français
ENVER HOXHA
RAPPORT D'ACTIVITE
DU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D'ALBANIE
présenté au
Vle Congrès du PTA
le 1er novembre 1971
TIRANA, 1972
Chers camarades délégués,
Le Vle Congrès du Parti est appelé à dresser le bilan du travail héroïque et plein d'abnégation que les communistes albanais et notre peuple tout entier ont accompli durant ces cin.q dernières années pour le développement irrésistible de la révolution et pour l'heureuse édification du socialisme en Albanie. En tant qu'instance suprême du Parti, il lui incombe l'honneur et la grande responsabilité de déterminer les objectifs essentiels pour la période à venir, les tâches du Parti et les voies menant à leur réalisation.
Le Vle Congrès, tout gomme les précédents congrès du Parti, marquera une étape nouvelle dans notre marche triomphante, un nouvel échelon gravi dans l'ascension et le progrès général de notre société socialiste.
Le peuple travailleur de l'Albanie tout entière a maintenant les yeux et le coeur tournés vers notre Congrès, car sa vie, ses aspirations et son avenir sont étroitement liés au Parti du Travail d'Albanie, à sa ligne et à son action, car les intérêts du Parti, du .peuple et de notre Patrie socialiste ne font qu'un.
Par son travail notre Congrès justifiera pleinement la confiance inébranlable de la classe ouvrière et de tous les travailleurs envers le Parti, ainsi que l'amour qu'ils lui vouent, car ils voient en lui le guide éprouvé, le garant des conquêtes réalisées et de l'avenir communiste.
Le VIe Congrès se tient à la veille d'une grande fête, le 30e anniversaire de la fondation de l'héroîque Parti du Travail. Ces trente années de vie du Parti ont été trente années de glorieuses batailles et de victoires, trente années de lutte et de travail gigantesques pour la création et l'édification de l'Albanie nouvelle. C'est là la période la plus éclatante et la plus grandiose de l'histoire séculaire de notre peuple, la période où notre peuple, conduit par le Parti, est passé des ténèbres à la lumière, où il a montre avec une force sans précédent sa vitalité, sa vaillance, son esprit indomptable et son attachement indéfectible à la liberté, la période où son talent, ses capacités et ses forces créatrices ont jailli oomme ils ne l'avaient jamais fait, où l'Albanie s'est affirmée dans 1'arène internationale et occupe dignement sa place parmi les nations et les peuples avancés du monde.
La gloire de toutes ces victoires revient aux fils et aux filles héroìques de notre peuple qui ont fait don de leur vie pour défendre les nobles idéaux du Parti et du peuple, à ceux qui ont engagé toutes leurs forces physiques et intellectuelles pour le renforcement et l'épanouissement de la Patrie socialiste, à la classe ouvrière, à la paysannerie laborieuse, à l'intelligentsia populaire, à notre peuple tout entier, qui, hardiment et avec un esprit révolutionnaire élevé, font avancer 1a cause du socialisme en Albanie.
La ligne du Parti, ligne conséquente et conforme aux principes, est incarnée dans toutes les victoires remportées au long de ces 30 années. Lette ligne a eu et a pour fondements les enseignements vivifiants du marxisme-léninisme, que notre Parti a appliqués de façon créatrice et qu'il a défendus avec détermination. Ces enseignements ont été comme une boussole qui nous a guidés dans toutes les batailles, ce sont eux qui ont éclairé et éclairent notre voie révolutionnaire.
Le Parti du Travail d'Albanie a été créé pour libérer le pays, pour faire la révolution, pour instaurer la dictature du prolétariat et pour éäifier le socialisme en Albanie. Aujourd'hui, au 30e anniversaire du Parti, nous sommes fiers de voir cette mission historique, que les communistes albanais ont assumée dès les dures journées de novembre 1941, réalisée avec succès. L'Albanie est libre et indépendante, la classe ouvrière tient solidement en main le pouvoir de la dictature du prolétariat, le socialisme a triomphé dans tous les domaines.
La lutte âpre et résolue menée par le Parti contre tous les ennemis de classe, sa confiance illimitée dans le peuple et son ferme appui sur les forces intarissables du peuple, sa fidélité aux idéaux de l'internationalisme prolétarien parcourent comme un fil rouge toute sa vie et toute son action.
De furieuses vagues ont déferlé durant ces années contre notre Parti et contre l'Albanie socialiste. Les impérialistes, les révisionnistes et tous les autres ennemis du dedans et du dehors se sont employés de mille manières à nous détourner de la juste voie, à arrêter notre marche triomphante. Mais notre Parti et notre peuple leur ont résisté comme un roc de granit et ont annihilé leurs tentatives pour nous vaincre et nous mettre à genoux.
Notre peuple a été toujours victorieux dans ces batailles, parce qu'il a un Parti puissant et révolutioanaire, qui a toujours maintenu acér és sa vigilance et le fer de lance de la lutte de classe, parce que, chez nous, s'est forgée, entre le Parti et le peuple, une indestructible unité d'acier. Dans notre combat nous n'avons jamais été seuls et isolés. Le peuple et le Parti ont toujours vu et senti près d'eux la solidarité et le soutien puissants des partis marxistes-léninistes, des peuples des pays socialistes, de tous les révolutionnaires et des hommes de progrès dans le monde.
Comme aux premiers jours de son existence, notre Parti est toujours jeune et dynamique. Les trente années qui se sont écoulées l'ont doté de la maturité d'un combattant aguerri dans de multiples batailles, l'ont trempé politiquement et idéologiquement, ont fait de lui un parti authentiquement révolutionnaire, qui a poussé de profondes racines dans la classe ouvrière et le peuple albanais, une brigade de choc du communisme international.
Le vaste processus de révolutionnarisation générale qui s'est déployé asec vigueur particulièrement après le Ve Congrès, a encore renforcé les positìons du socialisme en Albanie, a accru l'esprit de combat et stimulé toute la vie et l'action du Parti, il a donné une impulsion sans précédent à l'initiative et à la créativité des masses, au fougueux déveioppement de l'économie et de la culture nationales.
Il s'est agi là d'une vaste lutte de classe ayant pour but de prévenir toute possibilité d'apparition du révisionnisme et de retour en arrière de la société, d'une lutte pour faire avancer de façon continue la r évolution et l'édification du socialisme.
Notre Parti se présente à ce Congrès avec une riche expérience et d'importants résultats, avec une unité inébranlable de ses rangs, prêt à assumer de nouvelles tâches encore plus lourdes pour le plus grand bien et le bonheur du peuple, et résolu à mener la cause du socialisme et de la révolution jusqu'au bout.
Les travaux du VIe Congrès et les décisions qui y seront prises donneront sans aucun doute une nouvelle et vigoureuse impulsion à toute notre action et à notre lutte révolutionnaire, au développement général de notre économie, à l'élévation de la culture et du bien-être du peuple, en sorte que notre Patrie demeure toujours une forteresse inexpugnable du socialisme, que notre Parti benne, comme toujours, haút levé et pur le drapeau triomphant du marxisme-léninisme.
I
LA SITUATION INTERNATIONALE ET LA
POLITIQUE EXTERIEURE DE LA
REPUBLIQUE POPULAIRE D'ALBANIE
Notre VIe Congrès se tient en une période marquée par de grandes contradictions et des affrontements sur le plan mondial, en une période ,otù sont regroupées et s'opposent, à une échelle sans précédent, de très importantes forces sociales, politiques, économiques et militaires, qui couvrent le monde entier.
D'un côté de la barricade se tiennent les forces de l'impérialisme, du révisionnisme et de la réaction, et de l'autre les forces du socialisme, le front des peuples, avec à sa tête la classe ouvrière internationale. La ligne de démarcation qui les sépare devient de plus en plus nette dans tous les domaines.
La juste compréhension de ces contradictions, l'analyse ré.aliste et objective du rapport des forces qui agissent dans l'arène internationale, la eonnaissance des tendances fondamentales de l'évolution mondiale actuelle sont autant de facteurs d'une importance déterminante dans ld lutte contre l'impérialisme et ie révisionnisme, dans la lutte pour la victoire de la révolution.
La tendance du développement du monde actuel est
à la révolution et à la victoire du socialisme
Les événements survenus dans le monde au eours de ces cinq dernières années confirment la juste appréciation que notre Parti avait faite à son Ve Congrès de la situation mondiale et des tendances de l'évolution des relations internationales. Analysant la situation actuelle dans le monde, nous pouvons affirmer que non seulement elle est en faveur de la révolution, mais que la révolution devient même l'aspiration générale des peuples.
Cette appréciation de la situation n'est pas une simple assertion optimiste, mais l'expression de la réalité objective du processus historique de l'évolution du monde actuel, où s'observent nettement l'exacerbation des antagonismes sociaux et l'essor et le renforcement continus de la lutte révolutionnaire des peuples, antagonismes et luttes qui seoouent jusque dans ses fondements le monde impérialiste et révisionniste et aggravent encore davantage sa crise générale.
Nous assistons aujourd'hui à de vastes affrontements de classes entre les travailleurs d'une part et le ca.pital et son pouvoir de l'autre. La lutte de classe du prolét-ariat et des autres couches sociales exploitées a pris une telle ampleur, par le nombre des participants comme par son äpreté, que la période actuelle peut être comparée, pour la bourgeoisie capitaliste, aux périodes les plus critiques qu'elle ait traversées. Les brillantes batailles des travailleurs français, italiens, espagnols, anglais, belges, etc., l'expérience positive et négative qu'ils y ont acquise, laisseront des empreintes ineffaçables dans leur conscience. Même dans les pays que la propagande bourgeoise présentait comme des zones de «paix sociale éternelle, de violentes batailles se livrent entre les travailleurs et le capital. Ainsi a été détruit le mythe qu'entretiennent les fables social-démocrates sur la creation du bien&re général sous le système capitaliste.
Aux Etats-Unis mêmes, les contradictions sociales se sont considérablement aggravées. Les é:checs de la politique extérieure et intérieure ont eu pour effet d'approfondir encore la crise politique, économique et sociale de l'impérialisme yankee, la lutte révolutionnaire du peuple américain a encore gagné en ampleur. La citadelle de l'impérialisme est ébranlée par la puissante révolte des noirs américains qui se battent pour obtenii l'égalité des droits et en particulier les droits civiques, ainsi que par la révolte du peuple tout entier contre la guerre du Vietnam.
Ce qui est important dans ces nouvelles batailles de classes qui se déroulent dans les pays capitalistes, c'est qu'on y voit se manifester au premier plan les revendications politiques des travailleurs, l’élévation de leur conseience révolutionnaire, leur détachement toujours plus net de l'influence de 1'opportunisme social-démocrate et révisionniste.
Une autre particularité de la lutte de classe contre le système capitaliste exploiteur et la politique impérialiste est le déclenchement généralisé du mouvement de la jeunesse et étudi:xnt, qui se transforme en une puissante Torce révolutionn aire de nottre époque. La jeunesse du monde capitaliste n'est satisfaite ni de sa situation sociale, ni du système qui lui a bouché toutes les voies et toutes les perspectives. Elle est maintenant à la recherche de la vérité, et la vérité la conduit et la conduira à eoup sûr vers l'union avec la classe ouvriére, vers la révolution.
L'impérialisme dans le monde essuie des coups toujours plus sévères du fait de la lutte de libération des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine, qui est menée partout avec vigueur. La lutte anti-impérialiste résolue du peuple vietnamien et des autres peuples d'Indochine, qui ont détruit une fois pour toutes le mythe de l'invincibilité de la superpuissance américaine, de sa machine militaire et des armes modernes, constitue un brillant exemple de la force immense de la lutte de libération des peuples, en même temps qu'un puissant encouragement pour elle.
La lutte armée anti-impérialiste des peuples de Thailande et de Birmanie, de Malaisie et d'Indonésie a pris en Asie de nouvelles et plus vastes proportions. La lutte révolutionnaire des peuples du Brésil et de Colombie, du Chiii et du Pérou, de Bolivie et d'Argentine et des autres pays de l'Arnérique Latine contre l'imp, r ialisme américain et l'oligarchie locale pour la défense de la souveraineté et de l'indépendance nationales, pour un développement démocratique indépendant et pour le progrès social, connaît une grande ampleur. Une situation nouvelle, révolutionnaire, s'est également créée en Afrique. Les peuples sont entraînés partout par le flot de la lutte contre le colonialisme ancien et nouveau, contre les forces oppressives et réactionnaires, pour la défense de leur liberté et de leur indépendance. Ni la politique du diktat, ni les nystifications, ni la violence armée de l'impérialisme ne peut venir à bout de la volonté des peuples de combattre et de prendre eux-mêmes en main leur destinée.
L'impérialisme et le révisionnisme s'attirent la haine des peuples, qui voient dans la ,politique américaine et dans celle des révisionnistes soviétiques un danger pour leur liberté et leur indépendance. Les peuples veulent la liberté. Ils dénoncent l'intervention brutale des impérialistes et des révisionnistes, ils condamnent leur politique d'hégémonie et de chantage. Partout on voit grandir et se renforcer des sentiments antiaméricains, en même temps que croît et se renforce l'opposition au social-impérialisme soviétique.
La grande Chine Populaire et l'ALbanie, qui suivent de façon conséquente la ligne marxiste-léniniste et édifient le socialisme, constituent un facteur important du mouvement révolutionnaire, une source d'inspiration et d'encouragement pcur son expansion en même temps qu'une base inébranlable de soutien aux luttes révolutionnaires et libératrices des peuples. Leurs suocès dans la révolution socialiste, leur renforcement économique, politique et idéologique, leur lutte résolue, sans compromis et victorieuse sur deux frpnts, à la fois contre l'impérialisme, ayant à sa tête l'impérialisme américain et contre le révisionnisme moderne, conduit par le révisionnisme soviétique, la clarté de leur politique révolutionnaire, leur ferme soutien à la lutte de libération, sont autant de faits qui ont donné et donnent partout courage aux peuples et aux révolutionnaires, qui renforcent leur confiance dans la victoire de leur juste cause et raffermissent leur foi dans le socialisme, à qui appartient l'avenir.
Le rôle de la République Populaire de Chine, puissante citadelle de la révolution et du socialisme, est particulièrement important pour la croissance et le renforcement du mouvement révolutionnaire partout dans le monde.
Le triomphe de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, déclenchée et conduite par le grand marxiste-léniniste, le camarade Mao Tsétoung, constitue une victoire et une source d'inspiration pour l'ensemble du mouvement révolutionnaire dans le monde. Les impérialistes et les révisionnistes qui, à travers leurs agents, ont tenté d'étouffer la révolution chinoise, en ont été pour leurs frais. La Chine de Mao Tsétoung est demeurée rouge, elle est sortie de la Révolution culturelle cent fois plus puiesante, ennemie résolue de l'impérialisme et du révisionnisme, grande amie des peuples et puissant soutien de leur lutte.
La croissance de nouveaux partis marxistes-léninistes représente un événement important dans le mouvement révolutionnaire de ces dernières années. Aujourd'hui, dans presque tous les pays du monde, ont été créés des partis ou des organisations marxistes-léninistes, qui se portent avec toujours plus de succès à la pointe de 1a lutte révolutionnaire et de libération. C'est là un fait de grande portée historique qui témoigne de la vitalité des idées du marxisme-léninisme, qui prouve que les perspectives de la révolution et de la victoire du socialisme deviennent de plus en plus claires.
La croissance des forces révolutionnaires et de l'élan révolutionnaire dans le monde atteste que, en dépit des efforts considérables et fébriles déployés pour faire tourner à rebours la roue de l'histoire, l'impérialisme et le révisionnisme n'ont pu et ne pourront jamais modifier le rapport général des forces, qui penche de plus en plus du côté de la révolution. L'initiative historique est définitivement passée aux mains de la classe ouvrière et des peuples. C'est la révolution qui ouvre et définit la voie du développement de la société humaine actuelle.
La croissance et l'extension victorieuses du mouvement révolutionnaire mondial et de la lutte des peuples est la preuve la plus claire de l'approfondissement de la crise grave que eonnaissent les ennemis les plus exécrés des peuples, l'impérialisme et le révisionnisme.
La trahison des révisionnistes modernes khrouchtchéviens, qui ont porté un grand tort au mouvement révolutionnaire, ne fut qu'un avantage temporaire pour le système capitaliste dans son ensemble. Mais elle n'a pas réussi à sauver le capitalisme de la crise générale dans laquelle il est plongé, de même qu'elle n'a pas pu modifier le cours de l'histoire, la tendance de son développement vers la révolution et la victoire du socialisme.
Dans le cadre même de son systkme d'exploitation, l'impérialisme visait à supprimer les crises économiques et à aplanir les profondes contradictions existant entre les divers pays capitalistes. Ici comme ailleurs il a échoué. Les grands pays capitalistes, sans parler des petits, se trouvent aujourd'hui dans une phase où les phénomènes de crise sont devenus chroniques et ont créé de nouvelles difficultés pour l'ensemble de leur économie. La crise du système financier et monétaire est devenue ces dernières années une maladie incurable. L'inflation et la vie chère s'accentuent rapidement, les chômeurs se chiffrent pam millions. L'ébranlement des positions dominantes du dollar américain et les mesures de restriction prises par Nixon ont suscité un désarroi et une oonfusion considérables dans l'ensemble du monde capitaliste. La crise du dollar n'est pas seulement une crise de la monnaie américaine ni une crise des monnaies des autres Etats capitalistes. C'est une expression manifeste de la crise générale économique, politique, militaire et idéologique de l'ensemble du système capitaliste, de ses structures et superstructures, des régimes et des alliances capitalistes et impérialistes.
Tous ces phénomènes ont encore exaspéré et aggravé les contradictions entre les différents pays bourgeois et surtout celles qui les opposent aux Etats-Unis d'Amérique.
La lutte économique et politique entre les pays capitalistes prend des proportions de plus en plus vastes. Les intégrations économiques et la formation de blocs militaires ont encore intensifié la concurrence impitoyable existant entre eux. Le marché -commun» européen cherche maintenant à défier la suprématie américaine sur les marchés mondiaux, cependant que la nouvelle puissance économique du Japon, par son intervention, restreint sensiblement l'expansion des monopoles américains en Asie. De graves dissensions ont éclaté au sein de l'OTAN et des autres alliances de l'impérialisme. Ces rivalités et contradictions entre les pays impérialistes ont tendance à s'approfondir encore davantage.
Afin de consolider ses positions, de surmonter les difficultés économiques, les contradictions politiques et les conflits sociaux, l'impérialisme s'est efforcé et s'efforce de s'adapter aux nouvelles conditions de la lutte de classes, tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger. Mais ni le développement du capitalisme monopoliste d'Etat, ni la concentra tion à l'échelle nationale et internationale de la production et des capitaux, ni la militarisation de l'économie, ni la révolution technique et scientifique ne peuvent le sauver de la défaite et de l'effondrement. Les solutions partielles et provisoires apportées à ces contradictions sont elles-mêmes grosses de contradictions et de conflits nouveaux encore plus âpres, d'une crise encore plus profonde et destructrice de l'ensemble du système capitialiste.
