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ENVER HOXHA
ON NE PEUT REMPORTER ET PRESERVER LA
VICTOIRE QU'AVEC LE SOUTIEN DES
MASSES ET EN SE GUIDANT SUR LA
THEORIE MARXISTE-LENINISTE
Entretien avec un groupe de communistes français
(Extraits)
28 août 1969
Au cours de votre séjour dans notre pays, nos camarades vous ont sûrement mis au courant des succès que nous avons remportés dans la construction du socialisme et des tâches que nous avons à accomplir dams l'avenir. A part nos succès dans notre travail, nous avons enregistré aussi des défauts. A l'avenir, en organisant et en combinant judicieusement notre action, en multipliant nos efforts et avec un esprit de sacrifice accrus, nous remporterons des succès encore plus importants et nous nous porterons sur des positions toujours plus puissantes pour la construction intégrale de notre société socialiste.
Aujourd'hui notre Parti oeuvre pour que l'esprit révolutionnaire, qui caractérise tous les cOmmunistes et le peuple albanais, après le Ve Congrès du Parti, et qui se manifeste dans tout le pays jusque dans ses régions les plus reculées, soit approfondi et renforcé davantage, afin de contribuer à un meilleur développement, régulier et normal, de tous les secteurs de l'économie et d'éviter que l'un d'eux devienne un obstacle pour les autres.
En analysant de façon générale le travail et les efforts que fait notre Parti pour l'amélioration souhaitée des conditions économiques du pays, pour la construction du socialisme en Albanie, nous devons dire que les résultats auxquels nous aspirons ne peuvent être obtenus sans une révolution idéologique, politique et économique ininterrompue. Afin d'obtenir ces résultats, l'essentiel pour le Parti c'est de multiplier ses efforts pour l'élévation du niveau idéologique et politique des masses.
Les décisions du Ve Congrès ont constitué, pour le Parti et les masses travailleuses de notre pays, une aide extrêmement précieuse, pour promouvoir le développement de l'économie. Grâce à l'élan révolutionnaire qui s'est déclenché aux quatre coins du pays, après le Ve Congrès, tant dans le domaine de l'industrie que dans ceux de l'agriculture, de l'enseignement et de la culture, nous avons obtenu de bien meilleurs succès au travail, etc., nous avons enregistré des résultats notables dans le développement de l'agriculture et de l'élevage, dans la mise en culture de terres nouvelles, dans les bonifications, l'irrigation, etc. Tous ces résultats ont mené au renforcement des coopératives agricoles, sous l'aspect organisationnel comme sous l'aspect idéologique et politique. Nous pouvons dire maintenant que nos paysans sont convaincus et voient clairement toute la justesse de la voie de la collectivisation que leur a tracée le Parti. Bref, dans tous les domaines, de gros efforts ont été faits pour obtenir progressivement de nouveaux succès dans le renforcement des positions du socialisme.
Le facteur déterminant de l'obtention de ces succès, est le peuple, dirigé et éduqué par le Parti, le peuple qui nous comprend très bien et travaille de toutes ses forces pour réaliser les tâches qui lui sont assignées, afin que notre pays aille de l'avant, que l'Albanie socialiste se renforce et s'épanouisse de jour en jour.
Aujourd'hui, nous, le Parti et le peuple, nous nous sommes fixé une tâche importante, la révolutionnarisation plus poussée de notre école, dont le pivot sera l'idéologie marxiste-léniniste. A cette fin, il nous faudra revoir sous cet angle et refondre radicalement les manuels scolaires et les programmes d'enseignement. Ce travail sera mené en ce qui concerne non seulement l'enseignement ,supérieur, mais aussi toutes les catégories d'écoles.
Les révisionnistes soviétiques se sont mis à nous accuser à grands cris de militariser tout le peuple, depuis les pionniers jusqu'aux personnes âgées. Toutes ces accusations qu'ils nous portent, nous laissent indifférents, nous poursuivons dans notre voie. Nous voulons éduquer notre jeunesse dans l'amour de la patrie, de la science, du peuple; du Parti. Les révisionnistes peuvent bien crier, tant qu'ils veulent, que nous sommes en train de militariser notre jeunesse, cela ne nous fait ni froid ni chaud. La révolutionnarisation de l'école nous assigne -des tâches très importantes, dont la réalisation exigera un travail considérable.
Le Parti a oeuvré et oeuvre constamment à éduquer les cadres, car nous avons présent à l'esprit que tous ne sont pas parfaits, qu'il y a aussi parmi nous des communistes qui font des erreurs que nous essayons de corriger.
La mise en oeuvre constante de la ligne de masse est un facteur important qui permet d'obtenir de bons résultats dans l'éducation des cadres du parti. Si nous n'avions pas appliqué ce principe, les résultats de notre travail auraient été moins satisfaisants. En s'appuyant donc sur cette ligne, on obtient de meilleurs résultats dans tous les secteurs de la vie du pays.
