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Textes d'Enver Hoxha merci pour la copie de: www.communisme-bolchevisme.net |
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1985-2005 : Pour le 20ème anniversaire de la mort d’Enver Hoxha |
Sommaire des extraits : |
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Les superpuissances (A propos des divergeances franco-américaines - 1970) Les khrouchtchéviens - Souvenirs (Sur la succession de Staline.) Réflexions sur la Chine (Tome II) (Sur le caractère de la révolution chinoise.) |
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La situation internationale et les tâches du Parti Rapport présenté au Comité central du Parti du Travail d'Albanie, le 13 février 1957. Toute la campagne rageuse que les impérialistes et les révisionnistes ont déclenchée contre le communisme est menée dans son ensemble sous le couvert de la lutte contre le « stalinisme ». Aussitôt après le XXe Congrès du parti communiste de l'Union soviétique, les ennemis ont gonflé sans mesure les « erreurs » de Staline. Ils les ont claironnées à tout vent afin de discréditer les États socialistes, les partis communistes et leurs dirigeants ; pour semer le désarroi idéologique et la discorde dans le mouvement communiste international. A la faveur de cette campagne, les éléments droitiers et centristes ont partout relevé la tête. Ils ont engagé le combat avec ardeur contre les partis ouvriers sous des mots d'ordre trompeurs et antimarxistes. Ils ont appelé par exemple à la « démocratisation », à la « déstalinisation », à « l'indépendance nationale » au « bien-être du peuple », etc. Il s'agit en fait de combattre les directions marxistes-léninistes des partis et leur juste ligne. (...) Nous ne sommes pas d'accord avec tous ceux qui renient l'activité révolutionnaire de Staline dans son ensemble et le dépeignent sous les couleurs les plus sombres. Nous estimons qu'il doit être mis à sa véritable place. Staline, comme on sait, est un grand marxiste. Après Lénine, il a défendu le marxisme-léninisme contre tous ses ennemis, contre les révisionnistes. Il a apporté une contribution importante au développement de cette science. Il a eu de grands mérites dans la préparation et dans le développement de la révolution d'Octobre, dans la construction du premier État socialiste, dans la victoire historique sur les envahisseurs fascistes, dans la marche en avant du mouvement communiste et ouvrier international. Pour toutes ces raisons, Staline jouissait d'une grande autorité non seulement en Union soviétique mais aussi dans le monde entier. Sur les questions décisives, dans la défense des intérêts de la classe ouvrière et dans le combat pour la théorie marxiste-léniniste, dans la bataille contre l'impérialisme et les autres ennemis du socialisme, il a constamment mené une juste lutte. Il était et demeure un exemple. Je tiens à souligner que les dirigeants yougoslaves mènent un grand tapage contre Staline à propos du culte de la personnalité, mais ils le pratiquent chez eux, et de la façon la plus criante. Bakaric, membre du Comité exécutif de la Ligue des communistes de Yougoslavie [Le Comité exécutif de la Ligue des communistes yougoslaves correspond à peu près au Bureau politique du parti communiste français ou, chez les Italiens, à la Direction du Comité central.], dans un article écrit à l'occasion de l'anniversaire de Tito, est allé jusqu'à dire que les œuvres « marxistes » de Tito, dans leur ensemble, peuvent seulement être comparées aux meilleurs écrits de Marx, Engels et Lénine. En d'autres termes, Tito se situe au-dessus de Marx, Engels et Lénine ! Les dirigeants et la presse yougoslaves attaquent bruyamment le « culte de la personnalité » de Staline, non pour défendre les principes marxistes-léninistes, mais pour discréditer le système socialiste et les dirigeants authentiques des partis communistes, pour réviser le marxisme-léninisme et frayer la voie au « socialisme yougoslave ». La question de l'œuvre de Staline est importante : après Lénine, il a été durant trente ans à la tête du Comité central du parti communiste de l'Union soviétique. Il a été le guide politique de l'U.R.S.S. et du mouvement ouvrier international. Les ennemis, en le couvrant de boue, ne visent pas tant sa personne que l'Union soviétique. Ils cherchent à la discréditer comme le système socialiste et le mouvement communiste international, et, par conséquent, à saper la foi des travailleurs dans la révolution. Dans le discours prononcé à Pula en novembre 1956, Tito a déclaré : « Nous avons dit dès le début qu'il ne s'agit pas seulement du culte de la personnalité, mais