Une situation tout aussi grave règne aujourd'hui également dans le camp révisionniste. Notre Parti, éclairé par la théorie marxiste-léniniste. a bien prévu où les révisionnistes seraient conduits sur leur voie de trahison, il a prévu leur cliute et leur dégénérescence générales. La crise que traverse le révisionnisme est à la fois idéologique, politique et économique. Les chefs de file de Moscou n'ont pas seulement échoué dans leurs efforts pour éta!blir leur domination sur le mouvement communiste et contrôler le mouvement de libération nationale, mais ne sont .même plus en mesure aujourd'hui de tenir en main leurs alliés ies plus proches, les cliques révisionnistes des pays satellites.
Entre les divers détachements du révisionnisme il n'y a ni unité idéologique, ni unité d'action. Les conflits et les querelles entre les cliques révisionnistes au pouvoir constituent un phénomène courant et ont atteint un tel point de tension, qu'un éclatement est possible à tout moment. Des fractions et des courants les plus divers ont vu le jour au sein des partis révisionnistes. La trahison à l'égard du marxisme léninisme a jeté la confusion et le désarroi dans leurs rangs.
Les pays révisionnistes et leur chef de file, l'Union Soviétique elle-même, ont commencé à souffrir des plaies chroniques de la société bourgeoise. Le mécontentement que la ligne révisionniste a suscité parmi les masses se change en une révolte déolarée. Les événements de l'an dernier en Pologne ont montré que la classe ouvrière s'est directement dressée contre le pouvoir révisionniste. L'exemple des ouvriers polonais qui ont livré ouvertement bataille à ce pouvoir est exaltant pour tous les travailleurs et les peuples des pays où les révisionnistes sont au pouvoir. C'est un appel au cbmbat pour liquider la trahison révisionniste.
L'impérialisme et le révisionnisme à leur stade actuel, en dépit de leur puissance apparente, sont faibles; ils pourrissent et dégénèrent chaque jour davantage. Ils ne sont actuellement en mesure de résoudre aucun problème intérieur essentiel ni de réaliser aucun de leur principaux objectifs extérieurs.
L'impérialisme, le révisionnisme et tous les réactionnaires sentent 1e sol trembler sous leurs pieds. A notre époque il n'est aucune force au monde qui puisse arrêter la marche triomphante de la révolution et du socialisme.
Nous, communistes albanais, comme tous les marxistes léninistes partout où ils se trouvent, regardons l'avenir du monde avec optimisme, convaincus qu'il appartient à la liberté et à l'indépendance des peuples, qu'il appartient au socialisme. Cependant, notre optimisme révolutionnaire ne nous empêche pas de distinguer en même temps les menaces et les dangers qui, pour notre pays comme pour tous les peuples, viennent de l'impérialisme américain avec sa politique agressive et du nouvel impérialisme révisionniste soviétique, qui prétendent ensemble à l'hégémonie et à la domination mondiales.
En dépit des changements intervenus et qui ne cessent d'intervenir dans le monde, l'impérialisme américain demeure le principal ennemi de tous les peuples, le plus grand oppresseur et exploiteur des autres pays, le bastion de la réaction internationale. Tant qu'il est encore debout, sa nature réactionnaire, sa politique et sa stratégie d'agresseur et de fauteur de guerre, qui émanent de l'essence même de son système exploiteur, restent inchangées. L'impérialisme américain ne peut vivre sans chercher à soumettre économiquement d'autres pays, sans interventions politiques et agressions militaires, sans opprimer et exploiter les autres peuples. Autrement, la mort l'attend et la voie s'ouvre aux révoltes et aux révolutions.
Les événements des dernières années confirment on ne peut mieux que l'impérialisme des Etats-Unis d'Amérique, loin de renoncer à saper la liberté et l'indépendance des autres pays et à établir sa domination dans le monde, fait au contraire tout pour cela. Partout il brandit les armes, partout il menace d'intervenir militairement.
Les i.mpérialistes américains poursuivent leur guerre barrbare au Vietnam. Ils ont également étendu leur agression au Cambodge et au Laos, causant ainsi à tous les peuples héroîques de l'Indochine de graves plaies, provoquant des dévastations et des massacres. Sur l'instigation et avec le soutien actif et direct des Etats-Unis d'Amérique, Israël a déclenché son agression contre les pays arabes et continue d'occuper leurs territoires. Les oomplots, les actes de subversion, les interventions et la violence armée qu'ont connus et connaissent la Lybie, la République Populaire du Congo et la Somalie, la Guinée et de nombreux pays d'Asie et d'Amérique Latine, sont l'oeuvre des impérialistes américains. Les Etats-Unis sont les alliés et les garants de tous les régimes réactionnaires et fascistes, ce sont les principaux défenseurs du système interrqtional d'exploitation capitaliste.
L'agression ouverte apparaît toujours davantage comme le principal moyen qu'utilisent les Etats-Unis pour s'assurer des positions de domination économique, politique et militaire dans les autres pays. Les impérialistes améric,ains s'emploient aussi à mettre en oeuvre cette stratégie par la politique de néo-colonialisme et en therchant à s'assurer le monopole des activités tenhniques et scientifiques, en tant que moyen d'ingéirence, d'oppression et d'exploitation.
On peut affirmer qu'il n'existe pratiquement pas de pays libre et indépendant qui, sc)us quelque forme, ne soit menacé par l'impérialisme américain, qui ne subisse ses pressions et ses, chantages, qui ne soit affecté par ses interventiorrs brutales.
Un grand ennemi, insatiable et barbare, se dresse face aux peuples. Aussi la lutte c,ontre l'impérialisme est-elle devenue une tâche suprême Pour toutes les forces révolutionnaires de notre époque, pour tous les peuples. La contradiction profonde qui existe entre l'impérialisrne américain et sa politique agressive, d'une part, et les peuples et leur lutte anti-impérialiste, de l'autre, ira sans cesse s'exacerbant. Dans cet affrontement il ne peut y avoir ni pause, ni conr-essions ni replis, comme le prétendent les révisionnistes. Toute hésitation dans la lutte contre l'impér•ialisme est grosse de très dangereuses conséquences.
Mais l'impérialisme américain n'est pas le seul ennemi des peuples et l'on ne peilt oonsidérer les fantoches réactionnaires liés diráctement à Washington, politiquement, militairement et financièrement, comme ses seuls alliés. h'Angleterre, l'Allemagne Occidentale, le Japon et les autres pays i.mpérialistes, en dépit des clivergences qui les opposent aux Etats-Unis d'Amérique, demeurent leurs principaux partenaires, poursuivent également une politique d'expansionnisme économique et de néo-colonialisme à l'égard des autres pays, cher chent à se créer des sphères d'influence et viennent en toute occasion appuyer la réaction mondiale. L'Europe unie, que monte le capital d'Europe occidentale, vise à devenir une nouvelle superppuissance impérialiste ayant les mêmes prétentions d'hégémonie et de domination que les Etats-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique. La lutte contre l'impérialisme américain serait inefficace si elle n'était pas également menée contre ses amis et alliés, contre toutes les puissances impérialistes.
L'attitude à l'égard de l'impérialisme et en premier lieu de l'impérialisme américain, constitue la <ipierre de touche» de la juste orientation de toutes les forces politiques dans le monde. Il ne s'agit pas là d'une question d'ordre purement tactique, ni d'une prise de position temporaire dépendant de la conjoncture. L'attitude de chaque force à l'égard de l'impérialisme procède du contenu de sa ligne politique, elle permet d'apprécier les actions pratiques, elle détermine enfin la ligne de démarcation qui sépare ceux qui défendent les intérêts vitaux des peuples et l'avenir de l'humanité de ceux qui les foulent aux pieds, la ligne qui sépare les révolutionnaires des réactionnaires et des traïtres.
La lutte arti-impérialiste n'a pas et ne peut avoir partout la même extension ni la même intensité. Mais ce qui importe, c'est que les peuples se dressent dans la lutte de libération contre l'impérialisme non seulement pour le harceler, mais aussi pour àbréger ses jours. C'est seulement en lui livrant une lutte résolue, une lutte ouverte et du tac au tac, en ne reculant pas devant les difficultés et les sacrifices, qu'ils pourront le contraindre à battre en retraite et à s'incliner, Les révolutionnaires ont pour tâche d'éclairer politiquement et idéologiquement les masses de chaque peuple, de les pousser à redoubler de vigilance, de leur montrer où se trouve l'ennemi et comment il agit, et comment elles doivent s'organiser et le combattre.
L'impérialisme révisionniste soviétique de fraîche date est pour les peuples et la révolution un ennemi tout aussi dangereux, rusé et agressif que l'impérialisme américain.
Notre Parti, dès le moment où le révisionnisme moderne usurpa le pouvoir en Union Soviétique et dans d'autres pays socialistes, a correctement apprécié la situation et indiqué qu'un Ksecond front» s'ouvrait dans le monde contre le socialisme et le communisme.
Aujourd'hui nous assistons tous à la tran formation de l'Union Soviétique révisionniste en un Etat chauvin et néo-colonialiste. La politique extérieure des révisionnistes soviétiques n'est autre que la politique grand-russe des anciens tsars, elle est faite des mêmes visées expansionnistes, des mêmes desseins de soumettre et d'asservir les peuples. Les appétits du jeune impérialisme révisionniste soviétique sont grands. A l'instar des Etats-Unis d'Amérique, les chefs de file du Kremlin ont rempli les cieux d'avions et les océans de sous-marins, ils créent, partout où ils le peuvent, des bases militairres, des marchés écononaiques pour drainer les richesses des peuples et ils recrutent des agents de tous les côtés. A cette fin les roubles et les tanks vont de pair avec la corruption et les chantages. Il n'est pas de zone au monde où les révisionnistes soviétiques ne cherchent à étendre leur influence impérialiste, il n'est pas de question internationale dans laquelle ils ne s'immiscent afin d'en tirer leurs prapres avantages. Marchant sur les traces des impérialistes américains, ils sont devenus de gros marchands de canons, des usuriers insatiables, ils encouragent les complots contre-révolutionnaires et attisent les conflits entre les nations.
La succession des actions des révisionnistes soviétiques au cours de ces dernières années indique que cette ligne agressive va sans cesse s'approfondissant. A mesure que les contradictions s'aggravent à l'intérieur de l'Union Soviétique, que les querelles et les heurts au sein du camp révisionniste s'accentuent, et, enfin, que la concurrence entre elle et son rival et allié, l'impérialisme américain, s'intensifie, l'aventure militaire devient toujours plus la principale forme d'action des révisionnistes soviétiques.
L'agression barbare contre la Tchécoslovaquie n'était pas un acte fortuit, ni le propre d'une situation exceptionnelle et qui ne saurait se répéter, mais le paroxysme d'une politique agressive et chauvine érigée en ligne officielle, l'amorce d'une grande offensive dirigée contre la libertéfile du Kremlin ont rempli les cieux d'avions et les océans de sous-marins, ils créent, partout où ils le peuvent, des bases militairres, des marchés écononaiques pour drainer les richesses des peuples et ils recrutent des agents de tous les côtés. A cette fin les roubles et les tanks vont de pair avec la corruption et les chantages. Il n'est pas de zone au monde où les révisionnistes soviétiques ne cherchent à étendre leur influence impérialiste, il n'est pas de question internationale dans laquelle ils ne s'immiscent afin d'en tirer leurs prapres avantages. Marchant sur les traces des impérialistes américains, ils sont devenus de gros marchands de canons, des usuriers insatiables, ils encouragent les complots contre-révolutionnaires et attisent les conflits entre les nations.
La succession des actions des révisionnistes soviétiques au cours de ces dernières années indique que cette ligne agressive va sans cesse s'approfondissant. A mesure que les contradictions s'aggravent à l'intérieur de l'Union Soviétique, que les querelles et les heurts au sein du camp révisionniste s'accentuent, et, enfin, que la concurrence entre elle et son rival et allié, l'impérialisme américain, s'intensifie, l'aventure militaire devient toujours plus la principale forme d'action des révisionnistes soviétiques.
L'agression barbare contre la Tchécoslovaquie n'était pas un acte fortuit, ni le propre d'une situation exceptionnelle et qui ne saurait se répéter, mais le paroxysme d'une politique agressive et chauvine érigée en ligne officielle, l'amorce d'une grande offensive dirigée contre la liberté et l'indépendance de beaucoup de ;pays et de peuples. Il est de fait qu'en même temps que la Tchécoslovaquie était ouvertement envahie, on renforçait également l'occupation silencieuse de la Pologne, de l'Allemagne Démocratique, de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Mongolie. Ces pays sont pratiquement transformés en des provinces militaires de l'empire de Moscou, où les généraux soviétiques maintiennent non seulement «l'ordre», mais font aussi la politique, et même la loi.
L'ironie dans cette ,politique chauvine, dans tous ces efforts que les révisionnistes soviétiques déploient pour dominer les pewpes, c'est qu'ils cherchent à «légitimer» théoriquement cette politique, et qu'ils la qualifient de «prolétarienne», voire même de «léniniste». Brejnev a sorti la théorie tristement fameuse de la «souveraineté limitée» et ses propagandistes zélés s'emploient à convaincre le monde que l'Union Soviétique a en-voyé à Prague non des tanks, mais son «aide internationaliste», qu'elle n'opprime pas les pays satellites, mais qu'elle «renforce la eommunauté socialiste», qu'elle ne les exploite pas, mais qu'elle accélère leur «intégration socialiste», etc.
La théorie de la «souveraineté limitée» est la théorie du chauvinisme et d e l'expansion de grande puissance, la théorie à l'aide de laquelleles nouveaux impériali.stes soviétiques cherchent à étouffer toute souveraineté des autres peuples et .à s'arroger le «droit souverain» d'intervenir où et quan.d bon leur semble. En refusant la souveraineté aux autres nations et peuples, ils cherchent à leur nie,° ce qu'ils ont de plus cher, la liberté et l'indépendance, à nier leur individualité nationale, leur droit inaliénable à l'autodétermination, au développement indépendant, leur droit à l'égalité dans les rapports entre nations et à une partici!pation active aux relations internâtionales. Par la «souveraineté limitée» ils cherchent à légitimer le droit du plus fort à étouffer le plus faible, du plus grand à engloutir le plus petit. C'est une théorie qui justifie l'agression impérialiste.
«L'internationalisme prolétarien» des révisionnistes soviétiques a aussi le même contenu réactionnaire. Les maîtres du Kremlin cherchent à spéculer sur ces notions et à imposer aux forces révolutionnaires et anti-impérialistes la fallacieuse conception selon laquelle le critère fondamental .de l'internationalisme prolétarien, la «pierre de touche» de son authenticité, serait l'attitude à l'égard de l'Union Soviétique, que toute la Tutte et l'action révolutionnaire doivent être subordonnées aux intérêts de l'Union Soviétique et de sa politique.
Les spéculations fondées sur le passé et le recours à des thèses autrefois correctes ne oonvainquent plus personne aujourd'hui que les révisionnistes soviétiques ont trahi le marxismeléninisme et ont fait de l'Union Soviétique un pays impérialiste. A présent encore, l'attitude envers l'Union Soviétique demeure le critère de l'internationalisme prolétarien, mais dans un sens inverse à celui de l'époque de Lénine et de Staline, quand l'Union Soviétique était le centre et la base de la révolution mondiale. Aujourd'hui est révolutionnaire et internationaliste pr écisément celui .qui combat les révisionnistes soviétiques, qui démasque leur trahison, qui s'oppose de toutes ses forces à leur politique et à leur ligne antimarxistes et impérialistes.
Le passage du révisionnisme soviétique au social-impérialisme, l'intensification de sa politique et de son activité expansionnistes assignent aux forces révolutionnaires et unti-impérialistes de nouvelles tâaches. La lutte idéologique contre le révisionnisme demeure toujours actuelle, elle reste une tâche primordiale qu'il convieni de conduire à son terme, jusqu'à la destruction complète de ce courant. Toutefois, cette lutte, aujourd'hui, est insuffisante et elle n'aura pas d'heureuse issue si l'on ne considère pas l'Union Soviétique actuelle comme une puissance impérialiste et si l'on ne la traite pas comme telle.
La plus grande force contre-révolutionnaire qui s'oppose à la lutte des peuples pour la liberté et le socialisme est l'alliance soviéto-américaine. Dans tous les :domaines - économique, politique et militaire - les lignes impérialistes des EtatsUnis d'Amérique et de l'Union Soviétique se rapprochent constamment et tendent à se confondre. Afin de réaliser leurs desseins d'hégémonie et dedomination, les deux superpuissances ont besoin l'une de l'autre, elles règlent leurs montres à la méme heure et coordonnent constamment leurs plans et leur activité concrète.
Leur objectif stratégique vise à détruire le socialisme, à étouffer la révolution, à établir leur domination dans le monde entier. Le fer de lance de cette alliance est dirigé contre la République Populaire de Chine, qui est le principal obstacle à la réalisation dé leurs plans contre-révolutionnaires. Les Etats-Unis et l'Union Soviétique font l'impossible, quoique ce soit un rêve chimérique, pour encercler la Chine et l'isoler, afin de pouvoir ensuite étouffer la révolution et détruire la République Populaire de Chine. C'est à cette stratégie contre-révolutionnaire commune que sont subordonnées toutes leurs activités principales dans le domaine des relations internationales, que ce soit en Europe ou en Asie, en Afrique ou en Océanie.
L'effet néfaste de cette alliance réactionnaire se fait sentir dans tous les eonflits et problèmea internationaux. Bien que la Seconde Guerre mondiale soit terminée depuis 26 années déjà, les Etats-Unis et l'Union Soviétique maintiennent encore leurs troupes dans différents pays. Les deux superpuissances ont reconnu et accepté comme un fait acoompli leurs zones d'influence respectives et elles s'efforcent de se ménager mutuellement partout où elles exercent leur domination et exploitation.
Recourarit à la diplomatie secrète et s'en tenant entièrement à la pratique impérialiste, les Américains et les révisionnistes soviétiques se livrent maintenant à des marchandages en coulisse pour se partager les zones naguère sous l'influence d'anciennes puissances impérialistes qui en ont été chassées, pour combler, disent-ils, les «vides». Ces «fruits» de l'alliance soviéto-américaine apparaissent bien clairement au Moyen Orient, en Afrique du Nord, dans les zones de la Méditerranée, de l'océan Indien, et ailleurs.
En ce qui concerne les questions internationales importantes, les deux superpuissances s'efforcent de concerter leur politique et d'afficher une attitude commune devant le monde, comme on le voit dans les négociations sur le désarmement à Genève, dans celles sur le Moyen Orient à New York, etc. Cette coordination de leur politique et cette attitude commune apparaissent encore plus clairement dans l'activité de l'Organisation des Nations Unies, qui s'est convertie en un instrument de leur politique d'hégémonie. Pratiquement, aucune décision n'est prise à l'ONU, aucune suggestion n'y est admise si elle n'est pas du goût des deux grandes puissances. Ce que cherchent les Etats-Unis et l'Union Soviétique, c'est à obliger les autres Etats à confier leurs propres destinées aux deux superpuissances pour que celles-ci deviennent des arbitres non seulement des affaires extérieures des autres pays, mais aussi de leurs affaires intérieures. Les deux superpuissances cherchent à ce que la soumission à leur volonté et à leur diktat soit érigée en loi et en norme de la vie internationale.
