banque de l'Etat albanais


Le problème de la nationalisatiot des banques constitue l'une des exigences programme du Parti de classe ouvrière, dès que celle-cí prend le pouvoir politique, et aussi l'une des conditions nécessaires pour la construction du socialisme.

Marx et Engels considéraient, à leur époque, la question de la nationalisation des banques et leiár passage aux mains de la classe ouvrière comme l'une des questions les plus urgentes, dont la solution permet de dépouiller la bourgeoisie des moyens de production et de circulation et de construire la base économique adéquate de la dictature du prolétariat. Ils formulèrent cette thèse dans le Manifeste du Parti communiste, où ils traitent de la nécessité de centraliser le crédit entre les mains de l'Etat de la classe ouvrière, au moyen de la nationalisation des banques.* *( K. Marx, F. Engels, (Euvres ehoisies, éd. alb., t. I, Tirana, 1975, p. 42.) Ils considéraient la nationalisation des banques comme une mesure primordiale pour la liquidatìon du pouvoir bourgeois sur l'argent et pOur l'utilisation du système monétaire et du crédit dans l'intérét de la classe ouvrière et des autres masses travailleuses.

Analysant les erreurs de la Commune de Paris, qui ne procéda pas à la nationalisation des banques, Marx et Engels montrèrent que la Commune, d'une part, laissa intacte la base économique de la bourgeoisie, et d'autre part, elle se priva de la possíbilité d'utiliser les moyens monétaires des banques pour les besoins de la poursuite de la révolution.* *( Op. cit. ibid.)

Lénine et Staline développèrent les thèses marxistes sur la nationalisation des banques et des principaux moyens de production, une fois la classe ouvrière arrivée a u pouvoir politique. Dans son artiele intitulè "Les bolchéviks garderont-ils le pouvoir d'Etat?", Lénine écrivait que <<sans les banques, le socialisme est irréalisable>>, que <<les grandes banques constituent <<L'appareil d'Etat>> dont nous avons besoin pour réaliser le socialisme et que nous prenons tout prét du capitalisme; notre seule táche est alors de retrancher de cet excellent appareil d'Etat ce qui en fait un monstre capitaliste, de l'agrandir encore, de le rendre plus universel."* *( V. Lénine CEuvres, éd. alb.,, t. 23, p. 102.)

Le Parti communiste d'Albanie (actuellement.le Parti du Tràvaíl d'Albanie) a appliqué avee esprit de suíte et de fagon créatrice la théorie marxiste-léniniste, dans le domaine des banques, de la monaie et du crédit, tout comme il'a fait dans les autres domaines. Il était persuadé que la nationalisation des banques était une exigence programme de la révolution.

Le Congrès antifasciste de libération nationale, qui.se tint en mai 1944 dans la ville libérée de Përmet, arrêta des décisions historiques pour l'avenir de l'Albanie, pour sa libertè, son indépendance et sa souveraineté nationale. Le Conseil antifasciste de libération nationale, qui fut élu par ce congrès, décida, dans sa première réunion, d'annuler tous les accords avec les Etats étrangers, tous les rapports économiques et politiques que le gouvernement de Zog avait établis aux dépens du peuple albanais."* (Gazeta Zyrtare nr. 1, 1945, datée du 21 décembre 1944. Décision du Conseil antifasciste de libération nationale d'Albanie, nr. 3, le 27, 5. 1944.) Sa décision stipulait également, qu'il n'acceptait aucun accord, aucun rapport international, auxquels les clíques réactionnaires, en tant que groupe politique ou gouvernement, pouvaient éventuellement aboutir dans le pays ou à l'étranger. *( Gazeta Zyrtare nr. 1, 1945, datée du 21 décembre 1944. Décision du Conseil antifasciste de libération nationale d'Albanie, nr. 3, le 27, 5. 1944.)

Cette décision était un coup décisif qui frappait l'interventi,on du capital étranger dans le système monétaire et de crédit en Albanie; elle définissait; d'ailleurs clairement l'attitude qu'adopterait le pouvoir populaire dans ce doniaine, après le trioniphe de la révolution. Dans cette optique, l'annulation de la convention de la Banque nationale et la nationalisation des banques au lendemain, de la Libération n'étaient; pas des phénomènes fortuits, mais le reflet et l'application conséquente de l'esprit de la révolution populaire et des décisions qui avaient été arrétées au cours de son processus.

Au fur et à mesure que les régions et les villes d'Albanie se libéraient, l'activité des branches de la Banque nationale, était sournise à un contróle immediat. Ainsi donc, le Conseil de libération natinale de la région de Tirana, sur la recommandation du Gouverneinent démocratique (qui siégeait à cette époque-là à Berat) décida de bloquer les aetivités de la Banque nationale. Dans le méme temps il mit les scellés aux archives de cette banque.* *( Archives centrales de la République populaire socialiste d'Albanie (ACA), Fonds de la Banque Nationale d'Albanie (BNA) 1944. Lettre du Conseil antifasciste de libération nationale de la Région de Tirana adressée le 22 novembre 1944 à la Direction centrale de la Banque nationale à Tirana. <<Bloquer l'activité de la Banque>>, nr. 1.) Ces mesures barraient la voie à l'utilisation òe moyens bancaires aux dépens de la révolution et de la patrie nouvellement libérée.

Alors que l'Albanie voyait approcher le jour de sa libératíon, des éléments bourgeois, qui, animès d'intentions tout à fait contraires au progamme du Front de libération nationale, s'étaient infiltrés dans les rangs de cette vaste organisation politique du peuple albanais dirigée par le PCA, se mirent à agir selon les instructions de leurs patrons anglo-américains, en s'efforçant de saboter les réformes révolutionnaires auxquelles procédait le pouvoir populaire et de renverser celui-ci. Leur activité hostile et de sabotage s'étendit également sur les réformes concernant les banques, la monnaíe et le crédit.

En novembre 1944 le Gouvernement démocratique étudiait et préparait les projets de nationalisation des banques en Albanie, et cela dans le cadre de toutes les transformations révolutionnaires visant à renverser l'ancienne économique ét à créer, à sa place, ase économique du nouveau pouvoir. Afin de traiter la question de la Banque nationale, de la monnaie et du crédit à partir de positions bourgeoises, les éléments hostiles et opportunistes commencèrent à agir ouvertement et dans les coulisses.

Ces tentatives trouvèrent leur expression dans les projets et les propositions que les défenseurs des intérets de la la bourgeoisie, présentèrent au Gouvernement democratique.

L'un de ces projets, date du 14 novembre 1944 et portant sur la nationalisation ce la banque d'émission, proposait certaines solutions. Son auteur aceeptait la nationalisation de la banque, mais dam le sens bourgeois du terme. En principe jì etait d'accord avec <<l'expropriation de la banque pour l'utìlité publique>>, mais a condition qu'urle indemnité fút accordée aux actionnaires italiens qui avaient effeetivement constitué le capital de la. Banque. Les actions seralent achetées par l'Etat albanais, qui déciderait par le suite du mode d'organisation de la banque d'émission*. (Archives centrales de la République populaire socialiste d'Albanie (ACA), Fonds de la Banque Nationale d'Albanie (BNA) 1944. Lettre du Conseil antifasciste de libération nationale de la Région de Tirana adressée le 22 novembre 1944 à la Direction centrale de la Banque nationale à Tirana. <<Bloquer l'activité de la Banque>>, nr. 1.) Selon lui les actionnaires italiens protesteraient contre ces mesures étant donné qu'ils profitaient d'une concession qui leur avait été attribuée, aux termes d'un accord bipartite, pour une période de 50 ans, qu'ils avaient déposé leur capital en fr. or et non pas en fr. alb, que la concession de la Banque avait des rapports avec le crédit SVEA. Bien qu'il admit que ces arguments de la partie adverse pouvaient étre facilement rejetés, l'auteur en question suggérait de réunir autour d'une table ronde des représentants de notre banque et du capital monopoliste italien. *( ACA, Fonds BNA, ibid.) Or, l'accord sur la Banque et le crédit SVEA était purement antialbanais, et l'Italie avait causé un tres grave préjudice à l'Albanie sous le règne de Zog et durant l'occupation fasciste.

Par aìlleurs cet élément bourgeois et ceux qui se cachaient derrière lui, proposaient, dans un autre projet, daté du 22 novembre 1944, de ne pas procéder immédiatement à l'étatisation de la Banque mais à sa nationalisation fictive. Ce projet s'en tenait strictement à celui que les représentants de la bourgeoisie avaíent préparé lors de l'occupation allemande. ttant donne que, selon le méme auteur, la revision et la modification du projet, dans l'esprit de la Lutte de libération nationale, demanderait beaucoup de temps et que les besoins de l'économie étaient urgents, la Banque Nationale d'Albanie devait ouvrir immédiatement ses succursales à Tirana, Durrës, Berat Vlorë, Elbasan, Gjirokastër, etc. afin de soutenir la restauration du pays et de relancer le capital privé.* (ACA, Fonds BNA, 1944, Dossier 100. Réflexion sur la direction de la Banque nationale, datée du 22 novembre 1944) Afin de rouvrir la Banque, il avangait l'idée de la création d'un consil administratif qui serait nommé par l'Etat, et dont feraient partie des éléments de la bourgeoisie marchande. Du sein de ce conscil serait élu le Comité Administratif de la Banque.* *( Ibid.)