du système qui a permis l'apparition de ce culte. C'est en lui que se trouvent les racines du mal, c'est lui qu'il faut frapper avec le plus de persévérance et de force. » Ainsi donc, selon les dirigeants yougoslaves, le culte de la personnalité a été engendré par le système soviétique. Par conséquent, ce système doit être révisé (sinon renversé) pour être remplacé par le régime « démocratique yougoslave ». On sait à quel moulin va cette eau : les idéologues de la bourgeoisie n'ont rien épargné pour montrer que les « erreurs » de Staline sont le produit nécessaire du système soviétique, que ce système est une « erreur », une « expérience manquée » et que les travailleurs doivent par conséquent renoncer au socialisme et œuvrer pour le « capitalisme populaire ». [« Le capitalisme populaire » était alors l'idéologie de collaboration de classes la plus répandue aux États-Unis. Elle prêchait l'extinction de la lutte des classes, la diffusion d'actions, c'est-à-dire de valeurs cotées en Bourse, parmi les ouvriers. Le Vatican a vanté cette doctrine réactionnaire dans des Encycliques comme Mater et magistra.] Ces prétentions mensongères ont été rejetées par toute l'histoire du développement du système soviétique. C'est lui qui a assuré à l'U.R.S.S. des succès colossaux. C'est lui qui a surmonté victorieusement les épreuves les plus dures de l'histoire. C'est lui qui apparaît comme un éclatant exemple du bon combat aux yeux de tous les travailleurs en lutte pour se libérer et construire une vie meilleure. Les dirigeants yougoslaves et tous les révisionnistes s'abritent derrière le drapeau de la lutte contre le « stalinisme » pour mieux régler leur compte à tous leurs adversaires. Leur méthode est simple : ils qualifient les justes thèses marxistes-léninistes de « dogmatisme stalinien ». Les partis communistes et leurs dirigeants fidèles au marxisme-léninisme sont déclarés « staliniens ». La structure de l'État et le régime économique de nos pays sont traités de « bureaucratisme stalinien ». Bien entendu, tout ce qui est « stalinien » doit être liquidé et remplacé par ce qui est « antistalinien ». La division des partis et des communistes en « staliniens » et « antistaliniens », comme la guerre aux « staliniens » menée par les dirigeants yougoslaves, ont un but : la scission du mouvement ouvrier. Se fondant sur les erreurs et les insuffisances qu'ils attribuent à Staline, les titistes nient tous les succès remportés par l'Union soviétique, les démocraties populaires et les partis communistes au cours de ces dernières années. Ils disent que les États socialistes et le mouvement communiste international sont en crise parce qu'ils souffrent du « stalinisme ». Ils proposent comme issue « la voie yougoslave d'édification du socialisme ». Ils affirment que la Yougoslavie, parce qu'elle s'est détachée en 1948 du camp socialiste, a échappé au « stalinisme ». Et ils expliquent par là qu'elle seule ait trouvé la « juste voie » de construction du socialisme, qui doit maintenant servir d'exemple à tous les pays. On fait grand bruit autour du « socialisme yougoslave » pour le présenter comme pur de toute erreur et comme le seul modèle acceptable et même possible de construction du socialisme dans tous les pays. Mais qu'en est-il en réalité ? La voie « yougoslave » a-t-elle montré quelque supériorité ? Au contraire, les dirigeants yougoslaves eux-mêmes admettent les sérieuses faiblesses du régime social et surtout de l'économie du pays. Nous savons bien quel type de « démocratie » l'U.D.B. [Police politique secrète yougoslave.] assure aux travailleurs yougoslaves. Les dirigeants de Belgrade eux-mêmes ont reconnu que la Ligue des communistes de Yougoslavie présente de sérieux symptômes de désagrégation depuis la directive qui tend à limiter le Parti à un rôle purement éducatif. D'autre part, ils posent la question décisive de la réorganisation de la production, base sur laquelle repose l'ensemble de la société. Les titistes parlent beaucoup de la réforme de l'économie yougoslave. Mais quels résultats celle-ci a-t-elle donnés ? Selon les informations officielles de Belgrade, la productivité du travail en Yougoslavie est inférieure à celle de 1939. L'indice des prix de détail s'est élevé de 27 % par rapport à 1952. Dans la campagne, l'économie individuelle prédomine. La réorganisation des coopératives agricoles, réalisée de 1953 à 1955, n'en a laissé que 896 sur 4192. En 1952-53, 358 000 hectares de terres seulement sont restés en friche, en 1955-56, cette étendue s'est élevée à 575 000 hectares. La production de céréales n'atteint pas le niveau d'avant-guerre. Il en manque 600 à 650 000 tonnes par an pour faire face aux besoins de la population. L'économie yougoslave dépend dans une grande mesure des secours accordés par les États-Unis d'Amérique, soit une aide importante d'un milliard deux cent millions de dollars. Si les impérialistes américains ont accordé ces subventions considérables à la Yougoslavie, ce n'est assurément pas pour participer à la construction du socialisme. Peut-on penser, en effet, que l'impérialisme puisse contribuer à édifier un régime nouveau donc à creuser plus vite sa propre tombe ? Ou qu'entre plusieurs voies du socialisme, il choisisse de soutenir la meilleure ?
