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ENVER HOXHA


POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS IL FAUT

DES ACTIONS REVOLUTIONNAIRES ET NON

PAS DES DISCUSSIONS STERILES


Entretien avec le Secrétaire général du

Parti communiste péruvien,

Saturnino Paredes Macedo

(Extraits)


12 juillet 1969



Je me réjouis beaucoup de rencontrer en vous le dirigeant du ,Parti communiste péruvien frère, dons nous suivons la lutte avec une grande admiration. Je vous dis franchement, camarade Paredes, que votre venue en Albanie nous a beaucoup aidés, car vous nous avez fait connaître la grande expérience de la lutte que livre le Parti communiste péruvien frère aux capitalistes et aux grands propriétaires terriens dans votre pays. Nous estimons que la lutte que vous menez, fondée qu'elle est sur le marxisme-léninisme et les forces vives du prolétariat et de la paysannerie péruviens, est importante en tant que partie intégrante de la grande lutte que soutiennent les vrais communistes marxistes-léninistes dans les pays d'Amérique latine. Actuellement. nous et tous les communistes des autres pays du monde. nous suivons avec une attention et une satisfaction particulières l'extension du mouvement révolutionnaire en Amérique latine, qui ne cesse de croître en dépit de la domination féroce du capital des U.S.A. et des autres puissants pays capitalistes et ennemis de toutes sortes. déclarés et camouflés.

La lutte dans divers pays du continent latino-américain montre que le mouvement révolutionnaire dirigé par les marxistes-léninistes a pris une grande ampleur. L'important, est que cette lutte est en train de monter, malgré l'influence pernicieuse des divers courants hostiles, dont certains se disent de gauche. Mais malgré ces courants. les partis marxistes-léninistes, qui ont défini la juste ligne de la lutte armée contre le capital et les yankees et de la lutte idéologique sans merci contre les courants antimarxistes de tout acabit, ne cessent d'aller de l'avant.

Nous constatons avec satisfaction que votre parti aussi organise bien l'application de sa juste ligne. Vous avez, en particulier, créé des bases non seulement dans les villes, mais aus.si au sein de la paysannerie. Cela est indispensable, car pour faire triompher la révolution prolétarienne, il ne suffit pas d'avoir une ligne correcte. il faut également organiser sa juste application dans la pratique en conformité avec les conditions concrètes du pays.

Nous, surtout, Albanais, nous comprenons bien le rôle de la paysannerie dans le mouvement révolutionnaire. car aujourd'hui encore notre population est, en majeure partie. paysanne. Avant comme durant la période de la Lutte de libération nationale. la paysannerie albanaise était une classe révolutionnaire. Elle était très opprimé. p,auvre et misérable et. en même temps. très patriote, courageuse. résolue et animée d'esprit de sacrifice. Notre paysannerie a immédiatement fait sienne la ligne prolétarienne de notre Parti. Malgré le nombre encore limité d'ouvriers dans l'Albanie de l'époque. elle comprit, que la ligne du Parti avait pc)ur base la classe ouvrière. Dès le début. la paysannerie albanaise vit que dans les villes les communistes frappaient chaque jour les envahisseurs. que la lutte et le programme du Parti communiste d'Albanie satisfaisant ses vœux séculaires. Notre Parti recommandait sans cesse à ses adhérents de mener leur travail et leur lutte dans les campagnes parallèlement à leur lutte contre les occupants dans les villes. Et c'est ce qui fut fait. Le feu de la lutte s'alluma à Peze et dans les montagnes de Kruje, dans le Kurvelesh et à Korçe, à Vlore et Berat, dans les ré ions montagneuses de Mat et de Shkodër. de Diber et de Tropoje. Non seulement nous y avons trouvé des arrières solides, mais partout les paysans ont pris les armes et ont rejoint les partisans.

Vous aussi. comprenant correctement ce problème fondamental vous portez une attention particulière à la question de la paysannerie. Cela est dû ü la juste direction de votre parti. Vous avez une grande, expérience en ce qui concerne lai paysannerie. Le fait que votre parti marxiste-léniniste dirige un grand syndicat du prolétariat rural, ,groupant plus d'un million de paysans, signifie qu'il comprend correctement la grande question des alliés du prolétariat. C'est pourquoi les formes de travail que vous utilisez et les résultats que vous avez obtenus dans la lutte pour l'application et le développement dans la pratique du marxisme-léninisme au Pérou constituent un grand trésor pour nous tous, marxistes-léninistes des autres continents, .et nous avons pour tâche de l'étudier avec grande attention.