Malgré leur étiquette de <<nationalisation de la Banque Nationale", ces projets n'avaient qu'un caractère et un contenu baurgeois. S'ils ne s'opposaient pas à l'expropriation du capital italien à la Banque nationale d'Albanie, ils demandaient que cette expropriation se fit sur la base d'une indemnisation. Il se créaít ainsi des illusions comme quoi l'impérialisme italien, après la Guerre aurait changé de nature iet il aurait r:enoncé à ses plans d'expansion à l'égard de l'Albanie. Puis, on coneevait la Banque sous la forme d'un institut capitaliste d'Etat et privé, qui aurait à sa direction méme des représentants de la bourgeoisie, et qui accorderait des crédits aux sociétés et aux entreprises capitalistes.

Le 13 janvier 1945, la Présidence du Conseil antifasciste de libération nationale approuva une loi qui annulait la Convention de la Banque nationale d'Albanie et ses actions.* *( Gazeta zyrtare 1945, nr. 4, datée du premier février 1945, La loi de l'annulation de la Convention de la Banque nationale d'Albanie et de ses actions.) Cette mesure était un droit légitime du petiple albanais qui, avec le triomphe de la révolution populaire, exergait sa pleine souveraineté sur son territoire, sur les richesses de son sol et de son sous-sol, sur les banques, la monnaie et le crédit. La nationalisation de la Banque nationale était d'ailleurs une conséquence logique du triomphe de la révolution populaire sur l'Italie fasciste, qui, a travers cette banque, avait cause à Albanie, avant et durant l'occupation, d'énormes pertes et dégâts. La Banque nationale servit en effet de point d'appui à l'expansion du capital italien en Albanie et elle contribua à préparer et à realiser l'occupation fasciste au pays, le 7 avril 1939, à financer les mesures de repression contre la Lutte de libération nationale du peupie albanais, guidé par le PCA. L'annulatuon de la Convention de la Banque nationale et sa nationalisation par le pouvoir populaire constitualent l'une des conditions nécessaires, de l'expropriation des classes renversées et de la construction de la société socialiste.

Le 13 janvier 1945 fut approuvée la loi organique de la Banque de l'Etat Albanais. Cette dernière fut creée en tant qu'institution importante du système financier, aux attributions de la monnaie et clu crédit.* *( Op. cit. La loi organique de la Banque de l'Etat Albanais.) Dans l'histoire du peuple albanais c'était la première banque eftectivenient nationale, qui accorderait des crédits non pas à la bourgeoisie, aux propriétaires fonciers, et au capital étranger, mais aux entreprises et aux organisations économiques socialistes, au développement du pays.

Cette haute mission de la Banque de l'Etat albanais fut entravée dès le début de son activité, par des éléments opportuniste et bourgeois, comme Smejfulla Malëshova, Shefqet Beja, Kostandin Boshnjaku, Kol Kuqali, qui avaient pénétré dans sa direction. Mús par des intentions hostiles, ces éléments agissaient contre le pouvoir populaire, afin de réaliser les intéréts de la bourgeoisie nationale et de l'officine d'espionnage de la bourgeoisie impérialiste. Profitant de leurs fonctions, ils s'efforcèrent de détourner la Banque de la mission importante dont l'avait chargée le pouvoir populaire, au cours du processus d'expropriation de la bourgeoisie des moyens de production et fínanciers; ils tentèrent de freiner les réformes entrepriscs par le pouvoir populaire en matière de monnaie et de crédit et de leur donner un caractère bourgeois.

La nationalisation de la Banque nationale et la créatìon de la Banque de l'Etat albanais furent suivies, peu de temps après, de mesures visant la liquidation totale du capital bancaire étranger en Albanie. En aoút et en novembre 1945 furent supprimées respectivement la Banque nationale du Travail.* *( Gazeta zyrtare, nr. 30, 1945, Ordonnance nr. 15 du Ministère des Finances, datée du 13, 8. 1945) et la Banque de Naples.* *( Gazeta zyrtare nr. 71, 1945, Loi nr. 142, datée du 6 novembre 1945.) C'est ainsi que eessèrent les activités de ces deux banques italiennes en Albanie et furent confisquées, en faveur du pouvoír populaire, les dépóts des institutions, des entrepriscs et des sociétés d'Etat et préétatiques italiennes, ainsi que ceux des anciens fonetionnaires italiens dans ces banques. Les sommes accumulées après la liquidation de ces banques, furent versées à la Banque de l'Etat albanais, aù elles devraient étre bloqués jusqu'au moment il en serait décidé définitivement. Tous les biens meubles ou immeubles appartenant aux banques en question furent placès sous séquestre.

La nationalisation des banques et la création de la Banque de l'Etat albanais revétaient une importance politique, économique et sociale particulíère. Ces mesures mirent un terme ià l'intervention du capital monopoliste italien dans le système monétaire et de crédit en Albanie. Dans le méme temps, il fut porté un rude coup économique à la bourgeoisie et aux propriétaires fonciers du pays, qui seraient désormais dépourvus d'un moyen essentiel dont ils se servaient pour exploiter les masses travailleuses urbaines et rurales. C'est bien le cas de citer l'expression de Staline qui disait: <<Avec la natíonalisation des banques, la bourgeoisie s'est vuenlever le nerf principal de la vie économique, et elle est demeurée, en quelque sorte, inanimée>>* *( Staline, OEuvres, éd. alb., t. 4, p. 377-378.)

La création de la Banque de l'Etat albanais fut olivie de Ia mise sur pied d'un système monétaire et de crédit socialiste, qui ne cessa de se perfectionner. li devint un puissant point d'appui de la révolution et de la construction du socialisme en Albanie.



2. Les mesures révolutionnaíres dans ledomaine de la monnaie


Afin de frapper avec esprit de suíte et jusqu'au bout la puissance économique de la féodalo-bourgeoisie et d'avancer résolument sur la voie du socialisme, il ne suffisait pas seulement de nationaliser les principaux moyens de produetion et les banques et de frapper d'un impót extraordinaire les bénéfices de la guerre. Ces mesures revétaient sans aucun doute une importance décisive pour l'expropriation des classes renversées des moyens de production et des accumulations monétaires. (Mais encore faudrait-il prendre d'autres mesures radicales et complémentaires dans le domaine de la monnaie et du crédít.

A cette fin, il était absolument nécessaire d'en changer entièrement la natu-re et le caraetère; d'éliminer les conséquences de la période d'occupation, de préserver la circulation monétaire des influences étrangères; de concentrer à la Banque de l'Etat tekut l'or et toutes les devises étrangères; d'éviter l'inflation et les conséquences négatives qu'elle entraine dans le domaine de l'économie, de stabiliser la circulation monétaire et de la mettre entièrement en la possession du. pouvoir populaire; de modifier l'objectif et l'orientation du crédit en faveur des masses travailleuses et du, secteur socialiste de l'économie, qui venait d'étre créé et qui commençait à se développer.

Le 15 décembre 1944 fut promulgée une loi qui interdisait l'exportation des métaux précieux et des produits agricoles et industriels.* *( Gazeta zyrtare, nr. 2, daté du 23 décembre 1944. Voir: Loi interdisant l'exportation des métaux préclaux (or, argent, platine et pierres précieuses) sous quelqu'e forme solent-ils, monnaie, baguette, bijoux, et des produits agricoles ou fabriqués, datée 15 décembre 1944.) Défense était faite aux persormes particulières d'exporter de l'or, de l'argent, du platine et des pierres précieuses, sous quelque forme fussent-ils: monnaie, baguette, bijoux. Cette loi exigeait par ailleurs de sotimettre au contróle de l'Etat toute autre marchandise à exporter.

C'était là une mesure qui visait à empécher l'évacuation du marché intérieur de l'or et des autres métaux précieux, dont une partie considérable avait été spoliée par les fascistes italiens et les nazis allemands. Par ailleurs, elle permettait de créer des réserves nécessaires à la constitution du trésor de l'Etat, réserves qui serviraient à renforcer le pouvoir d'achat de la monnaie, à restaurer l'économie et à en assumr le développement socialiste. L'interdietion d'exporter des produits agricoles et industriels était la première mesure qui établissait le contrôle du pouvopir populaire sur le commerce extérieur. Cependant que le pouvoir populaire prenait des mesures initiales pour normaliser le marché monétaire, les milieux chauvins de Belgrade agissaient avee préméditation et dans des intentions hostiles, inimédiates et à long terme, contre l'Albanie. L'un des premiers actes qu'ils entreprirent aux dépens de l'économie et des finances albanaises, c'était la dévaluation artificielle du franc albanais par rapport au nouveau dinar, qui fut mis en circulation du 20 au 30 avril 1945 en Yougoslavie, à travers une réforrne d'unification monétaire.* *( ACA, Fonds de la Banque de l'Etat albanais (BEA), 1945, 42, Rapport d'unification monétaire en Yougoslavie et de ses conséquences sur le marché albanais, daté du 5 mai 1945.) Celle-ci appliqua le cours de change suivant: 100 fr. alb. contre 250 nouveaux dinars. Etant donné que le frane albanais comptait 100 centimes, elle établit ce cours: 1 dinar équivalait à 40 centimes du frane albanais.

Ce n'était done pas un cours réel, car il ne correspondait pas à la valeur du frane, par rapport au dinar, sur les marchés albanais et yougoslave. Selon les données de l'époque, un napoléon or, au début -du mois de mai 1945 était échangé contre 3 000 nouveaux dinars, ou bien 610 fr. alb. Ainsi done, 1 fr. alb. équivalait à 5 nouveaux dinars. Le dinar yougoslave ne représentait pas une valeur de 40 centimes mais de 20 centimes. Par conséquent, 1 frane albanais fut dévalué dans la mesure de 50%.* *( ACA, Fonds BEA, ibid.)