JETONS PAR-DESSUS BORD LES THESES REVISIONNISTES DU XXe CONGRES DU PARTI COMMUNISTE DE L'UNION SOVIETIQUE ET LES POSITIONS ANTIMARXISTES DU GROUPE DE KHROUCHTCHEV ! DEFENDONS LE MARXISME-LENINISME ! Discours prononcé à la réunion des 81 partis communistes et ouvriers à Moscou Le 16 novembre 1960 EDITIONS NAIM FRASHËRI Tirana, 1969
AVANT-PROPOS Dans son intervention à la Conférence des 81 partis communistes et ouvriers tenue à Moscou en novembre 1960, le camarade Enver Hoxha procéda à une analyse complète des principaux problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et défendit fermement le marxisme-léninisme. Ce discours constitue un des maillons essentiels dans la lutte de principe qu'a menée le Parti du Travail d'Albanie pour démasquer le révisionnisme moderne et renforcer l'unité du mouvement communiste et ouvrier international. Le Parti du Travail d'Albanie engagea la lutte contre les points de vue révisionnistes de la direction soviétique khrouchtchévienne dès le lendemain même du XXe Congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Si le Parti du Travail d'Albanie n'avait pas, au début, mené cette lutte directement et de façon déclarée, il n'en avait pas moins fait part au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique de toutes ses réserves et oppositions à ces points de vue. Soucieux de ne pas fournir une arme aux ennemis du communisme, le Parti du Travail d'Albanie s'appliquait par tous les moyens à ne pas rendre publiques ses divergences avec le Parti Communiste de l'Union Soviétique. D'autre part, encore dans l'ignorance des véritables desseins nourris par le groupe de Khrouchtchev, il cherchait à aplanir les divergences surgies, par des négociations et des consultations 'empreintes d'un esprit de camaraderie. Tout en observant une attitude de principe, il espérait que les dirigeants soviétiques se rendraient compte de leurs erreurs et regagneraient la juste voie. Mais de jour en jour, le Parti du Travail d'Albanie discernait plus nettement le véritable visage de traître des révisionnistes soviétiques. Plus leur trahison était mise au jour, plus le Parti du Travail d'Albanie accentuait l'âpreté et l'intransigeance de sa lutte contre le révisionnisme khrouchtchévien, pour le stigmatiser et le réduire à néant. A la Rencontre de Bucarest qui eut lieu en juin 1960, le Parti du Travail d'Albanie prit ouvertement la défense des principes marxistes-léninistes et annihila les tentatives des révisionnistes khrouchtchéviens d'organiser un dangereux complot contre le Parti Communiste Chinois et l'ensemble du mouvement communiste international. Après la Rencontre de Bucarest, la direction révisionniste soviétique s'en prit farouchement au Parti du Travail d'Albanie, afin de le contraindre à se solidariser avec sa propre ligne et son activité scissionniste. Dans les conditions ainsi créées, le Parti du Travail d'Albanie se convainquit encore davantage qu'il lui fallait défendre avec le plus grand courage et la plus grande fermeté sa position de principe sur toutes les questions fondamentales du mouvement communiste international. C'est précisément ce qu'il fit à la Conférence de Moscou qui se tint en novembre 1960. Dans le discours qu'il prononça à cette Conférence, le camarade Enver Hoxha exposa ouvertement, franchement, et avec une hardiesse marxiste-léniniste le point de vue de principe du Parti du Travail d'Albanie sur les principaux problèmes du mouvement communiste international, à propos desquels avaient surgi des divergences, et critiqua sévèrement le groupe révisionniste de N. Khrouchtchev tant pour ses vues et ses actions erronées antimarxistes, que pour ses actes d'ingérence dans les affaires intérieures du Parti du Travail d'Albanie, de même que pour les brutales attaques qu'il avait déclenchées contre lui. Le Parti du Travail d'Albanie formulait cette ferme critique de principe à l'adresse de la direction soviétique afin de préserver l'unité du mouvement communiste international et du camp socialiste, car