D'autre part, nos rencontres, qui nous permettent de procéder à un échange de vues et de profiter mutuellement de notre expérience, revêtent une énorme importance. En rencontrant des camarades d'autres pays et en prenant connaissance de leur lutte et de leur expérience, nous nous renforçons. Nous rencontrons beaucoup de camarades des divers partis et groupes marxistes-léninistes qui agissent dans la clandestinité ou légalement, selon les conditions propres à leur pays. Nous discutons avec eux de différents problèmes. Au cours de ces entretiens, mais aussi dans la pratique, nous avons remarqué que certains d'entre eux ont une conception relativement étroite du rôle et des tâches des communistes.

Certains pensent que le parti ou le mouvement révolutionnaire marxiste-léniniste doivent se 'borner à travailler auprès des ouvriers des usines et des fabriques, ignorant ainsi les alliés les plus proches du prolétariat que sont la -paysannerie pauvre et moyenne en général et les ouvriers agricoles en particulier. La situation de la paysannerie est partout misérable. Les bases du parti et de la lutte révolutionnaire qu'il dirige, toujours dans la voie marxiste-léniniste, pourraient être créées plus vite dans les campagnes et y être plus sûres, quand cela est plus difficile dans les villes.

Mais il y a des camarades qui font l'inverse, considérant ici encore le problème sous un angle étroit. Ils limitent le travail du parti aux campagnes et oublient les villes où existent la grande organisation capitaliste et un puissant prolétariat qui a pour mission historique de renverser par la révolution la société capitaliste pourrie.

Mais il se trouve aussi des «communistes» qui disent qu'il ne leur est pas possible de suivre la ligne de la lutte. Dans nos entretiens avec eux nous leur donnons comme exemple les attitudes révolutionnaires des camarades du Parti communiste péruvien et du Parti communiste du Brésil, qui poursuivent avec succès la juste voie de la lutte, de l'organisation et de la mobilisation de la classe ouvrière et de la paysannerie. Les camarades brésiliens, eux aussi, ont fait comme vous, camarades péruviens, et ils ont créé des bases dans les campagnes également. Beaucoup d'autres partis luttent aussi pour préparer cette situation, et cette action n'est pas une aventure, mais une action marxiste juste.

Lorsqu'il nous arrive de discuter avec des gens qui estiment que le travail des communistes doit se limiter aux villes, comme je viens de l'évoquer, nous leur donnons comme exemple la bonne expérience des partis frères d'Amérique latine. Nous ne voulons pas du tout leur dire par là que, au mépris des conditions concrètes de leurs pays, ils doivent passer à l'aventure, prendre les armes avant l'heure; non, mais nous estimons, en nous fondant précisément sur ces conditions concrètes, que la paysannerie est une grande force révolutionnaire. Or, dans un pays donné où vivent dans les campagnes des million, de paysans pauvres, dominés par le féroce capital latifundiaire, le:s communistes doivent non seulement concentrer leur lutte dans les villes, où la réaction, certes, est mieux organisée, mais en même temps porter ce combat dans les campagnes. Il n'est peut-être pas encore temps d'y engager la lutte armée, mais il faut préparer la situation pour que vienne le moment de cette lutte, et c'est ce que font les camarades communistes dans certains pays d',Amérique latine, où ils ont commencé à préparer le terrain dans ce sens. Voilà pourquoi. chers camarades, nous apprécions hautement votre lutte marxiste-léniniste conséquente et nous nous en réjouissons. Dans le même temps, nous nous sentons très obligés envers des camarades révolutionnaires comme vous, qui luttez dans des conditions difficiles.

Nous voyons avec satisfaction que vous trempez votre parti en épurant ses rangs des éléments révisionnistes. Ce que vous faites 1à est aussi un travail fructueux. Cette maladie-là, nous en avons tous été atteints, et votre parti n'est pas une exception à cet égard. Nous devons toujours faire preuve de vigilance dans notre lutte contre les ennemis du parti, car ils cherchent sans cesse à nous affaiblir et à nous liquider, s'ils en trouvent l'occasion et si nous relâchons notre vigilance. Qui ferme les yeux et s'endort devant ce danger, celui-là va à sa perte, et il subira le sort de ceux qui ont agi ainsi en Union soviétique et dans les autres pays révisionnistes. Il est donc indispensable de renforcer constamment notre vigilance idéologique et politique révolutionnaire.

