français

ENVER HOXHA

RAPPORT D'ACTIVITE DU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D'ALBANIE

Présenté au

VIIIe Congrès du PTA

le 1er novembre 1981

Editions «8 NËNTORI» TIRANA, 1981

Notre Parti et notre peuple tout entier se présentent à ce Congrès avec un riche bilan de succès et de victoires. L'Albanie socialiste s'est hissée à un stade supérieur de son développement économique et culturel, elle a accompli un nouveau pas en avant dans l'élévation du bien-être des masses et le renforcement de la défense de la Patrie.

Les cinq années écoulées depuis le VIIe Congrès sont une période de lutte héroïque menée par nos masses travailleuses sur tous les fronts pour promouvoir l'édification socialiste, pour assurer toujours mieux la prospérité et l'épanouissement de notre vie nouvelle. Sous la direction du Parti et avec une confiance inébranlable dans sa juste ligne, la classe ouvrière, la paysannerie coopérée, la jeunesse et l'intelligentsia, n'ont pas ménagé leurs forces physiques et intellectuelles pour affronter et surmonter avec succès les difficultés de croissance socialiste ainsi que celles que nous ont suscitées nos ennemis extérieurs.

De même qu'à ses précédents congrès, notre Parti se présente à celui-ci la tête haute et dignement, car il s'est acquitté avec succès des grandes tâches qu'il avait assumées et a pleinement justifié la confiance inébranlable que le peuple a en lui. Notre peuple peut s'estimer satisfait de son labeur et de sa peine. Il a accompli un travail créateur et fécond qui lui a apporté de nouvelles joies et de nouveaux progrès, qui l'a rendu plus optimiste et plus heureux.

Au cours du 6e quinquennat également, l'industrialisation du pays a progressé sans arrêt. La mise en valeur de nos richesses minières et des autres matières premières du pays a atteint un degré supérieur. Avec la construction de nouvelles unités industrielles comme le complexe métallurgique «L'Acier du Parti», les usines de ferrochrome, de pyrométallurgie et de traitement approfondi du pétrole, une partie considérable de ces richesses et matières premières est traitée et transformée dans le pays, créant ainsi une base solide et sûre pour le développement de notre économie dans son ensemble. C'est là un grand succès de la juste ligne du Parti, au même titre que l'installation de la puissante base énergétique, qui s'est encore élargie avec la complète mise en service des turbines de la centrale hydro-électrique «La Lumière du Parti».

Notre agriculture a enregistré encore de grands succès dans tous les secteurs. L'orientation donnée par le Parti pour faire de notre agriculture une agriculture socialiste de grande production moderne, assise sur une base technique toujours plus puissante et fondée sur les plus récentes connaissances agrotechniques, s'est avérée dans la pratique une orientation juste et parfaitement réalisable. L'augmentation d'année en année, des productions végétales et animales, la satisfaction toujours meilleure des besoins de la population et de l'industrie en ces produits, en témoignent parfaitement.

Des progrès sensibles ont été enregistrés dans la culture et l'enseignement. Notre culture a enrichi et approfondi davantage son contenu socialiste, sa physionomie nationale et son esprit populaire. La culture et toutes ses valeurs pénètrent davantage parmi les masses. Notre culture nouvelle a le mérite d'avoir su faire face aux diverses pressions et influences de la culture bourgeoise et révisionniste en conservant son originalité et ses traits socialistes. L'enseignement populaire a progressé en mettant en œuvre les directives du Parti en vue d'assurer une vaste scolarisation de la génération montante et de doter le pays de spécialistes du niveau requis par son développement actuel et futur.

Alors que le monde capitaliste et révisionniste connaît une grave période de crises marquée par de multiples secousses politiques, par la stagnation et la récession, par la baisse du niveau de vie et la décadence des valeurs morales, chez nous par contre existe une parfaite stabilité économique et politique, la société est saine, les gens sont sûrs de leur présent et de leur avenir. Au cours du dernier quinquennat, un important contingent de jeunes formés et instruits par notre Parti et notre pouvoir populaire ont accédé pour la première fois à la vie active, grossissant et renforçant encore la grande armée des travailleurs de la ville et de la campagne. Cela est d'autant plus significatif qu'actuellement dans le monde, non seulement la jeune génération ne se voit pas assurer un travail, mais bien des gens de la génération plus ancienne sont jetés sur le pavé.

Notre pouvoir populaire s'est consolidé et démocratisé sans cesse. La participation des masses au gouvernement du pays est devenue plus active et a été portée à un plus haut niveau. Notre démocratie socialiste s'est élargie, de meilleures conditions ont été créées aux gens pour leur permettre de jouir aussi pleinement que possible des droits qui leur sont garantis, et de mieux accomplir leurs devoirs envers la société.

La situation intérieure n'a jamais été aussi saine qu'aujourd'hui. La cohésion et l'unité du peuple, l'alliance de la classe ouvrière avec la paysannerie coopérée, la collaboration et la solidarité entre les diverses couches de notre société, se sont raffermies et consolidées. Les liens du Parti avec le peuple sont devenus d'une solidité d'acier, leur confiance mutuelle s'est trempée encore davantage.

La détermination, l'élan et l'héroïsme dont fait preuve notre peuple dans sa lutte pour réaliser les tâches fixées par le Parti, franchir les divers obstacles dressés sur notre chemin et tenir tête victorieusement au blocus et à l'encerclement impérialistes-révisionnistes, sont une brillante expression de cette grande unité.

Grâce à la juste ligne et à la sollicitude particulière du Parti, l'Albanie socialiste possède aujourd'hui une défense sûre et invincible. Notre peuple et notre armée maintiennent toujours leur vigilance tendue, ils sont intrépides et prêts à défendre la liberté et l'indépendance de la Patrie, les victoires du socialisme.

Notre pays est honoré et respecté par les peuples et les Etats progressistes et pacifiques partout dans le monde. Sa position internationale est solide. Le nombre de ses amis et sympathisants ne cesse de croître de jour en jour. La ferme lutte de principes contre l'impérialisme et le révisionnisme moderne, menée par le Parti du Travail et la République populaire socialiste d'Albanie, leur a valu la sympathie et l'amour accrus des marxistes-léninistes, des révolutionnaires, des hommes honnêtes et démocrates.

Notre Parti et notre peuple ont surmonté avec succès la rude épreuve que fut pour eux la rupture brusque et brutale par la Chine des relations économiques avec notre pays. Les révisionnistes chinois ont cru que leur acte hostile déréglerait notre économie et en entraverait longtemps le développement, que l'Albanie serait donc obligée de faire des concessions politiques et idéologiques, de tendre la main aux étrangers et de solliciter un appui et une aide de l'extérieur. Mais eux-mêmes et, à leur suite, la réaction internationale, qui avait espéré que l'Albanie serait contrainte de changer de voie, ont vu échouer tous leurs plans. Notre peuple a surmonté les difficultés créées avec une grande maturité politique et un esprit patriotique élevé, grâce à une nouvelle mobilisation de ses énergies et avec la profonde conviction de remporter la victoire dans son combat.

Notre Parti se présente à son VIIIe Congrès, trempé dans de nouvelles batailles et pourvu d'une plus riche expérience. Il y vient comme une grande armée éduquée selon l'idéologie prolétarienne marxiste-léniniste, fort d'une puissante unité intérieure et étroitement lié au peuple, avec des capacités d'organisation, de mobilisation et de direction accrues, prêt, comme toujours, à assumer de nouvelles et plus grandes tâches et à les accomplir avec bonheur comme il l'a toujours fait.

La tenue de ce Congrès coïncide avec un glorieux anniversaire, celui de la fondation de notre héroïque Parti du Travail. Il y a quarante ans, notre peuple confia aux communistes albanais ses destinées, la vie et l'avenir de la Patrie. Notre Parti a justifié cette confiance par son œuvre glorieuse, par le triomphe de la révolution et la création de l'Albanie nouvelle, socialiste. Exalté par la confiance que le peuple avait en lui, conscient de la responsabilité historique et de la haute mission qu'il assumait, il a conduit le peuple albanais avec sagacité et d'une main sûre de bataille en bataille, de victoire en victoire.

Les succès grandioses obtenus en ces années de vie libre, sous la direction du Parti, ont montré qu'il n'y a pas de force au monde qui puisse ébranler et ternir l'image du socialisme en Albanie, la liberté et l'indépendance de notre Patrie, nos perspectives radieuses. L'application conséquente du principe marxiste-léniniste de l'appui sur ses propres forces, la politique de mise sur pied d'une industrie moderne fondée sur l'utilisation des matières premières du pays et d'une agriculture garantissant par ses propres produits l'approvisionnement du peuple, la formation d'un nombre suffisant de cadres techniques et scientifiques capables de travailler et de diriger dans chaque secteur, ont été autant d'orientations salutaires à tous égards. C'est cette politique sage et clairvoyante du Parti qui a créé la base solide sur laquelle s'appuie notre développement économique et culturel incessant et qui garantit notre voie socialiste.

L'indépendance économique du pays acquise, au même titre que son indépendance politique, la défense du pays assurée par notre peuple lui-même, nos masses travailleuses éduquées et armées de l'idéologie marxiste-léniniste, sont les piliers puissants et inébranlables sur lesquels s'appuie notre citadelle socialiste, les traits essentiels qui caractérisent un Etat véritablement socialiste. Ces succès, dans leur ensemble, constituent aussi l'expérience historique du socialisme en Albanie. L'expérience de l'Albanie montre qu'un petit pays, même doté d'une base matérielle et technique retardataire, peu connaître un essor économique et culturel très rapide et général, assurer son indépendance et tenir tête aux attaques du capitalisme et de l'impérialisme mondial, s'il est conduit par un véritable parti marxiste-léniniste, s'il est décidé à lutter jusqu'au bout pour ses idéaux et confiant qu'il les réalisera.

A l'avenir également, le Parti du Travail d'Albanie avancera résolument et sans défaillance dans la voie radieuse qu'il a suivie pendant ses quarante années d'existence. Lié comme la chair à l'os au peuple qu'il conduit, et de concert avec lui, il luttera avec dévouement et sans reculer devant aucun sacrifice pour assurer aux gens de chez nous, à notre Patrie socialiste, de nouveaux progrès et de nouvelles victoires.



I

LE DEVELOPPEMENT DE L'ECONOMIE ET LES TACHES DU PARTI

Notre économie socialiste entame ce nouveau quinquennat de son développement, dans une situation de stabilité, pleine de dynamisme et de grandes possibilités pour accroître et élargir encore la production sociale, pour élever son efficience sous tous les aspects.

Les principaux objectifs du 6e plan quinquennal ont été dans l'ensemble réalisés avec succès. Cela a permis de renforcer encore davantage la base matérielle et technique du pays, d'accroître les sources de matières premières et d'énergie, d'assurer de meilleures conditions en vue d'un développement harmonieux, impétueux et ininterrompu de l'économie. Au cours du dernier quinquennat, les forces productives ont poursuivi leur développement accéléré, le développement de l'économie dans le sens de son intensification s'est encore accentué et la révolution technique et scientifique a connu de nouveaux et importants progrès. L'industrie, l'agriculture et les autres branches de l'économie ont encore avancé.

En 1980, la production sociale s’était accrue de près de 25 pour cent et la production industrielle de plus de 34 pour cent par rapport à 1975, soit à un rythme 2 à 3 fois plus rapide que la population.

Grâce à l'application conséquente de la politique économique du Parti, des améliorations sensibles ont été apportées à la structure de la production industrielle et le poids spécifique des moyens de production s'est accru dans le total de la production» L'industrie a mieux satisfait les besoins de la population et son rôle a grandi dans le développement général de l'économie et dans la défense du pays.

Par rapport au 5e plan quinquennal, la production agricole s'est accrue de plus de 21 pour cent. L'agriculture a satisfait les besoins du pays en céréales panifiables, en produits alimentaires et en matières premières les plus indispensables, et elle a accru le volume des produits agricoles destinés à l'exportation.

Afin de réaliser les tâches du 6e plan quinquennal, notre Parti et notre Etat ont mieux mis en valeur les ressources et les possibilités intérieures du pays. Le développement de l'économie et de la culture a été financé de façon ininterrompue, quelque 300 ouvrages importants ont été construits et mis en service et les exportations ont augmenté de 51 pour cent.

La capacité économique croissante et la mise en œuvre d'une série de mesures de caractère économique et social ont garanti le niveau de bien-être déjà acquis de la population et ont conduit à son amélioration ultérieure. Les revenus réels par tête d'habitant se sont accrus tant à da ville qu'à la campagne. La circulation des marchandises de détail a augmenté d'environ 20 pour cent. Les conditions de logement de la population ont été améliorées et des mesures ont été prises en vue de l'extension des services sociaux. Près de 20 000 personnes sont sorties de nos établissements d'enseignement supérieur, plus de 113 000 ont terminé leurs études secondaires, soit une augmentation de 57 pour cent par rapport au 5e quinquennat.

Ces réalisations dans le développement général, économique et social du pays prennent une signification particulière en regard de ce qui se produit dans le monde capitaliste-révisionniste, où la crise économique, avec ses lourdes conséquences pour les masses travailleuses et pour la vie du pays, a provoqué la stagnation et la récession. Ces réalisations marquent une grande victoire pour notre Parti et notre peuple.

Du haut de la tribune de ce Congrès, au nom du Parti et du peuple, je salue et félicite les ouvriers, les spécialistes et les cadres de la construction et de l'industrie qui, dans les difficiles circonstances que nous ont créées les révisionnistes chinois, répondant à l'appel du Parti et, assumant eux-mêmes le travail à accomplir, ont réussi à construire et à mettre en exploitation les grands ouvrages du 6e quinquennat, renforçant ainsi notre Patrie socialiste.

En dépit des succès enregistrés, nous n'en sommes pas moins conscients de l'inexécution de certaines tâches du plan quinquennal, notamment dans les investissements et les constructions, dans la production agricole, et en ce qui concerne aussi certains produits industriels et la productivité du travail. Le Parti, les organes de l'Etat et les collectifs de travailleurs ont analysé attentivement ces déficiences et en ont tiré des leçons pour éliminer les faiblesses et les défauts dans le travail d'organisation et de direction dans l'économie.

Les grandes réalisations d'importance historique accomplies jusqu'à ce jour dans tous les domaines ainsi que la riche expérience acquise dans le travail et la lutte de notre Parti et de notre peuple pour la construction et la défense du socialisme, constituent un puissant appui politique, économique et social pour la poursuite, avec assurance et hardiesse, de notre marche en avant.

Le Comité central, appliquant la ligne générale et la politique économique du Parti pour l'édification du socialisme, a préparé, à la suite d'un vaste travail d'étude et d'une large consultation populaire, le projet de directives du 7e plan quinquennal (1981-1985) de développement de l'économie et de la culture qu'il soumet à l'examen et à l'approbation du Congrès. La tâche fondamentale de ce plan est «le développement général de l'économie, que nous réaliserons en comptant exclusivement sur nos propres forces, et qui sera fondé sur l'industrialisation socialiste plus poussée du pays, le renforcement et l'intensification de l'agriculture, l'accroissement de l'efficience économique, le développement de la révolution technique et scientifique et le perfectionnement des rapports de production socialistes, en vue de garantir et d'élever progressivement le bien-être matériel et le niveau culturel des masses travailleuses, de renforcer encore l'ordre socialiste et la capacité de défense de la Patrie».

Cette tâche synthétise les orientations et les objectifs essentiels du développement de notre économie et de notre culture dans la mise en œuvre du 7e plan quinquennal, qui se distingue des précédents par une série de traits particuliers.

Ce plan est le premier plan quinquennal que nous réaliserons en comptant uniquement sur nos propres forces et possibilités. L'Albanie est aujourd'hui le seul pays au monde qui se développe et avance dans la voie du socialisme sans aides ni crédits d'aucune sorte de l'extérieur. C'est là pour notre peuple, et notre Parti une grande mais glorieuse mise à l'épreuve, et nous sommes sûrs de la victoire, car, en nous guidant toujours sur les principes du marxisme-léninisme, nous sommes depuis longtemps préparés à ce pas décisif.

Le nouveau plan quinquennal comporte des tâches et des objectifs plus importants que ceux de tous les plans antérieurs, objectifs et tâches qui sont scientifiquement fondés et pleinement réalisables.

Le volume de la production sociale et des investissements du quinquennat 1981-1985 sera supérieur à celui des quatre premiers quinquennats pris ensemble, et celui de nos exportations augmentera dans des proportions encore majeures. En 1985, la production sociale doit, selon les prévisions, s'être accrue de 34-36 pour cent par rapport à 1980, soit à un taux annuel moyen de 6,4 pour cent. Les fonds affectés aux investissements et aux constructions seront employés à mettre sur pied quelque 750 établissements importants pour le développement de l'économie et de la culture.

Grâce aux possibilités que créera l'accroissement de la production et du revenu national, le fonds de consommation de la population devra avoir augmenté en 1985 de 21 pour cent par rapport à 1980 et la circulation des marchandises de détail de 22-24 pour cent. Des tâches importantes sont également envisagées pour le développement de l'enseignement et de la culture, pour la santé, le logement et les divers services sociaux.

Dans la fixation de ces tâches et de ces rythmes, on a eu en vue tant les possibilités déjà existantes et futures de notre économie que les exigences de son développement et de l'emploi des nouvelles forces actives sur les fronts de travail, du renforcement de la défense du pays, de l'accroissement des réserves, de l'essor des secteurs socioculturels, en ayant également le souci de satisfaire toujours mieux les demandes croissantes de la population. Un bon nombre de tâches de ce plan quinquennal, surtout celles qui concernent l'exploitation des réserves de pétrole et de minerais, la fixation des investissements, etc., ont également été considérées en liaison étroite avec le développement de notre économie dans les quinquennats futurs, lorsque nous serons confrontés à des besoins et à des demandes encore plus considérables.

Au cours du 7e quinquennat certaines importantes améliorations structurelles seront réalisées dans le domaine de la production, de la circulation des marchandises et de la consommation du peuple. Ces améliorations porteront sur les ressources énergétiques, la sidérurgie, l'industrie mécanique, l'agriculture, les transports, les finances, les objets de consommation courante, etc. Les améliorations prévues permettront d'intensifier l'économie, d'en accroître l'efficience, de la mettre mieux en mesure de satisfaire les besoins du pays et de faire front à l'encerclement et au blocus dont il est l'objet, ainsi qu'à la pression de la crise économique du monde capitaliste et révisionniste.

Le développement et le renforcement de la base matérielle et technique du pays se réaliseront, comme toujours, en étroite liaison avec le perfectionnement des divers aspects des rapports économiques dans les villes et surtout dans les campagnes. Des mesures importantes ont été et sont mises en application pour développer plus avant le système coopératif et réduire la parcelle individuelle, pour étendre la spécialisation et la coopération, renforcer l'organisation et la direction de la production, mieux rattacher la rémunération du travail à sa quantité et à sa qualité, ainsi qu'aux économies réalisées et à l'accomplissement des tâches du plan. Ces mesures seront menées encore plus avant, en vue de renforcer continuellement notre ordre socialiste.

Les tâches du 7e plan quinquennal seront traitées plus en détail dans le rapport du Comité central sur le projet de directives pour le développement de l'économie et de la culture dans la période 1981-1985, que présentera le camarade Mehmet Shehu. Aussi, dans ce rapport-ci, n'exposerons-nous que quelques problèmes fondamentaux de la politique du Parti, qui concernent le développement économique et social actuel et futur du pays.

1. Le renforcement de l'industrie, facteur décisif du progrès général du pays

La politique économique du Parti a accordé et accorde toujours la première place à l'industrialisation socialiste du pays, qui s'est développée d'un quinquennat à l'autre comme un grand processus irrésistible. Elle a été et elle demeure un facteur décisif du progrès général du pays dans la voie du socialisme. La mise sur pied et le renforcement de notre industrie diversifiée, lourde et légère, solidement assise sur nos propres ressources et richesses et aux radieuses perspectives de développement, est l'œuvre monumentale de notre Parti et de notre peuple, réalisée au prix d'un grand labeur, de sacrifices et d'un héroïsme sans pareil, c'est une œuvre d'importance historique pour les générations présentes et futures.

Au cours du 7e quinquennat notre industrie progressera encore davantage et se développera sur un vaste front. Près de 46 pour cent du total des investissements de ce plan quinquennal seront affectés à cette branche. La politique du Parti pour le développement de l'industrie vise : à en consolider la structure diversifiée en donnant, comme toujours, la priorité à l'industrie lourde ; à préserver et à améliorer encore la balance active des ressources énergétiques, en accordant une importance particulière à l'industrie pétrolière; à développer plus avant l'industrie minière d'extraction et de transformation en entamant la mise en valeur de nouveaux minerais; à procéder à des améliorations sensibles dans la structure des moyens de production et des biens de consommation; à mettre l'industrie encore mieux au service de l'intensification de l'agriculture; à accroître les capacités productives existantes à travers leur réaménagement et modernisation.

En avançant résolument dans cette voie, la production industrielle continuera de s'accroître rapidement. En 1985, elle aura augmenté de 36-38 pour cent par rapport à 1980. Ce développement matériel, étroitement lié à une série d'autres facteurs économiques et sociaux, permettra à notre pays d'aller de l'avant en étant doté d'une industrie et d'une agriculture avancées.

Le Parti attache une attention particulière à l'industrie énergétique, à l'extraction du pétrole, du gaz naturel, du charbon et à la production d'énergie électrique. Nous avons créé un puissant système énergétique indépendant, qui satisfait les besoins croissants du pays en énergie électrique et dont l'exportation fournit d'importants revenus en devises. C'est là une grande victoire de la juste politique du Parti, un sûr appui pour le développement de l'économie nationale dans son ensemble.

Cette victoire doit être encore consolidée et menée plus avant, en premier lieu à travers des investissements et une production accrue, mais aussi en utilisant avec la plus grande parcimonie, un contrôle rigoureux et une gestion sage et prévoyante, toutes nos ressources énergétiques. La solution de ces problèmes requiert un travail bien organisé, discipliné, systématique, fondé sur de solides bases scientifiques et méthodiques. Le développement de cette branche névralgique, d'importance capitale et stratégique, se pose comme un devoir impérieux, surtout dans les conditions de la crise énergétique mondiale.

