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ENVER HOXHA


L'ALLIANCE SOVIETO-AMERICAINE EN

ACTION CONTRE LE PEUPLE


TCHECOSLOVAQUE


Article publié dans le «Zëri i popullit»



23 mai 1969


Aujourd'hui rien n'est plus anti-populaire et plus odieux aux peuples du monde que la collusion agressive des impérialistes américains et des révisionnistes soviétiques, dirigée contre la liberté et l'indépendance des peuples, contre la révolution et les efforts pour le progrès de la société humaine. Que ce soit au Vietnam ou en Tchécoslovaquie, au Moyen-Orient ou sur les rives de l'Oussouri, en Méditerranée ou au Japon; partout où il y a des conflits et de la tension; on retrouve toujours les griffes rapaces de cette alliance noire ultra réactionnaire.

Les événements de Tchécoslovaquie, compte tenu du moment où ils sont advenus et de la façon dont ils se sont déroulés, ont prouvé une nouvelle fois non seulement qu’il existe un complot américano-soviétique visant au partage des sphères d'influence entre ces deux puissances et à l'instauration de leur hégémonie politique, économique et militaire sur le monde entier, mais encore que ce complot est pratiquement mis à exécution. L'attitude de Ponce Pilate observée par les Etats-Unis et les autres puissances occidentales envers l'agression des révisionnistes soviétiques contre la Tchécoslovaquie, dévoile tout le cynisme et toute la bassesse de cette monstrueuse machination impérialiste-révisionniste. Les récents changements qui se sont produits dans la haute hiérarchie de Prague en ont été un nouveau témoignage.

11 est parfaitement compréhensible que les chefs de file du Kremlin; mis au pied du mur, allaient s'efforcer d'établir en Tchécoslovaquie, sinon la «normalisation» tant souhaitée, tout au moins une apparence de normalisation. Après l'agression fasciste contre la Tchécoslovaquie, les dirigeants soviétiques se sont trouvés dans une situation extrêmement délicate. Leur visage de social-impérialistes et social-fascistes a été complètement démasqué. Leurs efforts pour présenter leur agression brutale armée comme une «aide internationaliste» n'ont pas trompé l'opinion publique internationale qui s'est dressée avec colère contre eux. La résistance du peuple tchécoslovaque ne cessait de grandir. La clique capitularde de Dubcek ne se montra ni tout à fait disposée ni apte à appliquer jusqu'au bout la volonté des occupants soviétiques de créer en Tchécoslovaquie une situation stable en leur faveur. Les occupants soviétiques sentaient le sol brûler sous leurs pieds.

Mais l'affaire tchécoslovaque et en particulier les difficultés auxquelles les révisionnistes soviétiques se sont heurtés après l'occupation de la Tchécoslovaquie ont eu de graves répercussions pour la clique Brejnev-Kossyguine, en Union soviétique même; elles y ont encore durci les contradictions au sein de la direction soviétique et accru le mécontentement et l'opposition populaire à sa ligne traîtresse et impérialiste. En même temps, ses relations avec ses amis et alliés extérieurs, avec les partis révisionnistes et les divers peuples se sont détériorées. Les divergences entre les révisionnistes se sont aggravées, la méfiance envers la clique dirigeante soviétique s'est accrue, et le prestige dè l'Union soviétique guidée par les révisionnistes, ébranlé jusque dans ses fondements, est tombé à zéro.

La Tchécoslovaquie est devenue une plaie très dangereuse pour les révisionnistes soviétiques. La persistance de la situation créée aurait entraîné de très graves conséquences pour la clique du Kremlin et pour toute sa politique.

Sans donner l'impression qu'en Tchécoslovaquie on va vers une certaine «normalisation» de la situation, la clique Brejnev-Kossyguine ne pourrait mystifier plus longtemps les peuples soviétiques ni éviter une très prochaine explosion de la haine populaire contre elle. Sans panser plus ou moins la plaie tchécoslovaque, les dirigeants soviétiques ne pourraient pas tranquilliser leurs alliés des pays révisionnistes qui vivent dans la crainte de voir se répéter chez eux ce qui est arrivé en Tchécoslovaquie. ils ne pourraient calmer la colère des divers partis révisionnistes et regagner un peu de leur prestige perdu.