Pour illustrer cette idée, je vous donnerai quelques exemples. Ces derniers temps certaines modifications ont été apportées à la méthode de travail de nos tribunaux populaires. Ceux-ci étaient populaires même avant ces récentes mesures, mais ils le sont encore plus actuellement. Aujourd'hui le peuple aussi, à part les fonctionnaires du système judiciaire, participe à l'administration de la justice, il juge de l'affaire en question et émet directement son avis à son sujet. Chez nous toutes les possibilités ont été créées pour que les lois soient rigoureuses pour les traîtres, les voleurs, etc., cependant qu'à l'égard de ceux qui commettent des fautes bénignes nous pratiquons la méthode de da persuasion. On tend par là à faire en sorte que le fautif prenne conscience de la faute qu'il a commise et qu'après le procès judiciaire il soit convaincu que sa faute a été jugée dans un esprit de justice par des gens qui ont été élus par le peuple lui-même. Cette méthode de jugement d'une affaire permet donc au fautif de se corriger plus rapidement.
Cette manière de procéder a donné des résultats notables, partant, une diminution du nombre des condamnés. Un examen des statistiques des vols, par exemple, révélera que le nombre de ces délits va sans cesse décroissant.
Nous avons également enregistré de bons résultats concernant lei divorces, leur nombre ayant beaucoup baissé ces dernières années. A quoi cela tient-il? A ce que la masse, le peuple, ont commencé à participer à la solution de chaque problème. Si un mari veut se séparer de sa femme et porte l'affaire au tribunal pour demander le divorce, la masse, lei habitants du quartier, lui demandent des explications sur lei raisons qui l'ont amené à cette décision. Au cas où s'il s'est mal comporté avec sa femme et si des témoins l'ont vu se chamailler sans raison avec elle, ili discutent avec lui pour le ramener à de meilleurs sentiments. La population, lei habitants de l'immeuble ou du quartier se connaissent bien entre eux, ils savent la vérité et sont en mesure de bien juger les choses. Lorsqu'ils sont sûrs qu'une femme est honnête, ils prennent tous sa défense et dénoncent le comportement et les desseins malveillants du mari. Grâce à ces mesures, il s'est créé une atmosphère défavorable à ceux qui cherchent à divorcer sans raison, aussi cette question est-elle résolue actuellement chez nous d'une façon très juste, ce qui contribue à une bonne entente dans lei familles et explique aussi la diminution du nombre des divorces.
Le travail mené auprès des membres du Parti; qui doivent être lei premiers à bien comprendre sa ligne et à lutter de toutes leurs forces pour l'appliquer, est très important pour l'application de cette ligne. Nous sommes conscients du fait que lei communistes ne sont pas tous capables de s'acquitter comme il se doit des tâches qui leur sont assignées, aussi est-il nécessaire que le Parti travaille davantage auprès d'eux pour leur faire comprendre sa ligne à fond et leur faire mobiliser toutes leurs forces pour qu'ils la traduisent dans lei faits. A cette fin, le Parti travaille sans répit à l'éducation des communistes, et ce travail est mené en premier lieu au niveau des organisations de base et des colloques de formation politique.
Nous avons décidé que lei stagiaires du Parti provenant de l'administration ou de l'intelligentsia; feraient leur période de stage dans la production, dans lei mines ou dans d'autres lieux de production, comme par exemple dans des coopératives agricoles, afin qu'ils soient sous la surveillance directe de la masse, de la classe ouvrière, de la paysannerie coopératrice, ou des soldats. Lorsque l'organisation de base du Parti examine la demande d'admission du stagiaire, elle recueille l'avis des travailleurs du lieu de travail où celui-ci a fait ou fait son stage. Les mas expriment leur opinion, elles analysent attentivement son travail et son comportement, lei travailleurs disent si, à leurs yeux, le candidat a ou non les qualités requises pour d devenir membre du parti. Si les masses, en particulier les ouvriers, ne voient pas en lui les traits du communiste, ils disent franchement au Parti qu'il ne mérite pas d'entrer dans ses rangs, parce qu'ils savent bien que les gens ne sont pas admis dans le Parti pour leurs beaux yeux, mais bien parce que la masse a distingué en eux de hautes qualités morales et politiques, des éléments d'avant-garde dans le travail, dans la vie sociale, partout. Après que toutes les données ont été recueillies au lieu où le candidat a fait son stage, c'est alors l'organisation de base qui décide de son admission.
Si nous prenons toutes ces mesures c'est pour renforcer le Parti et le lier au peuple comme la chair à l'os, car c'est seulement ainsi que l'on peut construire le socialisme et accroître la capacité de défense du pays.