l'unité ne peut être sauvegardée sans mettre à nu les erreurs et les pratiques étrangères à l'idéologie marxiste-léniniste, sans les dénoncer sévèrement et sans les corriger sur des bases marxistesléninistes. A la Conférence de Moscou, les révisionnistes khrouchtchéviens firent tout leur possible pour éluder la critique de leurs points de vue révisionnistes et de leur activité scissionniste, mais en vain. A la suite de la ferme position de principe prise par le Parti du Travail d'Albanie sur tous les problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et de l'intervention de la délégation chinoise, les représentants de tous les partis participant à la réunion se virent contraints de faire connaître d'une manière ou d'une autre leur attitude. Dans ces circonstances, les révisionnistes s'efforcèrent de détourner l'attention des participants des problèmes de principe, et de se servir de cette conférence comme d'une tribune pour y lancer leurs basses attaques contre le Parti du Travail d'Albanie et le Parti Communiste Chinois. Mais cette tentative échoua également. L'attitude de principe, internationaliste du Parti du Travail d'Albanie pour la défense du marxisme-léninisme et de l'unité du mouvement communiste international fut soutenue par le Parti Communiste Chinois et par nombre de délégations d'autres partis. Les révisionnistes khrouchtchéviens se virent contraints de battre en retraite. Le discours du camarade Enver Hoxha constituait une importante contribution à l'heureux aboutissement de la Conférence de Moscou. Grâce à la lutte résolue du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail d'Albanie et de certains autres partis, la Conférence de Moscou approuva la Déclaration des Partis Communistes et Ouvriers. Certes, celle-ci comportait également certaines appréciations mal fondées ainsi que des thèses erronées, sur lesquelles le Parti du Travail d'Albanie avait des vues totalement opposées, qu'il avait exprimées ouvertement au cours de la conférence même. Néanmoins, la délégation du Parti du Travail d'Albanie signa la Déclaration en se basant sur le fait que, dans les grandes lignes, le fond en était juste. Cependant, si, dans l'intérêt de l'unité, le Parti du Travail d'Albanie fit des concessions sur des questions secondaires, il n'en consentit aucune sur les questions essentielles touchant les principes fondamentaux du marxisme-léninisme. Le Parti du Travail d'Albanie estimait que l'unité au sein du mouvement communiste international pouvait être établie si chaque parti appliquait fidèlement la Déclaration. Les divergences, selon lui, ne pourraient être éliminées qu'en respectant les normes qui doivent régir les rapports entre partis marxistesléninistes, sans faire publiquement connaître ces divergences aux ennemis. C'est pour cette raison, notamment, que le Parti du Travail d'Albanie ne rendit pas public, à l'époque, le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou, et qu'il lutta résolument pour l'application de la Déclaration qu'il avait lui-même approuvée. Le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou montre clairement que la lutte du Parti du Travail d'Albanie, bien que déjà ouvertement engagée, n'avait pas encore pris l'ampleur et la profondeur qu'elle devait connaître par la suite, en tant que conséquence logique de l'exacerbation de la lutte entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme moderne, et du fait de la dégénérescence de la direction révisionniste soviétique en une bande de renégats et de traîtres au socialisme. Ce document porte d'un bout à l'autre l'empreinte de la période et des circonstances dans lesquelles il a été conçu. Il est publié ici dans sa teneur originale. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Chers camarades, Cette Conférence des partis communistes et ouvriers est d'une grande portée historique pour le mouvement communiste international, du fait qu'elle procède à une analyse minutieuse de la situation politique internationale, qu'elle dresse le bilan des succès et des erreurs que nous avons pu enregistrer sur notre voie, qu'elle nous aide à définir plus clairement la ligne qu'il nous faudra suivre à l'avenir afin de remporter de nouveaux succès pour le plus grand bien du socialisme, du communisme et de la paix. L'existence du camp socialiste avec à sa tête l'Union Soviétique est désormais une réalité. Le mouvement communiste dans l'ensemble s'est élargi, renforcé et aguerri. Les partis communistes et ouvriers sont devenus dans le monde entier une force colossale qui conduit l'humanité en avant vers le socialisme et vers la paix. Comme le souligne le projet de