Les impérialistes américains et les révisionnistes soviétiques se démènent de plus en plus pour maintenir l'équilibre des forces entre eux et pour garder leurs distances face aux autres pays. Tous les accords qu'ils ont conclus sur les armes atomiques, sur l'espace cosmique, sur les fonds des mers et des océans, etc., tendent à maintenir intacts ces rapports nouveaux de caractère stratégique, qui déterminent également la politique commune des superpuissances. Ils veulent avant tout conserver jalousement leur monopole des armes nouvelles et leur supériorité technique et scientifique dans les principales branches de développement afin de maintenir les autres pays sous leur dépendance et d'exercer sur eux une pression politique, économique et militaire continue. Personne ne doute que les rencontres très secrètes au cours des négociations SALT, dont sont exclus même leurs alliés les plus proches, ont donné naissance à un organisme où l'on ne se contente pas de coordonner les questions militaires, mais où l'on s'emploie aussi à déterminer les positions politiques concrètes, ainsi que la stratégie commune à long terme.
Certes, il serait inconcevable et irréaliste de ne voir dans l'alliance soviéto-américaine que le rapprochement et la collaboration de deux superpuissances, leurs actions et intérêts communs. Etant donné leur caractère impérialiste, les Etats-Unis et l'Union Soviétique révisionniste sont aussi déchirés par des conflits, des rivalités et des contradictions profondes, qui les empêchent d'agir toujours en harmonie et en unité complète. I;'existence et l'aggravation de ces contradictions sont inhérentes au fon.dement même de cette alliance, au système social capitaliste des deux pays, à leurs visées impérialistes. Se préparant pour la guerre, les deux parties ~projettent aussi de s'entre-dévorer.
Spéculant sur les contradictions qui les séparent des Etats-Unis et dans l'intention de dissimuler leur trahison, les revisionnistes soviétiques tentent de se faire passer pour anti-impérialistes, comme si eux aussi s'opposaient à la politique d'agression et de guerre de l'impérialisme américain. Mais l'«anti-impérialisme des révisionnistes n'est qu'un slogan fallacieux, qu'une tactique pour tromper les peuples, pour diviser leur unité anti-impérialiste, pour saboter la révolution. Il serait très dangereux de se faire -des illusions sur l'«anti-impérialisme» des révisionnistes soviétiques, car les conséquences de telles illusions seraient graves pour la lutte révolutionnaire des peuples.
Du moment que l'impérialisme américain et l'impérialisme révisionniste représentent deux superpuissances impérialistes et affichent une stratégie contre-révolutionnaire commune, il est impossible que la lutte des peuples contre eux ne se ramène pas à un seul courant. Il n'est pas possible de s'appuyer sur un impérialisme pour s'opposer à l'autre.
Les impérialistes américains et les révisionnistes soviétiques s'efforcent de maintenir la tranquillité, le statu quo et les alliances qu'ils ont conclues. Ils demandent aux peuples de rester calmes, d'approuver leur politique et leurs actes. Mais les peuples révolutionnaires et tous les hommes progressistes dans le monde haïssent profondément l'oppression et l'exploitation qui sont tout aussi insupportables sous l'enseigne des impérialistes américains que sous celle des révisionnistes soviétiques.
Ils ne veulent ,pas de la «tranquillité» et de la «paix» impérialistes, ils ne veulent pas du statu quo réactionnaire actuel que préoonisent les impérialistes et les révisionnistes. La révolution, la lutte pour la libération nationale et sociale ne signifient pas la <aiestruction de l'humanité~, comme le prétendent les impérialistes et les révisionnistes, mais la destruction de l'oppression et de l'exploitation, ce sont même elles qui sauveront l'humanité.
Il va sans dire que la révolution n'éclatera pas le même jour dans tous les pays et qu'èlle ne triomphera pas partout en même temps. Elle suivra une voie pleine de détours, elle comportera des hauts et des bas. Mais partout où il y a oppression et exploitation, il y a et il y aura aussi lutte de classe, il y a et il y aura révolution. Le marxisme-léninisme inspire désormais tous les jours davantage le prolétariat mondial, il illumine à toutes les masses opprimées la voie vers la victoire.
La paix véritable et la Ocurité des peuples ne
peuvent étre assurées que par la lutte contre
l'impérialisme américain et le social-impérialisme
soviétique
Notre Parti et notre Gouvernement ont consacré une attention spéciade à des problèmes particuliers, importanis et aigus de la vie internationale, qui influent directement et largement sur les destinées et l'avenir des peuples.
Douze années se sont déjà écoulées depuis que l'héroïque peuple vietnamien mène une lutte à mort contre l'agression impérialiste des Etats-Unis et de leurs fantoches de Saïgon. Les impérialistes américains ont perdu la guerre sur le champ de bataille, ils n'ont aucun espoir de voir la situation changer en leur faveur, et pourtant ils persistent avec obstination et désespoir dans leur agression et leurs efforts en vue de faire fléchir et d'opprimer le peuple vietnamien. Bien plus, il y a quelque temps, les impérialistes américains ont étendu leur agression au Cambodge et au Laos aussi. Mais ce dernier fait a montré à son tour, qu'aujourd'hui comme hier, la violence des armes, la terreur et les actes de barbarie ne peuvent pas assurer aux impérialistes américains le moyen de sortir de l'impasse où ils se sont engagés. La lutte commune des peuples d'Indochine, leur unité et leur résolution ont fait totalement échouer les plans stratégiques et tactiques du gouvernement Nixon.
L'Indochine est devenue désormais le principal champ de bataille de la lutte de libération des peuples contre l'impérialisme américain, et c'est bien pour cette raison que les victoires des peupies du Vietnam, du Laos et du Cambodge ont été une grande source d'inspiration révolutionnaire pour tous ceux qui s'opposent à l'impérialisme, qui luttent pour la liberté et leur indépendance nationale, pour la démocratie et la justice sociale. En particulier, elles ont élevé le moral, l'esprit combattant des petits peuples, elles ont accru leur confiance dans leurs propres forces et dans leur avenir.
L'enseignement historique que donne le Vietnam indique qu'à l'agression d'une grande puissance impérialiste on peut opposer victorieusement la guerre populaire, que dans les conditions actuelles même un petit pays peut vaincre une superpuissance lorsqu'il est fermement décidé à consentir n'importe quel sacrifice et à aller hardiment de l'avant sur la voie de la liberté et de la révolution.
La nouvelle doctrine de Nixon sur la prétendue «vietnamisation de la guerre» et ses manoeuvres en vue d'entamer des «négociations de paix», ne peuvent avoir aucun sucoès. La «vietnamisation„ veut dire l'extension et la continuation de l'agression impérialiste, elle veut dire opposer les Vietnamiens aux Vietnamiens, les Asiatiques aux Asiatiques pour que les impérialistes américains puissent les dominer, les opprimer, les exploiter et les utiliser comme de la chair à canon dans l'intérêt de leur politique d'agression et d'hégémonie. Mais le plan de Nixon visant à «vietnamiser» la guerre au Vietnam a échoué face à la résistance héroîque des peuples d'Indochine et il ne peut conduire ses auteurs qu'à de nouvelles d éfaites enoore plus grandes. Les impérialistes américains ne peuvent être sauvés de la catastrophe au Vietnam par leurs amis les révisionnistes soviétiques non plus, qui pendant de longues années ont saboté les efforts du peuple vietnamien et ont fait pression sur lui pour qu'il cesse sa lutte contre les Américains.
Il ne peut y avoir de paix véritabde ni au Vietnam ni dans le reste de l'Indochine tant que les forces américaines ne se retirent pas entièrement et définitivement de cette zone et tant que les bases et les installations militaires américaines n'y sont pas complètement détruites. Le peuple vietnamien triomphera à coup sûr et c'est ce peuple, qui se bat et verse son sang, qui remportera la victoire sur le champ de bataille. A lui et à lui seul appartient le droit de décider en toute indépendance de ses propres destinées.
Le peuple albanais a été et sera toujours indissolublement lié au peuple vietnamien frère et aux autres peuples d'Indochine, il est pleinement solidaire de leur juste et héroïque lutte contre l'impérialisme américain et ses alliés. Nous soutenons totalement les justes positions du gouvernement de la République Démocratique du Vietnam et du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Swd-Vietnam exigeant le retrait des troupes américaines de ce pays et le règlement dans ce sens du conflit vietnamien.
Le Moyen Orient est devenu un autre foyer de tension. L'agression impérialiste-israélienne visant à soumettre età asservir tous les ,peuples arabes se poursuit depuis longtemps. La situation a été, de même, aggravée dans cette zone par l'intervention des révisionnistes soviétiques qui, se posant en amis des peuples arabes, cherchent à s'emparer de positions stratégiques et à y étendre leur hégémonie.
Les sionistes, les impérialistes et les révisionnistes soviétiques s'efforcent de diviser les Arabes et de semer la discorde entre eux, dans l'intention d'affaiblir leur front commun de libération antiimpérialiste et de leur imposer une paix contraire à leurs intérêts vitaux. Les deux superpuissances, qui tentent ide prendre en main les destinées du Moyen Orient et d'y jouer le rôle d'arbitre, se proposent de le partager en zones d'influence et de construire sur les dépouilles des peuples arabes de nouvelles bases d'où ils se lanceraient pour de nouvelles conquêtes sur les continents d'Asie et d'Afrique.
Mais si les peuples arabes ont lutté pendant des siècles pour leur liberté et leur indépendance, pour la défense de leur honneur et de leurs biens, ce n'est pas pour les sacrifier maintenant aux intérêts impérialistes ides grandes puissances. Le prix de la «paix» que les impérialistes américains et les révisionnistes soviétiques leur offrent est très élevé. De plus, il constitue une offense pour eux et porte gravement atteinte aux glorieuses traditions, à la dignité et à la fierté de tous les peuples arabes. Ces peuples ont fait clairement comprendre qu'ils ne renonceront pas même à un pouce de la terre arabe et qu'ils ne feront aucun marchandage sur la question palestinienne. Ils se sont dressés oontre la violence des réactionnaires jordaniens visant à réprimer les forces des partisans de :Palestine, qui se tiennent à l'avantgarde de la lutte de libération des .peuples arabes et qui ont rejeté le complot impérialiste tendant à liquider entièrement et définitivement la révolution palestinienne.
Notre peuple considère les peuples arabes somme des amis traditionnels et comme des frères et il est pleinement solidaire de leur juste cause, il a été et sera toujours à leurs côtés. Nous sommes convaincus que les peuples arabes tiendront bien haut le drapeau de la lutte de libération contre les impérialistes et les sionistes, contre les ingérences des révisionnistes soviétiques et les supercheries de tous ceux qui se prétendent leurs amis, mais qui tentent de les poignarder dans le dos. Les terres arabes appartiennent aux Arabes, la cause pour laquelle lutte le peuple palestinien est invincible.
La République Populaire d'Albanie est intéressée à l'établissement d'une paix et d'une sécurité véritables en Europe, à une solution réaliste et juste des problèmes restés en suspens depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et en premier lieu du problème allemand.
Mais la situation en Europe n'est pas telle que cherchent à la présenter les révisionnistes soviétiques, comme s'il y avait maintenant détente et apaisement, du fait que le traité Moscou-Bonn a été signé et que l'Union Soviétique et l'Allemagne Fédérale ont soi-disant garanti l'inviolabilité des frontières des Etats européens.
Au contraire, la conclusion du traité soviétoallemand a créé une nouvelle tension en Europe, provoquée par les menaces sérieuses des révisionnistes soviétiques et des revanchards allemands contre les intérêts, la souveraineté et les droits des pays européens, par leur volonté de s'assurer l'hégémonie et la domination sur notre continent. Dès maintenant la République Fédérale Allemande est devenue l'Etat capitaliste le plus puissant d'Europe occidentale. Elle défie l'influence américaine et s'efforce d'éclipser la puissance de la France et de l'Angleterre, pour ne pas citer les autres partenaires de l'OTAN. Au lieu de contribuer à une solution quelconque, le traité soviéto-allemand suscite des contradictions, des rivalités et des complications nouvelles de caractére impérialiste pouvant avoir des conséquences dangereuses pour tous les pays d'Europe.
Par cet accord on cherche à délaisser la question du traité de paix avec l'Allemagne et à violer et à dénier les droits légitimes des peuples qui ont lutté contre l'Allemagne hitlérienne et qui en ont triomphé. Mais ceux qui ont versé leur sang dans la guerre contre le nazisme ne pourront jamair permettre qu'on laisse les mains libres au militarisme et au revanchisme allemands et qu'on leur crée les oonditions qui leur permettraient de précipiter une fois de .plus l'Europe et le monde dans un nouveau carnage. La conclusion du traité de paix avec l'Allemagne est un acte qui ne peut être acoompli qu'avec la participation de tous les pays membres de la eoalition antifasciste et personne ne peut leur ôter ou dénier ce droit. L'accord soviéto-allemand, laissant de côté cette question, a violé les intérêts supérieurs de la République Démocratique Allemande, qui sont maintenant l'objet des marchandages menés dans son dos par la diplomatie des quatre grandes puissances et de Bonn. Cela a été, de même, pleinement confirmé par l'accord sur Berlin, dans lequel les ooncessions et les compromis qu'ont été amenés à faire les chefs de file du Kremlin ont placé cyniquement la République Démocratique Allemande dans une position extrêmement humiliante.
Il va de soi que les peuples d'Europe aspirent à garantir leur libertp et leur indépendance et à assurer leur développement normal, dont ils ont naturellement besoin. Mais la sécurité dont les révisionnistes soviétiques parlent bruyamment, est une fausse sécurité. Les peuples d'Europe ne peuvent pas accepter de devenir les complices des deux grandes puissances impérialistes contre leurs propres intérêts supérieurs, ils ne peuvent pas accepter de faire le jeu des deux superpuissances qui ne pensent qu'à garantir leurs propres sphères d'intérêt, qu'à soumettre et à dominer les pays européens. La vér itable sécurité, les peuples ne l'attendent pas des deux grandes puissances impérialistes qui sont les auteurs des agressions au Vietnam, au Moyen Orient, en Tchécoslovaquie et ailleurs, de ces puissances qui maintiennent leurs bases et leurs troupes d'occupation dans beaucoup de pays d'Europe et qui foulent aux pieds la liberté et l'indépendance des peuples et des pays de ce continent.
En Europe existe le bloc de l'OTAN qui est une alliance agressive dominée par les impérialistes américains et dans laquelle les revanchards de l'Allemagne occidentale jouent un rôle de premier plan, L'OTAN avait et a pour but de combattre le communisme, d'étouffer la révolution en Europe et de garantir les intérêts impérialistes des Etats-Unis. En Europe existe aussi le Pacte de Varsovie, qui s'est transformé en un instrument servant au maintien de la domination des révisionnistes soviétiques sur les pays membres et en une force d'agression et d'intimidation contre l'indépendance des autres pays. De quelle sécurité européenne peut-il donc être question lorsque ces deux blocs tiennent sous leur botte les peuples de l'une et de l'autre partie de l'Europe, lorsqu'ils sont les principaux piliers de la domination exercée par les deux superpuissances et les supports de leurs diktats? Il est évident que, tant ;ae ces deux blocs existeront en Europe, tant que les bases et les troupes américaines et soviétiques seront maintenues dans les pays européens, il ne ~pourra jamais y avoir de sécurité européenne véritable.
Notre pays est sorti du Pacte de Varsovie et il en a dénoncé publiquement la politique et l'activité agressives. Par cet a te légitime nous avons défendu la liberté et l'indépendance de notre Patrie, et avons montré également que la voie assurant la défense de la liberté et de l'indépendance, la voie de la paix et de la sécurité internationale, consiste à s'opposer résolument à la politique d'hégémoniè et d'asservissement pratiquée par l'im-périalisme et le révisionnisme.
Nous pensons que les peuples d'Europe ne peuvent garantir et qu'ils ne garantiront leur sécurité qu'en renforçant leur indépendance et leur souveraineté nationale, qu'en luttant avec fermeté contre la politique hégémonique des Etats-Unis d'Amérique et de l'Union Soviétique, contre leurs efforts visant à maintenir leurs bases militaires et leurs zones d'influence en Europe, à préserver le statu quo et à diriger le fer de lance de leur lutte vers l'Asie.
En tant que pays méditerranéen, la République Populaire d'Albanie est intéressée à ce que le bassin de la Méditerranée reste une zone de paix et de coopération fructueuse, et elle lutte dans ce sens. Elle condamne résolument la politique agressive des puissances impérialistes, en premier lieu des Etats-Unis d'Amérique et de l'Union Soviétique, qui, par leurs flottes de guerre, menacent sérieusement la liberté et l'indépendance des pays méditerranéens. Il est du devoir des pays épris de liberté et de toutes les forces progressistes de la zone de la Méditerranée d'exiger le départ de ces flottes et de lutter dans ce but, de s'opposer à toute politique d'hégémonie dans cette partie du monde. La Méditerranée n'appartient qu'aux peuples et aux pays méditerranéens.
Depuis longtemps, dans le monde entier, il est fait bruyamment grand cas du problème du désarmement. Ce problème a été soulevé à dessein par les impérialistes américains et les social-impE:rialistes soviétiques pour endormir la vigilance des peuples et intensifier la mise en oeuvre de leurs projets agressifs. Les faits montrent que, tout en bavardant sans fin sur le désarmement, tout en organisant de centaines et des milliers de réunions, et en créant une infinité de oomités et de commissions, les deux superpuissances poursuivent la course effrénée aux armements. Plus que jamais les Etats-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique ont accru leurs budgets militaires, ils ont mis sur pied dans tous les continents et sur les côtes de toutes les mers des bases militaires oú ils ont cantonné leurs troupes de choc, ils ont mobilisé toutes leurs forces techniques et scientifiques les plus importantes et les meilleures pour perfectionner les armes d'extermination massive, etc.
L'accumulation permanente des armements est une condition de l'existence de l'impérialisme, qui est inhérente au caractère même de son système économique et de sa politique agressive. C'est pòurquoi tant qu'existeront des Etats impérialistes et social-impérialistes, le désarmement ne se fera jamais dans le monde. Les impérialistes et les révisionnistes s'arment et ils accroissent leurs forces de choc pour conquérir le monde et le repartager entre eux, pour étouffer les révolutions, détruire les Etats socialistes et asservir les peuples. «Les efforts en vue du désarmement» de leurs pays visent à désarmer les peuples et à leur imposer plus facilement leur domination. Par ailleurs, leur propagande dans ce domaine est offerte en pâture aux théoriciens pacifistes et à tous les naîfs qui se nourrissent d'espoir et restent en dehors de la réalité obj estive.