Enfin, sans trouver une manière d'apaiser momentanément la crise tchécoslovaque, et tant que l'affaire tchécoslovaque n'aurait pas été classée, tout au moins pour la forme, les révisionnistes soviétiques, comme cela a été récemment prouvé aux réunions de la commission préparatoire tenues à Budapest et à Moscou, ne pouvaient penser réunir le 5 juin dans leur capitale les partis révisionnistes ébranlés et désorientés. Ils savent très bien que leurs amis italiens, anglais, scandinaves, etc., qui veulent être en règle avec leur bourgeoisie et éviter les spéculations de sa propagande, ne se mettraient

pas volontiers en route pour Moscou sans qu'ait été préalablement créée l'opinion que l'on s'achemine vers la «normalisation» de la situation tchécoslovaque et que le processus de la réhabilitation des occupants moscovites n'ait été amorcé.

Mais comment pouvaient-ils y parvenir? Il y avait deux voies: ou bien retirer les troupes d'occupation de Tchécoslovaquie, ce qu'ils rie peuvent jamais faire, ou bien porter au pouvoir une autre équipe plus adéquate et plus capable de réaliser leurs desseins, même si cette équipe n'était pas l'idéal pour la clique soviétique. Ils ont donc choisi la seconde voie. Ils ont renvoyé Dubcek et ont porté Gustav Husak à la tête du parti révisionniste tchécoslovaque. Pour réaliser ce projet, on a eu recours à tous les moyens. depuis les provocations, l'espionnage et le chantage jusqu'aux promesses et aux menaces. en dépêchant même à Prague le maréchal Gretchko, ministre de la Défense de l'Union soviétique.

Mais il est de fait que, dans cette opération, les dirigeants soviétiques ont bénéficié de l'appui et du soutien total de l'impérialisme américain et de la réaction intérieure et extérieure. Au cours de toute cette période, ces derniers ont eu soin de ne pas accroître les tracas des dirigeants soviétiques à Prague. Bien sûr, cette concession américaine n'a pas été faite sans calcul. C'est une concession ou un retrait que les gentlemen révisionnistes de Moscou ne manqueront pas de payer au quadruple à leurs partenaires de Washington. L'indifférence à l'éviction de l'équipe de Dubcek qui, jusqu'à ces temps derniers, jouissait de toute la sympathie de la bourgeoisie et de la réaction occidentales, montre que, face aux grands intérêts de l'alliance soviéto-américaine, non seulement cette équipe, mais la Tchécoslovaquie elle-même ne sont qu'une simple monnaie d'échange. Les chefs de file soviétiques ne pouvaient pas aborder les entretiens au sommet avec les impérialistes américains pour mettre la dernière main à leurs projets communs contre le socialisme; la liberté et l'indépendance des peuples, sans rétablir l'ordre dans leur propre basse-cour. Nixon lui-même le sentait. Et le président de la C.I.A., Richard Helms, a ouvertement abordé cette question le 11 mai devant les représentants des hommes d'affaires américains. Il a déclaré que «dans l'avenir les relations américano-soviétiques dépendront de la façon dont_ les dirigeants du Kremlin résoudront leurs D'autre part, la «normalisation» de la situation en Tchécoslovaquie rassurerait aussi, dans une certaine mesure, l'opinion américaine qui, après l'occupation de ce pays, n'est pas si disposée à voir entamer immédiatement les conversations soviéto-américaines projetées. La relève de la garde à

Prague, quoique n'étant pas une solution complète et définitive de la situation créée, n'en contribue pas moins à cicatriser la plaie de façon que révisionnistes soviétiques et impérialistes américains puissent mener à bonne fin les tractations en vue.

Il est vrai que Dubcek et son équipe, après le 21 août dernier, avaient entièrement capitulé

devant l'occupation et trahi les intérêts suprêmes du peuple tchécoslovaque. Mais tout cela était insuffisant pour les dirigeants soviétiques. Ils aspirent à dominer la Tchécoslovaquie par le truchement dune «direction tchécoslovaque» dévouée et docile

à leurs ordres, et qui soit dans le même temps forte et en mesure d'écraser la résistance populaire. L'équipe Dubcek, du fait des circonstances de son apparition et des conditions créées, était privée de ces attributions. Elle n'a jamais pu devenir un groupe dirigeant compact qui sait ce qu'il veut et agit avec énergie en vue de réaliser les objectifs fixés. La barque de Dubcek a coulé sous les vagues que suscitèrent l'occupation de la Tchécoslovaquie par les révisionnistes soviétiques et sa ligne capitularde et traîtresse.

