français

Part II

ENVER HOXHA

RAPPORT D'ACTIVITE DU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D'ALBANIE

Présenté au VIIIe Congrès du PTA le 1er novembre 1981


2. Le socialisme exige des hommes dotés d'une vaste culture et de savoir scientifique

Le niveau culturel et professionnel des masses travailleuses a connu chez nous une véritable révolution. Dans un pays où, avant la libération, la population était illettrée à 90 pour cent, aujourd'hui plus de 67 pour cent des ouvriers sont do tés, d'une, instruction de huit ans et secondaire, et 32 pour cent d'entre eux d'une qualification professionnelle moyenne ou supérieure ; dans les campagnes 52,3 pour cent des coopérateurs ont acquis une instruction de huit ans et secondaire. Nous comptons, actuellement environ 47 500 cadres supérieurs et 131 500 cadres dotés d'une formation secondaire et professionnelle. Néanmoins, l'élévation du niveau d'instruction, de culture et de formation technico- professionnelle des travailleurs demeure, en tant que partie intégrante de l'éducation communiste, l'une des orientations importantes de l'activité de notre Parti et de notre Etat.

Le développement intensif de l'économie et de la culture, l'introduction, sur une toujours plus large échelle, de la technique et de la technologie avancées, les tâches qui se posent en vue d'une, élévation du rendement et de la qualité, d'une rentabilité et d'une efficacité accrues de la production, et en général les perspectives de développement du pays, exigent de nos gens qu'ils élèvent encore plus leur niveau d'instruction et de culture, qu'ils maîtrisent la science et la technique.

La tâche de notre Parti est de faire justement comprendre à tous que notre société a besoin d'hommes cultivés, dotés d'un vaste horizon culturel, d'une haute préparation professionnelle, technique et scientifique, d'éduquer les travailleurs à être très exigeants envers eux-mêmes. Que nos cadres et nos travailleurs se caractérisent par le sentiment du nouveau progressiste, par l’esprit d'innovation, la passion et la volonté pour étudier et s'instruire constamment.

Notre école nouvelle est le foyer principal de l'assimilation de la culture, du savoir et de la science. Au cours des quinze dernières années, on a entrepris la grande action pour la révolutionnarisation plus poussée de notre école socialiste, et elle continue d'être menée avec succès. Toutes les nouvelles structures fondamentales de ce processus sont désormais stabilisées. Un vaste et fructueux travail a été mené en vue de rédiger et d'appliquer les nouveaux programmes d'enseignement et surtout de préparer des manuels scolaires de toutes les catégories.

De grands efforts ont été faits afin de consolider le contenu idéologique et scientifique de notre école dans ses trois composantes, de rendre la structure des méthodes de transmission des connaissantes plus rationnelle, de stimuler chez les élèves une attitude active et créatrice à l'égard des cours, etc. Cela a mis notre école en mesure de préparer des contingents entiers d'élèves et d'étudiants dotés d'une meilleure et plus vaste formation, idéologiquement mieux trempés et professionnellement plus aptes.

De grands succès ont également été enregistrés dans le travail mené pour donner un caractère de masse à tous les niveaux de notre système d'enseignement. Dans l'ensemble, on peut considérer que les besoins urgents du développement quantitatif de notre enseignement sont quasi totalement satisfaits ou définitivement acheminés vers leur satisfaction; Nous possédons actuellement un système d'enseignement capable de satisfaire à nos exigences actuelles et à long terme dans tous les domaines.

L'heure est maintenant venue, tout en continuant de veiller à donner un caractère toujours plus massif à notre enseignement dans son ensemble et à certains de ses maillons en particulier d'engager plus sérieusement et de façon plus qualifiée toutes nos forces éducatives et pédagogiques à élever la qualité du travail à l'école. Cette nécessité est dictée non seulement par le développement spécifique de l'enseignement, de l'école et de la pédagogie,: mais en premier lieu par le développement général, économique, social, scientifique et technique de toute la vie du pays.

Notre école doit inculquer à la jeune génération des connaissances de niveau contemporain. A notre époque le système des connaissances se renouvelle continuellement et dans de vastes proportions. Les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie etc., qui constituent le fondement théorique des disciplines appliquées de la technique et de la technologie, ont progressé à des rythmes très rapides. L'espace de temps entre une découverte scientifique et son application dans l'activité productive s'est beaucoup écourté. Aussi le problème consistant à refléter le plus rapidement possible les nouveaux succès dans les programmes scolaires a-t-il pris une grande acuité. Afin de faire place à la nouvelle information scientifique indispensable, il convient de promouvoir non pas une augmentation mécanique du volume des connaissances, mais des changements au niveau de l'appareil conceptuel et des réajustements de cette information dans des structures plus cohérentes et plus universelles, qui en condensent la substance et en élargissent sensiblement le champ d'application.

Notre école, à tous ses niveaux, a pour tâche d'éliminer un certain traditionalisme, désormais dépassé, dans la forme de présentation des disciplines scientifiques de base. C'est là une tâche sérieuse qui ne doit en aucune manière être réalisée par des greffes et des rapiéçages du nouveau sur l'ancien, mais sur la base d'une conception globale et unique qui s'étende à l'ensemble des cycles d'étude, surtout dans les secteurs massifs de notre système d'enseignement. Il faudra mener, sur ces problèmes, des études attentives et bien réfléchies, afin d'être préparé à temps à des amendements éventuels, se garder de tout élément d'improvisation dans les décisions prises à leur sujet, élaborer les méthodes didactiques plus à fond, conformément à nos critères idéologiques, scientifiques et pédagogiques.

Les organes compétents doivent étudier dans un esprit de responsabilité la charge que les programmes imposent aux élèves et aux étudiants, car on y constate effectivement une surcharge qui est au préjudice de leur formation. Cette surcharge a son origine dans une imparfaite coordination des charges partielles des différentes matières du plan d'enseignement, dans la tendance de l'école à monopoliser la transmission de l'information et à doubler même celle qui se reçoit actuellement par d'autres canaux, dans l'exigence injustifiée de faire assimiler des concepts et des idées dépassant les capacités de perception de l'âge respectif, etc. Il faut notamment attacher un soin particulier à l'élaboration, à divers niveaux de traitement, des disciplines de caractère idéologique proprement dit, car on y observe un développement relativement unifié des sujets, dépourvu des gradations opportunes correspondant aux divers groupes d'âge scolaires.

L'élévation de la qualité et du rendement du travail didactique et éducatif de l'école sur tous les fronts sera notamment mieux servie par le renforcement des liens de l'étude avec la vie, avec la pratique, avec le travail productif, et cela dans l'optique non seulement de l'éducation et de la trempe de la jeune génération, où nous avons enregistré des résultats considérables, mais aussi de l'intégration de l'enseignement et de la science dans la production moderne d'aujourd'hui, et de leur mise toujours plus parfaite au service de l'extension et de l'approfondissement de la révolution technique et scientifique. Il ne faut jamais perdre de vue que la jeunesse d'aujourd'hui, qui reçoit une instruction toujours plus solide, est et sera toujours plus dans l'avenir une force d'avant-garde dans l'accomplissement de cette révolution.

L'amélioration du travail dans tous les secteurs, l'élévation du niveau scientifique, du rendement et de l'efficacité de l'ensemble du processus didactique et éducatif exigent de plus gros efforts en vue d'une amélioration radicale des méthodes didactiques, de façon à accroître l'assimilation active des connaissances et leur fixation, à stimuler la pensée créatrice des élèves et des étudiants et à cultiver en eux l'habitude du travail indépendant déjà sur les bancs de l'école. Dans ce cadre, il est nécessaire de prendre des mesures concrètes pour enrichir la base matérielle et les équipements de laboratoire des établissements d'enseignement.

Notre production, qui comporte actuellement un très large éventail d'activités, s'enrichira à l'avenir de nouveaux secteurs. Elle a, entre autres, pour pilier la grande armée de techniciens moyens et d'ouvriers qualifiés. Aussi faut-il attacher une importance particulière aux écoles professionnelles secondaires, régulières et du soir, qui constituent 80 pour cent de l'enseignement secondaire du pays. Ces écoles, surtout celles du soir et d'orientation agricole, doivent être pleinement consolidées. Il leur appartient de ne pas considérer la meilleure formation théorique des élèves seulement comme un but à atteindre pour leur permettre de poursuivre plus facilement leurs études supérieures, mais d'harmoniser cette formation théorique avec la capacité professionnelle à acquérir dans le secteur concerné et de mieux l'orienter en fonction de cet objectif. Il faudra s'attacher à cultiver chez les élèves des capacités pratiques et une intuition technique fondées sur un plus vaste horizon théorique.

Un grand soin devra être consacré à la formation de spécialistes supérieurs. Que ceux-ci soient capables de s'acquitter de leurs tâches avec une entière compétence et en même temps dotés de l'imagination scientifique indispensable pour faire avancer la révolution technique et scientifique dans leur secteur. Le travail de routine doit occuper et occupera une part toujours plus réduite du temps des spécialistes supérieurs, et le travail d'étude, d'innovation et de recherche scientifique proprement dit devenir leur préoccupation fondamentale.

L'Université et les autres établissements d'enseignement supérieur ont pour devoir de cultiver ces aptitudes chez les étudiants, en mettant à contribution tout leur potentiel intellectuel, en insistant davantage sur l'aspect créateur du processus didactique et éducatif. Pour ce faire, les professeurs des écoles supérieures doivent se consacrer à fond aux activités de recherche, car seul un chercheur suit avec intérêt l'évolution de la discipline qu'il enseigne et est capable de l'exposer avec une véritable passion devant son auditoire.

L'extension, dans les établissements d'enseignement supérieur, d'un travail scientifique portant non pas sur des thèmes d'importance secondaire, mais sur les grands problèmes de l'économie, de la production, de la défense, de la culture, devient également indispensable cour promouvoir la qualification scientifique postuniversitaire. La qualification des cadres et des spécialistes supérieurs est une question qui intéresse toute la société. Elle requiert qu'ils approfondissent sans cesse leurs connaissances, apprennent les nouveautés de la science et de la technique, s'instruisent et élèvent leur qualification sous des formes individuelles, mais aussi de façon organisée et contrôlée. La mise en place de ce nouveau maillon de notre système d'enseignement demande un travail considérable et de responsabilité de la part des établissements d'enseignement supérieur et du ministère de l'Education et de la Culture ainsi que l'aide multilatérale et le plus vif intérêt de tous les autres ministères.

Notre enseignement traverse un processus de consolidation des grands résultats obtenus dans sa révolutionnarisation. Perfectionner le grand ensemble de mesures qui constituent l'essence de la révolutionnarisation de notre école, demeure pour nous une tâche permanente. Leur bien-fondé se vérifie dans la pratique révolutionnaire, où nous apprenons à corriger les imperfections, à éliminer les défauts, à combler les lacunes. Beaucoup de choses ont été corrigées dans la dynamique du progrès de notre école. Mais le développement de la vie du pays et de l'enseignement en particulier fait surgir de nouveaux problèmes qui doivent être étudiés soigneusement dans toute leur complexité et qui exigent l'adoption des mesures nécessaires et adéquates à leur solution.

Enseignants et pédagogues ont un rôle décisif à jouer dans la réalisation de toutes ces tâches auxquelles notre école est confrontée. Ils doivent s'employer encore mieux à élever leur niveau idéologique, politique et professionnel, à élargir leur horizon scientifique et culturel, à accroître leurs capacités pédagogiques. Il faut combattre tout formalisme dans l'appréciation de leur travail, tout esprit de libéralisme, et toute tendance à se contenter de peu. Que tous se persuadent que l'école demande un dur labeur, de la passion et de la volonté, une conscience et un esprit de discipline élevés.

La saine opinion sociale joue un grand rôle dans le renforcement du travail à l'école; elle peut être d'une grande aide dans l'activité quotidienne de l'école. Il est particulièrement important de cultiver chez la jeunesse scolaire de saines motivations à l'étude, s'inspirant des idéaux révolutionnaires.

L'amélioration générale du travail dans l'enseignement populaire nécessite aussi le perfectionnement et la révolutionnarisation plus poussée de la méthode et du style du travail de direction de tous les organes éducatifs, depuis les directions des écoles jusqu'au ministère de l'Education et de la Culture. Cela demande un travail de direction d'un niveau scientifique plus élevé, et la solution, sur des bases scientifiques plus avancées, des problèmes complexes que posent le développement continu de l'enseignement populaire et la révolutionnarisation de l'école.

De leur côté, les ministères et les autres institutions doivent s'occuper plus soigneusement de la formation de cadres et spécialistes moyens et supérieurs, définir judicieusement les exigences en ce domaine, quant au nombre et aux disciplines, s'employer sérieusement à faire rédiger les plans, les programmes et les manuels scolaires, veiller à une meilleure organisation du travail de production et du stage au travail des élèves et des étudiants.

Au cours du 6e quinquennat, nos arts et notre culture socialiste ont connu un nouvel essor et leur rôle a été porté à un plus haut degré dans tout le travail du Parti pour l'éducation communiste des masses travailleuses. Des progrès manifestes ont été enregistrés dans le contenu et dans la qualité des activités culturelles et artistiques. Ces activités ont toutes eut pour traits distinctifs l'esprit prolétarien de parti et le militantisme révolutionnaire. Par là même, elles ont contribué encore plus à consolider la conception du monde de notre homme nouveau, à cultiver en lui des goûts prolétariens et les normes du mode de vie socialiste.

Des œuvres de qualité, pénétrées de valeurs idéologiques et artistiques ont été créées dans la littérature, les arts figuratifs, la musique et le cinéma. Elles ont toujours eu pour fondement les principes fondamentaux du réalisme socialiste. Nos créateurs ont le mérite particulier de s'être appliqués à souligner avec force dans leurs œuvres, à côté du contenu socialiste, l'originalité nationale et l'esprit populaire, en s'appuyant solidement sur nos plus saines traditions littéraires et artistiques, en les enrichissant de recherches et de trouvailles innovatrices, ainsi qu'en combattant toute attitude conservatrice et libérale, toute pression de la culture dégénérée bourgeoise et révisionniste.

Notre littérature et nos arts ont également obtenu des succès importants en s'affirmant devant le public international. Nos livres, nos films, nos ensembles de chants et de danses ainsi que nos expositions d'arts figuratifs ont toujours plus attiré l'attention des hommes progressistes, qui les ont appréciés et y ont trouvé, en même temps que les idées progressistes, un esprit réaliste, démocratique et humaniste sain, en contraste avec l'esprit décadent et réactionnaire de l'art actuel bourgeois et révisionniste.

Notre pays s'est transformé en une grande école, où tous étudient et travaillent, embellissent la Patrie et la font prospérer. Cela les a mis toujours plus dans un rapport actif avec la culture. Nos hommes prennent part activement à la création des valeurs de la culture matérielle et spirituelle et à leur utilisation constante. C'est en cela que: réside l'une des supériorités de notre système socialiste sur le système capitaliste.

Notre vie socialiste insuffle à notre culture, à notre littérature et à nos arts plus de vitalité, plus de dynamisme et de fraîcheur, elle enrichit leur contenu et leur forme. La liaison avec la vie active est le seul moyen et la seule manière de découvrir et d'affirmer les vertus et les hautes qualités morales et politiques des travailleurs, leurs succès et leur activité créatrice. Ce n'est qu'ainsi que les valeurs culturelles deviennent une source d'inspiration et de mobilisation des masses pour la réalisation des tâches dans la construction et la défense du pays, qu'elles créent une atmosphère d'enthousiasme révolutionnaire pour surmonter les obstacles et remporter de nouvelles victoires.

Tous nos créateurs de la littérature, du cinéma, des arts figuratifs, de la musique, etc., ont une importante tâche à remplir. Ils doivent traiter et refléter amplement dans leurs œuvres les grands problèmes du temps, les processus de développement et les nouveaux phénomènes de la vie. Les arts et la littérature doivent traiter et propager des motifs puissants, l'héroïsme de masse et les héros qui, par leur exemple, remplissent un rôle de guide dans la vie, dans le travail, dans la science, à l'école, partout. Notre temps exige que notre littérature et nos arts élargissent la gamme de leurs thèmes, qu'ils embrassent toujours mieux l'ampleur et la variété de la vie, de façon que, petit à petit, nos écrivains et nos artistes complètent le grand tableau de l'époque socialiste en Albanie. La création de ce témoignage artistique demeure une tâche fondamentale de notre littérature et de nos arts.

Les thèmes tirés de l'histoire et des périodes passées sont et seront toujours valables et indispensables pour cultiver chez les gens de chez nous l'amour de la patrie, de nos traditions et de notre culture nationale, pour leur faire mieux connaître la lutte de notre peuple pour la liberté, l'indépendance et le progrès. Mais le développement de la littérature et des arts est inconcevable si la vie et l'actualité n'affluent pas toujours plus abondamment dans nos romans, dans nos poèmes, dans nos films et dans nos œuvres musicales et figuratives. En s'appuyant puissamment sur la réalité que nous vivons, en la reflétant largement, notre littérature et nos arts seront en mesure de mieux refléter aussi notre passé, de le faire plus fidèlement et à un niveau idéologique et artistique plus élevé.

La lutte pour renforcer le caractère et l'originalité nationale de nos arts doit toujours s'accompagner du renforcement de l'esprit socialiste, qui donne le ton à toute notre vie. L'affirmation des éléments socialistes est une exigence objective de la consolidation de l'art de réalisme socialiste. Dans la représentation de la réalité socialiste, le caractère national aussi acquiert de nouveaux traits qualitatifs, il se développe et s'élève à un nouveau degré, supérieur.

Notre Parti a souligné que l'inspiration que nos arts puisent dans l'art populaire constitue un facteur important de la pureté de la création cultivée et de la sauvegarde de l'esprit populaire et national. Mais il convient de maintenir toujours une juste mesure dans les rapports entre l'art cultivé et l'art populaire, de ne pas abuser de la priorité donnée à l'un ou à l'autre, car s'il est nocif de dissocier l'art cultivé de l'art populaire, il est tout aussi nocif de les identifier et de faire de l'art cultivé une simple imitation de l'art populaire.

La représentation de la réalité socialiste et le traitement toujours plus vaste de ce thème, des problèmes typiques et fondamentaux de notre société, doivent nécessairement s'accompagner d'une amélioration de la qualité. Il faut qu'au contenu sain, à la thématique révolutionnaire correspondent une forme et un niveau élevés de réalisation artistique. Il ne suffit pas de saisir le sujet du jour, d'écrire sur le héros positif, sur la réalité socialiste, etc. Ces écrits, s'ils sont dépourvus d'art, ne peuvent pas nous émouvoir, nous éduquer et nous inspirer pour le présent et l'avenir. L'amélioration de la qualité dans nos arts est une exigence découlant de l'élévation du niveau culturel et des goûts esthétiques de nos larges masses travailleuses, des conditions actuelles de l'évolution de notre société.

Les grandes tâches qui nous incombent pour le développement de notre littérature et de nos arts accroissent les exigences pour la formation continue des forces créatrices, surtout des nouveaux talents, sur le plan de la conception du monde et de la culture. Nos écrivains et nos artistes réussissent à créer un art de haute valeur lorsqu'ils connaissent à fond la vie du peuple, son histoire et sa psychologie, lorsqu'ils assimilent le marxisme-léninisme et les enseignements du Parti, lorsqu'ils vivent intensément les problèmes de l'époque. Le rôle de l'Union des écrivains et des artistes est considérable en ce domaine. Il lui faut demeurer toujours un centre d'inspiration et d'éducation pour les forces créatrices, et avoir pour principal souci la créativité de nos écrivains et de nos artistes, l'élévation du contenu et de la qualité de leurs œuvres.

Les autres institutions culturelles et artistiques, la Radiotélévision, les maisons et les organismes d'édition, les théâtres et les studios cinématographiques, ont pour devoir de renforcer leur contrôle et d'accroître leurs exigences en matière de qualité afin de présenter au peuple des œuvres toujours meilleures. Elles doivent lutter pour bannir toute représentation superficielle, sans vigueur et sans une vision approfondie de la réalité, les manifestations de schématisme, d'uniformité et de compréhension simpliste des phénomènes et des problèmes de la vie actuelle.

Les tâches des institutions culturelles et artistiques sont nombreuses et multiformes. Dans le travail qu'elles accomplissent pour élever le niveau de culture des masses, elles doivent veiller particulièrement aussi à une plus large propagation du savoir et des diverses connaissances, à une meilleure organisation de l'information technique et scientifique, à l'extension de la propagande de la production et de l'expérience avancée, en assurant une plus large coordination avec les organisations de masse, avec les spécialistes et les cadres, avec les travailleurs d'avant-garde de la production. Il faudra, parallèlement à la publication de livres politiques et artistiques, consacrer plus de soin à celle d'ouvrages techniques et scientifiques, de manuels et d'encyclopédies, susceptibles d'être largement utilisés par les divers spécialistes, ainsi qu'aux publications scientifiques de vulgarisation.

Un véritable pays socialiste doit aussi se distinguer toujours plus par le haut niveau de culture de ses gens, par la richesse de leur univers spirituel, par la pureté des goûts esthétiques ainsi que par le mode de vie. La formation de justes conceptions sur le mode de vie socialiste est une tâche importante du travail éducatif et culturel qui s'accomplit dans notre pays.

Il importe de se pénétrer profondément de l'idée que la culture dans le mode de vie accompagne l'homme durant toute son existence. Elle concerne son alimentation, son hygiène et son habillement, son habitat et ses activités productives. La culture, la littérature et, avec elles, le cadre des établissements de production et des services publics, influent directement sur la formation des goûts des masses. Ils accroissent l'attrait qu'exerce sur elles le beau dans le travail, dans la vie et dans la nature, ils étayent la lutte aussi bien contre les goûts bourgeois et révisionnistes que contre les goûts vulgaires.

De nouvelles tâches importantes se posent surtout pour propager la culture dans les campagnes. L'élévation du niveau culturel de la paysannerie influe directement sur le progrès des campagnes sur tous les fronts, sur la réduction des disparités entre elles et les villes. Aussi, à part l'extension, le renforcement et l'exploitation plus efficace du réseau des établissements culturels dans les zones rurales et l'amélioration de la composition de leurs cadres, l'aide fournie par la ville, la participation active de l'intelligentsia et la sollicitude des organisations de masse, jouent un rôle important dans la diffusion de la culture dans les campagnes. En particulier, les écoles, en milieu rural, doivent devenir de véritables foyers de diffusion de la culture de masse, des traditions patriotiques et révolutionnaires, d'animation de la vie artistique, d'éducation et de formation des nouveaux talents.

Le développement et le progrès de la culture signifient le développement et le progrès de la nation. Ils sont unis par un étroit lien dialectique. Comme l'a dit Engels, l'histoire prouve que tout progrès de la culture a été un pas vers la liberté. Il est important que cela soit bien compris par les organes du Parti et du pouvoir à la base, par tous les travailleurs du front de la culture. Mieux ils comprendront l'importance du travail culturel, plus ils s'attacheront aux problèmes de ce secteur. Les organes du Parti et du pouvoir doivent mieux organiser leur aide et leur contrôle surtout à propos des problèmes de direction et de planification, du contenu, de l'efficacité et des valeurs éducatives de l'activité culturelle et artistique.

Notre science nouvelle a apporté une contribution particulière aux grands succès obtenus par notre peuple au cours de la construction socialiste du pays. Elle embrasse de nouveaux domaines auparavant inexplorés, elle a élevé le niveau des études et elle est actuellement en état d'assumer des tâches plus difficiles, de résoudre des problèmes plus complexes, et de mieux satisfaire les exigences que lui pose le développement de l'économie et de la culture.

Aujourd'hui nos hommes de science et nos techniciens étudient, projettent et réalisent par leurs seuls et propres moyens tous les ouvrages nécessaires à notre économie et à notre défense, ouvrages hydro-énergétiques, voies ferrées, puits à forage profond, usines d'enrichissement des minerais et beaucoup d'autres importants établissements industriels. De grandes richesses du sous-sol ont été découvertes et mises en exploitation. Elles constituent actuellement la base fondamentale du développement de l'industrie et de toute l'économie du pays. Des progrès ont été enregistrés dans la solution des nombreux problèmes techniques et technologiques de la production. On est passé de la fabrication de pièces détachées à la production de machines complètes. Dans l'agriculture, les recherches et les expérimentations sont devenues des facteurs importants de l'accroissement des rendements et de l'amélioration des races. Des réalisations très appréciables ont également été enregistrées dans les sciences sociales, historiques, linguistiques, économiques, politiques, etc.