Le pétrole et le gaz naturel extraits et traites occuperont la première place dans nos ressources énergétiques. En 1985, l'extraction du pétrole se sera accrue de 58-60 pour cent par rapport à 1980, C'est là une tâche considérable mais pleinement réalisable, car elle se fonde à la fois sur les gisements existants et sur les réserves connues et susceptibles d'être mises en valeur.

La réalisation des tâches qu'implique l'extraction du pétrole et du gaz naturel, ainsi que la rentabilité accrue des grandes dépenses engagées dans cette branche de l'industrie, exigent, des pétroliers, des spécialistes et des cadres, qu'ils s'attachent avec un soin particulier à perfectionner les méthodes de prospection et d'extraction de ces produits, en se fondant entièrement sur les réalisations de la science, sur l'application d'une ferme discipline technique et dans le travail.

Les dépenses engagées pour l'extraction du pétrole et du gaz naturel le seront sur la base d'études approfondies et de haute responsabilité. Que toutes les mesures techniques, organisationnelles et matérielles requises soient prises pour accroître l'extraction du pétrole non seulement dans les nouveaux gisements, mais aussi dans les anciens, en utilisant mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici les méthodes d'intensification et secondaires. Dans ce secteur vital nous devrons procéder avec économie, en nous fondant sur des réserves sûres et connues et exploiter le pétrole et le gaz sans le moindre gaspillage en pensant non seulement à aujourd'hui mais aussi à demain. Que les forces scientifiques et techniques s'engagent davantage à hâter la mise en exploitation hautement efficiente des sables bitumineux, cette grande richesse de notre pays qu'il faut introduire au plus tôt dans le circuit économique.

Le charbon, combustible d'usage massif et économiquement très avantageux, occupe une place importante dans les ressources énergétiques de notre pays. En 1985 l'extraction du charbon aura augmenté de 48 pour cent par rapport à 1980. C'est là une tâche considérable, dont la réalisation exige un travail opiniâtre de la part des travailleurs de ce secteur.

Nous devons concentrer notre attention non seulement sur l'exploitation rationnelle des mines de charbon existantes, mais aussi sur l'ouverture et l'exploitation rentable de mines nouvelles. Il faudra développer les recherches de charbon à pouvoir calorifique plus élevé et transformable en coke, s'employer partout à substituer le charbon aux carburants liquides et à le consommer avec économie. Des mesures sont également à prendre pour enrichir les charbons et les agglomérer en briquettes, en vue d'accroître l'avantage économique de leur utilisation.

La production d'énergie électrique en 1985 sera supérieure de 16 pour cent à celle de 1980. Afin d'aller au devant du besoin croissant de ce type d'énergie et d'exploiter intensivement les abondantes ressources hydriques de notre pays, des travaux d'envergure seront menés au cours de ce quinquennat pour achever la centrale hydro-électrique de Koman, qui sera la plus puissante de toutes celles construites jusqu'à ce jour et l'on préparera la construction d'autres centrales hydro-électriques, de plus ou moins grande taille, pour faire face non seulement à nos besoins immédiats et à plus long terme, mais aussi pour accroître nos exportations de ce type d'énergie.

La production et l'utilisation de l'énergie électrique doivent être considérées comme étant indissociables. Le Parti, les organes de l'Etat et les organismes économiques doivent s'employer à infléchir les conceptions des gens à ce sujet, à leur faire apprécier l'énergie électrique comme une grande richesse nationale qui doit être utilisée avec parcimonie et un contrôle rigoureux dans tous les domaines, en particulier dans celui de la production matérielle, où des normes étudiées scientifiquement doivent être établies pour chaque kilowatt consommé.

Le 7e plan quinquennal ouvre de larges perspectives à l'industrie d'extraction et de traitement des minerais utiles. L'extraction des minerais connus de chrome, cuivre, ferronickel se poursuivra à grande échelle, avec un accroissement allant de 30 pour cent jusqu'au double. A présent, des conditions ont été réunies pour augmenter aussi l'extraction d'autres minerais utiles, phosphorites, quartz, sel gemme, dolomites, olivines, bauxites, etc.

Nos besoins immédiats et à plus long terme nous dictent de développer l'extraction et l'enrichissement des minerais pauvres et d'accroître le degré d'exploitation de leurs éléments utiles pour augmenter la valeur de nos richesses minières et exploiter aussi les gisements, anciens ou nouveaux, de basse qualité, mais riches en réserves.

Les géologues et autres prospecteurs de minerais devront se fonder sur les travaux de synthèse et les lois scientifiques, tout en employant hardiment des méthodes nouvelles et complexes et en perfectionnant l'organisation de leur travail, pour accroître l'efficacité des forages et des réserves de minerais, surtout dans les mines existantes, et découvrir de nouveaux minerais et de nouveaux gisements dans les massifs prometteurs et encore inexplorés.

Que les ouvriers et spécialistes des mines attachent une importance particulière au perfectionnement de la technique et de la technologie de l'extraction, à la mécanisation plus poussée du travail et à leur qualification, pour réaliser un tournant sensible dans la qualité de la production, réduire les frais et diminuer les appauvrissements et les déchets de minerais.

Une attention particulière sera attachée à la métallurgie en général, et à la sidérurgie en particulier non seulement pour mener plus à fond le cycle complet d'élaboration de nos principaux minerais, mais aussi pour alléger toujours plus notre économie du poids des importations. Aussi nos métallurgistes devront-ils mobiliser toutes leurs forces et toutes leurs aptitudes pour apprendre à connaître et à maîtriser, avec une discipline rigoureuse et sur des fondements scientifiques, la technologie de la fonte des minerais et de l'élaboration diversifiée des métaux, pour exploiter toute leur teneur utile, principale et accessoire, et réduire les dépenses de matériel et d'énergie, qui sont encore élevées. La poursuite des importants agrandissements entrepris au complexe métallurgique «l'Acier du Parti», la mise sur pied des usines de tubes de divers types, de tôle laminée et de produits carboniques, exigent des études approfondies et un travail intensif.

Maintenant que nous avons notre propre acier et que nous avons édifié une puissante industrie mécanique, les 'conditions créées permettent d'assigner à cette branche des tâches plus importantes. La production de l'industrie mécanique en 1985 sera de 43-45 pour cent supérieure à celle de 1980.

L'industrie mécanique a mené à bonne fin la tâche que lui avait fixée le VIIe Congrès du Parti pour la production de pièces détachées, satisfaisant 95 pour cent des besoins de notre économie en ces articles. Au cours de ce quinquennat, cette réussite' doit être consolidée à travers une amélioration radicale de la qualité et le développement des services de remise en état des pièces de rechange.

Durant ce quinquennat, l'industrie mécanique s'engagera plus largement dans la production d'équipements et de machines pour la construction de nouvelles chaînes de fabrication et de nouvelles usines, pour des restructurations et agrandissements des capacités productives. Il faudra, pour ce faire, améliorer l'organisation et la direction de cette branche de l'industrie, établir sur des bases aussi scientifiques que possible la technologie d'élaboration, la planification, la coopération et la standardisation de la production.

Des mesures urgentes et complètes devront être prises surtout en vue de l'élaboration des projets technologiques et constructifs d'équipements et de machines pour les nouveaux établissements à mettre sur pied et les restructurations qui seront effectuées au cours de ce quinquennat. Une grande partie de ces équipements et machines seront produits pour la première fois dans le pays. En mettre au point les projets et les produire en temps voulu, tout en satisfaisant aux exigences de qualité, constitue une des tâches les plus ardues auxquelles sera confrontée notre industrie mécanique.

Pour acheminer l'industrie mécanique dans la large voie de la production de machines, il est indispensable d'assurer la qualification des gens qui y seront engagés et le développement de leur pensée créatrice, de former aussi des cadres supérieurs et moyens d'orientations étroites et de spécialités particulières, en opérant à cette fin les modifications afférentes aux programmes des écoles professionnelles et de l'Université.

L'industrie chimique connaîtra au cours de ce quinquennat un grand essor. Sa production se sera accrue en 1985 de 63-65 pour cent par rapport à 1980. On s'attachera particulièrement à augmenter la production d'engrais phosphatés et de produits chimiques pour la protection des plantes. Disposant maintenant d'une bonne quantité de produits fondamentaux et d'une série de résidus industriels et de composantes accessoires des minerais, les chimistes et autres spécialistes doivent se livrer à des études pour réaliser une gamme bien plus étendue de produits et de réactifs chimiques, afin d'en réduire au plus tôt l'importation. Les premiers pas accomplis dans la synthèse chimique doivent être également menés plus avant, en se fondant principalement sur les matières premières du pays et en visant à ce que les produits qui en seront tirés alimentent même, dans un avenir pas trop éloigné, nos exportations.

Le Parti a toujours eu en vue, dans le développement de l'ensemble de notre industrie, la production accrue, en fonction des besoins de la population, des objets de consommation courante, en assurant la stabilité et l'élévation continue du niveau de vie matériel et culturel des masses travailleuses. A cette fin, les rythmes d'accroissement de la production de l'industrie légère et alimentaire au cours de ce quinquennat seront plus de deux fois supérieurs à ceux de la croissance de la population.

En ce qui concerne les produits de l'industrie légère et alimentaire, il est nécessaire d'opérer un véritable revirement, de réaliser une amélioration radicale dans la structure des marchandises, dans l'éventail des produits, dans leur qualité, leur emballage et d'abaisser leur coût. Ce tournant ne peut être accompli que grâce à des mesures complètes et efficaces dans le domaine de l'organisation et delà gestion, de la planification et de la technologie de la production. Il convient avant tout de transformer totalement les conceptions artisanales, de développer l'imagination et la pensée créatrices, d'agir avec adresse et promptitude pour opérer des transformations positives, pour ouvrir partout une large voie au nouveau.

D'importants investissements ont été faits pour la mise sur pied et le développement de l'industrie, et il a été formé toute une armée de travailleurs qualifiés et dévoués qui est un puissant appui pour le développement de ce secteur vital de notre économie.

La réalisation des grands objectifs que fixe le Parti exige que les travailleurs de l'industrie accroissent l'efficacité de la production et la productivité du travail, qu'ils élèvent leur créativité. Il leur incombe de mettre largement à profit les multiples capacités productives dont ils disposent et de prendre en charge le mieux possible les nouvelles unités industrielles et chaînes de fabrication qui seront achevées et mises en exploitation, ainsi que celles qui seront restructurées durant ce quinquennat. Avec hardiesse et détermination, en se fondant sur les résultats des études menées et sur les données de la science, ils devront promouvoir et moderniser la technologie de la production, en améliorer les indices qualitatifs et financiers.

Le peuple et le Parti sont fermement convaincus que les travailleurs de toutes les branches da l'industrie, conscients des situations que nous vivons, redoubleront d'efforts et intensifieront leur lutte pour la réalisation des objectifs et des tâches considérables que ce Congrès fixe en vue du développement et du renforcement de notre industrie socialiste.

2. Intensifier la production agricole et parfaire les rapports socialistes dans les campagnes

Notre Parti a élaboré et appliqué une politique agraire marxiste-léniniste, en tenant compte des conditions historiques et des circonstances concrètes dans lesquelles notre révolution l'a emporté et notre pays s'est engagé dans la voie du socialisme. S'agissant d'un pays agraire très retardataire, notre Parti devait mener à bien deux tâches en même temps : la transformation socialiste des campagnes et le développement diversifié de l'agriculture. Il appartenait à l'agriculture de créer les possibilités de cent de la totalité des investissements prévus dans le plan seront affectés à l'agriculture. C'est dans cette branche que seront acheminés quelque 60 pour cent des nouvelles forces actives de travail et il sera mis à sa disposition une plus large base matérielle et technique. C'est pourquoi les travailleurs de l'agriculture et de tous les secteurs qui s'y rattachent sont confrontés à de grandes tâches de combat.

La première tâche de l'agriculture demeure, comme toujours, la production céréalière. Il nous faut chaque année couvrir les besoins en pain d'une population en croissance constante, satisfaire nos besoins accrus d'aliments concentrés et industrialisés pour l'élevage, ainsi que d'autres besoins indispensables en grains. Ces problèmes ne peuvent être résolus à travers l'extension continue des surfaces ensemencées. Au contraire, l'accent doit être mis toujours plus sur l'élévation des rendements et l'amélioration de la structure des cultures céréalières. Cela devient encore plus nécessaire dans des conditions marquées par une forte croissance de la population et quand, de ce fait, les surfaces de terre cultivée par tête d'habitant tendent à diminuer. Aussi l'accroissement de 20 pour cent environ de la production céréalière, prévu pour le 7e quinquennat par rapport au quinquennat précédent, doit-il être assuré totalement par l'augmentation des rendements. Les tâches en ce domaine sont très sérieuses et elles exigent un soin exceptionnel de la part des organes du Parti, du pouvoir, de l'économie et de tous les travailleurs de l'agriculture.

De pair avec l'accroissement de la production céréalière, il convient de renforcer les mesures prises à tous les niveaux pour le stockage, l'élaboration, la conservation et l'utilisation des céréales, afin de prévenir les déchets et les pertes en ce domaine. En même temps, nous devons tendre à diminuer la consommation de pain par habitant dans les villes comme dans les campagnes. Il nous faut avancer dans cette voie suivant un programme scientifiquement conçu pour améliorer la structure de l'alimentation de la population, en augmentant la production et la consommation de légumes, de pommes de terré, de fruits et de produits animaux, etc. Il s'agit, sans abaisser le niveau de vie, et même en l'élevant, de fournir au peuple plus de lait, de viande, de légumes, etc., et de diminuer par là même la consommation de pain.

Aussi, parallèlement à l'accroissement de la production de légumes, de pommes de terre et de haricots par habitant et à la baisse de son coût, il convient de mener un travail mieux organisé pour étudier les demandes et les goûts des gens et pour modifier la mentalité actuelle quasi artisanale sut la production, le transport, l'industrialisation" et la vente de ces produits. Les objectifs assez poussés que prévoit ce plan pour les légumes, les pommes de terre et les haricots, requièrent l'adoption de multiples mesures agrotechniques, ainsi que la concentration et la spécialisation de la production, surtout autour des grandes villes, afin que les plans en soient accomplis en quantité, en types et dans les délais fixés, tout au long de l'année.

D'importants investissements ont été faits par l'Etat et les coopératives pour le développement des cultures fruitières. Toutefois, les investissements jusqu'à ce jour, surtout dans les coopératives, ont été relativement peu efficients et le poids spécifique de ce secteur dans la production agricole est encore relativement faible. Aussi, afin de mener à bien les tâches croissantes pour le développement des cultures fruitières, il apparaît nécessaire, en premier lieu, d'instaurer une plus juste appréciation de cette branche, de combattre les conceptions qui tendent à la déprécier et les marques de désintéressement pour cette importante richesse aux grandes perspectives pour notre pays. Il est nécessaire d'effectuer parfaitement tous les services que nécessitent les arbres fruitiers et les oliviers, et de créer des conditions appropriées pour une irrigation à grande échelle.

Les nouveaux investissements seront principalement affectés à compléter les plantations existantes et à réorganiser les vignobles déjà mis sur pied. Des études sur les cultures fruitières devront être entreprises et un grand travail mené pour accroître et améliorer les variétés nouvelles, il faudra tendre à créer des ceintures de diverses espèces d'arbres fruitiers autour des villes et, dans la mesure des possibilités, pratiquer aussi des investissements conjoints de l'Etat et des coopératives.

Les besoins du peuple et le développement d'une agriculture diversifiée exigent une amélioration de la structure des cultures industrielles. Il faudra les concentrer dans les districts et les exploitations qui ont obtenu de meilleurs résultats et les spécialiser dans ce sens, assurer des semences à forte productivité et à haut rendement, et appliquer la technologie avancée dans la production. En ce qui concerne les plantes industrielles, nous devrons nous en tenir à l'orientation selon laquelle il faut satisfaire toujours mieux les besoins de notre population et de notre économie grâce à la production nationale.

En ce qui concerne l'économie forestière, parallèlement aux mesures prises pour atteindre plus vite l'équilibre entre les coupes et la croissance naturelle de la végétation sylvestre, il faudra tendre à faire des forêts des exploitations complexes, où, à part l'obtention du bois, soient cultivés et recueillis des produits secondaires, des plantes oléagineuses et médicinales et y développer davantage la zooculture.

Les objectifs que fixe le nouveau plan quinquennal pour l'élevage exigent que les organes du Parti, de l'Etat et de l'économie ainsi que tous les travailleurs de l'agriculture attachent un bien plus grand soin à cette branche importante. En dépit des progrès accomplis, le niveau de la production et de la modernisation du secteur de l'élevage ne répond pas aux importants investissements effectués et aux besoins toujours croissants de produits animaux. Le projet de directives de ce plan quinquennal prévoit que la production, en 1985, se sera accrue, par rapport à 1980, pour le lait, de 30-32 pour cent, pour la viande, de 53-55 pour cent et pour les œufs, de 50-52 pour cent, etc. Ces objectifs sont fondés sur une ultérieure augmentation du cheptel, mais en particulier sur la productivité accrue de toutes les espèces de bétail. L'objectif fixé est d'obtenir des vaches de race, ainsi que des autres bêtes de race améliorée, une quantité de produits deux à trois fois supérieure aux moyennes des rendements enregistrés jusqu'ici à l'échelle du pays. A cette fin, il est nécessaire de modifier radicalement les conceptions et les attitudes qui ont eu cours jusqu'ici quant aux besoins et aux exigences que pose le développement d'un élevage à grande échelle, comportant une grande diversité d'espèces et reposant sur des bases scientifiques.                                   i

Le problème numéro un en ce domaine consiste dans la mise en œuvre d'un système complet et approprié de mesures pour doubler et tripler les rendements des cultures fourragères et la capacité des pâturages naturels, pour accumuler et exploiter toutes les réserves et les sous-produits de l'agriculture, ainsi que pour appliquer une technologie plus avancée dans l'élaboration d'aliments concentrés et d'autres produits agricoles et industriels pour le bétail.

Nous continuerons d'engager des investissements et de prendre des mesures en vue de la mise sur pied de complexes modernes pour le renforcement de l'élevage, pour la production de viande et d'œufs, pour l'élaboration industrielle et l'ensilage des aliments destinés au bétail. Mais il faut avoir soin de faire ces investissements en temps voulu en s'assurant qu'ils produiront l'effet requis. D'autre part, on rie devra pas perdre de vue que l'élevage, cette grande richesse nationale, est, en majeure partie, concentré dans les coopératives agricoles qui comprennent aussi les troupeaux regroupant les bêtes de leurs membres. Aussi faut-il avoir bien soin d'assurer de bonnes conditions de reproduction de ce bétail, d'accroître les productions animales et d'en abaisser le prix de revient dans toutes les zones du pays.

Les progrès prévus par le 7e plan quinquennal dans l'agriculture seront réalisés, dans une plus grande proportion que jamais, à travers son intensification. L'augmentation de la production agricole globale sera, selon les prévisions, réalisée dans une proportion de 90 pour cent grâce à l'élévation des rendements des cultures et de la productivité de l'élevage, en regard des 45 à 70 pour cent, réalisés par cette voie dans les quinquennats précédents. La terre et toute la base matérielle et technique, relativement puissante et multiple, mise en place, devront être exploitées de façon plus efficace afin d'obtenir la plus grande quantité possible de produits végétaux et animaux avec le moins de frais possible.

Tout en fixant des tâches considérables pour une intensification accélérée de l'agriculture, noua devrons, à l'avenir également, persévérer dans nos efforts pour étendre les surfaces des terres mises en culture, car notre pays possède encore des terres à défricher dans les zones de collines et de montagnes, et de nouvelles étendues de terre peuvent aussi être récupérées grâce aux dessalements, etc.

L'intensification de l'agriculture nécessite entre autres une harmonisation plus judicieuse et scientifiquement fondée de l'ensemble des facteurs humains, matériels, agrotechniques et naturels qui conditionnent la production agricole. C'est là un grand problème qui se pose à chaque exploitation, à chaque district et à chaque zone. Les spécialistes, les cadres et les travailleurs d'avant-garde à la base, les organismes économiques et de planification, mais aussi les institutions de recherche scientifique, ont ici un vaste champ d'études et d'action créatrice et novatrice.

Les investissements ainsi que les soins apportés à la terre doivent, à l'avenir également, constituer l'orientation principale de l'action à mener pour intensifier et accroître la production agricole. Cela exige l'application de mesures générales tendant à augmenter la fertilité du sol et à le protéger contre l'érosion, à enrichir et à améliorer les terres grâce à un amendement combiné et complet; cela exige aussi la production et l'utilisation de semences à haute productivité, résistantes aux maladies, aux agents nuisibles et autres facteurs naturels pernicieux.

Les nombreux problèmes qui concernent l'intensification de l'agriculture ne peuvent être résolus avec succès que si la production agricole est assise sur des bases rigoureusement scientifiques. Le 8e plénum du CC du Parti a défini des orientations et des directives très importantes à l'intention de tous les organismes scientifiques opérant dans l'agriculture, de la base au sommet. Les organisations du Parti, les organes de l'Etat et de l'économie ont pour première tâche de faire appliquer persévéramment ce programme. Il convient pour cela d'avoir une juste compréhension de l'importance et du grand rôle des recherches et des expérimentations scientifiques dans cette branche de l'économie et de prendre toutes les mesures organisationnelles requises afin que les résultats de ces études trouvent au plus tôt leur application dans la grande production.

Dans le cadre du travail qui sera accompli dans l'agriculture au cours de ce quinquennat, le Comité central du Parti propose au Congrès l'application d'une série de mesures importantes en vue d'une intensification prioritaire de la production dans les plaines les plus fertiles du pays pendant une période de dix ans. La première étape de ce programme, dont l'application est prévue durant le 7e quinquennat, s'étendra sur plus de 100 000 hectares de terres de la dépression côtière. Le but de cette action est d'accroître les productions végétales et animales dans les zones où le travail et les investissements ont un rendement plus prompt et plus élevé. Cela créera aussi des conditions favorables pour un plus rapide essor des coopératives et pour le passage graduel de la propriété de groupe à la propriété du peuple tout entier. En entreprenant cette action, on ne touchera pas aux investissements et aux ressources matérielles indispensables pour le développement de l'agriculture dans les autres zones du pays; au contraire, le travail sera poursuivi pour y développer et renforcer encore toutes les coopératives agricoles.