Actuellement la propagande révisionniste soviétique mène grand bruit pour présenter le nouveau quisling tchécoslovaque, Husak, comme «l'homme fort» qui, prétendument, défend les intérêts de la Tchécoslovaquie et est à même non seulement de rétablir l'ordre dans le pays, mais aussi d'édifier des rapports judicieux avec les Soviétiques. La bourgeoisie occidentale elle-même fait écho à cette propagande et les anciens ardents partisans de Dubcek ne trouvent pas de mots pour faire l'éloge des «vertus» de Husak. Voilà une orchestration vraiment bizarre ! «Son patriotisme de Tchécoslovaque, écrit le journal américain «Christian Science Monitor», ne peut être mis en doute». «Husak, réplique le grand journal de la bourgeoisie française «le Monde», n'est nullement l'agent «inconditionnel» des Soviétiques». D'autre part, Emil Zatopek, porte-parole autorisé de la réaction tchécoslovaque, déclare: «Je suis d'accord avec Husak et j'admire son nationalisme, c'est un vrai homme politique».

Que Husak est un national-chauvin slovaque, cela est notoire. Mais pourquoi, parmi ce grand nombre de collaborateurs rassemblés maintenant à Prague, les Soviétiques~s ont-ils précisément choisi un nationaliste slovaque, qui est sans doute plus proche des Soviétiques mais n'est quand même pas leur homme à cent pour cent? C'est un fait que non seulement au 21 août, mais plus tard non plus. le nom de Husak ne figurait pas sur la liste des lieutenants éventuels des nouveaux tsars du Kremlin à Prague. En mettant maintenant à la tête de la direction du parti révisionniste tchécoslovaque un ultra nationaliste et antimarxistes notoire, et bien que celui-ci puisse fort bien leur créer des ennuis. les dirigeants soviétiques assoient mieux leur hégémonie en Tchécoslovaquie et donnent à la fois à ce pays l'aspect d'un Etat «indépendant». Ils savent que Husak, en vue de consolider les positions du nationalisme bourgeois slovaque aux dépens des Tchèques, des Hongrois, etc., aura toujours besoin du soutien de Moscou, qui le lui prêtera goutte à goutte, dans la mesure où il sera disposé à en exécuter les ordres et à en défendre les intérêts. En fin de compte, la division nationale a été de tout temps dans l'histoire l'arme préférée des occupants. D'autre part - et le Kremlin s'en soucie particulièrement, - la présence d'un nationaliste à la tête de la direction tchécoslovaque permet à la bourgeoisie occidentale de justifier son indifférence à l'égard du destin de la Tchécoslovaquie et son approbation de l'occupation de celle-ci par les révisionnistes soviétiques. II est donc évident qu'à Moscou on a longuement réfléchi à cette question et qu'on s'est décidé pour la candidature de Husak, en tenant compte également des sympathies des milieux dirigeants occidentaux.

Sous quelque angle qu'on les considère, les événements de Tchécoslovaquie reflètent d-onc la collaboration et le complot des révisionnistes soviétiques avec les impérialistes américains, qui, pour défendre leurs intérêts égoïstes et mettre à exécution leurs plans contre-révolutionn,aires, sont toujours prêts à fouler aux pieds et à sacrifier la liberté et l'indépendance des peuples, leur honneur et leur dignité nationale. En 1939, la Tchécoslovaquie fut sacrifiée pour apaiser les appétits expansionnistes d'Hitler, dans l'espoir que cela servirait à renforcer l'alliance des grandes puissances occidentales avec l'Allemagne fasciste, à défendre leurs intérêts impérialistes et à tourner celle-ci vers l'Est, vers l'Union soviétique. Actuellement aussi, on assiste à un nouveau Munich, actuellement aussi, les puissances occidentales ont abandonné la Tchécoslovaquie à la merci des agresseurs. La bourgeoisie occidentale répète aujourd'hui les mêmes slogans qu'il y a trente ans lorsqu'elle invitait le peuple tchécoslovaque à la «sagesse», au «réalisme», à la soumission. La position du Vatican, de ce représentant des plus autorisés de la réaction internationale, est typique. «Face à l'attitude de Moscou, écrivait son hebdomadaire «l'Osservatore della domenica» du 23 avril dernier, les «réalistes» tchécoslovaques doivent s'incliner, car ils n'ont pas le choix.»