Mais le stade actuel du développement du pays et les grandes tâches qui nous incombent font de l'essor de la science, de la juste appréciation de son importance et de l'application de ses résultats dans la production, une nécessité pressante. Cette nécessité devient encore plus impérieuse dans les conditions actuelles du développement de notre pays par ses seules forces, à un moment où l'économie et tous les secteurs de l'activité sociale sont engagés dans la voie intensive et qu'il est exigé partout un travail d'une qualité, d'un rendement et d'une efficacité élevés.

Ce sont là les raisons pour lesquelles notre Parti a analysé Tan dernier dans un plénum de son Comité central spécialement convoqué à cet effet, toute l'activité scientifique de notre pays en en tirant des conclusions et en fixant des tâches particulières non seulement aux travailleurs scientifiques, mais à tous les comités et organisations du Parti, aux organes d'Etat et aux organismes économiques du pays. Les tâches posées et les orientations données par le 8e plénum du Comité central constituent un grand programme de travail pour le présent et l'avenir. Il s'agit maintenant pour nous de concentrer nos énergies dans une lutte opiniâtre pour la mise en œuvre de ce programme.

L'objectif principal de tout le travail de recherche scientifique est de soutenir comme il se doit le 7e plan quinquennal pour assurer sa pleine réalisation. Mais en outre, notre science a pour devoir et pour objectif important d'entreprendre dès maintenant des recherches pour le futur quinquennat. La science, pour être vraiment telle, pour jouer véritablement son rôle et accomplir sa fonction, doit anticiper la production, découvrir à l'avance la perspective du développement de l'économie et de la culture. C'est seulement en accomplissant cette fonction qu'elle peut aider tant à la planification qu'à la production.

En ayant en vue les tâches immédiates et à long terme, il faut s'attacher soigneusement à assimiler les résultats contemporains et à développer les sciences qui sont appliquées dans des domaines d'importance vitale, qui conditionnent le progrès accéléré de notre pays et consolident sa pleine indépendance.

Nous devons consacrer le gros de nos forces et de nos moyens à l'étude de nos richesses naturelles, en premier lieu à la recherche et à la découverte de minerais utiles. Notre science doit trouver les voies les plus appropriées pour accroître nos ressources énergétiques et leur utilisation rationnelle, pour assurer une mise en valeur aussi complexe et complète que possible de tous les composantes utiles des matières premières, le plus bas coût et la meilleure qualité possible de la production.

L'extension des études dans le domaine des constructions mécaniques et du perfectionnement des technologies de la production et de la mécanisation des processus de travail, dans le domaine de l'étude des projets et de la construction des divers ouvrages industriels, hydrotechniques et civils, etc., doit constituer un objectif important du travail scientifique.

Les études en agriculture, surtout celles qui concernent le maintien, l'extension et l'amélioration des terres cultivables, l'accroissement des capacités génétiques des semences et des races, le perfectionnement de l'agrotechnique, la protection des plantes et des animaux, revêtent une importance particulière.

De par les conditions mêmes de notre pays, nous devons mettre l'accent sur les sciences appliquées. C'est dans ce domaine que doit être principalement concentré le travail scientifique de recherche. C'est là que doit être engagé le gros de nos forces scientifiques et techniques. Cela ne signifie pas qu'il faille renoncer aux sciences fondamentales, celles-ci constituant la base théorique des sciences appliquées et de la technique moderne. Ce qu'il faut, c'est connaître et assimiler les résultats et les méthodes avancées de ces sciences afin de mieux les mettre au service de la production et d'assurer une solide formation théorique de nos spécialistes.

Nous devons améliorer la qualité du travail de recherche scientifique et son efficacité dans tous les domaines de la science, et surtout dans ceux des sciences appliquées. Toute étude entreprise doit être complète, ses diverses phases, depuis l'étude générale, l'expérimentation, l'élaboration des projets et jusqu'à leur application, doivent constituer un tout. Les études techniques et technologiques doivent s'accompagner d'études économiques et financières en vue de faire ressortir l'avantage économique et la rentabilité des investissements.

L'approfondissement de la révolution technique et scientifique dans tous les domaines a mis en mouvement de grandes masses d'hommes, éveillant en eux un réel intérêt pour une assimilation plus profonde des connaissances scientifiques et pour l’expérimentation en général. Par dessus tout, cela a renforcé la confiance de nos cadres et de nos travailleurs dans leurs capacités et leur pensée créatrices. Actuellement, des possibilités ont été créées pour que, parallèlement à la croissance quantitative et qualitative des rationalisations et des innovations, l'on passe graduellement à un stade supérieur d'améliorations et de transformations de plus grande ampleur, qui apportent des changements plus radicaux au profit de la production, de l'équipement technique, des conceptions technologiques ou des formes d'organisation non seulement dans des usines et ateliers particuliers, mais aussi dans des branches entières. Il importe à cette fin d'accroître encore le rôle actif et l'efficacité de la science, qu'il faut développer non seulement dans les institutions scientifiques de recherche, mais aussi, et en l'appliquant largement, sur le terrain concret, dans les usines, les combinats, les champs, partout où sont produits les biens matériels.

Le progrès de la science est grandement conditionné par une planification plus exacte et plus clairvoyante, conforme aux besoins du pays à tous les maillons du travail de recherche scientifique, par une bonne organisation et coordination de l'activité des diverses institutions, par la création d'une base matérielle et de laboratoires appropriée à notre pays et réalisable, par la préparation, la qualification permanente et la contribution toujours plus efficace des spécialistes dans les divers domaines.

L'Académie des sciences demeure le plus grand centre de recherches scientifiques de notre pays. Le Parti lui a fixé pour tâche, en même temps que de raffermir ses institutions scientifiques existantes, d'étendre son activité dans d'autres domaines, surtout dans ceux des sciences naturelles et techniques qui concourent directement à résoudre les grands problèmes de la production.

La fondation du Comité de la science et de la technique dans l'année en cours constitue une mesure importante prise par notre Parti en vue d'améliorer la direction et l'organisation du travail de recherche scientifique. Il a pour devoir de mieux coordonner toute l'activité scientifique du pays et d'aider à en appliquer les résultats.

Tous les organes d'Etat, de la base au sommet, doivent faire preuve d'un plus grand soin et intérêt pour le développement de la science. Ils doivent considérer l'activité scientifique comme une partie intégrante et indivisible de leur travail pour la planification, l'organisation et la direction de l'économie, de la culture et de toute la vie du pays.

C'est en vivant plus près de l'activité scientifique et des gens qui s'y consacrent, en recueillant l'opinion des spécialistes et en appuyant le nouveau, en combattant les obstacles et les lenteurs bureaucratiques constatés parfois dans le cours des études menées et surtout dans leur application, que l'on soutient le développement et le progrès de la science.

Le travail des organisations du Parti doit avoir pour objectif fondamental d'appliquer la politique du Parti dans le domaine de la science en sorte que l'activité de recherche et d'étude soit concentrée sur les grands problèmes actuels et à plus long terme, que les cadres scientifiques s'arment de la conception marxiste-léniniste du monde et des enseignements de notre Parti.



IV

LA SITUATION INTERNATIONALE ET LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LA R.P.S. D'ALBANIE

Le Parti du Travail d'Albanie n'a cessé de suivre avec attention le développement de la situation internationale et le cours des événements dans le monde. Il les a analysés de façon objective et avec réalisme, et en a tiré les conclusions appropriées en se guidant comme toujours sur les principes marxistes-léninistes. En tout cela, le Parti s'est fondé sur le fait que les processus mondiaux actuels exercent, à divers degrés, leur influence sur notre pays. Si nous suivons et analysons avec un intérêt particulier les situations internationales, c'est afin de n'être jamais pris au dépourvu, d'être toujours prêts à affronter victorieusement tout danger pouvant nous venir de l'extérieur, et de construire avec succès le socialisme. D'autre part, cela nous est également indispensable pour pouvoir accomplir correctement et efficacement notre devoir internationaliste de soutien à la lutte des peuples pour la liberté et l'indépendance nationale, pour la démocratie et le progrès social, et contribuer à la consolidation de la paix et de la sécurité internationale.

Vue dans son ensemble, la situation internationale actuelle est trouble, complexe et très tendue. D'importantes forces politiques et sociales s'opposent les unes aux autres. D'une part, l'impérialisme, le capitalisme et la réaction, porteurs de l'oppression, de l'exploitation et de la guerre, d'autre part, les peuples, les révolutionnaires et les démocrates, qui luttent pour la libération nationale et sociale, pour l'émancipation de l'humanité. Cette vaste et profonde confrontation dans tous les domaines, qui est l'expression d'âpres conflits de classes et qui a embrassé tous les continents sans exception, a aggravé encore toutes les contradictions et la crise profonde qui s'est emparée du monde capitaliste actuel. Tout témoigne que la situation actuelle dans le monde est grosse d'une conflagration générale et de guerres locales, de même qu'elle est grosse de luttes de libération et de révolutions. L'évolution des événements montrera si l'impérialisme parviendra à conduire le monde à une nouvelle catastrophe ou si les peuples empêcheront la guerre d'éclater et sauveront l'humanité.

Dans cette situation, la lutte des peuples et la révolution sont à l'ordre du jour, non seulement comme une aspiration et un devoir immédiats pour la libération de l'oppression capitaliste et du joug impérialiste, mais aussi comme une nécessité historique pour mettre en échec les plans bellicistes de l'impérialisme et éviter une nouvelle conflagration mondiale.

L'impérialisme a été et demeure la source de toutes les agressions et guerres de rapine, la cause de tous les malheurs et misères qui ont existé et existent dans le monde. Les peuples ont payé de leur sang et de leur vie la soif insatiable de conquête, d'exploitation et de domination mondiale des impérialistes. La lutte que se livrent actuellement les superpuissances impérialistes et les grandes puissances capitalistes pour des marchés et des zones d'influence atteste justement ce caractère immuable de l'impérialisme, sa nature et ses objectifs.

L'impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique sont dressés l'un contre l'autre, ils sont engagés dans une course à l'agression et à l'invasion d'autres pays. Dans plusieurs régions du monde, la lutte entre les deux superpuissances impérialistes, les Etats-Unis et l'Union soviétique, sans excepter la Chine impérialiste et les autres puissances capitalistes, a pris de nouvelles et vastes proportions. Chacune de ces puissances s'efforce de s'assurer une supériorité économique, politique et militaire sur l'autre, d'occuper de nouvelles positions stratégiques. Bien que l'incendie d'une guerre mondiale ne se soit pas encore déclaré, les dangereux foyers locaux qui se sont allumés peuvent tourner en brasier d'une grande conflagration impérialiste mondiale. Le Moyen-Orient et à nouveau l'Indochine en témoignent très clairement. Cette rivalité, cette politique des superpuissances, compliquent encore plus la situation et apportent dans les relations internationales un élément de tension lourd de conséquences.

Certes, tout en constatant que la rivalité entre les superpuissances et l'aggravation de leurs contradictions constituent la source principale des conflits internationaux actuels et du danger de guerre, nous ne pouvons ne pas noter aussi leurs efforts pour aboutir à des compromis, à des accords, et même à des alliances provisoires. La tendance aux affrontements et aux conflits entre les impérialistes a toujours eu pour pendant leurs tentatives pour s'accorder aux dépens des peuples.

Mais une atmosphère de confiance réciproque ne peut jamais s'instaurer entre Etats impérialistes. En raison même de leur nature agressive, ils agiront ouvertement ou sournoisement l'un contre l'autre. C'est là la dialectique des rapports entre impérialistes.

Les superpuissances se sont efforcées jusqu'ici de maintenir un certain équilibre entre elles, de respecter mutuellement leurs zones d'influence, d'avancer au même pas dans la course aux armements. Elles ont tâché d'éviter une guerre directe entre elles, mais maintenant, par suite de la crise et de leur développement inégal, cet équilibre tend à se rompre.

Leur expansion ne trouve plus d'espaces vides sur lesquels elle puisse s'étendre. Tout nouveau pas de l'une d'entre elles se heurte aux intérêts de la partie adverse avec le risque d'une réaction imprévisible. D'où les déséquilibres et les dangers d'affrontements armés qui pourraient conduire l'humanité à une guerre impérialiste générale.

Naguère il fut possible de signer le traité de non-prolifération des armes atomiques, qui assurait aux Etats-Unis et à l'Union soviétique le monopole de ces armes, et de conclure même les accords SALT, qui établissaient l'équilibre entre les deux superpuissances concernant ces armes. Maintenant les deux parties sont prises d'une fièvre d'armement effréné, qui les a aveuglées et leur a fait perdre toute logique. La mégalomanie et l'arrogance des superpuissances, qui s'imaginent pouvoir faire impunément la loi dans le monde entier, sont mitigées de leur crainte réciproque et de la terreur que leur inspire la révolution.

Les intérêts des superpuissances et ceux des peuples ne s'accordent ni ne se rencontrent à aucun moment et en aucun cas. La survie de l'impérialisme exige l'asservissement des peuples, et la libération des peuples exige l'effondrement de l'impérialisme.

La politique des classes réactionnaires, qui, pour préserver leur pouvoir et tromper les masses, s'appuient sur tel ou tel Etat impérialiste, en qualifiant l'un de bon et l'autre de méchant, l'un d'ami des peuples et l'autre d'ennemi, l'un de pacifique et l'autre de belliciste, est fort nocive et doit être combattue jusqu'au bout. Les superpuissances, chacune séparément ou toutes ensemble, sont les ennemis les plus féroces de la liberté et de l'indépendance des peuples, les défenseurs et les garants des régimes réactionnaires, elles soutiennent le joug étranger qui pèse sur les nations, attisent les querelles et les conflits qui opposent ces dernières entre elles. Leur politique constitue un danger direct qui risque de jeter l'humanité dans une troisième guerre mondiale.

Aussi, aujourd'hui comme par le passé, la lutte de toutes les forces révolutionnaires, progressistes et démocratiques pour dénoncer et déjouer les plans des superpuissances impérialistes en vue de piller et d'asservir les peuples, devient une nécessité historique, une condition et un devoir pour défendre leur liberté et leur souveraineté, pour faire triompher la révolution, pour éviter la guerre et assurer la paix.

Tous les peuples, d'une manière ou d'une autre, sous une forme ou une autre, ont à souffrir de l'ingérence ou sont menacés par la politique agressive de l'impérialisme américain, qui est la plus grande puissance capitaliste de notre époque et le principal rempart du système bourgeois-impérialiste. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il acquit la prééminence sur les autres puissances impérialistes et devint le principal prétendant à la domination mondiale, l'impérialisme américain n'a cessé de faire couler à flots le sang de tous les peuples qu'il a attaqués directement ou à travers ses instruments dociles. La main de l'impérialisme américain a toujours été présente dans chaque processus contre-révolutionnaire qui s'est produit dans le monde, dans chaque putsch fasciste ou renversement de la démocratie, dans chaque attaque contre la révolution et le socialisme. C'est cet impérialisme qui a fait de l'ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, de l'arbitraire et du diktat une pratique courante dans la vie internationale, qui a fait de l'agression et de la menace d'agression l'essence de sa politique, de toute son action.

L'histoire n'a pas connu de plus grand et de plus insatiable spoliateur des richesses et de la sueur des peuples, que le capital américain. Les sociétés capitalistes américaines qui ont planté leurs griffes sur tout le globe, foulent aux pieds de la façon la plus barbare la souveraineté des nations et font la loi dans maints pays. Parallèlement aux capitaux, l'impérialisme américain exporte son mode de vie, la corruption et la dégénérescence, l'esprit de cosmopolitisme décadent et il incite à la soumission servile aux étrangers.

L'impérialisme américain a couvert le globe de ses bases militaires, qui sont les principaux supports de la guerre et de l'agression. Il poursuit une politique de renforcement des blocs militaires existants et de mise sur pied de nouveaux blocs, grâce auxquels il assure sa domination sur ses partenaires, menace d'étouffer par le fer et par le feu la révolution et la lutte des peuples, et défend par la force le système d'oppression et de violence capitalistes.

Actuellement, l'impérialisme américain s'est mis à appliquer une ligne plus dure, plus agressive et plus aventureuse dans sa politique extérieure. Il s'appuie toujours plus sur sa puissance militaire. La nouvelle politique de Reagan en est un clair témoignage.

L'impérialisme américain cherche maintenant à rassembler toute la réaction et les forces contre-révolutionnaires mondiales dans une croisade unique sous l'égide américaine, contre la révolution, le socialisme, la liberté, l'indépendance et la souveraineté des peuples, contre les droits démocratiques des gens. Presque toutes les zones où l'on extrait du pétrole et des matières premières essentielles, toutes les voies maritimes des océans, tous les points stratégiques du globe, sont pour lui des «zones des intérêts américains». L'impérialisme américain déclare officiellement qu'il interviendra par les armes pour défendre ces «intérêts», et il avance ouvertement un programme concret d'expansion de son pouvoir politique et militaire dans le monde entier. La création de la «force de déploiement rapide», de cette grande armée d'agression, prête à agir là où l'enverra le Pentagone pour établir par le fer et par le feu la domination des Etats-Unis, est une preuve incontestable de ce nouveau cours adopté.

Cette ligne se traduit également dans la nouvelle «doctrine» de Washington inaugurée par Carter et développée plus avant par Reagan, selon laquelle la paix dans le monde et la sécurité des peuples peuvent être garanties par «l'accroissement de la puissance et de la supériorité américaines». En réalité, cette «doctrine» provoque et rapproche la guerre générale impérialiste. L'accumulation sans précédent d'armes de divers types, depuis les armes conventionnelles jusqu'aux bombes atomiques de centaines de mégatonnes, l'excitation de l'esprit militariste, la mobilisation totale pour assurer, à tout prix la supériorité militaire des Etats-Unis sur leur rivale soviétique, entretiennent dans les milieux dirigeants américains l'idée que la guerre est non seulement inéluctable, mais même nécessaire.

Tout cela annonce que le monde sera confronté à une intensification de la politique agressive de l'impérialisme américain, qui accroîtra ses ingérences dans les affaires intérieures des autres pays et, surtout, mettra toujours plus en action son potentiel militaire.

Dans ces conditions, toute concession ou recul face à l'impérialisme américain, toute illusion sur un éventuel adoucissement de sa politique, comportent de sérieux dangers pour la liberté, l'indépendance et la souveraineté des peuples.

La politique hégémoniste et expansionniste de domination mondiale, le cours aventureux de préparation et d'excitation à la guerre caractérisent également aujourd'hui le social-impérialisme soviétique, devenu plus agressif dans sa stratégie globale et surtout dans la manière dont il l'applique.

Depuis l'occupation de la Tchécoslovaquie, la politique de l'Union soviétique a pris un caractère militariste toujours plus marqué, qui se traduit dans le recours à la force armée pour la réalisation de ses objectifs expansionnistes. Les interventions militaires se sont succédées. Après la Tchécoslovaquie ce fut le tour de l'Angola, du Yemen, de l'Ethiopie, de l'Erythrée, où les Soviétiques sont intervenus par d'autres forces interposées. Finalement vint l'Afghanistan, qui marque le début de la grande marche du social-impérialisme soviétique vers le Sud, où se trouvent les plus riches ressources énergétiques du monde, les plus importants nœuds stratégiques, les zones où s'affrontent et se heurtent les rivalités impérialistes les plus aiguës.

La politique de l'Union soviétique a revêtu les mêmes traits agressifs, expansionnistes, bellicistes que celle des Etats-Unis. Cela s'observe clairement dans l'identité de leurs objectifs et dans le parallélisme de leurs voies. L'Union soviétique cherche à acquérir des bases militaires hors de ses frontières, elle noue avec d'autres pays des alliances politiques et militaires afin de s'en servir comme de supports pour étendre sa domination sur les peuples et affronter l'impérialisme américain. Elle ne se laisse pas distancer non plus dans la course aux armements. Les Soviétiques disposent déjà d'un important arsenal militaire, qu'ils augmentent et perfectionnent sans cesse dans leurs préparatifs de guerre. L'économie soviétique militarisée a été mise au service des plans de conquête de cette nouvelle superpuissance impérialiste.

Il en est résulté que l'Union soviétique a été démasquée aux yeux des peuples comme une puissance impérialiste féroce, qui menace et met en danger ouvertement leur liberté et leur indépendance.

Malgré tout, il est des gens et certaines forces politiques dans divers pays, qui continuent à nourrir des illusions sur l'Union soviétique, qui se font une image erronée de son régime et ont une confiance naïve en sa politique. Cela est dû non seulement au fait que l'Union soviétique spécule beaucoup sur son passé socialiste et qu'elle cherche à faire passer sa politique de rivalité avec les Etats-Unis pour une politique anti-impérialiste, mais aussi à plusieurs autres facteurs. Le principal d'entre eux est que l'expansion soviétique se réalise généralement à travers la pénétration dans les mouvements anti-impérialistes et libérateurs, l'instrumentalisation et la mise à profit de ces mouvements. Les faits ont montré que cette expansion a eu pour victimes non seulement ceux qui ont cru en l'«aide internationaliste» de l'Union soviétique, mais aussi ceux qui comptaient sur son «aide» et sur l'alliance avec elle pour s'opposer à l'impérialisme américain et aux autres impérialismes ou pour s'en affranchir.

Il faut dénoncer en particulier la démagogie pacifiste de l'Union soviétique, les slogans khrouchtchéviens de la «coexistence pacifique», la propagande trompeuse révisionniste, qui cherche à persuader les peuples que c'est seulement à travers la prétendue détente entre les superpuissances que la guerre peut être évitée, que la paix et même leur indépendance nationale et les transformations sociales chez eux peuvent être assurées. Les peuples, certes, ne sont ni pour l'accroissement de la tension, ni pour l'aggravation des conflits, ni pour l'emploi de la force dans le règlement des questions internationales. Mais la prétendue détente que prêchent les révisionnistes soviétiques n'a rien à voir avec la garantie de la paix et de la sécurité internationale, qui sont menacées précisément par les deux superpuissances impérialistes.

La détente, tambourinée par les révisionnistes soviétiques et autres, n'est rien d'autre que l'ancienne théorie impérialiste de l'équilibre et de l'harmonie entre les grandes puissances. Les théories de la «détente», de rééquilibre» ou du «bipolarisme», identiques quant à leur contenu, et qui ne différent que par quelque nuance sur le plan de la forme, visent à garantir aux superpuissances leurs zones d'influence respectives, à ériger en loi internationale leur diktat dans les problèmes mondiaux, la soumission complète et inconditionnelle des autres pays aux deux supergrands, l'abandon par ces pays de leurs intérêts et de leur souveraineté.

La politique impérialiste-révisionniste de guerre, d'oppression et d'exploitation s'est heurtée à la grande résistance du prolétariat et des peuples du monde. Les peuples se rendent compte des intrigues, des manœuvres, de la stratégie et de la tactique des féroces superpuissances, les Etats-Unis et l'Union soviétique révisionniste, et ils ne restent pas les bras croisés.

Le monde est aujourd'hui témoin du fait que la lutte de la classe ouvrière et des peuples opprimés et exploités par le capital international et l'impérialisme a pris de vastes proportions et revêtu des formes variées, sans aucun précédent dans le passé. La classe ouvrière et tous les exploités combattent, d'une manière ou d'une autre et avec plus ou moins d'intensité, toutes les forces capitalistes dominantes, nationales ou internationales, qui les exploitent, les appauvrissent et les oppriment économiquement et moralement.