L'heureuse réalisation de cette grande tâche exige un travail attentif, bien programmé et organisé par le ministère de l'Agriculture, la Commission du Plan d'Etat, le ministère des Finances et les autres institutions centrales ainsi que par les organes du Parti et du pouvoir dans les districts qu'englobe la zone où sera mise en œuvre l'intensification accrue de l'agriculture.

Le niveau atteint dans le développement des forces productives et les nouveaux pas qui seront accomplis au cours du 7e quinquennat et par la suite, seront accompagnés et soutenus par le perfectionnement des rapports socialistes dans les campagnes. Le Comité central du Parti a étudié attentivement et a approuvé les initiatives révolutionnaires de la paysannerie pour une nouvelle réduction de la parcelle individuelle dans les coopératives et pour le regroupement en troupeaux du bétail de leurs membres, et il ne cesse de prendre des mesures de tout genre pour appuyer comme il se doit ce processus progressif dans les campagnes. Le Parti apprécie hautement l'esprit révolutionnaire et l'ardent patriotisme de la paysannerie coopérée dans cette entreprise de particulière importance pour le renforcement du système coopératif dans notre pays.

Il est pleinement confiant que la réduction de la parcelle individuelle et le regroupement du bétail en troupeaux, conduiront à l'accroissement des productions agricoles et pastorales, que ces mesures garantiront une ultérieure élévation du bien-être de la paysannerie, qu'elles renforceront encore le sentiment de collectivisme socialiste. Ainsi, à mesura de l'accroissement de la production et de l'élévation du bien-être général de la paysannerie, la parcelle individuelle, en tant qu'exploitation auxiliaire provisoire, va petit à petit vers son étiolement, vers son extinction.

L'application du programme d'intensification accélérée de la production agricole dans les zones de plaines du pays y entraînera aussi des transformations importantes dans les rapports de production socialistes. Les investissements considérables que l'Etat engagera dans les coopératives de ces zones permettront d'accroître la part des moyens de production qui sont propriété d'Etat. Cela entraînera le rétrécissement graduel de la sphère des rapports de la propriété coopérative, jusqu'à sa conversion ultérieure en propriété du peuple tout entier. Mais, avant d'en arriver à cette phase, les coopérateurs, dans les zones où cette Intensification sera accélérée, continueront d'être rémunérés sous les formes actuelles, en fonction des normes de rendement et à raison des journées-travail aujourd'hui en vigueur. Entre-temps, on s'emploiera à faire en sorte que le niveau de leur rémunération atteigne graduellement celui des salaires des ouvriers des entreprises agricoles.

Parallèlement, sa poursuivra le travail pour le renforcement des coopératives de type supérieur, dont certaines seront converties en entreprises agricoles. Ce sera là aussi une expérience féconde pour l'avenir. De nouvelles coopératives de type supérieur seront constituées dans les zones de plaines. Ce pourra être le cas aussi de certaines coopératives de zones de collines et de montagnes, et cela en fonction de leur niveau de développement et des possibilités de l'Etat.

Tout en projetant ces nouvelles mesures, le Parti accordera à l'avenir également une grande attention au développement et au renforcement des coopératives des zones de collines et de montagnes. Ces zones sont peuplées par une grande partie de la population du pays et il s'y trouve des surfaces considérables de terre cultivable. L'intensification accélérée de l'agriculture dans les plaines fournira à l'Etat de plus grandes possibilités matérielles et financières pour faire des investissements dans ces zones également et accroître l'aide qu'il leur prête.

Il faudra s'attacher aussi, avec une attention et un soin particuliers, à développer et à renforcer toutes les entreprises agricoles, en combattant les défauts et les faiblesses qui existent aujourd'hui dans un certain nombre d'entre elles. La directive donnée depuis longtemps par le Parti, pour que les entreprises agricoles soient à l'avant-garde, doit être mise en œuvre avec persévérance.

Les objectifs grandioses du nouveau plan quinquennal ouvrent de vastes perspectives de développement et de progrès à l'agriculture et à nos campagnes socialistes. Leur réalisation requiert la mobilisation et les efforts opiniâtres de tous les travailleurs de l'agriculture, le perfectionnement de la planification, de l'organisation et de la gestion dans la production agricole comme à chacun de ses maillons successifs, dans les organes de stockage, de l'industrie légère et alimentaire, du commerce intérieur et extérieur. En particulier, des tâches importantes incombent au ministère de l'Agriculture, aux organes et aux institutions qui en dépendent pour se hisser à la hauteur des grands problèmes que pose ce Congrès pour le développement de l'agriculture.

L'heureuse réalisation des tâches posées dans l'agriculture constituera une grande victoire de la politique agraire du Parti, qui est diamétralement opposée à la politique suivie dans les pays révisionnistes, où l'agriculture s'est engagée dans une impasse. Dans ces pays, comme on le sait, la voie léniniste de la collectivisation a été depuis longtemps abandonnée. La forme du capitalisme collectif qui a été instaurée en Union soviétique et ailleurs s'accompagne maintenant à grande échelle de formes directes de propriété privée. Les exploitations individuelles privées sont regardées par les révisionnistes comme une base essentielle de la production de viande, de lait et d'autres produits agricoles, on leur confie même le bétail des kolkhozes et des sovkhozes pour le nourrir et l'élever, liquidant ainsi toute trace du système socialiste dans les campagnes. C'est cette voie qui a plongé l'agriculture de beaucoup de ces pays dans une crise profonde, où la pénurie d'aliments et de matières premières agricoles est devenue aujourd'hui un des problèmes les plus sérieux de la vie des masses, travailleuses.

3. Les investissements et les travaux de construction, base importante du renforcement continu de l'économie

Au cours du quinquennat écoulé, de gros efforts ont été faits pour réaliser les investissements et les travaux de construction fondamentaux fixés par le VIIe Congrès du Parti. Dans ce domaine, l'activité hostile des révisionnistes chinois nous a causé un grand tort et a entravé plus que partout ailleurs la réalisation des objectifs fixés. Néanmoins, grâce aux mesures multilatérales prises par le Parti et par l'Etat, il a été réalisé au cours du 6e quinquennat un volume d'investissements supérieur de 15 pour cent à celui du quinquennat précédent.

Le potentiel de production que nous avons créé et les sources croissantes de nos accumulations intérieures rendent possible la mise en place au cours, du nouveau quinquennat d'un programme d'investissements et de grands travaux d'une ampleur sans précédent, d'une valeur globale de 25 milliards de leks, soit 22-24 pour cent de plus que pour le 6e quinquennat. C'est là une expression significative des supériorités et de la vitalité de notre ordre économique et social, des capacités créatrices et des énergies inépuisables des larges masses travailleuses, de la justesse du principe de l'appui sur ses propres forces.

Dans la fixation des investissements, de leur structure et des réalisations concrètes auxquels ils sont affectés, on a eu en vue la perspective de développement des différentes branches de l'économie et de la culture, le renforcement de l'indépendance et de la défense de la Patrie, le souci de garantir l'élévation graduelle du bien-être de la population.

Comme toujours, la priorité dans la politique des investissements est donnée à la production matérielle. Au lieu de 77,5 pour cent que représentaient les investissements de la sphère productive dans le plan quinquennal précédent, leur part dans le nouveau plan sera d'environ 83 pour cent. Cette proportion est déterminée par le fait que la production est la base du bien-être du peuple et du potentiel défensif de la Patrie.

Dans ce quinquennat également, les plus gros investissements, soit plus de 74 pour cent de leur totalité, seront affectés au développement de l'industrie et de l'agriculture, ce qui représente une augmentation de près de 37 pour cent par rapport au quinquennat écoulé. D'importants investissements seront également engagés dans les transports, les secteurs socio-culturels et la construction de logements. Au cours de ce quinquennat, dans la seule sphère productive on travaillera à la construction de plus de 350 établissements importants.

Pour réaliser les objectifs précités il est nécessaire de prendre des mesures pratiques afin d'utiliser avec plus d'efficacité économique les moyens financiers, techniques et matériels qui y seront consacrés. Ce travail commence dès la planification. Aussi est-il nécessaire qu'il soit assis sur des bases scientifiques et cela depuis les entreprises à la base jusqu'aux directions centrales. Il faudra avoir soin de procéder à des études complètes pour définir le caractère indispensable de chaque établissement, ses avantages et les fonds nécessaires à sa réalisation. De même, il convient de déterminer au plus tôt les critères scientifiques et les indices économiques et techniques en fonction desquels sera calculée l'efficience économique et d'exercer un contrôle afin qu'ils soient obligatoirement appliqués tant dans la construction de ces établissements que dans leur exploitation. Il est particulièrement important de mener des études prospectives sur le développement des diverses branches de l'économie, mais aussi des entreprises et des coopératives. Ces études serviront de point de départ à l'élaboration des plans quinquennaux et à l'utilisation rationnelle et parcimonieuse des investissements fondamentaux.

Au cours du 7e quinquennat on améliorera encore la structure interne des investissements, en y augmentant la part des machines et des équipements et en y diminuant celle des travaux de construction-montage. Ici influera dans une bonne mesure le fait que quelque 40 pour cent des investissements dans l'industrie et dans les autres branches seront affectés à des agrandissements, réaménagements et modernisations des entreprises existantes. C'est là une voie avantageuse qui permet d'économiser des fonds importants pour les travaux de construction et de hâter l'extension des capacités productives sur une base technique et technologique plus avancée. Les organes de la planification, des constructions et des finances ont pour devoir de travailler attentivement et de lutter avec persévérance pour atteindre cet objectif.

L'exécution en temps voulu des investissements et des travaux de construction est, plus qu'en tout autre domaine, déterminante pour réduire le volume des investissements inemployés et des constructions inachevées, pour réaliser les tâches du plan de production, du revenu national, de l'accumulation, et pour assurer la stabilité du marché et de la circulation monétaire. La fixation de délais normatifs pour la durée de construction des divers ouvrages et de limites normatives du volume des investissements inemployés et des constructions inachevées, doit servir' de moyen efficace pour renforcer le contrôle de la planification et de la mise en œuvre des investissements.

Il faudra témoigner un plus grand soin aux investissements effectués par les coopératives agricoles sur leurs propres ressources, qui doivent, selon les prévisions, atteindre au cours de ce quinquennat 2 milliards 750 millions de leks. Ces investissements doivent être mieux intégrés dans le plan de développement économique et leur réalisation suivie avec soin par les coopératives elles-mêmes, par les organes d'Etat et par les organismes économiques, sans qu'il soit permis à l'avenir que des fonds importants demeurent inutilisés. La baisse du coût de production demeure un grand, problème pour la construction car en dépit des progrès accomplis, ce coût reste élevé. D'où la nécessité pour les projeteurs, les technologues et les exécutants, ainsi que pour les producteurs de matériaux de construction, de mettre au point et en application, en étroite collaboration avec les économistes, des projets adéquats, de pratiquer des constructions standards et légères, de produire une large gamme de matériaux de construction de hautes qualité et résistance, en appliquant l'expérience avancée du pays et l'expérience mondiale.

Le ministère de la Construction, les autres ministères et les entreprises qui en relèvent, disposant d'un riche parc de machines, doivent s'employer opiniâtrement à assurer l'exploitation rationnelle et complète de cette base puissante. Aux rythmes qu'ont pris et que prennent les travaux de construction on ne peut aller de l'avant sans opérer un tournant radical dans la mécanisation de ces travaux, dans leur industrialisation et dans l'élévation sensible du rendement du travail dans ce, secteur.

Afin de mieux répondre aux besoins de l'économie pour la circulation des marchandises, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, ainsi que pour le mouvement de voyageurs, les transports connaîtront, au cours du 7e quinquennat, une nouvelle expansion. Compte tenu des besoins du développement de notre économie et de leur prix de revient très inférieur, la priorité sera donnée aux transports ferroviaires, qui verront leur développement accéléré. Au cours de ce quinquennat, de nouvelles lignes et ramifications seront construites pour une longueur équivalant à plus de 37 pour cent de la longueur totale du réseau ferroviaire construit jusqu'à ce jour.

La réalisation de ces transformations structurelles dans les transports demande de nouvelles formes d'organisation ainsi qu'une série d'autres mesures techniques, indispensables pour intensifier l'exploitation des chemins de fer, agrandir le parc de wagons, mécaniser les opérations de chargement et de déchargement, accélérer le mouvement des marchandises dans les gares, etc.

Tout en donnant la priorité au transport ferroviaire, on ne diminuera en aucune manière le soin accordé au développement du transport maritime, de cabotage et au long cours, en tant que transport massif et avantageux, ainsi qu'à l'exploitation rationnelle et aussi complète que possible des transports routiers, en particulier dans le secteur économique. Il faudra accorder une grande importance à la fabrication et à l'utilisation des remorques, surtout de celles de grosse capacité.

L'exploitation plus complète des divers moyens de transport et leur bon entretien, ainsi que la réalisation du plan à tous ses indices, constituent de grandes tâches pour les organisations du Parti et tous les travailleurs des transports.

4. Accroître nos exportations et économiser nos devises

Notre commerce extérieur n'a cessé de se développer et de s'étendre. Nous faisons aujourd'hui du commerce avec plus de cinquante pays de diverses régions du monde. Nous nous efforcerons d'élargir encore nos relations commerciales dans l'intérêt du pays et sur la base de l'avantage réciproque. Nous avons toujours conduit le développement de notre économie dans la voie du renforcement incessant de notre indépendance politique st économique, mais nous n'avons jamais visé ni ne visons à un développement autarcique, et nous n'avons jamais cessé non plus de lutter contre toute pression tendant à intégrer notre économie dans celle des pays capitalistes et révisionnistes.

En dépit des difficultés et des obstacles sérieux auxquels nous nous sommes heurtés, grâce à cette juste ligne marxiste-léniniste et à un accroissement considérable de nos exportations, notre économie a réussi pour la première fois, dans les dernières années du quinquennat écoulé, à équilibrer par ses exportations toutes les importations indispensables. Elle a réalisé cet équilibre sans toucher à ses rythmes d'expansion ni au niveau de vie de la population. C'est là une nouvelle victoire historique du Parti et de notre peuple dans la voie de la construction intégrale de la société socialiste, une claire expression de la capacité économique de notre pays.

En 1985, les exportations de marchandises doivent, selon les prévisions, avoir augmenté de 58-60 pour cent par rapport à 1980, et nos importations de 56-58 pour cent. Ainsi, la balance de notre commerce extérieur sera-t-elle encore plus excédentaire et la réalisation d'ensemble des tâches du plan quinquennal mieux garantie.

Des améliorations sensibles sont apportées à la structure de nos exportations. Au cours du 7e quinquennat, l'industrie lourde assurera, par l'exportation de ses produits, plus de deux fois plus de devises qu'au cours du quinquennat précédent. Les produits ouvrés atteindront 73 pour cent de la totalité de nos marchandises exportées, en regard de 70 pour cent pour le quinquennat écoulé.

Le souci de la quantité et de la qualité de la production, la livraison, dans les délais, des marchandises destinées à l'exportation, la lutte pour produire à un coût aussi bas que possible, devront être à l'ordre du jour des obligations de nos organes. Que partout l'on réfléchisse et travaille pour découvrir de nouvelles sources d'exportations.

Dans ce quinquennat, la directive du Parti prescrivant de réserver la majeure partie de nos importations, soit quelque 93 pour cent, aux machines, à certaines matières premières et à certains produits non ouvrés afin de développer la production nationale, sera exécutée de façon plus parfaite. L'expansion toujours accrue de la production permettra d'accroître la part relative des machines et des équipements dans nos importations et d'y réduire celle des matières premières et des produits non ouvrés.

Dans le domaine des importations, un des problèmes les plus importants et de plus haute responsabilité consiste à se procurer les machines et les équipements nécessaires pour les établissements complets et les réaménagements et modernisations à réaliser au cours de ce quinquennat. La solution de ce problème exige des connaissances très approfondies et l'adoption de mesures préparatoires concrètes, la collaboration de tous les départements ; technologues, projeteurs et exécutants des investissements, ainsi que des organismes du commerce extérieur, et une parfaite coordination de leur travail.

L'accomplissement des tâches fixées dans le domaine du commerce extérieur de la part de tous, exige que soit profondément ancrée la conception selon laquelle les importations et les exportations doivent toujours être considérées comme indissociables, la priorité étant toujours accordée à ces dernières. De même que l'on exige la stricte application des indices du plan dans la livraison des marchandises importées, toute irrégularité et tout retard en ce domaine entraînant des conséquences non seulement économiques mais aussi politiques et sociales, ainsi et même davantage il convient de travailler et de lutter pour réaliser minutieusement le plan des exportations.

La lutte pour des économies, tant dans les produits que nous exportons que dans les matières premières et les produits non ouvrés que nous importons, revêt aujourd'hui une importance particulière. Des économies doivent être faites surtout dans l'utilisation du coke, du solar et du mazout, des aciers, de la tôle noire et des lubrifiants, des pneus et d'autres produits. Il faudra établir des normes scientifiquement fondées et exercer un contrôle rigoureux dans l'utilisation de ces produits et d'autres du même genre. Nous devons tous nous efforcer de remplacer les matières premières et les matériaux coûteux par des matières meilleur marché et plus avantageuses, de produire sur place des machines, des équipements et des marchandises aujourd'hui importés.

L'accroissement sensible du volume de notre import-export et la réalisation des grandes tâches qui se posent dans ce secteur exigent une amélioration notable et une intensification de l'activité des organismes du commerce extérieur, une plus haute compétence professionnelle et une grande habileté leur permettant de s'orienter en toute situation.

5. Garantir et élever graduellement le niveau de vie de la population

La construction de la société socialiste est un processus révolutionnaire multilatéral. Aussi le Parti a-t-il regardé le développement de la production sans le dissocier du renforcement de l'ordre social socialiste, de la satisfaction des besoins matériels et culturels des travailleurs, et de leur éducation communiste, sans dissocier non plus le bien-être du peuple du renforcement de l'indépendance et de la capacité de défense de la Patrie, le général et le collectif du particulier, le présent de l'avenir, le développement urbain du progrès rural.

Dans le développement de la production et de toutes les autres activités sociales, le Parti a toujours au centre de son attention l'homme travailleur, la satisfaction de ses besoins matériels et culturels. Au cours du 6e plan quinquennal également, bien que les tâches fixées n'aient pas été entièrement réalisées, le pouvoir d'achat et le revenu réel par tête d'habitant se sont élevés dans les villes comme dans les campagnes, l'approvisionnement en produits de consommation courante s'est accru graduellement, les conditions de logement des travailleurs ont été améliorées. Les prix des produits alimentaires et industriels, des combustibles, de l'énergie électrique, les loyers et tarifs des services à l'intention de la population n'ont connu aucune hausse. Le fonds social de consommation s'est accru de 20 pour cent, ce qui s'est traduit, pour chaque famille, par un gain annuel de 4 000 leks environ.

L'essor que connaîtront l'industrie, l'agriculture et les autres branches de l'économie au cours du 7e quinquennat permettra de garantir et d'élever encore le niveau de vie matériel et culturel de la population. En dépit du grand programme d'investissements et de dépenses engagés pour le développement de l'économie et l'augmentation de la norme d'accumulation, qui passera, de 30 pour cent environ qu'elle était dans le 6e quinquennat, à 31-33 pour cent dans le 7e quinquennat, le revenu réel par tête de la population augmentera de 8-10 pour cent. Cet accroissement sera, dans les campagnes, deux fois plus rapide que dans les villes. Les produits de consommation courante augmenteront de 33-35 pour cent et les services à l'intention de la population, de 45-47 pour cent. Celle-ci sera encore mieux approvisionnée en viande, poisson, œufs, légumes, pommes de terre et fruits. Des améliorations sont également prévues dans la structure des marchandises de consommation courante et dans la mise en vente d'articles durables, afin de faciliter les conditions d'existence et d'améliorer la qualité de la vie dans les familles.

Afin d'atteindre les objectifs fixés en matière de bien-être, le travail et les efforts doivent porter en premier lieu sur les tâches visant à accroître la production et son efficience dans l'industrie, dans l'agriculture et dans les autres branches et secteurs. Il faudra, en particulier, être attentif aux exigences des lois qui régissent la production et la répartition, la circulation des marchandises et de l'argent en régime socialiste et y répondre. La productivité du travail doit augmenter plus rapidement que le revenu par tête d'habitant, le revenu national s'accroître plus vite que le pouvoir d'achat de la population, lequel doit être couvert non seulement globalement par la quantité des marchandises et des services, mais aussi par une structure adéquate des marchandises et services qui satisferont ses besoins. La violation de ces proportions entraînerait aussi des perturbations dans la circulation monétaire, laquelle ne peut être conçue et mise en œuvre sans être rattachée à la production, à la circulation des divers produits et marchandises, à la création et à la répartition des revenus.

Les travailleurs du commerce ont d'importantes tâches à remplir pour mieux servir la population et satisfaire ses exigences et ses besoins quotidiens. Ils doivent améliorer radicalement leur travail, collaborer plus étroitement avec les autres organes de l'économie, procéder à des études approfondies, organiser un commerce cultivé, élever leur rôle actif dans la production et dire halte aux produits de qualité médiocre. Tant le commerce d'Etat que les coopératives devront consacrer une attention particulière à la vente des produits alimentaires dans les campagnes, afin d'appuyer comme il sa doit les initiatives et les mesures prises récemment pour réduire encore la parcelle individuelle des coopérateurs et regrouper leur bétail en troupeaux.

L'amélioration des conditions de logement du peuple a été et demeure une question importante de la politique du Parti en matière de bien-être. Aujourd'hui quelque 80 pour cent de la population vivent dans des logements construits sous le pouvoir populaire. Au cours du 6e quinquennat, l'Etat et la population elle-même ont construit plus de 56 000 appartements et maisons d'habitation. Pour mieux résoudre les problèmes du logement qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour, il est indispensable de hâter les rythmes de construction. C'est pourquoi le 7e plan quinquennal prévoit la construction de plus de 80 000 appartements et logements nouveaux où habiteront plus de 400 000 personnes. Les loyers, bien qu'étant les plus bas au monde, n'ont pas été et ne seront pas relevés.