Les nouvelles menées qui, «par coïncidence», se sont intensifiées lors des récents événements de Prague, viennent prouver que des transactions aux dépens du peuple tchécoslovaque ont eu lieu au nom des intérêts de la «sainte-alliance» soviéto-américaine. Les plus importantes sont les plans de l'impérialisme américain - concernant la question vietnamienne, la proposition des Soviétiques et de leurs alliés du Pacte de Varsovie sur la «sécurité européenne», etc.

En fait, ces problèmes figuraient déjà à l'ordre du jour, mais ces derniers temps on constate, en ce qui les concerne, des phénomènes nouveaux. C'est ainsi que depuis longtemps déjà les dirigeants soviétiques n'épargnent pas leurs efforts pour aider les impérialistes américains à sortir du bourbier où ils se sont enlisés au Vietnam. Mais depuis l'investiture de Nixon, ces efforts se sont multipliés et la collaboration des révisionnistes soviétiques avec les Américains pour contribuer à la réalisation des visées américaines devient de plus en plus patente. C'est un fait que le nouveau président américain, en avançant son nouveau plan en huit points sur le prétendu règlement politique de la question vietnamienne, n'a pas caché que sa réalisation présuppose nécessairement le soutien des dirigeants soviétiques, leur intervention auprès du gouvernement de Hanoï. En d'autres termes, Nixon signifie aux dirigeants soviétiques: «Vous avez une dette à payer. Nous vous avons aidé en Tchécoslovaquie, et vous devez nous payer de retour au Vietnam». Les concessions mutuelles frayent la voie à la mise en oeuvre de nouveaux projets contre-révolutionnaires de la «sainte-alliance» soviéto-américaine.

C'est dans le cadre de ces concessions et transactions politiques qu'il convient de considérer aussi la prétendue politique de sécurité européenne des révisionnistes soviétiques. Les révisionnistes khrouchtchéviens ont déjà lancé en d'autres occasions des appels à la «sécurité européenne», mais personne en Occident ne leur prêtait l'oreille. Le plan soviétique prévoyait alors comme préalable la reconnaissance de l'Allemagne démocratique et de ses frontières orientales . et occidentales. Par contre, le nouvel appel en diffère dans son contenu et dans ses orientations. Par exemple, il ne mentionne plus la République démocratique allemande, ni les frontières occidentales de la Pologne et de la Tchécoslovaquie. Ce n'est pas sans un soulagement particulier que les milieux dirigeantes de l'O.T.A.N. et surtout ceux de Bonn ont relevé cette «omission». Les agences de presse occidentales ont fait une large publicité au discours prononcé devant le Bundestag le 25 avril dernier par le ministre ouest-allemand des Affaires étrangères Willy Brandt, qui, selon ces agences, «réaffirma» à cette occasion que les Soviétiques avaient signifié à Bonn que l'acceptation des réalités d'après-guerre (l'existence de l'Allemagne de l'Est, la ligne Oder-Neisse, etc.) ne constitue pas un préalable pour la convocation d'une conférence européenne. Qu'est ce que cela signifie?

Le marchandage au détriment des intérêts de la République démocratique allemande et de la Pologne apparaît ici au grand jour. Les révisionnistes soviétiques cherchent par là à assurer leurs arrières en Europe pour :se concentrer contre la République populaire de Chine.

Or si la politique soviétique de la «sécurité européenne» a fait naître des espoirs en Occident, elle a en revanche sérieusement inquiété les signataires du Pacte de Varsovie et au premier chef la R.D. allemande et la Pologne. Ces deux pays ont senti que c'étaient eux qui allaient faire les frais de cette «sécurité». Il est intéressant de noter ici que, tandis que la propagande soviétique ne pose pas de préalables à la réunion d'une conférence sur la «sécurité européenne», et qu'elle souligne même qu'il n'y en aura pas, la propagande polonaise, elle, pose des conditions assez clairement définies. C'est ainsi, par exemple, que dans un récent article, la revue théorique polonaise «Nofe Drogi», polémiquant avec les Soviétiques, indique, à la différence du texte de l'«Appel» de Budapest: «Il va de soi que la reconnaissance par la République fédérale allemande de toutes les frontières existantes, de l.a frontière de l'Oder-Neisse et de la frontière entre la R.D. allemande et la R.F. allemande, ainsi que la renonciation par le gouvernement de la R.F. allemande à ses aspirations atomiques et à ses prétentions de représenter toute la nation allemande, sont les prémisses fondamentales du système de sécurité européenne».