Dans tous les pays capitalistes, la résistance de la classe ouvrière aux attaques de la bourgeoisie et sa lutte pour défendre le niveau de vie et les droits démocratiques se sont intensifiées. Les grèves et les manifestations non seulement deviennent plus fréquentes, mais la participation des ouvriers y atteint des chiffres qui n'ont pas de précédent. Les ouvriers grévistes aux Etats-Unis, en Angleterre, en RF d'Allemagne, en Italie, en France, en Espagne et ailleurs se comptent par millions. Ces grèves et manifestations revêtent toujours plus un caractère militant. En témoigne entre autres le fait que dans maints pays d'Europe et d'Amérique les appareils de la violence bourgeoise ont été contraints de faire usage de leurs armes et d'entrer en collision avec les ouvriers, sans parler ici des autres mesures de limitation et de répression qui y sont prises. Les cas où les ouvriers, désobéissant aux syndicats bourgeois, descendent dans la rue contrairement aux vœux et à la volonté des bonzes syndicalistes, tendent à se multiplier.

Dans la période actuelle la lutte des travailleurs est dirigée surtout contre les conséquences de la crise économique, dont la bourgeoisie cherche à rejeter le fardeau sur le dos de la classe ouvrière. Les masses travailleuses, elles, se sont dressées contre cette nouvelle injustice et cette nouvelle forme de spoliation, et cherchent à se décharger de ce fardeau sur les patrons. Elles luttent pour garder leurs postes de travail et maintenir le niveau de leur salaire réel, elles luttent contre l'inflation et le renchérissement de la vie, et pour l'augmentation des fonds destinés aux services sanitaires, à l'éducation, à l'assistance sociale, etc.

Dans cet affrontement quotidien entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, se découvrent et se démasquent la démagogie sociale et politique du capitalisme, l'opportunisme et l'action de sabotage de la social-démocratie, du révisionnisme et des syndicats qu'ils dirigent. Ce dépit et cette révolte qui frappent, sous des formes et à des degrés divers, la bourgeoisie capitaliste et révisionniste, constituent une attaque directe et cuisante contre les forces obscures de la guerre, qui cherchent à détruire l'humanité.

Dans les pays capitalistes et révisionnistes la classe ouvrière est aujourd'hui liée par les nombreuses chaînes que lui ont mises l'Etat bourgeois et les divers partis. Mais cet état de choses ne peut durer indéfiniment. L'exacerbation des contradictions entre le travail et le capital, et en général l'oppression capitaliste et impérialiste, accélèrent l'élévation du niveau de conscience politique et de classe du prolétariat, et le persuadent que seules la lutte de classe, la révolution peuvent le sauver de l'oppression et de l'exploitation.

Parallèlement à la croissance et à l'extension de la lutte de la classe ouvrière, on observe à l'heure actuelle un éveil général des peuples opprimés, un raffermissement de leurs sentiments nationaux et un ardent désir de liberté, d'indépendance et de souveraineté. Les mouvements de libération des peuples ont grandi en ampleur et en qualité, leur caractère anti-impérialiste, anti-social-impérialiste et anti-néocolonialiste s'est encore accentué.

La lutte du peuple iranien, qui s'est dressé dans la révolution, qui a balayé de son balai de fer le chah et son régime moyenâgeux, et chassé ses patrons américains, a infligé un rude coup à l'impérialisme. Les Etats-Unis ont subi en Iran une grave défaite politique à laquelle ils ne sont en mesure de remédier ni par la voie diplomatique ni par les chantages économiques, pas plus que par les interventions militaires, comme celle qui échoua piteusement à Tabas. En Iran, l'impérialisme américain a perdu l'une de ses plus importantes sources de pétrole, des profits colossaux, il a perdu la confiance que lui faisaient, comme à un protecteur invulnérable, ses «alliés» arabes du golfe Persique. Le compromis égypto-israélien de Camp David a été ébranlé, des désaccords ouverts et larvés se sont manifestés entre les partenaires de l'OTAN.

La lutte des peuples arabes contre leurs envahisseurs israéliens et leurs patrons américains a gagné en ampleur et en intensité. Au centre de cette lutte, le peuple héroïque palestinien livre, dans des conditions extrêmement dures et depuis des décennies, une bataille titanesque pour recouvrer sa patrie qui lui est niée, pour assurer ses droits afin de vivre libre et indépendant sur son propre sol. Le peuple d'Afghanistan se bat avec vaillance et courage contre les social-impérialistes soviétiques et leurs instruments locaux pour recouvrer son indépendance nationale.

Les peuples d'Amérique latine s'empoignent dans une mêlée sanglante avec les dictatures fascistes qui se maintiennent au pouvoir avec l'aide directe de l'impérialisme américain. Le mouvement révolutionnaire et libérateur y grandit et s'y approfondit, et dans bien des cas il parvient à défaire l'ennemi et à remporter la victoire. On en a le plus récent témoignage dans le triomphe de la révolution au Nicaragua, qui a renversé l'un des régimes les plus réactionnaires du continent, celui de Somoza, dans l'éclatement de la révolution au Salvador, etc. Dans l’«arrière-cour» des Etats-Unis soufflent maintenant de violents ouragans, qui ne peuvent être arrêtés ni par les armes ni par les dollars.

Le continent africain non plus n'est pas calme. Grâce à une lutte longue et opiniâtre, la quasi-totalité des pays africains ont conquis tour à tour leur indépendance nationale. La population noire du Zimbabwe a réussi, par sa lutte armée, à conquérir ses droits, que lui niait une minorité réactionnaire d'anciens colonisateurs. Mais la Namibie et le peuple d'Afrique du Sud, qui continue de vivre dans la ségrégation et ne jouit d'aucun droit, ne sont toujours pas libérés. Les peuples d'Afrique n'ont pas pactisé et ils ne voudront jamais pactiser avec le racisme. Son existence les outrage et les indigne tous.

Les luttes de libération nationale, le sang versé par les peuples qui luttent pour leur liberté et leur indépendance, reflètent leur haine et leur révolte contre l'exploitation capitaliste et le joug impérialiste. Ces luttes confirment les thèses de Lénine sur l'impérialisme, en tant que capitalisme en putréfaction, veille des révolutions prolétariennes. Elles montrent que l'impérialisme va vers l'abîme, qu'il n'est plus en mesure de freiner l'élan révolutionnaire des peuples qui ont le courage de se dresser contre lui et qui ne craignent ni les pressions, ni les chantages ni les interventions impérialistes, même armées.

L'aggravation de la situation internationale et le danger de guerre deviennent encore plus aigus du fait de la grave crise économique, politique et idéologique qui s'est emparée aujourd'hui du monde capitaliste et révisionniste. La crise économique actuelle est l'expression la plus claire et la plus concrète de l'exacerbation de la crise générale du capitalisme. Alors que celle des années 30 avait surtout frappé les Etats-Unis et les grands pays développés, la crise actuelle a entraîné dans son tourbillon tous les pays capitalistes sans exception, qu'ils soient ou non développés. Son ampleur et sa profondeur sont dues à un certain nombre de nouveaux facteurs du développement du système capitaliste après la Seconde Guerre mondiale, comme la concentration et l'internationalisation toujours plus poussées du capital, la domination quasi exclusive du dollar dans le système financier mondial, l'extension de l'activité des sociétés multinationales et leur part toujours grandissante dans la production mondiale, l'augmentation démesurée des dépenses improductives, surtout pour les armements.

Sur l'apparition et le développement de la crise actuelle ont influé, et même dans une mesure considérable et déterminante, une série de facteurs, comme les luttes de classe et de libération, l'affaiblissement général des positions de l'impérialisme consécutif à la destruction du système colonial et à la naissance de dizaines de nouveaux Etats qui luttent, à des degrés divers, pour accéder à leur complète indépendance politique et économique.

De même que les crises précédentes, la crise actuelle est une crise de surproduction, elle est un produit et un phénomène inévitable du système capitaliste. A la différence des autres, elle se prolonge et l'on ne note aucun signe qui en annonce la fin.

L'économie capitaliste continue de stagner, dans certains pays on observe des phénomènes de récession ou une croissance négligeable. Le rétrécissement des marchés a eu pour effet la baisse des exportations à l'échelle mondiale. Les capacités productives dans les grands pays industrialisés sont toujours moins exploitées. Le chômage, dans ces pays, affecte 25 millions de personnes. L'inflation est en hausse constante.

Comme toute autre crise, mais dans une mesure accrue, la crise actuelle a montré que le système bourgeois, indépendamment des formes extérieures qu'il peut revêtir au cours de son évolution, est incapable de garantir une croissance harmonieuse de l'économie, d'assurer le travail et le pain à tous les travailleurs, de conjurer les catastrophes économiques et la destruction des forces productives et des richesses nationales créées avec la sueur et le sang des travailleurs.

La crise actuelle est la crise et l'échec du capitalisme monopoliste d'Etat. Le mécanisme régulateur de l'économie par l'Etat monopoliste a non seulement montré son incapacité de conjurer les crises, mais s'est même ajouté aux autres facteurs qui accroissent les difficultés économiques. Il a été ainsi démontré que les interventions de l'Etat monopoliste et la programmation capitaliste ne sont pas à même de supprimer la concurrence, de garantir le plein emploi et de surmonter les obstacles à la reproduction sociale élargie.

La crise actuelle a porté un coup rude au modèle de la société capitaliste de «consommation ». Avec elle, ont également fait faillite les théories économiques du capitalisme actuel, propagées et appliquées dans tous les grands pays capitalistes et dont se sont inspirés aussi un certain nombre de pays révisionnistes pour leurs réformes économiques.

Or, la crise actuelle a montré clairement non seulement la putréfaction de la forme classique du système capitaliste, mais aussi de la forme de capitalisme instaurée en Union soviétique, qui n'est au fond que le capitalisme monopoliste d'Etat avec ses superstructures. Cette forme capitaliste d'oppression et d'exploitation des travailleurs n'a pas pu davantage éviter les secousses dans l'économie, le dérèglement des forces productives, la récession, la baisse du niveau de vie des masses travailleuses, la propagation des plaies créées par la société bourgeoise.

Pour caractériser dans ses grandes lignes l'économie capitaliste et révisionniste actuelle à l'échelle mondiale, nous dirons qu'elle est en proie à un marasme qui entraîne la dégradation toujours plus marquée des rapports sociaux à l'intérieur et des relations d'Etat à Etat. Elle a pour trait saillant une attaque générale toujours plus intense contre le niveau de vie des travailleurs et leurs droits. Dans tous les pays ou presque, les fonds affectés à la Santé publique, à l'instruction, aux allocations familiales, aux pensions de retraite, etc., ont été sévèrement réduits.

Parallèlement à l'aggravation de la situation économique des travailleurs, dans la plupart des pays capitalistes on entend réclamer toujours plus un gouvernement «fort» afin d'imposer à la population des mesures anti-ouvrières et de contenir l'essor de la lutte de classe qui ne cesse de monter. Dans certains pays ont lieu des putschs militaires, il y sévit le terrorisme et l'anarchisme, organisés par les gouvernements bourgeois capitalistes au pouvoir, une contrebande colossale, des vols organisés à l'échelle nationale et internationale, une poussée effrayante et irrésistible de la corruption politique, morale et physique. Le fascisme frappe à la porte de nombre de pays.

La crise présente a montré qu'à tous les niveaux et sous tous les aspects, l'analyse du capital par Marx et les conclusions de Lénine sur l'impérialisme non seulement demeurent justes, mais constituent aussi une base scientifique essentielle pour comprendre les actuels processus sociaux du monde capitaliste et les tendances de leur développement.

La crise économique et le cours agressif des superpuissances ont aggravé toutes les contradictions entre les puissances impérialistes et porté un coup rude à leurs blocs et alliances. Les rapports économiques, politiques et militaires dans les divers groupements impérialistes et révisionnistes sont ébranlés. Les membres des groupements de l'Ouest et de l'Est tâchent, chacun pour sa part, de mettre à profit les failles créées et de trouver des prétextes pour se dérober aux engagements, traités et accords existant entre eux. De nouveaux conflits et rivalités se sont fait jour s'ajoutant aux anciens. Et cela est surtout manifeste dans le bloc occidental.

La politique américaine du gros bâton à l'encontre des peuples s'accompagne aussi d'un sévère tour de vis à l'égard des partenaires et des clients des Etats-Unis. L'impérialisme américain demande à l'Europe, au Japon et à la Chine non seulement de collaborer avec lui dans tous les domaines, mais encore de se soumettre complètement à lui. Il cherche à obliger ses alliés de l'OTAN à accroître leurs budgets militaires, à accepter l'installation sur leurs territoires des nouvelles fusées américaines «Pershing» et «Cruise», il veut les empêcher d'avoir une politique distincte, de flirter avec l'Union soviétique ou avec les Arabes. Mais la situation actuelle dans le monde et la position des Etats-Unis eux-mêmes ne sont plus celles du temps de Truman et du plan Marshall.

Aujourd'hui la supériorité de la puissance politique et économique des Etats-Unis sur celle de l'Europe occidentale tend à diminuer. Le Marché commun et le Japon les menacent de leur puissante concurrence. Si, en 1950, la production industrielle des USA représentait les deux tiers de la production industrielle mondiale, elle n'en constitue plus aujourd'hui que le tiers. A l'époque, les Etats-Unis disposaient de la moitié des réserves monétaires mondiales, alors qu'ils n'en détiennent plus aujourd'hui que 7 pour cent. Le leadership de l'impérialisme américain s'est beaucoup affaibli et il est toujours plus difficilement accepté.

Les pays européens membres de l'OTAN ont maintenant organisé et renforcé leur potentiel économique au dedans et au dehors, ils ont consolidé leur arsenal de guerre et ont mis sur pied leur organisme réactionnaire, le Marché commun. Celui-ci a tendance à s'opposer autant que possible au diktat américain, à freiner l'expansion américaine sur les marchés des pays qui en sont membres, à concurrencer le marché américain et à étendre ses propres marchés. Chacun des grands pays d'Europe occidentale s'emploie à reconstituer et à raffermir sur une grande échelle ses propres zones d'influence.

La stratégie des monopoles européens vise à faire de l'Europe une superpuissance d'abord économique, puis politique et plus tard militaire. Et c'est précisément en ces domaines que l'Europe s'empoignera avec les superpuissances et les autres puissances impérialistes.

Aux yeux des Etats-Unis, la Chine, et avec elle le Japon, sont des pions très utiles sur l'échiquier de la situation actuelle. Certes, la Chine est un partenaire plus faible que l'«Europe unie», mais, plus que celle-ci, elle a besoin de l'Amérique, car elle est à couteaux tirés avec l'Union soviétique. C'est pour cela que l'impérialisme américain a décidé de lui fournir d'abondants armements, y compris des armes offensives. Dans le même temps, il fait pression sur le Japon pour que celui-ci accroisse son budget militaire, son armée et ses armements.

Désormais, en Extrême-Orient, a pris corps, entre les Etats-Unis, le Japon et la Chine, une nouvelle alliance impérialiste qui constitue un nouveau danger de guerres locales ou de conflagration générale. A part l'impérialisme américain, qui a toujours considéré les grands espaces du Pacifique comme des zones soumises sans discussion à son influence, on voit maintenant le Japon, superpuissance économique animée de nouvelles visées impériales, avancer à son tour des prétentions hégémonistes. Ce sont des desseins similaires que nourrit dans cette zone la Chine, qui rêve d'instaurer sa domination exclusive en Asie et en Océanie. Et les Etats-Unis, de leur côté, s'efforcent de diriger les tendances expansionnistes de la Chine et du Japon vers l'Union soviétique.

Afin de contrebalancer le front américano-sino-nippon en Asie et de lui faire échec, l'Union soviétique cherche à pénétrer en Afrique, au Moyen-Orient, au Pakistan, en Indochine et, si possible, en Inde, alors qu'en Europe elle s'efforce de maintenir la «détente» avec les pays du Marché commun et suit une politique de rupture des fronts. En d'autres termes, elle met tout en œuvre pour battre en brèche l'encerclement dont elle est l'objet, diviser le bloc militaire qui se prépare et se déploie sur ses deux flancs, en Europe et en Asie, et s'assurer des positions stratégiques dominantes dans l'éventualité d'une guerre. Mais l'Europe non plus, sérieusement menacée par l'Union soviétique, ne veut pas se trouver en danger. Elle préfère pousser les autres, surtout le front sino-japonais, à se mesurer à l'Union soviétique et à tirer pour elle les marrons du feu.

Au surplus, elle a ses problèmes intérieurs, qui souvent la paralysent. L'«Europe unie» n'est pas unie en soi. Le parlement de Strasbourg ne trouve aucune solution aux nombreux problèmes de l'«Europe unie» ni aux contradictions qui rongent le Marché commun. Les querelles, les rivalités, les oppositions d'intérêts des Etats entre eux s'accroissent à un point tel qu'elles mettent en péril l'existence même de ce Marché.

Les contradictions et les désaccords se sont beaucoup exacerbés aussi dans la prétendue communauté socialiste. Dans les situations difficiles qu'elle connaît, l'Union soviétique n'est pas en mesure de satisfaire les demandes de ses alliés pour un développement normal de leur économie. Réduits depuis des années au rôle d'appendices de l'économie soviétique, ces pays sont obligés de suivre ses fluctuations, ses caprices.

Des frictions et des dissensions s'y manifestent aussi en raison de la tendance des pays satellites à se rapprocher de l'Occident et à collaborer avec lui. L'Union soviétique s'efforce d'enrayer ce rapprochement et de maintenir les pays d'Europe orientale enchaînés à elle. Elle tâche pour cela de consolider par tous les moyens le Pacte de Varsovie, le Comecon et les autres organismes d'intégration économique et politique, de renforcer ses garnisons militaires cantonnées dans ces pays, etc. Quand elle n'y parvient pas par la douceur, elle recourt aux chars, comme elle l'a fait en 1968 en Tchécoslovaquie. Les récents événements de Pologne, qui ont conduit ce pays au bord de la catastrophe économique et y ont suscité de grandes secousses sociales et politiques, attestent au mieux la gravité de la situation dans la «communauté socialiste» et les profondes contradictions qui la rongent. Tout cela est une conséquence de la ligne suivie par le parti révisionniste polonais pour la restauration du capitalisme, de la soumission totale du pays à l'Union soviétique, de l'ouverture des portes aux capitaux occidentaux, de l'endettement de la Pologne, qui atteint le chiffre énorme de 27 milliards de dollars. C'est là qu'ont aussi leur origine les révoltes de la classe ouvrière et des travailleurs polonais.

La révolte des ouvriers en Pologne a confirmé deux questions capitales et d'importance de principe. Elle a montré que la force de la classe ouvrière est en mesure d'abattre un pouvoir réactionnaire, qu'il soit révisionniste ou capitaliste.

Elle a témoigné d'autre part que le facteur subjectif, la force politique qui dirige la classe ouvrière joue un rôle décisif. Dans le cas de «Solidarité», la classe ouvrière est manipulée et dirigée par l'Eglise catholique et la réaction polonaise et mondiale, qui luttent pour instaurer, à travers une voie pleine de dangers et de tragiques imprévus, un autre régime révisionniste capitaliste. Si, par contre, le facteur subjectif consistait dans un authentique parti communiste marxiste-léniniste, la classe ouvrière polonaise accomplirait une révolution prolétarienne et instaurerait la dictature du prolétariat.

La voie à suivre par la classe ouvrière et le peuple de Pologne, ainsi que par tous les autres pays révisionnistes, pour échapper à l'exploitation capitaliste et à l'oppression étrangère, n'est ni la conciliation avec le régime révisionniste au pouvoir et l'assujettissement au social-impérialisme soviétique, ni l'union avec le capital et la réaction occidentale. L'unique voie capable d'assurer et le développement de l'économie, et la liberté et l'indépendance du pays, et le rétablissement du socialisme, est celle de la lutte ouverte et résolue des masses populaires, sous la conduite de la classe ouvrière, avec à sa tête un véritable parti marxiste-léniniste.

L'aggravation des contradictions entre les puissances impérialistes ainsi qu'entre elles et leurs partenaires dans les blocs militaires et économiques, conduit toujours plus à de nouveaux conflits et tensions, à des guerres de caractère local et général pour un nouveau partage des marchés, des sources de matières premières et des zones d'influence. C'est là une loi du développement du capitalisme.

Mais les contradictions et les conflits inter-impérialistes suscitent aussi l'affaiblissement du système impérialiste dans son ensemble et à certains de ses maillons en particulier. Les forces révolutionnaires conscientes doivent savoir mettre à profit les situations créées par ces contradictions afin de mobiliser les masses, d'assurer leur prise de conscience et de les dresser dans la lutte et la révolution.

A l'heure actuelle, le système néo-colonialiste mis sur pied par l'impérialisme après la Seconde Guerre mondiale connaît lui aussi une grave crise. Pour maintenir leur domination politique et économique sur les anciens pays colonisés, s'assurer l'exploitation maximum de leurs richesses et freiner la croissance des mouvements pour la liberté et la libération des peuples, les impérialistes ont imaginé et mis en œuvre de nouvelles formes d'oppression et d'asservissement, toujours plus trompeuses et sophistiquées.

A travers le système de crédits, de prêts, d'aides et de fonds divers, ils ont fait de ces pays des débiteurs permanents à la merci de leurs créanciers, qui leur demandent, pour les sommes prêtées, non seulement leurs titres de propriété, mais même leur âme. Parallèlement au système de crédits et d'aides, on a vu croître les multinationales, qui sont devenues non seulement des concessionnaires monopoleuses de l'exploitation des mines, des gisements de pétrole, de l'énergie électrique, du commerce de gros, des communications, etc., mais aussi des centres politiques auxquels sont liés les divers groupes au pouvoir dans ces pays. Les grandes banques, aux noms ronflants, comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Fonds européen de développement, sont devenues des états-majors du néo-colonialisme international pour la domination et l'exploitation des pays ayant nouvellement accédé à l'indépendance. Ce sont ces centres financiers et politiques qui, de concert avec les multinationales, organisent et fomentent les coups d'Etat, qui renversent des gouvernements et leur en substituent d'autres, provoquent des guerres locales chaque fois que les intérêts du grand capital le demandent. Ces conflits sont devenus un gros business pour la vente d'armes et un vivant polygone d'essais.

Mais parallèlement à cette exploitation sauvage et multiforme, les anciens pays colonisés ont connu, dans leurs structures économiques et sociales, des changements résultant des investissements qui y ont été faits, de l'introduction de nouvelles techniques et technologies, de l'extension des communications, etc., à quoi les impérialistes ont eu recours pour piller plus à fond et plus vite les richesses du sol et du sous-sol de ces pays. Cela a conduit aussi, dans chacun de ces pays, à la formation de nouvelles couches sociales, comme la bourgeoisie nationale, les différentes catégories ouvrières et une nouvelle intelligentsia nécessaire dans les secteurs économique, politique et administratif.

Le progrès a ouvert les yeux à bien des gens de ces couches, surtout de la nouvelle intelligentsia, qui ne s'accommodent plus des formes et des méthodes mises en œuvre pour opprimer et exploiter leur peuple.

Le niveau de conscience nationale et révolutionnaire s'est élevé partout. C'est ce qui ressort clairement aussi de l'extension du mouvement des divers pays et forces qui luttent pour l'établissement de leur souveraineté nationale sur leurs propres richesses, pour la réévaluation de leurs matières premières et sources d'énergie, pour l'égalité dans les échanges et l'avantage réciproque dans le commerce international, pour la modification du système monétaire international établi par l'impérialisme, pour la limitation et la suppression du pouvoir économique monopoliste des sociétés multinationales, etc. Ce mouvement a aggravé la crise économique actuelle et en particulier la crise de l'énergie et des matières premières, qui s'est abattue sur le monde capitaliste et révisionniste.

C'est avec le pétrole pillé aux autres peuples et avec les matières premières achetées à bas prix, que les grandes puissances capitalistes ont mis sur pied leurs empires industriels. La consommation parasitaire et incontrôlée des sources d'énergie et des matières premières du monde entier a créé aujourd'hui une situation critique dans ce secteur fondamental du développement de l'économie de chaque pays.

Certes, il y a des sources d'énergie et des matières premières, mais on ne les trouve plus à bas prix. Les grandes puissances impérialistes et capitalistes ne sont plus actuellement en mesure de garder la haute main sur les sources de matières premières et d'imposer leurs prix. Leurs pressions pour le maintien du bas prix du pétrole et des matières premières se heurtent à la résistance des pays producteurs, qui se sont éveillés et défendent leurs propres intérêts, qui demandent à se développer, à investir dans l'industrie, l'agriculture et d'autres secteurs de leur économie nationale.