déclaration élaboré, notre camp, le camp du socialisme, est bien plus fort que le camp de l'impérialisme. Le socialisme se renforce et grandit dé jour en jour, alors que l'impérialisme s'affaiblit, se décompose. Par tous les moyens dont nous disposons et de toutes nos forces nous devons nous employer à accélérer ce processus. Nous y parviendrons à la condition de demeurer indéfectiblement fidèles au marxisme-léninisme et de le mettre correctement en oeuvre. Sinon, nous ne ferons que freiner ce processus, car nous avons à affronter des ennemis féroces qu'il nous faut vaincre et réduire à néant, nous avons à affronter l'impérialisme, celui des Etats-Unis en tête. Nous voulons la paix, alors que l'impérialisme, lui, ne la veut pas et qu'il se prépare à une troisième guerre mondiale. Nous devons lutter de toutes nos forces pour éviter une nouvelle guerre et faire triompher dans le monde une paix juste et démocratique. Nous n'atteindrons ce but que lorsque nous aurons contraint l'impérialisme à désarmer. L'impérialisme ne déposera pas les armes de son propre gré. Croire à une telle possibilité revient à se leurrer soi-même et à duper les autres. Nous devons donc opposer à l'impérialisme la puissance colossale du camp socialiste, sa puissance économique, militaire, morale, politique et idéologique, et en même temps les forces unies des peuples du monde entier, afin de saboter de toutes les manières possibles la guerre que préparent les impérialistes. Le Parti du Travail d'Albanie n'a pas caché et ne cachera pas à son peuple cette situation et la menace que l'impérialisme fait peser sur l'humanité éprise de paix. Nous pouvons vous assurer que le peuple albanais qui hait la guerre, n'a pas été troublé par cette franche mise en garde lui venant de son Parti; il n'est pas tombé dans le pessimisme, et n'a pas non plus marqué le pas en ce qui concerne la construction du socialisme. Il voit clairement ses perspectives d'avenir et travaille avec une entière confiance, sans jamais relâcher sa vigilance, en tenant d'une main la pioche et de l'autre le fusil. Notre point de vue est que l'impérialisme, l'impérialisme américain en tête, doit être démasqué sans merci, politiquement et idéologiquement, et qu'en aucun cas les flatteries, les cajoleries à l'égard de l'impérialisme ne sont admissibles. Nous ne pouvons lui faire aucune concession de principe. Les tactiques et les compromis de notre part doivent, pour être admissibles, aider notre cause et non pas celle de l'ennemi. Devant un ennemi féroce, la garantie de la victoire de notre cause réside dans notre unité parfaite, qui sera assurée en éliminant les profondes divergences idéologiques surgies et en basant cette unité sur les fondements du marxisme-léninisme, sur l'égalité, la fraternité, l'esprit de camaraderie et d'internationalisme prolétarien. Notre Parti estime que non seulement aucune faille idéologique ne doit nous diviser, mais que nous devons au contraire avoir une attitude politique unique sur toutes les questions. Notre tactique et notre stratégie, à l'encontre de nos ennemis, doivent être élaborées par tous nos partis et se fonder sur les principes marxistes-léninistes, sur de justes critères politiques adaptés aux situations concrètes et réelles. Le camp socialiste, ayant à sa tête la glorieuse Union Soviétique, est devenu une force colossale sous tous les aspects, par son potentiel économique et culturel, comme par son potentiel militaire. Nos succès, la force de notre camp, ont pour fondement la puissance morale, politique, économique, culturelle et militaire colossale de l'Union Soviétique. L'Union Soviétique a enregistré d'immenses succès dans l'industrie, l'agriculture, l'enseignement et la culture, dans les domaines scientifique et militaire. Ces succès constituent pour les autres pays du camp socialiste un appoint incommensurable qui les aide à remporter à leur tour de grands succès. Le projet de déclaration élaboré souligne à juste titre que la force immense et inépuisable du camp socialiste, l'Union Soviétique en tête, constitue le facteur décisif du triomphe de la paix dans le monde, que c'est une force morale, politique et idéologique qui inspire les peuples du monde luttant pour s'affranchir du joug des colonisateurs buveurs de sang, des griffes de l'impérialisme et du capitalisme, et qui par la grande force de son exemple et de l'appui économique qu'elle leur prête, aide et inspire les autres peuples à gagner la bataille pour s'affranchir complètement du capitalisme exploiteur. C'est pour cette grande raison que l'Union Soviétique et le camp socialiste sont devenus le coeur des peuples du monde