Bien que la situation dans notre pays soit stable; saine et révolutionnaire, nous n'oublions jamais que nous avons, au-dedans comme au-dehors, des ennemis, que nous ne devons sous-estimer en aucun cas. Nous avons des ennemis très dangereux comme par exemple les impérialistes américains, etc. Les révisionnistes modernes, soviétiques en tête, sont tout aussi dangereux. Nous ne pouvons ni ne devons jamais les négliger ou les sous-estimer. Les négliger tant soit peu entraînerait pour nous des conséquences très néfastes.
Les impérialistes comme les révisionnistes connaissent aujourd'hui des situations difficiles. Ils sont tenaillés par une crise aiguë, dont l'effet se manifeste tant dans leurs pays que dans leurs rapports entre eux. Cette crise présente des aspects militaires, politiques, économiques, etc. Cette situation suscité naturellement la réaction des masses travailleuses, laquelle se manifeste à travers de très fréquentes grèves et manifestations. C'est ce qui explique la forte montée de l'élan révolutionnaire des masses laborieuses en Italie, en France, en Angleterre, en Amérique et ailleurs.
Des crises de cette nature sévissent aussi dans les pays révisionnistes, et c'est justement ce qui a contraint les révisionnistes soviétiques à intervenir militairement l'année dernière en Tchécoslovaquie afin de la maintenir sous leur tutelle, car Dubcek et sa bande se hâtaient de se décrocher d'eux et de faire de leur pays une tête de pont de l'impérialisme. Cette intervention a montré clairement le désagrégation du régime révisionniste soviétique, qui est en train de dégénérer en un régime militaire fasciste. Nous n'en sommes nullement étonnés, car c'est là une conséquence de la voie de trahison que suivent les chefs de file révisionnistes soviétiques. Cette politique de trahison a eu pour effet que les satellites de l'Union soviétique luttent maintenant pour se soustraire à sa tutelle. Les choses en sont arrivées au point que les traîtres du Kremlin n'arrivent plus à tenir en bride leurs vassaux que par la menace des armes.
Si les révisionnistes soviétiques s'attachent à maintenir sous leur tutelle leurs satellites, de la Pologne et de la Tchécoslovaquie à la Bulgarie, c'est en premier lieu pour assurer leurs propres frontières. C'est ce qui explique pourquoi ils ont installé leurs troupes d'occupation dans tous ces pays, à part la Roumanie. Ils ont cependant massé des divisions entières aux frontières de cette dernière; quant à la Tchécoslovaquie ils y ont dépêché des dizaines de divisions.
Les révisionnistes soviétiques s'imaginent que le seul moyen de maintenir sous leur coupe les -rebelles» est l'occupation militaire. Par cette ligne de conduite ils ne font qu'alourdir leur fardeau. Cette attitude a suscité la haine des peuples de tous ces pays. On le constate très clairement en Tchécoslovaquie, où les militaristes fascistes soviétiques se sont mis dans une situation très difficile, car ils voient s'affirmer une résistance passive toujours plus sérieuse. Cette résistance est organisée à la fois par la bourgeoisie, pour ses propres intérêts, et par le peuple patriote et les révolutionnaires. On observe aussi parfois quelque velléité de résistance armée.
Lorsqu'ils ont affaire à des situations extrêmement critiques, comme ce fut le cas en Tchécoslovaquie, les révisionnistes soviétiques n'hésitent pas à alter jusqu'à intervenir militairement et à démettre des postes de direction tous ceux qui .n,e les servent pas aveuglément, pour les remplacer par des vassaux plus obéissants. C'est ce qu'ils ont fait avec Dubcek qu'ils ont remplacé par Husak. Mais, demain, ils peuvent évincer à son tour Husak et lui substituer Strugal, qui est un traître comme les deux autres. Malgré tout, les renégats de Moscou ne parviendront pas à stabiliser la situation en Tchécoslovaquie, car la résistance du peuple tchécoslovaque croîtra de jour en jour.
Le cours des événements en Tchécoslovaquie a fait que les dirigeants révisionnistes qui dominent dans tous les pays de «démocratie populaire» ont pris peur des Soviétiques. Après l'occupation de la Tchécoslovaquie, ceux-ci sont en train d'exercer une forte pression sur les Roumains. Les dirigeants roumains sont des révisionnistes fieffés, mais ils ne sont pas agressifs. ils se contentent de paroles.
Tout d'abord. les dirigeants révisionnistes roumains ne sont pas courageux, comme ils cherchent à le paraître. Si aujourd'hui ils adoptent une attitude antisoviétique, c'est parce qu'actuellement ils profitent des difficultés que les événements de Tchécoslovaquie ont créées aux traîtres khrouchtchéviens. A nos yeux, la Roumanie est en ce moment pour les dirigeants révisionnistes soviétiques le point le plus délicat, et c'est pour cela qu'ils cherchent à soumettre les Roumains, à réduire la relative résistance que ceux-ci leur opposent.