La résistance et la lutte des peuples dominés par le néo-colonialisme pour défendre leurs droits, leurs richesses et leur souveraineté nationale, sont un processus irrésistible, qui croîtra et se développera encore dans l'avenir.

L'impérialisme, avec son système d'oppression et d'exploitation néo-colonialistes, ressent profondément ce danger, aussi fait-il l'impossible, ici par la démagogie et la mystification, là par la force, pour réprimer ce mouvement, pour en émousser le mordant progressiste et révolutionnaire, pour le faire dévier et l'engager dans une impasse. D'autre part, afin de mystifier les peuples des pays opprimés et dépendants et de maintenir à tout prix en vie ce système pourri, ses défenseurs cherchent à donner l'impression à l'opinion publique internationale que ces pays sont entièrement libres et souverains, qu'ils ont le droit de dire leur mot «en toute indépendance» dans les divers organismes internationaux, et même d'être en désaccord avec les superpuissances et de les contredire.

L'impérialisme a stimulé et encouragé la création de divers mouvements et théories visant à donner cette impression. Tel est entre autres le mouvement des «non alignés». Sa vocation fondamentale était de prôner la non-participation à des blocs politiques et militaires et de défendre les intérêts des pays économiquement sous-développés contre la politique des superpuissances. Or, maintenant que la rivalité entre les superpuissances s'est accentuée, que la crise a réduit leur champ de manœuvre, il apparaît clairement qu'un bon nombre de pays «non alignés» se rallient à l'une ou à l'autre des superpuissances. Avec la division de ce mouvement et l'apparition de nombreux conflits entre les divers pays dits non alignés, on a vu s'effondrer aussi les théories démagogiques échafaudées à grand-peine par les divers leaders qui ont prétendu devenir les dirigeants et idéologues de ce mouvement, surtout les yougoslaves. Actuellement, ce n'est plus qu'un mouvement aux contours mal définis, fluide [En français dans le texte.] et flottant, qui se ranime ou s'éteint au gré des conjonctures et selon les intérêts des superpuissances.

Il fut un moment où apparut la théorie chinoise des «trois mondes», qui prit en fait la défense du néo-colonialisme et, en particulier, de la domination américaine dans le monde. Mais elle a fondu comme neige au soleil. Elle a eu tôt fait de brûler ses cartouches. Notre Parti a démasqué et fustigé cette théorie réactionnaire et contre-révolutionnaire.

Ces dernières années, un grand tapage est mené autour de ce qu'on appelle un «nouvel ordre économique international», censé devoir résoudre la multitude des problèmes qui préoccupent aujourd'hui les pays économiquement sous-développés, comme les problèmes de l'industrialisation, de l'alimentation et de la transformation des structures de la production. Diverses théories ont été échafaudées à propos de ce «nouvel ordre», des schémas et de longs projets ont été présentés, suivis même d'actions concrètes, comme le prétendu dialogue Nord-Sud, la Conférence des soixante dix-sept et les sessions extraordinaires de l'Assemblée générale des Nations unies.

Mais les années passent et rien de substantiel n'est réalisé, car les impérialistes et les néo-colonialistes ne renoncent pas à leurs privilèges et à leurs positions dominantes. Il ne reste que les résolutions stériles des diverses réunions internationales et les décisions d'en tenir de nouvelles.

Que les rapports économiques internationaux doivent changer, cela est indispensable. C'est là le vœu et l'exigence des peuples qui combattent pour secouer les chaînes du néo-colonialisme. Mais quelle est la voie à suivre pour y parvenir ? Les révisionnistes et autres opportunistes prétendent qu'on peut y arriver par la propagande, à travers l'éducation des capitalistes, grâce à des négociations. Chercher à faire croire que l'on peut réaliser un nouvel ordre économique international avec des sermons, ce n'est pas seulement perdre le sens des réalités, c'est aussi une mystification néfaste. La juste voie à suivre est la lutte des peuples pour défendre leurs droits jusqu'au bout, leur ferme opposition au pillage néo-colonialiste, la prise en charge et la gestion souveraine de leurs richesses nationales par eux-mêmes. Ce n'est qu'ainsi que les pays, sous-développés peuvent imposer aux grandes puissances, impérialistes et capitalistes leurs justes exigences d'égalité dans les échanges économiques, de coopération fondée sur l'avantage réciproque, etc.

Les grandes et moins grandes puissances impérialistes croient avoir en main les destinées des peuples et de l'humanité, elles agissent dans cet esprit et échafaudent à ce sujet des théories, à partir de quoi, elles cherchent à assujettir les peuples. Ces puissances agressives sous-estiment la force des peuples. Elles ont les yeux voilés et se refusent à voir que chaque pas des peuples en avant pour s'opposer à l'oppression et au double asservissement, du dehors et du dedans, est une brèche qui s'élargira toujours plus dans le mur de la prison capitaliste st impérialiste.

L'impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique s'évertuent à apparaître comme deux superpuissances invincibles. Certes, ils possèdent un grand potentiel militaire et économique, ils exercent leur influence et s'ingèrent dans les affaires intérieures des autres peuples et Etats, mais la possession d'armes, de dollars ou de roubles, ne confère pas à une puissance l'invincibilité. Il faut considérer les superpuissances impérialistes telles qu'elles sont en réalité, sans les sous-estimer, ni non plus les surestimer. Elles sont puissantes et féroces, mais elles sont aussi en putréfaction, vermoulues, dégénérées, et leurs fondements sont ébranlés.

Le capital mondial fait de gros efforts pour échapper à la crise, aux luttes de libération des peuples, à la révolution, ce terrible étau qui l'a pris à la gorge et qui l'étrangle. Mais il n'y a pas pour lui de salut possible, car c'est le système capitaliste lui-même qui engendre ses propres crises politiques, économiques et idéologiques, qui les alimente et les approfondit à l'extrême. Pour sortir du chaos que crée le capitalisme, pour échapper une fois pour toutes à l'oppression et à l'exploitation capitalistes, pour secouer le joug étranger néocolonialiste et la domination de la réaction, il n'y a pas d'autre voie que la révolution, le renversement de l'impérialisme et du capitalisme.

La lutte des peuples et du prolétariat contre leurs ennemis ira de l'avant. C'est un processus historique objectif qu'aucune force au monde ne peut arrêter.

Du fait des situations complexes et difficiles qui se sont créées et se créent dans le monde, notre Parti et notre Etat socialiste ont pour tâche de maintenir toujours éveillée leur vigilance révolutionnaire et de prendre des mesures pour le renforcement général de notre économie et de notre défense, de l'unité du peuple et de la conscience politique des gens. Ces situations exigent également que notre politique extérieure soit active, qu'elle serve toujours mieux la défense des intérêts de la patrie et des conquêtes du socialisme, le progrès de la cause de la révolution, de la libération des peuples et de la paix dans le monde, qu'elle soutienne tous les processus qui contribuent à l'émancipation et au progrès de la société humaine actuelle.

Notre politique extérieure, en tant que politique d'un Etat socialiste, d'une société véritablement libre et sans classes exploiteuses est une politique révolutionnaire et internationaliste. Elle est affranchie du moindre signe d'étroit nationalisme bourgeois, de chauvinisme, d'exclusivisme national ou de dédain des autres peuples. Le peuple albanais éprouve du respect pour tous les peuples et il veut leur bien à tous.

La République Populaire Socialiste d'Albanie s'en tient solidement au principe selon lequel tout peuple a le droit de choisir lui-même sa voie de développement, de décider lui-même souverainement de son destin.

L'Albanie socialiste, en tant que pays entièrement libre, dit ouvertement ce qu'elle pense, sans hésitation et avec la plus grande franchise. Elle applique une politique étrangère souveraine, en ce qu'elle n'est pas conditionnée par des pactes politiques, des traités militaires ou des organisations économiques fermées. Elle ne fonde pas son développement économique et politique, sa défense et son avenir, sur les crédits, les emprunts et les aides des autres Etats, mais sur ses propres forces.

De ce fait, la voix de l'Albanie a été et demeure une voix libre, réaliste et objective dans un monde où la dépendance économique et l'assujettissement de nombreux Etats envers les grandes puissances impérialistes entravent et déforment toute pensée et toute action indépendantes.

Au cours de la période qui s'est écoulée depuis le VIIe Congrès du Parti, notre Etat, se fondant sur les principes connus de l'égalité, du respect de la souveraineté, de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui et de l'avantage réciproque, a étendu ses relations diplomatiques, commerciales et culturelles avec un nombre toujours croissant d'Etats et constamment intensifié ses échanges avec eux dans divers domaines. Aujourd'hui la République Populaire Socialiste d'Albanie entretient des relations diplomatiques avec 95 Etats, en regard de 74, lors du VIIe Congrès du Parti.

La politique de notre Parti et de notre Etat socialiste a été et sera toujours en faveur du renforcement continu des relations sincères, d'amitié et de collaboration avec tous les peuples attachés à la liberté et à la paix, avec tous ceux qui luttent contre la politique agressive et hégémoniste des impérialistes. Elle est pour le développement d'une collaboration sincère avec tous les pays qui observent à son égard une attitude bienveillante et correcte.

Notre Parti et notre pays sont contre toutes les pratiques impérialistes et néo-colonialistes d'inégalité, de discrimination et de diktat de grand Etat dans les relations internationales. Nous sommes pour que les relations entre Etats, grands ou petits, soient affranchies de toute pression et de tout diktat économique, politique et militaire et qu'elles servent leur développement économique, culturel et social, le renforcement de l'amitié entre les peuples et les Etats souverains, ainsi que la sauvegarde et la consolidation de la paix dans le monde.

Notre Etat socialiste a été et est toujours en faveur d'un développement normal et libre du commerce international sur la base de l'égalité et de l'avantage réciproque. Notre pays est pour des échanges commerciaux équilibrés, sans discriminations ni mesures restrictives, aussi s'est-il prononcé contre les rapports inégaux dans les échanges commerciaux, contre la manipulation des prix et en général contre les machinations et les tentatives de quiconque vise à exploiter les relations commerciales comme un moyen de pression pour dicter sa volonté et ses conceptions politiques à un autre Etat.

Nous ne confondons pas les échanges commerciaux avec l'acceptation d'aides et de crédits. Ce sont là deux choses bien distinctes, qui n'ont pas de liens entre elles.

Le commerce extérieur, tel que nous le concevons et le pratiquons, laisse à l'Etat albanais toute liberté d'action et de décision, il le laisse libre de dire son mot, comme il le pense, de construire le pays par ses propres forces, comme il le souhaite.

Notre pays a conclu une série d'accords culturels avec de nombreux pays et il entretient des échanges réguliers dans le domaine de l'art, de la culture, de la science, du sport, etc. Ces échanges ont contribué à la connaissance réciproque, par nos peuples, de leurs réalisations et de leurs progrès. Notre peuple apprécie et met à profit tout ce que les autres peuples ont de bon et de progressiste. L'expérience et la culture progressistes sont le trésor de l'humanité entière. Dans le même temps, nous nous efforçons de faire connaître aussi aux autres peuples les valeurs de notre culture, qui est tout aussi progressiste qu'elle est ancienne.

C'est la politique intérieure et extérieure de principes et indépendante de notre Parti et de notre Etat socialiste, c'est leur juste attitude dans les questions internationales, c'est leur lutte aux côtés des peuples et contre l'impérialisme qui ont renforcé la position internationale de l'Albanie, et qui ont accru son prestige.

La parole de l'Albanie est écoutée et son action est jugée avec respect par les peuples et les travailleurs des divers pays, car elles concordent avec leurs intérêts et leurs aspirations. Aussi les peuples et l'opinion progressiste mondiale apprécient et approuvent cette politique, des pays et des Etats à systèmes sociaux différents la suivent avec intérêt et sympathie, alors qu'elle est l'objet des attaques de la réaction et des révisionnistes modernes soviétiques, yougoslaves, etc.

Notre Parti et notre Gouvernement, et cela est naturel et compréhensible, ont attaché un soin particulier à nos rapports avec les pays voisins et dans un cadre plus large, avec les pays européens. Nos attitudes à leur égard sont connues et elles ne changent pas. La politique extérieure de l'Albanie en tout temps et en toute situation a visé à contribuer dans la mesure du possible au renforcement de la paix et de la sécurité internationale sur notre continent, au raffermissement de la collaboration entre les peuples qui en font partie. Nous avons déclaré et nous déclarons encore que la participation de la majorité des pays d'Europe aux blocs politiques et militaires des superpuissances constitue le malheur du continent. C'est là qu'ont leur origine les divisions et les scissions en Europe, les tensions et les fréquents affrontements entre divers pays de ce continent.

La politique qui tend à persuader les peuples européens qu'en se mettant sous les parapluies atomiques des superpuissances, ils verront leur liberté, leur indépendance nationale et la paix générale garanties, est une politique très néfaste et une mystification. Cette politique n'assure pas ces objectifs, au contraire elle les sacrifie. Le fait est qu'au nom d'une sécurité future a été sacrifiée la sécurité présente, la souveraineté a été tronquée, la liberté d'action et l'indépendance dans les prises de position d'un bon nombre d'Etats de l'Est et de l'Ouest dans l'arène internationale ont été restreintes.

Comme gage d'indépendance, de souveraineté et de paix, les pays européens se voient offrir la Déclaration d'Helsinki. Nous avons exprimé ouvertement notre attitude à l'égard de la Conférence d'Helsinki et de cette prétendue sécurité européenne. L'Albanie socialiste n'a pas participé à cette conférence et elle l'a dénoncée comme une farce montée par les deux superpuissances afin d'assurer et de renforcer leurs zones d'influence respectives en Europe, de légitimer et de perpétuer leur domination sur ce continent. Les événements qui se sont produits en Europe et autour d'elle, depuis la Conférence d'Helsinki jusqu'à ce jour, ont pleinement confirmé et justifié l'attitude de l'Albanie. Le temps a montré que le prétendu «esprit d'Helsinki», la «coopération pacifique», la «libre circulation des hommes et des idées», etc., ne sont rien d'autre que des paroles creuses pour mystifier les peuples européens, pour alimenter chez eux l'illusion que le danger de guerre est éloigné, que leur salut réside dans le maintien du statu quo impérialiste en Europe.

Notre point de vue est que seule l'opposition résolue à l'impérialisme américain et au social-impérialisme soviétique, la liquidation des blocs militaires et l'éloignement d'Europe des armes atomiques et des troupes étrangères peuvent assurer la paix sur ce continent.

Les problèmes des Balkans sont les mêmes que ceux qui préoccupent l'Europe en général, mais ici, en raison de la position stratégique de cette péninsule et des anciennes querelles, les conflits sont plus aigus et les dangers plus graves.

La situation devient encore plus compliquée du fait que les superpuissances, partant de leurs intérêts hégémonistes et de leur dessein de faire des Balkans une «poudrière permanente», s'efforcent de susciter les passions et les sentiments chauvins, d'opposer les peuples et les pays de la péninsule les uns aux autres, d'empêcher le développement normal et dans un sens positif de leurs relations réciproques, de saper le raffermissement de l'amitié entre les peuples voisins.

Les dangers dans les Balkans sont accrus notamment du fait de la participation de certains pays aux blocs militaires et économiques des superpuissances, de l'existence de bases militaires étrangères, de l'autorisation donnée aux flottes américaine et soviétique d'entrer et de mouiller dans leurs ports et eaux territoriales, etc.

De pareils développements créent des tensions et sont lourds de dangers pour les peuples balkaniques. Ces développements, dans tous les domaines et sous tous les aspects, vont à rencontre des efforts et des vœux sincères des peuples des Balkans pour l'établissement de la confiance, de l'entente et d'une collaboration authentique entre les pays de notre péninsule.

La République Populaire Socialiste d'Albanie estime qu'actuellement on ne peut mieux servir les véritables aspirations des peuples des Balkans, de la paix et de la stabilité dans cette zone qu'en empêchant les superpuissances impérialistes d'intervenir dans les affaires intérieures des pays de notre zone et en accomplissant des démarches concrètes et constructives en vue du développement positif de rapports fondés sur la politique de bon voisinage. La situation dans les Balkans s'améliorerait beaucoup si les pays balkaniques s'engageaient officiellement à ne pas permettre aux superpuissances d'utiliser leurs territoires pour menacer et mettre en danger un autre pays voisin. L'Albanie socialiste, à l'avenir comme par le passé, s'en tiendra avec esprit de suite à cette politique et elle ne ménagera aucun effort pour que le respect réciproque et une véritable compréhension président à ses rapports avec les Etats voisins.

C'est sur ces principes et sur ces buts que l'Albanie s'est guidée aussi dans ses relations avec la Yougoslavie. Elle a été prédisposée et s'est employée à entretenir avec elle des rapports normaux et corrects de bon voisinage, notamment dans le domaine commercial, dans celui des transports, des échanges culturels et dans d'autres domaines d'intérêt réciproque.

Dans nos relations avec la Yougoslavie nous sommes partis et nous partons toujours du fait que nos peuples vivent depuis des siècles côte à côte, que leurs destinées historiques ont souvent été communes, que lorsque les envahisseurs ont attaqué l'un d'eux ils n'ont pas épargné l'autre. C'est la raison pour laquelle, indépendamment des contradictions idéologiques et politiques qui ont existé et qui existent entre nos deux pays et qui sont désormais notoires, indépendamment de la polémique idéologique qui a été et est menée par les deux parties, nous avons cherché et nous cherchons toujours à vivre dans la paix et dans des rapports de bon voisinage avec la Yougoslavie, sans ingérence réciproque dans nos affaires intérieures, et dans le respect mutuel de nos droits.

La politique de l'Albanie socialiste envers la Yougoslavie a toujours été constante, inchangée dans ses fondements et dans ses principes. Si dans les relations albano-yougoslaves il y a eu des hauts et des bas, des améliorations et des durcissements, cela n'a pas été de notre fait mais de celui des milieux dirigeants yougoslaves. L'aggravation actuelle dans les rapports entre la RPS d'Albanie et la RSF de Yougoslavie est, elle aussi, la conséquence des actions chauvines des autorités de Belgrade envers la population de Kosove et de la nouvelle campagne hostile qu'ils ont lancée contre notre pays.

En ce qui concerne la République Populaire Socialiste d'Albanie, les prises de position et les comportements des Yougoslaves à son égard ne la feront pas bouger de ses principes, ils ne la feront pas changer de voie. Elle souhaite que les relations d'Etat dans divers domaines entre nos deux pays se développent normalement. Mais cela dépendra de l'attitude de la Yougoslavie envers l'Albanie socialiste et de la manière dont seront traités les Albanais de Kosove et des autres régions de Yougoslavie.

Le problème des Albanais qui vivent sur leurs terres en Yougoslavie n'est pas le problème d'une «minorité» venue ou établie quelque part dans une zone «vide», comme une émigration économique, ni provoquée par le déferlement de l'Empire ottoman, ni par la croissance naturelle démographique des Albanais qui inquiète les nouveaux Malthus grands-serbes. Les Albanais de Yougoslavie constituent une ethnie, un peuple formé dans les siècles, qui possède son histoire, sa langue, sa culture, un peuple autochtone, qui, comme on le sait, a été démembré et arraché à sa mère patrie par les grandes puissances impérialistes qui l'annexèrent à la Yougoslavie. Cela, nul ne peut le cacher. Toute autre interprétation est arbitraire, c'est une falsification grave et néfaste de l'histoire.

Le peuple albanais n'a laissé le soin de définir la mère patrie de l'ethnie albanaise ni aux envahisseurs fascistes ni à nul autre. Les Albanais se sont battus sans répit dans les siècles contre des ennemis farouches et très nombreux pour défendre leur identité nationale et leur propre existence. Dans toutes ces guerres, dans la défaite comme dans la victoire, dans les longues années de servitude, dans toute son histoire, le peuple albanais n'a jamais perdu son identité et sa conscience nationales, sa cohésion et son unité. En toute circonstance, il les a manifestées avec une vitalité exceptionnelle et exemplaire.

Les grands empires et les grandes puissances ne sont pas parvenus à supprimer l'ethnie compacte des Albanais, ils n'ont pas réussi non plus à l'assimiler, à altérer sa culture, sa langue, ses usages et ses coutumes. L'existence même du peuple albanais le prouve. L'histoire atteste que, sans aucun appui des puissances étrangères, qui lui ont toujours été adverses, il a combattu victorieusement pour la liberté de sa nation et pour sa cohésion, pour la défense de son indépendance d'Etat souverain, de sa culture et de ses droits naturels et légitimes. En toute occasion, c'est seulement de haute lutte et par son sang versé qu'il est parvenu à remporter la victoire.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le peuple albanais et les peuples de Yougoslavie ont lutté côte à côte et en étroite fraternité d'armes contre les envahisseurs fascistes italiens et allemands. Les Albanais qui vivent en Yougoslavie se sont battus eux aussi avec héroïsme avec nous et avec tous les peuples de Yougoslavie contre les mêmes ennemis. Non seulement ils ont combattu côte à côte avec eux, mais notre Armée de libération nationale est allée à l'aide des partisans yougoslaves et de nos frères kosoviens et, sur leurs terres, ont versé leur sang les fils et les filles du peuple albanais. Nous avons agi, comme nous l'enseignait le Parti communiste d'Albanie, avec une haute conscience et un esprit internationaliste élevé. Nous pensions que c'était ainsi que les peuples de nos deux pays conquerraient leur liberté, que serait supprimée la servitude et réparées les erreurs tragiques de l'histoire passée. Nous pensions qu'après la victoire tout serait résolu par la voie marxiste-léniniste. Les partis communistes qui dirigeaient la lutte de libération nationale dans les deux pays en étaient le gage. Mais notre conviction à propos du «communisme» et de l'«internationalisme» des dirigeants yougoslaves, notre confiance en leurs paroles ne furent pas confirmées. En fait, la direction du Parti communiste de Yougoslavie ne considéra jamais de façon juste et dans la voie marxiste-léniniste la question de l'avenir des Albanais de Yougoslavie, elle allait donc la résoudre, comme elle la résolut effectivement, de façon erronée et fausse, dans la voie nationaliste et chauvine, entièrement antimarxiste.

La solution erronée de cette grande question de principe commença dès la deuxième réunion du Conseil antifasciste de libération nationale de Yougoslavie, tenue à Jajce en novembre 1943, où les régions albanaises de Yougoslavie furent utilisées pour ajuster les dimensions territoriales et les proportions démographiques des républiques de la Fédération, en particulier de la Serbie, de la Macédoine et du Monténégro. L'avenir des Albanais de Yougoslavie fut décidé a priori, d'en haut, sans l'approbation et l'autodétermination des populations albanaises de Kosove et des autres régions albanaises de Yougoslavie, et sans la moindre concertation avec l'alliée des peuples de Yougoslavie, directement intéressée à cette question, avec l'Albanie populaire. La direction du Parti communiste de Yougoslavie, en opposition avec «la politique d'égalité nationale» proclamée à la seconde réunion de PAVNOJ, enfreignit iniquement la volonté des Albanais de Yougoslavie, exprimée à la réunion de la première Conférence constitutive du Conseil de libération nationale pour la Kosove et la Métohie, tenue à Bujan du 31 décembre 1943 au 2 janvier 1944, et qui était parfaitement conforme au droit d'«autodétermination jusqu'à la sécession» des peuples qui composaient la Yougoslavie et définie dans les documents fondamentaux du Parti communiste et du Mouvement de libération nationale yougoslaves.

En ce qui concerne la concertation avec l'Albanie populaire pour le règlement de ce problème historique, la direction yougoslave la considérait a priori comme inutile. Elle était contre une telle concertation, parce qu'elle savait qu'une discussion de principe, marxiste-léniniste et amicale, entre les directions de nos deux pays, en tenant compte aussi de la volonté librement exprimée des Albanais vivant sur leurs terres en Yougoslavie, conduirait à une solution juste et non pas chauvine, arbitraire et nationaliste, comme celle que la direction yougoslave apporta à ce problème.