Les organes des services communaux ont de grandes tâches à remplir pour bien entretenir cette richesse qui s'accroît et se diversifie d'année en année. Mais il leur incombe des tâches encore plus importantes pour étendre les services à l'intention du peuple, pour en améliorer très nettement la qualité et en réduire le coût, et surtout pour élargir les services communaux et de réparations dans les campagnes. Les comités exécutifs des districts, qui souvent se concentrent principalement sur la réalisation des plans ide production, devront assumer une plus grande responsabilité et témoigner plus d'intérêt à ces problèmes et à d'autres encore, qui concernent la vie quotidienne de la population.

L'instruction et la culture des travailleurs, la sauvegarde et la consolidation de leur santé ont été et demeurent au centre de l'attention de notre Parti et de notre Etat socialiste. L'élévation du niveau d'instruction et de culture des masses constitue une condition et une base solide du progrès économique et social de tout le pays, du renforcement de la défense de la Patrie, de l'amélioration continue des conditions de vie de la population. Les possibilités d'accroissement du savoir et de 'la culture représentent un grand potentiel pour la réalisation des plans actuels et futurs, pour le progrès technique et scientifique vers de nouvelles cimes. Aussi le 7e plan quinquennal prévoit-il un nouvel essor de l'éducation, de la culture et de la science.

Le nombre des élèves de l'enseignement secondaire s'accroîtra sensiblement. En dehors des enfants des villes, cet enseignement englobera dans une mesure toujours croissante les enfants des campagnes. Les écoles secondaires professionnelles seront agrandies et spécialisées pour mieux répondre au développement impétueux de l'économie, à la création de nouvelles branches et à l'introduction de technologies nouvelles dans la production. Au cours des cinq années à venir quelque 160 000 personnes recevront leur diplôme de fin d'études dans toutes les catégories d'écoles secondaires, en regard de 113 000 pendant le quinquennat écoulé.

Un soin particulier sera consacré au développement de l'enseignement supérieur, où le nombre des étudiants augmentera de 45 pour cent par rapport au 6e quinquennat. De nouvelles spécialités seront créées, la qualification et la spécialisation post-universitaires seront étendues.

Parallèlement à l'enseignement, de nouveaux pas en avant seront faits dans les divers secteurs de la culture afin que leurs activités pénètrent profondément parmi les masses et servent mieux leur éducation. La publication d'ouvrages politiques, scientifiques, techniques et artistiques sera encore accrue. Le tirage total des livres publiés sera supérieur d'un million d'exemplaires à celui atteint au cours du quinquennat précédent. Le cinéma connaîtra un nouvel essor. Le réseau de radio-télévision sera élargi grâce à l'installation de stations de retransmission et de relais qui couvriront toutes les zones du pays. Au cours du 7e quinquennat la télévision commencera à émettre des programmes en couleur. De nouveaux musées seront mis sur pied dans les villes et les villages en vue de promouvoir l'éducation révolutionnaire et patriotique des travailleurs, cependant que les musées existants seront enrichis. Citons, entre autres importantes réalisations en ce domaine, le Musée historique national de Tirana, le Musée de Skanderbeg à Kruje et le Musée de la culture matérielle populaire à : Shkoder.

Au cours de ce quinquennat les fonds destinés au développement de la culture physique et des sports seront encore accrus. On aménagera de nouveaux terrains de jeu, et construira de nouveaux palais des sports et stades. Ces équipements contribueront à l’aguerrissement physique et à la récréation de la jeunesse, à sa meilleure préparation pour le travail et la défense. Les sportifs répondront à cette sollicitude que leur témoigne le Parti en réalisant de meilleures performances.

Sous le pouvoir populaire une véritable révolution, a été accomplie dans le domaine de la protection de la santé du peuple. Le réseau des institutions sanitaires a beaucoup été élargi, le service médical n'a cessé de s'améliorer et les autres mesures tendant à la protection et à la consolidation de la santé du peuple ont été intensifiées. Au cours du 7e quinquennat on poursuivra dans cette voie féconde. Les mesures prophylactiques seront encore étendues et améliorées dans les villes et surtout dans les campagnes. Un soin particulier sera attaché à l'amélioration des services sanitaires afin d'élever la qualité des soins et de l'assistance médicale et de renforcer les mesures pour la protection de la santé de la mère et de l'enfant, d'abaisser la mortalité des enfants, âgés de moins d'un an. La décision consacrant la prolongation du congé pré et postnatal à près de six mois contribuera à cette fin.

Notre pays connaît une croissance dynamique de la population, une structure démographique où prédominent les couches jeunes et une population toujours active et fraîche. Le Parti s'est employé constamment à fonder l'étude et la direction des processus démographiques sur des bases plus scientifiques, afin que la population continue de croître à des rythmes adéquats.

Non seulement le chômage et l'émigration économique sont inconnus dans notre pays, mais le développement dynamique des forces productives et des activités sociales et culturelles y requièrent toujours de nouvelles forces de travail. Toutes les nouvelles forces, soit quelque 210 000 personnes qui accéderont au cours de ce quinquennat à la vie active, seront engagées principalement au travail dans la production. L'affectation de nouvelles forces de travail aux divers secteurs exige des études approfondies de la part de la Commission du Plan d'Etat, du Comité d'Etat pour le travail et les salaires, des autres départements ministériels, des comités exécutifs des conseils populaires des districts, et des entreprises et des coopératives agricoles elles-mêmes.

Naturellement, le Parti et l'Etat s'efforceront de créer des fronts de travail là où vivent les gens, mais cela dépend aussi beaucoup de la répartition des ressources et des richesses naturelles. Aussi les nouvelles forces de travail seront-elles en partie engagées là où le pays a besoin d'elles et où s'ouvrent les plus larges fronts de travail. Ce processus doit être mieux soutenu par l'essor des centres urbains, par le développement des transports, l'amélioration des conditions de travail, l'ajustement du système salarial de manière à stimuler l'embauche même dans les zones lointaines ou dans de difficiles conditions de travail.

6. Perfectionner la direction de l'économie et élever son efficience

La direction et l'organisation constituent un élément fondamental du travail, que nous devons parfaitement maîtriser pour faire bien marcher les choses partout, dans l'économie, l'éducation, la science, la culture, dans tous les domaines de l'activité sociale.

Dans les conditions actuelles, notre économie, étant devenue une grande économie diversifiée, ne peut être dirigée et menée de l'avant avec des conceptions et des pratiques surannées. Il est impossible aujourd'hui de travailler avec des vues empiriques et praticistes étroites. La direction et l'organisation doivent s'appuyer sur des connaissances et un savoir approfondis, sur des principes et des critères scientifiques solides qui émanent des lois du développement économique et social.

La direction de l'économie sur la base de ces lois exige que les problèmes du développement des forces productives soient considérés toujours en étroite liaison avec leurs aspects sociaux, avec toutes les composantes de notre vie socialiste. Cela implique la mise en œuvre planifiée et bien conduite d'une action conjuguée des forces productives et des rapports économiques et superstructurels, dont nous affirmons la nécessité, mais que parfois nous oublions ou survolons dans la pratique. Ces manifestations nocives, doivent être combattues et éliminées, car elles risquent de permettre un type de direction s’inspirant de l'économisme et du technocratisme. 

Notre économie nationale en tant qu'économie socialiste unique, est dirigée conformément au principe du centralisme démocratique et au plan général d'Etat. Quand ce principe est tant soit peu affecté par l'entrée en jeu d'intérêts particuliers et étroits, c'est, que les directives du Parti, les lois de l'économie et les règles de notre Etat socialiste n'ont pas été bien comprises et appliquées. Aussi faut-il combattre les tendances à considérer les problèmes dans le cadre étroit d'un ministère et à mener un travail clos au niveau d'un district ou d'un organisme. La collaboration, la coordination du travail sur les divers problèmes doivent être renforcées suivant la ligne et la politique du Parti afin qu'une rapide solution soit apportée aux problèmes sur la base des compétences attribuées à chacun.   

L'essentiel est que chacun, se guidant sur la ligne, la politique et l'idéologie du Parti, réalise les tâches qui lui sont assignées, qu'il s'en acquitte dignement, fasse preuve d'initiative et de persévérance et assume la pleine responsabilité du travail qu'il accomplit ou du secteur qu'il dirige. La demande et la reddition de comptes imposées à chacun sur la réalisation des tâches du plan, dans le cadre des compétences et des fonctions qui lui sont assignées, est une norme qui émane de notre ordre social, du principe du centralisme démocratique. Cette norme doit être appliquée à toutes les instances sans aucune concession, sans permettre aucune sorte de libéralisme ou de sentimentalisme petit-bourgeois.

Le Parti a souligné constamment que le socialisme est l'œuvre des larges masses travailleuses qu'il conduit. D'où la nécessité objective pour celles-ci de participer activement à la direction de la vie du pays, d'acquérir l'art de la gestion de l'économie. Cette question de principe doit être profondément ancrée dans l'esprit et la conscience de tous. Pour que les choses aillent de l'avant, il faut faire en sorte que tous les travailleurs disent leur mot, qu'ils expriment leur pensée et leur jugement, qu'ils critiquent les défauts et dénoncent tous ceux qui violent les règles et la discipline d'Etat.

Dans l'organisation et la direction scientifique de l'économie, l'élaboration de plans réalistes et mobilisateurs, fondés sur de vastes études relatives aux problèmes actuels et à long terme, sur des synthèses et des analyses approfondies, revêt une particulière importance. Il convient également de mener un travail plus attentif au cours de l'exécution même du plan, en résolvant correctement et promptement les problèmes qui se font jour. Certes, le plan est une loi et son exécution, un devoir d'Etat, mais ce n'est pas une raison pour ne pas procéder à des modifications éventuelles en vue d'en améliorer les indices chaque fois que cela s'avère nécessaire et possible.

Il faudra veiller plus attentivement au contrôle de l'exécution du plan. Ce doit être un contrôle vivant, opérant et quotidien, qui non seulement constate les défauts et les faiblesses, mais achemine les questions vers leur solution sur place. Il convient surtout de renforcer le contrôle intérieur, économique, financier et technique dans les entreprises économiques et dans les coopératives agricoles. Les organes des Finances et de la Banque d'Etat doivent procéder à un minutieux contrôle financier en lui conférant la place qui lui est due et accroître leur rôle actif dans la production, la circulation et les services, tout en utilisant avec plus d'efficacité et dans la juste voie les autres leviers de notre mécanisme économique.

Le travail de direction et d'organisation exige, pour être renforcé, que soient apportées aussi les améliorations qui s'avèrent indispensables dans les structures existantes des organes d'Etat et dans les divers organismes de l'économie. De même que nous luttons pour accroître la production et en perfectionner la technologie, de même nous devons agir pour modifier les formes et les méthodes surannées de direction, en mettant en application de nouvelles structures et formes plus efficaces, plus vivantes et moins dispendieuses.

Le travail de direction et d'organisation doit tendre à accroître la production et à élever la rentabilité des dépenses dans tous les domaines de l'activité économique. Au cours du 7e quinquennat le revenu national s'accroîtra plus rapidement que la production sociale ; son augmentation sera assurée dans la mesure de 46 pour cent par l'élévation de la productivité du travail ; dans l'industrie et dans les constructions, la productivité du travail augmentera deux à trois fois plus vite qu'au cours du quinquennat précédent ; l'accroissement du revenu net dans les entreprises sera réalisé, pour la plus grande part, grâce à la diminution des prix de revient, dans la production, dans les travaux de construction et dans les services.

De l'accomplissement de ces objectifs dépend dans une grande mesure le développement harmonieux et proportionné de l'ensemble de notre économie, la réalisation des rythmes prévus et de toutes les tâches du plan par nos propres moyens. Les voies de leur réalisation doivent être recherchées, dans la sphère de la production, à travers l'approfondissement de la révolution technique et scientifique, l'extension de la mécanisation, le renforcement de la discipline et la parfaite utilisation du temps de travail, la baisse du coût de production, l'utilisation rationnelle de la base matérielle et technique, partant, à travers la découverte et l'exploitation de toutes les réserves intérieures de l'économie, en s'appuyant puissamment sur l'expérience avancée et sur les acquisitions de la science et de la technique.

Un travail de qualité et à haut rendement est le facteur décisif d'une efficience accrue de la production et du progrès de l'économie dans son ensemble. Cela exige un plus haut degré de qualification des travailleurs, Le développement de leur esprit d'initiative et créateur, leur prise de conscience de l'importance des tâches du plan et des possibilités de les réaliser.

Un autre problème important qui influe directement sur la direction et sur l'organisation de l'économie ainsi que sur l'accroissement de son efficience est celui qui concerne l'extension et le renforcement de la coopération dans tous les domaines de l'activité économique et sociale. C'est là une tâche dictée par l'accentuation même de la division sociale du travail et le resserrement des liens économiques. La production s'est enrichie de nombreuses branches et activités, les forces productives se sont étendues dans tout le pays. La spécialisation des activités productives s'est accentuée et la science et la technique ont progressé. Dans ces conditions, une imparfaite coopération et collaboration pour la solution des divers problèmes non seulement empêchent de mettre à profit les avantages de l'économie socialiste en tant qu'économie unique, mais elle en entrave aussi le prompt développement.

Dans ce cadre, il est exigé que le principe de l'appui sur ses propres forces soit compris et appliqué de façon plus parfaite et approfondie dans l'économie comme dans tout autre domaine. Dans ses rapports avec le monde extérieur, notre pays applique ce principe comme un seul corps, c'est-à-dire que, de front, toutes les branches et tous les secteurs de l'économie s'astreignent à assurer à tout prix l'indépendance et le développement ininterrompu du pays. Sur le plan intérieur, l'appui sur ses propres forces doit être compris par les différentes branches économiques, les districts, les entreprises et les coopératives, comme une lutte menée côte à côte, dans une puissante solidarité socialiste, une coopération et une collaboration étroites et multilatérales, pour la réalisation des tâches du plan unique et général d'Etat.

La voie que suit notre économie est une juste voie marxiste-léniniste. On en a un témoignage clair et concret dans sa stabilité, sa vitalité et son dynamisme. Ces traits fondamentaux de notre économie socialiste seront encore consolidés et accentués grâce à la lutte et aux efforts de la classe ouvrière, de la paysannerie coopérée et de l'intelligentsia populaire, sous la conduite du Parti, pour traduire dans les faits les objectifs du 7e plan quinquennal que nous approuvons à ce Congrès.



II

RENFORCER SANS CESSE LE PARTI, AUGMENTER TOUJOURS PLUS L'EFFICACITE DE SON TRAVAIL

Notre Parti du Travail, indéfectiblement fidèle aux principes du marxisme-léninisme, a combattu avec détermination les ennemis du dehors et du dedans. Plongeant de profondes racines dans son peuple, qui lui a donné le jour et l'a élevé, il l'a guidé avec sagesse et clairvoyance, de victoire en victoire à chaque étape de la .révolution et de l'édification socialiste du pays.

Notre Parti s'est aussi acquitté avec honneur des grandes tâches, difficiles et complexes, que lui avait fixées son VIIe Congrès. Dans la lutte et le travail qu'il a menés pour l'accomplissement de ces tâches le Parti s'est renforcé et cimenté encore plus lui-même, il a rehaussé son rôle de direction et son esprit combatif, révolutionnarisé la vie et l'activité de ses organisations de base, de ses instances et de ses membres, trempé l'unité d'acier de ses rangs et resserré ses liens étroits avec les larges masses du peuple.

La mobilisation générale des communistes et du peuple tout entier en vue d'appliquer les tâches que le Parti ne cesse de poser, les grands mouvements et actions révolutionnaires, ainsi que la magnifique solidarité populaire des gens de chez nous, sont une claire expression de cette unité monolithique du Parti et du peuple rassemblé autour de lui. Cette unité a été et demeure le facteur déterminant, la clé de toutes nos victoires remportées dans l'édification socialiste et dans la défense de la Patrie.

La lutte incessante qu'a menée et que mène le Parti pour révolutionnariser ses rangs grâce au travail d'élévation du niveau idéologique, politique et culturel de ses membres, à leur activité plus intense en tant que militants politiques et sociaux, et au renforcement de sa composition prolétarienne, a servi à le consolider et à rehausser son rôle de direction. Dans les rangs du Parti milite toute une armée de communistes qui se sont montrés irréductiblement fidèles à sa juste ligne dans toutes les situations que nous avons connues. Les communistes albanais ont, comme toujours, lutté et œuvré avec un courage et un optimisme révolutionnaires, ils se sont montrés d'excellents organisateurs, éducateurs et dirigeants des masses.

L'intensification de la lutte contre les manifestations de libéralisme et de bureaucratisme dans la vie des organes et des organisations de base du Parti, l'élimination des séquelles des menées hostiles dans certains secteurs de l'économie, dans l'art, la culture et l'armée, menées qui avaient pour objectif d'évincer le Parti de son rôle dirigeant, le respect et l'application de ses principes et de ses normes dans tous les domaines, ont encore élevé son esprit combatif, l'ont encore plus mûri, l'ont rendu plus apte et plus décidé à mettre en pratique les nouvelles et grandes tâches auxquelles nous sommes confrontés dans la voie de la construction socialiste du pays.

1. Renforcer et parfaire encore le rôle dirigeant du Parti

L'expérience des quarante années d'existence de notre Parti atteste que seul un parti solidement fondé sur la science marxiste-léniniste peut devenir le véritable dirigeant de la classe ouvrière, réaliser son hégémonie et garantir le triomphe de la révolution et l'édification de la société socialiste. Notre Parti s'est tenu et se tient toujours à la pointe de la lutte et du travail des masses, c'est lui qui dirige partout, dans la politique et l'idéologie, dans le pouvoir et l'économie, dans l'enseignement, la culture et les sciences, dans l'armée et dans tous les autres secteurs du pays. Aucun problème, simple ou complexe, actuel ou à long terme, ne saurait être résolu sans la direction du Parti. Cela a été et demeure pour nous une loi. C'est dans la direction unique et sans partage du Parti que résident la source de toutes les victoires de la construction socialiste et le gage le plus sûr de l'avenir radieux que nous édifions.

Ce n'est pas par hasard que le Parti se porte et se maintient à la direction. Il assure son rôle dirigeant grâce à sa juste ligne, à sa lutte et à son travail opiniâtres pour mettre en œuvre cette ligne. Se fondant sur la théorie de la classe la plus avancée de la société, le prolétariat, sur la doctrine marxiste-léniniste, sur les lois du développement matérialiste de la société, le Parti a une large vision, une pensée élaborée et scientifique, il voit clair en toute situation, il saisit le présent, prévoit l'avenir et sait prévenir les situations, en définissant et en appliquant toujours une stratégie et une tactique révolutionnaires qui répondent aux intérêts de la classe ouvrière et des masses travailleuses.

Le Parti réalise son rôle de direction partout et en toute chose à travers ses organisations de base et ses membres. Mieux l'idéologie et la ligne politique du Parti en général, et chacune de ses décisions et directives en particulier, sont assimilées et appliquées par chaque organisation et chaque membre, plus le Parti et ses liens avec les masses se raffermissent, plus son rôle dirigeant s'élève à chaque maillon de l'édification socialiste.

Cela constitue une condition déterminante de l'accomplissement des grandes tâches qui se posent au stade actuel du développement du pays et dans la situation concrète où nous édifions le socialisme. Avec le Parti en tête, fort comme l’acier, vigilant et intrépide, la cause de la révolution et du socialisme est invincible.

Il importe en particulier de se former une conception plus claire et plus complète de la manière dont est mis en œuvre le rôle dirigeant du Parti à tous les niveaux et dans chaque domaine. Dans la pratique, certains comités, bureaux et organisations de base du Parti ont une conception étroite de cette question. D'aucuns pensent à tort que «le Parti, ce n'est que les appareils et les organes dirigeants» et non pas la grande masse organisée de la totalité des communistes. D'autres n'ont pas une parfaite compréhension du rôle dirigeant du Parti dans le système de dictature du prolétariat et, sous le mot d'ordre «Le Parti dirige tout», ils engagent les organisations, les comités du Parti et leurs dirigeants dans la solution concrète de menues questions de la production, de l'administration, de la technique, etc. Apparemment, tous ne comprennent pas comme il se doit que les affaires du Parti sont dirigées par tous les communistes, où qu'ils travaillent, que le Parti dirige en bloc, de façon organisée et centralisée, avec tous ses leviers, les organes d'Etat, les organismes économiques et les organisations de masse.

C'est la raison pour laquelle un certain nombre d'organes et d'organisations du Parti attachent, lorsqu'il s'agit de traiter et de résoudre divers problèmes, une plus grande attention à leur côté technique et administratif qu'à leur aspect politique et idéologique, aux problèmes de la politique économique, culturelle ou militaire du Parti, au travail auprès des gens, ce qui est même leur tâche principale. Des jugements et des pratiques de ce genre conduisent à la monopolisation des affaires, freinent l'initiative des cadres et des masses, suscitent la superposition de ces organes et organisations aux leviers du Parti; ou l'éviction de ceux-ci, affaiblissent et étiolent le rôle dirigeant même du Parti.

Notre Parti a toujours conçu et rempli judicieusement son rôle dans le système de dictature du prolétariat. Aussi est-il très important de comprendre, et de traduire toujours mieux cette compréhension dans les faits, que le travail du Parti ne se réduit pas seulement à celui de ses organes et organisations de base, et encore moins à celui de leurs appareils. Les organes d'Etat, les organismes économiques, les commandements et les états-majors dans l’armée, les organisations de masse, tous les cadres et les travailleurs, qu'ils soient ou non communistes, font eux aussi un travail de parti, et cela parce que tous sont guidés par l'idéologie et la ligne du Parti, parce qu'ils appliquent les lois, les règlements et les plans de l'Etat, qui incarnent précisément cette ligne.

Cela ne diminue nullement, cela n'affaiblit pas l'entière responsabilité des organisations du Parti, leur rôle de direction pour tous les problèmes. Mais elles ne peuvent s'acquitter seules de toutes les tâches. C'est pourquoi les organisations du Parti Casent des tâches à ses leviers, elles les mobilisent, leur découvrent des perspectives, les dirigent dans leur travail, exercent leur contrôle sur eux et leur demandent des comptes sur le scrupuleux accomplissement de leurs tâches. Les instances et les organisations de base du Parti, à travers les communistes qui y militent, œuvrent à assurer la prise de conscience de ces leviers et à les mettre en mouvement afin qu'ils s'acquittent de façon révolutionnaire et avec esprit d'initiative des fonctions, des tâches et des responsabilités qui leur incombent.