entier et la source de leurs espérances, leur force, leur soutien moral, politique et économique, leurs défenseurs sûrs et dévoués contre les menaces des agresseurs fauteurs de guerre, américains, anglais, français, et de leurs alliés. Tous les peuples du monde aspirent à la liberté, à l'indépendance, à la souveraineté nationale, à la justice sociale, à la culture, à la paix, et ils luttent pour se les assurer. Ces aspirations sacrées ont été et sont étouffées par les capitalistes, les féodaux et les impérialistes; aussi est-il naturel que ces peuples mènent une lutte des plus âpres contre les capitalistes, contre les féodaux, contre les impérialistes. Il est également naturel que les peuples du monde se cherchent des alliés dans cette lutte pour l'existence qu'ils livrent à leurs bourreaux. Leurs grands, puissants et fidèles alliés sont seuls l'Union Soviétique et le camp socialiste. Aussi; dans la lutte pour la paix, pour le désarmement, pour le progrès social dans la monde, le camp du socialisme n'est pas seul face au camp impérialiste, mais allié étroitement à tous les peuples progressistes du monde, alors que les impérialistes, eux, se trouvent isolés face au camp socialiste. Nous vivons à une époque où l'on assiste à l'effondrement total du colonialisme, à la liquidation de ce fléau qui tendait à supprimer les peuples de la face du globe. Des Etats nouveaux voient le jour en Afrique, en Asie. Des pays où régnaient le capital, le fouet et le fusil, secouent le joug de la servitude, et les peuples prennent leur destin dans leurs propres mains. Cela s'est réalisé et se réalise grâce à la lutte de ces peuples et à l'appui moral que leur prêtent l'Union Soviétique, la, Chine populaire et les autres pays du camp socialiste. Des traîtres au marxisme-léninisme, des agents de l'impérialisme et des intrigants du type de Josip Broz Tito, s'efforcent de mille manières, en ourdissant des plans diaboliques, tels que la création d'uné troisième force, de désorienter les peuples et les jeunes Etats, de les détacher de leurs alliés naturels, de les lier directement à l'impérialisme américain. Nous devons tendre toutes nos forces pour réduire à néant les plans de ces valets de l'impérialisme. Nous assistons actuellement à la désagrégation de l'impérialisme, à sa décomposition, à son agonie. Nous vivons et nous luttons à une époque caractérisée par le passage irrésistible du capitalisme au socialisme. On voit se confirmer tous les enseignements géniaux de Marx et de Lénine, enseignements qui ne sont nullement surannés comme le prétendent les révisionnistes. L'impérialisme mondial essuie des coups sévères qui montrent clairement qu'il n'en est plus à son «âge d'or», lorsqu'il faisait la loi ou et quand il le voulait. Si l'initiative lui a maintenant échappé, il ne l'a pas abandonnée de gaîté de coeur. Cette initiative ne lui a pas été arrachée que par des mots ou des discours, mais à l'issue d'un long processus de révolutions et de combats sanglants, que le capitalisme a lui-même suscités contre le prolétariat, contre la force des peuples qui se dressaient pour détruire le monde de la faim et de la misère, le monde de la servitude. Cette page glorieuse a été ouverte par la grande Révolution socialiste d'Octobre, par la grande Union Soviétique, par le grand Lénine. Même maintenant qu'il sent venir la mort, qu'il voit se dresser devant lui des adversaires puissants et résolus, comme l sont le camp socialiste et sa grande alliance avec tous les peuples du monde, l'impérialisme mondial, l'impérialisme américain en tête, rassemble, organise et arme ses forces d'assaut. Il se prépare à la guerre. Qui ne voit pas cela, est aveugle. Qui le voit, mais le dissimule, est un traître au service de l'impérialisme. Le Parti du Travail d'Albanie estime qu'en dépit des difficultés auxquelles nous nous heurtons pour instaurer la paix dans le monde, réaliser le désarmement et régler les autres problèmes internationaux, il n'y a pas lieu d'être pessimistes. Seuls nos ennemis qui subissent défaite sur défaite peuvent et doivent être pessimistes. Nous avons été, nous sommes et nous serons victorieux, et c'est pourquoi nous avons été et restons optimistes, et nous sommes convaincus que nos efforts seront couronnés de succès. Nous estimons toutefois que l'optimisme excessif, non réaliste, loin d'être bénéfique, est même nuisible. Qui nie, qui minimise notre grande force économique, politique, militaire, morale, qui n'a pas foi en elle, celui-là est un défaitiste et ne mérite pas de porter le nom de communiste. Mais de même, qui est grisé par notre force, qui sous-estime l'adversaire, qui