Après la guerre, en 1946, une délégation de notre pays que je présidais, effectua une première visite officielle en Yougoslavie. Dans les discussions qui eurent lieu à cette occasion avec Tito, celui-ci chercha à savoir ce que je pensais du règlement de la question de Kosove et des autres régions albanaises de Yougoslavie. J'exprimai la position de la partie albanaise, en soutenant que la Kosove et les autres régions peuplées d'Albanais appartenaient à l'Albanie et qu'elles devaient lui être restituées. Les Albanais avaient lutté pour avoir une Albanie libre et souveraine, à laquelle devaient maintenant être rattachées les autres régions albanaises de Yougoslavie. Le président Tito me répondit : «Je suis d'accord avec votre point de vue, mais pour le moment nous ne pouvons pas faire cela, car les Serbes ne nous comprendraient pas». Cette promesse solennelle de Tito sur ce grand problème de principe ne fut suivie d'aucune action de la part des Yougoslaves. Ils étaient de mauvaise foi en tout.

Le règlement erroné de Jajce, le démembrement des terres albanaises et le refus de laisser les Albanais exprimer librement leurs aspirations, constituent l'erreur fondamentale, de caractère nationaliste et chauvin, de la direction yougoslave, qui fut suivie d'autres erreurs tout aussi graves à propos des droits légitimes et naturels des Albanais, qui sont maintenant taxés de «chauvins», de «nationalistes», d'«irrédentistes» par les Grands-Serbes. C'est dans ce règlement très erroné et anti-léniniste de la question nationale en Yougoslavie et surtout du problème de l'entité albanaise de près de 2 millions d'habitants, quasi l'équivalent de la totalité de la population de la R.P.S. d'Albanie, qu'ont leur source les récents événements de Kosove et des autres régions albanaises de Yougoslavie.

Le chauvinisme serbe, monténégrin et macédonien, dès le début, poursuivit envers les Albanais une politique nationaliste farouche, d'oppression et de discrimination dans tous les domaines, dans l'instruction, la culture, l'économie, etc.

Même dans la période où nos deux pays et nos deux partis entretenaient de bonnes relations, les Yougoslaves traînaient le problème des Albanais de Yougoslavie comme un boulet. Les revendications et les plaintes des Albanais n'étaient même pas examinées, elles n'étaient pas résolues politiquement par la voie de la bonne compréhension, mais par la violence, par de féroces mesures administratives. Les Albanais étaient accusés de nationalisme et cela était fait pour camoufler le chauvinisme et le nationalisme serbes. Rien ne peut couvrir et justifier les représailles sanglantes contre les Albanais en 1945, en 1968 et encore en 1981, leur discrimination, la pauvreté dans laquelle ils ont été laissés, l'oppression nationale, les grandes restrictions et différenciations dans le domaine de l'instruction et de la culture. La disgrâce du groupe grand-serbe de Rankovic en 1966 et, plus tard, de l'autre groupe grand-serbe de Nikezic, marque la période de la démagogie politique des titistes envers la Kosove et les Kosoviens. La nécessité d'équilibrer les diverses forces au sein de la Fédération conduisit à une révision formelle du statut de la Kosove, qui, de simple région de la Serbie, fut promue région «autonome» de cette république.

Au gré ou contre le gré des Serbes, cette nouvelle situation permit aux Albanais de Yougoslavie, et surtout aux Kosoviens, d'étendre leur enseignement, de mettre sur pied l'Université de Prishtine, de développer leur culture, d'apprendre l'histoire de leur peuple, d'établir des contacts et des relations éducatives culturelles et économiques avec l'Albanie, aux termes des lois de le Fédération et des accords officiels passés entre la R.P.S.A. et la R.F.S.Y.

Mais la base économique de la Région autonome socialiste de Kosove n'en demeura pas moins très faible, elle fut négligée. Ses richesses furent encore exploitées sans scrupules par les autres républiques de la Fédération et surtout par la Serbie. Toutes les «solutions» qui furent proposées avec un grand bruit durant cette période étaient inconsistantes, conjoncturelles, et elles ne profitaient qu'à Belgrade et à Skoplje. Selon le cas, sans le dire ouvertement, elles étaient considérées soit comme des «concessions opportunistes de Tito», comme cela se produisait avec les Serbes, soit comme des «victoires remportées grâce à Tito», comme le claironnaient des dirigeants albanais de la Région autonome socialiste de Kosove. Quant aux masses d'Albanais, elles ne se firent pas beaucoup d'illusions, car ce qui leur était concédé était infime en regard des grands droits qui leur avaient été ravis et qui leur étaient niés.

Les événements qui ont eu lieu après la mort de Tito ont montré à quel point la voie dans laquelle a été résolue la question nationale en Yougoslavie et en particulier la question des Albanais, était erronée et antimarxiste. A leurs demandes légitimes dans le cadre de la Constitution, la direction chauvine serbe et toute la direction yougoslave ont porté un coup pesant et sanglant, à la suite des manifestations qui ont eu lieu en Kosove, en mars et en avril de l'année en cours. Maintenant plus que jamais, à la situation économique misérable qui pèse sur les Kosoviens et tous les Albanais de Yougoslavie s'ajoute l'oppression nationale féroce. Ils ont vu instaurer la loi de la terreur, jeter sur eux la police et l'armée serbes, les prisons se remplir de jeunes gens et de jeunes filles. Les mesures qui ont été et qui sont prises tendent non seulement à supprimer tout droit légitime et même ce peu d'avantages apparus dans le développement de l'enseignement et de la culture, mais aussi à dénationaliser les Albanais de Yougoslavie. Et c'est là l'œuvre de ceux qui prétendent respecter les documents de la Conférence d'Helsinki sur les libertés et les droits de l'homme. L'opinion mondiale ne doit pas rester indifférente, elle doit s'alarmer de cette situation dramatique de la population albanaise vivant en Yougoslavie.

Qu'ont demandé en fin de compte les Albanais dans les manifestations de masse qu'ils ont organisées dans les divers villes et villages de Kosove ?

Les Albanais de Yougoslavie ont demandé plus d'une fois par leurs manifestations pacifiques et même en dehors de celles-ci, qu'il soit remédié à leur situation constitutionnelle, économique, sociale et culturelle, qu'elle soit définie dans une juste voie, dans le cadre des lois de la Fédération, ils ont demandé que leur soit reconnu le statut de République dans la R.F.S.Y. Ils n'ont demandé ni la séparation d'avec la Fédération, ni l'union avec l'Albanie. Mais personne n'a fait cas des justes et légitimes revendications des étudiants, des ouvriers, des paysans et des intellectuels kosoviens. Qui pis est, comme chaque fois qu'ils ont présenté de ces justes et légitimes demandes, ils ont été qualifiés de nationalistes, ils ont été persécutés et réprimés dans le sang.

Mais ces problèmes peuvent-ils être résolus ainsi à notre époque ? Absolument pas. Il est impossible de maintenir dans la pauvreté et la misère un peuple dont la terre est prospère et pillée par d'autres. Il est impossible de maintenir sous la terreur des chars et des baïonnettes un peuple courageux, comme le sont les Albanais. Il est impossible de déformer ou de supprimer son histoire et sa culture antiques. Il est impossible de lui faire perdre ses sentiments patriotiques et son amour de la mère patrie.

Si la direction yougoslave actuelle continue d'avancer dans la voie qu'elle a choisie et qu'elle suit, les oppositions des Albanais se poursuivront, s'accroîtront et s'aggraveront encore plus. Seule une solution bien réfléchie de la question nationale envisagée sans passions par les deux parties, une solution qui soit acceptée et approuvée par le peuple de Kosove, peut liquider cette situation très compliquée, qui n'a pas été créée par les Kosoviens, mais par le chauvinisme grand-serbe. Les Kosoviens ont proposé la solution la plus juste et la plus appropriée dans ces situations difficiles pour la Yougoslavie et pour eux-mêmes. La demande de reconnaissance du statut de République à la Kosove dans le cadre de la Fédération est juste, elle ne porte pas atteinte à l'existence de la Fédération. Les dirigeants serbes et yougoslaves, au lieu de raisonner, ont envoyé leurs chars, ils ont fait couler le sang du peuple et maintenant ils se livrent, à une grande échelle, à la fameuse différenciation, c'est-à-dire à une enquête policière pour établir qui était pour et qui était contre les manifestations. Cette façon d'agir, en recourant d'abord à la terreur, puis soi-disant à la «différenciation», revient à tenter d'intimider les masses, qui ne se laissent pas intimider, à supprimer le patriotisme, qui ne peut être supprimé, à entretenir l'illusion que l'on a normalisé la situation, alors qu'on a provoqué la rancœur et la colère, à s'imaginer qu'après avoir épuré le pouvoir des «nationalistes» et autres, on y a mis en place «des hommes de confiance», alors qu'on a jeté dans une résistance silencieuse le peuple tout entier, qui élèvera demain avec encore plus de force sa voix contre les cruautés dont il est victime. Cette situation, les dirigeants yougoslaves ne veulent pas la comprendre.

C'est parce que nous disons ouvertement ces vérités et que nous demandons que le problème de la Kosove et de tous les Albanais de Yougoslavie, auquel a été apportée une solution erronée, soit réétudié calmement et qu'il ne soit pas recouru à la violence et à la terreur, parce que nous demandons qu'il soit mis fin aux persécutions et que les fils et les filles de Kosoviens soient libérés des prisons, la R.P.S. d'Albanie se voit accusée de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Yougoslavie et même de susciter des troubles en Kosove, et ailleurs ! Et comment susciterait-elle ces troubles ? A travers les relations éducatives et culturelles officielles ! On va même jusqu'à accuser la R.P.S. d'Albanie d'avoir fait cause, commune avec la réaction politique albanaise en exil, que nous avons combattue et que nous combattons de toutes nos forces.

La République Populaire Socialiste d'Albanie ne s'est jamais ingérée dans lès affaires intérieures de la Yougoslavie. C'est le contraire qui s'est produit. Les révisionnistes yougoslaves ont comploté pour liquider la direction du Parti communiste d'Albanie et pour encadrer l'Albanie dans la Fédération yougoslave en tant que septième république, en s'imaginant qu'ils auraient pu résoudre une fois pour toutes par cette voie annexionniste et impérialiste le problème de toute la nation albanaise. Mais ces complots ne sont pas parvenus à leurs fins et ils n'y parviendront jamais. L'Albanie n'est ni ne deviendra jamais un moyen de règlement pour apaiser les conflits et les contradictions entre les clans yougoslaves. Elle a pour maître son peuple, un peuple plein de vitalité, courageux et patriote, qui n'a peur de personne.

L'Albanie n'a jamais avancé de revendications territoriales à l'égard de la Yougoslavie, on ne peut trouver aucune demande de rectification de frontières dans ses documents. Mais tout en adoptant cette attitude, nous n'avons pas nié, ni ne nierons jamais le fait qu'en Yougoslavie vit une grande partie de la nation et du peuple albanais. Nous avons défendu et nous défendrons, à l'avenir aussi, de toutes nos forces et dans la voie marxiste-léniniste, les droits légitimes de nos frères albanais de l'autre côté de la frontière, et cela ne constitue pas une ingérence dans les affaires intérieures de la Yougoslavie. C'est notre droit indéniable.

La question de Kosove est une tragédie. Les autorités yougoslaves doivent cesser la terreur et les persécutions contre les Albanais, renoncer à l'oppression nationale et leur reconnaître tous les droits qui leur reviennent. Pour apporter à ces problèmes une solution juste, elles doivent discuter calmement, avec sang-froid et sur un pied d'égalité avec la population albanaise de Yougoslavie.

La République Populaire Socialiste d'Albanie a attaché une importance particulière au renforcement de ses rapports amicaux avec la Grèce. Ces dernières années, ces rapports se sont développés encore dans tous les domaines. Les échanges commerciaux se sont étendus et se développent avec succès à l'avantage des deux parties. La collaboration dans le domaine de la culture, les échanges de groupes artistiques, les visites réciproques de gens de l'art, de l'enseignement et de la science, ont contribué à mieux faire connaître à chacun de nos peuples les réalisations et les progrès de l'autre. Ils ont également servi à consolider l'ancienne amitié traditionnelle qui unit nos deux pays. Convaincue que les rapports d'amitié et de bonne compréhension entre l'Albanie et la Grèce répondent pleinement aux aspirations et aux intérêts communs de nos peuples, la R.P.S. d'Albanie, à l'avenir également, ne ménagera pas ses efforts pour les élargir et les développer.

Nous sommes heureux de constater que, de leur côté, le gouvernement et le peuple grecs se montrent disposés et souhaitent que les rapports entre nos deux pays progressent sur la base de l'amitié et d'un esprit de bon voisinage. Les sentiments du peuple albanais et ceux du peuple grec concordent en maints domaines, nos deux peuples se veulent mutuellement du bien et ils se réjouissent réciproquement de leurs progrès, en partant du principe selon lequel chacun est maître chez soi et dans ses affaires.

L'amitié entre le peuple albanais et le peuple grec est une amitié stable, elle se renforcera et s'épanouira sans cesse dans l'intérêt de nos deux peuples, de la paix et de la sécurité dans les Balkans. Les tentatives de quiconque pour saper cette amitié, échoueront. Nous sommes convaincus que maintenant les conditions sont réunies et les possibilités créées pour que, d'un commun effort, soient éliminés tous les obstacles et ouverte une large voie au développement de rapports fructueux et mutuellement avantageux entre nos deux pays amis.

En ce qui concerne l'Italie, nous sommes prêts à œuvrer pour développer des rapports normaux avec elle, conformément aux aspirations et aux intérêts de nos deux peuples voisins. De nombreux liens ont existé entre l'Albanie et l'Italie dans divers domaines, comme le commerce, les transports, les échanges culturels, etc. Nos peuples ont toujours souhaité vivre dans la paix et l'amitié entre eux. Bien que les chemins de l'histoire les aient parfois séparés et rendus hostiles l'un à l'autre, ils se sont efforcés de se rapprocher, de collaborer et de renforcer l'atmosphère de confiance et de compréhension réciproques.

Les possibilités d'un progrès ultérieur des rapports albano-italiens existent. Notre vœu est que l'on avance dans la bonne voie, mais cela dépend également de la prédisposition et de l'intérêt de la partie italienne à collaborer avec l'Albanie dans un nouvel esprit, dans l'amitié et l'égalité parfaite.

Les rapports qu'entretient notre pays avec la République de Turquie se sont développés et se développent toujours plus dans un esprit d'amitié et de collaboration. La bienveillance et le respect mutuels croissants entre nos deux peuples et pays créent une base solide pour l'extension et le renforcement futurs de ces rapports.

Au cours de leur histoire, le peuple albanais et le peuple turc ont entretenu des liens amicaux et ont eu de l'affinité entre eux. Le peuple turc, qui possède une histoire et une culture antiques, a éprouvé un profond respect pour les valeureux combattants d'Albanie, pour les savants, les philosophes, les hommes d'Etat, les architectes, les écrivains et les poètes albanais ou d'origine albanaise, qui ont apporté leur contribution aux efforts du peuple turc pour le progrès.

Le peuple albanais voue une admiration et un respect particuliers à la figure de Mustafa Kemal Ataturk, cette personnalité et cet homme d'Etat éminent, qui, avec un grand courage et inspiré par la pensée démocratique progressiste, a libéré la Turquie et son peuple courageux du complexe de l'empire des sultans qui le portait à asservir les autres peuples, qui a consolidé l'unité et l'indépendance véritables de la nation turque, et a engagé la Turquie dans la voie de la démocratie et du progrès.

Le peuple albanais a connu les sentiments bienveillants de Kemal Ataturk à l'égard de l'Albanie, et son opposition au roi Zog, à ce tyran du peuple albanais.

L'amitié sincère du peuple turc pour le peuple albanais et la noble inspiration d'Ataturk s'observent très clairement dans l'accueil fraternel des centaines de milliers de nos frères kosoviens, qui furent chassés de leurs terres de Yougoslavie. Nous remercions le peuple frère turc de cette attitude et de son amitié pour le peuple albanais, qui la lui rend bien.

Les rapports amicaux entre notre pays et la République française on été marqués par de nouveaux pas positifs. Nous apprécions les efforts des sympathisants toujours plus nombreux de l'Albanie en France pour renforcer l'amitié entre nos deux peuples. Le peuple albanais éprouve à son tour des sentiments d'amitié et de respect pour le talentueux peuple français, dont il estime les traditions révolutionnaires et les progrès.

Comme par le passé, nous souhaitons sincèrement que les rapports entre notre Etat et l'Autriche, la Suède, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Suisse, la Belgique, la Hollande, le Portugal se développent et s'étendent encore dans le sens, positif et amical qu'ils ont pris ces dernières années.

Les gouvernements anglais qui se sont succédé après la Seconde Guerre mondiale, ont observé à l'égard de la nouvelle Albanie, des attitudes hostiles et antidémocratiques. Par ailleurs, ils ont ravi l'or albanais, enlevé par les hitlériens, et ils continuent aujourd'hui encore de l'exploiter dans leur intérêt sans se soucier de le restituer à celle à qui il revient, à l'Albanie socialiste.

Peut-il être question, dans ces conditions, de relations diplomatiques entre la République Populaire Socialiste d'Albanie et l'Angleterre ? Le gouvernement anglais doit immédiatement rendre à l'Albanie cet or avec les intérêts qui lui reviennent du fait de son exploitation arbitraire. Que personne ne mette en doute que l'Albanie socialiste défendra ses intérêts et luttera contre les injustices qui lui ont été et qui continuent de lui être faites.

Il n'existe pas d'obstacles insurmontables empêchant l'établissement de relations diplomatiques entre la République Populaire Socialiste d'Albanie et la République fédérale d'Allemagne. Nous estimons qu'avec un esprit de compréhension de la part des deux parties sur certaines questions restées en suspens depuis la Seconde Guerre mondiale, cette situation pourrait être réglée.

Les profonds désaccords de principes, idéologiques et politiques de notre Parti et de notre Etat avec les pays de l'Europe de l'Est, sont notoires. Sans renoncer à la lutte contre le révisionnisme moderne, nous sommes pour le développement normal de nos rapports avec la Roumanie, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la République démocratique allemande, la Bulgarie et la Hongrie, pour des échanges commerciaux sur la base de l'égalité et de l'avantage réciproque.

Le peuple albanais est lié d'une amitié sincère et ancienne avec les peuples frères arabes. Nous avons soutenu et nous soutiendrons jusqu'au bout et énergiquement la juste lutte des peuples arabes pour la libération de leurs territoires occupés par les agresseurs sionistes israéliens et pour le rétablissement de tous les droits légitimes du peuple martyr palestinien.

L'héroïque peuple palestinien et sa représentante légale, l'Organisation pour la libération de la Palestine, ont eu et auront constamment dans la République Populaire Socialiste d'Albanie et dans son peuple, des amis sincères et des défenseurs résolus de leur juste cause nationale.

C'est avec une satisfaction particulière que nous constatons le développement amical des rapports entre notre pays et l'Algérie, la Syrie, l'Irak, la Lybie, le Liban, la Tunisie, l'Egypte et d'autres pays arabes. Nous désirons que ces rapports se concrétisent et se développent davantage. De même, la République Populaire Socialiste d'Albanie est pour des rapports amicaux avec la République islamique d'Iran et elle ne ménagera pas ses efforts pour les développer et les renforcer.

Le peuple albanais et son gouvernement ont salué et soutenu la juste lutte des peuples africains pour extirper radicalement le colonialisme et le racisme du continent africain et ils ont appuyé les peuples et les pays africains épris de liberté dans leurs efforts pour faire obstacle à la politique et à l'activité agressives, néo-colonialistes et spoliatrices de l'impérialisme.

La République Populaire Socialiste d'Albanie entretient avec la Tanzanie, la Guinée, le Mali, la Zambie, le Zimbabwe et d'autres Etats amis d'Afrique, des relations amicales et elle souhaite que ces relations se développent encore.

Notre pays entretient aussi de bons rapports avec un certain nombre de pays d'Asie. Nos relations avec la République Socialiste du Vietnam, le Laos, la République Démocratique Populaire de Corée se développent dans la voie amicale et nous exprimons notre vœu de les voir encore se raffermir.

Quant au Cambodge, notre Parti et notre Etat ont dénoncé les actions sanguinaires de la clique de Pol Pot, instrument des social-impérialistes chinois. Nous souhaitons au peuple cambodgien de surmonter le plus vite possible les difficultés qu'il rencontre, et, dans une liberté totale et sans aucune «tutelle», de décider lui-même de son destin et de son avenir.

Il est désormais notoire qu'entre notre pays et la Chine n'existent plus que des relations diplomatiques purement formelles et aucun autre rapport concret. Cette situation a été créée non pas de notre faute. Elle est la conséquence de la politique et de l'activité hostiles anti-albanaises de la direction chinoise.

L'établissement de relations diplomatiques avec le Japon crée les conditions requises et ouvre la voie au développement du commerce entre les deux pays.

La République Populaire Socialiste d'Albanie entretient des relations normales avec le Mexique, le Pérou, l'Argentine, le Panama et d'autres pays d'Amérique latine. Elle est prête à établir des relations du même genre avec d'autres Etats de ce continent, qui sont pour un rapprochement amical et pour des échanges commerciaux et culturels avec notre pays.

Notre pays n'entretient ni n'entretiendra aucun rapport avec les Etats-Unis et l'Union soviétique, qui sont les ennemis les plus féroces de la liberté et de l'indépendance des peuples, de la paix et de la sécurité dans le monde. Comme par le passé, nous poursuivrons toujours avec fermeté notre lutte pour la dénonciation de leur politique et de leurs menées agressives et hégémonistes.

La République Populaire Socialiste d'Albanie oeuvrera, à l'avenir également, à développer dans un sens positif ses relations internationales. Dans cet esprit, elle ne ménagera pas ses efforts pour apporter aussi au sein de l'Organisation des Nations unies et des autres organisations internationales, sa contribution à la défense des intérêts et des aspirations des peuples.

La politique extérieure de principes suivie par notre Parti et notre pays traduit les aspirations du peuple albanais et jouit de son soutien total et illimité. Le Parti luttera, à l'avenir également, pour appliquer avec esprit de suite et fermeté cette politique qui assure au peuple sa liberté, son indépendance et sa souveraineté nationales.



V

LA LUTTE CONTRE LE REVISIONNISME, ET LE MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE ET DE LIBERATION A L'ETAPE ACTUELLE

Au cours de la période qui s'est écoulée depuis le VIIe Congrès, notre Parti, fidèle, comme toujours, au marxisme-léninisme et à l'internationalisme prolétarien, a poursuivi sans répit la lutte contre le révisionnisme moderne. La critique idéologique et politique du révisionnisme khrouchtchévien et chinois, du révisionnisme yougoslave et ouest-européen, a été poussée plus avant, les conditions historiques et socio-économiques de l'apparition et de la diffusion de ces courants ont mieux été mises en évidence, le processus de dégénérescence des partis communistes qui se sont engagés dans la voie du révisionnisme, leurs erreurs et leurs compromis en matière de stratégie et de tactique ont été analysés à fond. A la lumière des faits passés et présents, notre Parti a démontré la liaison existant entre le révisionnisme moderne et la stratégie adoptée par l'impérialisme après la Seconde Guerre mondiale en vue de détruire le socialisme et de réprimer la révolution et le mouvement de libération des peuples.

Ces analyses et conclusions ont servi à notre Parti à mieux connaître les dangers que le révisionnisme fait peser sur le socialisme et la dictature du prolétariat dans notre pays, et à prendre les mesures les plus appropriées et les plus efficaces pour les conjurer. Elles ont servi également à promouvoir l'éducation des communistes et des masses, à élever leur niveau de formation théorique et à tremper davantage leur conscience révolutionnaire. La connaissance plus approfondie de la stratégie et de la tactique de l'impérialisme et du révisionnisme a accru l'efficacité de notre lutte en soutien à la cause du prolétariat et des peuples.

Le bien-fondé de la voie que notre Parti a choisie dès le début pour s'opposer au révisionnisme et pour le combattre jusqu'au bout est démontré chaque jour davantage par la dégénérescence politique et la profonde crise idéologique du révisionnisme moderne, par la grave situation économique et l'impasse dans lesquels se sont fourrés les partis révisionnistes et les pays où ils sont au pouvoir.