L'application de ce couirs de change aux dépens du frane albanais, entraina des conséquenees fácheuses tant pour la population albanaise habitant en Yougoslavie, que pour l'économie et les finances de l'Albanie. Face à cet état de choses, la population albanaise habitant en Yougoslavie, dans ses efforts pour échapper à la réforme d'unification monétaire, ne changea pas toutes ses disponibilités monétaires. La somme d'argent échangée montait à 17,8 millions de fr. alb.* *( ACA, Fonds BEA, 1946, dos. 37, Rapport des réserves de la Direction Générale de la Banque de l'Etat. <<A propos du change des anciens papiers-monnaie>> en de nouveaux billets en date du 27 septembre 1946.) Il suffit de rappeler que rien que pendant l'année 1942 et la période de janvier-aoút 1943, sur les territoires albanals de Yougoslavie, l'ancienne Ranque nationale d'Albanie, avait mis en circulation 22,1 millions de fr. alb. *( ACA, Fonds BNA, Relation de la Succursale de la BNA à Prizren, sur le bilan de 1942 (le 15. 2. 1943) et le bilan de 1943 (10.4.1944).) Si Fon tient compte de la quantité de la monnaie mise en circulation avant et après cette période, les disponibilités monétaires qui devraient étre échangées contre des dinars sur le territoire albanais en Yougoslavie, devalent étre supérieures à 30 millions de fr. alb. Voilà done le dommage direct que la réforme d'unification monétaire de la Yougoslavie fit subir aux Albanais de Kosove, du Monténégro et de Macédoine.

La réforme en question entraina des conséquences négatives pour l'économie et les finances de l'Albanie. Nombre de spéculateurs de YougosIavie se précipitèrent sur le marché albanais, pour acheter de l'or et d'autres marchandises avec des francs albanais, sous forme de billets de banque. Par conséquent le pr ix de l'or monta au marché. Si le 28 avril 1945 un napoléon or équivalait à 610 fr. alb, le 4 mai de la méme année le prix du napoléon s'éleva à 660 fr. alb, en tendant à augmenter très rapidement.21 Les acheteurs de Yougoslavie mirent à profit également le fait qu'à cette époque-là en Albanie le commerce de l'or était libre et les commerçants albanais vendaIent leur or pour couvrir l'iml)ót extraordinaire sur les brnéfices de guerre. Dans ces circonstances et les conditions où l'Albanie entretenait des rapports amicaux avec la Yougoslavie, commença la fuite illégale de l'or albanais hors des frontières du Pays.* *( ACA. Fonds BEA 1945 dos. 42, Rapport d'unification monétaire en Yougoslavie et de ses conséquences sur le marché albanais. daté du 5 mai 1945.)

Si cette situation avait duré longtemps. elle aurait entraîné de graves conséquences politiques économiques financières et sociales pour l'Albanie. Afin de parer à ce danger réel et de défendre les intérêts nationaux le Ministère des Finances interdit le commerce de l'or* *( Gazeta zyrtare, nr. 11. datée du 2.1 mai 1945, Ordonnance d'interdiction du commerce de l'or. 18 mai 1945. .), en promulgant, le 18 mai 1945, une ordonnance particulière qui arrétait l'achat et la venté, l'échange, le gage et d'autres opérations analoaucs du commerre de l'or sous forme de monnaie, de baguette ou de lingot. Le droit exclusif de ce genre de commerce fut strictement réservé à la Banque de l'Etat albanais, qui fixait également le cours de change de l'or. En outre, les zones frontalières étaient surveillées plus rigoureusement afin de mettre un terme à la contrebande de l'or sur le marché in,téricur et à son expatriation. D'autre part, l'instruction fut donnée d'accepter, sans hésiter, l'or destiné à rembourser l'impót extraordinaire sur les bénéfices de guerre. La loi du 15 décembre 1944 sur l'interdiction de l'exportation des métaux précieux et l'ordonnance promulguée le 18 mai 1945 sur l'interdietion du commerce de l'or sur le marché intérieur, constituaient deux diapósitions qui se complétaient et qui affirmaient, l'Etat albanais (en la personne de sa hanque) en tant qu'unique sujet pouvant faire des opérations de commerce de l'or à Fintérieur du pays et à l'étranger. Ce commerce fut concentré entièrement entre les mains de la Banque de l'Etat, qui exergait le droit de monopole, oe qui marquait un nouveau pas vers l'établissement du monopole de l'Etat sur les devises.* *( A. Haxhi, Finances et crédit au service de la révolution et de la construetion socialiste dans la République Populaire d'Albanie, Tirana, 1973, p. 52.)

Ces mesures produisirent leur effet positif. L'or et les autres métaux précleux furent accumulés dans des quantités plus considérables à la Banque de l'Etat. Cela influa sur la normalisation de la situation économique et financière du pays. Toutefois, les voles d'influenee étrangère sur la circulation n'étalent pas toutes fermées. A l'étranger il y avait des quantités importantes de billets de hanque albanais, qui pouvaient pénétrer par les canaux de circulation monétaire, en provoquant toute sorte de dérèglement.

D'où la nécessité urgente d'interdire l'exportation et l'importation des billets de banque albanais, le cornmerce et l'exportation des devises de la Part de personnes privées. C'est à cet effet que le Ministère des Finances promulgua le 2 juin 1945 une ordonnance spéciale,* *(Gazeta zyrtare, nr. 14, datée du 9 juin 1945, Ordonnance nr. 7 relative à l'interdietion de l'exportation et de l'importation des billets de banque albanals et du commerce et de l'exportation des devises, 2 juin 1945.) par laquelle il investissait la Banque de l'Etat du droit exclusif d'effectuer toutes les opérations en matière de devises. *( A. Haxhi, op. cit., p. 53.) Depuis ce temps-là le monopole de la Banque de l'Etat sur l'or et les métaux précieux fut complété par son monopole sur les devises. Ainsi done, les mesures appliquées depuis décembre 1944 jusqu'au début juin 1945, permirent au pouvoir populaire de mettre tout à fait sous son controle l'or, les autres métaux précieux, les devises et le commerce extérieur. Ces mesures ne permettaient plus aux classes riches de spéculer par la voie légale sur le commerce de l'or et des devises. Toutes ces mesures contribuèrent dans leur ensemble à préserver l'économie et les finances albanaises des ínfluences étrangères et jouèrent un róle bien précis dans la lutte du pouvoir populaire pour la liquidation de l'ancienne base économique et la mise sur pied de la base économique du socialisme. La libération trouva l'Albanie envahie d'un grand chaos monétaire. L'inflation avait pris de vastes proportions et menagait sérieusement l'économie, les finances et le niveau de vie de la population. Si à la fin de marà 1939 le total des billets de banque en circulation représentait 11.939.000 de fr. or., il se montait, à la fin de novembre 1944. à 379.808,895 de fr. alb., en enregistrant ainsi une augmentation d'environ 32 fois.* *( ACA, Fonds de la BNA, 1944, dossier intitulé <<Notes de la circulation et de la liquidation de billets de banque provenant de l'ancienne Banque nationale d'Albanie.>>) Une partie considérable de billets de hanque avalent été emportées par les émigrés politiques qui pouvaient s'en servir contre le pouvoir populaire. Une autre quantité énorme de monnaies albanaises était toujours en circulation en Kosove et dans d'autres régions peuplées d'Albanais, comme au Monténégro et en Macédoine. Les classes renversées par le pouvoir disposaient de leur cóté de grandes quantités de billets de banque. Cette situation chaotique en maitière de monnaie était lourde de dangers pour l'économie du pays. Elle pouvait d'ailleurs étre mise à profit pour financer la réaction extérieure et intérieure, et provoquer des troubles dans le domaine de l'économie et dans toute la vie du pays. C'était là un danger réel et imminent. Le poruvoir populaire ne pouvait rester les bras croisés face à oet état de choses et aux dangers qu'il présentait. Afin d'en prendre les devants, de recenser et de maltriser la circulation monétaire et d'empécher l'introduetion en Albanie des billets de banque qui étaient restées à l'étranger, il était néeessaire de prendre des mesures urgentes pour substituer une nouvelle monnaie à celle qui était encore en cours. Ce problème fut soulevé depuis le temps où le Gouvernement démocratique siégeait à Berat. Des instructions furent données pour étudier la façon dont il fallait le résoudre.