s'imagine, que l'ennemi a perdu tout espoir, qu'il est devenu inoffensif et entièrement à notre merci, celui-là n'est pas réaliste et ne fait que duper, endormir les gens, endormir les peuples, face à ces situations complexes et pleines de dangers, qui exigent de tous une très grande vigilance, qui exigent la montée du mouvement révolutionnaire des masses et non pas son déclin, son relâchement, sa désagrégation, et sa décomposition. Notre peuple fort expérimenté dit bien : «L’eau dort, mais l'ennemi est toujours en éveil.» Regardons les faits bien en face. L'impérialisme mondial, avec à sa tête son détachement le plus agressif, l'impérialisme américain, oriente soi. économie vers la préparation de la guerre. Il s'arme jusqu'aux dents. L'impérialisme américain -équipe l'Allemagne de Bonn. le Japon et tous ses alliés et satellites de toutes les armes existantes. Il a organisé et il perfectionne les organisations militaires d'agression, il a créé et il crée des bases militaires aux quatre coins du monde, tout autour du camp socialiste. Il augmente ses stocks d'armes nucléaires., il refuse de désarmer, il refuse de cesser les essais d'armes nucléaires, il travaille fébrilement à inventer de nouveaux moyens d'extermination massive. Et pourquoi fait-il tout cela? Pour préparer une partie de plaisir? Non! pour nous faire la guerre, pour anéantir le socialisme et le communisme, pour asservir les peuples. Le Parti du Travail d'Albanie estime que s'exprimer et juger différemment signifie se leurrer soi-même et duper les autres. Nous ne serions pas des communistes si nous perdions courage dans l'adversité. Nous, communistes, nous haïssons la guerre, et nous nous battrons jusqu'au bout pour annihiler les plans diaboliques et belliqueux qu'ourdit l'impérialisme américain, mais s'il nous déclare la guerre, nous devrons porter à l'impérialisme un coup écrasant pour qu'il soit balayé à jamais de la surface de la terre. Devant les menaces de guerre atomique que lance l'impérialisme mondial, conduit par l'impérialisme américain, nous devons être parfaitement préparés économiquement, politiquement, moralement, et militairement, pour faire front à toute éventualité. Nous devons chercher à éviter une guerre mondiale, car elle n'est pas inéluctable, mais nous serions impardonnables de nous bercer d'illusions et de nous laisser surprendre, car la loyauté a toujours été étrangère à nos ennemis; en eût-il été autrement, ils n'auraient pas été nos ennemis. Nos ennemis sont et resteront des ennemis, et des ennemis perfides. Qui se fie à l'ennemi perdra tôt ou tard la partie. Pour éviter la guerre, il nous faudra déployer de gros efforts, lutter par tous les moyens. La politique de l'Union Soviétique, de notre camp socialiste, a été et demeura une politique de paix. Toutes les propositions du gouvernement soviétique et de ceux de nos pays de démocratie populaire dans l'arène internationale, ont visé à la détente internationale, au règlement de toutes les questions demeurés en suspens par voie de négociations et non par la guerre. La politique pacifique de l'Union Soviétique et des pays du camp socialiste a beaucoup contribué à mettre à nu les visées agressives de l'impérialisme, à mobiliser les peuples contre les fauteurs de guerre, à intensifier leur glorieux combat contre les oppresseurs impérialistes et leurs instruments. L'exemple de l'héroïque Cuba, de la lutte du peuple japonais et des événements de Corée du Sud et de Turquie, témoignent, on ne peut mieux, de l'influence de cette politique. Néanmoins, de nombreux problèmes concrets mis sur le tapis, telles notamment les propositions sur le désarmement, sur une conférence au sommet, etc., n'ont pas été réglés, et leur règlement est systématiquement saboté par les impérialistes américains. Quelles conclusions devons-nous en tirer? Le Parti du Travail d'Albanie estime que l'impérialisme et, au premier chef, l'impérialisme américain n'a changé ni de peau, ni de nature. Il est agressif et il demeurera tel même s'il ne lui reste qu'une dent dans la gueule. Agressif par nature, il est capable de précipiter le monde dans une guerre. Aussi, pour notre part, ainsi que nous l'avons souligné à la commission de rédaction, nous insistons pour qu'il soit bien expliqué aux peuples qu'il n'y aura de garantie absolue contre une guerre mondiale que lorsque le socialisme aura triomphé dans le monde entier ou pour le moins dans la plupart des pays du monde. Les Américains ne cachent pas leur jeu; loin d'accepter de désarmer, ils intensifient leur armement, ils préparent la guerre, aussi devons-nous être vigilants. Nous ne devons faire aucune concession de