Lorsque notre Parti entama la lutte contre le révisionnisme khrouchtchévien, les partis communistes qui s'étaient ralliés à Khrouchtchev se présentaient plus ou moins comme un bloc, suivant une seule ligne, celle du XXe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. Mais aujourd'hui, après vingt, ans, ils sont désunis et divisés en de nombreux courants et fractions, ils s'affrontent et s'empoignent entre eux, ils sont étouffés par le nationalisme bourgeois et l'opportunisme social-démocrate. Ces partis anciennement communistes se sont soit convertis en partis authentiques de la nouvelle bourgeoisie dominante dans les pays où les révisionnistes sont au pouvoir, soit intégrés dans les structures de l'Etat bourgeois, comme cela a été le cas dans les vieux pays capitalistes. La crise du révisionnisme moderne est une manifestation directe de la crise du capitalisme et de l'idéologie bourgeoise dans son ensemble.

La trahison révisionniste et la restauration du capitalisme dans une série de pays anciennement socialistes ont créé une grande confusion autour du problème du socialisme, qui est au centre de la lutte idéologique menée aujourd'hui dans le monde. Il s'agit, pour les révisionnistes, de présenter la société capitaliste restaurée dans leurs pays comme une société socialiste pure, comme un «socialisme réel», «avancé» et même «très avancé». Cette confusion est encore accrue du fait que beaucoup de partis et de forces politiques, qui sont fort distants du socialisme scientifique, se réclament du socialisme, et aussi que la bourgeoisie et sa propagande s'évertuent à déformer les véritables idéaux socialistes, afin de détourner les masses de la lutte pour le triomphe de ces idéaux.

Faire la lumière sur cette question, et fixer une nette ligne de démarcation entre le socialisme authentique et le pseudo-socialisme, est d'une importance capitale pour l'heureux développement de la lutte de la classe ouvrière et des masses travailleuses. La révolution, si elle n'a pas une claire vision de la société socialiste, et ne s'en tient pas aux principes et aux lois générales du socialisme, reste à mi-chemin. La révolution peut bien s'accomplir, mais lorsque la vraie perspective socialiste lui fait défaut, elle risque de dévier, et la lutte et les sacrifices consentis pour son triomphe peuvent s'avérer vains.

Le premier courant du révisionnisme au pouvoir qui se soit fixé pour tâche de miner le socialisme a été le révisionnisme yougoslave, qui est apparu à un moment clé de la lutte entre le socialisme et l'impérialisme.

Le révisionnisme yougoslave a des racines profondes. Il n'est pas apparu en 1948 et ne s'est pas manifesté comme une réaction contre le «stalinisme» ni comme une conséquence de l'action du Kominform. Il est le résultat des conceptions bourgeoises qui existaient déjà auparavant dans le Parti communiste de Yougoslavie et qui ne disparurent pas au cours de la lutte de libération nationale.

La Yougoslavie nouvelle ne pouvait être édifiée sans une orientation claire et une maturité politique fondées sur la théorie scientifique du socialisme. Cette œuvre considérable ne pouvait être accomplie que par un parti communiste puissant s'en tenant à de sains principes marxiste-léninistes. Certes, il existait un parti communiste en Yougoslavie, mais il ne possédait pas tous les traits d'un vrai parti communiste, et il ne les a pas acquis davantage durant la lutte. Au contraire, après la guerre, il a perdu même ceux qu'il possédait, lorsqu'il fut appelé par les circonstances à construire la Yougoslavie nouvelle dans la voie socialiste.

Si l'on écoute les vantardises des titistes et de la bourgeoisie yougoslave, on pourrait croire qu'un tel parti a existé et même qu'il existe encore. Nous-mêmes, communistes albanais, comme beaucoup d'autres, sommes tombés dans ce jugement euphorique, en particulier durant la lutte et dans les premières années qui suivirent la Libération. Une telle appréciation répondait à une certaine logique, elle se rattachait à la lutte héroïque des peuples de Yougoslavie, qui avait été conduite par le parti communiste.

Après la libération de la Yougoslavie, dans la théorie et les prises de position politiques comme dans la construction du socialisme, se firent jour de grands écarts par rapport aux principes fondamentaux du marxisme-léninisme. Dans ses relations avec les pays socialistes également, en particulier avec l'Albanie, on constata de la part du Parti communiste de Yougoslavie de graves déviations, une arrogance et une présomption étrangères à un parti communiste.

Il était évident que cette voie aboutirait à la scission, comme il en fut effectivement, et cela non point par la faute du Kominform, ni de Staline, ni non plus du «stalinisme», comme les révisionnistes yougoslaves et leurs amis appellent le marxisme-léninisme. Le conflit avec le Kominform était le résultat des contradictions entre les vues libérales et opportunistes de la direction yougoslave et les conceptions marxistes-léninistes sur l'édification de l'Etat et de la société socialistes. Tito et ses compagnons donnèrent à leur opposition à la théorie marxiste-léniniste la couleur d'une opposition d'abord à Staline, puis au système socialiste soviétique.

Le tournant titiste devait s'opérer, comme il s'opéra effectivement. Les titistes empruntèrent le cours menant au capitalisme, en adoptant et inaugurant une «nouvelle» structure économique et sociale et une nouvelle forme de gouvernement d'Etat appropriée au cours antisocialiste, qu'était le système de l'«autogestion ouvrière». En fait, ce n'était pas un système nouveau, et ce n'était ni un système socialiste, ni une création yougoslave, Il tirait son origine du proudhonisme et de théories anarchistes, comme celle de Bakounine et Kropotkine, si durement démasquées en leur temps par Marx, plus tard par Lénine, puis encore par Staline.

Le tournant yougoslave vers le capitalisme fut l'objet d'une publicité effrénée, d'un hosanna indescriptible et de louanges exaltées à l'adresse de «Barabbas». La déviation yougoslave fut claironnée comme une «ère nouvelle», un «nouveau sillon» tracé par Tito pour la construction d'un «socialisme spécifique», «humain». Ce tournant fut appuyé et financé par l'impérialisme et le capitalisme mondial. La mégalomanie panyougoslave se gonfla à l'extrême et la Yougoslavie fut présentée comme «un champion et un exemple pour les peuples du monde dans leur lutte de libération».

Tout le «système d'autogestion», dans sa forme et dans les appellations de sa structure et superstructure, devait se poser en «marxiste». Mais, en fait, il était tout à fait opposé à Marx et à la théorie et à la pratique du léninisme.

Le premier coup porté le fut au pouvoir de démocratie populaire, qui était une forme de dictature du prolétariat, mais qui, en Yougoslavie, ne fut jamais défini ainsi. Les révisionnistes yougoslaves justifièrent cette action en prétendant que le pouvoir des conseils populaires, qui avait été instauré durant la lutte et qui avait vécu jusqu'en 1948, ne pouvait plus être maintenu sous cette forme avec toutes ses prérogatives. Il devait être remplacé par les «conseils ouvriers», le premier étant, selon eux, un pouvoir étatiste-bureaucratique, qui engendre «la bureaucratie et la couche, de la nouvelle bourgeoisie», et les «conseils ouvriers», par contre, un pouvoir plus proche de la théorie de Marx. A travers eux, ce sont prétendument «les ouvriers eux-mêmes qui dirigent et gouvernent directement», sans l'intermédiaire de l'Etat, dont il résulterait, selon la logique de la direction yougoslave, qu'il ne leur appartient pas. Le rôle de l'Etat yougoslave actuel se réduit donc à celui de «garant» que ce «nouveau système» ne sera pas touché, désintégré, et pour cela, la Fédération a la haute main sur l'armée, l'UDB et la politique extérieure, et rien d'autre.

Ainsi le «système d'autogestion» a décentralisé, libéralisé et miné le pouvoir de la dictature du prolétariat. L'Etat était l'Etat des «prolétaires» et il est devenu celui des «ouvriers», il était «issu de la lutte, issu de la, base», alors que le «nouveau système», soi-disant exigé par le développement «dialectique», a été instauré d'en haut par Tito et Kardelj.

Le rôle dirigeant du parti dans ce système devait être liquidé et en fait il s'est étiolé. Au parti a été laissé seulement un rôle falot d'éducation. Il n'a plus aucune voix au chapitre. En apparence, le parti n'a pas disparu, mais en réalité il a cessé d'exister. On l'a baptisé «Ligue des communistes», pour le rapprocher par là le plus possible de l'appellation de Marx, mais en fait pour l'écarter le plus possible du rôle que Marx et Lénine assignent au parti communiste.

Les titistes présentent la question comme si, avec l'«autogestion», la Yougoslavie s'est engagée dans une étape de développement qui la rapproche de la société communiste. A partir de là, ils prétendent que l'Etat va vers son extinction et que le parti ne peut plus assumer le rôle et les fonctions qui étaient les siens dans la période de passage du capitalisme au socialisme.

Bien plus, l'«autogestion», selon eux, a éliminé aussi la lutte de classes à l'intérieur du parti, en Yougoslavie même et en dehors d'elle. En vérité, Tito, Kardelj et leurs tenants ont modifié la direction de la lutte de classe. S'ils l'ont menée et la mènent, c'est pour défendre leur système «autogestionnaire», contre les «tenants du Kominform», les «staliniens», les «dogmatiques», etc. En fait, il s'agit ici d'une lutte des éléments capitalistes contre les révolutionnaires, du système capitaliste contre le système socialiste, de l'idéologie bourgeoise contre le marxisme-léninisme.

Les théoriciens yougoslaves se livrent à des spéculations filandreuses sur la propriété des moyens de production. Selon eux, la propriété socialisée des moyens de production qui existe dans le système «autogestionnaire» constitue la plus haute forme de propriété socialiste, alors que la propriété d'Etat en serait la plus basse. Cette dernière, prétendent-ils, peut être définie comme une sorte de capitalisme d'Etat qui donne naissance à une nouvelle caste bureaucratique, laquelle, en fait, dispose collectivement du droit de propriété. La propriété d'Etat, sous le socialisme non plus, concluent-ils, n'élimine pas l'aliénation dont l'ouvrier est l'objet de la part du capital. Le rapport capitaliste profit-salaire est remplacé par le rapport accumulation d'Etat-salaire. En d'autres termes, selon eux, dans les deux systèmes sociaux l'ouvrier reste un salarié. C'est là une thèse trotskiste bien connue et depuis longtemps démasquée et réfutée. Dans la véritable société socialiste, où la propriété collective est dirigée par l'Etat de dictature du prolétariat, avec la large participation effective et organisée de la classe ouvrière et des autres masses travailleuses selon le principe du centralisme démocratique, et où de grands décalages conduisant à la création de couches privilégiées ne sont pas permis dans la répartition du produit social, l'ouvrier n'est pas salarié, il n'est pas exploité. On en a pour preuve la réalité de l'Albanie socialiste, où la classe ouvrière est la classe au pouvoir, qui, sous la conduite de son Parti marxiste-léniniste, dirige l'économie et toute la vie du pays, dans son intérêt et dans celui du peuple tout entier.

L'«autogestion» yougoslave, qui est soi-disant centrée sur l'ouvrier, n'est qualifiée d'ouvrière qu'en théorie, en fait, elle est anti-ouvrière, antisocialiste. Ce système, indépendamment du grand bruit que font les titistes à son propos, ne permet à la classe ouvrière ni de diriger ni de gérer.

En Yougoslavie toute entreprise «autogestionnaire» est un organisme enfermé dans son activité économique, alors que la politique de gestion est entre les mains de son groupe dirigeant, qui, comme dans tout autre pays capitaliste, manipule les fonds d'accumulation, décide des investissements, des salaires, des prix et de la distribution de la production. On prétend que toute cette action économique et politique est approuvée par les ouvriers à travers leurs délégués. Mais c'est là uns duperie et un grand bluff. Ces prétendus délégués des ouvriers font cause commune avec la caste des bureaucrates et des technocrates au pouvoir sur le dos de la classe ouvrière et des autres masses travailleuses. Ce sont les gérants de profession qui font la loi et définissent la politique dans l'organisation «autogestionnaire», de la base au sommet, dans la république. Le rôle de direction et de gestion, le rôle économique, social et politique des ouvriers et de leur classe est réduit au minimum, pour ne pas dire qu'il a été totalement supprimé.

Encourageant le particularisme et l'esprit de clocher, au niveau de la république et de la région jusqu'à celui de la commune, le «système autogestionnaire» a liquidé l'unité de la classe ouvrière, il a dressé les ouvriers les uns contre les autres, tant sur le plan individuel en alimentant l’égoïsme, que sur le plan collectif, en encourageant la concurrence entre les entreprises. Dans la même ligne, on a sapé aussi l'alliance de la classe ouvrière avec la paysannerie, celle-ci étant elle-même morcelée en petites exploitations privées et exploitée par la nouvelle bourgeoisie au pouvoir. Tout cela a instauré l'autarcie dans l'économie, l'anarchie dans la production, dans la répartition des profits et des investissements, dans le marché dans les prix, engendrant une inflation et un chômage d'énormes proportions.

L'existence de la classe ouvrière à la direction du système «autogestionnaire ouvrier» en Yougoslavie est une illusion, une utopie. Dans ce système, la classe ouvrière n'est pas à la direction, elle n'a pas l'hégémonie. La dictature du prolétariat y a été liquidée, la direction de la classe ouvrière, le Parti communiste, ou la Ligue des communistes, comme le parti s'appelle dans ce pays, ne dirige ni le pouvoir, ni l'économie, ni la culture, ni la vie sociale.

Dans ce système de confusion générale ce sont d'autres qui se sont emparés des positions politiques dominantes et dirigeantes. C'est la nouvelle caste des bureaucrates politiques et des technocrates, issue de la couche de l'intelligentsia embourgeoisée et de l'aristocratie ouvrière. Elle est à cent lieues de toute morale prolétarienne et n'est assujettie à aucun contrôle politique.

Cette nouvelle couche bureaucratique se vante à grand bruit d'être l'ennemie de la bureaucratie étatiste, alors qu'elle est elle-même une bureaucratie encore plus néfaste et elle fleurit et se renforce dans un système économique décentralisé, qui préserve et développe la propriété privée.

L'«autogestion ouvrière», qui a pour fondement l'idéologie de l'anarcho-syndicalisme, a produit le nationalisme au niveau de chaque république, qui a élaboré jusqu'à des lois et règlements particuliers pour défendre ses intérêts étroits. Le monopole économique des républiques, qui se réduit au monopole de leurs entreprises et de leurs trusts, s'est converti en fait en un pouvoir politique et un nationalisme républicain, qui se manifeste au niveau non seulement de chaque république, mais aussi de chaque région, commune et entreprise. Chaque individu, chaque groupe, chaque république s'efforce de s'enrichir le plus possible et le plus rapidement sur le dos des autres.

Le nationalisme bourgeois s'est installé confortablement en Yougoslavie et le mot d'ordre «union-fraternité», qui était juste au cours de la lutte de libération nationale, lorsqu'on se battait contre les occupants et la réaction du pays pour une société nouvelle fondée sur le marxisme-léninisme, est resté, dans le système yougoslave actuel, qui divise et désagrège tout, un slogan creux et sans effet. «L'union et la fraternité» des peuples, des nations et des nationalités, des républiques et des régions ne peuvent se réaliser que dans un véritable système socialiste guidé par l'idéologie marxiste-léniniste.

L'union fédérative yougoslave n'a pas été édifiée sur des bases marxistes-léninistes, et l'on devait nécessairement voir naître comme on l'a vu, des antagonismes nationaux. C'est le système lui-même qui engendre ces contradictions, qui alimente le séparatisme des nations et des nationalités, des républiques et des régions.

Les copieux crédits accordés par le capitalisme mondial ont aussi agi dans ce même sens. Le fait qu'ils ont été affectés à satisfaire les goûts et les caprices bourgeois et mégalomanes de la caste au pouvoir, leur répartition inégale et sans critères sains entre les diverses républiques, ont créé, entre les républiques et les régions, des dénivellements économiques et sociaux, ce qui accentue encore plus les antagonismes nationaux.

Le système d'«autogestion» n'aurait pas fait long feu s'il n'avait pas été aidé par deux facteurs : par l'antisoviétisme de la direction yougoslave, en fait par son antimarxisme et anti-léninisme grâce auquel elle s'est assuré le soutien politique de toute la réaction mondiale, et par l'appui économique des pays capitalistes sous forme de crédits considérables et multiformes. Malgré tout, ces deux facteurs ne sont pas parvenus à sauver ce système antisocialiste. Au contraire, ils l'ont affaibli encore davantage et l'ont poussé vers la faillite économique et politique.

Kardelj et Tito rejetaient la faute pour l'échec de ce système et pour tous les maux qu'il a engendrés sur l'«insuffisant perfectionnement» du système lui-même, sur «le niveau encore insuffisamment élevé» de la conscience des travailleurs, sur l'existence de la bureaucratie, etc. Ils s'étaient bien rendu compte de la faillite de leur système antisocialiste, mais ils ne pouvaient plus reculer. Aussi, toutes les mesures que prit Tito de son vivant concernant la direction de la Fédération et des républiques après sa mort, ne sont-elles que des palliatifs. Avec Tito et Kardelj s'est éteinte aussi l'euphorie sur le système «autogestionnaire». Les successeurs de Tito se trouvent dans un grand désarroi et ils ne savent pas comment faire pour se tirer de la situation difficile dans laquelle est plongé leur pays. Maintenant la Yougoslavie titiste s'est engagée dans une crise grave et générale de ses structures et superstructures, dans une crise économique et à la fois politique et morale.

Le révisionnisme soviétique a été et demeure le courant le plus dangereux du révisionnisme moderne. Il garde, plus que toute autre variante révisionniste, les masques socialistes et la phraséologie léniniste afin de couvrir la réalité capitaliste actuelle de l’Union soviétique et sa politique extérieure impérialiste et agressive. C'est un révisionnisme qui a pris le pouvoir dans un Etat qui est en fait une grande puissance et qui dispose d'abondants moyens et possibilités pour exercer son influence dans le monde et agir avec une grande force et dans de multiples directions.

De même que les autres courants révisionnistes, le révisionnisme khrouchtchévien a eu son processus d'éclosion et de croissance pour aboutir à sa forme actuelle de révisionnisme total, qui déforme toutes les questions de la théorie marxiste et de la pratique socialiste. En tant que phénomène social, le révisionnisme khrouchtchévien a ses racines et ses causes idéologiques, sociales et historiques. Le Parti du Travail d'Albanie a procédé à une analyse marxiste approfondie de ces causes. Il en a dégagé des conclusions et a adapté une série de mesures pour barrer les accès à l'apparition d'un phénomène régressif similaire dans notre pays. Mais il nous faut nous saisir toujours mieux de ce problème, pour faire en sorte que le révisionnisme ne passe jamais en Albanie.

Le groupe Khrouchtchev, dès le début, se fixa pour but principal de liquider la dictature du prolétariat, de saper les bases de la société socialiste, d'engager l'Union soviétique dans la voie capitaliste et d'en faire une superpuissance impérialiste. Maintenant tout le monde voit bien la grande transformation contre-révolutionnaire qui s'est produite en Union soviétique. Il n'y a plus que la bourgeoisie et l'impérialisme qui citent encore ce pays comme étant communiste. Et s'ils présentent l'Union soviétique actuelle capitaliste comme un pays socialiste, c'est pour discréditer le marxisme-léninisme et le socialisme authentique.

Le révisionnisme khrouchtchévien est l'idéologie et la politique du capitalisme d'Etat, lequel domine toute la vie du pays. Le retour de l'Union soviétique au capitalisme devait nécessairement avoir ses particularités, et le régime capitaliste y revêtir des formes propres. Ces particularités et ces formes sont déterminées par le fait que le capitalisme y a été restauré à la suite du renversement du socialisme, comme un processus régressif, au contraire du processus progressif que constitue le passage de l'ordre féodal renversé au capitalisme de type classique.

La particularité fondamentale de ce type de capitalisme est qu'on y a préservé beaucoup de formes socialistes en matière de propriété, d'organisation et de direction, mais le contenu en a été radicalement transformé. Aujourd'hui en Union soviétique les moyens de production sont en fait propriété capitaliste d'Etat ou collective, car ils sont utilisés dans l'intérêt de la nouvelle classe bourgeoise qui a accédé au pouvoir, la classe qui précisément s'approprie le travail des ouvriers et des paysans.

Les anciennes lois, traditions et pratiques ont été remplacées par de nouvelles, qui laissent la bureaucratie de l'Etat et du parti libre d'exprimer et d'appliquer sans obstacle sa propre volonté. Elle a utilisé les nouvelles compétences qu'elle a acquises par suite des réformes économiques, pour assurer et augmenter les revenus et les privilèges des diverses castes dirigeantes, pour conserver le pouvoir et se défendre contre les manifestations de mécontentement et les révoltes de la classe ouvrière et des masses travailleuses.

Certes, la propriété d'Etat demeure et les usines n'ont pas été distribuées à des particuliers, les kolkhozes sont restés des exploitations collectives communes et les banques n'ont pas été remises à des actionnaires, mais la répartition du produit social, sa destination, ont complètement changé.

Bien que l'on prétende appliquer le principe de la rémunération selon le travail, en réalité, les divers groupes de la nouvelle bourgeoisie s'approprient la plus-value créée par les ouvriers et les paysans. Cette spoliation à grande échelle est présentée comme un type de stimulant matériel visant soi-disant à encourager l'activité productive, le travail scientifique et la création artistique, etc. En vérité il s'agit là d'une exploitation typiquement capitaliste.

Afin de frayer la voie à la restauration du capitalisme, les révisionnistes khrouchtchéviens s'en sont pris aux thèses fondamentales de la théorie marxiste-léniniste sur la production marchande et à l'action de la loi de la valeur sous le socialisme. En théorie et dans la pratique, ils ont identifié la production marchande socialiste avec la production capitaliste et, sur cette base, réformé tout le mécanisme économique. Graduellement, les entreprises économiques, mais aussi bon nombre d'institutions, ont acquis une plus grande indépendance à l'égard du plan d'Etat. Les directeurs des entreprises et des diverses institutions se sont vu attribuer des droits et des pouvoirs étendus pour diriger et manipuler le production et la répartition, embaucher et licencier des ouvriers, distribuer les bénéfices, etc. Le financement centralisé des entreprises existantes par l'Etat a été limité et la pratique de l'autofinancement et des crédits étendue.

Les révisionnistes soviétiques prétendent que leur économie est dirigée et se développe sur la base de plans élaborés suivant le principe du centralisme démocratique. Or le plan d'Etat, tel qu'ils le conçoivent en théorie et l'appliquent dans la pratique, n'est ni ne peut être en aucune manière un plan de véritable économie socialiste. En Union soviétique cohabitent le centralisme bureaucratique de type monopoliste et un large libéralisme économique à la base. On cherche à donner l'image d'une direction planifiée de l'économie, alors que dans la pratique on a laissé le champ libre aux lois et aux catégories économiques du mode de production capitaliste.

La consommation parasitaire a pris des proportions d'une ampleur sans précédent. Le rapport entre les rémunérations des ouvriers et celles des administrateurs bureaucrates et technocrates de la production, calculé sur la base du salaire nominal, est de plus de 1 à 10, mais si l'on y ajoute les revenus provenant de la distribution des bénéfices et des gratifications de toutes sortes, et autres privilèges sans nombre, cet écart s'accentue encore. Ces différences dans les salaires et dans le niveau de vie sont à peu près analogues à celles qui existent entre les administrateurs bourgeois et les ouvriers dans les pays occidentaux.

Etant donné que la rétribution de la valeur de la force de travail se forme, dans une proportion de 35 à 40 pour cent, de manière décentralisée, à travers la distribution des bénéfices, que les normes de rendement du travail ne sont pas uniques ni appliquées de manière centralisée, que le stimulant matériel en faveur de la nouvelle bourgeoisie a la priorité absolue et que l'inflation, surtout en raison de la militarisation de l'économie qui engloutit un tiers du revenu national, ne cesse de croître, la société a, fondamentalement, perdu tout contrôle véritable sur la mesure du travail et de la consommation, ces deux clés essentielles d'une économie socialiste.

Ces mesures et une série d'autres de caractère capitaliste, qui ont été tant vantées comme un développement créateur de la théorie et de la pratique économiques marxistes-léninistes, avaient pour but de saper les bases de l'économie socialiste et elles y sont parvenues.