Les éléments bourgeois et opportunistes s'efforcèrent d'entraver la solution rapide et juste de cette question, en exerçant des pressions et en faisant des "raisonnements" mystificateurs. Dans un projet élaboré par leurs porte-parole, le 13 novembre 1944, ces éléments, tout en admettant l'urgenee de la solution du problème monétaire, suggéraient des variantes nuisibles aux destinées de la révolution populaire, à la liberté et à l'indépendance nationale. ns proposalent de frapper de nouveaux billets de banque aux symboles albanals, en Angleterre ou en France.* *( ACA, Fonds de la BNA, 1944, dos. 100, Document: Refléxion sur la question de la monnaie albanaise, Berat, 13 novembre 1944.) Afin d'appuver leur proposition, ils prétextaient le fait que les billets de banque de l'Etat albanais à l'époque du régime de Zogu, avaient été imprimés à Londres sur un papier et selon une technologie de très haute qualité. Selon eux, il fallait effectuer le plus vite possible cette émission, pour venir en aide avec du crédit, au secteur privé de l'économie et puis satisfaire les besoins de l'Etat.* *( ACA, Fonds de la BNA, ibíd) Loin de tenir compte de la nouvelle réalité historique créée en Albanie, après le triomphe de la révolution, ce projet s'y opposait ouvertement. Frapper de la monnaie dans les pays impérialistes qui avaient nourri dans le passé des visées expansionnistes et qui avalent agi avant tout contre la Lutte de libération nationale et qui continuaient à agir; par divers moyena, contre le pouvoir populaire, c'était Ieur donner une puissante arme pour réaliser leurs objectifs antialbanais. Le peuple albanais et son pouvoir révolutionnaire qui était né au feu de la Lutte antifasciste de libération nationale, avaient tiré des lecons du passé, de cette époque où l'Albaníe servait de monnaie d'échange aux marchandages des puissances impérialistes. C'est pourquoi le projet en question fut reieté. Le pouvoir populaire traita et résolut la question de la monnaie conformément aux intérêts de la révolution et cle la construction socialiste.

Dans les conditions où le pays venait de sortir de la guerre et où de nombreuses difficultés organisationnelles et techniques empéchaient d'émettre en un si court laps de temps des billets de banque aux nouveaux symboles, le cachetage des papiers-monnaie de l'ancienne Banque nationale d'Albanie, s'imposait en tant que la salution la plus convenable. Suivant les instructions. du Comité central du PCA, en juin 1945 la Banque de l'Etat albanais promulgua une ordonnance spéciale à propos du cachetage des billets de banque et des papiers-monnaie de l'ancienne Banque nationale d'Albanie.* *( Gazeta zyrtare, nr. 17, datée du 28 juin, 1945. Ordonnance nr. 9 de la Banque de l'Etat Albanais à propos de "La surcharge des biliets de banque de 20 et 100 fr. alb. et des papiers-monnale érnis par l'apeienne Banque nationale d'Albanie", Tirana, 22 juin 1945.) Aux termes de cette ordonnance seraient cachetés les híllets de banque de 20 à 100 fr. alb. et les papiers-monnaie de 20, 100, 500, 1000 et 5000 fr. alb. Le cachet était rectangulaire et portait un aigle bicéphale, une étoile au-dessus et l'appellation "La Banque de l'Etat albanais".* *( Bashkími, daté du premier juillet 1945.) Les papiers-monnaie de moins de 20 fr. alb. ne seraient pas cachetés. Cette opération s'effectuerait très vite, en 10 jours (du 29 au 8 juillet 1945) dans tout le pays.

L'ordonnance prévoyait que les centres d'échange de la monnaie seraient répartis dans trois zones sur tout le territoire du pays. Afin de barrer la voie à la contrebande, la priorité fut accordée aux règions frontalières. En méme temps la répartition en trois zones et surtout la création odebeaucoup de centres d'échange visaient à acce erer 1 opération et à éviter les obstacles de caractère organisationnel et technique.

L'échange n'était pas limité. Toutefois des mesures furent prises pour prévenir deux dangers: l'introduetion en contrebande des billets de banque et des papiersmonnaie de l'étranger et la distribution des moyens financiers par une tierce personne pour dissimuler l'identité de leur vrai propriétaire. Lorsque l'authenticité de la propriété était en doute, les sommes supérieures à 10.000 fr. alb. étaient déposées à la Banque jusqu'au moment où tout était tiré au clair. L'intéressé était muni d'un certificat.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945, Dos. 30. Circulaire de la Direction générale de la Banque de l'Etat albanais adressée le 19 juin 1945, à toutes les succursales de la Banque.)

Let billets de banque et les papiers-monnaìe qui n'étaient pas soumis au cachetage dans les délais fixés, sortaient automatiquement de la circulatíon monétaire. Pour les sommes déposées à la Banque, il était prévuqu'elles seraìent restituées à leurs propriétaires jusqu~au 31 aoút 1945, si, pendant le délai fixé à l'échange, la Banque ne disposait pas de papiers-monnaie cachetés.

Le cachetage constituait une mesure importante de caractère économique, financier, politique et social. 20 pour cent de la monnaie en circulation ne fut pas caeh.eté, n'ayant pas été prévu par l'ordonnance de la Banque de rEtat albanais (il s'agit là des billets de banque au-dessous de 20 fr. alb.). Plus tard il s'avéra que les éléments opportunistes et bourgeois qui étaient à la direetion de la Banque de l'Etat effectuèrent avee préméditation cette opération, pour permettre à la bourgeoisie, aux propriétaires terriens, et aux autres éléments réactionnaires de cacher une partie de leurs accumulations monétaires.

Afin de couronner de succès cette action, le peuple fut informé explicitement sous diverses formes, sur le but, les critères et les délais d'échange des ane-iennes monnaies. Dans le méme temps des mesures organisationnelles et techniques furent prises pour faciliter les opérations nécessaires. L'imprimerie de la Banque de l'Etat et 14 autres imprimeries du pays furent chargées d'effectuer le cachetage des monnaies.* *( Bashkími, daté du premier jullet 1945.)

Les masses travailleuses de la ville et de la campagne répondirent immédiatement à l'appel pour échanger l'ancienne monnaie contre de la monnaie cachetée. Dès les premiers jours, elles se présentèrent aux centres d'échange avec les petites sommes dont elles disposaient. Les elasses riches et la réaction s'efforcèrent de contrecarrer les objectifs politiques et économiques de cette mesure et de saboter son application. Ils s'évertuèrent à créer des difficultés et des troubles et à défendre leurs propres intéréts de classe. Afin de cacher les grosses sommes dont ils disposaient et d'échapper aux impóts, les éléments de la bourgeoisie et des riches propriétaires fonciers, firent des tentatives pour effectuer l'échange en distribuant leur argent à leurs gens.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945, dos. 30/1. Rapport envoyé le Premier juillet 1945, à la Direction générale de la Banque de l'Etat, Par son inspecteur à Vloré.)

La bourgeoisie se livra à une autre manoeuvre qui consistait à éehanger rapidement ses disponibilités contre des marchandises. Dans un de ses rapports adressé à la direction générale de la Banque de l'Etat, un inspecteur envoyé au district de Vlora, soulignait que les commergants et les riches mettaient leurs monnaies en circulation, en faisant des achats à des prix élevés, afin de ne pas échanger eux-mémes leur argent. D'autre part, il y avait des capitalistes, qui accumulèrent des biliets de banque de valeur inférieure à oelle des billets de banque changeables.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945, dos. 30/1. Rapport envoyé le 19, 7, 1945 à la Direction générale de la Banque de l'Etat, par son inspecteur à Vloré.)

Une fois mis au courant du cachetage de la monnaie, divers commergants s'efforcèrent de suspendre la vente des marchandises dont ils disposaient.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945 dos. 30/1)

La bourgeoisie eut recours à d'autres faux-fuyants pour cacher ses disponibilités. Dans l'espoir de bien les placer à travers manwuvres et transactions, nombre d'éléments des classes riches ne se présentèrent pas aux centres d'échange dès les premiers jours. Un rapport envoyé à la Direction Générale de la Banque de l'Etat de la part de sa succursale de Korça, dit que les premiers jours les commenants n'échangèrent que des sommes minimes, alors que le dernier jour ils échangèrent une grande quantité d'argent.* *( Ibid. Lettre de la succursale de Korça, adressée le 26 jullet 1945, à la Dir. Gén. de la Banque de l'Etat.)

Se livrant à ces manceuvres, les classes renversées tentaient de eréer des difficultés au marché. Et ils y parvinrent dans quelques centres où le commerce cle détail se réduisit sensiblement, ce qui entraina la hausse des prix.* *( Ibid. Lettre de la succursale de Berat, adressée le 19 juIllet 1945 à la Direction générale de la Banque de l'Etat.)

Les ennemis intérieurs et extérieurs s'empressèrent d'entraver le cachetage et l'échange de la monnaie. C'est dans ces intentions qu'ils lançaient des mots d'ordie,* *( Ibid. Rapport adressé le 19 juillet 1945 à la Direction générale de la Banque de l'Etat par son specteur à Vloré.) surtout parmi les classes riches, afin de les persuader de ne pas déposer leurs sommes d'argent, car elles seraient confisquées par l'Etat, et de créer des troubles au marché.