La course aux armements que les deux superpuissances s'efforcent de mener de manière équilibrée peut avoir des conséquences très dangereuses. Elles se ,préparent pour des guerres agressives, qu'elles peuvent déclencher isolément ou ensemble contre d'autres pays, ou même l'une contre l'autre; Dans ces conditions, outre les guerres locales que les impérialistes et les révisionnistes peuvent souvent déclencher, une guerre mondiale aussi peut éclater. Bien plus, les guerres locales préparent le terrain à n'importe quel agresseur pour des guerres de plus grande envergure, elles sont des pas tactiques en avant accomplis par les impérialistes dans leur stratégie d'une guerre impérialiste globale. C'est ce but que servent aussi les complots et les putsch fomentés par les agents des puis sances impérialistes et révisionnistes dans les différents pays, sans interventions militaires de l'extérieur.
Tant que les impérialistes et les social-impérialistes s'arment et se préparent pour des guerres agressives, les Etats socialistes ne peuvent pas rester les bras croisés. S'ils s'arment, c'est parce qu'ils cherchent à défendre leur patrie socialiste, à s'opposer à la politique d'ingérence, de pressions et de chantages de l'impérialisme et du social-impérialisme. Ils s'arment pour contrecarrer leurs tentatives de porter atteinte aux droits et à la liberté des peuples, et ,pour aider les autres peuples à sauvegarder ou à conquérir la liberté et leur indépendance nationale.
Les peuples ne peuvent pas ne pas constater que le groupement militaire agressif de l'OTAN, dominé par les impérialistes américains, et celui du Pacte de Varsovie, dominé par les social-impériaiistés soviétiques, représentent aujourd'hui la principale menace pour la paix et pour la sécurité internationale. Sous le prétexte de se défendre l'une contre l'autre, les deux superpuissances font la loi au sein des organisations desdits pactes, se partagent les zones d'influence, se lancent dans des agressions isolées ou aident les autres agresseurs qui sont à leur service. Tirant profit de ces groupements, elles n-:eaent encore davantage en péril la liberté, la vie des hommes et l'existence des Etats. Partout dans le monde les peuples doivent regarder la situation bien en face, en souligner le caractère dangereux et placer devant leurs responsabilités tous les gouvernements qui font le jeu des deux superpuissances.
La responsabilité des actions agressives des deux superpuissances retombe non seulement sur leurs gouvernements, mais aussi sur leurs peuples, en même temps que sur les gouvernements et les peuples des pays membres des alliances militaires en question. En ce qui concerne l'agression contre la Tchécoslovaquie, par exemple, la responsabilité ne retombe pas seulement sur les social-impérialistes soviétiques qui l'ont organisée, mais aussi sur les gouvernements des Etats membres du Pacte de Varsovie, qui ont participé à cette agression, elle retombe aussi sur les peuples de l'Union Soviétique, de la Pologne, de l'Allemagne Démocratique, de la Bulgarie et de la Hongrie, qui sont restés passifs et ont toléré cette action barbare. Il en est de même de faide -directe et indirecte que les partenaires des Etats-Unis apportent aux agresseurs américains au Vietnam. Les pays membres des organisations de l'OTAN et du Pacte de Varsovie justifient leur presence dans ces organisations, leur alliance et leur amitié avec les Etats-Unis d'Amérique ou avec l'Union Soviétique en invoquant la nécessité de se défendre. Mais de la sorte ils renforcent les superpuissances, ils les aident à conserver et à partager leurs zones d'influence, à mettre en oeuvre leur politique d'hégémonie, de diktat et d'agression.
Plus la résistance et la lutte des peuples des pays membres de l'OTAN et du Pacte de Varsovie contre les actions agressives des deux superpuissances et de leurs gouvernements qui les soutiennent, sera organisée, vaste et puissante, et plus les agresseurs auront de difficulté à se lancer dans des aventures militaires contre les peuples.
L'Union Soviétique, la Hongrie, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie organisent constamment des manoeuvres militaires aux frontières de la Yougoslavie et de la Roumanie. Il est évident qu'on a affaire ici à des pressions, à des chantages età des menaces, qui peuvent d'un jour à l'autre donner lieu à des agressions ouvertes contre des pays souverains. Est-ce que les peuples des pays participant à ces manoeuvres ne se rendent pas oompte des plans et des complots dangereux qu'on monte contre eux? L'histoire les oondamnera sévèrement s'ils demeurent passifs et laissent les mains libres aux agresseurs.
La politique egtérieure de la République Populaire
d'Albanie est une politique conséquente et de
principe à tous égards
Camarades,
La République Populaire d'Albanie occupe aujourd'hui une place honorable dans l'arène internationale, elle s'est acquis le respect et l'admiration des peuples épris de liberté et de toutes les forces progressistes. L'Albanie socialiste ne s'est pas trouvée isolée, oomme le prétendaient et le souhaitaient ses ennemis, mais elle a plutôt renforcé encore davantage ses relations internationales, son autorité et sa position dans le monde.
La sympathie et le respect qu'elle s'est gagnés auprès de tous les pays et peuples progressistes du monde, le poids et l'influence de notre pays ne sont pas la conséquence de l'importance numérique de sa population, ni de son potentiel économique ou militaire. La force et l'influence de l'Albanie socialiste ont pour origine les idées marxistes léninistes qui l'inspirent, qu'elle défend, qu'elle garde pures et qu'elle diffuse dans le monde entier. Elles sont inhérentes à la véritable société socialiste qui s'édifie en Albanie, à la lutte hardie, cbnséquente et de principe qu'elle mène contre l'impérialisme, le révisionnisme et tous les réactionnaires.
Notre pays a des centaines et des centaines de millions d'amis et de compagnons de lutte dans le monde entier, car il est un Etat qui sait se respecter et qui respecte tous les peuples, car tout en sauvegardant avec fermeté sa propre liberté et indépendance, il souhaite du bien et un avenir heureux à tous les autres peuples.
C'est justement parce que noús poursuivons une telle politique et que nous jouissons d'un tel respect que les ennemis nous haïssent, nous insultent et nous combattent. Mais cela ne nous fera pas changer de voie, cela ne nous poussera pas non plus à dissimuler nos points de vue et nos actes. Le courage n'a jamais manqué à nutre Parti sur le plan international et il ne lui manquera en aucun cal et en aucune circonstance.
Le Parti du Travail et la République Populaire d'Albanie sont et resteront des ennemis jurés de pimpérialisme et du révisionnisme. Considérant leur combat comme partie intégrante du combat révolutionnaire général des peuples, ils ont mene une lutte active contre l'impérialisme, l'impérialisme américain en tête, et contre le révisionnisme, la direction soviétique en tête, ils ont condamné et dénoncé résolument leur politique et leur activité agressives, leurs desseins d'opprimer les peuples, d'étouffer la révolution et de dominer le monde. L'expérience acquise jusqu'à ce jour par notre pays nous a convaincus encore davantage que la liberté et l'indépendance conquises ne peuvent être défendues et garanties, aujourd'hui comme hier, que par une lutte incessante contre l'impérialisme et le révisionnisme, une lutte sans compromis, menée partout et dans tous les domaines.
La justesse de la ligne de notre Parti dans la lutte contre l'impérialisme et le révisionnisme a été entièrement oonfirmée par la vie, par les victoires remportées.
Conscient de la haute responsabilité qu'il assume devant son propre peuple et le socialisme, notre Parti ne s'arrêtera jamais à mi-chemin, il luttera avec fermeté et de toutes ses forces contre l'impérialisme et le social-impérialisme, jusqu'à leur destruction totale et au triomphe de la révolution mondiale. Notre peuple et notre Parti considèrent cette double lutte oomme un tout indivisible, parce qu'on ne peut pas contrecarrer avec succès l'impérialisme sans combattre en même temps le social-impérialisme soviétique et viceversa.
La politique extérieure de notre Parti et de notre Gouvernement a été et demeure fondamentalement une politique de principe et conséquente à tout point de vue. Nutre politique extér ieur e est et restera fondée essentiellement et inébranlablement sur le renforcement de l'amitié, de l'assistance mutuelle, sur la coopération fraternelle et sur l'unité combattante avec les pays socialistes, auxquels nous sommes unis par les idéaux du socialisme et du communisme et par la lutte commune contre l'impérialisme, le révisionnisme et la réaction.
Nous sommes fiers d'avoir un allié et un ami dans le peuple de 700 millions de Chinois, dans la République Populaire de Chine et dans le Parti Communiste Chinois, ayant à leur tête leur grand dirigeant le Président Mao Tsétoung, l'ami le plus cher du peuple albanais. La grande amitié révolutionnaire albano-chinoise, l'unité et la coopération fraternelle sur tous les plans entre l'Albanie et la Chine, fondées sur les enseignements du marxismeléninisme et sur l'internationalisme prolétarien, trempées dans la lutte commune contre l'impérialisme, le révisionnisme et tous les réactionnaires, ont permis à nos deux pays de faire face à toutes les épreuves et de remporter d'immenses succès et de grandes victoires.
Notre Parti et nutre peuple se réjouissent infiniment de toutes les victoires éclatantes que le peuple chinois frère a remportées, sous la direction de son glorieux Parti Communiste et du Président Mao Tsétoung, dans la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne et dans l'édification du socialisme, et ils les saluent de tout coeur. La victoire historique décisive de la liane révolutionnaire et prolétarienne du Président Mao Tsétoung sur la lime réactionnaire bourgeoise du renégat Liou Chao-chi, victoire couronnée et sanctionnée au IXe Congrès du Parti Communiste Chinois, a renforcé encore davantage l'unité révolutionnaire du Parti. elle a consolidé les positions de la dictature du prolétariat, a porté à un niveau plus élevé l'esprit révolutionnaire et combattant dans le pays et elle a ouvert au peuple chinois des perspectives écì.itantes pour son avenir socialiste.
Notre Parti et notre Gouvernement soutiennent totalement le droit indéniable de la République Populaire de Chine de libérer Tahvan, qui fait panie de son territoire. Pendant une longue pério41e, la question du rétablissement des droits de la Republique Populaire de Chine à l'Organisation des Nations Unies a été un grand problème international, pour la juste solution duquel la République Populaire d'Albanie a lutté avec fermeté et esprit de suite.
La récente approbation de la résolution albanaise par l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, résolution aux termes de laquelle la République Populaire de Chine est invitée à occuper la place qui lui revient de droit à l'Organisation des Nations Unies et la clique de Tchan,g Kai-chek en est expulsée, constitue une grande victoire pour la République Populaire de Crine et pour sa juste politique. C'est là une confirmation à l'échelle mondiale du prestige et du róle international de la République Populaire de Chine, dans l'intérêt de la cause de la paix et de la sécurité des .peuples. C'est en même temps une victoire remarquable pour la République Populaire d'Albanie, qui a, pendant de longues années, défendu avec persévérance et esprit de suite la juste cause de la Chine populaire en luttant avec courage contre la politique antichinoise des impérialistes américains et les intrigues -des révisionnistes soviétiques.
Le peuple albanais, son Parti du Travail et le Gouvernement de la République Populaire d'Albánie saluent de tout coeur le peuple chinois frère, le Parti et le Gouvernement de la Chine Populaire pour cette victoire historique, qui est en même temps une victoire pour toutes les forces anti-impérialistes, pour tous les peuples épris de liberté, et une lourde défaite pour l'impérialisme américain.
Notre Parti et notre peuple sont liés par une amitié et une solidarité socialistes puissantes au peuple vietnamien, à la République Démocratique du Vietnam. Tout en soutenant les efforts de ce peuple pour la construction du socialisme, nous le soutenons et l'appuyons également de toutes nos forces dans la lutte résolue qu'il mène contre l'agression impérialiste. Nous soutenons également la République du Sud-Vietnam et le Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud-Vietnam, qui sont les uniques et incontestables représentants de tous les Vietnamiens qui vivent au sud du 17e paralléle.
La République Populaire d'Albanie est, somme par le passé, pour le développement et le renforcement accrus des relations amicales avec la République Démocratique Populaire de Corée, sur la base des principes du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien, dans l'intérêt de l'édification du socialisme dans nos deux pays. Le peuple albanais soutient avec fermeté la juste Tutte que méne le peuple coréen contre l'impérialisme américain et ses valets pour la défense de la République Démocratique Populaire de Corée et pour la réunification du pays. Nous condamnons la politique agressive des impérialistes japonais contre la République Démocratique Populaire de Corée, ainsi que les manoeuvres des révisionnistes soviétiques qui encouragent cette politique expansionniste.
Notre Parti et notre Gouvernement ont soutenu et soutiendront toujours sans réserve la lutte des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine pour la libération nationale et sociale, contre l'impérialisme, la discrimination raciale, l'oppressian et l'exploitation coloniale, ainsi que la juste et héroîque lutte du peuple cubain contre les menaces, le blocus et les provocations des impérialistes yankees, pour la défense de son indépendance nationale et de sa souveraineté.
Des relations amicales existent entre l'Albanie et la République Arabe d'Egypte, l'Algérie, la Syrie, la Lybie et d'autres pays arabes. Dans l'avenir également nous déploierons des efforts pour que les bonnes relations et la collaboration réciproque entre nos pays se développent et se renforcent encore davantage pour le bien de nos peuples.
Notre pays a toujours fait preuve de bonne volonté et a entrepris des démarches oonstructives pour entretenir et développer des relations normales avec tous les pays à systèmes sociaux différents, sur la base des principes de la coexistence pacifique, de l'égalité, du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, de la noningérence mutuelle dans les affaires intérieures, et de l'avantage réciproque.
Tout en luttant contre l'impérialisme et le révisionnisme, nous nous en tenons scrupuleusement au principe selon lequel les affaires intérieures de chaque pays sont de sa cjompétence exclusive sans aucune coercition ni intervention de l'extérieur. Nous soutenons, de même, le point de vue que toutes les relations entre pay s, qu'ils soient grands ou petits, ne peuvent et ne doivent être édifiées que sur la base du principe de l'égalité et de la non-ingérence dans les affaires intérieures. C'est sur de tels fondements que nous avons établi et développons nos relations avec tous les Etats. L'établissement de relations diplomatiques entre l'Albanie et plusieurs pays au cours de cette année représente un succès notable de notre politique extérieure et témoigne du renforcement de la position internationale de la République Populaire d'Albanie. Ces relations sont en harmonie avec les intérêts communs des peuples et servent le renforcement de la eompréhension et de la coopération entre eux.
Notre Parti et notre Gouvernement ont consacré un soin particulier aux relations de notre pays avec les Etats voisins. Les relations amicales entre l'Albanie et la Roumanie se développent normalern-nt à l'avantage réciproque des deux pays, et elles répondent aux intérêts de nos peuples et du socialisme. Le peuple albanais soutiendra toujours la juste lutte que le peuple roumain mène pour défendre l'indépendance et la souveraineté de sa patrie face à toute menace extérieure.
C'est dans un esprit de bon voisinage que se développent également nos relations avec la Yougoslavie. Récemment, elles ont été marquées, entre autres, par une extension des échanges commerciaux, culturels et touristiques. Malgré les divergences idéologiques connues, nous sommes pour l'amélioration continuelle des relations d'Etat dans tous les domaines où existent des intérêts communs. Le peuple albanais et les peuples de Yougoslavie aont amis et frères. Nous souhaitons que les sentiments d'amitié, trempés dans la lutte antifasciste, se développent sur la juste voie, pour le bien commun de nos peuples. Les peuples de Yougoslavie auront toujours dans le peuple albanais un ami qui désire les voir libres, indépendants et souverains, qui s'oppose résolument à tous les chantages, à toutes les manoeuvres et menaces auxquels les puissances impérialistes se livrent contre la Yougoslavie voisine.
De bonnes relations existent entre notre pays d'une part et l'Italie et la Turquie de l'autre. Le maintien et le développement de ces relations répondent aux i.ntérêts communs. Cette année les relations diplcmatiques ont été également établies entr e l'Albanie et la Grèce. C'est un événement important qui a mis fin à une situation anormale et qui sert le renforcement de la paix et de la sécurité dans les Balkans.
La République Populaire d'Albanie tient à ce que à l'avenir également les relations entre notre pays et les pays voisins se développent dans un sens positif et dans les domaines d'intérêt commun, dans la lutte contre les actes d'ingérence et les intrigues des grandes puissances impérialistes.
L'amitié et la compréhension entre les pays balkaniques doivent avoir leurs fondements dans le peuple. Nous n'avons l'intention ni d'avancer ni d accepter des propositions ayant pour objet de former des blocs et des alliances balkaniques. ha République Populaire d'Albanie désire forger l'amitié avec les ,peuples des Balkans sur la base des principes de la coexistence pacifique et elle luttera dans ce sens. Le régime que se donne chaque pays est une affaire qui ne concerne que lui. Nous ne nous ingérons pas dans les affaires intérieures de qui que ce soit, mais les autres non plus ne doivent pas s'ingérer dans les nôtres. Cela n'exclut pas les critiques et les polémiques mutuelles. L'Albanie socialiste ne se permettra jamais de porter atteinte à la liberté, à l'indépendance et à la souveraineté des autres pays. Jamais le peuple albanais n'a rien fait de semblable au cours de son histoire, mais il ne permettra pas non plus que les autres portent atteinte à sa liberté, à son indépendance et à sa souveraineté.
Pour nous, Albanais, les temps ont changé. Si les nouveaux tsars du Kremlin, à l'instar des ancies tsars, et si les différents impérialistes ou les cliques chauvines des Balkans tentent de violer les frontières de la République Populaire d'Albanie, les Albanais, unis comme un seul homme, ne seront pas pris au dépourvu comme ils le furent en 1878, en 1914, ou au temps de Mussolini et d'Hitler. A bon entendeur salut!
Le peuple albanais qui a souffert pendant des siècles des occupants barbares, qui a conquis la liberté en versant beaucoup de sang, met en garde les peuples frères des Balkans contre les intrigues des impérialistes de tout acabit; ensemble disonsleur: «Bas les pattes devant nos pays!» et ne permettons à personne d'abuser de notre amitié.
Les peuples des Balkans sont parfaitement en mesure de décider eux-mêmes et souverainement de tout ce qui concerne leurs relations réciproques. Les Balkans n'ont jamais été par eux-mêmes un «baril de poudre». Ils font été dans le passé par la faute des étrangers, .des impérialistes, qui disposaient de tous les détonateurs, et qui veulent qu'il en soit ainsi aujourd'hui encore. Il est du devoir des peuples balkaniques de leur couper avec l'épée toutes les mèches, afin que la paix et la sécurité soient solidement établies dans les Balkans.
Il va de soi que nos peuples ont besoin d'amis. Mais ils ne doivent jamais devenir les instruments des étrangers au détriment des intérêts d'un peuple particulier ou de tous nos peuples pris ensemble. Telle serait l'alliance la plus sincère et la plus solide qu'on pourrait proposer aux peuples des Balkans.
Si jamais un Etat balkanique, poussé par les puissances impérialistes, entreprend une agression contre un autre Etat ba1kanique, il est évident que l'intervention des autres Etats balkaniques sera inévitable. Une telle guerre ne restera pas localisée, mais provoquera une conflagration générale.