Les Roumains défendent leur patrie non pas en socialistes mais en nationalistes. ils défendent leur patrie contre les social-impérialistes soviétiques à partir de positions non pas marxistes-léninistes. mais nationalistes, parce qu'ils savent que les révisionnistes soviétiques sont très dangereux et se rendent clairement compte de ce qui se produirait en Roumanie si les Soviétiques y pénétraient.
La question qui se pose avant tout est celle de savoir si les Roumains opposeraient ou non une résistance. dans le cas où les troupes soviétiques interviendraient dans leur pays. A cette heure, on ne saurait se prononcer, mais ce dont nous sommes sûrs, c'est que les Soviétiques s'efforcent de convaincre la direction roumaine d'accepter que les manœuvres des troupes du Pacte de Varsovie aient lieu sur le territoire de la Roumanie. La seule difficulté pour eux c'est d'y mettre les pieds, parce qu'une fois dans la place il va sans dire qu'ils y resteront, et c'est pour cela que les Roumains résistent. En paroles, ceux-ci se déclarent membres du Pacte de Varsovie, mais ils ne veulent pas que les manœuvres aient lieu sur leur propre territoire, alors que les Soviétiques insistent beaucoup dans ce sens. Ils invitent les Roumains à participer aux manœuvres de ce Pacte qui se déroulent dans les autres pays, mais les Roumains s'y dérobent, car ils savent qu'on leur demandera ensuite qu'elles aient lieu sur leur propre territoire.
A leur dernier congrès tenu récemment, les Roumains ont chassé de la direction tous les pro soviétiques. Cela prouve que la situation là-bas n'est pas stable, que les Roumains subissent la pression constante des Soviétiques.
Nous avons suivi attentivement la visite que le président des Etats-Unis Richard Nixon a faite au début de ce mois en Roumanie. Les Roumains, par cette visite. se sont efforcés d'intimider les Soviétiques. Mais Nixon défendra-t-il réellement la Roumanie? On a du mal à le croire, parce que les USA ont conclu de nombreux accords et alliances. secrets et ouverts. avec la direction révisionniste soviétique. et il est logique de penser que Nixon tient d'abord à ne pas se brouiller avec les Soviétiques.
Les Roumains entretiennent aussi des rapports avec Tito. Les révisionnistes soviétiques menacent également la Yougoslavie. Juste dans les journées où ils occupèrent la Tchécoslovaquie et se mirent à menacer la Roumanie et la Yougoslavie en concentrant de nombreuses forces non seulement dans les autres pays révisionnistes mais même en Bulgarie, nous avons publié* dans l'organe de notre Parti, le «Zëri i popullit», un article par lequel nous faisions savoir à tous les peuples du monde qu'en cas d'une attaque éventuelle des social-impérialistes soviétiques contre la Roumanie et la Yougoslavie, le peuple albanais se rangerait aux côtés des peuples roumain et yougoslaves. C'était une déclaration juste. Indépendamment des divergences idéologiques inconciliables qui nous opposent à Tito et au titisme, notre attitude a été bien accueillie tant par le peuple que par la direction yougoslave. Mais Tito craint-il une attaque des révisionnistes soviétiques? Non. Il ne croit pas pouvoir être attaqué de ce côté-là, mais, sous ce prétexte, il prend des mesures militaires efficaces pour renforcer ses positions en Yougoslavie. Tito craint que les khrouchtchéviens de Moscou, mettant à profit la situation difficile qui règne en Yougoslavie, ne le renversent de dedans.
La vérité est que la chaudière est en ébullition. Les contradictions entre les diverses nationalités constituant ce pays se sont exacerbées: les Serbes se sont lancés contre les Croates. ceux-ci contre les Slovènes. les Slovènes contre les Serbes, les Monténégrins contre les Macédoniens, les Serbes contre les Albanais, etc. Brejnev connaît ces graves contradictions existant entre les diverses nationalités de l'Etat yougoslave; c'est précisément cela que Tito redoute; et il prend des mesures pour renforcer la situation intérieure. En même temps, il dit aux révisionnistes soviétiques qu'il comprend très bien leur attitude.
Je suis certain que Tito combattra contre tous ceux qui tenteront d'attaquer la Yougoslavie. Par les mesures qu'il prend, il montre aux brejnéviens qu'il se battra. Par ailleurs il avertit ses adversaires de l'intérieur de rester sages, de ne pas bouger, parce qu'il dispose de forces importantes qu'il utilisera contre tous ceux qui oseront se dresser contre lui. Tito estime donc qu'il pourra faire d'une pierre deux coups, consolider d'abord ses positions politiques dans le pays, et en même temps mobiliser le peuple yougoslave contre une agression éventuelle venant des révisionnistes soviétiques.
C'est pour cette raison que notre déclaration a plu à Tito. Et nous-mêmes avons intérêt à ce qu'il s'oppose, si jamais Brejnev le lui demande, au passage des troupes soviétiques d'agression par la Yougoslavie, pour attaquer l'Albanie. Nous pouvons affirmer avec certitude que Tito ne permettra pas que les troupes soviétiques pénètrent en Yougoslavie.