Le pouvoir populaire fit preuve de vigilance à l'égard de cette activité hostile et des divers éléments spéculateurs des classes renversées. Il arréta tóutes les mesures, nécessaires pour cacheter et échanger les monnaies. Les masses travailleuses citadines et rurales se présentèrent aux, centres d'échange dès le premier jour. Elles contribuèrent également à éliminer définitivement l'activité des éléments riches et hostiles. Afin d'empécher l'introduction de la monnaie de l'étranger, il fut décidé de mieux surveiller les zones frontalières, dans une largeur de 10 km tout au long de la frontière.* *( Ibid. le premier juillet 1945.) Mais malgrè tout, il y eut des tentatives de contrebande. A la foire de Saint-Naoum, près de Pogradec, à laquelle vinrent participer aussi des Albanaís de Karça et de Pogradec, les spéculateurs de Yougoslavie avaient offert et vendu des billets de banque albanais de 20 fr. alb. qui devaient étre cachetés contre 15 fr. alb. et des billets de banque au-dessous de- 20 fr. alb. qui circulaient sans cachet. Mais le pouvoir populaire, après avoir découvert ces transactions, prit des mesures qui permirent de limiter sensiblement la quantité de billets de banque de contrebande.* *( Ibid)

Le cachetage des papiers-monnaie de l'ancienne Banque nationale influa sensiblement sur la circulatíon monétaire. Le bilan de l'effet de cette mesure montra que la somme qui ne fut pas échangée, se montait à 101.04, 765 de fr. alb. Cette somme sortit par conséquent de la circulation monétaire.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 26. Rapport du bilan de 1946.) Elle représentait plus d'un quart des billets de banque et des papiers-monnaie en circulatiGn au seuil du cachetage. Si le 31 décembre 1944 il y avait en circulation une somme de plus de 384.396.000 de fr. alb, à la fin de 1945, à la suite du cachetage, la quantité de la monnaie en circulation diminua à 286.100.000 de fr. alb.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1948, dos. 32. Exposé de la situation de la monnaie en circulation.)

Les billets de banque hors de circulation comprenaient. les billets de banque spoliés par les émigrés politíques, ceux restés à Kosove et sur d'autres territoires albanals, au Monténégro et en Macédoine, ceux qui ne furent pas soumis au cachetage et qui appartenaient aux classes riches, et enfin ceux brúlés, détériorés ou égarés dans les circonstances de la guerre.

Les milieux de Belgrade, qui avec préméditation et dans divers sens ourdissaient des complots contre la liberté et l'indépendance de l'Albanie, s'efforcèrent d'Obliger notre pays à rembourser la valeur de 17.789.245 de fr. alb.,* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 37. Rapport réservé à la Direction générale de la Banque de l'Etat <<L'échange des papiers-monnaie contre de nouveaux biliets de banque>>, 27 septembre 1946.) qu'ils avaient pris sur les territoires albanais de Yougoslavie au cours de leur réforme d'unification monétaire en avril 1945. Cette somme constituait une partie de la monnaie qui avait circulé durant les années d'occupation fasciste dans les régions albanaises de Yougoslavie. La population albanalse ne presenta pas toutes ses disponibilités monétaires, car le franc albanais, à la suite de la réforme d'unification monétaire en Yugoslavìe subit une grande dévaluation.

Le gouvemement de la RP d'Albanie ne fut pas trompé par la démagogie et ne se soumit pas non plus aux tentatives yougoslaves pour rendre l'Albanie débitrice de la sonime précitée. L'Etat yougoslave devait tenir une responsabilité directe à propos de l'échange du franc qui avait circulé sur les territoires albanais de Yougoslavie, tout comme il l'avait fait pour ce qui concerne les monnaies qui avaient circulé dans le pays avant la réforme d'unification monétaire.

L'analyse des résultats du cachetage de la monnaie fit ressortir que les principaux possesseurs de l'argent c'étaient les classes riches: les actionnaires des diverses sociétés, les commer~.ants, les propriétaires des fabriques, les 'grands propriétaires fonciers. De 73.087 personnes qui furent présent&s aux centres d'échange, 15.818 appartenaient aux classes riches, 9.950 étaient de condition ouvrière, 5.026 artisans, 26.574 paysans.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945, dos. 30, voir: Rapport général du cachetage de la monnaie.)

Les éléments riches échangèrent de grosses sommes, tandis que celles des masses travailleuses étaient peu considérables. Du nombre total des ouvriers qui furent présentés à ces centres, 74,7 pour cent échangèrent des sommes qui ne dépassaient pas les 1000 fr. alb. et 21,8 pour cent des sommes allant de 1.001 à 5.000 fr. alb.

La majorité de la paysannerie avait hérité une situation économique misérable. Elle disposait par conséquent de sommes minimes. Sur une population rurale de 868.100 habitants, 26.574 (chels de famille) se présentèrent aux centres. d'échange. 20.690 d'entre eux n avaient à l'étran:ger que des sommes allant jusqu'à 1000 fr. alb., 5.261 échangèrent des sommes de 1000 à 5 000 fr. alb. Dans la ìnéme situation, à peu dé differencés prés, étaient les artisans et les empioyésy qui pour la píupart, echangerent des sommes ne 1.000 a b.00o fr. alb.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1945, dos. 30, ibid.)

Le cachetage de la monnaie constituait une mesure nécessaire pour mettre en rellef la circulation monétaire, ci le premier pas décisif vers la maltrise de cette circuiation. Il frappa directement l'élement ennemi, qui percin les monnales spoiiées en Albanie et envoyées a l'etranger. Dans le meme temps, il rendit invaiabie les monnaie& albanaises des annees d'occupation, qui se trouvaient dans les pays voisins. Diminuant la quantité de la monnaie en circulation, le cachetage des billets de banque et des papiers-monnaie influa directement sur l'attenuation de rinflation et la normalisation partielle cie la situation sur le marché du pays. Cette mesure servit de point de départ à la réforine monétaire qui fut appliquée un peu plus tard.

L'établissement du monopole de l'Etat sur l'or et les deváes. et le cachetage de la monnaie constituaient une première phase de la lutte contre l'inflation, pour la normalisation et la possession de la circulation monétaire de la part de l'Etat. Or, comme les classes exploiteuses disposaient d'importantes sommes d'argent, il n'était; pas possible d'éliminer entièrement toutes les conséquences de l'inflation. En 1945 la restauration de l'économie avait beaucoup progressé et les premières transforinations révlutionnaires se succédaient. A peine créé, le secteur socialiste de l'économie commenga à se développer sur la base de la nationalisation de la propriété capitaliste de la part du pouvoir populaire. Le 5 Plenum du Parti, tenu en février 1946, donna des orientations importantes à propos de l'accélération du processus de transformations socialistes en matière d'éconornie et de l'expropriation de la bourgeoisie des moyens de production et de circulation. C'était là l'un des aspects du problème. L'autre aspect en était que sur le marché circulaient des monnaies de divers signes. Il y avait par exemple des billets de banque de 20 et cle 100 fr. alb. émís par l'ancienne Banque nationale à l'époque de l'occupation fasciste et d'autres de 20 fr. alb. émis à l'epoque de Ante et portant le symbole de la Banque de l'Etat Albanais, des billets de banque de 5,2 1 et 0,40 fr. alb. datant de la période d'occupation, et des biliets de banque de 5 fr. alb. de l'époque de Zogu, non scellées, par la Banque de l'Etat; des papiers-monnaie de 5.000, 2.000, 1.000, 200 et 100 fr. alb. imprimés en Italie et énús par l'ancienne Banque nationale et portant le symbole de la Banque de l'Etat; des papiers-monnaie de 500, 200 et 100 fr. alb. émis par la Banque de l'Etat Albanais et imprimes en Autriche selon les formulaires de l'anneienne Banque naúonale (émission de février 1945); des papiers-monnaie imprimés et érnis par la Banque de l'Etat albanais mais non cachetés (émission d'avril 1945).

Dans le pays régnait une grande confusion monétaire. La situation devenait encore plus compliquée par le fait que beaucoup de billets de banque aux symboles falsifiés circulaient à l'intérieur du pays et à l'étranger et bien que, après le cachetage du juin-juillet 1945, ils aient été mis hors de circulation, il y en eut qui en arrivèrent jusqu'aux caisses de la Banque de l'Etat. La falsification du cachet avait été appliqué essentiellement sur les billets de banque de 20 à 100 fr. alb. Les enquétes et les données confrontées faisaient ressortir que la falsification avait été réalisée en Grèce et en Italie.* *( ACE, Fonds de la BEA 1946, dos. 351. Lettre réservée à la Direction générale de la Banque de l'Etat envoyée au Ministère de I'Intérieur sur: "La circulation, les billets de banque falsifiés sous le cachet de surcharge>>, 26 janvier 1946.) Des billets de banque falsifiés étaient venus, aussi de Yougoslavie. En févAer 1946, les organes -du pouvoir populaire déwuvrirent dans la ville de Pogradee un commergant contrebandier, qui, en collaboration avee un groupe de spéculateurs de Struga et d'Ohrid, avait introduit en Albanie des monnaies aux symboles falsifiù, se montant à 30.000 fr. alb.* *( ACA, ibid. Lettre de la Section de l'Intédeur de la région de Korça, envoyée le 21 févrler 1946 à la Présidence des ministres et au Ministère de l'Intérieur, nr. 89/5.)

Cette situation était lourde de dangers et de conséquences fácheuse-s. Après la révolution politique, qui avait porté au pouvoir la classe ouvrière, et les révolutions économique et idéologique qui ne cessaient de se développer, il était nécessaire que le pouvoir populaire eút sa propre monnaie, aux nouveaux symboles, qui incarnent justement la nouvelle réalité historique. Tout cet ensemble de faeteurs rendaient indispensable l'application d'une réforme monétaire radicale. Au début de 1946 on se mit au travail pour traiter cette réforme sur le plan socíal et de classe et pour la préparer plus concrètement. Les éléments bourgeois qui avaient pénétré dans la direction de la Banque de l'Etat, s'efforcèrent de conférer à la réforme un caractère bourgeois. Selon eux, elle ne devait pas frapper les classes riches. Aux termes d'un rapport signé par Kostandin BosImjaku, cette réforme devait avoir pour unique objeetif de remplacer mécaniquement les anciennes monnaies par les nouvelles, en donnant à chacun la somme totalè.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 48. Rapport de la Direction Générale de la Banque de l'Etat envoyé le 5 mars 1946 au Ministère de l'Intérieur pour mettre au courant la Présidence des ministres de "La nécessité de remplacer un certain nombre de biliets de banque et de papiers-monnale".) Afin de soutenir leur attitude réactionnaire, ils invoquèrent les "arguments" suivants:* *( ACA, Fonds de la BEA, ibid.) l'inflation en Albanie n' avait pas été aussi grande que dans les autres pays, aussi la dévaluation de la monnaie avait été très petite; les mesures arr~ jusqu'à ce jour avalent permis de stabiliser la monnaie par rapport à l'or et le niveau de vie de la population; l'échange proportionné et non à cent pour cent, provoquerait des troubles sur le marché, au niveau des comptes publics et privés, dans divers rapports économiques entre les fírmes privées et dans l'économie nationale en général.