Notre Parti aussi a avancé dans cette voie. Il s'est efforcé, patiemment, d'éclairer ceux qui se trompent, de les aider, une, deux, trois fois, en utilisant toutes les formes de travail afin qu'ils se corrigent, dans l'intérêt du Parti et de la révolution. Mais lorsqu'il est apparu que cet intérêt était atteint et que tous les efforts déployés auprès de ces gens ne donnaient pas de résultat, nous les avons alors exclus du Parti sans hésiter, car il ne fallait pas laisser le ver dans la pomme, sinon, malgré son bel aspect extérieur, cette pomme aurait pourri peu à peu et, après un certain temps, non seulement elle n'aurait plus été bonne qu'à être jetée, mais elle aurait même contaminé les autres pommes. C'est pourquoi, tout comme vous, nous et tous les véritables partis marxistes-léninistes faisons bien d'épurer nos rangs des éléments antiparti, car cette façon d'agir raffermit nos rangs. Il est vrai que nous avons besoin du nombre, mais, en premier lieu, nous avons besoin de la qualité de la composition du parti. Un parti fort d'une unité monolithique est en mesure de gagner à sa cause les larges masses -du peuple et non seulement de remplacer un, dix ou cent personnes sans valeur ou hostiles, mais même d'en gagner à lui des dizaines de milliers d'autres, éprouvées dans la lutte et dans l'action. Nous comprenons bien, et nous nous en réjouissons, que vous avez agi comme il se doit et dans la voie marxiste-léniniste afin de faire de votre Parti un parti vraiment bolchevik, comme nous le conseillent Lénine et Staline. Pour autant que je puisse en juger et en toute modestie, je pense que si vous aviez agi différemment, la cause révolutionnaire au Pérou n'aurait pas progressé.

Le renforcement du P.C. péruvien constitue le gage de son progrès incessant et sûr. L'action que vous menez est encourageante. D'après ce que nous en savons, votre travail de base ne souffre pas de tendances subjectivistes, mais .se fonde sur des idées révolutionnaires marxistes-léninistes qui ont pour but constant de tremper le parti.

Au cours de l'épuration révolutionnaire du parti, vous avez, à notre connaissance, appliqué certaines formes de travail révolutionnaires, marxistes-léninistes, qui non seulement sont justes pour vous qui êtes en train de travailler à préparer la révolution, mais qui sont même indispensables pour nous qui l'avons faite et sommes en train de l'approfondir. La révolution s'étiole si l'on ne prend pas de mesures pour prévenir ces phénomènes, si l'on ne procède pas à la révolutionnarisation continue du parti. Je pense surtout aux tendances de certains de vos camarades, qui, d'après ce que nous avons entendu dire, étaient enclins à mener des discussions interminables dans les organisations de base, laissant ainsi dans l'oubli les problèmes essentiel du parti. Les débats empreints d'un esprit morbide ne procèdent pas de sentiments et d'idées réalistes vraiment marxistes-léninistes, mais de sentiments et d'idées subjectivistes. Les critiques qui ont pour point de départ des prises de position malsaines ne sont jamais constructives, au contraire, elles démoralisent les révolutionnaires et freinent la révolution. Un tel phénomène, bien que rare, se produit aussi chez nous dans certaines organisations de base du parti où il se trouve aussi quelque élément qui attache plus d'importance aux questions secondaires et aux problèmes personnels. Ainsi, lorsque quelqu'un commet une erreur et que dans l'organisation de base intéressée on se met à discuter non pas de cette erreur, mais des «beaux yeux» de quelqu'un, lorsque les discussions se poursuivent sans arrêt de réunion en réunion et dans un esprit malsain, les grands problèmes essentiels de l'organisation sont alors forcément négligés, les communistes se disputent entre eux et se divisent en groupes et en coteries. Ces groupes ou coteries peuvent à première vue revêtir un caractère non pas -politique mais personnel, parce qu'au début ils ne sont pas dirigés contre le Parti, mais, en se portant d'une personne à une autre, la discussion perd son caractère de principe et les désaccords tendent à s'élargir, ce qui finit par affaiblir ou mettre en danger le Parti. Ainsi donc, l'organisation de base se scinde en deux, les efforts du Parti pour résoudre les problèmes qui le préoccupent commencent à être freinés, les gens s'occupent de problèmes personnels et de discussions sans importance, les problèmes essentiels sont ainsi négligés et l'organisation s'affaiblit.