Ces questions doivent être bien comprises non seulement par les organisations du Parti, mais aussi par ses leviers et par chaque cadre. Le Parti a fixé à chacun ses tâches, ses compétences et ses responsabilités. Il donne ses orientations à tous, exerce son contrôle sur tous et demande des comptes à tous. Mais chacun doit assumer ses tâches, agir avec esprit d'initiative et persévérance et, selon les compétences qui lui ont été attribuées, dans le cadre de la ligne du Parti, assumer la pleine responsabilité des tâches qui lui ont été assignées dans le secteur qu'il dirige. De ce point de vue, on doit considérer comme erronées les tendances observées dans la pratique, chez certains organes d'Etat et organismes économiques, qui, dans leur prétendu souci d'assurer le rôle dirigeant du Parti, demandent l'avis et l'autorisation des organisations et des instances du Parti pour n'importe quoi, cherchent à légaliser leur action en se les associant. Mais ce n'est pas ainsi que l'on assure le rôle dirigeant du Parti, c'est là une tendance à partager les responsabilités avec l'organisation du Parti.

Les organes d'Etat et les organismes économiques, les organisations de m'asse et leurs cadres ne sont pas apolitiques, ils ne s'occupent pas seulement de questions techniques, agrotechniques, militaires, etc. Eux aussi travaillent et combattent en se fondant sur la ligne du Parti pour la mettre en pratique. Certes, l'organisation du Parti a sa part de responsabilité quand elle permet à certains dirigeants et administrateurs de ne pas accomplir la tâche qui leur a été fixée. Elle doit les aider, les orienter, les éduquer, les corriger, les placer aussi devant leurs responsabilités et, le cas échéant, remettre à leur place tous ceux qui cherchent à en faire à leur tête, que ce soit à l'ombre de l'organisation de base ou en se prévalant de leur qualité de membre du Parti. Ainsi les risques d'erreurs diminuent et les cadres grandissent en même temps que leur sentiment de responsabilité dans le travail.

Les organisations du Parti s'occupent et doivent s'occuper de toutes les questions, des problèmes de l'économie, de la culture, de la défense, ce toute la vie du pays, sinon elles ne peuvent rester à la tête et diriger. Leur capacité consiste à savoir, à un moment donné, se saisir des questions essentielles, leur apporter des solutions judicieuses, bien fondées et argumentées, vérifier comment la ligne et les directives du Parti sont comprises et appliquées par les communistes, les cadres, les organes économiques et d'Etat, les organisations de masse, et leur demander des comptes quand ils ne s'acquittent pas de leur tâche. C'est de cela que l'organisation du Parti est directement responsable, c'est sur ces questions qu'elle doit porter le meilleur de son attention et non pas s'employer elle-même à résoudre de petits problèmes concrets pour la solution desquels le Parti a créé des organes et des organismes particuliers.

Le travail du Parti est au premier chef un travail auprès des gens, un travail d'éducation, d'explication, de mobilisation et d'organisation. Il ne faut jamais l'oublier, sinon le Parti s'écarte de sa tâche et de sa fonction dirigeante essentielle, il se convertit en un organisme opérationnel et assume des fonctions d'Etat. C'est là un grand danger pour un parti qui est au pouvoir. Nous avons depuis longtemps attiré l'attention sur ce danger afin de n'en jamais permettre l'apparition.

La force invincible de notre révolution, de l'ordre social socialiste, réside dans les masses du peuple, dans leur haute conscience politique, dans leur disposition et détermination à construire et a défendre le socialisme. C'est là l'œuvre glorieuse du Parti et cette œuvre le Parti se doit de la consolider et de la porter toujours en avant à travers son travail idéologique, politique et organisationnel.

Pour cela, il est nécessaire que les organisations du Parti, tous les communistes, se fondent avec les masses et travaillent sans répit en leur sein, connaissent bien leur état moral et politique, se tiennent toujours au courant des problèmes qui les préoccupent, qu'Us leur expliquent les situations, les convainquent de l'importance des tâches à remplir, leur fassent clairement comprendre les directives du Parti et les lois de l'Etat. Il leur est demandé d'éduquer les masses selon la conception du monde et la morale communistes, de combattre toutes survivances et manifestations étrangères au socialisme, de veiller à la vie des masses, d'encourager et d'appuyer leur créativité et leurs initiatives, de les mobiliser et de les lancer dans des actions pour renforcer l'économie, la culture et la défense ce la Patrie.

2. Elever l'efficacité du travail du Parti et le sentiment de responsabilité de ses organes et organisations

Le stade actuel du développement impétueux et général, les tâches considérables et hardies posées et à résoudre exigent que le niveau et l'efficacité du travail du Parti à tous les échelons et dans tous les domaines soient portés à un plus haut degré. De travail du Parti est vaste et multiforme, politique, idéologique, organisationnel, administratif, économique, psychologique, c'est un travail harmonisé et synthétisé qui doit être accompli en tant que tel. Son efficacité se mesure aux résultats concrets dans la réalisation des tâches au niveau de chaque secteur de l'activité sociale.

Dans la pratique, on constate parfois une conception étriquée du travail du Parti. Certains organes et organisations de base du Parti perdent de vue la perspective, se bornent à effleurer les problèmes, s'appuient seulement sur les connaissances pratiques, sans confronter leurs vues avec l'expérience et la pensée avancées, avec les transformations intervenues dans la vie du pays et des gens. Ces manifestations sont, dans la plupart des cas, à l'origine de l'inexécution des plans économiques ou des carences constatées dans le travail de certaines entreprises et coopératives agricoles, ainsi que de quelque district.

De nos jours tout travail nécessite de la culture, du savoir, des compétences et des connaissances scientifiques. Nous répétons souvent que nous sommes obligés d'avancer sur des sentiers inexplorés, que nous sommes contraints de chercher et de créer. Or nous ne pouvons le faire avec succès sans avoir acquis des connaissances approfondies dans la théorie marxiste-léniniste et sans une étude et une synthèse scientifiques de la pratique révolutionnaire des communistes et des masses travailleuses. A l'heure actuelle, les problèmes de la production, de l'organisation du travail, de l'enseignement et de la culture, de la science et de la défense, ne peuvent être résolus judicieusement et avec bonheur sans de sérieuses études préalables. Des études de ce genre sont également nécessaires pour le travail de direction, d'organisation et d'éducation mené par le Parti. Les études et les synthèses élargissent l'horizon et ouvrent de claires perspectives aux organisations du Parti, aux communistes et aux travailleurs, elles aident à combattre les manifestations de routine, de formalisme et de superficialité, à créer de saines convictions et à définir correctement les mesures à prendre et les voies à suivre pour accomplir les tâches actuelles et à long terme.

Les organes et les organisations du Parti doivent mieux mettre à profit la pensée qualifiée des spécialistes, des activistes et des autres personnes compétentes que le Parti a formées dans chaque secteur. Il leur est demandé d'appuyer et d'inspirer la pensée scientifique avancée, de la faire servir à la parfaite réalisation des tâches. Ils doivent combattre les manifestations de sectarisme et de sous-estimation de l'expérience et de la pensée avancées. Les communistes eux-mêmes doivent être les premiers à donner l'exemple. Un bon communiste s’attache à approfondir ses connaissances scientifiques, il s'instruit sans cesse lui-même et auprès des autres, il suit le développement de la société, il appuie le nouveau progressiste et pense à l'avenir.

Le travail du Parti ne se réduit pas à un travail d'agitation et de propagande en vue d'éclairer et de convaincre les gens, c'est aussi un travail d'organisation et de mobilisation pour taire appliquer sa ligne et ses directives. Le travail du Parti consiste à diriger, à éduquer et à mobiliser les communistes et les masses pour des actions révolutionnaires, à les faire penser, travailler et lutter en révolutionnaires.

Le Parti a combattu les pratiques étriquées dans le travail de certains organes et organisations de base, qui accordent plus d'importance aux réunions, aux rapports et aux débats répétés et prolongés qu'à la claire définition des tâches à accomplir et des mesures concrètes à prendre en vue de leur mise en œuvre. Cela explique pourquoi, dans un certain nombre de cas, dans tel ou tel secteur, malgré le grand nombre de réunions organisées pour analyser l'état de choses, les problèmes ne sont pas résolus et la situation reste inchangée.

L'expérience a montré que l'on résout les problèmes et accomplit les tâches fixées non seulement en faisant appel à la conscience des communistes et des travailleurs, mais aussi en accompagnant la réalisation des objectifs et le travail de persuasion des hommes, de mesures plus générales, d'un travail d'organisation et de direction concret, en exerçant un contrôle et en demandant à chacun de rendre compte de son travail. Les mesures politico-idéologiques et technico-organisationnelles constituent une unité dialectique, elles éduquent et mobilisent les hommes et les lancent dans des actions révolutionnaires.

Le perfectionnement du rôle davant-garde des communistes a été et demeurera à l'avenir une des tâches principales des organes et des organisations de base du Parti. Dans les conditions actuelles en particulier, les communistes ont pour devoir de se montrer plus exigeants vis-à-vis d'eux-mêmes pour être dignes de leur titre de communiste, de combattre toute manifestation étrangère au socialisme en eux-mêmes et chez les autres, d'être des éléments avancés à tous égards. Les membres du Parti doivent se signaler par leur détermination révolutionnaire et leur participation active au combat quotidien pour l'édification du socialisme et la défense de la Patrie, ils doivent se porter sur le front le plus ardu et le plus important du travail et de la lutte, se montrer des organisateurs et des dirigeants de talent, et agir avec une pleine responsabilité en vue d'appliquer la ligne du Parti.

Les masses appliquent les décisions de l'organisation du Parti, elles suivent les communistes lorsqu'ils conforment leurs actes à leurs paroles, lorsqu'ils pensent, travaillent et se sacrifient dans l'intérêt des travailleurs, du socialisme et de la Patrie. Etre communiste et révolutionnaire signifie assumer et accomplir de grandes tâches, ne pas marquer le pas, ne pas se contenter des rythmes ordinaires, lutter pour des progrès rapides sur tous les fronts, se rallier toujours au nouveau et le défendre.

Le travail du Parti est fructueux lorsque les organisations du Parti, tous les communistes, développent largement en eux l'esprit d'initiative, de création, d'innovation. A cet égard, on observe partout une expérience et de nombreux exemples positifs. Néanmoins, il est nécessaire que dans un certain nombre d'organisations du Parti, chez certains cadres et communistes des entreprises et des coopératives agricoles, des institutions et des départements centraux, on combatte les pratiques attentistes, les lenteurs et les hésitations, le manque d'initiative dans la recherche d'une solution aux problèmes de leur ressort.

Les méthodes de travail, de direction et d'organisation ne sont pas données une fois pour toutes et immuables. La vie va de l'avant, notre société socialiste se développe sans arrêt, les conditions changent. Ce développement même exige de nous que nous soyons des créateurs et des novateurs, que nous mettions au point de nouvelles formes de travail, plus souples et plus variées, que nous les rénovions et les enrichissions sans cesse, afin de mieux répondre aux exigences de l'époque.

Un travail plus qualifié et plus efficace est nécessaire pour une analyse féconde des directives du Parti. C'est là une tâche fondamentale des organisations de base, de tous les communistes. Les directives du Parti expriment sa ligne, elles définissent les tâches qui incombent aux communistes et aux masses pour résoudre les divers problèmes. Une bonne expérience a été acquise dans le travail d'analyse des directives du Parti. Il faut toutefois combattre avec plus de force les manifestations de formalisme et de stéréotypie que l'on observe encore dans certains organes et organisations de base du Parti. Il arrive parfois que les directives et les décisions du Parti ne parviennent pas à la base, chez les hommes, avec le sérieux et la force qu'y ont mis le Comité central ou les comités du Parti des districts, elles sont transmises mécaniquement en bas, sans qu'il soit tenu compte des conditions concrètes dans lesquelles opère l'organisation du Parti, de sa situation et des tâches qu'elle doit accomplir.

Analyser fructueusement la directive du Parti, c'est expliquer sa nécessité et son importance du point de vue politique, idéologique et économique, définir les tâches qui se posent aux organisations du Parti, aux organisations de masse, aux organes du pouvoir, de l'économie, de la culture, etc., et cela conformément aux conditions concrètes de chaque district, zone, secteur et collectif, c'est fixer les voies à suivre et les mesures à prendre pour l'accomplissement de ces tâches.

L'engagement des masses dans des actions révolutionnaires pour l'application parfaite et créatrice des directives revêt une importance décisive. C'est là, dans le feu de cette lutte, qu'est démontré le bien-fondé de la directive du Parti, que lui sont apportés les compléments et les corrections nécessaires. C'est dans l'action et à travers elle que les communistes et les masses consolident leurs convictions sur le bien-fondé des directives du Parti, qu'ils s'éduquent et se trempent, expriment leur esprit d'initiative révolutionnaire, conforment leurs actes à leurs paroles, assurent des cadences élevées de travail en vue d'accomplir leurs tâches en temps voulu et avec la qualité requise. L'action de masse sert également à combattre les méthodes bureaucratiques et technocratiques, les lenteurs, le goût de la vie douillette et l'autosatisfaction, elle sert à animer partout la vie, le travail, les hommes.

Le travail du Parti devient efficace quand ses organes et ses organisations sont entièrement responsables de l'application de sa ligne, de l'accomplissement des objectifs du plan d'Etat. Faute de sentiment de responsabilité il ny a ni lutte ni efforts, il n'y a pas d'action révolutionnaire pour la solution des problèmes. On s'acquitte de ses tâches en luttant et travaillant avec dévouement et esprit de sacrifice, en s'y engageant totalement, en les réalisant jusqu'au moindre détail avec le souci de la qualité et de l'efficacité.

Il est de fait que l'immense majorité des organes et des organisations du Parti, des communistes et des cadres travaillent avec un sentiment de responsabilité élevé. Mais il se trouve aussi des organisations, des communistes et des cadres qui ne luttent pas opiniâtrement pour surmonter les difficultés et les obstacles, et pour accomplir leurs tâches. Les manifestations d'indifférentisme et de justification non fondée, la tendance à estomper les défauts et les faiblesses, traduisent seulement un manque de sentiment de responsabilité.

Le Parti doit lutter pour élever le sentiment de responsabilité non seulement dans ses propres rangs, mais aussi dans les organes et les organismes qu'il dirige, chez tous les travailleurs et les cadres. En élevant le sentiment de responsabilité collective de chaque organe et organisation de base du Parti et de leurs leviers, et le sentiment de responsabilité individuelle de chaque communiste et cadre, on garantit un meilleur accomplissement des tâches, en tout temps et dans tous les domaines.

Le sentiment de responsabilité se renforce lorsque s'accroît la demande de comptes à l'égard de chacun et qu'un contrôle rigoureux est exercé sur l'accomplissement des tâches. En dépit des améliorations réalisées en ce sens, on constate encore des manifestations de libéralisme et des attitudes sentimentales, un esprit de justification, des manifestations de sous-estimation du contrôle, de formalisme et de superficialité dans l'exercice de celui-ci. Parfois le contrôle et la demande de comptes laissent beaucoup à désirer du fait que les tâches et les décisions ont un caractère général et sont, de ce fait, incontrôlables.

Tout communiste et membre d'une instance, indépendamment de son poste et de sa fonction, doit rendre des comptes et en demander minutieusement quand il s'agit de l'application de la ligne et des directives du Parti, de l'exécution des décisions de son organisation de base et de l'accomplissement des tâches d'Etat. Cela est réalisé quand les communistes développent avec courage et sans hésitation l'autocritique ainsi que la critique envers quiconque ne réalise pas ses tâches, quand ils mènent une ferme lutte contre la pusillanimité, l'esprit vindicatif et l'indifférentisme petit-bourgeois. L'attitude autocritique des communistes envers leurs propres faiblesses, leur courage de critiquer et de demander des comptes, ont valeur d'exemple et constituent une grande source d'inspiration pour toutes les masses travailleuses.

Staline nous enseigne qu'un contrôle

« bien organisé est comme un projecteur qui permet à tout moment d'éclairer l'état du fonctionnement de l'appareil, de démasquer les bureaucrates et les paperassiers ». (J. Staline, Œuvres choisies, éd. albanaise, pp. 418-419, Tirana.)

Nous devons avoir cet enseignement constamment à l'esprit et le mettre en pratique de façon conséquente. Les organes et organisations du Parti ont pour devoir de vivifier et de renforcer le contrôle exercé par le Parti et par l'Etat, le contrôle ouvrier et celui des masses, de les développer sans interruption en les combinant entre eux. Le contrôle d'en haut, le contrôle parallèle ou celui d'en bas doivent absolument être plus opérants, accompagnés d'une aide concrète, ouvrir des perspectives, apprendre aux hommes à organiser leur travail, à se mobiliser et à affronter les difficultés dans l'accomplissement de leurs tâches.

3. Appliquer correctement les critères établis pour l'accroissement des rangs du Parti

Notre Parti a toujours appliqué avec fermeté et de façon révolutionnaire des critères justes pour l'accroissement de ses propres rangs. Il s'en est trouvé renforcé et l'efficacité de son travail a été rehaussée.

Le Parti se présente à ce Congrès avec des rangs grossis de communistes qui se battent résolument pour la cause du peuple, de la révolution et du communisme, qui sont des prolétaires par la pensée et par l'action. Actuellement, dans ses effectifs militent 122 600 adhérents, dont 38 pour cent environ sont des ouvriers, 29,4 pour cent des coopérateurs et 32,6 pour cent des employés. Les femmes représentent 30 pour cent du total des membres, soit une augmentation de 2,5 pour cent par rapport au précédent congrès. Le pourcentage des communistes dans la population est de 4,5 pour cent. Quant aux stagiaires, il en a été admis depuis le VIIe Congrès 24 363, et la part des ouvriers, des coopérateurs et des employés y est respectivement de 42,40 ; 40.43 et 17,17 pour cent. Les camarades femmes, elles, représentent 40,7 pour cent du total des stagiaires.

Dans leur immense majorité, les membres et stagiaires proviennent de la production et surtout de ses fronts les plus importants. Ce sont des travailleurs des plus méritants, politiquement et idéologiquement des mieux formés, dotés de hautes qualités et vertus morales, d'un niveau d'instruction élevé, des combattants d'avant-garde, participants actifs à l'édification du socialisme.

Se fondant sur l'expérience acquise et sur la situation actuelle, le Comité central estime qu'il convient, à l'avenir également, de s'en tenir, pour l'accroissement des rangs du Parti, à peu près aux mêmes rythmes et critères qui ont été suivis ces cinq dernières années :

Admettre en priorité des activistes provenant des rangs de la classe ouvrière, surtout de ceux qui travaillent dans les principales branches de la production, dans l'industrie lourde, d'extraction et de traitement, dans les chantiers de grands travaux.

Mieux s'employer à hâter la réalisation de l'objectif fixé par le VIP Congrès afin que les communistes coopérateurs occupent, à l'avenir, le second rang, après les ouvriers, dans les effectifs du Parti. Admettre dans le Parti des éléments de la catégorie des employés et de l'intelligentsia dotés d'un haut niveau idéologique, politique et culturel, technique et scientifique, et provenant des secteurs les plus importants de la construction socialiste et de la défense.

S'attacher avec encore plus de soin à grossir la participation féminine dans le Parti.

L'application de ces orientations exige de la part des organes et des organisations de base du Parti un travail plus qualifié et mieux étudié en vue d'accroître les rangs du Parti. On doit combattre résolument les manifestations de formalisme et de bureaucratisme, tout souci exclusif de se conformer aux chiffres et aux pourcentages fixés.

La qualité des adhérents a été et demeure un facteur décisif dans la politique du Parti pour l'accroissement de ses rangs. Les stagiaires doivent être dotés d'un haut niveau de formation politique et idéologique, de grandes aptitudes et capacités, avancés dans leurs idées et leurs actions, posséder un vaste horizon culturel et technico-professionnel, jouir de la confiance et du respect des masses, avoir de l'initiative et se montrer des révolutionnaires conséquents. Nul ne doit être admis au Parti pour la simple raison que c'est un fils d'ouvrier, de paysan ou de communiste, ou pour les mérites de ses parents, chacun ne doit y être admis que pour ses mérites personnels, pour ses propres qualités et capacités. Et ces qualités et ces traits doivent être trempés encore plus par les organisations de base du Parti et par chaque communiste lui-même dans la lutte et l'action quotidiennes.

Le stage que doivent faire les futurs membres du Parti joue un grand rôle dans leur formation communiste. L'expérience accumulée doit servir à accroître le rôle et la responsabilité des organisations de base dans l'éducation idéologique et politique continue des stagiaires et dans leur trempe révolutionnaire. On doit combattre des pratiques observées dans certains cas, où l'on voit sous-estimer la période de stage et où les règles établies pour son accomplissement ne sont pas rigoureusement respectées.

4. Parfaire le travail du Parti auprès des cadres

Tout au long de son activité de quarante années, le Parti a toujours consacré une attention particulière à son travail auprès des cadres et il a poursuivi en cette question d'une importance vitale une politique juste, aux perspectives claires. Il a, durant cette période, formé pour toutes les spécialités, pour tous les domaines et secteurs de la vie, toute une armée de cadres qui se signalent par leurs hautes qualités et vertus morales, par leur maturité politique et idéologique, par leur fidélité et leur dévouement à la cause du peuple et du socialisme, par leurs aptitudes et leurs capacités dans l'accomplissement de leurs tâches.