Ces affirmations ne s'accordaient pas avee la réalité. En fait e:n Albanie l'inflation durant l'occupation fasciste avait été supérieure à celle de nombreux pays d'Europe. Si l'on compare la situation de décembre 1945 avec celle de juin 1939, on aura les données suivantes sur l'Allbanie et certains Etats d'Europe.* *( Banca dei Regolamenti Internazionali, diciasettesima relazione annuale, 1 aprile - 31 marzo 1947. Basilea, 16 giugno 1947 p, 116. a) Le pourcentage est extralt d'une comparaison de la situation de novembre 1944 avec celle de juin 1939. b) On y a tenu compte des billets mis en circulation par les forces anglo-américaines en Italie.)


(en pourcentage)



Nr. Etats L'augmentation du nombre de billets de banque en

circulation en dec. 45 par rap. à juin 193



1. Albanie a) 3.181

2. Roumanie 3.105

3. Bulgarle 2.419

4. Italie b) 1.968

5. Grèce 1.300

6. France 472

7. Danemark 360

8. Belgique 323

9. Norvège 311


Cette déformation de la réalité visait à garder intacts les intéréts de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers peìdant les réformes du pouvoir populaire, et à maintenir ces réformes dans le cadre bourgeois.


Les éléments bourgeois faisant partie de la direction de la Banque de l'Etat s'efforcèrent de venir en aide à la bourgeoisie sous d'autres aspects également. Ils proposèrent que la réforme ne comprit pas l'échange de tous les billets de banque en circulation, mais seulement de ceux de 100 et de 20 fr. alb. et les papièrsmonnaie de toute sorte. Cela aurait permis à la bourgeoisie de sauver une partie ccmsidérable de ses accumulations monétaires. Cette proposition pouvait entrainer les mémes conséquences politiques et économico-sociales, que celles qui furent constatées lors du cachetage de la monnaie.

Le pouvoir populaire ne permit pas à cette ligne bourgeoise et opportuniste d'agir dans le domaine de la monnaie et de la politique monétaire. Elle fut frappée et la réforme monétaire prit en général un contenu social de classe solide, qui continuerait d'affaiblir la bourgeoisie. Une fois les mesures préliminaires arrétées, le Présidium de l'Assemblée populaire approuva le 11 juillet 1946 le décret-loi de 1':éehange des billets de banque et des papiers-monnaie émis par l'ancienne Banque nationale &Albanie et cachetés par la Banque de l'Etat~ albanais, ainsi que des chèques-monétaires émis par oette dernière.* *(<<Gazeta zyrtare>>, nr. 66, datéé du 20 juillet 1946. Le décretloi nr. 295, 11 juillet 1946.)

Le 15 juillet un numéro spécial du journal "Bashkimi", sous le grand titre <<La nouvelle monnaie de la Banque de l'Etat albanais est mise en circulation>>, publiait le décret-loi et l'ordonnance du ministère des Finances accompagnés d'un écktorial sur l'importance de l'échange de la monnaie.* *( "Bashkimi", numéro spécial, lundi 15 juillet 1946.)

Aux termes de cette loi on enlevait de la circulation: les billets de banque de 20 et de 100 fr. émis par l'ancienne Banque nationale d'Albanie et cachetées par la Banque de l'Etat albanais; les papiers-monnaie de 20, 100, 200, 500, 1.000~ 2.000 et 5.000 fr. alb. émis par l'ancienne Banque nationale d'Albanie et cachetés par la Banque de l'Etat albanais; les papiers-monnaie de 100, 200 et 505 fr. alb. émis par la Banque de l'Etat albanais sur les formulaires de l'ancienne Banque nationale d'Albanie. Ces monnaies seraient remplacées par de nouvelles monnaies de 5,20 100 et 500 fr. émises par la Banque de l'Etat albanais.* *(Ibid) Il fut prévu de maintenir provisoirement dans la circulation les billets de banque et les pièces de monnaie de 5; 2; 1; 0,40; 0,20 et 0,10 fr. alb. frappées par l'ancienne Banque nationale d'Albanie. Les autres menues monnaies métalliques perdalent leur valeur légale de circulation.* *(Ibid)

Il fut décidé par la loi de fixer le rapport d'échange des anciennes monnales contre les nouvelles à 5 fr. alb. contre 1 fr.* *(Ibid) Ce rapport était valable pour les autres monnaies qui restaient en circulation* *(Ibid). Les prix de marchandises, les tarifs des services, les loyors, les salaires, le débit-crédit étaient réduits en fonction du méme rapport. La somme d'argent que pouvait échanger chaque famille ne devalt pas étre supérieure à 5.000 fr. alb. Un des membres de chaque famille pouvalt le faire, en présentant comme pièce d'identité la carte de rationnement clu sucre. C'était là une mesure efficace pour éviter d'échanger de l'argent à deux ou plusieurs membres de la méme famille. Les excédents de la somme fixée à 5.000 fr. alb. étaient déposés à la Banque de l'Etat pour le compte du <<Dépôt destiné aux oeuvres de reconstruetion>>. Les institutions, les entreprises d'Etat, les coopératives et les organisations de masse, étaient exemptes de cette hmitation.* *(Ibid) Une ordonnance spéciale du Ministère des Finances datée du 15 juillet 1946, et promulguée à la suite de la loi de l'échange des monnaies, fixait le cours du change de l'or et des devises des autres pays par rapport au frane. Le nouveau frane devint l'équivalent du frane or. Le rapport entre le frane et les autres monnaies était le suivant: 2,77 franes équival-aient à 1 dollar américain; 11,08 franes étaient échangés contre une livresterling; 69,84 francs contre 100 fr. suisses; 1,53 fr. contre 100 franes francais. Etc. * *( Gazeta zyrtare, nr. 66, datée du 20 juillet 1946. Ordonnance du Ministère des Finances relative à <<l'échange des anciens paPiers-monnaie contre la nouvelle monnaie de la Banque de l'Etat Albanais>>, nr, 8, 15 juillet 1946.)

Afin d'accélérer et de faciliter le travail, on ouvrit un grand nombre de centres et de bureaux d'échange dans tout le pays.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 37, Rapport de la Direction générale de la Banque de l'Etat <<sur l'échange des anciens papiers-monnale contre les nouveaux billets de banque>>, 27 septembre 1946.) L'échange de l'ancienne monnaie contre la nouvelle s'effectua du 15 au 24 juillet 1946 dans tout le pays. Des mesures politiques, organisationnelles et techniques nécessaires furent prises pour couranner de succès la réforme. Les classes renversées firent des tentatives pour sauver leurs accumulations monétaires. Elles calomnièrent la réforme, en considérant comme une spoliation le fait que leurs sommes supérieures à 5000 fr. alb. déposées à la banque étaient destinées à la reconstruetion du pays. Ils cherchaient par là à provoquer le mécontentement populaire, à encourager des actes de sabotage contre la réforme et à créer des troubles sur le marché.

C'est justement dans les mémes intentìons hostiles que les premiers jours d'échange de la monnaie, les commercants, surtout les gros, limitèrent la vente de leurs marchandises ou bien en augmentèrent les prix, afin d'éviter les anciens billets de banque. Par conséquent il y eut de nombreuses difficultés sur le marché: si la demande pour les marchandises s'accrut, l'offre diminua. Afin de ne pas déposer les sommes supérieures à 5.000 fr. alb. à la Banque de l'Etat, les commerçants et les autres éléments riches, recoururent à d'autres moyens; ils achetèrent diverses marchandises, du gros et du menu bétail à des prix élevés; ils se livrèrent au commeroe de l'or de contrebande, en payant pour chaque napoléon or 1200 fr. alb.; ils achetèrent des bijoux en or et en argent; ils accumulèrent des billets de banque (de 5,2, 1 et 0,40 fr. alb.) puis s'empressèrent de rafler de ces monnaies nouvelles à travers la vente de leurs marchandises. ns tentèrent d'autre part de répartir leur argent parmi leurs proches qui disposaient des sommes minimes. Les personnes frappées par l'impót extraordinaire sur les bénéfices de la guerre, se hatèrent de rembourser en ancienne monnaie les impóts par tranches, ou bien ils s'entraidèrent pour payer les obligations envers l'Eta.* *( ACA, Ibid.)