Dans ce pays vivent environ un million et demi d'Albanais, à l'égard desquels Tito a commencé à adopter une attitude plus mesurée; en leur accordant certains droits comme celui d'arborer leur drapeau national, etc. Pourquoi fait-il maintenant ces concessions aux Albanais de Kosove? Parce que , la situation à l'intérieur ne lui est pas favorable. En Yougoslavie les contradictions entre les diverses nationalités se sont beaucoup durcies. Le danger extérieur d'une intervention des révisionnistes soviétiques venant encore aggraver cet état de choses, Tito a été obligé de faire des concessions aux Albanais de Kosove, qui, profitant de ces conditions, luttent et font pression pour la reconnaissance de leurs droits.
Nous ne savons pas si la Yougoslavie sera attaquée ou non. Si elle n'est pas attaquée par les révisionnistes soviétiques, cela sera tout à notre avantage, mais même si elle l'est, les agresseurs auront à affronter la résistance des peuples yougoslaves avant de nous attaquer. Si les khrouchtchéviens font une pareille tentative, Tito les frappera. Mais même s'il capitule, nous sommes résolus à faire face à toute attaque éventuelle de la part des révisionnistes soviétiques. Nous sommes préparés pour toutes les éventualités et nous sommes en mesure d'affronter toute agression. C'est pourquoi l'occupation de l'Albanie n'est pas une affaire aussi facile qu'on pourrait le croire. Nous sommes préparés également à faire face à une attaque éventuelle de la part de l'O.T.A.N. Quoi qu'il en soit, nous sommes convaincus que les révisionnistes soviétiques ne pourront pas agir contre notre pays aussi facilement qu'ils l'ont fait en Tchécoslovaquie, où ils n'ont rencontré aucune résistance. Il se peut que les Roumains non plus, s'ils sont attaqués, ne leur résistent pas, mais pour ce qui est du peuple albanais, ils savent bien qu'il leur opposera une puissante et ferme résistance.
D'autre part, notre pays revêt une grande importance stratégique pour l'O.T.A.N. également. C'est pourquoi si les révisionnistes soviétiques tentent d'attaquer l'Albanie, nous estimons que les pays membres de l'O.T.A.N. modifieront leur attitude à l'égard de l'Union soviétique. S'il est porté atteinte à ses intérêts dans cette région, l'O.T.A.N. ne restera pas les bras croisés, elle ne se contentera pas de regarder faire les Soviétiques, mais elle les mettra en garde contre toute attaque éventuelle de l'Albanie, s'ils ne veulent pas que les pays membres de cette organisation leur déclarent la guerre. Nous considérons que l'O.T.A.N., pour la défense de ses propres intérêts, ne laissera pas les révisionnistes soviétiques attaquer notre pays sans réagir. Mais même si cela se produit, nous n'avons pas peur, parce qu'avant tout nous avons un peuple organisé et armé. Ceux qui oseront attaquer notre pays trouveront difficile, sinon impossible, de l'emporter.
Pour .attaquer l'Albanie, les armées des traîtres révisionnistes soviétiques doivent passer par la Yougoslavie. Cela leur sera difficile, car, sachant bien qu'ils ont affaire avec un peuple résolu, il leur faudra engager à la fois dans cette attaque des milliers d'avions de combat. De quelle autre direction pourraient-ils nous attaquer? Pour arriver en Albanie, ils peuvent passer aussi par la Grèce ou par l'Adriatique. Nous avons bien fait nos calculs pour toutes les éventualités. De quelque côté que les ennemis pensent nous attaquer, aujourd'hui ou demain, nous sommes préparés à leur faire face. Les révisionnistes soviétiques le savent bien, ils connaissent bien notre tête et ils connaissent aussi la tête des Yougoslaves.
D'après ce que nous lisons et ce que nous entendons d'autres sources, les révisionnistes soviétiques, constatant que Tito ne les craint pas, ont commencé à changer de tactique à son égard, ils se sont mis à le prendre par la douceur. Il faut en voir un .signe, entre autres, dans la visite que le ministre soviétique des Affaires étrangères, Gromyko, a décidé de faire très prochainement en Yougoslavie, à l'invitation du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de ce pays.
De tout cela il ressort que la situation des révisionnistes soviétiques n'est pas brillante, que les gens partout dans le monde ont commencé à comprendre les choses telles qu'elles sont. Aujourd'hui les temps sont révolus où les grands agissaient à leur guise.
Les potentats du Kremlin ont montré une nouvelle fois leur vrai visage sur la question du Proche-Orient, au moment de la guerre d'Israël contre les pays arabes. Actuellement des Israéliens se sont installés sur l'une des rives du canal de Suez, mais les révisionnistes soviétiques aussi se sont introduits en Egypte. Il n'y a pas longtemps encore, les flottes américaine, italienne et française étaient seules à croiser en Méditerranée alors qu'aujourd'hui cette mer est sillonnée aussi par une autre flotte puissante, la soviétique, qui a établi ses bases en Egypte, en Syrie et ailleurs.