Tous les Etats qui respectent les droits sacrés de l'Albanie socialiste, qui appliquent les principes connus sur lesquels sont fondées les relations entre Etats souverains et qui désirent entretenir avec nous des relations normales, trouveront dans la République Populaire d'Albanie de la compréhension et le sens de la réciprocité.
Les relations de notre pays avec les pays de l'Europe orientale membres du Pacte de Varsovie sont assez dégradées. Ce n'est pas de notre faute. Leurs dirigeants, soumis entièrement à la volonté de Moscou et suivant aveuglément sa politique extérieure, ont praiiqué à l'égard de notre pays une politique hostile, qui, comme on le sait, lui a causé de graves préjudices. Malgré l'échec qu'ils ont subi dans leurs efforts visant à nous intimider et à nous faire fléchir, ils persistent avec obstination dans leur attitude antialbanaise. Tant pis pour eux.
En ce qui concerne les peuples de ces pays, qui ne sont ,pas fautifs de la situation ainsi créée, nous devons dire que nous avons été, sommes et serons des amis pour eux, nous leur avons voulu et leur voudrons toujours du bien. Notre Parti et notre peuple, qui ont condamné en son temps l'agression d'août 1968, soutiennent avec la même fermeté la résistance du peuple tchécoslovaque contre les occupants révisionnistes soviétiques et les traîtres au pays, pour la liberté et l'indépendance nationale, la lutte du peuple polonais et des peuples des autres pays où les cliques révisionnistes sont au pouvoir, cette lutte contre la domination révisionniste et la politique de diktat et chauvine de grande puissance des social-impérialistes soviétiques.
Notre Parti s'est adressé à maintes reprises au peuple et aux communistes de l'Union Soviétique en leur exposant minutieusement et avec des documents à l'appui, les véritables motifs de la rupture des relations soviéto-albanaises. Notre peuple et notre Parti sont parfaitement au courant du déroulement des événements et il serait superflu de les exposer à nouveau.
Ces derniers temps les dirigeants soviétiques affectent de souhaiter la «normalisation» des relations avec notre pays. Ce n'est là que pure démagogie et un effort pour se disculper. Mais nous ag ne nous laisserons pas prendre à leurs pièges, Nous ne nous laisserons pas intimider par leurs cliquetis d'armes, pas plus que par le rameau d'olivier qu'ils agitent. Ils ont de lourdes dettes politiques, idéologiques et économiques à payer à l'Albanie. Il ne peut et il ne pourra y avoir normalisation que lorsque les peuples soviétiques et les véritables bolchéviks interviendront pour établir la justice révolutionnaire marxiste-léniniste à propos de ces questions.
Notre peuple comprend, défend et applique avec esprit de suite et jusqu'au bout la politique extérieure de notre Parti et de notre Gouvernement car c'est une politique claire, juste et de principe. L'Albanie nouvelle, socialiste, a pu fair e face aux furieuses tempêtes déchaînées par les impérial'.stes et les révisionnistes, accroître son au torité et son prestige international, s'assurer des amis puissants et des partisans dévoués dans le monde entier, parce que le Parti, le Gouvernement et le peuple ont agi en parfaite unité, aussi bien lorsqu'ils ont fait l'analyse des situations que lorsqu'ils en ont tiré les conclusions nécessaires et adopté les attitudes qui s'imposaient.
Leur unité indestructible, leur vigilance révolutionnaire indéfectible, leurs pr ises de position marxistes-léninistes saines face aux événements internationaux et, en général, à l'évolution actuelle de la situation mondiale, garantissent pleinement que la République Populaire d'Albanie ira de l'avant sur des voies sûres et qu'elle demeurera toujours, la tête haute, au premier rang du front anti-impérialiste et antirévisionniste, comme une combattante inflexible de la cause sacrée de la révolution et de la libération des peuples.
LE DEVELOPPEMENT DE L'ECONOMIË ET
LES TACIilE'S DU PARTI
Camarades,
Le Ve Congrès avait fixé des tâches importantes en vue du développement économique et culturel du pays et de l'amélioration du bien-être du peuple. La classe ouvrière, la paysannerie coopératrice et l'intelligentsia populaire, sous la conduite du Parti et avec une conscience révolutionnaire élevée, se sont acquittées avec honneur de toutes ces. tâches immenses. Ainsi un nouveau pas important a été franchi vers l'édification intégrale du socialisme dans notre pays.
Pour la production industrielle globale et les investissements, les objectifs fixés par le IVe plan quinquennal ont été atteints en 4 ans et 7 mois, les travailleurs de la ville de Tirana les ayant, pour leur part, réalisés en 4 ans et 4 mois. Le niveau de la production industrielle envisagé pour 1970 a été atteint dès 1968. Notre économie s'est enrichie d'ouvrages grandioses tels que la centrale hydro-électrique «Mao Tsétoung» sur le fleuve Drin, de nouveaux gisements pétrolifères, d'usines d'e.ngrais chimiques, d'une nouvelle ligne de chemin de fer (Rrogozhine-Fier), etc. Au total, plus de deux cents grands ouvrages intéressant l'industrie, l'agriculture, les transports et les autres branches de l'économie, ont é-té construits et mis en exploitation. L'ensemble de ces réalisations a accru le potentiel de notre économie et renforcé encore davantage la base matérielle et technique du socialisme.
Les succès obtenus .dans le développement socialiste des campagnes et de l'agriculture sont également importants. Avançant dans la voie de son intensification, notre agriculture a vu sa production globale, et en particulier les rendements des céréales panifiables, s'accroître d'année en année. En 1970, le rendement moyen pour les céréales a été de 17,3 q par ha. Un tel rendement n'avait jamais été atteint jusque-là, même lors des années où les conditions atmosphériques étaient les plus favorables. Un bond en avant a été accompli dans l'extension des superficies irrigables, dans l'élévation du degré de mécanisation ainsi que dans l'utilisation des engrais chimiques et des semences sélectionnées.
Le Ve Congrès avait lancé l'appel «Attaquonsnous aux collines et aux montagnes pour les embellir et les rendre aussi fertiles que les plaines-. Cette directive a ouvert des horizons nouveaux pour le développement de l'agriculture et l'épanouissement de la vie nouvelle jusque dans les zones reculées de montagnes. Ainsi, dans un délai relativement bref, la collectivisation a été également menée son terme dans ceç zones. L'objectif du dernier plan quinquennal pour le défrichement de 3erres nouvelles par la paysannerie coopératrice a été atteint avant terme et même dépassé. La mise en exploitation de ces terres a permis à de nombreux villages de montagne d'accroître leur production de céréales, d'assurer leur pain par leurs propres moyens et même d'obtenir des excédents qu'ils ont vendus à l'Etat. C'était là la première victoire dans la réalisation concrète de la perspective nouvelle ouverte à ces zones par le Parti.
Au cours du IVe quinquennat, de multiples mesures ont été prises pour renforcer la nature socialiste des rapports économiques et sociaux. L'ensemble du système de direction et de planification del'économie a été amélioré. Dans les campagnes, le regroupement volontaire des petites coopératives en coopératives agrandies a entraîné l'élévation du degré de socialisation des biens et du travail. L'enclos personnel des coopérateurs a été réduit, ce qui harmonise mieux l'intérêt général avec leur intérêt personnel. Les salaires élevés des cadres du Parti et de I'Etat ont été abaissés et les différences entre ces salaires et ceux des autres travailleurs et ouvriers ont été réduites conformément aux principes du socialisme. Un plus juste rapport a été établi entre l'intérêt matériel et les stimulants moraux, cependant que de nombreux stimulants matériels qui avaient fait leur temps ou qui étaient excessifs ont été totalement supprimés.
La lutte et le travail plein d'abnégation des masses travailleuses pour le développement de l'éoonomie ont assuré la base indispensable pour l'heureux accomplissement des tâches fixées par le IVe plan quinquennal en vue de l'élévation du bien-être et du niveau culturel du peuple. En 1970, le revenu national était de 55 pour cent supérieur à celui de 1965, cependant que le revenu réel par ha-bitant s'était accru de 17 pour cent. La population a été approvisionnée en marchandises nécessaires de façon plus satisfaisante et sans à-coups. Un vaste réseau de services socio-culturels a été mis sur pied dans presque chaque coopérative. Les conditions. de vie quotidienne de chaque famille citadine ou rurale se sont améliorées.
La scolarité obligatoire de huit ans a été définitivement étendue à tout le pays, permettant d'élever le niveau général d'ins-truction et de culture de la jeunesse. Toutefois, la victoire la plus remarquable enregistrée sur le plan de l'enseignement consiste dans le programme qu'a fixé le Parti en vue d'une révolutionnarisation iplus poussée de l'école. L'application de ce programme revêt une importance exceptionnelle pour la saine éducation révolutionnaire de la jeune génération et pour les destinées du socialisme en Albanie.
La réalisation, un an avant terme, de la grande action de masse qu'a été l'électrification de tous les vMages, constitue une victoire éclatante et de portée véritablement historique de notre régime socialiste, un nouveau témoignage du souci constant du Parti et du pouvoir populaire de voir croître et s'émanciper nos campagnes coopératives sous tous les aspects.
Au cours du IVe quinquennat, l'Etat a fait de gros investissements pour la construction de logements. Mais, par ailleurs, un facteur très important en ce domaine a ouvert de nouvelles perspectives pouf satisfaire les besoins des travailleurs des villes et des centres ouvriers: il s'agit de l'initiative révolutionnaire des masses pour la construction de logements grâce à la contribution volontaire des travailleurs eux-mêmes. Durant les cinq années du dernier plan quelque 73.000 logements ont été construits dans les villes et les campagnes. Un grand effort de construction qui a fait ressortir l'éclatante unité et la solidarité socialiste de notre peuple, a été déployé pour remédier aux lourdes conséquences du tremblement de terre qui éprouva les districts de Dibër et de Tepelenë. Grâce à l'aide du pouvoir et à la contribution du peuple tout entier, 1.600 maisons neuves ont été construites et 11.000 autres réparées en un temps record.
Notre pays est le seul pays au monde où la population est exonérée de tout impôt direct. La suppression complète des impôts constitue une supériorité manifeste de notre régime socialiste sur le régime capitaliste.
Les résultats obtenus dans le développement de l'économie et de la culture, dans l'amélioration du bien-être du peuple et dans le renforcement de notre régime social, constituent de remarquables victoires de notre édification socialiste, des victoires qui réjouissent à juste titre notre Parti et notre peuple, qui leur insufflent une nouvelle énergie et une nouvelle hardiesse révolutionnaire pour aller constamment de l'avant. Ces succès illustrent clairement la justesse de la ligne et de la politique marxistes-léninistes conséquentes suivies par le Parti, l'enthousiasme, la mobilisation au t:-avail et l'esprit révolutionnaire élevé qui caractérisent les masses laborieuses de chez nous.
Le quinquennat qui vient de s'achever entrera dans l'histoire comme une période de grandes initiatives populaires et d'héroîsme de masse, une période au cours de laquelle la force uriie du peuple sous la conduite du Parti a remué montagnes et plaines. C'est la période où grands et petits se sont dressés, où l'enthousiasme et l'élan révolutionnaires se sont emparés des fabriques et des campagnes, des écoles et des mines, la période des héros conscients, qu'aucun obstacle, aucune difficulté, aucun orage ne fait reculer et pour qui l'accomplissement du devoir, l'exécution des recommandations du peuple est une loi suprême et sacrée, Cette glorieuse période a engendré des héros Gomme la jeune montagnarde Shkurte Pal Vata, l'ouvrier Adem Reka, l'ingénieur Muhamet Shehu, l'enseignant Ismet Sali Bruçaj, le soldat Agron Elezi et tant d'autres, qui sont morts dans l'accomplissement de leur tâche pour les idéaux du Parti et les intérêts du peuple. Leur exemple et leurs figures, flambeaux de vaillance et de dévouement sans borne, ont soulevé d'enthousiasme le peuple tout entier.
Dans ce flot révolutionnaire irrésistible on a vu surgir de magnifiques initiatives de masse et s'exalter l'esprit de l'action. Tout cela a donné une impulsion et un contenu nouveaux au travail dans tous les secteurs, a révélé les forces colossales eneore inconnues et inexploitées que le Parti, la classe ouvrière et la paysannerie, la jeunesse et les femmes renferment en leur sein, les forces intarissables du système socialiste.
Notre peuple est modeste, mais il a le droit de s'enorgueillir de ses fils et des ses filles qui bâtissent et montent eux-mêmes des fabriques représentant le dernier mot de la technique, qui pilotent des navires modernes sur les océans, qui construisent si rapidement et si parfaitement des ouvrages d'une technique aussi complexe que la centrale de Vau i Dejes. Il a le droit d'être fier de ses hommes nouveaux qui, avec un courage sans pareil, s'attaquent à la science et à la technique, qui bouleversent les normes académiques et dépassent les prévisions même les plus optimistes.
Cet enthousiasme révolutionnaire sans précédent, cet héroisme de masse et cet esprit d'initiative ne sont pas tombés du ciel. Ils ont leur source dans la lutte héroîque et sans égale que le Parti et le peuple ont menée pour fair e échec aux blocus impérialistes et révisionnistes, dans le patriotisme ardent de notre peuple et dans sa confiance inébranlable en ses propres forces, dans l'avenir sûr que forge le socialisme, dans la force vivifiante des enseignements du Parti. Seule une grande perspective engendre un grand courage, seules les convictions idéologiques bien ancrées peuvent opérer des prodiges. Préservons et développons davantage encore ces grandes qualités morales que nous avons acquises, n'épargnons aucun effort pour les maintenir vivaces et pures, faisons-en une force motrice qui aide à l'heureux accomplissement des tâches grandioses qui nous attendent eneore.
Les grandes victoires remportées dans tous les domaines de l'édification socialiste, l'expérience accumulée ainsi que l'enthousiasme et l'esprit révolutionnaires élevés des masses laborieuses, constituent la base puissante sur laquelle reposera l'ensemble du développement économique et social du pays au cours du Ve quinquennat. Les principales tâches du plan soumises à l'approbation de ce Congrès procèdent de la poursuite de l'édification intégrale de la société socialiste, du stade jusqu'ici atteint et des perspectives de développement de notre éoonomie.
Notre économie a atteint un niveau plus élevé du point de vue de la quantité gomme de la qualité. Le développement ultérieur de l'industrie se caractérisera par un accroissement du volume de la production et surtout par la mise sur pied de nouvelles branches de l'industrie lourde de transformation. Des entreprises de grande taille et de structure complexe, pourvues d'une technique et d'une technologie avancées ont été construites. Partout où la production s'en est tenue jusqu'ici à des méthodes artisanales on s'est fixé pour tâche de passer à des méthodes industrielles. La science et la technique nouvelles sont progressivement introduites dans toutes les branches de l'économie. L'agriculture adopte de plus en plus des formes d'exploitation intensives.
Il ressort de tout cela que notre économíe s'engage dans une nouvelle étape, que son développement ultérieur exigera une meilleure harmonisation des formes d'exploitation extensives et intensives et la solution des problèmes qui en découlent.
Dans ces conditions, il apparaît indispensable de faire reposer tout le développement de notre économie, sa direction et son organisation sur de plus solides bases scientifiques.
Conformément aux orientations fondamentales de la politique du Parti relatives à l'édification intégrale de la société socialiste, les tâches principales pour le développement de l'économie au cours du Ve quinquennat seront:
D'assurer le renforcement général de l'économie nationale dans la voie de la ,transformation de l'Albanie de pays agricole-industriel en pays industriel-agricole, afin d'élever le degré d'autonomie de l'économie, de consolider le système socialiste, d'améliorer le bien-être matériel du peuple et d'élever son niveau culturel en atténuant surtout les disparités essentielles entre la ville et la campagne, et d'accroïtre le potentiel défensif du pays.
A cette fin il faudra:
Lutter pour développer toujours plus l'industrie en en améliorant la structure avec des branches et des productions nouvelles, en partieulier l'industrie lourde de transformation, afin d'élargir la base énergétique et de matières premières et de mettre plus rationnellement en valeur les ressources du pays;
Obtenir un nouvel accroissement de la production agricole à travers son intensification plus poussée, en, s'appuyant sur une organisation et une direction scientifique plus solides de la production et sur le renforcement de la base matérielle et technique de l'agricalture;
Promouvoir vigoureusement le progrès technique et scientifique dans toutes les branches de l'économie populaire, perfectionner sans cesse les rapports de production socialistes, approfondir la révolution socialiste dans le domaine de l'idéologie et de la culture, appliquer fermement le principe de l'appui sur ses propres f orces.
Le nouveau plan quinquennal a été élaboré par les masses laborieuses elles-mêmes, guidées par les directives et les orientations du Parti et du Gouvernement. La classe ouvrière, la paysannerie coopératrice, les spécialistes et les techniciens, les cadres de la base et du centre, en ont tous discuté en commun avec un plus vif intérêt que jamais et en ont fixé les tâches. Leur esprit révolutionnaire élevé, leur pensée créatrice, leur riche expérience, leur détermination de s'appuyer sur leurs propres forces, le sentiment profond de leurs responsabilités quant aux destinées de la patrie et du socialisme, sont à la source du projet de directives sur le développement de l'économie et de la culture pour les années 1971-1975, soumis au présent Congrès.
Au cours du Ve plan quinquennal également l'industrie remplira comme toujours son rôle d'avant-garde pour le développement des forces productives. La production industrielle globale prévue pour 1975 sera de 61 à 66 pour cent supérieure à celle de 1970. En d'autres termes, la production industrielle de la seule année 1975 sera de 12 pour cent supérieure à celle de l'ensemble du deuxième quinquennat 1956-1960. Ce fait à lui seul suffit à réfuter les grossières calomnies des révisionnistes soviétiques, qui cherchent à faire accroire que notre économie a marqué le pas depuis qu'ils nous ont coupé leur aide.
Au cours du quinquennat actuel on visera à faire en sorte que l'industrie, surtout l'industrie extractive et l'industrie lourde de transformation, croisse. se renforce et se modernise. Aussi construira-t-on une série de nouveaux établissements qui, par la complexité des processus technologiques et l'ampleur de la production, seront sans précédent pour notre économie. Mentionnons, entre autres, un combinat sidérurgique à cycle clos, une raffinerie pour le traitement complet du pétrole, de grandes mines de ferro-nickel, de chrome, de phosphorites et de charbon, la centrale hydro-électrique de Fierze, des usines d'enrichissement des minerais, etc. Pour la première fois dans notre pays, on produira des aciers et de la fonte, du nickel, du cobalt, de la tôle, des tubes, des carburants de haute qualité, du gaz liquéfié, de l'urée, de l'acide chlorhydrique, etc. Au cours du quinquennat actuel on cr éera des conditions permettant de développer à l'avenir la pétrochimie. Un tel développement de l'industrie aura pour conséquence l'accroissement numérique de la classe ouvrière, l'élévation de son niveau de formation technique et professionnelle et de son rôle dirigeant dans l'ensemble de la vie du pays.