Le décret-loi de l'échange de la monnaie fut promulgué avant que les divers éléments des classes renversées et leurs laquais n'entreprennent dews actes diaboliques et de sabotage. Tous ceux qui tentaient de tricher, cle commettre des transactions de ce genre, se voyalent confisquer leur argent et traduire en justice en tant que saboteurs.* *( Gazeta zyrtare, nr. 66, datée du 20. 7. 1948. Le décret-loi nr. 265. 11.7.1946 (artide 11).) Ceux qui créaient des troubles au marché, en ne ventIant par leurs marchandìses, ou bien en les cachant durant la nériode d'échange,* *( Ibid. Ordonnance du MInistère des Finances relative à "L'échange des anciens papiers-monnale contre la nouvelle rnonnaie de la Banque de l'Etat albanais, nr. 8, 15 juillet 1940 (article 9).) étaient considérés également: comme des saboteurs.

Ces dispositions furent appliquées iusqu'au bout, en agissant avec une rigueur révolutionnaire contre les éléments hostiles et les saboteurs. Gráee à leur vigilance les organes du pouvoir populaire et les masses travailleuses prirent les devants de ces tentatives, découvrirent, démasquèrent et condamnèrent les éléments qui en toute conscience, s'efforcèrent cle saboter la réforme monétaire. Ces éléments furent vite jugés en séances publiques.* *( Bashkimi, daté du 18, 19 et 20 juillet 1946.)

La réforme agraire fut bien accueillie par les massses travailleuses, qui lirirent une part active à sa réalisation en se présentant aux centres d'échange dès les premiers jours et en faisant preuve de vigilance à l'égard de l'activité de l'ennemi. Elles considerèrent cette réforme comme une mesure importante pour le renforcement de la monnaie, des finances et de l'économie corrune une mesure qui barrait la voie à la falsification des monnaies de l'ancienne Banque Nationale, qui circulaient jusqu'à ce jour. La réforme monétaire de 1946 donna immédiatement des résultats politiques, économiques et sociaux. Elle permit au pouvoir populaire d'avoir sa propre monnaie, la première monnaie emise par la Banque de l'Etat albanais, et portant des symboles qui exprimaient les changements politiques, sociaux et économiques produits en Albanie à la sulte du triomphe de la révolution Populaire. C'était une mesure très importante dans la lutte contre l'inflation et ses conséquences. L'échange selon le rapport de 5 fr. alb. contre 1 fr. réduisait de cinq fols la quantité de la monnaie en circulation.

Mais cette réduction était en réalité encore plus grande. Les classes riches, la bourgeoisie et les propriétaires fonciers. n'échangèrent pas 9.512.860 de fr. alb. soft 1.902.526 de nouveaux fr.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 26, Rapport du bilan de 1946) Puis. une autre somme de 17.111.340 fr. alb. solt 3.422.268 de nouveaux fr.passa à la Banque pour le compte de "Dépôts déstinés aux oeuvres de reconstruction", provenant des sommes supérieures à 5.000 fr. alb. échangées par chaque chef de famille. Le total de la monnaie qui demeura en dehors de la circulation se montait à 26.624. 200 de fr. alb. soit 5.324.840 de fr.67 Si l'on tient compte des sommes qui ne furent pas échangées, ou bien qui furent déposées à la Banque de l'Etat, il résulte que la quantìté des papiers-monnaie en circulation fut réduite plus de 5 fois.

Par les normes qu'elle fixait et les limitations qu'elle imposait, la réforme de juillet 1946 frappa économiquement les classes renversées, la bourgeoisie et les riches proprìétaires fonciers. Elle affaiblit ces classes en rédulsant leurs moyens monétaires.



3. Les mesures révolutionnaires en matière de crédit


La nationalisation socialiste de la Banque nationale et la création de la Banque de l'Etat albanais, la liquidation de la Banque de Naples en Albanie et de la Banque nationale du Travail (ces deux dernières étaient des succursales des bànques respectives en Italie) devaient certainement entrainer des changements radicaux dans le domaine de la politique du crédit bancaire. La politique du crédit, en tant que partie intégrante de la polítique économique, devait se mettre entièrement au service de la révolution et de la construction socialiste. Mais la politique du crédit suivie au début par la Banque de l'Etat albanais, ne répondait pas aux changements survenus en Albanie pas plus qu'aux besoins de développement du secteur socialiste de Féconomie. Dans ce domaine également, les éléments opportunistes et bourgeois de la Banque de l'Etat s'efforeèrent par tous les moyens de déjendre les íntérêts des classes exploiteuses, de saper la ligne du PCA et d'appliquer une politique de créclit aux dépens du peuple et de la construction socialiste. Dans le discours qu'il tint le 22 janvier 1945, à l'occasion du commencement de ~activité de la Banque de l'Etat Sejfulla Malëshova, qui à l'époque était le président de son Conseil administratif, déclarait qu'elle <<deviendra un important facteur qui encouragera l'initiative privée dans le commerce et l'industrie>>* *( Bashkimi daté du 23 janvíer 1945)

Lorsque la Banque de l'Etat entama son activité concrète, les éléments ennemis camouflés, qui étaient à sa direction, s'efforcèrent - de la détourner de sa juste voie, dans laquelle elle, s'était engagée, en tant qu'institution au service de la révolution et de- la construction socialiste et de lui donner une orientation capitaliste. C'est dans ces intentions que Shefqet Beja, Kostandin Bo-shnjaku, Kol Kuqali et d'autres, recevant des instruetions des missions anglo-américaines à Tirana, avaient discuté entre-eux et avec d'autres éléments ennenús de projets subversifs. Ils firent l'impossible pour amener la Banque à accorder du crédit aux firmes capitalistes conunerciales et industrielles. Ils donnèrent d'ailleurs du crédit aux capitalistes pour rembourser l'impót extraordinaire sur les hénéfices de guerre.* *( Ibid, 18 sèptembre 1947. Extrait des dépositions de l'ennemi du pcuple Shefqet Beia dans un Procès judiciaire intenté contre un groupe de députés traltres et d'autres ennemis.) Cette politique de crédit qui aidait les classes riches, fut appliquée surtout en 1945.

Vers la deuxième moitié de la méme année et le début de 1946 les organes du pouvoir populaire prenaient des mesures pour eneaisser l'impót extraordinaire et s'emparaient des capitaux de la bourgeoisie. A cette époque-là les éléments opportunistes et bourgeois de la direction de la Banque de l'Etat se plaignaient du fait que ces mesures étouffaient l'initiative privée et menagaient l'existenee des moyens que la Banque avait accordés à crédit au secteur capítalíste. Dans une lettre qu'elle envoyait en novembre 1945 au Ministère des Finances, elle suggérait qu-e, pour satisfaire aux besoins des divers produeteurs et donner une impulsion au deeloppement du pays, il fallait soutenir le secteur prive de l'économie. La lettre soulignait que tout était entravé par le fait que les titulaires des industries devaient obligatoirement payer l'impòt extraordinaire sur les bénéfices de la guerre et appliquer les mesures prévues par les lois du pouvoir populaire. Dans le méme temps la lettre demandait d'autoriser la Banque de l'Etat à continuer de donner du crédit au secteur capitaliste et dans le cas où les biens des personnes frappées par l'impôt seraient confisqués, de lui restituer les crédits accordés.* *( ACA, Fonds de la REA, Lettre de la Direction Générale de la Banque de l'Etat Albanais, envoyée le 26 novembre 1945 au ministère des Finances.)

Cette fausse politique de crédit appliquée au début de l'activité de la Banque de l'Etat albanais apparaît clairement en suivant ces données:* *( ACA, Fonds de la BEA, 1947, dos. 49. Voir les données dans l'étude <<La Banque d'hier et la Banque d'aujourd'hu>>.)


(en pourcentage)


Mois Total Sec. privé Sec. d'Etat Sec. coopéré


Mars 1945 100 100 - -

Juin 1945 100 100 - -

Septembre 1945 100 100 - -

Décembre 1945 100 95 5 -

Janvier 1946 100 84 8 8

Février 1946 100 75 23 2

Mars 1946 100 63 35 2


Pendant 1945 tout le crédit bancaire alla en faveur du secteur privé, tandis que durant le premier trimestre de 1946 il se vit accorder la plus grosse partie de ce crédit.

Non contents d'avo: accordé du crédit au secteur capitaliste de l'économie, des éléments bourgeois de la direction de labanque de l'Etat, devinrent les promoteurs d'une société commerciale mixte d'Etat-capitaliste s'cecupant de l'importation et de l'exportation des marchandiscs. Elle s'appelait Société commerciale d'Import-Export (Importex). Elle fut créée le 10 septembre 1945 avee un capital de 5 millions de fr. alb, dont 16,3 pour cent appartenait au capital privé.* *( ACA, Fonds de la BNE, 1946. Rapport du contróle effectué le 17 et le la avril 1946 à la Société (Importex).) La Banque aida oette société non seulement en participant ene-meme à la constitution,du capital fondamentai, mais en lui attribuant des privilèges quant à l'octroi des crédits.

La politique du crédit suivie au début par la Banque de l'Etat Albanais était lourde de conséquences fâcheuses, car elle menagait les victoires de la révolution populaire en Albanie. En décembre 1945 le Bureau Politique du CC du PCA critiqua et condanma l'activité opportuniste et probourgeoise de Sejfulla Malëshova.