Les révisionnistes soviétiques se sont donc installés en Méditerranée, ils ont en main le Caire et tous les ports d'Egypte. Ils contrôlent l'économie et l'armée de ce pays et au fond la politique même d e N,asser. Il en va de même de certains autres pays arabes.
Comment la question du Proche-Orient sera-telle résolue? Nous considérons que ce problème ne pourra pas être résolu par des négociations. La seule solution c'est le retrait des impérialistes américains et des révisionnistes soviétiques des pays de cette zone.
Que se passera-t-il si les Américains ordonnent à Israël de se retirer du canal de Suez? Ce canal resterait alors entre les mains des révisionnistes soviétiques. Mais cela n'est pas dans l'intérêt des impérialistes américains. Nous connaissons bien la grande importance de ce canal. Si les Américains parviennent à gagner Nasser à eux, celui-ci cherchera à chasser les forces soviétiques d'Egypte. La situation au Proche-Orient est donc sérieuse. La seule voie vers la solution du problème de cette zone c'est la lutte résolue des peuples arabes contre les révisionnistes soviétiques et les impérialistes américains. Nous n'en voyons pas d'autre.
Jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'Union soviétique, en tant que premier pays socialiste au monde, était encerclée d'Etats capitalistes et ne pouvait avoir accès à la Méditerranée, que par la mer Noire alors qu'actuellement la situation n'est plus la même. A présent, des révisionnistes soviétiques ont leur propre flotte dans la Méditerranée. Dans ces conditions et en cas de conflit, les opérations seront engagées dans la Méditerranée avant de passer dans la mer Noire, parce que c'est là que se trouve une partie de la puissante flotte soviétique. Du fait de l'apparition de cette flotte dans la Méditerranée, la Grèce est prise dans un étau, entre cette flotte, d'un côté, et la Bulgarie, de l'autre. Aussi les impérialistes américains et les dirigeants de l'O.T.A.N. font-ils l'impossible pour consolider la situation en Grèce, et ne pas perdre cette base importante...
Devant une situation si compliquée, nous devons donc nous préparer, être prêts, ne jamais affaiblir notre vigilance ni notre défense militaire, bien que nous ne soyons pas seuls. Avec nous sont tous les peuples révolutionnaires, les peuples que nos camarades marxistes-léninistes préparent partout pour :la révolution.
Toutefois, dans la situation que nous sommes en train de traverser, il nous incombe à nous et á tous les marxistes-léninistes du monde de rassembler nos forces pour prévenir toute mauvaise surprise.
Nous apprécions le travail révolutionnaire mené en France et nous savons bien que la situation n'y est pas facile pour les marxistes-léninistes. Ceux-ci auront encore pendant longtemps à affronter de grandes difficultés. La France est un pays qui ne vient pas de sortir de l’œuf, comme nous, Albanais, avons coutume de dire; elle a une histoire révolutionnaire. mais elle a aussi une histoire réactionnaire. La France est dotée dune très riche expérience révolutionnaire, mais. il s'y est accumulé par ailleurs une très grande expérience réactionnaire, aussi l'expérience des autres partis est-elle indispensable pour vous comme pour tous. Pourquoi nous rencontrons nous? Pour échanger notre expérience. Mais est-ce que nous vous disons de nous imiter? Ou bien nous conseillez-vous de suivre votre exemple? Non! Nous, marxistes, n'agissons par ainsi, car ce ne serait par une juste façon d'agir. Les marxistes-léninistes doivent bien connaître et appliquer judicieusement les principes du marxisme-léninisme, qui sont identiques pour tout le monde et valables aujourd'hui comme ils le seront demain, indépendamment du fait qu'ils sont appliqués différemment dans des pays différents, selon les conditions, les caractéristiques et la situation réelle de chacun d'eux.
Vous, en France, vous avez eu vos féodaux. mais nous aussi avons eu les nôtres. Mais qu'étaient nos féodaux en comparaison des vôtres? Des mouches. Nos féodaux possédaient, certes, de riches demeures, mais les vôtres avaient des châteaux forts. Les féodaux de France étaient de puissants seigneurs qui ne dépendaient même par du roi, tandis que les nôtres n'étaient par aussi puissants. Nous avons eu aussi une bourgeoisie, mais qu'étai telle par rapport à la vôtre? Nos beys et notre bourgeoisie ont été liquidés. Quant à vous, vous avez connu toutes les étapes de l'évolution sociale sauf celle du socialisme. Chez vous ont eu lieu des révolutions, des luttes paysannes, la révolution bourgeoise de 1789, la fameuse Commune de Paris. Votre sol a été le théâtre de guerres impérialistes et guerres de partisans, etc., mais en France la bourgeoisie, les barons, les nobles sont encore debout. Nos conditions ont donc été tout à fait différentes des vôtres, aussi le marxisme-léninisme ne pourrait il pas être appliqué dans votre pays de la même manière que dans le nôtre, ou que dans un autre pays aux conditions différentes des vôtres. Les marxistes-léninistes se heurtent, certes, à de grandes difficultés, mais nous sommes convaincus que celles-ci les ont trempés et les trempent toujours plus et qu'ils parviendront à les surmonter.