Le nouveau plan quinquennal ouvre également de grandes perspectives au développement de notre agriculture socialiste. En 1975, la production agricole globale sera de 65 à 69 pour cent supérieure à celle de 1970, soit environ 3 fois plus élevée que celle de 1960. La production de céréales, de lait, de viande, d'oeufs, de légumes et de plantes industrielles connaîtra un fort accroissement. Le nombre des arbres fruitiers augmentera de quelque 28 pour cent. Grâce à la construction d'importants ouvrages de bonification et d'irrigation, principalement dans les zones de montagnes, la capacité d'irrigation atteindra environ 58 pour cent de la superficie des terres arables. Le nombre des tracteurs en exploitation, calculés en unités de 15 CV, aura augmenté en 1975 de 40 pour cent par rapport à 1970, ce qui représentera un chiffre de 3,4 fois supérieur à celui de 1960. On prévoit que les besoins de 1'agriculture en engrais chimiques et en machines agricoles, en semences et en bêtes de race hautement productives, seront satisfaits comme ils ne l'ont jamais été. Des milliers de spécialistes moyens èt supérieurs seront formés à l'intention. de ce secteur si important de notre économie.
Un vaste programme de grands travaux intéressera tous les domaines de l'activité sociale. Les investissements fixés pour le Ve quinquennat égaleront le total des investissements des onze dernières années 1960-1970. Rien que la valeur des travaux de oonstruction et de montage envisagés. pour les deux grands ouvrages que sont le combi-nat métallurgique d'Elbasan et la centrale hydroélectrique de Fierze équivaudront au total des investissements du premier quinquennat ou à près de 50 pour cent des investissements du deuxième° quinquennat. Le nombre total des ouvrages économiques et à destination sociale et culturelle construits, s'élèvera à 270.
La révolutionnarisation de l'école s'accompagnera d'une nouvelle extension de l'enseignement secondaire et supérieur. Un Albanais sur trois fréquentera une école. Dans les cinq années qui viennent on formera 20.000 spécialistes dotés d'instruction supérieure, soit 33 pour cent de plus que durant les 26 années éooulées dapuis l'instauration du pouvoir populaire jusqu'en 1970. Notre édification socialiste dans tous les secteurs sera marquée par un recours toujours plus large à la science et aux recherches scientifiques.
Le développement complexe et dynamique que connaîtra notre économie, entraînera comme toujours 1'élévation du bien-être matériel et du niveau culturel des travailleurs des villes et des campagnes. La vie de notre peuple, vaillant et laborieux, s'embellira encore, deviendra plus heureuse. Qu'il suffise de rappeler que les logements et les maisons qui seront construits au cours du Ve quinquennat permettront de loger une population égale au nombre total actuel des habitants de Korçë, Elbasan, Shkodër, Durrës, Vlorë, Berat, Fier et Lushnjë.
Tel est, dans ses grandes lignes, le programme de développement économique et social du pays prévu par le Ve plan et qui est soumis à l'approbation de ce Congrès. Le camarade Mehmet Shehu devant présenter au Congrès un rapport particulier et plus détaillé sur le projst de directives de ce plan, je ne m'arrêterai ici que sur quelques unes des questions essentielles de la politique éoonomique du Parti pour les cinq années qui viennent.
Améliorer la structure de la production industrielle
et renforcer sa base matérielle et technique
Dans le cadre de l'édification socialiste notre pays est engagé dans la voie de l'industrialisation depuis plus de 20 ans. Les succès qu'il a remportés ont mis fin à son retard économique séculaire. De nouvelles perspectives, radieuses, sont ouvertes pour le développement de cette branche vitale de notre économie. L'Albanie, autrefois foncièrement agraire, avance aujourd'hui d'un pas sûr dans la voie de sa transformation en pays industriel-agricole. Le potentiel de production industrielle existant constitue à présent, avec la classe ouvrière et les cadres techniques, une base qui permet à l'industrialisation du pays d'être portée à un stade plus élevé.
En poursuivant avec continuité la juste politique de mise sur pied d'une puissante industrie nationale, le principal objectif de l'industrialisation au cours de cette période sera l'exploitation à plus large échelle et économiquement plus efficiente des ressources naturelles du pays, pour réussir ainsi à satisfaire les besoins les plus importants et les plus pressants de la reproduction élargie. Conformément à cette orientation, on continuera à développer de front, dans les proportions requises et conformément aux besoins et aux possibilités, les industries lourde et légère, extractive et de transformation, en veillant à ce qu'elles soient constamment en harmonie avec le développement de l'agriculture en particulier et des autres branches de l'économie.
Pour la mise en oeuvre par étapes de cette orientation générale, la tâche principale de notre industrialisation demeurera l'extension de la production industrielle et l'amélioration de sa structure. C'est précisément pour cette raison qu'au cours du Ve quinquennat l'industrialisation sera poursuivie dans la voie du développement des br anches existantes en même temps que de la création de nouvelles branches de l'industrie lourde de transformation.
La mise sur pied, pour la première fois dans notre pays, de l'industrie sidérurgique est d'une importance exceptionnelle pour l'ensemble de notre économie. Le combinat métallurgique qui sera construit à Elbasan est un ouvrage gigantesque, dont la production renforcera l'indépendance et l'autonomie de notre économie, assurera dans le pays les matières premières indispensables au développement de l'industrie mécanique ainsi qu'à un futur passage à la fabrication de machines et consolidera considérablement la base matérielle de nos constructions.
Dans l'ensemble du développement industriel la priorité sera d'onnée, au cours de ce quinquennat égdìement, aux industries d'extraction de minerais et de combustibles. Cette orientation obéit au souci d'élargir la base des matières prernières pour la métallurgie et l'industrie chimique, d'accroître les exportations de minerais, et aussi de renforcer la base énergétique, si nécessaire non seulement pour l'industrie elle-même mais pour l'ensemble de l'économie populaire. Conformément à quoi, on prévoit que certaines productions principales atteindront en 1975 les chiffres suivants: pétrole 2.700.000 t, charbon 1.250.000 t, chrome900.000 t, cuivre 600.000 t, ferro-nickel 650.000 t. Jamais jusqu'à présent ces branches n'avaient connu des taux de croissance aussi élevés. C'est pourquoi les organes du Parti, de l'Etat et de l'économie, les ouvriers, techniciens et spécialistes de ce front vital pour la cause de l'industrialisation doivent engager toutes leurs forces et leurs capacités pour réaliser effectivement ces objectifs et les dépasser.
Afin que le plan soit accompli avec succès dans les branches de l'industrie extractive, il importe que 1es principaux moyens et les principales forces dont on dispose soient concentrés avant tout sur les mines existantes, pour obtenir d'elles la quasitotalité de l'accroissement de la production. Cet objectif ne pourra être atteint que si l'on déeouvredans ces mines de plus nombreuses réserves et sï l'on en intensifie l'exploitation rationnelle.
La réalisation des tâches concernant l'extraction de minerais et de combustibles dépend dans une large mesure du rôle spécifique qui appartient. aux services géologiques en ce domaine. Ces services doivent assurer les besoins sans cesse croissants de l'industrie de transformation en matières premières pour l'immédiat comme à long terme. Aussi l'étude plus étendue des richesses du sous sol aujourd'hui exploitées, la découverte et la mise en exploitation de nouvelles et précieuses ressources, l'exploitation à l'échelle industrielle des réserves déjà découvertes ainsi que l'utilisation rationnelle de la technique existante, doivent-elles être considérées comme des tâches des plus importantes pour les travailleurs des services de géologie. La réalisation du plan des forages de prospection ne devra jamais être oonsidérée comme un but en soi, mais être toujours appréciée en fonction de 1a quantité de réserves de minerais découvertes ou extraites.
Tout comme par le passé, une attention particulière sera portée à l'aceroissement de la production d'énergie électrique. L'industrie électrique devra être à la pointe de l'ensemble de l'industrie et de toutes les autres branches de l'économie. Aussi ses rythmes de développement devront-ils être plus élevés que ceux de la production industrielle globale. Le choix de cette voie est dicté par la nécessité d'élever le degré d'équipement énergétique des activités productives, condition indispensable pour appliquer la technique nouvelle, faciliter le travail en général et en accroître la productivité dans toutes les branches de l'économie. A cette fin, la production d'énergie électrique prévue pour 1975 dépasse les 2 milliards de kwh, soit plus du double qu'en 1970. Cette production permettra de pourvoir aux besoins courants de l'éoonomie du pays et de sa population.
L'industrie mécanique notamment aura un rôle particulier à remplir pour le renforcemen t de la base technique de l'industrie elle-même et des autres branches de l'éoonomie. Comme par le passé, elle aura pour première tâche d'assurer le parfait état de fonctionnement technique, l'exploitation continue et à haut rendement des machines et des autres équipements de notre .économie. L'industrie mécanique, d'autre part, devra continuer, et ce sera là un aspect tout aussi important et pressant de sa tâche essentielle, à améliorer considérablement et constamment la qualité de la production des pièces de rechange. Faute de quoi, et quel que soit l'accroissement de la production dans cette branche, notre éoonomie ne sera pas allégée de l'importation de ces articles.
Dans les nouvelles conditions que créera la pnoduction d'aciers, de fonte et de laminés dans le pays, et alors qu'on envisage de donner un nouvel élan au progrès technique et scientifique, cette branche de l'industrie voit s'ouvrir à elle une nouvelle et grande perspective. Elle ne peut plus se borner à la production de pièces de rechange, l'heure est venue pour elle d'entreprendre hardiment la production de machines. C'est là une nécessité urgente pour notre éeonomie, une nécessité à laquelle il faut satisfaire graduellement, mais résolument, en fonction des nouvelles possibilités qui seront créées. En ce domaine si important, mais également si complexe, il faudra commencer par les machines, appareils et équipements les plus nécessaires à notre économie, dont on peut assurer là production en série et qui allégeront la charge de nos importations.
Afin que l'industrie mécanique s'acquitte au mieux des tâches immédiates et à plus long terme, il importe que la spécialisation et la coopération dans la production se développent encore plus en profondeur. Un programme détaillé et à long terme touchant ce problème a été élaboré au 3e plénum du Comité Central. Or, on constate jusqu'à ce jour une certaine lenteur dans son application, car de nombreuses tâches qu'il comporte n'ont pas encore été réalisées. A l'avenir, pour faire avancer ce problème si important, il sera nécessaire de mener un travail mieux coordonné à l'échelon du district et à l'échelle nationale. ~-:n bannissant toute consid& ration qui s'inspire d'intérêts étroits de caractère local ou administratif, et en surmontant tous les obstacles bureaucratiques.
L'essor de l'industrie et sa structure sont toujours étroitement liés aux besoins des autres branches de l'économie. Cela a rendu possible le maintien de l'équilibre entre le développement de l'industrie et celui de l'agriculture, l'aide directe de la première à la progression de la seconde. En avançant dans cette voie dont la justesse a été éprouvée, le développement de l'industrie au cours du Ve quinquennat tiendra un plus grand compte des besoins de l'agriculture pour assurer son intensification et sa modernisation. Pour la realisation de ces objectifs on prévoit qu'en 1975 la production d'engrais chimiques aura augmenté de 77 pour cent, atteignant 300.000 t et que la production de matières chimiques pour combattre les parasites et les maladies des plantes s'accroîtra considérablement. Parallèlement, on doublera la production de pièces de rechange pour tracteurs, on fabriquera de nouvelles machines et de nouveaux équipemeets agricoles, des mesures seront prises pour préparer la plus grande quantité possible d'aliments élaborés destinés au bétail, pour accroître les ni:)yens de transport et la production d'autres matériaux servant à la reproduction élargie et nécessaires à 1'agriculture. Toutes ces réalisations constitueront une importante contribution de l'industrie au développement de l'agriculture.
Bien que, au cours de ce quinquennat également, une bonne part des forces humaines, des ressources financières et des principaux moyens matériels sera affectée au dévelappement de l'industrie lourde, il ne sera permis en ce sens aucun excès qui puisse peser sur le développement de l'industrie légère ou le ralentir. Dans l'établissement des proportions entre l'industrie lourde et l'industrie légère la priorité sera donnée à la première. Ce principe juste a été et demeure un principe inébranlable du développement de notre industrie.
Aujourd'hui, chez nous, la production de biens de consommation courante et la demande marchande de ces objets ne concordent pas toujours et comme il conviendrait. Afin de résoudre cette contradiction, 1a production d'objets de consommation courante s'accroîtra pendant le Ve quinquennat à des rythmes plus rapides que les revenus en monnaie de la population. L'accroissement prévu pour 'es marchandises de consommation courante doit être considére comme un objectif à atteindre à tout prix, mais non pas comme un plafond. Aussi, les organes du pouvoir, du Parti et de l'économie ontils pour tâche de stimuler et d'appuyer de toutes les manières chaque initiative des travailleum prises pour la production d'objects de large consommation, surtout par la mise sur pied de nouveaux ateliers et de nouvelles chaînes de fabrication pour les objets les plus demandés. En ce domaine, le cóncours des entreprises de l'industrie lourde devra être plus important qu'il ne l'a été jusqu'à ce jour.
Les producteurs de marchandises de large consommation devront prendre toutes les mesures nécessaires afin que le plan soit réalisé à tout prix pour l'assortiment comme pour la qualité, et chercher à répondre le mieux possible aux demandes effectives du marché. La situation actuellement créée est telle qu'il convient, tout en ne relâchant jamais la lutte pour la quantité, de faire des efforts incessants pour que les marchandises produites pour le peuple soient plus variées, plus solides, de meilleur aspect et meilleur marché.
Ces tâches de l'industrie légère ont une grande signification et une grande importance, tant éoonomique que politique. Elles concernent la satisfaction des besoins quotidiens de la population. De la quantité, de la structure et de la qualité des marchandises produites dépendent la satisfaction des demandes des travailleurs, la rapide circulation de la monnaie et l'augmentation de son pouvoir d'achat.
Le Comité Central du Parti est convaincu que les travailleurs de cette branche ne ménageront pas leurs forces ni leur savoir pour opérer un tournant radical dans ce sens, afin d'ac, oomplir et même de dépasser les tâches que leur assigne le Ve plan quinquennal.
Les principales orientations de la politique du Parti
visant au développement de l'agriculture
Si l'Albanie socialiste cherche à se transformer en un pays industriel, l'agriculture n'en demeure pas moins la branche fondamentale de son économie. L'appui solide de l'éconoinie nationale à la fois sur l'industrie et sur l'agriculture est un principe permanent, une condition indispensable de son développement rapide et harmonieux, de l'élévation de son degré d'autonomie. Aussi la politique du Parti en cette matière a-t-elle toujours tendu à faire en sorte que le développement en profondeur de la révolution socialiste dans les campagnes entraîne nécessairement celui des forcer productives dans l'agriculture.
Et, en effet, chaque année qui passe témoigne toujours mieux de la justesse de la politique marxiste-léniniste du Parti en ce domaine également. Le système socialiste dans nos campagnes l'a désormais pleinement emporté, et toute la vie de la paysannerie, ses rapports économiques et sociaux, sa mentalité et sa psychologie se transforment constamment sur des bases révolutionnaires. L'agriculture a accompli de grands progrès sous tous les aspects.
Notre agriculture a enregistré de nouveaux succès au cours du IVe quinquennat également. En 1970 la production agricole globale était de 33 pour cent supérieure à celle de 1965. Néanmoins, en raison de toute une série d'e facteurs subjectifs et objectifs, les tâches fixées pour l'agriculture par le IVe plan quinquennal n'ont pas toutes été réalisées conformément aux prévisions. Cela a suscité, pour l'économie populaire, des difficultés et des disproportions temporaires, qu'il convient d'éliminer à tout prix pour ne pas entraver le développement rapide et général du pays.
Au cours du Ve quinquennat les demandes de la population et de notre économie en produits agricoles et d'élevage s'accroîtront dans des proportions plus élevées que par le passé. On ne pourra les satisfaire que si l'on arrive à promouvoir d'urgence un vigoureux développement de l'agricultur e, Aussi la réalisation des objectifs fixés dans cette branche doit-elle être consi~dérée comme un facteur essentiel de l'heureux accomplissement du Ve plan.
L'objectif essentiel, la tâche fondamentale de notre agriculture, pour le Ve plan egalement, demeure l'accroissement de la production de céréales panifiables. A cette fin, il est indispensable que la production de céréales soit le plus stable possible et s'accroisse d'année en année à des rythmes élevés. La production prévue pour 1975 sera de 50-55 pour cent supérieure à celle de 1970. Cet accroissement permettra de faire face aux besoins en céréales de la population et de l'économie et dans une plus large mesure à ceux de l'.é'levage en aliments concentrés, et d'accroître encore les réserves destinées à oouvrir des besoins imprévus. La réalisation de cette tâche représentera un grand succès.
Tout en rassemblant des forces et des moyens pour accroître la production des céréales panifiables, il n'en faudra pas moins lutter pour développer également les autres branches de l'agriculture, les plantes industrielles, les cultures maraîchères et fruitières, ainsi que l'élevage. La production de plantes industrielles prévue pour 1975 sera dans l'ensemble supérieure de 80-85 pour cent à celle de 1970, et celle de tournesol en particulier de quelque 145 pour cent. De gros efforts seront également faits pour développer l'élevage, surtout en vue d'accroître la production de lait dont l'augmentation prévue est de l'ondre de 68-72 pour cent,
Nous parlons constamment de modifier la structure de l'alimentation du peuple, de la rendre plus variée et plus riche, suivant les besoins physiologiques de l'homme. I1 faudra dono accroître la production et les rendements de toutes les sortes de légumes et de fruits, en sorte que les travailleurs puissent en être approvisionnés en quantité satisfaisante et tout au long de l'année. Ainsi non seulement la population recevra une plus grande quantité de produits de grande valeur nutritive, mais cela rendra disponible une plus grande quantité de céréa'les et une plus vaste étendue de terres, qui seront alors affectées à l'élevage.
Afin de mener à bien les tâches considérables qui incombent à notre agriculture, il est indispensable de poursuivre la juste ligne de son intensification. Au cours de ce quinquennat, de gros investissements seront faits à cette fin non seulement dans les plaines, mais aussi dans las zones de montagnes. Il auront pour but de faire monter les rendements des cultures et de l'élevage à un niveau tel que la quasi-totalité de l'accroissement qu'enregistrera la production agricole globale au cours du quinquennat, soit due précisément à cette élévation.
Le développement et l'intensification de l'agriculture seront, bien entendu, d'un ordre de .grandeur plus élevé dans les plaines. Mais, dans le même temps, on s'emploiera toujours plus à faire proóresser l'agriculture dans les zones de montagnes. De pair avec une plus vaste application de la culture intensive, la mise en valeur de terres vierges demeurera pour nous une tâche permanente, tant qu'il restera des terres pouvant être cultivées et produire.
La récupération de terres nouvelles et l'intensification de l'agriculture requièrent en premier lieu une élévation du degré de mécanisation des travaux. Sans introduire partout la mécanisation e-)mplexe de la production, dans les montagnes emme dans les plaines, notre agriculture ne peut obtenir les résultats qu'on exige d'elle et les coopérateurs ne pourront révolutionnariser pleinement leurs conceptions du travail et de l'agriculture moderne. Aussi devons-nous tendre à une mécanisation maximale des travaux agricoles.