Dans son travail auprès des cadres comme dans les autres domaines, le Parti a appliqué sa politique, il a défini clairement des orientations, des critères et des normes marxistes-léninistes. La politique des cadres est le monopole du Parti, elle est élaborée par son Comité central et appliquée partout sous la direction du Parti. C'est là une question de principe que tous doivent comprendre de façon juste. Mais, concernant ce problème, le Comité central du Parti a critiqué certaines interprétations étroites et corrigé certaines pratiques erronées observées dans le travail auprès des cadres. Le monopole du Parti dans la politique des cadres ne signifie pas que les problèmes qui les concernent doivent être traités seulement par les comités du Parti. Une vision confuse de ces questions ne peut manquer de conduire, comme elle l'avait fait, à une forte concentration du travail relatif aux cadres dans les organes et les organisations du Parti. Le Parti donne les orientations, définit les critères, établit les normes pour la formation, l'éducation, le choix et la nomination des cadres, mais ces orientations, ces normes et critères sont appliqués non seulement et directement par les comités du Parti, mais aussi par tous ses leviers, par les organes du pouvoir, de l'économie, de l'armée et des organisations de masse. Dans le travail auprès des cadres, le Parti a attribué des compétences à chaque organe, il lui a fixé aussi des tâches bien définies qui doivent être exécutées dans un esprit de responsabilité, de parti et scrupuleusement. Loin d'amoindrir tant soit peu le rôle et la responsabilité des organes et des organisations du Parti, cette pratique au contraire les consolide. De même qu'il dirige et contrôle le travail dans chaque secteur, ainsi le Parti dirige et contrôle l'application de sa politique dans le travail concernant les cadres.

Le Parti doit veiller avec le plus grand soin à utiliser judicieusement les cadres, à mieux mettre à profit leurs capacités intellectuelles et créatrices et à les engager totalement au service de la production, de l'éducation et de la défense. Les divers cadres et spécialistes doivent se voir assigner des tâches et être nommés à des fonctions qui correspondent à leur orientation, à leur spécialisation et à leur expérience, compte tenu toujours de leurs qualités moralo-politiques et de leurs aptitudes professionnelles. En particulier dans les établissements d'enseignement supérieur, dans les institutions qui se consacrent à la recherche scientifique, à l'étude de projets et à un travail de création, il faut choisir et nommer, dans la mesure indispensable et sans affecter le travail à la base et la production, les spécialistes les meilleurs, les plus talentueux, les plus capables et qui ont fait leurs preuves.

Dans la promotion des cadres il faut bien avoir en vue les exigences de notre temps. A toutes les fonctions, dans les organes élus comme dans ceux qui sont nommés, doivent être promus des cadres capables, qui soient en mesure de prendre en charge les affaires et de les diriger avec compétence. Faute de quoi, on ouvre la voie au bureaucratisme, à la routine, à la médiocrité. Les spécialistes promus à diverses fonctions dans le Parti, le pouvoir, l'économie et les autres secteurs, doivent, eux aussi, rester toujours des créateurs et ne pas se muer en de simples administrateurs au sens étroit du terme.

Le Parti a mené un travail particulier pour promouvoir des cadres provenant des rangs des travailleurs engagés directement dans la production, ainsi que des femmes. Dans les organes élus du Parti, du pouvoir et des organisations de masse, la catégorie la plus nombreuse est celle des travailleurs engagés dans la production. Parmi les cadres nommés, 33 pour cent sont d'origine ou de condition ouvrière, et les femmes et les jeunes filles représentent 44 pour cent des cadres supérieurs ou moyens. Afin de faire appliquer judicieusement les orientations données par le VIIe Congrès du Parti, le Comité central a attiré l'attention des organes et des organisations du Parti sur le fait que, parallèlement à la lutte contre le conservatisme, le sectarisme et le technocratisme, ils doivent combattre une application par trop formelle de ces orientations, juste pour respecter mécaniquement certaines proportions directrices, et ce au détriment de la qualité. A l'avenir aussi, nous élèverons des ouvriers et des femmes à de plus hautes fonctions, car c'est là une juste orientation. Nous ne le ferons pas seulement parce que ce sont des ouvriers et des femmes, mais parce qu'ils le méritent. Nous avons actuellement des centaines et des milliers de gens capables et expérimentés dans les rangs de la classes ouvrière, de la paysannerie coopérée et des femmes, qui réunissent toutes les conditions pour assumer de plus hautes tâches. Dans le cours même de leur travail, et avec l'aide de leurs camarades plus anciens et plus expérimentés, ils grandiront et deviendront des cadres qualifiés, comme beaucoup d'entre eux le sont effectivement devenus.

Vu la grande masse de gens instruits dont nous disposons, il faut rejeter comme n'étant nullement fondée l'idée que nous manquons de cadres, il ne faut pas permettre que les incapables restent à des fonctions qu'ils ne sont pas à même d'accomplir, ni non plus compter seulement sur certains éléments et procéder à des mutations sans critères, comme on le fait parfois. A l'avenir aussi, comme jusqu'à présent, le Parti doit se montrer hardi dans la promotion des nouveaux cadres. Quant à la répartition par groupes d"âge, 38 pour cent des cadres sont âgés de moins de 30 ans, 34 pour cent de 31 à 40 ans et 28 pour cent ont plus de 41 ans. Cela atteste que la croissance et le renouveau des cadres suivent un cours normal. Néanmoins, il faut combattre les manifestations de conservatisme que l'on constate encore et qui entravent la promotion de nouveaux cadres à des postes de responsabilité. Il faudra faire plus confiance aux nouveaux cadres, élus ou nommés, qui, à coup sûr, porteront à un niveau supérieur le travail et l'action du Parti. S'il faut avoir confiance dans les jeunes, il faut aussi les aider, mais les jeunes, de leur côté, doivent redoubler d'efforts, travailler, s'instruire et créer. Le Parti et le peuple se réjouissent et s'enorgueillissent de voir des jeunes éduqués par le Parti diriger et travailler avec compétence dans les divers secteurs de la vie du pays. Le Parti œuvre à ce que la vie active des cadres soit aussi longue que possible. Néanmoins, la vie humaine a ses lois. Il y a des cadres qui doivent prendre leur retraite, d'autres qui physiquement ne peuvent pas faire front à leurs tâches, de même qu'il en est qui, de leur faute, n'ont pas avancé suivant les exigences de l'époque. Aussi est-il absolument nécessaire que chaque cadre pense et travaille sérieusement, avec passion et sentiment de responsabilité pour former ses remplaçants, que le Parti utilisera où et quand il aura besoin d'eux.

La formation et la trempe des cadres pour en faire des révolutionnaires conséquents constituent une tâche primordiale pour le Parti dans son travail en ce domaine. Notre Parti a toujours eu cette tâche au centre de son attention. Il a mené une activité éducative multiforme et a adopté des mesures pour créer aux cadres des conditions leur permettant de militer sans cesse pour sa ligne et d'être des serviteurs fidèles du peuple. Cela a été une des garanties de la progression de la cause de la révolution et du socialisme en Albanie.

Pour poursuivre avec assurance dans cette juste voie, les cadres doivent, à l'avenir, être armés constamment de l'idéologie du Parti, appliquer sa ligne et les lois de l'Etat, prendre une part active à la lutte de classes et maintenir d'étroits liens avec les masses. Ce n'est qu'ainsi que les manifestations de bureaucratisme et de libéralisme, d'intellectualisme et de technocratisme peuvent être combattues avec succès et que les cadres raffermissent en eux leur conception communiste du monde et leur caractère communiste.

Le pays a besoin de cadres dotés d'un large horizon culturel, de profondes connaissances scientifiques, de cadres capables de mettre en œuvre efficacement la pensée avancée, les acquisitions des sciences, de connaître les lois du développement économique, de dresser des plans exacts et de les exécuter comme il se doit, de tout bien calculer dans leur travail. Il incombe à tous les cadres, élus et nommés, de se hisser au niveau des exigences de l'époque et des fonctions qui leur ont été confiées.

Pour ce faire, il nous faudra améliorer encore et asseoir sur des fondements plus scientifiques le travail de formation, de qualification et de spécialisation des cadres. Cette formation doit être menée de façon scientifique et planifiée, avec rigueur, en envisageant nos besoins actuels et futurs. De grandes tâches incombent à nos écoles en ce domaine, mais il faut avoir en vue que la qualification et la spécialisation ne se font pas seulement dans les écoles, elles s'accomplissent également dans la vie et dans le travail. Dans la pratique de tous les jours, les hommes doivent s'accoutumer à calculer ce qu'ils font, à procéder avec méthode et persévérance dans leur travail, à devenir des producteurs capables et des créateurs Imaginatifs.

5. Raffermir toujours plus le système politique de dictature du prolétariat

Après le VIIe Congrès, à la suite de l'approbation de la nouvelle Constitution et des autres codes et lois qui en émanent, la direction, l'organisation et l'activité de tout le système de dictature du prolétariat, du Parti lui-même, de l'Etat, des Forces armées, des organisations de masse, etc., se sont encore renforcées.

Le Parti a toujours considéré le travail qu'il accomplit à travers ses leviers comme une nécessité absolue en vue de réaliser son but et son programme. Plus les tâches qu'assume le Parti sont vastes et importantes, plus ses soins pour les organes du pouvoir et les organisations de masse et son travail auprès d'eux tendent à s'accroître. Mais, malgré les succès obtenus, un certain nombre d'organisations, de comités du Parti et d'adhérents isolés n'ont pas une conception complète et exacte du rôle du Parti dans le système de dictature du prolétariat. Il est des organes et des organisations du Parti qui ne parviennent pas toujours à promouvoir une direction concrète et qualifiée de la part des organes du pouvoir et des organisations de masse, on constate des superpositions, des évictions et des substitutions des rôles, certains communistes ne militent pas activement dans les organisations de masse, et l'on observe aussi des manifestations de formalisme dans leur travail auprès des masses. Ce sont là des défauts qui affaiblissent en fait la force et l'efficacité du travail du Parti.

On sait bien que le système de dictature du prolétariat comprend tout un ensemble d'organes et d'organismes, investis de diverses fonctions, compétences et responsabilités, édifiés sur la base du centralisme démocratique et fonctionnant sous la direction du Parti. Le problème qui se pose est de raffermir tout ce système sans interruption et de le faire opérer de façon synchronisée, de manière que chacun s'acquitte scrupuleusement des tâches qui lui incombent et que tous ensemble réalisent l'objectif et le programme du Parti.

Le Parti dirige ce système organisé à tous les degrés de la pyramide, de la base au sommet, grâce à sa politique et à son idéologie, à travers l'activité de ses organisations, de ses organes et de chacun de ses membres. Les membres du Parti et ses cadres, élus ou nommés à diverses fonctions du Parti, du pouvoir, de l'armée, de l'économie, des organisations de masse, etc., conçoivent les responsabilités qui leur sont confiées comme une division du travail effectuée par le Parti entre ses membres et ses cadres.

Tous les leviers du Parti, bien qu'ils aient leurs propres organes dirigeants, sont guidés par lui, non seulement en général, mais aussi par chacun de ses organes et chacune de ses organisations de base. Le moindre affaiblissement du rôle dirigeant du Parti, à n'importe quel maillon, serait lourd de fâcheuses conséquences. C'est justement à quoi visent la bourgeoisie et les révisionnistes modernes, qui, dans leurs tentatives pour saper le système de dictature du prolétariat, cherchent à détacher ces leviers de la direction du Parti, à les transformer en organisations indépendantes, à les mettre en marge du Parti et à les opposer à lui.

La direction du Parti dans le système de dictature du prolétariat ne limite ni n'ampute guère l'activité des organes du pouvoir ou des organisations de masse. Au contraire, le Parti travaille et lutte pour élever leur rôle et leur responsabilité, pour développer leur esprit d'initiative, pour les renforcer politiquement et organisationnellement, pour les rendre capables de s'acquitter le mieux possible de leurs tâches. A cette fin, le Parti ne cesse de critiquer, comme lui étant étrangères et néfastes, les pratiques de certains de ses organes ou organisations, qui cherchent à établir leur tutelle bureaucratique sur ses leviers, à leur dicter ou imposer n'importe quoi, à entraver ou à étouffer leur esprit d'initiative.

Le Parti, force dirigeante de l'Etat et de la société, a pour tâche de coordonner le travail de tous les organes du pouvoir et des organisations de masse. Ceux-ci, à leur tour, parallèlement à l'accomplissement de leurs fonctions et de leurs tâches, doivent intensifier la coopération mutuelle, en tant que condition indispensable du succès de leur action. Chaque organe et organisation a, bien entendu, une orientation et un travail spécifiques, mais il ne faut pas porter ces particularités à l'absolu, car tous travaillent et luttent pour la même cause. Tout en collaborant, ils ne se superposent ni ne se substituent les uns aux autres, ils ne s'assujettissent pas les uns aux autres, car ils sont tous guidés par le Parti et chacun d'eux, dans son propre secteur, travaille et lutte pour la réalisation des tâches qui lui sont assignées par le Parti.

Le Parti témoigne également un soin particulier au renforcement continu des organes du pouvoir et de l'administration d'Etat, du sommet à la base. Le pouvoir populaire constitue la plus grande conquête et l'arme la plus puissante de la classe ouvrière et des masses travailleuses engagées dans la construction du socialisme et la défense de la patrie. Aussi nous préservons ce pouvoir comme la prunelle de nos yeux et nous ne cessons de le renforcer dans la lutte contre les dangers qui le menacent, contre le libéralisme et le bureaucratisme.

Le Parti a veillé et devra veiller de façon permanente au renforcement et à l'accroissement du rôle des organes du pouvoir et en particulier des conseils populaires. Le Parti a combattu toute manifestation de formalisme dans l'activité des conseils et a toujours exigé la stricte mise en œuvre de leurs droits et de leurs compétences, dont les organes exécutifs ne doivent jamais être autorisés à les dépouiller. La rigoureuse application des normes de la Constitution par les organes législatifs du pouvoir d'Etat et dans les rapports de ceux-ci avec les organes exécutifs et administratifs, garantit le caractère démocratique de notre pouvoir, qui a ses racines dans le peuple et qui lui appartient.

Dans notre pays les organes du pouvoir d'Etat exercent leur activité en étroite liaison avec les masses travailleuses. C'est justement dans ces liens étroits avec le peuple que réside la force invincible de notre pouvoir populaire. Aussi devons-nous les préserver, les renforcer et les perfectionner sans cesse. En avançant toujours avec esprit de suite dans cette voie, on verra grandir aussi le rôle même des masses, leur participation aux affaires de l'Etat, s'élargir notre démocratie socialiste en dehors de laquelle la dictature du prolétariat ne saurait être conçue ni renforcée.

Toute l'activité de notre Etat se fonde sur la Constitution et les lois qui en émanent, où se trouve synthétisé le contenu de la ligne et de la politique du Parti. Celui-ci n'a permis ni ne permettra jamais les manifestations d'arbitraire et de violation des lois, qui porteraient préjudice aux intérêts de la société ou de citoyens particuliers, aussi n'a-t-il cessé d'insister pour que les organes étatiques et leurs travailleurs connaissent bien les lois de l'Etat et les appliquent scrupuleusement. Il faut également, à travers un vaste travail de propagande, faire connaître toujours mieux ces lois aux masses travailleuses, afin qu'elles sachent s'acquitter de leurs tâches et défendre leurs droits, combattre toute déformation de la loi, où qu'elle se manifeste. La connaissance et l'application des lois sont une condition déterminante du juste développement et du succès de l'activité des organes de l'Etat et des masses populaires. Cela contribue à renforcer partout la discipline, l'ordre et la conscience socialiste, et à barrer la voie à bien des maux.

Le Parti travaille à faire en sorte que les organes élus du pouvoir, depuis les conseils populaires des villages et des districts jusqu'à l'Assemblée populaire, les diverses commissions instituées auprès d'eux et les organes exécutifs mènent leurs tâches de front et exercent les compétences dont ils sont investis dans tous les domaines de la vie politique, économique, socio-culturelle, éducative, scientifique, etc. Il s'attache à éviter les manifestations d'étroitesse dans la conception de leurs attributions qui s'observent chez certains organes du pouvoir dans les districts, lesquels s'occupent essentiellement de problèmes économiques et font preuve de peu d'intérêt pour les autres sphères de l'activité de l'Etat. Le Parti a critiqué par ailleurs la pratique de certains conseils populaires de villages réunis, qui, partant du fait que les présidences des coopératives agricoles sont seules à s'occuper des problèmes de direction et de développement de l'économie, se sont abstenus de suivre leur activité, de les contrôler et de leur demander des comptes sur la réalisation des tâches du plan économique d'Etat.

Les tâches importantes que nous avons à remplir exigent un perfectionnement plus poussé de la méthode et du style de travail de tous les organes de l'Etat, de la manière dont ils organisent et dirigent les affaires. Ce perfectionnement ne doit pas être conçu d'une façon simple et bureaucratique, comme s'il pouvait être réalisé en allongeant seulement les états de personnel. Au contraire, il faut, pour améliorer et perfectionner l'organisation et la direction des affaires, combattre les manifestations de bureaucratisme, surtout dans les conceptions, les méthodes et les formes surannées de travail, qui, dans bien des cas, ne répondent plus au stade de développement et à la complexité des problèmes auxquels le pays est confronté.

Dans les organes du pouvoir et de l'administration d'Etat, au sommet comme à la base, les organisations du Parti, leurs cadres et leurs travailleurs doivent mener une lutte plus opiniâtre contre tout défaut du sentiment de responsabilité, contre les lenteurs, les tendances à se perdre dans les vétilles quotidiennes, le manque d'initiative, les manifestations de servilité, de conformisme ou d'arrogance, les attitudes d'attachement trop rigide à son secteur, les conceptions et les pratiques artisanales, etc. Le succès de cette lutte dépend du travail d'éducation, mais aussi d'organisation, d'une discipline et d'un contrôle rigoureux.

Dans la période comprise entre les deux congrès, le Comité central du Parti et le Conseil de la Défense ont pris des mesures importantes pour le renforcement de la capacité de défense du pays.

Le Parti et le pouvoir, les cadres militaires d'activé et de réserve ont mené un travail important dans l'armée et ont lutté avec succès pour éliminer les conséquences des agissements hostiles de Beqir Balluku et consorts. Ce travail et cette lutte ont permis de porter à un niveau supérieur l'organisation, l'entraînement, l'éducation et la préparation au combat de nos forces armées.

Notre Parti n'a jamais fondé la défense de la Patrie sur l'aide extérieure ou sur les conjonctures internationales, mais essentiellement sur le facteur intérieur, sur la force, le patriotisme, le courage de notre peuple, ainsi que sur la préparation militaire générale et la détermination permanente de tous de défendre le pays. La directive du Parti : «la défense de la Patrie est le devoir qui prime tous les autres», devient chez nous toujours plus une grande réalité. C'est de la juste et parfaite compréhension de cette directive ainsi que de la lutte concrète pour son application que dépend dans une grande mesure l'accroissement de la capacité de défense du pays.

Le Parti demande qu'à l'avenir également l'Armée populaire avec toutes ses structures, en tant que force principale de la défense de la Patrie, se renforce, se modernise et se révolutionnarise sans cesse. A cette fin, il est nécessaire que les organisations du Parti, les communistes et tous les effectifs multiplient leurs efforts pour que nos forces armées se dotent d'une haute préparation politique et militaire, qu'elles fassent leurs et appliquent de façon créatrice les exigences de notre art militaire sur la Guerre populaire, qu'elles maîtrisent à la perfection tous les types d'armes et les moyens techniques, qu'elles renforcent l'ordre et la discipline militaires conformément aux règlements respectifs.

Chez nous l'armée et le peuple forment un tout indivisible. C'est le renforcement de cette unité et de ces liens que sert l'institution des écoles militaires libres, selon les enseignements du grand Lénine. Leur consolidation fait de la préparation militaire une partie intégrante de la vie et de l'activité de chaque travailleur.

La défense de la Patrie se renforce et devient invulnérable quand les tâches d'ordre politique, idéologique, économique et militaire sont comprises et appliquées en étroite et indissoluble liaison entre elles. Cette façon de concevoir et d'exécuter les tâches permettra de consolider davantage notre front intérieur dans tous les domaines, de le rendre encore plus capable d'affronter avec succès n'importe quelle situation, d'en faire un mur d'acier contre lequel se briserait tout agresseur qui oserait attaquer la République populaire socialiste d'Albanie.

Les organes du département de l'Intérieur, la Sûreté d'Etat, la Police populaire st les Forces de frontière ont apporté et continuent d'apporter une très précieuse contribution à la lutte contre les ennemis extérieurs et intérieurs, pour la défense du pouvoir populaire et des victoires de la construction socialiste. Guidés et éduqués par le Parti, ces organes chers au peuple, fidèles à ses intérêts, se sont toujours acquittés de leurs tâches avec une haute conscience et un sentiment élevé de leurs responsabilités.

Il est demandé aux organisations du Parti des organes du département de l'Intérieur d'intensifier et d'améliorer le travail d'éducation politique, idéologique, culturel et professionnel de leurs effectifs, d'aiguiser encore plus leur vigilance révolutionnaire, de renforcer leur discipline et leur préparation au combat. Les cadres et les effectifs de l'appareil du ministère de l'Intérieur doivent redoubler d'efforts pour connaître toujours mieux les formes, les tactiques et les méthodes qu'utilise l'ennemi, progresser constamment dans l'art de leur travail, découvrir, prévenir et frapper avec force et en temps voulu toute activité hostile et malfaisante.

La connaissance toujours meilleure, en profondeur et en largeur, de la ligne du Parti, de sa politique et de ses normes, des lois de l'Etat et leur rigoureuse application, sont autant de conditions indispensables d'une activité accrue de ces organes, d'un esprit de classe, d'un esprit de parti et d'une objectivité toujours plus marqués dans l'exercice de leurs fonctions.

Le renforcement continu de la direction du Parti, le puissant appui sur le peuple, constituent une garantie du maintien et du raffermissement du caractère populaire des organes du département de l'Intérieur, pour la défense vigilante des intérêts de la Patrie et du socialisme.

Les organes de la justice et du parquet ont joué un rôle important dans la consolidation de notre régime socialiste, dans la défense et l'application de la légalité socialiste, dans la lutte préventive contre l'activité malfaisante et dans la mise en œuvre d'une juste politique pénale, conforme aux enseignements du Parti. Notre législation est fortement marquée par son caractère de classe, politique, idéologique, éducatif et administratif. A l'avenir également, il faudra toujours avoir bien en vue ce caractère afin de faire connaître, de populariser, interpréter et appliquer les lois. Aucun cas constituant une infraction aux lois et relevant de la juridiction de ces organes ne doit échapper à une instruction et à un jugement empreints de sagesse, de justice, d'esprit de parti et d'une haute compétence. Un travail particulier et plus qualifié devra être mené pour l'éducation et un engagement plus actif des juges assesseurs et des procureurs populaires, qui représentent une force importante pour la défense et l'application des lois.