Mais même après cette critique il poursuivit sa voie antiparti.* *( Enver Hoxha, CEuvres, éd. alb., t. 3, p. 262. Voir note en ban de page.) En février 1946 le CC du PCA tint son 5e Plenum, qui revêtait une importance particulière pour le développement du pays sur la voie de la révolution et de la construction socialiste. Le camarade Enver Hoxha faisait dans son rapport une analyse de l'activité du Parti et tira la conclusionque la ligne du Parti avait été gravement atteinte par les conceptions et les actions opportunistes soutenues et appliquées par Sejfulla Malëshova dans les domaines politiques et économiques. Le plenum condanina unanimement l'opportunisme de droite ma-nifesté au sein du Parti. Dans le même temps il dénonça la politique opportuniste suivie par les éléments bourgeois de la direction de la Banque de l'Etat en matière de crédit. "Sa tendance à favoriser les personnes frappes par l'impôt extraordinaire de la guerre, à renvoyer la date de paiement ou à autoriser la Banque à accorder du crédit aux éléments capitalistes, ainsi que d'autres tendances de ce genre dénotaient ses idées opportunisbes accentuées à propos de notre politique économique (il s'agit des coneeptions et des actions opportunistes de S. Malëshova, la note est la nôtre) mais elles ont eu aussi des répercussions dans notre travail et sur notre marché."* *( Ibid., p. 264.)

Aux termes des orientations du 5 Plenum du CC du PCA des mesures furent arrétées pour assainir la situation et mettre la politique du crédit 1bancaire au service de la construction socialiste. Après ce Plenum, le 11 mars 1946, la Direction Générale de la Banquede l'Etat envoya unelettre d'instruction à toutes les succursales de la Banque à propos de la politique du crédit à suívre. Cette lettre faisait état, juste pur la forme, des erreurs commises en matière de crédit et ordonnait aux succursales d'arrêter le créclit aux éléments qui n'avaient pas encore remboursé en entier l'impót extraordinaire sur les bénéfices de la guerre. Les éléments bourgeois de la directíon de la Banque ne renongaient toujours pas à la politique d'appui, en matière cle crédit, du secteur capitaliste. La lettre en question signalait que "les succursales de la Banque de l'Etat seraient tout à fait autorisées à rétablir les rapports de crédit avec les firmes capítalistes, dès qu'elles se seraient acquittées de l'impót extraordinaire sur les bénéfices de la guerre>>.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 10. Lettre de la Direetion Générale de la Banque de l'Etat envoyée, le 11 mars 1946 aux directions des succursales de la Banque.)

Dans le programme qu'il présenta le 24 mars 1946 à l'Assemblée populaire, au nom du Gouvernement de la République Populaire d'Albanie, le camarade Enver Hoxha soulignait que le développement de l'économie et la question financière étaient deux choses qui allaient de pair et qui se développeraient, en tant que telles, en parfaite harnvonie. Un facteur important.pour le fonctionnement heureux du secteur d'Etat ce serait la Banque de, l'Etat alban"is, qui ne fournirait plus de crédits aux gros commergants, mais aiderait les entreprises d'Etat, l'économie et l'agriculture.* *( Enver Hoxha, CEuvres, t. 3, p. 309.)

Aux termes de cette directive, des mesures radicales furent arrétées en vue de liquider jusqu'au bout l'opportunisme de droite manifesté dans la politique du eródit de la Banque de l'Etat, Le 2 avril 1946 le Conseil des Ministres approuva tour à tour quatre décisions signées par le président de ce conseil, le camarade Enver Hoxha. La première décision destituait sur place le Conseil administratif de la Banque de l'Etat, nommé le 17 janvier 1945, tanchs que les autres décisíons nommaient le nouveau Conseil Administratif et les autres instances dirigeantes de cette Banque.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 80. Décìsìons du Conseil des Ministres nr. 27, 28, 29 et 30, le 2 avril 1946.)

Ces mesures permirent d'assainir la situation dans la Banque, qui en se fondant sur les décisions du 5e Plénum du CC du PCA et les instructions du Conseíl des Ministres, promulgua de nouvelles ordonnances relatives au crédit. Le 16 avril 1946 la Direction générale don-nait aux succursales de la Banque la recommandation d'arrêter, à partir du 17 avril, tout crédit au secteur capitaliste. Dans le méme temps il était ordonné d'eneaisser immédiatement tous les crédits accordés à ce secteur jusqu'à ce moment-là.* *( Ibid., dos. 10, Télégramme chiffre nr. 120/39, le 16 avril )

Ce fut donc un tournant radical dans la politique du crédit bancaire. Ces mesures ne tardèrent pas à produíre leurs effets. La Banque de l'Etat eneaissa les crédits accordés aux commerçants. L'argent encaissé à la suite de la vente des. marchandises bloquées des débiteurs de l'Etat, fut utilisé non seulement pour rembourser l'impôt extraordinaire sur les bénéfices de la guerre, mais aussi pour s'acquitter des dettes, envers la Banque de l'Etat, qui leur avait accordé du crédit.* *( ACA, Fonds de la BEA, 1946, dos. 10, Lettre de la Direetion générale de la Banque de l'Etat envoyée le 8 mai 1946 aux directions des succursales.)

Le 1 juillet 1946 la Direction generale de la Banque de l'Etat promulgua une ordonnance speciale sur l'octroi des crédits au secteur socialiste de l'économie. Cett ' e ordonnance, tout en soulignant-que les crédits destinés à ce secteur devaient augnienter sans cesse, définissait ies critères. seion lesquels seraient accordés les ciédits, c'est à dire leur caractère, le mode et le délai,de leur remboursement.* *(Ibid., Instruction de la Direction générale de la Banque de l'Etat envoyée le 1 juillet 1946 aux directions des succursales.)

Suite à ces mesures, toutes les dispositions et les circulaires décrétées par l'ancienne Banque nationale d'Albanie et la direction de la Banque de l'Etat albanais, devaient étre annulées à partir du 1 septembre. L'Ordonnance promulguée à cet effet, soulignait que le crédit, n'aiderait jamais les classes renvers,ées. Son objectif à lui, était de promouvoir et de renforcer le secteur Socialiste de l'économie, à travers les crédits en faveur des entrepriscs économiques d'Etat et les coopératives agricoles.* *( ACA, Fonds de la BEA, 19M, dos. 10. Instruction de la Direction générale de la Banque de l'Etat envoyée, le 31 aoút 1946 aux directions des succursales.)

Suite à ces mesures, toutes et l'utilisation du crédit bancaire prit un contenu social tout à fait nouveau, ee qui s'observait d'affleurs dans sa repartition. Vers la fin de 1946, le secteur socialiste de l'économie profita 98 pour cent de tout le crédit bancaire réparti, alors que le secteur privé n'en bénéficia que 2 pour cent.* *( K. Zoga, La création et le développement du systèrjne monétaire et de crédit dans la RPA, Tirana 1963, p. 57.)

Malgré toutes ces mesures, le crédit, jusqu'en 1948, n'arriva pas à s'organiser et à s'étendre sous une forme tout à fait socialiste. Les méthodes et les modes employés par la Banque de l'Etat albanais dans le domaine du crédit ne s'adaptaient pas aux nouvelles conditions créées à la suite de l'apparition, du renforcement et du développement du secteur socialiste de l'économie.

Après le tournant historique que prit la vie du pays, après la dénonciation de la clique révisionniste de Belgrade et à la veille du Ie Congrès du PCA, le Conseil des Ministres promulgua l'ordonnance "A propos du nouveau système du crédit>>.* *( Gazeta zyrtare, nr. 94, le 15 octobre 1948.) Les mesures que prévoyait cette ordonnance constituaient en réalité une réforme en matière de crédit. Elle précisait, complétait et définissait dans un système les principes fondamentaux du crédit bancaire, comme l'octroi du crédit à des fins précìses et pour des besoins réels, l'octroi du crédit à des délais fixés, sa garantie en marchandise. * *( Ibid.)

Gráce à ces mesures et à celles qui furent arrétées par la suite, le système de crédit fut établi stir de solides fondements socialistes. Ce système et le système monétaire devinrent un levier puissant dont se servit le pouvoir populaire pour soutenir les transformations révolutionnaires et le développement de l'économie sur la voie du socialisme.

La nationalisation socialiste des banqúes, la création de la Banque de l'Etat albanais et les mesures rèvolutionnaires en matière de monnaie et de crédit, au lendernain du triomphe de la révolution populaire, s'inscrivaient dans le cadre des premières mesures radicales adoptées par le pouvoir populaire pour dépouiller la bourgeoisie des moyens de produetion et de ses accumulations monétaìres. Ces mesures revétaient une importance décisive car elles pertnettaient de liquíder, à travers la violence de la dietature du prolétariat, la base économique de la féodalo-bourgeoisie et construire la base économique du socialisme.

Mais elles et d'autres mesures révolutionnaíres comme celles-ci ne furent pas appliquées facilement. Elles faisaient partie du programme du Parti communiste d'Albanie concemant la construction du socialisme et furent mises en couvre à travers des actes révolutionnaìres immédiats, dans une lutte à outrance et intransigeante contre les classes renversées, leurs instruments et agents au sein et en dehors du Partì, au sein et en dehors du pouvoir papulaire. Elles furent appliquées dans une ápre lutte contre les ennemis impérialistes, monarco-fascistes, néofascistes et révisionnistes.

Les transformations révolutionnaires s'effectuèrent gráce à la juste direction du PCA, avec à sa tête le camarade Enver Hoxha, grâce à sa détermination d'avancer sur la vole de la révolution socialiste, gráee à la disposition des larges masses travaffleuses à appliquer jusqu'au bout le programme du Parti concernant la construction du socialisme en Albanie.



 

 

 

 

 

 

Parti du Travail d'Albanie

PTA