Les conséquences de ce cours apparaissent dans la vie quotidienne du peuple soviétique. Les articles de première nécessité manquent sur le marché, l'inflation, le chômage, la fluctuation de la force de travail se sont aggravés, on constate une hausse déclarée et non déclarée des prix des diverses marchandises. Le secteur privé de l'économie s'est étendu, les portes ont été ouvertes au capital monopoliste étranger, et l'on voit fleurir le marché noir, les spéculations, les abus, les pots-de-vin et les fraudes.

La réalité soviétique actuelle témoigne que ce processus ne va pas vers «la suppression des distinctions de classe» et «la création d'une nouvelle unité sociale», comme le proclament les révisionnistes khrouchtchéviens-brejnéviens, mais vers une profonde différenciation sociale entre la nouvelle classe bourgeoise, composée de la couche des bureaucrates et des technocrates, et les larges masses travailleuses, qui se trouvent dans la situation d'une force simplement productive. Le fossé entre elles va constamment s'approfondissant à mesure que s'élève le degré d'exploitation des travailleurs et que s'accroissent les avantages de la bourgeoisie. Cette situation a engendré toute une idéologie et une politique, qui s'attachent à justifier et à défendre ce nouveau système d'exploitation capitaliste.

Le pouvoir des soviets n'est plus des soviets, des ouvriers et des paysans. Il s'est détaché d'eux et est devenu une force distincte, qui leur est étrangère. Sur le plan de la forme également, les révisionnistes khrouchtchéviens ont déclaré la dictature du prolétariat liquidée. Ils ont baptisé l'Etat, Etat du peuple tout entier, justement pour masquer le fait qu'il n'est plus effectivement du peuple, mais une dictature de la nouvelle bourgeoisie soviétique. Son caractère capitaliste apparaît clairement dans toute sa politique intérieure et extérieure, qui sert les intérêts de la classe bourgeoise au pouvoir. L'Etat soviétique, qui dispose des principaux moyens de production et dirige toute l'économie, s'est transformé en un représentant et un défenseur des intérêts de la classe dominante.

Pour garder leurs masques socialistes et «prouver» que l'Union soviétique est un pays socialiste, les révisionnistes soviétiques déclarent qu'il n'y a chez eux qu'un seul parti, le parti communiste, et que son rôle dirigeant est sanctionné par la Constitution. Le fait qu'un parti dirigeant est unique et que son pouvoir sans partage est reconnu par la loi, ne le rend pas communiste. Dans beaucoup de pays bourgeois il n'y a qu'un seul parti dominant. Le caractère d'un parti politique n'est pas défini par sa position dans l'Etat. Il est déterminé en premier lieu par la classe à laquelle il appartient et les forces qu'il sert, par l'idéologie sur laquelle il se guide et la politique qu'il poursuit.

Le Parti communiste de l'Union soviétique est actuellement le représentant direct de la classe bourgeoise au pouvoir, c'est au nom de celle-ci qu'il exerce le pouvoir, qu'il sert le développement et le renforcement de l'ordre capitaliste restauré. Il n'a de communiste que le nom. L'appellation de communiste que ce parti a conservée et les quelques phrases marxistes et mots d'ordre socialistes qu'il invoque ont un caractère hypocrite et purement démagogique. Cela fait partie de sa propagande trompeuse, qui vise à maintenir les masses dans les ténèbres, à leur faire croire qu'elles vivent en régime socialiste, et non pas dans une société capitaliste d'oppression et d'exploitation. Par tradition, pour se camoufler ou par simple inertie, beaucoup de partis ont gardé les appellations de «démocratique», «populaire», «socialiste», etc., alors que ce sont des partis typiquement bourgeois et réactionnaires.

La politique révisionniste et capitaliste qui est appliquée en Union soviétique a ranimé les anciens démons de l'empire tsariste, comme l'oppression nationale, l'antisémitisme, le racisme slave, le mysticisme religieux orthodoxe, le culte des castes militaires, l'aristocratisme de l'intelligentsia, le tchinovnisme [Du russe tchinovnik, fonctionnaire bureaucrate de la Russie tsariste.] bureaucratique, etc. Les théories des révisionnistes soviétiques sur la prétendue création d'une «nouvelle communauté historique», du «peuple soviétique unique» ont été inventées précisément pour dissimuler cette réalité pleine de profondes contradictions sociales, de classe et nationales.

La force dominante aujourd'hui en Union soviétique est l'armée. La militarisation effrénée de la vie du pays, la lourde charge des dépenses militaires, qui ont atteint des chiffres astronomiques et ébranlent toujours plus l'économie soviétique, en déforment le développement, appauvrissent le peuple.

La restauration du capitalisme dans le pays ne pouvait pas ne pas conduire à un grand versement dans la sphère des relations internationales et de la politique extérieure du Parti communiste et de l'Etat soviétiques. Le révisionnisme khrouchtchévien s'est converti graduellement en une idéologie et une politique de nouvelle superpuissance impérialiste, qui justifient et soutiennent l’expansion, l'agression et les guerres pour instaurer sa domination sur le monde. C'est cette idéologie et cette politique qui ont engendré les théories tristement célèbres de la «souveraineté limitée», de la «division internationale du travail», de l'«intégration économique, politique et militaire» des pays de la prétendue communauté socialiste, théories qui ont mis un carcan à ces pays et en ont fait des Etats vassaux. Ces relations, Brejnev, au XXVIe Congrès du PCUS, les a qualifiées de «relations entre peuples», pour dépouiller ainsi ces pays de toute identité nationale et étatique.

Afin d'atteindre ses objectifs expansionnistes et néo-colonialistes, le social-impérialisme soviétique a créé une théorie selon laquelle aucun pays ne peut se libérer et se défendre contre l'impérialisme ni se développer de manière indépendante sans l'aide et la tutelle soviétiques. Il spécule sur le slogan de l'«aide internationaliste» pour entreprendre des agressions et piller les richesses des autres pays.

Toute la politique extérieure expansionniste, hégémoniste et agressive de l'Union soviétique social-impérialiste est une preuve et un témoignage de plus du fait que l'ordre soviétique est un ordre capitaliste, car seul un tel ordre peut poursuivre une pareille politique dans l'arène internationale. Comme l'a dit Lénine, la politique extérieure est le prolongement de la politique intérieure et toutes deux ensemble sont l'expression concentrée des rapports économiques existant dans un pays donné. Les masques socialistes et communistes que les révisionnistes soviétiques s'efforcent encore de conserver, leur sont déchirés chaque jour par leur réalité capitaliste et par la politique social-impérialiste qu'ils poursuivent.

Quant au temps qu'il faudra pour que prenne fin cette grande mystification du peuple soviétique, qui croit vivre en régime socialiste, pour que la classe ouvrière soviétique cesse de se bercer d'illusions, cela dépend de beaucoup de facteurs, intérieurs et extérieurs. Les événements de Pologne sont annonciateurs des situations qui attendent les pays où règne le révisionnisme khrouchtchévien. Le fait est qu'en Pologne a éclaté un conflit de classes entre les travailleurs et la classe bourgeoise au pouvoir, représentée par le parti révisionniste. Indépendamment du fait qu'elle a été manipulée par les forces de droite, la révolte de la classe ouvrière polonaise atteste bien que celle-ci a pris conscience de sa position de classe opprimée et exploitée, que le pouvoir existant en Pologne appartient à une classe antagoniste de la classe ouvrière, que le socialisme y a été trahi. Après la Pologne à qui le tour ? Les processus de différenciation de classe couvent dans tous les pays révisionnistes. Les conflits de classe se durcissent rapidement. Et à cet égard l'Union soviétique elle-même, bien qu'elle semble le plus stable d'entre eux, ne fait pas exception. Les plaies qu'y a ouvertes la restauration du capitalisme ne peuvent être guéries que par le renversement du révisionnisme et la restauration du socialisme.

Notre Parti a mené une grande lutte, ouverte et de principes, contre le révisionnisme chinois, contre l'idéologie, la politique, les prises de position et les actions du Parti communiste chinois. Le révisionnisme chinois est un courant opportuniste dans le mouvement communiste mondial, et la pensée-maotsétoung, qui en est le fondement, une idéologie aux traits archaïques, un amalgame des anciennes théories de Confucius et de Mencius avec de nouvelles théories paraphrasées, sans liaison organique et structurelle, teintées d'une phraséologie marxiste. La pensée-maotsétoung constitue une idéologie hégémoniste tendant à la domination mondiale, fondée sur un bagage de théorèmes et d'idées hétérogènes, contradictoires et pragmatistes. C'est dans les eaux de cette idéologie que voguait la barque chinoise, louvoyant entre la droite et la gauche, à la dérive, lorsque la Chine entreprit la construction du nouvel Etat chinois issu de la lutte de libération. C'est là qu'ont leur origine les flottements que connaît la Chine et le caractère mal défini de son système politique et économique.

La théorie sur laquelle se guidait la Chine nouvelle n'était pas le marxisme-léninisme. Les coups de pinceau marxistes sur la façade donnaient la fausse impression qu'il y existait certains traits du socialisme scientifique. Ils empêchaient de distinguer clairement les déviations continuelles.

Lorsque, en Chine, on affirmait le rôle de la dictature du prolétariat, sous celle-ci se cachait et se développait la dictature des groupes rivaux et des personnalités. Lorsqu'on affirmait le rôle dirigeant du Parti, cela dissimulait une organisation chaotique et l'inexistence de son rôle dirigeant. Lorsqu'on parlait de l'hégémonie de la classe ouvrière, le rôle dirigeant était en fait laissé à la paysannerie, car c'était son idéologie petite-bourgeoise qui dominait. Lorsqu'on parlait de modification des structures de classe, fondamentalement rien ne bougeait.

L'économie chinoise avançait en boitant lourdement, sans orientations ni perspectives claires, en dépit de l'existence d'un certain plan, qui était loin cependant d'avoir un caractère scientifique et était encore moins fondé sur un système centralisé. Au reste, il n'avait même pas les traits d'un plan décentralisé. L'économie chinoise avançait par inertie.

Cette organisation et cette idéologie sans colonne vertébrale étaient dominées par l'idée de l'hégémonisme du grand Etat chinois, qui «était appelé par l'histoire» à représenter le nouveau modèle de société socialiste, à représenter «le marxisme-léninisme des temps nouveaux», qu'était la pensée-maotsétoung.

Dans cette évolution de la Chine nous devions discerner que sous l'habit de la «révolution» se cachait la contre-révolution, que sous le manteau de la pensée-maotsétoung se cachait l'antimarxisme, se cachait un courant du révisionnisme moderne qui exigeait des formes et des structures politiques, idéologiques, organisationnelles et étatiques appropriées au «continent chinois» et à ses aspirations capitalistes et impérialistes.

L'«anti-impérialisme», l'«antisoviétisme», l'«antiaméricanisme» dans la Chine de Mao Tsétoung, alternaient au gré des conjonctures. Il ne s'agissait pas de convictions idéologiques, ce n'étaient pas des attitudes de principes, mais des manœuvres visant à équilibrer les pouvoirs dominants dans le monde, un jeu de bascule avec les puissances politiques et militaires impérialistes pour le renforcement de la Chine sur l'échiquier mondial.

C'est avec ces conceptions, avec ces attitudes éclectiques et opportunistes, tant sur le plan intérieur de la Chine, que sur le plan extérieur, que fut menée la «Révolution culturelle prolétarienne» des «gardes rouges» et que se développe actuellement la «révolution» revancharde des vieillards réactionnaires et de tous les débris de la vieille Chine. C'est sur cette base que fut élaborée la théorie malheureuse des «trois mondes» et des «alliances de ces trois mondes», et que la Chine opéra dans sa politique internationale les tournants si marqués aux conséquences très dangereuses pour la paix mondiale.

Il fallut à notre Parti un certain temps pour s'apercevoir de cette voie antimarxiste du Parti communiste et de l'Etat chinois, avec lesquels nous entretenions de bonnes relations amicales. Pour notre Parti, l'essence théorique et politique de cette amitié était d'une haute importance, comme l'étaient aussi la lutte pour la sauvegarde de la pureté du marxisme-léninisme et la question du socialisme et de la révolution.

Au début, nous avons mené une polémique de principes à travers des débats, dans un esprit de camaraderie, mais progressivement, et en raison des attitudes antimarxistes de la Chine, ce conflit s'est durci. De la part du Parti du Travail d'Albanie, c'était une lutte sans défaillance, mais aussi une lutte inégale et ardue. Si nous n'avions pas mené cette lutte, nous aurions mis en péril la construction du socialisme en Albanie.

La portée de la lutte du Parti du Travail d'Albanie réside en ce qu'elle a renversé deux mythes, celui de la Chine comme un pays où se construisait le socialisme, et celui de la pensée-maotsétoung en tant que marxisme-léninisme de notre époque. Dans cette lutte, notre Parti, pour défendre les principes, a bravé toutes les difficultés économiques qui pouvaient être créées au pays.

La pensée-maotsétoung, tant vantée comme «un nouveau développement scientifique du marxisme-léninisme», devait immanquablement influencer, comme elle l'a fait effectivement, le mouvement communiste international et certains partis marxistes-léninistes en particulier. Ces partis, ne pouvant, en raison de multiples circonstances, procéder à une analyse approfondie de ce courant idéologique révisionniste, voyaient en la grande Chine et en Mao Tsétoung les guides de la révolution prolétarienne, ils croyaient avoir en eux des soutiens résolus à leur lutte contre l'impérialisme américain et le social-impérialisme soviétique, des appuis naturels des justes luttes de libération nationale des peuples.

Il fallait donc mener une lutte de principes et résolue pour détromper ceux qui s'étaient fourvoyés. Et le Parti du Travail d'Albanie engagea cette lutte. C'est là un fait vécu et attesté tant du vivant de Mao Tsétoung qu'après sa mort. Cette lutte, contrairement à ce que prétendent les révisionnistes yougoslaves, n'a pas isolé l'Albanie socialiste dans le monde. Bien au contraire, le Parti du Travail d'Albanie et la République populaire socialiste d'Albanie ont renforcé encore plus leurs positions intérieures ainsi que leurs positions internationales.

D'autres partis marxistes-léninistes frères ont également participé avec intelligence et détermination révolutionnaire à la lutte pour défendre le marxisme-léninisme et la révolution, et battre en brèche l'idéologie pseudo-marxiste de la pensée-maotsétoung, apportant une précieuse contribution à ce combat.

La dénonciation de la Chine comme un pays non socialiste et de la pensée-maotsétoung comme une théorie antimarxiste, a dissipé une dangereuse illusion dans le mouvement marxiste-léniniste international, comme ç'avait été le cas pour le révisionnisme soviétique, le révisionnisme yougoslave et les autres courants réactionnaires révisionnistes.

Tout camouflage, toute falsification, toute déviation par rapport à la théorie scientifique du marxisme-léninisme ne saurait faire long feu. Tôt ou tard, de telles pratiques seront démasquées, car elles sont en opposition avec les idéaux de la classe ouvrière, des peuples qui luttent pour leur libération, pour la démocratie véritable, pour le socialisme, pour une société sans exploiteurs ni exploités.

Les développements actuels en Chine, toute la politique intérieure et extérieure de la direction chinoise, confirment que les analyses et les conclusions du Parti du Travail d'Albanie étaient parfaitement exactes et justes. La direction chinoise a laissé le champ libre au développement de l'économie capitaliste, elle a ouvert les portes à l'afflux des capitaux étrangers asservissants, elle s'est unie en une étroite alliance avec l'impérialisme américain et la réaction internationale la plus noire. La Chine s'est déclarée ouvertement une puissance impérialiste agressive qui prétend à l'hégémonie dans le monde. Elle est devenue un des principaux centres de la contre-révolution mondiale, et elle lutte par tous les moyens pour entraver la libération des peuples, étouffer la révolution. Le révisionnisme chinois s'affirme aujourd'hui comme un courant ouvertement réactionnaire, il a rompu tout lien non seulement avec les mouvements révolutionnaires et de libération, mais aussi avec tous les mouvements démocratiques et progressistes. En toute occasion, il se range aux côtés des forces les plus ténébreuses, les plus obscurantistes et fascistes dans le monde.

Le désordre, le désarroi, la confusion et les affrontements qu'a connus et que connaît la Chine sont la conséquence directe de la pensée-maotsétoung. La critique que les dirigeants chinois adressent aujourd'hui à Mao Tsétoung n'a rien à voir avec la critique marxiste que nous lui faisons. Elle ne porte pas sur le contenu de ses idées, que les actuels dirigeants chinois conservent et appliquent dans la pratique. Leur critique est l'expression de la lutte pour le pouvoir entre les divers groupes maoïstes rivaux. Ces groupes ne peuvent rejeter Mao Tsétoung, car tous trouvent dans ses idées un appui et une justification à leurs actions. Mais sans s'affranchir de la pensée-maotsétoung, le prolétariat et le peuple chinois ne pourront trouver la juste voie qui conduit au socialisme.

A l'avenir également, le Parti du Travail d'Albanie poursuivra de manière conséquente sa lutte de principes pour dénoncer totalement le révisionnisme chinois, pour tracer une ligne de démarcation claire et nette entre le marxisme-léninisme et les idées antimarxistes de Mao Tsétoung. Sans dénoncer et réfuter la pensée-maotsétoung, sans combattre et extirper toute trace de son influence dans le mouvement révolutionnaire, on ne peut songer sérieusement à combattre le révisionnisme chinois ni le révisionnisme moderne dans son ensemble, le mouvement marxiste-léniniste ne peut se consolider et se développer comme il se doit, ni la cause de la révolution être conduite en avant avec succès.

A mesure que s'aggravent les contradictions du capitalisme et de l'impérialisme et que s'approche la vague de la révolution, se découvre toujours plus le visage antimarxiste et contre-révolutionnaire de l'autre courant révisionniste, de l'eurocommunisme.

L'eurocommunisme est le produit de la dégénérescence des partis communistes qui se sont engagés dans la voie du révisionnisme, de la scission qui s'est produite dans le camp révisionniste, par suite de la prépondérance que le nationalisme bourgeois a acquise en son sein.

C'est l'idéologie de l'aristocratie ouvrière nourrie de quelques miettes des profits de la bourgeoisie. L'eurocommunisme, l'idéologie la plus pure du réformisme bourgeois, joue un rôle de «cinquième colonne» au sein du mouvement ouvrier.

Les eurocommunistes, qui étaient parmi les plus fervents adeptes de la campagne contre Staline, pour soi-disant revenir à Lénine, se sont maintenant unis ouvertement au chœur de la bourgeoisie et des sociaux-démocrates pour mettre en cause Lénine et le léninisme. Le terme même d'«eurocommunisme» est une expression qui implique un écart par rapport au marxisme-léninisme, la négation des lois générales de la révolution et de l'édification de la société socialiste. Les eurocommunistes ont exhumé et remis en circulation les vieilles théories opportunistes de Lassalle et de Bernstein, de Kautsky et de la IIe Internationale, qu'ils vantent comme étant le dernier mot du développement créateur du marxisme de nos jours. L'attaque frontale et ouverte, menée à partir de positions anticommunistes, contre les enseignements fondamentaux du marxisme-léninisme est l'aboutissement logique de tout le révisionnisme moderne, de tous ses courants.

Les thèses des eurocommunistes sur l'Etat capitaliste au-dessus des classes, sur la démocratie pour tous, sur la voie pacifique, parlementaire, démocratique vers le socialisme, sur les réformes de structure dans le cadre de la constitution bourgeoise, etc., ont pour seul but de saboter la révolution, de défendre et de perpétuer l'ordre capitaliste. Lorsque les révisionnistes italiens, français, espagnols parlent de «compromis historique», de «bloc historique des gauches», etc., ou lorsqu'ils s'efforcent d'entrer dans les gouvernements bourgeois, ils le font non pas pour arracher le pouvoir à la bourgeoisie, non pas pour liquider l'ordre capitaliste, mais pour le préserver de la révolution et pour assumer eux-mêmes la gestion des affaires de la bourgeoisie. Ils cherchent à se substituer dans ce rôle à la social-démocratie, désormais compromise et discréditée aux yeux des masses comme la servante déclarée de la bourgeoisie.

Alors qu'ils fardent le capitalisme, les eurocommunistes manifestent une hostilité ouverte contre le socialisme. Selon eux, il n'a pas existé à ce jour et il n'existe toujours pas de socialisme véritable. Pour eux, le «vrai socialisme» est celui qu'ils ont inventé eux-mêmes, ce qu'ils appellent «socialisme démocratique», «socialisme pluraliste», ou «troisième voie».

Le «socialisme», tel que l'imaginent les eurocommunistes, est un socialisme sans dictature du prolétariat, sans direction indivisible du parti communiste, sans théorie marxiste-léniniste. Dans ce socialisme, le pouvoir appartiendra à toutes les classes, divers partis accéderont à la direction selon les suffrages qu'ils auront recueillis aux élections, l'idéologie marxiste cohabitera avec toutes les autres idéologies bourgeoises, petites-bourgeoises et religieuses. Dans ce socialisme des eurocommunistes existeront diverses formes de l'économie, la propriété socialisée et l'initiative privée, les capitaux impérialistes et les sociétés multinationales.

Dans cette société donc, qualifiée de pluraliste, s'entrelaceront et coexisteront dans une paix et une harmonie parfaites diverses classes, diverses idéologies, divers types de propriété, des éléments socialistes et capitalistes dans l'économie et la politique, à la base et à la superstructure, dans toute la vie de la société. Mais une telle société hybride capitaliste-socialiste n'a jamais existé et elle ne peut jamais exister. Elle ne peut exister que dans l'imagination des eurocommunistes. Le socialisme et le capitalisme sont deux ordres sociaux qui s'excluent mutuellement. La société nouvelle prônée par les eurocommunistes n'est rien d'autre que la société capitaliste actuelle teintée de socialisme.

L'apparition de l'eurocommunisme a été vantée à grand bruit par la bourgeoisie, qui espérait voir son idéologie réformiste reléguer dans l'ombre l'idéologie révolutionnaire du marxisme-léninisme. Elle espérait que l'eurocommunisme connaîtrait une grande diffusion, qu'il deviendrait un drapeau sous lequel s'uniraient tous les révisionnistes, de l'Ouest et de l'Est. Mais l'échec a été complet. Au sein même de chaque parti eurocommuniste, les fractions et les divisions se sont accrues, et les divers partis ont engagé entre eux la lutte pour le leadership. Les querelles et les divisions avec les autres partis révisionnistes se sont encore accentuées. Le parti de Marchais a abandonné le camp eurocommuniste et il se rapproche toujours davantage des révisionnistes soviétiques. Le Parti communiste d'Espagne est divisé en diverses fractions, en communistes orthodoxes et hétérodoxes, en prosoviétiques et antisoviétiques. Quant au parti de Berlinguer, il traverse une grave crise idéologique et politique. Qui plus est, les partis eurocommunistes ont beaucoup perdu de l'influence qu'ils avaient parmi les masses, ce qui se constate aussi dans les défaites qu'ils ne cessent de subir dans les consultations électorales, qu'ils considèrent comme leur cheval de bataille.

Les idées du socialisme authentique ont été et demeurent une grande force d'inspiration, de mobilisation et d'organisation de la lutte révolutionnaire des masses.

Aujourd'hui point n'est besoin d'inventer de nouveaux «socialismes», ni de copier les prétendus socialismes des révisionnistes modernes, comme le soviétique, le yougoslave, le chinois et d'autres, qui n'ont de socialiste que le nom.

Quant à savoir ce qu'est le socialisme, ce qu'il représente et ce qu'il réalise, comment on accède à la société socialiste et on l'édifie, il y a longtemps que cette question est élucidée. Il existe une théorie et une pratique, du socialisme scientifique. Cette théorie nous est enseignée par Marx, Engels, Lénine et Staline. Quant à la pratique du socialisme, nous la trouvons dans la riche expérience de l'édification du socialisme en Union soviétique à l'époque de Lénine et de Staline, nous la retrouvons aujourd'hui en Albanie aussi, où la société nouvelle est édifiée selon les enseignements du marxisme-léninisme.