Dans le monde moderne il n'y a pas d'événements isolés. Les événements de Tchécoslovaquie

se sont déroulés, eux aussi, en liaison étroite avec la conjoncture internationale et ils ne peuvent pas être conçus en dehors du grand complot contre-révolutionnaire soviéto-américain. Mais les révisionnistes ont-ils réussi à nettoyer la plaie tchécoslovaque? Parviendront-ils à soumettre le peuple tchécoslovaque?

Ni le soutien des impérialistes, ceux des U.S.A. en tête, ni la relève des quislings à Prague, ni la force brutale ne pourront sortir les révisionnistes soviétiques du bourbier tchécoslovaque. Le dernier mot appartient au peuple tchécoslovaque épris de liberté. La clique Husak, qui a remplacé celle de Dubcek au château de Prague sur l'ordre des occupants soviétiques et avec la bénédiction de l'impérialisme et de la réaction intérieure et internationale, cherchera maintenant, par la duperie et la terreur, à intimider le peuple tchécoslovaque et à étouffer sa résistance. Mais les occupants étrangers pas plus que les traîtres au pays ne parviendront jamais à leurs fins.

Le peuple tchécoslovaque connaît bien à présent la face de fauve sanguinaire des occupants soviétiques et il sait fort bien que chaque quisling qu'ils portent sur le trône de Prague est leur suppôt et son ennemi juré. Il ne se fait aucune illusion sur eux, pas plus qu'il ne doit fonder le moindre espoir sur les impérialistes américains et leurs alliés qui, en l'espace de trente ans, font vendu deux fois eux agresseurs dans leurs sales marchandages avec eux. Il ne craint pas les sacrifices et sait fort bien que sans liberté il n'y a ni dignité nationale ni socialisme. La seule voie de salut c'est 1a lutte par tous les moyens, jusqu'à la lutte armée, contre les occupants étrangers et les talitres au pays. Les ouvriers et les paysans tchécoslovaques, les femmes, les jeunes et l'intelligentsia patriote se dresseront contre eux dans une lutte qui rendra la vie impossible aux occupants, ils les chasseront du sol sacré de leur patrie et rétabliront la dictature du prolétariat. Dans ce juste combat, ils ne seront pas seuls, mais ils auront pour eux la solidarité et le soutien de toutes les forces révolutionnaires et des ;peuples épris de liberté du monde entier.

Les événements de Tchécoslovaquie sont une leçon et une grande mise en garde pour tous les peuples, ils montrent le danger que représente l'alliance soviéto-américaine pour leur liberté et leur indépendance. La liberté et l'indépendance de chaque peuple, le .droit ~d'être souverain et de se développer en fonction de ses conditions et de ses vœux, ne se défendent pas seulement aux frontières, ils ne se défendent pas le jour où l'ennemi a enfoncé votre porte et s'est installé dans votre foyer; il faut les défendre chaque jour, à chaque heure, à travers une lutte du tac au tac contre les ennemis, impérialistes et révisionnistes, qui ne dorment pas ni ne renoncent à leur dessein d'asservir tous les pays, n'importe où, qu'ils soient petits ou grands.

Mais les plans criminels des impérialistes américains et des social-impérialistes soviétiques échoueront face à la force unie des peuples révolutionnaires et épris de liberté du monde entier. Comme toute alliance contre-révolutionnaire, fasciste, l'alliance soviéto-américain, elle aussi, est faible, comparée à la force des peuples, mais elle peut devenir très dangereuse si on ne la démasque pas, si on ne la combat pas et si on ne l'isole pas à temps. Dans cette situation, pleine de dangers, il est du devoir de tous les peuples épris de liberté et de toutes les forces révolutionnaires anti-impérialistes de renforcer leur vigilance, de ne pas battre en retraite et d'affronter avec courage les vagues déchaînées de la réaction impérialiste-révisionniste. Au front uni contre-révolutionnaire soviéto-américain il faut opposer le front uni anti-impérialiste et anti-révisionniste des peuples, qui est parfaitement en mesure d'étouffer dans l’œuf les plans agressifs des nouveaux prétendants à l'hégémonie mondiale. La lutte pourra être longue, dure; souvent inégale, mais la victoire reviendra certainement aux peuples.


FIN