Le Parti nous enseigne à ne pas permettre de défauts et d'erreurs dans nos rangs. A peine décelés, il faut les critiquer et les corriger à temps sans les laisser traîner et risquer que ne se crée une division. Je veux dire par là qu'en vous appuyant sur une méthode et des principes révolutionnaires justes, vous avez correctement résolu les problèmes qui vous ont préoccupés.

D'après ce que nous avons appris, les éléments que vous avez exclus étaient sous l'influence des aventuristes castristes de gauche, qui tournaient surtout autour des étudiants. Autant que nous sachions, et ayant lu les «théories» de Castro et d'autres de son espèce sur le parti, sur la lutte armée, sur le rôle de la paysannerie et la confiance que doit lui faire le parti, nous constatons que toutes ces «théories» ne sont nullement marxistes. Enlisant le journal de Che Guevara publié à Cuba, nous vous demandons : Quel genre de marxiste peut être un homme qui vit en sauvage dans la sierra et qui organise son travail en le cachant aux masses, auxquelles il ne fait pas confiance?

C'est pourquoi vous avez très bien fait de frapper dans vos rangs les tendances aventuristes castristes et d'en exclure les éléments malsains, car ils avaient certainement l'intention de saboter les bases solides du Parti communiste péruvien dans les masses paysannes.

Les réactionnaires et les capitalistes ne sont pas sots, ils voient bien que dans les campagnes des pays d'Amérique latine il existe une force vive, comme la paysannerie pauvre et moyenne, qui s'organise de jour en jour et devient redoutable. C'est la raison pour laquelle ils font l'impossible pour assurer le calme sur les arrières de l'industrie. Ils savent que si le calme ne règne pas dans les campagnes, s'ils ne sont pas en mesure d'exploiter les terres sans tracas et s'ils ne dirigent pas d'une main ferme ceux qui travaillent ces terres où l'on cultive les céréales, le coton, la betterave sucrière, les arbres fruitiers, où l'on élève le bétail, etc., l'industrie sera paralysée, et eux-mêmes auront à affronter de grands troubles. Les capitalistes et toutes la réaction ont cela bien présent à l'esprit.

L'impérialisme américain a poussé aujourd'hui des racines aux quatre coins du monde pour assurer des matières premières agricoles et minérales à son économie. Afin de garantir ces privilèges, il maintient sur pied une grande armée dont il se sert pour opprimer par la force ses propres travailleurs et ceux des autres pays, allant même jusqu'à acheter les cerveaux dans les pays qu'il considère comme ses «alliés». Il accorde des crédits et fournit

des armes à toutes les cliques dominantes réactionnaires qui ont trahi leurs intérêts nationaux pour maintenir leurs peuples sous le joug. C'est pour ces raisons que partout dans le monde le mouvement paysan joue aujourd'hui un grand rôle contre les visées rapaces des impérialistes, et c'est pour cela que les partis marxistes-léninistes également doivent s'appuyer sur ce mouvement. Ces partis doivent avoir et ont comme appui principal la classe ouvrière, mais ils doivent aussi avoir des bases dans les campagnes, où se trouve l'allié principal et naturel du prolétariat.

Vous avez très bien fait d'épurer vos rangs des éléments antiparti qui usaient de toutes sortes de moyens pour affaiblir et liquider votre parti. «A quoi nous sert le parti?», «nous avons avant tout l'armée», dit Fidel Castro. Ce langage même prouve qu'il n'a jamais été marxiste. Mais comment une armée populaire pourrait-elle tenir debout sans la direction du parti? En Albanie aussi, -à l'époque du roi Zog, il y avait une armée; mais elle était faible, réactionnaire, alors qu'aujourd'hui notre armée est puissante et populaire précisément parce qu'elle est dirigée par un parti marxiste-léniniste. Voilà pourquoi, en bref, les conceptions de Castro sur le parti et l'armée ne sont pas marxistes.