Notre agriculture ne manquera de rien pour mener à bien les grandes tâches qui lui sont assignées pour ce quinquennat. Labase matérielle et technique de ila production agricole s'étend de jour en jour. Le système coopératif s'est renforcé, passant de la petite propriété restreinte et de groupe aux coopératives agrandies. Notre paysannerie est patriote et révolutionnaire, prête en toute circons';ance à combattre et à oeuvrer pour le socialisme, à traduire dans les faits les enseignements du Parti. Les travailleurs et les cadres de l'agriculture ont acquis une riche expérience, qui est le fruit d'une activité de plusieurs années.
Toutefois, le vaste débat populaire au sujet de la Lettre du Comité Central du Parti «Sur la nécessité d'un tournant radical en matière de perfectionnement et de renforcement de la discipline au travail dans l'agriculture» a fait apparaître, en dépit des succès obtenus, encore d'importantes insuffisances dans l'activité des coopératives agricoles et des fermes d'Etat. Ces insuffisances ont leur origine dans les vieilles idées conservatrices sur l'agriculture, dans les anciennes conceptions, formes et pratiques de direction, d'organisation du travail et de planification. Le débat a également fait ressortir de manière convaincante que toutes les possibilités et conditions socio-économiques favorables existent pour que, en un temps relativement court, les entreprises agricoles d'Etat et les coopératives se transforment en exploitations avancées à hauts rendements.
Pour que soient menées à bien les tâches qu'implique leur accession au rang d'exploitations modernes, il est indispensable qu'elles se spécialisent toujours .davantage. Notre agriculture ne peut connaître un développement heureux avec des exploitations «mosaîques», qui pratiquent toutes les cultures ou élèvent toutes les espèces de bestiaux. Par ailleurs, elle ne doit pas verser non plus dans une spécialisation étroite et unilatérale. Ce qu'il lui faut, c'est une spécialisation qui permette une concentration et une répartition plus judicieuse, plus rationnelle, des cultures vivrières et fourragères, aussi bien entre les diverrs districts, qukntre les coopératives d'un même district. L'objectif final de la spécialisation dans notre agriculture est l'accroissement toujours plus important de la production agricole et de l'élevage, accompagné d'une réduction continue des frais sociaux par unité de production. La spécialisation, pour chaque coopérative ou chaque district donné, doit être économiquement justifiée sous tous les aspects et ne pas être menée hâtivement.
Dans le cadre de la spécialisation, les problèmes ayant trait à la modernisation de l'élevage méritent une attention particulière. L'élevage intensif ne peut avoir pour seule base ni la brebis, ni la chèvre, espèces traditionnellement prédominantes dans l'économie rurale de notre pays. Aussi faudr a -t-il, dans un délai relati vement court, opérer dans la structure de l'élevage un tournant radical en donnant la priorité à l'accroissement du nombre de vaches, et, seulement sur cette base, limiter de façon planifiée et organisée l'élevage du menu bétail. D'autre part, les efforts en vue d'intensifier l'élevage doivent absolument s'accompagner de la constitution d'une base fourragère efficace pour l'alimentation des vaches du secteur socialiste, somme de celles des enclos personnels des coopérateurs. Pour avancer plus rapidement en ce domaine, il est nécessaire de combattre les oonceptions conservatrices qui se sont ancrées chez notre paysannerie dans les conditions de la très longue prédominance de l'élevage extensif.
Les tâches complexes qui se posent pour transformer les coopératives en exploitations à hauts rendements, ne peuvent être menées à bien sans que l'ensemble de notre agriculture s'établisse sur de larges et plus profonds fondements scientifiques. Il est temps maintenant que le travail des ooopérateurs soit toujours mieux éclairé par les oonnaissances scientifiques, que la science soit toujours plus largement introduite dans toutes les branches de l'agriculture et que la discipline de la technique agronomique soit renforcée en vue de satisfaire avec minutie et à propos .à ses exigences dans chaque processus de production. Aussi le Parti appellet-il les ouvriers, coopérateurs, spécialistes et tous les dirigeants des exploitations agricoles à étudier assidûment les acquisitions de la science et de la technique agricole et à les appliquer avec zèle.
La réalisation des grandes et nombreuses tâaches qui se posent dans l'agriculture requiert à tout prix que toutes les forces aptes au travail dans les campagnes, hommes et femmes, jeunes gens et jeunes filles, soient en activité durant toute l'année, hiver comme été, par beau comme par mauvais temps. Il est également indispensable que dans tout travail agricole soit app'liquée une rigoureuse discipline socialiste et que pas même une heure de travail ne soit gaspillée. En tout lieu et en tout temps, le travail devra obéir à des normes judicieusement déterminées, fondées sur des critères scientifiques et sur l'expérience avancée, qui permettent de m-surer la tâche accomplie avec autant .de précision que dans l'industrie.
A son stade actuel de développement notre agriculture a un grand besoin de cadres et de spécialistes, de maîtres qualifiés, passionnément atta chés à l'agriculture et à la campagne. Afin de satisfaire le plus rapidement possible ces besoins, des mesures seront prises pour la mise sur pied dans tout le pays d'un vaste réseau d'écoles techniques et professionnelles où puissent s'instruire les jeunes gens et les jeunes filles des campagnes, les coopérateurs et tous ceux qui désirent mettre leurs forces physiques et intellectuelles au service de l'agriculture. Parallèlement, il convient de trouver pour les travailleurs ruraux des formes de rémunération plus appropriées, qui incitent à l'accroissement de la production et au travail de qualité, qui tiennent compte de l'expérience au travail, du niveau de qualification, de la difficulté de chaque tâche, etc.
A l'étape actuelle de l'édification intégrale du socialisme, il nous faut intensifier encore notre action en vue d'atténuer les disparités essentielles existant entre la ville et la campagne. Les résultata obtenus dans ce sens sont considérables, mais il convient de les améliorer encore en s'appuyant puissamment sur la situation effective de nos campagnes, sur nos caractéristiques nationales et sur les possibilités de notre économie.
Le Comité Central du Parti est arrivé à la conclusion que les coopératives aujourd'hui économiquement puissantes des zones de plaines devront être transformées en coopératives d'un type plus élevé, PEtat étant appelé à contribuer à cette transformation par une aide en moyens sociaux non restituable. Ces coopératives demeureront propriété collective de groupe, cependant que l'Etat les aidera à engager des investissements d'équipement excédant les capacités de leur fonds indivis et leur fournira en plus grande quantité des moyens techniques, du bétail de race, des semences sélectionnées, etc. Tout en maintenant dans ces coopératives les rapports de répartition dérivant de la propriété de groupe et tout én conservant l'enclos personnel des coopérateurs, on y établira des formes de direction, d'organisation du travail et de rémunération analogues oú identiques à celles des entreprises agricoles d'Etat. Les coopérateurs y seront rémunérés par un salaire garanti fixé selon le travail accompli et à proportion des revenus de la coopérative.
La création de coopératives d'un type plus éievé revêt une grande importance théorique et pratique, pour l'immédiat comme pour l'avenir de notre agriculture socialiste et de l'édification intégrale du socialisme dans les campagnes, Cette mesure a pour premier objectif un essor plus rapide de l'agriculture dans les plaines les plus fertiles de notre pays et un accroissement stable des productions végétales et animales les plus nécessairps à notre économie populaire. D'autre part, ces coopératives représenteront un stade plus élevé de socialisatioi. de la propriété de groupe dans la voie de son accession à la propriété du peuple entier, La vie, la pratique révolutionnaire de notre édification socialiste indiqueront ensuite les phases futures que ce processus devra traverser, les mesures à prendre pour effacer graduellement les différences qui existent encore aujourd'hui entre les deux formes de propriété socialiste.
Le Parti a toujours considéré l'amélioration des conditions de vie dans lea campagnes comme une question de principe de première importance pour le renforcement de l'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, pour l'atténuation des différences entre la ville et la campagne, pour l'amélioration du bien-être général de la population. Il a toujours regardé et il regar:de encore toute attitude qui ne tient pas compte des besoins et des intérêts de la paysannerie, oomme une survivance latente de la sous-estimation des campagnes, Gomme une manifestation de l'idéologie bourgeoise.
En avançant résolument dans la juste voie marxiste-léniniste de l'extension des rapnorts économiques entre l'Etat et les coopér atives agricoles, on a supprimé le système de stockage obligatoire des céréales pour passer au stockage libre avec des prix différenciés selon les diverses zones de montagnes et de plaines. Il a également été décidé que les produits industriels utilisés dans l'agriculture pour la reproduction, seront vendus aux coopératives aux mêmes prix qu'aux entreprises d'Etat. Afin de rapprocher les conditions de vie des campagnes de celles des villes, on améliorera l'approvisionnement des premières en articles industriels et en denrées alimentaires. Les besoins des campagnes dans le domaine de l'instruction, de la culture et de la santé seront couverts dans une plus large mesure par les fonds sociaux.
L'établissement d'un système de pens,ions au profit de tous les coopérateurs, alimenté par l'Etat et les coopératives elles-mêmes, constitue une grande victoire de notre régime socialiste. Cette niesure a une grande importance politique, économique et sociale pour nc tre paysannerie travailleuse. Elle constitue un nouveau pas en avant dans le sens de l'amélioration du bien-être des travailleurs des coopératives, de la r éduction de l'écart entre les condi tions de vie des campagnes e± des villes et elle agira comme un puissant stimulant pour le pro,grès de notre agriculture et de nos campagnes socialis tes.
Les tâches qui incombent à l'agriculture dans le cadre du Ve plan quinquennal sont considérables et ardues, mais réalisables et exaltantes. Leur réalisation fera de nos plaines, de nos champs, de nos prairies et de nos montagnes des jardins fleuris d'où nous tirerons des produits abondants, qui rendront la vie du peuple plus riche et plus prospère. A cette fin, il nous faudra mettre à profit avec compétence et habileté toutes les possibilités existantes. Rien, depuis le sol jusqu'aux processus de production en passant par le bétail et le foin, les abeilles et les fleurs, ne doit échapper à l'oeil et à l'esprit clairvoyants, à la main infatigable de nos coopérateurs.
Le Comité Central du Parti a la ferme conviction que les tâches qui nous sont assignées deviendront un programme militant de travail pour la paysannerie coopératrice et tous les travailleurs de l'agriculture. Le problème de l'agriculture, de son essor et de sa modernisation rapides. doit devenir chaque jour davantage l'affaire du peuple tout entier et de notre économie nationale dans son ensemble.
Accroissons l'efficience économique des investissements d'équipement et cles grands travaux
La mise en oeuvre du programme grandiose de développement économique et social du -nays au cours du Ve quinquennat requiert que soieir assurés les moyens financiers et matériels relatifs aux irivestissements et aux grands travaux. Aia cours de ce quinquennat, la quasi-totalité de ces moyens sera assurée par nos ressources intérieures et nous nous en tiendrons comme toujours à la juste ligne révolutionnaire de l'appui sur nos propres forces. De ce fait, l'accroissement de l'éfficacité étonomique de ces investissements, ainsi que le renforcement du régime d'économies prennent une importance et une signification particulières.
Au cours du Ve quinquennat, les in estissements prévus s'accroîtront de 70-75 pour cent par rapport au quinquennat précédent. Leur volume sera supérieur au total des investissements effectués durant 21 ans, de 1946 à 1966. Les seuls izvestissements affectés au développemexit de l'iridustrie sont près de 2,5 fois plus élevés que pour le quatrième quinquennat et représentent près de g6 pour cent du total de nos investissements destinés à notre dévoloppement économique et culturel.
Cela représente un effort sans précédeiit pour notre économie et atteste sa puissance sans cesse croissante. Le fait que notre économie plzisse le soutenir constitue un grand succès. Dans le même temps, nous avons oonscience que ces investissements représentent une assez lour de charge pour notre revenu national à son niveau actuel. Cela nécessitera un accroissement sensible du fonds d'accumulation, dont la norme sera élevée de 34-37 pour cent. Le maintien de la norme d'accumulation à un si haut niveau est dicté par une série de facteurs économiques et politiques intérieurs et extérieurrs, qui rendent indispensable la réalisation au cours de ce quinquennat du programme grandiose d'easor économique, et industriel en particulier, tendant à crèer une économie puissante et stable, capable d'autonomie, indépendamment des situations imprévues auxquelles elle peut avoir à faire face.
En ce domaine, la tâche nous sera considéra'ulement facilitée par la grande aide, généreuse et internationaliste, que la République Populaire soeur de Chine prête pour ce quinquennat à notre pays. C'est là une eutre manifestation concrète de l'amitié sinccère et révolutionnaire qui lie le peuple albanais et le peuple chinois, qui unit nos deux partis marxistes-léninistes. Le peuple albanais et le Parti du Travail sont profondément reconnaissants au peuple chinois, au glorieux Parti Communiste Chinois et au Président Mao Tsétoung, de l'aide fraternelle qu'ils leur prêtent pour l'édification du socialisme, pour l'épanouissement et le renforcement de notre Patrie socialiste.
Afin que les investissements prévus pourvoient le plus largement possible aux besoins de l'économie, il nous appartiendra pour chaque ouvrage, fa~brique, atelier, nouvelle chaîne de fabrication ou modernisation d'installations existantes, de planifier ces investissements et de les dépenser avec mesure, de combattre toute sollicitation en sus du plan et d'appliquer un régime rigoureux d'éconornie pour les matières premières, l'énergie électrique et les matériaux de tout genre. C'est de cet oeil qu'il faudra considérer tous les projets de grands travaux élaborés. Afin d'économiser des moyens financiers et matériels il faudra accorder plus de soin aux investissements secondaires. Toutes les mesures nécessaires en matière d'organisation, d'équipement technique et d'élaboration des projets devront être prises pour que les ouvrages prévus pour ce quinquennat soient construits en temps opportun et mis en exploitation par étapes, avant même leur plein achèvement. Toute len£eur ou tout ajournement du terme des travaux immobilise les moyens engagés et entraîne d'autres cbnséquences fâcheuses.
Les travailleurs de la construction auront au cours de ce quinquennat une grande tâche à remplir. Pour la mener à bien, il leur faudra prendre toutes les mesures nécessaires en vue d'introduire plus largement les méthodes industrielles dans ce secteur et d'intensifier la mécanisation des travaux, depuis les plus simples jusqu'aux plus oomplexes, particulièrement de ceux où la main-d'oeuvre est nombreuse et ce, dans le but d'économiser au maximum la force de travail. L'organisation du travail et la discipline technique devront être portées à un degré tel que sur tous les ch-ntiers du bâtiment prévalent des méthodes industrielles de construction, et que soit ainsi traduit dans les faits le mot d'ordre militant du Parti en matière de construcion : «Rapidité, qualité, économie».
L'expérience a montré que l'efficacité économique des grands travaux ne peut grandir sans. que soit amélioré le travail de mise au point des projets. En dépit des améliorations enregistrées en ce domaine, des mesures doivent être prises pour que les projets se simplifient, en combattant toute tendance à la lourdeur dans la construction et en répandant l'adoption de structures aussi légères que possible. Les problèmes purement architecturaux méritent également qu'on leur consacre un plus grand soin afin que l'architecture de nos constructions devienne plus attrayante et plus variée, que nos villes et nos villages prennent un plus bel aspect et se prêtent mieux à une vie cultivée.
L'industrie des matériaux de construction aura un rôle particulier à jouer pour la réalisation de ce vaste programme de grands travaux. Le développenent et la modernisation de cette industrie sont indispensables pour couvrir le large front de construction dans les villes et les campagnes. Il est temps maintenant que cette branche de l'industrie développe notablement la production d'éléments préfabriqués, surtout des plus légers, et entreprenne la production des matériaux nécessaires pour remplacer les matériaux déficitaires.
Afin de faire face à la circulation considérable que nécessiteront la production sociale et les grands travaux prévus pour le Ve quinquennat, les différents types de transports connaîtront une nouvelle expansion. En particulier, on intensifiera les transports ferroviaires, spécialement avantageux pour les conditions de notre pays. A cet effet, notre réseau de chemins de fer sera étendu et nos principaux ouvrages industriels y seront reliés, En conséquence, les transports par fer augmenteront d'à peu près 3 fois et représenteront 41 pour cent environ du volume global des tr ansports planifiés relevant du Ministère des Communications. Conformément aux conditions géographiques du pays, les transports routiers et maritimes seront également développés.
Accroître constamment ét à un rythme plus rapide
la productivité du travail
Dans les proportions prises aujourd'hui chez nous par la production sociale, le maintien de taux élevés d'expansion est inconcevable sans une élévation concomitante de la productivité du travail. Aussi, pour assurer l'essor de notre économie on s'en tiendra, comme on l'a fait jusqu'ici, à la ligne qui consiste à harmoniser l'accroissement du nombre de jeunes ouvriers avec l'élévation de la productivité du travail social. Cela demeure une question de principe pour la reproduction socialiste élargie. En dernière analyse, cette question touche la juste solution de problèmes économiques et sociaux tels que l'élévation du salaire nominal des travailleurs, la baisse du coût de producticn et l'accroissement de l'accumulation, la suppression du phénomène de la migration de main-d'oeuvre rurale vers les villes, etc. C'est pourquoi l'élévation continue de la productivité du travail doit, toujours plus, devenir la voie principale du développement de l'industrie et de l'écbnomie dans son ensemble. Il est nécessaire que les ouvriers et les coopérateurs, les spécialistes et les cadres soumettent leur esprit à un effort constant pour élever la productivité, pour épargner et alléger le plus possible le travail humain.
Les succès remportés jusqu'à ce jour en ce qui concerne l'élévation de la productivité du travail dans notre économie ne sont pas négligeables. Tóutefois, au cours du dernier quinquennat on a enregistré aussi des lacunes, et l'objectif fixé par le plan pour l'élévation de la productivité n'a pas été atteint. Le rythme d'élévation de la -productivité du travail ayant été relativement lent, l'accroissement de la production industrielle au cours du IVe quinquennat a été dû, pour sa quasi-totalité, à l'augmentation du nombre d'ouvriers, qui a même dépassé la limite prévue. Il en est résulté des disproportions entre l'accroissement de la production et le fonds des salaires. Bien entendu, il faut voir là un phénomène purement temporaire de notre économie, à éliminer absolument au plus tôt.
Les possibilités et les réserves existantes en vue d'une élévation plus rapide de la productivité dans notre économie sont considérables, multiples et intarissables. En partant de leur état effectif on se fixera pour tâche d'obtenir à travers l'élévation de la productivité du travail: 70 pour cent environ de l'accroissement de la production sociale, 56 pour cent de celui de la production industrielle, et 90 pour cent de celui du volume des constructions, quelque 80 pour cent de l'augmentation de la production agricole devant être réalisés grâce à 1'élévation des rendements des productions végétales et animales. C'est là une des tâches les plus importantes du plan, une tâche qui doit être prise très au sérieux par les organes du Parti, del'Etae et de l'économie, par la classe ouvrière, la paysannerie coopératrice et tous les cadres et spécialistes.