Notre Parti, en tant que véritable parti marxiste-léniniste, a toujours fait une juste appréciation des organisations de masse, qui ont joué et jouent un rôle d'une importance particulière pour l'éducation et la mobilisation des travailleurs en vue de réaliser le programme du Parti. Les organisations sociales, en tant que courroies de transmission du Parti, fondent non seulement leurs orientations générales, mais aussi leur activité quotidienne, sur la politique et l'idéologie du Parti, sur ses décisions et ses directives. Les éléments spécifiques de leur travail se rattachent essentiellement aux exigences particulières qu'a le Parti envers les couches de la population comprises dans ces organisations, ainsi qu'aux formes et méthodes de travail à utiliser par chacune d'elles pour la réalisation de leurs tâches.

Les Unions professionnelles assument un rôle particulier dans l'éducation et la mobilisation de la classe ouvrière et des autres travailleurs. Guidées par le Parti, elles se sont acquittées avec succès de leurs tâches de haute responsabilité.

Le Parti a assigné aux unions professionnelles de grandes tâches pour l'éducation politico-idéologique et technico-professionnelle de la classe ouvrière, afin de la rendre capable d'accomplir avec succès les tâches qui lui incombent non seulement dans le domaine de la production, mais aussi dans tous les autres domaines de la vie du pays, de lui permettre de prendre une part active à la direction des affaires de l'Etat et de la société, d'exercer partout et sur n'importe qui son contrôle de classe au pouvoir. Aussi est-il nécessaire que les unions professionnelles améliorent leur travail d'éducation, le concrétisent et le rattachent étroitement à la vie, aux problèmes qui préoccupent les diverses catégories d'ouvriers, comme par exemple les jeunes ouvriers, ceux qui vivent dans les campagnes, les travailleurs des services et des entreprises agricoles, etc., en leur inculquant à tous les traits de la classe ouvrière; qu'elles combattent la routine, le globalisme, le formalisme dans le travail d'éducation et utilisent des formes de travail vivantes, souples et variées, qui répondent au niveau, aux intérêts et aux exigences de la classe, ainsi qu'aux situations et aux tâches nouvelles.

La classe ouvrière, classe dirigeante de la société socialiste, aura, comme toujours, durant ce quinquennat également une lourde charge à assumer. Les tâches qui se posent exigent de sa part un travail assidu et une haute émulation, un sentiment de responsabilité élevé, une stricte discipline prolétarienne, un travail de haut rendement, de qualité et effectué dans un esprit d'économie. Les unions professionnelles ont pour devoir de faire prendre conscience de ces objectifs à la classe ouvrière et de la mobiliser pour leur réalisation, d'encourager et de soutenir son esprit d'initiative, ses actions et sa pensée créatrice, de développer dans chaque secteur son amour-propre révolutionnaire en vue de l'accomplissement et du sur-accomplissement des tâches du plan d'Etat.

L'ouvrier doit bien connaître les lois de son Etat, surtout celles qui lui apprennent à s'acquitter parfaitement de sa tâche afin que le plan soit réalisé à tous ses indices, à défendre et à administrer la propriété collective socialiste, à renforcer l'ordre et la discipline au travail, etc. Ces lois, l'ouvrier doit les faire siennes en même temps que son métier. Les unions professionnelles ont ici un vaste champ d'action, de même qu'elles doivent œuvrer et lutter pour faire appliquer rigoureusement les lois de l'Etat qui défendent les droits des ouvriers, sans en tolérer la moindre violation par qui que ce soit. Les devoirs et les droits chez nous forment un tout indivisible.

Dans la construction de l'Albanie nouvelle, socialiste, la jeunesse a toujours été à la pointe du travail et de la lutte, une auxiliaire militante du Parti. C'est une grande satisfaction pour tous que de voir notre génération grandir heureuse, instruite, politiquement, idéologiquement et moralement élevée, et physiquement saine. Le Parti, l'Etat, la société, l'école et la famille n'en doivent pas moins entourer la nouvelle génération de leur constante sollicitude, car la jeunesse est l'avenir du pays, l'espoir du peuple et du socialisme. Le Parti et l'organisation de l'Union de la Jeunesse doivent travailler sans relâche pour accroître toujours plus l'intérêt de la jeunesse à l'égard de tous les problèmes du pays, des problèmes politiques et idéologiques, de l'économie et de la défense, de l'éducation et de la culture, de la science et de la technique, afin qu'elle puisse, comme la force la plus vive du peuple prendre une part active à la construction socialiste et entrer dans la vie en étant toujours mieux préparée.

La jeunesse est une pépinière inépuisable non seulement pour le renouveau des rangs du Parti et des cadres, mais aussi parce qu'elle remplacera les générations plus anciennes, complétera les rangs de la classe ouvrière, des coopérateurs et de l'intelligentsia, portera plus avant l'œuvre immortelle de notre Parti et de notre peuple. Afin que cette pépinière puisse toujours fournir des pousses saines, le Parti demande à ses membres, à l'organisation de la Jeunesse et aux cadres chargés de travailler auprès d'elle, d'améliorer leur travail d'éducation politique, idéologique, culturelle et professionnelle auprès des jeunes gens et des jeunes filles de notre pays, dans le but de maintenir vivantes et de développer en eux les traditions patriotiques et révolutionnaires du peuple, de cultiver et de stimuler leur esprit pratique et créateur, de les tremper dans le grand creuset de la construction socialiste, de la lutte de classe et des actions révolutionnaires.

Le Parti est convaincu que notre jeunesse étudiera comme toujours avec passion à l'école et dans la vie, qu'elle assimilera la science et la technique, qu'elle travaillera avec l'enthousiasme qui lui est propre sur tous les fronts, à tous les coins de l'Albanie, qu'elle étudiera et s'entraînera pour défendre sa Patrie, qu'elle luttera avec persévérance pour assimiler l'idéologie victorieuse du Parti.

Les tâches auxquelles est confrontée la nouvelle génération exigent que l'organisation de la Jeunesse elle-même se renforce et se ravive, qu'elle porte à un niveau supérieur son activité d'éducation, d'organisation et de mobilisation, qu'elle combatte les manifestations de libéralisme, de sectarisme et de formalisme, qu'elle mène un travail sous les formes le plus diversifiées et intéressantes possible, qui réponde au niveau de formation et aux exigences croissantes des jeunes gens et des jeunes filles en mettant mieux à profit toutes les conditions et tous les moyens que le Parti et l'Etat ont créés pour l'éducation, les loisirs et la trempe de la jeune génération.

Le Parti a lutté et luttera de façon conséquente pour l'application de son programme d'émancipation complète de la femme albanaise, sans laquelle on ne peut concevoir le socialisme ni en promouvoir l'édification. La vie de la femme albanaise a connu des transformations colossales, mais un bon nombre de problèmes restent à résoudre surtout en ce qui concerne la réalisation de l'égalité complète entre la femme et l'homme dans la vie sociale et familiale, et quant au niveau d'éducation, de culture et de formation technico-professionnelle.

Les femmes de notre pays ont apporté une contribution notable à la réalisation des tâches assignées par le VIIe Congrès du Parti. Avec leur organisation de l'Union des Femmes d'Albanie elles doivent lutter pour maintenir élevé et développer encore l'esprit d'émancipation dans la masse même des femmes et dans toute la société, pour faire en sorte que le rôle de la femme, bâtisseuse active du socialisme, intrépide défenseresse de la Patrie, mère bienveillante et éducatrice de la jeune génération, ne cesse de grandir. L'organisation des Femmes doit consacrer une attention particulière à la consolidation de la famille et des rapports familiaux dans leur ensemble, aux problèmes de la mère et de l'enfant, delà façon de vivre, etc., en luttant avec force contre toutes les manifestations étrangères au socialisme et les coutumes rétrogrades qui continuent de se faire jour dans certains cas et sous diverses formes, et qui portent atteinte à la dignité et à la personnalité de la femme.

Le Front démocratique d'Albanie a mené un travail considérable pour le renforcement de l'unité du peuple autour du Parti, pour l'éducation patriotique et la mobilisation des travailleurs dans la réalisation des tâches du plan de l'Etat, surtout dans les campagnes. A l'avenir également, cette organisation massive, forte de ses traditions et de son autorité, doit lutter pour faire en sorte que l'unité politique, idéologique et morale du peuple se trempe toujours plus et que s'accroisse le rôle actif des masses dans la construction et la défense du socialisme, l'administration du pays, le renforcement du contrôle social et le développement de la démocratie socialiste.

Les vétérans de la lutte et du travail, les retraités dont le nombre s'accroît d'année en année constituent une autre grande force, que notre Parti et notre Etat ont entourée et entourent d'une sollicitude particulière. Ils jouissent du respect de toute la société pour leur précieuse contribution, pour leur lutte et leur travail passés. Mais nombre d'entre eux possèdent encore assez de forces et d'énergies pour pouvoir et devoir les engager dans une activité utile à la société, surtout pour l'éducation de la jeune génération selon les riches traditions de la lutte et du travail héroïques du Parti et du peuple, ainsi que pour la sauvegarde, le développement et la perpétuation de ces traditions.



III

LES TACHES DU PARTI EN VUE DE L'EDUCATION COMMUNISTE DES TRAVAILLEURS

L'éducation de l'homme nouveau sous tous les aspects a été et demeure une question fondamentale de l'activité du Parti afin de promouvoir sans arrêt la construction de la société socialiste. Ce travail d'éducation a été mené sur un large front, il a été étroitement rattaché aux tâches de chaque étape du développement, aux problèmes engendrés par la vie et les situations concrètes. C'est ce qui a assuré et assure constamment le caractère actif, la grande force mobilisatrice et transformatrice du travail d'éducation du Parti et de ses leviers.

Les conditions dans lesquelles nous travaillons et luttons pour la construction et la défense du socialisme et les tâches que nous fixons à ce Congrès pour le développement économique et social du pays exigent que le travail d'éducation du Parti soit porté à un niveau supérieur, qu'il soit mieux concentré sur certains problèmes essentiels immédiats et à long terme, afin de créer chez les gens de chez nous de profondes convictions marxistes-léninistes, de promouvoir leur capacité professionnelle, de les doter d'une large culture et de belles vertus morales.

1. L'éducation communiste des travailleurs, fondement de nos succès

L'Albanie est un pays où le socialisme se construit avec succès et se maintient sur la voie saine du marxisme-léninisme, où le développement de l'économie et de la culture, l'organisation et là direction du Parti et de l'Etat, la formation et la trempe de l'homme nouveau sont fondés sur les principes du socialisme scientifique. La voie qu'a parcourue notre pays n'a pas été une voie facile. Il a fallu à notre Parti et à notre peuple affronter d'innombrables difficultés, aller de l'avant sur des chemins frayés ou non frayés, sur des sentiers nouveaux et inexplorés.

L'infinie fidélité de notre Parti à l'égard de la doctrine immortelle de Marx, Engels, Lénine et Staline, sa capacité de la mettre en œuvre de façon créatrice, conformément aux conditions du pays et aux circonstances internationales complexes, sa détermination de préserver la pureté de ses principes contre les attaques et les déformations de la part de ses nombreux ennemis, intérieurs et extérieurs, ont été et demeurent la pierre fondamentale de tous les succès et victoires de notre peuple.

Le Parti a eu le souci permanent de faire en sorte que chaque pas accompli dans la voie de la révolution et dans la construction du socialisme fût bien mesuré, que les fondements de la nouvelle société socialiste fussent de nature à promouvoir son progrès continu et à tenir tête aux vagues et aux tempêtes de l'encerclement hostile impérialiste-révisionniste. C'est la raison pour laquelle la révolution et la construction du socialisme dans notre pays n'ont connu ni zigzags ni reculs, mais, sont toujours allées de l'avant et ont enregistré victoire sur victoire.

L'exemple de l'Albanie est une expérience nouvelle dans l'histoire de la dictature du prolétariat, et il constitue une précieuse contribution à la théorie et à la pratique du socialisme et du marxisme-léninisme.

Les communistes, les cadres, les travailleurs, et en particulier la jeune génération doivent bien connaître le développement de notre pays dans la voie du socialisme, avoir l'idée la plus claire de notre point de départ et de la voie que nous avons parcourue, des difficultés que nous avons surmontées, de la ligne que le Parti a suivie et appliquée, et des fondements sur lesquels repose cette société construite au prix du sang, du labeur et de la peine de notre peuple héroïque.

La connaissance de cette voie glorieuse et de cette riche expérience donnera aux gens de chez nous une plus large vision de la société socialiste, de son stade actuel et de sa physionomie future, elle les fera travailler avec une plus haute conscience et une conviction inébranlable à cimenter toujours plus les victoires du socialisme, et à les porter constamment plus avant. Le Parti doit considérer cela comme une question capitale, car plus les fondements du présent sont solides, plus l'avenir socialiste et communiste de notre pays sera sûr.

Renforcer l'attachement au socialisme, la conviction de sa vitalité et de sa supériorité revêt une importance particulière dans les conditions actuelles, alors que le socialisme a été sapé dans beaucoup de pays et que les impérialistes, la bourgeoisie et les révisionnistes ont entrepris contre lui une campagne effrénée pour vilipender les idéaux révolutionnaires, semer le doute et l'incertitude quant à l'avenir socialiste de l'humanité. Ce n'est pas par hasard si le fer de lance de cette lutte a été dirigé contre notre doctrine triomphante, le marxisme-léninisme, sans lequel il n'y a ni ne peut y avoir de socialisme véritable.

Par ailleurs, il nous faut toujours avoir en vue le fait que les conditions dans lesquelles se construit le socialisme en Albanie sont extrêmement complexes. Notre Parti, notre Etat et notre peuple luttent de front et tout seuls contre une force ennemie colossale, contre le monde capitaliste et révisionniste qui nous entoure. Les gens de chez nous ne doivent jamais sous-estimer ni oublier les dangers que fait courir à notre société socialiste la forte pression, qu'exerce ce monde sur tous les plans, politique, économique, idéologique et militaire.

Notre devoir historique, national et international, est de nous tenir toujours tous debout, vigilants et prêts à affronter n'importe quelle situation, à défendre les victoires remportées et à faire avancer notre révolution et notre construction socialiste. Opposons à la diversion dangereuse des ennemis du socialisme notre fermeté et notre courage, l'unité d'acier du Parti et du peuple, notre travail inlassable pour le développement et le renforcement de l'économie et de la défense du pays. Afin de défendre le socialisme et de le porter sûrement toujours en avant, il est nécessaire avant tout de raffermir constamment un attachement sain et profond pour le socialisme, en tant qu'ordre social supérieur, auquel appartient inéluctablement l'avenir.

Nos gens, vivant et travaillant dans une société socialiste, s'éduquent selon ses normes et ses principes, qui s'incarnent dans les rapports économiques et sociaux, dans l'organisation et la direction de l'Etat et de toute la vie du pays, dans la législation et le mode de vie, dans le système éducatif et culturel etc. La réalité socialiste elle-même ainsi que leur participation directe à l'œuvre de construction socialiste du pays éduquent les gens de chez nous et les aident à comprendre et à assimiler les principes fondamentaux du marxisme-léninisme et du socialisme.

Mais les convictions et la conscience socialistes que l'on se forme dans la pratique de la vie ne suffisent pas pour s'assurer une juste orientation en toute situation, pour comprendre à fond la politique du Parti et agir constamment avec des objectifs clairs. Ces convictions, si elles ne sont pas fondées sur une puissante base théorique, peuvent être ébranlées face aux diverses difficultés de la construction socialiste ou à la forte pression du monde capitaliste-révisionniste. Seul le marxisme-léninisme, qui constitue la base théorique du socialisme scientifique et de l'éducation communiste des travailleurs, est capable de créer des convictions profondes et stables. C'est le Parti, par son travail d'éducation, qui les inculque dans la conscience et l'esprit des masses.

Notre Parti a mené un travail intense pour l'éducation marxiste-léniniste des communistes et des masses. C'est précisément cet objectif que servent l'Ecole du Parti, les divers cours et formes d'éducation au sein du Parti et des organisations de masse, l'édition, la presse et tous les autres moyens de propagande. Le marxisme-léninisme s'apprend systématiquement dans les établissements de diverses catégories de l'enseignement d'Etat. Les œuvres de Marx, d'Engels, de Lénine et de Staline ainsi que de nombreux documents et matériaux de notre Parti sont mis à la disposition des communistes, des cadres et des travailleurs.

La tâche qui se pose maintenant est de porter tout ce travail à un niveau supérieur, plus qualifié, afin de faire assimiler le mieux et le plus profondément possible les principes du marxisme-léninisme et les enseignements de notre Parti. L'essentiel, c'est de bien armer idéologiquement les gens de chez nous de la conception du monde et de la méthodologie marxistes, de les former judicieusement sur le plan théorique, pour qu'ils puissent résister et agir à tout moment et dans n'importe quelle circonstance, avec une entière conscience, en révolutionnaires conséquents, en combattants résolus pour la cause du socialisme et du communisme, et non pas de leur enseigner simplement quelques thèses et conclusions marxistes.

Notre Parti et notre peuple se doivent d'aller constamment de l'avant, de résoudre de nouveaux problèmes. L'élaboration théorique et la solution pratique de ces problèmes exigent le développement continu de la pensée créatrice, fondée sur les principes fondamentaux et la méthodologie marxistes, ainsi que sur la synthèse de l'expérience acquise. Aussi est-il nécessaire que le marxisme-léninisme soit étudié, propagé et assimilé dans les écoles, dans le système d'éducation marxiste-léniniste des communistes et des masses, et dans toute la propagande du Parti, comme une doctrine vivante et créatrice, comme une science qui se développe et s'enrichit continuellement. Il faut, à cette fin, développer partout l'esprit critique et révolutionnaire, animer les discussions et les débats fructueux, combattre toute manifestation de rigidité et de dogmatisme, ouvrir une large voie à la pensée avancée et de parti, soumettre chaque phénomène à une analyse approfondie, à la solide logique marxiste.

L'élévation du niveau théorique est indispensable pour combattre avec succès les manifestations d'empirisme et de praticisme. Le fait est qu'il y a des communistes et des cadres qui font peu d'efforts pour assimiler la théorie, qui ont une étroite compréhension des problèmes et des tâches posés, des directives et des orientations données, qui les considèrent de façon simpliste et ne pénètrent pas leur contenu idéologique, leur aspect théorique. En cette question, les mots de Staline restent toujours actuels :

« Plus élevés sont le niveau politique et la conscience marxiste-léniniste des militants occupés dans quelque domaine que ce soit du travail de l'Etat et du Parti, plus élevé et fécond est le travail lui-même, plus tangibles en sont les résultats ; au contraire, plus bas sont le niveau politique et la conscience marxiste-léniniste des militants, plus probables sont les lacunes et les échecs dans le travail, plus probables sont la déchéance, la transformation des militants eux-mêmes en praticiens-ergoteurs, plus probable est leur dégénérescence. » (J. Staline, Œuvres choisies, éd. albanaise, pp. 509-510, Tirana 1979.)

Les lacunes dans la formation théorique générale mènent immanquablement à des conceptions et actions subjectivistes et volontaristes, qui s'opposent aux exigences des lois objectives, affectent la direction scientifique du travail, freinent et déforment les processus du développement économique et social, nuisent à l'éducation même des gens. Nous rencontrons souvent des manifestations de ce genre, mais elles sont surtout apparentes et nuisibles en matière de planification, d'organisation et de direction de l'économie.

La société socialiste est, certes, une société qui se construit de façon consciente, mais non pas selon la volonté et les désirs subjectifs des gens. En régime socialiste également, le développement obéit à des lois qui ont un caractère objectif. La particularité du socialisme réside dans la connaissance et l'utilisation consciente de ces lois conformément aux objectifs du Parti et de l'Etat socialiste. C'est ce qui constitue une des grandes supériorités du régime socialiste, qui assure un développement harmonieux et accéléré de l'économie et de la culture au profit des masses travailleuses.

Il en découle pour le Parti, l'Etat, les organisations de masse et tous les moyens de propagande, le devoir de concentrer, dans leur travail d'éducation, toute leur attention sur la connaissance des lois économiques objectives du socialisme, qui sont à la base de la politique économique du Parti. La connaissance approfondie des lois objectives et une action conforme à leurs exigences, permettent d'éviter les manifestations de subjectivisme, de mettre à profit les grands avantages du régime socialiste, d'asseoir la planification, la direction de l'économie et l'éducation même des gens sur des bases scientifiques.

On sait bien que l'homme, avec sa conscience, ses capacités et son expérience, constitue le facteur décisif de tout travail, de la réalisation de n'importe quelle tâche. C'est aussi pour cette raison que le Parti attache une importance primordiale au travail auprès des hommes, en vue de leur éducation, de leur trempe et de leur progrès continu. Mais l'action des hommes n'est fructueuse et ne peut atteindre les objectifs fixés que lorsque, à part le travail d'éducation, elle est soutenue comme il se doit par des mesures économiques, organisationnelles et administratives. Il faut voir des manifestations de subjectivisme dans les cas où les problèmes sont traités de façon unilatérale, où les causes des défauts et des faiblesses sont recherchées uniquement dans le travail idéologique et politique ou dans la méthode et le style de direction, où l'on pense qu'un état de choses peut être modifié et amélioré seulement par des débats et des réunions, sans actions ni mesures concrètes.

Dans l'élévation du niveau de la propagande du Parti, de tout son travail d'éducation des masses dans l'esprit du socialisme, un rôle important revient aux sciences sociales. C'est seulement en se fondant sur des études et des synthèses scientifiques de l'expérience du Parti et des masses ainsi que sur les problèmes que pose la vie, que l'on peut mener un travail de persuasion approfondi et argumenté auprès des gens.

Nos sciences sociales ont fait des pas en avant et se sont développées dans la juste voie. Les travaux et publications en ce domaine ont apporté une précieuse contribution à l'étude de l'histoire du peuple et de sa culture, de l'expérience de la Lutte de libération nationale et des transformations socialistes, de la vie politique, économique et sociale du pays. L'Institut des études marxistes-léninistes près le Comité central a mené un travail de grande valeur pour l'élaboration de l'Histoire du Parti, la publication de nombreux matériaux et documents du Parti, pour l'étude des divers problèmes de la révolution et de la construction socialistes.