Au début de notre lutte, nous n'étion,s qu'une poignée, mais nous avons vaincu parce q ue nous avons appliqué rigoureusement les principes marxistes-léninistes dans les conditions concrètes de notre pays. Dans notre travail et dans notre lutte, nous nous sommes fondés aussi sur l'expérience de l'Union soviétique. qui est le premier pays à avoir fait la révolution socialiste. Pour nous comme pour les autres, l'exemple de l'Union soviétique constitue une précieuse expérience. En nous y appuyant et en l'adaptant aux conditions de notre pays, nous avons combattu et nous avons réussi à vaincre. Vous-mêmes pouvez tirer quelque profit de la modeste expérience de notre Parti, de même que nous pouvons profiter de l'expérience du vôtre.
La question essentielle c'est que les marxistes-léninistes luttent et se gagnent la confiance des maser. qu'ils renforcent les liens qui doivent exister entre leurs partir et leurs peuples. Quand on a le soutien du peuple, on a les pieds bien plantés dans le sol, c'est seulement alors qu'on peut espérer vaincre.
Ce qui est donc fondamental pour les partis marxistes-léninistes c'est de nouer des liens avec les masses du peuple. Ces liens deviennent encore plus indispensables lorsque le parti travaille et lutte dans des conditions de clandestinité. A la différence de ce qu'il en est quand le peuple sait que vous êtes communistes, quand celui-ci ne vous connaît pas en tant que tels, le parti doit penser à trouver les formes d'action susceptibles de créer ces liens entre lui et le peuple. Cela n'est réalisable que lorsque la politique du parti reflète les aspirations, les idées et les conceptions du peuple. Nous avons dit dès le début que nous devons avoir .un parti qui pénètre dans le peuple, écoute sa voix et ses aspirations et lutte jusqu'au bout pour les réaliser. C'est parce que nous avons pensé et agi ainsi au cours de la Lutte antifasciste de libération nationale que le peuple a nourri et vêtu les communistes illégaux et les partisans, et qu'ils les a défendus comme ses proches.
Il existe en France des partis bourgeois et révisionnistes dotés d'anciennes traditions et d'une grande expérience, qui empêcheront les marxistes-léninistes d'agir librement. Ils les combattront et s'efforceront de détruire tous les partis que mettront sur pied les marxistes-léninistes.
Afin d'avoir un parti lié au peuple et d'appliquer la ligne de masse, les cadres du parti à la base doivent être capables de recueillir les idées du peuple et de les transmettre à la direction. Mais ce n'est pas là chose facile, car il faut avant tout que les cadres soient idéologiquement et politiquement
bien formés et préparés à pouvoir répondre aux exigences de l'époque.
Pour que notre parti soit fort, il lui faut affronter les problèmes essentiels, ne pas se couper des masses et ne pas s'opposer à elles.
Sous Quelle forme doivent être établis les liens entre le parti et les masses? Chaque parti Pense lui-même à trouver les formes les plus appropriées. Le Parti bolchevik de Lénine, avant la révolution, et le Parti communiste Français, à l’époque de l'occupation allemande, ont adopté comme forme d'organisation -celle des cellules à trois membres. Nous, par exemple, au cours de notre lutte, nous n'avons pas pratiqué ce type de cellules, et malgré nos conditions de clandestinité, chacune de nos cellules comprenait de cinq à six membres, La manière d'organiser les réunions de cellule doit être définie selon les conditions. Là où la réaction est plus puissante, l'organisation d'une cellule à bis membres est justifiable, mais là où elle l'est moins, la cellule peut en compter un plus grand nombre. En cette matière, nous disposons d'assez d'exemples de l'organisation de notre Parti au cours de notre Lutte antifasciste de libération nationale. Là où la réaction était puissante nous avions créé dÉs cellules plus réduites, ailleurs elles étaient plus grandes. Ainsi donc, le parti à la base doit être organisé selon les conditions concrètes dans lesquelles il opère.
Dans la création des cellules nous deVons avoir en vue deux dangers éventuels: si l'an crée des organisations de base étroites, des cellules à trois, les liens du Parti avec les masses seront rendus plus difficiles, alors que si elles sont trop élargies, elles risquent d'être découvertes et frappées pair l'ennemi. Aussi faut-il con sidérer la question et agir dans tous les cas en fonction des conditions du moment.