Afin d'assurer l'élévation continue et accélérée de la productivité du travail, l'essentiel de nos efforts devra porter sur le développement en prue fondeur de la révolution technique et scientifique.
Le progrès technique est dorénavant chez nous à l’ordre du jour et il est l'objet d'un vaste mouvement des masses laborieuses, dans les villes comma dans les campagnes. Nous avons pour tâche d'étendre ce mouvement et de le faire progresser sans discontinuité, en combattant résolument les conceptions conservatrices, les .pratiques bureaucratiques et tout ce qui peut faire obstacle à ce progrès. Il s'agit de faire en sorte que le progrès technique et scientifique touche tous les facteurs matériels dont dépend l'élévation de la productivité du travail social, et en premier lieu les moyens de travail, les machines, les équipements et instruments, afin que l'on passe partout et au plus tôt à une mécanisation élevée et complexe et à une technologie et une organisation plus perfectionnées de la production.
Depuis le 3e Plénum du Comité Central du Parti, la lutte pour mettre en oeuvre les décisions qui y ont été ,prises a permis d'obtenir de bons résultats dans la mécanisation des processus de travail. Néanmoins, on n'a avancé que très lentement dans la solution de ce problème et l'on est encore loin des o'bjectifs fixés par le 9e Plénum du Comité Central du Parti. Aussi faut-il que les organes du Parti, du pouvoir et de l'économie prennent cette affaire bien en main et que dans chaque ministère, entreprise, usine, fabrique, mine, coopérative et ferme agricole, soient élaborés des plans particuliers de mécanisation, le simple travail manuel occupant encore une grande place dans tous les secteurs de l'économie.
L'importation de machines et de mécanismes à haut rendement, tout en demeurant un important facteur de la mécanisation, ne devra jamais dépasser les capacités de notre économie. Il s'agit de faire en sorte que la mécanisation à grande échelle de la production se réalise essentiellement grâce à nos possibilités intérieures, aux fonds disponibles et au concours des gens magnifiques de chez nous, et ce depuis la production des mécanismes les plus simples et d'usage massif jusqu'à la modernisation, souvent nécessaire, d'ateliers et de fabriques entières.
D'autre part, le perfectionnement continu des processus technologiques constitue aussi une importante réserve pour l'élévation de la productivité du travail. Une grande part de l'effort à faire pour améliorer ou transformer fondamentalement la technologie existante incombe aux bureaux techniques et technologiques, aux bureaux d'études et aux laboratoires, qui doivent mener un travail programmé et prospectif. Dans ce domaine, il est nécessaire d'étendre encore davantage l'aide et le eoncours de tout ordre des instituts de recherche scientifique et d'enseignement ainsi que des bureaux d'études.
Mais pour que toute modification des facteurs matériels de la productivité soit le plus efficace possible, il est indispensable que s'accroisse simultanément le rôle de l'homme, du travailleur, en tant que facteur déterminant de la production. Nos capacités et nos réserves même les plus immédiates relatives à l'élévation de la productivité, doivent être recherchées dans une meilleure exploitation du temps de travail, dans l'établissement d'une saine discipline prolétarienne, accompagnée de l'accroissement et du renforcement du contrôle de l'Etat ainsi que du contrôle direct de la classe ouvrière.
Afin d'acheminer ce problème sur la bonne voie les organes du Parti, du pouvoir et de l'économie devront prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer l'organisation socialiste du travail à grande et à petite échelle. Les actions de masse à assauts concentrés nous ont offert à cet égard un grand exemple d'organisation parfaite et de discipline révolutionnaire consciente. Il faudra en appliquer la féconde expérience dans chaque entreprise et coopérative, atelier ou brigade, dans chaque lieu de travail.
Le fougueux développement de notre économie, la rapide introduction de la technique et de la technologie avancées, l'application de méthodes nouvelles et plus efficaces au travail et dans la production, s'accompagnent, toujours plus, de nouvelles exigences quant à l'établissement des normes et de la rémunération du travail. Dans la situation actuelle, ces exigences posent certaines questions qui doivent être résolues d'urgence. En premier lieu, il faut que les normes de travail soient appliquées partout et que le nombre des travailleurs qui n'y sont pas astreints soit réduit au minimum. Toutes les mesures requises devront également être prises pour faire adopter au plus tôt des normes techniques établies sur des bases scientifiques. En ce qui concerne la rémunération du travail, il est nécessaire d'en perfectionner les formes, en ayant constamment en vue le principe socialiste «selon 1e travail», la différenciation suivant le degré de qualification et les stimulants tendant à élever la productivité sans porter atteinte à la qualité.
Les tâches considérables à accomplir en vue de l'élévation accélérée de la productivité du travail ne sauraient être menées à bien sans que soit élevé aussi le niveau de qualification, le niveau technique et professionnel de la classe ouvrière, de la paysannerie et de l'ensemble des masses travailleuses. C'est là au reste une condition de l'accroissement même de la puissance de la base matérielle et technique de la production, de la mise en exploitation de machines et d'usines modernes, qui ne sauraient donner les résultats souhaités, en quantité ni en qualité, sans une force de travail qualifiée.
Améliorer sans cesse le bien-être du peuple
Notre développement économique, politique et social dans son ensemble a toujours eu pour objectif de servir les intérêts du peuple, de lui assurer une vie heureuse et prospère, libre, démocratique et indépendante. aussi, au cours du Ve quinquennat, tous les efforts continueront d'être faits pour que les exigences matérielles et culturelles toujours croissantes de la population soient satisfaites au mieux.
Le Parti poursuivra à l'avenir également sa juste politique d'amélioration du bien-être, qui consiste à réaliser le bien-être général de l'ensemble de la :population, à satisfaire les besoins économiques, culturels et sociaux les plus urgents et les plus massifs des travailleurs et à réduire de façon continue les différences de niveau des revenus et des conditions de vie entre la ville et la campagne et entre les divers groupes de la population.
La mise en oeuvre de cette politique au cours du Ve quinquennat se traduira dans le taux d'accroissement du revenu national et dans sa répartition définitive. En 1975 le revenu national sera de 55-60 pour cent plus élevé qu'en 1970, le fonds de consommation de 50-55 pour cent, le revenu réel par habitant s'élèvera de 14-17 pour cent, cependant que la circulation des marchandises du commerce de détail augmentera de 36-39 pour cent.
Le fonds de consommation sociale doit, selon les prévisions, atteindre un niveau qui permettra aie satisfaire les besoins des travailleurs dans les domaines rie l'instruction, de la culture, de la santé^ et de la sécurité sociale, ainsi que certains autres de leurs besoins sociaux. En 1975, les dépenses de l'Etat pour satisfaire ces besoins seront, par habitant, de quelque 60 pour cent plus élevées qu'en 1970 et représenteront 22-27 pour cent du fonds général de consommation. Ce sont là de très fortes dépenses qui illustrent non seulement notre puissance économique toujours croissante, mais aussi la supériorité de notre régime social, socialiste, sur le régime capitaliste et révisionniste. Seul le régime socialiste libère totalement les travailleurs de l'inquiétude constante qu'ils connaissent dans les pays capitalistes et des difficultés qu'ils y rencontrent pour la satisfaction de leurs besoins en matière d'enseignement, de culture et de santé.
Notre commerce socialiste est appelé à jouer un rôle important dans la lutte pour la réalisation des tâches qu'implique l'amélioration du bien-être. L'ensemble des activités commerciales doit être directement subordonné à la nécessité de fournir régulièrement et continûment à la population les marchandises qui lui sont le plus nécessaires et qu'elle demande le plus, de répartir et de livrer en temps opportun au consommateur tous les biens industriels et agricoles qui pourvoient à ses besoins et d'élever la qualité des services à l'intention des travailleurs. Il appartient au commerce, conformément à sa mission économique et sociale, de remplir un rôle plus important et d'exercer une influence plus active qu'il ne l'a fait jusqu'ici pour stimuler la production de marchandises de bonne qualité, en élargir l'assortiment et en même temps faire abandonner la production des marchandises de qualité inférieure, ou non demandées par la population. Aussi les organes du commerce et tous les travailleurs employés dans ce secteur doivent-ils étudier constamment les demandes des consommateurs, les modifications qu'elles subissent avec le temps et selon les divers groupes de travailleurs et les diverses régions.
Il est d'une grande importance de principe et pratique d'instaurer sous tous les aspects une juste conception de la vie des travailleurs, des mesures à prendre pour la faciliter, des services à assurer pour satisfaire leurs besoins collectifs et individuels. Dans ce cadre, il faudra faire plus d'efforts que jusqu'à présent pour étendre et améliorer les services de l'alimentation publique et les services communaux à la ville comme à la campagne, pour créer des conditions plus favorables à des loisirs cultivés, etc. Par-dessus tout, des mesures devront être prises en vue d'élever la qualité et la rapidité de ces services.
Des efforts particuliers sont à faire pour améliorer l'approvisionnement des campagnes en eau potable et les relier au réseau routier. La solution de ces deux problèmes exige la mobilisation de notre paysannerie tout entière. En outre, l'Etat prêtera désormais une aide beaucoup plus importante en moyens financier s et matériels, en cadres spécialistes et techniciens, cependant que la ville, de son côté, ne ménagera pas son concours. La riche exnérience révolutionnaire accumulée au cours de l'action populaire de masse pour l'électrification de tous les villages, devra être mise à profit et enrichie encore davantage pour résoudre les problèmes que nous venons de mentionner.
Le tournant amorcé en matière de construction de logements s'accentuera encore durant le quinquennat en cours. Grâce lux investissements publics et à la contribution directe et bénévole des travailleurs on construira au cours du Ve quin.quennat, rien que dans les villes et lieux de travail, 40.000 appartements, au lieu des 29.000 environ construits durant le quinquennat écoulé. Ce volume de construction aidera grandement à normaliser dans l'ensemble le piroblème du logement pour les travailleurs des villes. C'est là une entreprise hardie qui fait apparaître à l'évidence la supériorité du régime socialiste sur le régime capitaliste et le souci de notre Parti de régler ce problème épineux pour l'existence des travailleurs.
Le bonheur et la joie de l'homme de chez nous sont inconcevables et irréalisables sans la sauvegarde de sa santé. Aussi le souci de la santé du peuple, de sa longévité, a été et demeure une partie intégrante de la politique du Parti visant à l'amélioration du bien-être. La société tout entière, le Parti et l'Etat veilleront avec un soin particulier à la santé de la mère et de l'enfant grâce à l'amélioration radicale, surtout dans les campagnes, des conditions d'alimentation est des services sanitaires qui leur sont assurés.
Améliorons encore la direction de l'économie
Le stade atteint dans l'édification socialiste et les nouvelles tâches qui se posent à noua, requièrent une nouvelle amélioration de l'organisation et de la gestion de l'économie, qui doivent reposer sur de plus solides bases scientifiques. Bien que ce problème ne soit pas neu-f, il constitue encore aujourd'hui un des maillons essentiels dont il faudra se saisir pour donner une nouvelle et puissante impulsion au développement de notre économie dans son ensemble.
Nos efforts en vue d'améliorer la gestion de l'économie s'inspirent de sains principes nmarxistesléninistes et sont totalement en oppositiort avec les conceptions et les pratiques révisionniste. L'expérience acquise jusqu'à ce jour témoigne que la préten.due autogestion ouvrière ou les réformes économiques des révisionnistes khrouchtchéviens conduisent à la dégénérescence capitaliste de l'économie socialiste, à la restauration du capitalisme. Les conséquences funestes des bonceptions révisionnistes sur l'organisation et la gestion de l'économie sont aujourd'hui bien conmues de tout le monde, Elles constituent une dénonciation publiqùe et irréfutable de la théorie et de la pratique révisionnistes relatives au développement économique et social.
Maintes questions qui concernent l'amélioration de la direction de l'économie ont été judicieusement analysées par le l0e Plénum diz Comité-Central, et actueliement un bon nombre des solutions qui y ont été préconisées sont mîses en oeuvre avec succès. Afin de prévenir les manifestations marquées d'un centralisme excessif et de tutelle bureaucratique, on a étendu les compétences de la base. De plus larges compétences financières et autres ont été laissées, tant pour l'élabor ation du plan que pour son application, aux comités exécutifs des conseils populaires et aux entreprises économiques. La gestion de l'économie est devenue plus souple, plus autonome, la responsabilité de la base, de l'entreprise, s'y est accrue. Néanmoins, pour la renforcer encore davantage, il est nécessaire non seulement d'exécuter dans un espr it créateur les mesures adoptées, mais aussi de découvrir des voies et des formes d'action nouvelles, meilleures, plus efficaces.
Quels sont les problèmes essentieds sur lesquels nous devons porter notre attention en vue d'une meilleure gestion de l'économie au nouveau stade de son développement? Ce sont notamment: élever la qualité du travail de direction des organismes éoonomiques en l'établissant sur des bases scientifiques ,plus solides; perfectionner les méthodes de gestion de la production en s'appuyant sur une connaissance plus approfondie des lois économiques; accroître la participation des masses laborieuses à la gestion de l'économie.
L'amélioration du travail de direction de l'économie exige, en premier lieu, que le rôle organisateur de d'Etat soit renforcé et corresponde â l'ampleur des nouvelles tâches à remplir. Les tâches des organes étatiques de direction de l'économie se sont aujourd'hui multipliées et sont devenues plus complexes, plus compliquées. Les ramener, comme on le fait parfois, à une simple gestion pratique est une façon d'agir unilatérale et pouvant avoir des conséquences fâcheuses.
Les organes d'Etat et leurs cadres ne peuvent diriger efficacement l'économie sans s'employer mieux et davantage à analyser la politique économique du Parti, ses directives et ses orientations, sans rechercher et découvrir les voies les plus justes et les plus efficaces pour les mettre en oeuvre. Il est indispensable que, dans leur action, ils s'attachent à mieux étudier qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici les problèmes fondamentaux, pressants et à plus long terme, qui concernent le développement économique et social du pays.
L'amélioration de la gestion de l'économie pose une question actuelle de grande acuité, celle de l'accentuation du caractère scientifique de la planification. La réalisation d'un bon nombre de tâches d'ordre économique et social à l'étape de l'édification intégrale de la société socialiste couvre nécessairement une période supérieure à cinq ans. Aussi, de pair avec la planification quinquennale, convient-il de passer à l'élaboration de plans prospectifs à plus long terme. Ces plans doivent avoir pour principal objectif de prévoir les orientations fondamentales de l'essor de notre économie dans son ensemble, de ses branches particulières, des principaux types de productions industrielles et agricoles, les orientations du développement de l'enseignement. de la culture, de la science, etc.
Pour que les plans de développement de l'économie, quinquennaux ou à plus long terme, correspondent le plus fidèlement possible à nos possibilités réelles, il convient d'évaluer aussf exactement que possible les besoins sociaux, en se basant sur des observations, des études et analyses générales systématiques, détaillées et complètes, en envisageant diverses variantes et en fondant les prévisions sur des calculs techniques économiques et financiers précis. Ce travail doit avoir pour but de permettre aux organes du Parti et de l'Etat de choisir la variante la plus appropriée.
L'accentuation du caractère scientifique de la planification implique la nécessité d'utiliser plus largement .qu'on ne l'a fait jusqu'à présent les méthodes analytiques connues de la confrontation des ressources et des besoins, de l'établissement de normes, et des balances. Parallèlement, des efforts devront être faits pour introduire dans la pratique de la planification et des calculs économiques de nouvelles méthodes fondées sur les mathématiques, la programmation et la technique de calcul moderne.
Le niveau actuel du dévelop.pement des entreprises économiques requiert que les méthodes de gestion administrative de la production soient mieux combinées avec les méthodes de gestion économique. Cela exige la connaissance et l'application consciente des lois économiques objectives du socialisme. L'accroissement des proportions de la production dans chaque branche de l'économie, l'effort déployé pour en améliorer la qualité et y appliquer la technique nouvelle et la technologie moderne, font périodiquement apparaître des lacunes et des insuffisances dans sa gestion. Afin de les combler, il importe d'accroître l'esprit d'initiative de la base, de renforcer la gestion équilibrée, l'utilisation des leviers économiques, la discipline du plan et la discipline financière. Le calcul des dépenses et de la rentabilité, la confrontation du travail accompli avec les résultats obtenus doivent devenir un critère indispensable pour la fixation des objectifs du plan et pour leur réalisation. La nécessité de mieux combiner la gestion administrative de la production avec les méthodes économiques a exigé qu'on modifie en conséquence la structure même de l'organisation et de la direction de l'entreprise.
L'amélioration de la gestion de notre économie est inconcevable et irréalisable sans la participation des masses, de la classe ouvrière, des coopérateurs et de tous les travailleurs, sans leur contrôle sur l'activité des organes économiques. Ce n'est pas là une question qui dépend de notre bon vouloir, mais la conséquence logique de la ligne de masse, telle qu'elle est appliquée fidèlement chez nous, c'est une garantie que la production s'accroîtra et que la base sociale du socialisme ne changera jamais de nature. A l'avenir, il faudra, en leur laissant le champ libre, stimuler davantage la participation, le contrôle, l'initiative et la pensée créatrice des masses en ce domaine et recourir davantage à elles pour élaborer et appliquer les plans économiques, déterminer les indices techniques et économiques du plan, le rendement, les normes de travail et celles de la consommation du matériel, renforcer la discipline et l'ordre au travail, accroître la production et en améliorer la qualité, pour les plus petites choses comme pour les plus grandes.
L'accroissement de la participation et du oontrôle des masses, en particulier de la classe ouvrière, doit oonstamment aller de pair avec cedui de la responsabilité morale et financière de chacun quant au sort de la production, de l'entreprise ou de la coopérative, avec l'application minutieuse et opportune des décisions et des directives des organes d'Etat, de la discipline et de l'ordre au travail.
Camarades,
Les tâches du Ve plan quinquennal constituent un nouveau pas, un pas important, dans la voie de l'édification intégrale de la société socialiste. Les objectifs à atteindre sont audacieux mais mûrement réfléchis, minutieusement et correctement pesés. Nous sommes optimistes et nous avons la ferme conviciion qu'ils seront réalisés avec succès.
Quand on voit la manière dont les chiffres du IVe plan quinquennal, eux-mêmes déjà très poussés et hardis, ont été atteints et dépassés, on ne peut s'empêcher d'être émerveillé de la force colossale de notre Parti et de notre peuple.
Nous nous attaquons à la réalisation du nouveau plan avec un grand enthousiasme, qui repose sur l'assurance que nous donnent les résultats grandioses obtanus et sur le sentiment d'exaltation que suscite en nous notre perspective radieuse.
L'héroìsme, la maturité et le savoir des gens de chez nous, alliés à leur optimisme et à leur enthousiasme réaliste transformeront aussi les chiffres de ce plan quinquennal en biens matériels pour le peuple, la Patrie et le socialisme, feront de nouveaux et plus grands prodiges, qui glorifieront encore plus le nom de notre Parti héroîque et de l'Albanie socialiste.