Assurément, le socialisme, comme l'a dit Lénine, prendra dans les divers pays des aspects différents et y aura des particularités découlant de leurs conditions mêmes socio-économiques, de la voie dans laquelle s'y développe la révolution, de leurs traditions, des circonstances internationales, etc. Mais les principes fondamentaux et les lois générales du socialisme restent inébranlables et ils sont inéluctables pour tous les pays.

Les marxistes-léninistes étudient attentivement les processus révolutionnaires dans leurs pays, ainsi que les conditions nationales et internationales dans lesquelles ces processus se développent. Ils ne sont dogmatiques ni dans la théorie ni dans la pratique. Pour eux, le marxisme-léninisme, en tant que conception matérialiste dialectique du monde, est une doctrine vivante, créatrice et en développement continu.

Les marxistes-léninistes ne sont ni conservateurs ni fanatiques, comme les en accusent les révisionnistes et les bourgeois. Au contraire, ce sont les éléments les plus progressistes, des combattants résolus contre tout élément suranné et régressif. Ils se maintiennent fermement sur les positions du nouveau et luttent de toutes leurs forces pour sa victoire. Ce sont les révisionnistes et tous les autres opportunistes qui sont des conservateurs et des réactionnaires, et qui, en tant que valets de la bourgeoisie, défendent une cause perdue, défendent un ordre ancien, d'oppression et d'exploitation. C'est précisément cette position réactionnaire qui a engagé le révisionnisme moderne dans une crise profonde.

Affranchir la conscience du prolétariat et des peuples des influences entravantes du révisionnisme, propager le marxisme-léninisme, qui indique la seule voie juste de la lutte et de la victoire, est aujourd'hui un devoir primordial pour promouvoir le processus révolutionnaire dans chaque paye et à l'échelle mondiale.

Cette tâche est rendue encore plus actuelle par la révolte et les mouvements de masse toujours croissants, par le réveil de la conscience de classe et nationale des peuples, par les grands bouleversements économiques et sociaux auxquels le monde est confronté.

Tous les ennemis s'efforcent de détourner les masses de la révolution. La bourgeoisie, la social-démocratie, les révisionnistes modernes et les opportunistes de toutes les couleurs n'épargnent pas leurs efforts pour tromper la classe ouvrière et les masses, semer la confusion idéologique et la division, répandre le pessimisme et le fatalisme, susciter chez le peuple la méfiance envers la révolution et le socialisme, et engendrer la psychose selon laquelle le capitalisme et l'impérialisme ne peuvent être brisés et vaincus. Le seul problème pour ces ennemis consiste à faire en sorte que le capitalisme prenne un «visage plus humain», par quoi ils entendent que les grands capitalistes pourront continuer de dominer, mais en laissant quelques miettes au petit peuple. A ce chœur viennent se joindre les idéologues bourgeois, les apologistes de l'impérialisme soviétique, les tenants de la théorie des «trois mondes», du «non-alignement», du dialogue Nord-Sud, le pape et les bonzes des syndicats.

La classe ouvrière européenne est l'objet d'une, puissante pression. La prédominance du réformisme a entravé la croissance du mouvement ouvrier en Europe, l'empêchant de devenir un véritable mouvement révolutionnaire. Il n'a pas pris pleinement conscience du fait que pour transformer sa condition il lui faut détruire le système capitaliste et, instaurer la société socialiste.

Mais le prolétariat européen ne peut continuer d'obéir indéfiniment aux chefs de file syndicalistes, et aux partis sociaux-démocrates et révisionnistes, qui ressassent que le développement des structures bourgeoises existantes, de la voie parlementaire et des réformes, eu encore l'«Europe unie», permettront d'assurer un avenir meilleur aux masses travailleuses. L'oppression, la violence, l'exploitation sauvage, le chômage, la drogue, la dégénérescence, l'inflation, qui sévissent dans les pays d'Europe, ne peuvent freiner la révolte des forces saines, des peuples européens contre le pouvoir du capital. L'«Europe unie» n'est qu'une solution éphémère, une création de la politique réactionnaire capitaliste, qui, tôt ou tard, se heurtera à des difficultés multiples de divers ordres. Aussi viendra l'heure où la révolte de la classe ouvrière d'Europe atteindra un degré tel qu'elle exigera absolument une solution révolutionnaire.

Dans ces conditions, il est de première importance que les communistes et non-communistes, les hommes progressistes et toutes les masses du peuple comprennent bien que leur véritable ennemi est le capitalisme, et qu'il doit et peut être renversé par la lutte révolutionnaire. Ainsi se dissipera tout pessimisme, et le courage et la confiance dans la victoire grandiront. La science de Marx et Lénine accroît encore cette confiance du prolétariat et des masses et la rend inébranlable.

Le parti et le prolétariat qui se préparent pour la révolution et la prise du pouvoir, s'efforcent de bien analyser et maîtriser les situations, de définir scientifiquement le caractère et les étapes de la révolution dans chaque cas concret et, sur cette base, d'élaborer la stratégie et les tactiques appropriées. Ils étudient avec la plus grande attention les divers courants révolutionnaires populaires qui se heurtent au capitalisme et à ses partis, ils jugent leurs orientations, le rapport des forces dans la situation concrète et, à partir de là, définissent et appliquent les différentes tactiques efficaces qu'il convient d'employer pour conduire les masses populaires dans la voie juste et victorieuse, pour faire affluer des milliers de ruisseaux dans le grand fleuve de la révolution, où se noiera la bourgeoisie capitaliste.

Le parti et le prolétariat ne vont pas seuls à la révolution. La société bourgeoise comprend aussi d'autres couches opprimées qui abhorrent l'ordre capitaliste, des forces progressistes dans la paysannerie, dans la jeunesse, d'autres éléments démocrates et épris de liberté qui ne supportent pas l'exploitation. Les communistes rapprochent d'eux toutes ces forces et tous ces éléments, ils nouent avec eux des alliances sur diverses questions et pour des objectifs déterminés. Les marxistes-léninistes ne sont ni sectaires ni libéraux, ce sont des révolutionnaires inflexibles sur les principes, mais souples quant aux tactiques. Les fronts que les partis marxistes-léninistes forment avec les autres forces progressistes dans les pays capitalistes contre la bourgeoisie, contre le fascisme et l'impérialisme, s'inscrivent dans la stratégie de la révolution. Dans chaque alliance et dans chaque front, le parti garde sa personnalité, même quand, pour des raisons objectives, il ne dirige pas lui-même cette alliance ou ce front.

Le problème clé dans les pays capitalistes a été et demeure l'unité du prolétariat. La bourgeoisie s'efforce de serrer le prolétariat dans un étau de fer, de l'empêcher d'avancer dans la voie que l'histoire lui a tracée pour le renversement des exploiteurs, pour le renversement du pouvoir du capital. Un de ces étaux est constitué par les syndicats qui, dans la plupart des cas, sont soumis à la bourgeoisie. Les communistes non seulement travaillent à pénétrer et à pousser de solides racines dans la classe ouvrière, mais ils luttent aussi pour réaliser son unité. Aujourd'hui, alors que la crise a jeté sur le pavé des dizaines de millions d'ouvriers et que des millions d'autres se dressent dans des grèves et des manifestations pour leurs revendications économiques et politiques, il est plus facile d'organiser et d'unir les travailleurs dans la lutte contre le capital.

L'unité de la classe ouvrière se réalise à travers la lutte et des actions révolutionnaires concrètes pour la satisfaction des revendications économiques et politiques du prolétariat. A cette fin, les marxistes-léninistes œuvrent à amener les syndicats existants à se soustraire à la domination des agents de la bourgeoisie, des révisionnistes et des sociaux-démocrates, et à se faire des instruments de la lutte contre l'ordre exploiteur. Parallèlement, selon les conditions et les besoins, ils créent aussi de nouveaux syndicats révolutionnaires.

La jeunesse est également une force puissante, qui aspiré et œuvre à la transformation de la société injuste capitaliste, c'est une force qui aime le nouveau et le progrès. Seuls le marxisme-léninisme et la révolution lui ouvrent cette voie, seuls ils peuvent sauver les masses de la jeunesse de la dégénérescence politique et sociale où les conduit la bourgeoisie, leur découvrir la perspective d'une vie nouvelle, pure et heureuse, où peuvent éclore et s'épanouir pleinement leurs énergies inépuisables au service de la société et du progrès. Le mouvement de la jeunesse ne se fortifie et ne peut atteindre ses objectifs que lorsqu'il se fond dans le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière.

Le processus révolutionnaire actuel a rendu encore plus aigu le problème de l'attitude à l'égard de l'armée bourgeoise, qu'il faut considérer non point comme une force qui fera la révolution, mais comme une force à désagréger et à désintégrer, afin qu'elle soit incapable de s'opposer à la révolution. Les communistes travaillent à ce que lorsque se déclenchera la révolution, les masses de soldats, qui sont des fils du peuple, refusent d'obéir à la caste des officiers, tournent leurs armes contre les forces réactionnaires au pouvoir et s'unissent aux insurgés, comme elles l'ont fait en Iran.

La révolution est le premier devoir de la classe ouvrière. Mais la révolution se prépare dans la lutte pour la solution des problèmes politiques, économiques, sociaux, culturels qui préoccupent chaque jour les masses travailleuses. Ce sont ces actions, ces batailles quotidiennes qui élèvent le niveau de conscience de la classe ouvrière, qui renforcent son organisation et son union, qui la préparent et la conduisent à la révolution. C'est dans ces batailles que le parti se lie aux masses et en prend la tête. Les véritables partis de la classe ouvrière sont des partis d'es actions révolutionnaires.

Afin d'intimider les masses et de préparer l'avènement du fascisme, le grand capital encourage aussi le terrorisme, qui a pris, dans plusieurs pays, d'inquiétantes proportions. A travers le terrorisme, la bourgeoisie cherche aussi à flétrir le véritable mouvement révolutionnaire, à fourvoyer divers éléments qui se révoltent contre l'oppression qu'elle exerce. A dessein, elle identifie la lutte révolutionnaire avec le terrorisme, afin de faire croire aux masses que les communistes aussi, les patriotes et les révolutionnaires qui luttent contre l'oppression nationale et sociale, sont des terroristes et des anarchistes, qui pratiquent l'assassinat et le pillage. Les véritables révolutionnaires sont, dans la théorie et la pratique, contre le terrorisme et l'anarchisme.

La classe ouvrière et les masses travailleuses dans les pays capitalistes sont confrontées toujours plus au problème national, devenu actuellement fort aigu. La social-démocratie et les révisionnistes nient l'existence d'un tel problème dans les pays capitalistes développés, comme ceux d'Europe occidentale, le Japon, le Canada, etc. Ils se refusent à voir que, par suite de l'offensive des sociétés multinationales, patronnées par l'impérialisme américain, l'élargissement des compétences supranationales des blocs militaires et des organismes économiques internationaux, l'extension des bases et l'installation des armes américaines sûr leurs territoires, limitent toujours plus leur souveraineté nationale, restreignent l'action politique indépendante de leurs pays, les convertissent graduellement en Etats vassaux.

C'est à la classe ouvrière qu'il appartient d'assumer la défense de la souveraineté et de l'indépendance nationale, que la bourgeoisie et le courant social-démocrate et révisionniste ont abandonnée. Le prolétariat des pays d'Europe et celui des autres pays ne doit pas se laisser tromper par la propagande des Etats-Unis, de l'Union soviétique ou de la Chine, lorsque chacun d'eux agite pour son compte l'épouvantail du danger que la superpuissance rivale fait courir à leur liberté et à leur indépendance nationale. Cette propagande tend à leur ravir cette liberté et cette indépendance et à établir la domination impérialiste de telle ou telle superpuissance.

Les facteurs de classe et nationaux constituent aussi un grand problème dans les pays où les révisionnistes sont au pouvoir. En particulier, on ne peut, dans ces pays, atteindre la libération sociale sans secouer le joug du social-impérialisme soviétique, qui y a établi son entière domination économique, politique et militaire.

L'impérialisme américain et les autres puissances capitalistes occidentales font semblant de soutenir le mouvement ouvrier et national dans ces pays, ils feignent d'y appuyer les aspirations libératrices des peuples. C'est de la démagogie et un simulacre néfaste qui vise à tromper les prolétaires et les masses travailleuses. La bourgeoisie impérialiste cherche seulement à détacher ces pays de la zone d'influence du social-impérialisme soviétique et à les intégrer dans sa sphère de domination.

La question de la révolution prolétarienne est indissolublement liée au développement du mouvement de libération des peuples. Les luttes de libération nationale actuelles ont pour trait important que l'éveil politique pour la conquête et la défense de la liberté et de la pleine indépendance nationale s'accompagne d'un éveil social. Les mouvements actuels des peuples opprimés sont dirigés toujours plus non seulement contre l'impérialisme étranger, mais aussi contre ses officines à l'intérieur de chaque pays. Le fait est que les peuples des pays opprimés, en dépit de leur retard économique et social, font preuve d'une grande vitalité et apportent une contribution importante à la révolution démocratique anti-impérialiste, qui fraye la voie à la révolution prolétarienne.

Les insurrections populaires d'«inspiration islamique», comme la bourgeoisie et les révisionnistes aiment à définir ces mouvements pour en nier le caractère anti-impérialiste et révolutionnaire, méritent une attention particulière. C'est un fait que, dans les pays musulmans, il y a des mouvements insurrectionnels, mais les interprétations qu'en donnent la bourgeoisie et les révisionnistes sont malveillantes et dénigrantes. Elles cachent des visées d'asservissement à l'égard des peuples de ces pays.

Nous, marxistes-léninistes, continuons d'affirmer que la religion est l'opium des peuples. En aucun cas, nous ne modifierons notre point de vue sur cette question. Et la religion musulmane, dans son contenu, ne diffère pas des autres.

Les larges masses des peuples musulmans dans les divers pays se sont dressées et se dressent dans la lutte non pas pour la question religieuse, mais pour la libération nationale et sociale. La croyance religieuse a un poids relatif et ne prime pas la politique. Les gens de ces pays croient à l'islamisme et le respectent, mais lorsqu'il est porté atteinte aux intérêts vitaux du peuple, à la liberté et à l'indépendance du pays, ils se soulèvent pour combattre l'agresseur, même si c'est un coreligionnaire. Ce n'est pas l'inspiration religieuse qui provoque les révoltes et le réveil révolutionnaire des peuples, mais les conditions politiques et sociales, l'oppression et le pillage impérialistes, la pauvreté et les souffrances qui pèsent sur eux.

Les Arabes et les autres peuples musulmans sont des combattants valeureux et dotés d'une antique culture. Par leurs révoltes et leurs luttes anti-impérialistes, anticolonialistes et antiféodales, ils montrent qu'ils sont attachés au progrès et à la liberté. S'ils ne l'étaient pas, ils ne se dresseraient pas dans la lutte pour la liberté et l'indépendance nationale, contre la double oppression, intérieure et extérieure.

Dans les régions habitées par les peuples musulmans, les impérialistes et les social-impérialistes se trouvent dans une situation difficile. Et leurs fantoches tout autant. Les faits dans ces régions témoignent d'une situation révolutionnaire, d'un grand mouvement social de ces peuples, indépendamment de ce qu'au premier abord ces mouvements ont un caractère religieux et qu'ils sont suivis à la fois par des croyants et des incroyants. Aujourd'hui dans maints pays existent ou sont en train de se créer des situations révolutionnaires, mais la révolution socialiste ne se pose pas partout comme une tâche immédiate. D'autres mouvements de caractère démocratique, anti-impérialiste et de libération se développent aussi dans le monde. Ils s'intègrent tous dans le processus révolutionnaire mondial, ce sont des guerres justes qui affaiblissent le front impérialiste et contribuent à accélérer les processus révolutionnaires, qui frappent et font pourrir encore plus le système capitaliste. Aussi comme nous l'enseigne Lénine, la classe ouvrière, la classe la plus progressive, et son parti communiste doivent appuyer et soutenir activement ces luttes et en assumer la conduite. Même si, au début, cette classe et son parti n'ont pas affirmé leurs positions dirigeantes, ils n'en doivent pas moins se tenir à la pointe de la lutte et des sacrifices, car ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront prendre la tête du mouvement et réaliser ses objectifs, ce n'est qu'ainsi que pourra être frayée la voie à la croissance de la révolution démocratique, populaire, anti-impérialiste et à sa conversion en révolution socialiste.

Dans leur lutte pour la libération nationale et sociale, la classe ouvrière et les masses travailleuses se heurtent chaque jour à la violence sauvage de l'impérialisme, de la bourgeoisie et des forces de la réaction. Dans ces conditions, elles sont contraintes de répondre à la violence réactionnaire par la violence révolutionnaire, dont les formes, varient nécessairement selon les conditions de chaque pays et l'évolution des situations. Dans certains pays, cette violence a pris ou peut prendre la forme de l'insurrection armée. Les marxistes-léninistes considèrent cette question avec un très grand sérieux. Ils luttent tant contre les attitudes nihilistes que contre l'aventurisme petit-bourgeois, ils démasquent et rejettent tant les thèses maoïstes sur «l'encerclement des villes à partir des campagnes», etc., que les théories pseudo-marxistes qui nient le rôle décisif des masses populaires dans la lutte et le rôle dirigeant des partis marxistes-léninistes.

Les temps que nous vivons sont pour nos partis marxistes-léninistes des temps révolutionnaires. Les jeunes partis marxistes-léninistes grandissent et se trempent dans le monde entier, leur rôle et leur action croissent constamment, leurs liens avec la classe ouvrière et les masses ainsi que leur influence parmi elles se raffermissent. Dans nombre de pays et diverses régions du monde, de nouveaux partis ont vu le jour. Toutes les conditions sont réunies pour qu'il s'en crée aussi là où n'existent pas encore de véritables partis révolutionnaires de la classe ouvrière. C'est un devoir militant impérieux des éléments révolutionnaires les plus conscients du prolétariat.

La situation objective favorable ne relègue nullement dans l'ombre les problèmes aigus et les tâches considérables auxquels les marxistes-léninistes sont confrontés. En fait, nos forces sont en croissance continue et les situations évoluent en faveur de la révolution, mais la réaction aussi agit. La bourgeoisie, la social-démocratie et les divers révisionnistes, en dépit de leurs contradictions profondes et irréconciliables, s'unissent et agissent de concert en une chose : dans la lutte contre le marxisme-léninisme et la révolution. Ils s'efforcent de semer la méfiance et la crainte parmi les masses du peuple pour les détourner de la révolution et du socialisme, de porter atteinte et de nuire aux partis marxistes-léninistes dans des pays particuliers et au mouvement communiste révolutionnaire dans son ensemble.

Auparavant, lorsque la pensée-maotsétoung exerçait son influence dans nombre de partis, les impérialistes et les social-impérialistes étaient plus tranquilles, car ils savaient que ce courant révisionniste menait son action de sape dans le mouvement marxiste-léniniste. Maintenant que ce courant a été démasqué, les ennemis cherchent à semer la confusion en répandant toutes sortes de théories pseudo-marxistes, à diviser et à affaiblir les partis en y suscitant une lutte de fractions, à manipuler sous diverses formes, et à entraîner sur des positions révisionnistes des éléments hésitants et insuffisamment formés.

Or les partis marxistes-léninistes sont désormais forts d'une riche expérience dans la lutte contre les divers courants antimarxistes et mieux armés contre la tactique utilisée par la bourgeoisie et les révisionnistes. Cette expérience les aide à poursuivre avec succès la lutte contre les ennemis, à accroître leur vigilance, à élever constamment le niveau idéologique et politique de leurs membres, à les armer de la théorie marxiste-léniniste. La lutte révolutionnaire a appris aux partis marxistes-léninistes à renforcer leurs liens avec les masses, à s'introduire dans les diverses couches sociales et à les organiser, à exploiter et à combiner correctement le travail légal et le travail clandestin, en combattant aussi bien les manifestations de légalisme et de libéralisme bourgeois, que celles de sectarisme étroit et de travail en vase clos.

Face à l'activité coordonnée des impérialistes et des révisionnistes contre le marxisme-léninisme, et alors que le prolétariat et les peuples poursuivent leur lutte révolutionnaire, le renforcement ultérieur de l'unité du mouvement marxiste-léniniste est une nécessité impérieuse.

La force du mouvement communiste marxiste-léniniste international réside dans la justesse des idées pour lesquelles il combat et dans son unité. Les partis marxistes-léninistes sont guidés dans leur lutte par les enseignements de nos grands classiques, ils mettent à profit le riche héritage multiforme du Komintern, ils s'appuient sur l'expérience de leur lutte contre la trahison révisionniste, ils tiennent compte de l'expérience négative des partis qui ont dégénéré vers le révisionnisme. Tous ces enseignements et cette expérience constituent un précieux trésor idéologique, politique, organisationnel, théorique et pratique, pour tremper et renforcer les partis et le mouvement marxistes-léninistes à tous égards.

Les rencontres et les entretiens entre partis frères constituent une précieuse contribution au renforcement de l'unité du mouvement marxiste-léniniste. Ainsi procède-t-on à un échange d'expérience très fructueux, qui aboutit à des évaluations communes des situations et à une unité de pensée et d'action. L'expérience d'un seul parti ne peut suppléer à l'expérience de nombreux partis, au contraire, ce sont les expériences de tous les partis marxistes-léninistes qui rendent le mouvement invincible.

Le Parti du Travail d'Albanie, fidèle aux principes de l'internationalisme prolétarien, s'est efforcé et s'efforcera toujours d'apporter sa contribution au renforcement de l'unité du mouvement marxiste-léniniste et de la collaboration entre partis frères.

Notre Parti du Travail tient à honneur, dans la grande lutte historique pour la cause du marxisme-léninisme, de la révolution et du socialisme, de se ranger aux côtés des autres partis marxistes-léninistes, qui sont au même titre des détachements du mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière. Les communistes albanais et notre peuple tout entier apprécient infiniment la solidarité, l'amour et la confiance que les partis marxistes-léninistes frères, le prolétariat et les peuples révolutionnaires et épris de liberté, témoignent au Parti du Travail et à l'Albanie socialiste. C'est là pour nous un puissant soutien et un grand encouragement. En toute circonstance et dans toutes les situations, notre Parti et notre peuple lutteront pour s'acquitter dignement de leurs tâches nationales et internationales, pour construire avec succès le socialisme en Albanie et pour défendre avec feu la cause révolutionnaire des prolétaires et des peuples.

Chers camarades,

Les succès obtenus par notre peuple sous la conduite du Parti sont considérables, les batailles gagnées sont d'une immense portée. Ces succès attestent les forces inépuisables que renferme notre peuple, son optimisme et sa résolution à se lancer dans de nouvelles batailles pour rendre sa vie plus heureuse, pour rehausser encore le renom de sa Patrie socialiste, pour renforcer sa liberté, son indépendance et le pouvoir populaire qui est né dans le feu de la révolution.

C'est cette réalité magnifique, l'unité indestructible du peuple avec le Parti, la maturité, le courage et la détermination des communistes qui apportent à notre peuple et à notre Parti la certitude et la garantie que les objectifs que fixera ce Congrès seront atteints et dépassés.

L'enthousiasme suscité par le projet de directives du 7e plan quinquennal, la mobilisation des masses travailleuses pour la réalisation des tâches prévues pour l'année en cours et les résultats encourageants obtenus, et surtout le soutien unanime, résolu et ardent que les gens de chez nous apportent à la politique intérieure et extérieure du Parti, montrent que tout le pays est prêt et mobilisé à avancer avec confiance et résolution dans la voie où le conduit le Parti, vers de nouvelles victoires.

Faisons, chers camarades, de cet élan révolutionnaire, de cet amour sans bornes pour notre glorieux Parti, de cette confiance inébranlable dans l'avenir, une grande force motrice pour réaliser les tâches qui nous incombent dans tous les domaines, pour surmonter toutes les difficultés qui surgiront sur notre chemin, pour renforcer et consolider encore nos victoires, les bases indestructibles du socialisme en Albanie.

Vive le VIIIe Congrès du Parti !

Vive l'héroïque peuple albanais, talentueux et travailleur !

Vive le Parti du Travail d'Albanie, guide avisé, valeureux et sûr, organisateur de toutes nos victoires dans la voie radieuse de la construction socialiste !

Gloire au marxisme-léninisme !