Le travail que doit mener le parti auprès de ses membres pour leur formation idéologique et politique est un autre problème très important. Ce que nous faisons aujourd'hui en cette matière, comparé à ce que nous avons fait dans le passé, marque une très grande différence. Les membres de notre Parti éprouvent une grande soif de s'instruire. ,Pour illustrer ce fait, il suffira de ne citer qu'un exemple. L'organe du Parti, le «Zëri i popullit», qui tirait naguère à 15 000 exemplaires, tire actuellement à 90 000 et il est lu avec un grand intérêt par les communistes et le peuple tout entier. La première édition de l'Histoire du Parti, malgré un tirage de 200 000 exemplaires, a été rapidement épuisée et cet ouvrage continue d'être demandé.
Le Parti marxiste-léniniste se lie aux masses à travers ses courroies de transmission. D'où pour lui la nécessité de se faire des alliés. Pour s'en s'assurer, il lui faut absolument mener une politique large afin de rassembler autour de lui les forces les plus démocratiques des divers courants qui jouent un certain rôle. Naturellement, il n'est pas question de discuter avec les anarchistes, mais même s'il s'avère nécessaire de discuter avec eux, il faudra leur dire ouvertement que nous sommes des communistes et leur montrer ouvertement les erreurs qu'ils commettent. Une telle façon d'agir permettra de rallier leurs meilleurs éléments, car même dans les groupes anarchistes, il y a des gens positifs qui ont été trompés.
Il est bien, à notre sens, que le p léniniste étende aussi son activité dans les milieux de membres du parti révisionniste et, par le travail qu'il mènera parmi ses rangs, qu'il le mine de dedans jusqu'à le détruire totalement. Mais pour atteindre ce but, il faut agir avec beaucoup de circonspection.
Au cours de notre Lutte de libération nationale. nous avons eu l'occasion de rencontrer même des dirigeants des organisations réactionnaires, mais personne ne nous l'a reproché, c'était là, de toute évidence, une question essentielle. Lors de la visite chez nous d'un camarade, dirigeant d'un parti marxiste-léniniste, je lui ai demandé pourquoi ils n'invitaient pas un grand professeur influent et ami de l'Albanie à faire partie de l'Association d'amitié avec notre pays. S'ils ne le font pas, c'est qu'ils considèrent le problème sous un angle sectaire, qu'ils ne comprennent pas correctement l'importance des alliés. Le professeur en question n'est pas un marxiste-léniniste, il n'approuve pas la politique de notre Parti, mais il n'en aime pas moins l'Albanie. Nous sommes sûrs que si notre pays est attaqué, il le défendra, en ami. Voilà donc qui concerne justement la question des alliés.
La presse également joue un rôle important dans la propagande du parti. Pour qu'elle produise l'effet requis, il lui faut publier, à part les articles principaux, des informations et surtout de celles qui proviennent de la base. C'est très important.
En publiant des informations de la base nous mettrons à la disposition des masses des matériaux intéressants qui répondent à leurs besoins et à leurs exigences.
Dans le cadre du travail des communistes auprès des masses il faut inclure également le travail dans l'armée. C'est là un problème qui requiert une attention et un soin particuliers...
Le mouvement marxiste-léniniste est confronté à une série de problèmes, dont entre autres celui du travail à mener par le Parti auprès des paysans. Afin de résoudre ce problème comme il convient. il lui faut agir avec une extrême pondération, discuter avec les paysans, leur faire entrevoir les perspectives qui s'ouvrent à eux s'ils suivent notre voie. Il faut leur expliquer ces choses de façon qu'ils nous comprennent et nous suivent.
Dans notre travail auprès des paysans nous avons été très attentifs; nous avions soin de ne pas léser leurs intérêts tout en répondant à leurs exigences. Nous avions présent à l'esprit que les paysans, comme l'a dit Lénine, ont une double nature.
Les paysans constituent une grande réserve pour la révolution. Nous avons utilisé leurs granges et leurs meules comme dépôts d'armes. c'est chez eux que se cachaient les cadres de notre Parti et les révolutionnaires marxistes-léninistes. Les paysans ont eux-mêmes intérêt à se trouver des alliés dans leur lutte. Les paysans pauvres surtout, sont la proie constante des gros requins, des capitalistes terriens, qui les exploitent.
Il faut donc rallier à soi les paysans, en les amenant à lutter pour que les frais de creusement des canaux d'irrigation, par exemple, soient à la charge de fonds d'Etat, pour qu'ils ne paient pas d’impôts, pour que l'assistance hospitalière et médicale ainsi que les médicaments leur scient dispensés gratuitement, comme c'est le cas en Albanie. Grâce à une propagande de ce genre, ou peut, par la suite, rallier petit à petit à soi les paysans, en leur inculquant les premiers éléments du socialisme.
J'espère que ces entretiens amicaux nous aideront dans la poursuite de notre action commune. Nous vous remercions infiniment encore une fois de cet échange de vues. si ouvert, si sincère et si important.
FIN