Il incombe aux institutions scientifiques, aux différents secteurs des établissements d'enseignement supérieur et à tous las cadres des sciences sociales de porter à un niveau plus élevé leur travail, d'étudier plus à fond les questions fondamentales de l'expérience et des perspectives du développement de notre pays, de les traiter à un haut niveau théorique et scientifique et de militer plus activement dans la lutte que mène le Parti pour l'éducation de l'homme nouveau.

La juste compréhension du rôle décisif des masses dans la construction de la société socialiste, constitue une question fondamentale de la conception communiste du monde, de la théorie et de la pratique révolutionnaires. Notre Parti n'a permis aucun écart par rapport à ce principe et c'est dans ce fait que réside l'une des raisons profondes pour lesquelles le socialisme en Albanie a été construit sur une juste voie et se développe avec succès.

La participation active des masses à l'administration du pays, à toute la vie sociale, constitue, comme l'a d'ailleurs démontré l'expérience de notre pays, une condition nécessaire et décisive de la sauvegarde et du renforcement du pouvoir populaire, de l'avance ininterrompue de la révolution socialiste, d'une défense puissante et invincible de la patrie.

Le rôle décisif toujours croissant des masses populaires dans notre société socialiste est l'expression la plus profonde et l'orientation fondamentale du développement de la démocratie socialiste. De ce point de vue, la démocratie socialiste est non seulement une réalisation historique des masses populaires, acquise dans la lutte et la révolution, mais aussi une nécessité, une condition indispensable, une loi intérieure du développement de la société socialiste, une grande force motrice qui la fait avancer.

Le socialisme a libéré les gens de chez nous de toute forme d'exploitation de l'homme par l'homme. L'affranchissement de la conscience des travailleurs des chaînes spirituelles propres aux sociétés exploiteuses, l'émancipation de la femme, qui participe sur un pied d'égalité avec l'homme à notre vie sociale, constituent une grande victoire historique, Nos gens jouissent de droits et de libertés démocratiques très étendus, comme le droit au travail, à l'instruction, le droit de vote et à l'éligibilité aux fonctions d'Etat et sociales, la liberté d'expression, de presse etc., droits qui, dans notre pays, sont une réalité non seulement sanctionnée par la loi, mais aussi appliquée dans la pratique quotidienne. Toute la vie de notre pays, l'organisation et la direction de l'Etat, de l'économie, de l'enseignement et de la culture, et de la défense, sont édifiées de façon à assurer et à exiger la participation active des masses travailleuses.

Le Parti a depuis longtemps bien mis en évidence les dangers qui menacent le socialisme, si les organes du pouvoir et les cadres se coupent des masses, si les appareils se bureaucratisent, etc. Il a souligné que la lutte contre les manifestations et les déformations de ce genre doit être menée de façon continue, sans permettre qu'elles s'accumulent et se gonflent. Mais dans la pratique on observe des manifestations d'étroitesse et de formalisme dans la compréhension et l'application de la démocratie de masse et des rapports des cadres avec les masses. Dans certains cas, les administrations se superposent aux organes élus, certains cadres ne maintiennent pas d'étroits contacts avec les gens ou les consultent juste pour la forme. Il arrive que les assemblées des coopératives agricoles et les autres organisations de masse ne soient pas considérées et appréciées comme il se doit, que les normes établies pour la reddition de comptes devant les masses, non seulement par les élus, mais aussi par les cadres nommés, ne soient pas toujours respectées.

La propagande du Parti a pour tâche d'expliquer, avec de solides arguments à l'appui, que le rôle des masses n'est pas une question abstraite, qu'il se réalise à travers l'activité quotidienne du collectif, des unions professionnelles, des organisations de la Jeunesse, du Front et de la Femme, des conseils populaires et de tous les organes élus. Elle doit, en particulier, faire surtout comprendre politiquement et idéologiquement aux cadres la -nécessité d'une liaison directe avec les masses, les ouvriers, les coopérateurs, la jeunesse, les femmes et toutes les couches du peuple. .Les cadres doivent consulter largement les gens, recueillir leur avis, poser devant les masses les problèmes qui préoccupent le Parti et l'Etat et trouver, de concert avec elles, les solutions les plus rationnelles.

Quand le Parti pose avec force la nécessité de prêter une oreille plus attentive à la voix des spécialistes, de mieux soutenir et appuyer leur pensée avancée afin d'établir la production sur des bases scientifiques, cela n'implique nullement une sous-estimation de la pensée avancée des masses et de leur riche expérience révolutionnaire. La révolution technique et scientifique ne peut se développer avec succès chez nous que si le potentiel intellectuel et scientifique des cadres et des spécialistes est étroitement lié et se fond avec la lutte et l'expérience générale des masses.

Dans l'application de la ligne de masse, il faut éviter toute simplification ou traitement purement formel de cette ligne. Il est inadmissible que, au nom soi-disant de l'application de la ligne de masse, les gens soient bombardés de réunions infructueuses et portant sur des vétilles. Les réunions où ne sont pas résolus les problèmes préoccupants, où l'on n'aboutit pas à des conclusions et à des mesures concrètes pour modifier la situation, n'ont aucune valeur. Il ne faut pas permettre non plus que la ligne de masse soit utilisée comme un rideau de fumée pour cacher le manque de responsabilité, les défauts dans l'organisation et la direction des affaires, la non application des compétences, des lois et des règlements établis.

Le Parti et les organisations de masse doivent veiller constamment à animer et à activer le contrôle des masses par en bas, y compris les groupes de contrôle direct ouvrier et paysan, auxquels il appartient d'être particulièrement attentifs à la gestion de la propriété socialiste, à l'activité des administrations, ainsi qu'au secteur des services à l'intention du peuple et pour la satisfaction de ses besoins.

Il est particulièrement important de bien comprendre que le contrôle des masses par en bas ne doit pas se borner ni se réduire à une seule forme, celle des groupes de contrôle ouvrier et paysan, mais qu'il doit être mis en œuvre beaucoup plus largement et sous des formes plus variées, en dressant les larges niasses travailleuses, en leur faisant prendre conscience qu'elles sont les maîtres du pays, qu'elles ont leur mot à dire à propos de tout et de chacun. Dans le même temps, le Parti a souligné que les groupes de contrôle ouvrier et paysan ne peuvent ni ne doivent remplacer le contrôle des organisations du Parti, des organes d'Etat et des organisations de masse.

Il est nécessaire non seulement de comprendre et d'appliquer correctement la démocratie socialiste et le rôle des masses, mais aussi de les étudier plus à fond pour les parfaire sans cesse. Le but est d'empêcher le processus de construction socialiste de se transformer en un processus bureaucratique et administratif et de faire en sorte qu'il soit constamment l'œuvre vivante et créatrice des larges masses travailleuses, sous la direction du Parti.

L'éducation de l'homme nouveau est l'une des plus grandes conquêtes du socialisme et l'une des garanties fondamentales de son développement continu. Les tâches historiques auxquelles notre Parti et notre peuple sont confrontés pour la construction socialiste du pays et pour tenir tête victorieusement à l'encerclement et à la pression du monde capitaliste-révisionniste, exigent des gens bien formés et trempés en tant que révolutionnaires conséquents, hautement dotés d'une conception du monde et d'une éthique marxistes-léninistes, des gens capables de faire face à la pression des idéologies des classes exploiteuses. Cela exige que la lutte idéologique contre toute survivance ou manifestation étrangère au socialisme dans la conscience de nos gens soit renforcée.

La lutte contre les mentalités et la psychologie petites-bourgeoises, qui ont de profondes racines dans notre pays, a été et demeure un important problème idéologique. Il est vrai que les profondes transformations socio-économiques accomplies, ainsi que le travail général du Parti pour l'éducation communiste des travailleurs, ont porté des coups rudes à la psychologie petite-bourgeoise et l'ont ébranlée jusque dans ses fondements. Mais bien que sa sphère d'action se soit considérablement rétrécie, on observe encore, dans diverses couches de la population, des mentalités, des attitudes et des actes petits-bourgeois. Les conceptions et les tendances petites-bourgeoises sont un grand mal, car non seulement elles empêchent l'éducation communiste des gens, non seulement elles freinent leur participation active à la construction socialiste du pays, mais elles risquent aussi d'entraîner toutes sortes de flottements, elles servent de base à la propagation de l'idéologie bourgeoise et à une action de sape contre le régime socialiste lui-même.

La psychologie petite-bourgeoise se manifeste sous diverses formes et dans de multiples domaines. Ses survivances s'observent de façon plus marquée dans l'attitude à l'égard du travail et de la propriété, qui constitue d'ailleurs l'élément principal et déterminant de l'activité humaine.

Nos travailleurs des villes et des campagnes se caractérisent par une haute conscience dans l'attitude à l'égard du travail et de la propriété socialiste. C'est là un trait distinctif de notre homme nouveau, c'est une réalité qui saute partout aux yeux. Mais le socialisme, en tant que première phase de la société communiste, issu du régime d'exploitation capitaliste, a ses propres conditions et particularités de développement, qui laissent leurs traces dans l'attitude à égard du travail et de la propriété. Le socialisme, soulignait Lénine,

« ...ne peut pas encore, au point de vue économique, être Complètement mûr, complètement affranchi des traditions ou des vestiges du capitalisme ». (V. Lénine, Œuvres, éd. albanaise, t. 25, p. 559.)

D'autre part, il importe d'avoir aussi en vue l'engagement, dans la production sociale et dans d'autres secteurs, de grandes masses de jeunes qui, malgré leur disponibilité et leur enthousiasme à travailler et à créer au nom du socialisme, n'ont pas encore bien acquis les aptitudes nécessaires pour leur travail et ne se sont pas trempés dans les difficultés de la vie.

Ce sont ces facteurs, ainsi que les faiblesses dans le travail de direction, d'organisation et d'éducation mené par les organisations du Parti et les; organisations de masse, les organes du pouvoir et de l'économie, qui sont à l'origine des attitudes étrangères observées à l'égard du travail et de la, propriété socialiste.

En regard de nombreux exemples avancés et de réalisations positives, on constate aussi pas mal de cas de violation de la discipline au travail, d'absences non motivées, de travail à bas rendement et de qualité médiocre, d'exploitation incomplète des capacités productives, de mauvais usage et de dégradations de la propriété collective, de négligence dans la gestion et la sauvegarde de cette propriété.

C'est pourquoi le Parti insiste sur la nécessité d'élever le niveau et l'efficacité du travail de propagande et idéologique, afin de renforcer et de porter à un plus haut degré la conscience socialiste des ouvriers, des coopérateurs et des cadres dans leur attitude envers le travail et l'a propriété. Cela, a été et doit demeurer l'un des fronts les plus importants du travail du Parti, des organes d'Etat et des organisations de masse, et en particulier des unions professionnelles.

Les mesures arrêtées par le Parti et l'Etat pour perfectionner les rapports de production socialistes, réduire encore la parcelle individuelle dans les campagnes, réajuster le système des salaires, la législation, la planification et la direction de l'économie, etc., ont créé des possibilités et des conditions nouvelles pour entreprendre un travail d'éducation plus vaste et plus approfondi parmi les masses travailleuses, pour leur inculquer de justes conceptions et attitudes vis-à-vis du travail et de la propriété, pour instaurer partout une atmosphère d'optimisme et de mobilisation dans le travail.

Les communistes, les cadres, les travailleurs doivent prendre conscience du fait qu'ils vivent dans des situations nouvelles, intérieures et extérieures, qui s'accompagnent de tâches et d'exigences nouvelles. Devant nous se pose avec la plus grande force la nécessité de mobiliser tous les travailleurs afin de réaliser minutieusement les tâches du plan. Les situations que nous traversons et les grands objectifs du plan quinquennal exigent un rythme et un engagement nouveaux dans le travail, un sentiment de responsabilité plus élevé et une persévérance encore plus grande, ils exigent de nous que nous avancions à pas plus rapides, au pas dicté par notre époque.

Le travail d'éducation du Parti doit inculquer la profonde conviction que le travail et la propriété socialiste sont les deux grands piliers sur lesquels s'appuient le développement de l'économie, de toute la vie du pays, son présent et son avenir. Dans ce domaine il convient de mener une lutte frontale et organisée contre les manifestations nocives, contre toute conception et attitude petite-bourgeoise et libérale, pour renforcer partout l'esprit d'organisation, d'ordre et de discipline.

Les tâches à remplir pour raffermir la conscience et la psychologie socialistes exigent qu'il soit consacré une plus grande attention à la connaissance des intérêts divers qui existent et agissent au sein de notre société, et au maintien de justes rapports entre eux. Engels soulignait que les rapports économiques de toute société se présentent avant tout comme des intérêts. C'est pourquoi on ne peut songer à satisfaire aux exigences des lois économiques et à raffermir l'attitude socialiste envers le travail et la propriété sans tenir compte de ces intérêts divers et surtout des intérêts économiques.

La primauté donnée à l'intérêt général sur l'intérêt de groupe ou personnel, aux intérêts à long terme sur les intérêts immédiats, aux intérêts fondamentaux de l'Etat sur les intérêts d'ordre ministériel ou local, a été un principe permanent de l'activité de notre Parti et de notre Etat dans la construction et la défense du socialisme. Ce souci a été et demeure une garantie contre tout écart par rapport à la juste voie marxiste-léniniste, à la théorie et à la pratique de la construction du socialisme.

Mais dans bien des cas l'intérêt personnel exerce encore une forte attraction, ce qui se traduit dans la tendance à prendre de la société plus qu'on ne lui donne, à courir après la quantité aux dépens de la qualité, etc.

Nul doute que l'existence de disparités de diverse nature, comme celles, par exemple, entre les villes et les campagnes, les disparités dans les revenus des divers membres de la société, ou les discordances qui naissent entre les demandes croissantes des masses travailleuses et les possibilités réelles de les satisfaire, influe sur le maintien de phénomènes de ce genre. Mais ces facteurs ne peuvent pas pour autant justifier les diverses manifestations de la tendance à mettre l'intérêt personnel au-dessus de l'intérêt général. Dans notre société socialiste toutes les possibilités existent pour limiter toujours plus les phénomènes étrangers au' socialisme à travers le raffermissement du travail d'éducation des masses, le développement de la production et le perfectionnement des rapports économiques, ainsi que l'application rigoureuse des' lois de l'Etat.

Cela se rattache avant tout au fait qu'en régime socialiste l'intérêt général ne s'oppose pas aux intérêts personnels des travailleurs. Lorsque nous parlons de la primauté de l'intérêt général, cela ne signifie nullement que l'on doive ignorer les intérêts personnels. En régime socialiste l'intérêt général n'est pas conçu comme un but en soi, mais pour servir à satisfaire les besoins légitimes des travailleurs, les exigences du bien-être du peuple, et à renforcer la capacité de défense de la Patrie. La ligne du Parti est appliquée correctement et avec esprit de suite lorsque l'intérêt porté aux problèmes économiques et le souci de l'intérêt général ne sont jamais détachés du souci de l'homme, du souci de satisfaire ses exigences matérielles et spirituelles.

La juste harmonisation des intérêts de la propriété coopérative avec l'intérêt général de la société constitue un important problème non seulement économique, mais aussi idéologique et social. Le Parti doit combattre aussi bien les tendances parfois observées à se confiner dans le cadre des intérêts de groupe et à les considérer comme détachés des intérêts de toute la société, que les tendances à porter préjudice aux intérêts de la coopérative, soi-disant au nom de l'intérêt général.

Ce problème concerne les rapports entre l'Etat et les coopératives agricoles, mais aussi le processus de transformation de la propriété de groupe en propriété du peuple tout entier. La propriété coopérative est une propriété du même type que la propriété d'Etat, toutes deux sont socialistes, mais la propriété de groupe n'en représente pas moins un degré inférieur de la socialisation de la propriété. En menant un travail d'éducation vaste et bien réfléchi, le Parti doit expliquer à la paysannerie coopérée le caractère transitoire de la propriété de groupe ainsi que les voies conduisant à sa transformation en propriété du peuple tout entier. Chez nous, le processus de transformation de la propriété de groupe en propriété de toute la société s'est amorcé, et il tendra à s'accélérer toujours plus. Mais dans cette voie il convient de procéder graduellement, dans la mesure où se créent les conditions objectives et subjectives requises, en ayant en vue et en respectant les intérêts de la propriété de groupe.

La propagande du Parti doit traiter plus largement et plus à fond le caractère unique de notre économie et les problèmes qui se posent pour renforcer ce caractère. Dans ce cadre, il est nécessaire de mener une lutte résolue contre la tendance à tenir surtout compte d'intérêts étroits, au niveau ministériel, local ou de chaque entreprise. Les obstacles dressés à la spécialisation, à la concentration et à la coopération de la production, ainsi que les cas où l'on planifie la production, le rendement et la baisse du prix de revient en gardant des réserves, les demandes excessives d'investissements et de main-d'œuvre, etc., sont des manifestations d'intérêts étroits, qui freinent le développement de l'économie et portent préjudice aux intérêts généraux de l'Etat et de la société.

Le nouveau étant aujourd'hui devenu prépondérant dans notre société, les phénomènes de la psychologie petite-bourgeoise, les survivances du passé détonnent toujours plus et constituent un obstacle sérieux dans notre voie socialiste.

Le trait particulier de ces survivances est qu'elles sont très vivaces, qu'elles subsistent même quand les conditions qui les ont engendrées ont changé radicalement; elles revêtent des formes «nouvelles», elles se camouflent sous les normes socialistes et resurgissent là où elles trouvent un terrain favorable. En particulier, notre attention doit être retenue par certaines coutumes et pratiques surannées qui, malgré les coups rudes qu'elles ont déjà reçus, se manifestent à nouveau dans la façon de vivre, les rapports de famille, les attitudes à l'égard de la femme. Le Parti et ses leviers doivent travailler à renforcer et à consolider les principes et les conceptions socialistes, l'idéologie et la morale prolétariennes, à maintenir toujours vivant l'esprit des actions et des importants mouvements idéologiques de masse, mouvements qui ont pour but d'extirper toute survivance surannée et d'affirmer de nouvelles normes et coutumes socialistes. Cette lutte doit être menée avec sagesse et clairvoyance, afin que les normes et les conceptions nouvelles deviennent acceptables à toutes les consciences.

A cette fin, il est nécessaire de connaître a fond la psychologie des masses, de procéder à un travail d'éducation qualifié et différencié selon les couches et les régions, selon le type et le lieu de travail, selon les collectifs et les secteurs, les âges, le sexe, et même pour chaque personne en particulier. On ne peut bien pénétrer l'état d'esprit des masses de façon empirique, il faut pour cela mener des études approfondies et systématiques, en analysant le problème dans toute sa complexité, dans la situation actuelle et dans la dynamique de développement, et en considérant dans leur ensemble les divers facteurs qui influent sur la formation de la conscience et de la psychologie des masses, notamment les conditions matérielles, les traditions et les usages rétrogrades, le développement de l'éducation et de la culture, le monde étranger capitaliste et révisionniste, etc.

Dans notre lutte sur le front idéologique n'oublions à aucun moment que les survivances du passé s'entrelacent avec les influences corruptrices de l'encerclement impérialiste-révisionniste, qui, bien que vantées comme étant «modernes», «progressistes», sont, quant au fond, tout aussi vétustés et néfastes, si ce n'est plus.

Notre pays est la cible d'une vaste agression idéologique, qui vise à dénigrer la réalité de l'Albanie socialiste et à répandre la confusion dans les esprits. Le Parti et ses leviers doivent se dresser comme des barrières puissantes et infranchissables face à cette agression et à ses influences sur les gens de chez nous. Ils doivent forger l'unité idéologique du peuple, tendre sa vigilance et sa lutte contre le libéralisme et toutes les manifestations étrangères au socialisme, de façon à éviter les cassures, les situations de quiétude et d'euphorie, et faire en sorte que les communistes, les cadres et tous les travailleurs s'en tiennent constamment aux principes et aux normes socialistes, à l'idéologie et à la morale prolétariennes.

La lutte contre les survivances et les manifestations d'idéologies, anciennes et nouvelles, étrangères à la nôtre, en vue de l'éducation communiste des travailleurs, couvre le front le plus vaste et la plus complexe de la lutte de classes qui se livre dans notre pays. Cette lutte revêt une importance et une acuité particulières dans les conditions actuelles, alors que notre pays avance dans la construction du socialisme en comptant uniquement sur ses propres forces, alors que, dans l'arène internationale, la lutte entre le socialisme et le capitalisme, entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme, s'est exacerbée et que l'encerclement impérialiste-révisionniste et sa pression sur notre pays sont devenus encore plus féroces.

Le Parti doit œuvrer inlassablement à faire en sorte que les communistes, le peuple et les nouvelles générations soient éduqués dans l'esprit de la dictature du prolétariat et de la lutte dé classe, qu'ils soient toujours vigilants et prêts à défendre le socialisme contre tout ennemi et danger, qu'ils combattent, dans leur propre conscience, dans leurs propres rangs, tout ce qui va à l'encontre de l'esprit et des principes du socialisme.

Mener correctement la lutte de classe signifie appliquer correctement la ligne marxiste-léniniste du Parti, adhérer en toute conscience et avec une profonde conviction aux principes du socialisme, travailler et lutter constamment pour le bien du peuple et de la Patrie, sauvegarder et défendre le socialisme. Cela signifie également la mener sans déviations, de droite ou de gauche, opportunistes ou sectaires, qui sont dangereuses au même titre et lourdes de conséquences pour le Parti, l'unité du peuple, la société socialiste. C'est seulement en menant correctement et sans déviations la lutte de classe, avec la vaste participation des masses travailleuses, dirigées par le Parti, que le présent sera toujours construit comme il se doit, qu'il reposera sur des fondements solides et que l'avenir de notre Patrie et du socialisme sera assuré.

Le Parti a mis sur pied, au service de l'éducation des communistes, des cadres et des masses, tout un système de moyens de communication de masse, comme la presse, l'édition, la radio et la télévision, le cinéma, etc. Leur rôle est considérable, aussi doivent-ils élever constamment le niveau de leur travail, dans le contenu et dans la forme, pour répondre toujours mieux aux exigences croissantes des masses travailleuses.

Part II