Comme vous avez pu le constater vous-mêmes, nous avons obtenu des succès, mais il nous reste encore beaucoup à faire. L'essentiel c'est que nos hommes luttent actuellement avec un grand enthousiasme pour appliquer la ligne du Parti et que politiquement notre peuple est formé. A présent, de grands efforts sont déployés pour élever le niveau de formation non seulement idéologique et politique, mais aussi culturelle, scientifique et technique des masses. Certes, il nous reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, car au moment de la libération de notre pays nous souffrions encore d'un grand retard dans tous les secteurs. Nous devons travailler pour accélérer notre marche en avant et cela dans tous les domaines: la modernisation de notre industrie, l'électrification de tout le pays, l'intensification de l'agriculture et sa mécanisation, l'irrigation des terres et l'élévation du niveau agrotechnique de notre agriculture collectivisée, le développement de l'enseignement et de la culture, etc. Pour atteindre ces objectifs, il faut bien entendu un travail et une lutte de longue haleine, mais nous sommes très optimistes, car nous avons créé aujourd'hui des conditions plu; favorables à cette fin.

Tout d'abord, il existe dans le peuple un grand élan et un ardent désir d'aller de l'avant, et je dirai même que les objectifs que l'on nous demande de fixer en matière de planification sont tels qu'ils dépassent de beaucoup nos possibilités réelles. Nous nous réjouissons beaucoup de ce que ces exigences proviennent principalement des masses elles-mêmes, et nous sommes obligés de leur expliquer quelles sont les limites de nos alibilités et les voies à suivre pour en créer de nouvelles qui nous permettent d'aller plus avant. Le grand élan des masses et leur confiance dans la juste ligne du Parti sont des facteurs très positifs, des facteurs qui influent aussi sur le niveau économique de notre pays, niveau qui, loin de baisser, est au contraire allé toujours croissant. Comparé celui des années qui ont suivi la libération, notre niveau économique actuel est comme le jour et la nuit. En tout cas, il faut avoir connu l'Albanie d'avant la libération pour pouvoir se faire une idée juste des changements qui ont eu lieu chez nous.

Il est hors de doute que dans les années à venir le niveau économique de notre peuple s'élèvera encore plus. Il ne faut pas perdre de vue, camarades, que les prix chez nous n'ont jamais augmenté, au contraire, ils n'ont cessé de baisser. C'est là l'objectif constant de la politique de notre Parti et de notre gouvernement. Et cette politique, contrairement à ce qui se passe dans les autres pays du monde, y compris les pays révisionnistes, où les prix montent périodiquement, se fonde sur la situation réelle de notre pays.

En Albanie, aussi bien l'industrie que l'agriculture ont connu un développement notable. Nous avons toujours veillé à construire nos fabriques et nos usines principalement à proximité des sources des matières premières qu'elles utilisent. La plupart des villes comptent des dizaines d'établissements industriels mais il y a aussi des villes qui ont seulement une, deux ou tout au plus trois fabriques ou usines. Dans tous nos districts et régions nous avons actuellement des ingénieurs, des économistes, des vétérinaires et des zootechniciens, sans compter les enseignants, médecins et autres spécialistes hautement qualifiés. Dans cet essor révolutionnaire d'ensemble, les comités du Parti élaborent des plans pour la mobilisation de tous les cadres, qui se comptent par centaines dans chaque district. Ceux-ci, de concert avec les masses, ont discuté et décidé de la création d'écoles techniques en -s'appuyant sur leurs propres forces et ont mené à bien cette entreprise. Ainsi, dans plusieurs districts, et sur leur propre initiative, ont été créées des filiales de l'Université de Tirana et de l'Institut supérieur d'Agriculture pour les branches de mécanique, d'électricité, d'agronomie, etc.; dans bien des cas, la mise sur pied de ces filiales a dépassé les prévisions mêmes du ministère de l'Enseignement et de la Culture. Chez nous, on constate en particulier une élévation toujours croissante du niveau de formation idéologique, politique, éducative et culturelle du peuple.

Je vous remercie beaucoup de vos bonnes paroles à l'adresse de notre Parti, mais nous aussi désirons vous dire que nous nous réjouissons beaucoup de vos succès. Nous vous prions de transmettre nos salutations cordiales à tous les membres du Parti communiste péruvien et de les assurer qu'ils ont dans le Parti du Travail d'Albanie et dans le peuple albanais des camarades et des frères qui leur seront fidèles jusqu'au bout, jusqu'au triomphe de nos idées communes, du socialisme et du communisme dans le monde entier.



FIN