principe à l'ennemi, ne nous faire aucune illusion sur l'impérialisme, car en croyant arranger les choses nous ne ferions que les aggraver. L'ennemi, non seulement s'arme et prépare la guerre contre nous, mais il mène aussi une propagande effrénée pour empoisonner et désorienter les esprits. Il dépense des millions de dollars pour stipendier des agents et des espions, des millions de dollars pour organiser dans nos pays des activités d'espionnage, de diversion et des attentats. L'impérialisme américain a donné et donne des milliards de dollars à ses fidèles agents, à la bande de traîtres de Tito. Toutes ces menées ont pour but d'affaiblir notre front intérieur, de nous diviser, de débiliter et de désorganiser nos arrières. On discute beaucoup de la question de la coexistence pacifique, et d'aucuns disent à ce sujet de telles absurdités qu'ils vont même jusqu'à prétendre que la Chine Populaire et l'Albanie sont contre la coexistence pacifique. J'estime qu'il convient de réfuter une bonne fois de tels points de vue nuisibles et erronés. Il ne peut y avoir d'Etat socialiste, de communiste qui soit contre la coexistence pacifique, qui soit contre la paix. Le grand Lénine a, le premier, posé le principe de. la coexistence pacifique des pays à systèmes sociaux différents, comme une nécessité objective, tant qu'il existera, dans le monde, à la fois des pays socialistes et des pays capitalistes. Notre Parti du Travail, fidèle à ce grand principe de Lénine, a toujours estimé et il estime toujours que la politique de coexistence pacifique répond aux intérêts fondamentaux de tous les peuples, qu'elle répond à l'objectif du renforcement ultérieur des positions du socialisme; aussi ce principe de Lénine est-il à la base de toute la politique extérieure de notre Etat populaire. La coexistence pacifique entre les deux systèmes opposés, ne signifie pas, comme le prétendent les révisionnistes modernes, qu'il convient de renoncer à la lutte de classes. Au contraire, la lutte de classes doit se poursuivre, la lutte politique et idéologique contre l'impérialisme, contre l'idéologie bourgeoise et l'idéologie révisionnistes, doit s'intensifier toujours davantage. Tout en luttant conséquemment pour l'instauration de la coexistence pacifique léniniste, sans faire aucune concession de principe à l'impérialisme, il convient de développer plus avant la lutte de classes dans les pays capitalistes, ainsi que le mouvement de libération nationale des peuples des pays coloniaux et dépendants. Selon notre point de vue, les partis communistes et ouvriers des pays capitalistes doivent lutter pour que s'instaure la coexistence pacifique entre leurs pays, encore dominés par le système capitaliste, et nos pays socialistes. Une telle action renforce les positions de la paix, affaiblit les positions du capitalisme dans chacun de leur pays et apporte plus généralement un soutien à la lutte de classe dans ces pays. Mais ce n'est pas là leur seule tâche. Il faut que dans ces pays se développe, croisse et se renforce la lutte de classe et que les masses travailleuses, guidées par le prolétariat de chaque pays, leur parti communiste en tête, et en alliance avec tout le prolétariat mondial, rendent l'existence impossible à l'impérialisme, sapent les bases de son appareil de guerre et de son économie, lui arrachent de vive force le pouvoir 'économique et politique pour s'acheminer vers la destruction de l'ancien pouvoir et instaurer le nouveau pouvoir du peuple. Cela le feront-elles par la violence ou par la voie pacifique et parlementaire? Cette question était claire et il était inutile que le camarade Khrouchtchev vienne l'embrouiller au XXe Congrès comme il l'a fait pour la plus grande satisfaction des opportunistes. Pourquoi fallait-il parodier de la sorte les thèses si claires de Lénine et de la Révolution socialiste d'Octobre? Le Parti du Travail d'Albanie a toujours eu une claire compréhension des enseignements de Lénine à ce sujet et il leur est toujours resté fidèle. Jusqu'à présent, aucun peuple, aucun prolétariat ni aucun parti communiste ou ouvrier, ne s'est emparé du pouvoir sans violence et sans effusion de sang. Certains camarades s'écartent en fait de la réalité lorsqu'ils prétendent qu'ils ont pris le pouvoir sans effusion de sang; ils oublient que la glorieuse Armée Soviétique a versé des flots de sang pour eux durant la Seconde Guerre mondiale. Notre Parti estime qu'en cette matière nous devons nous préparer, et .nous préparer avec soin pour les deux voies, mais surtout pour la prise du pouvoir par la violence, car si nous nous préparons bien pour cette éventualité, nous renforçons nos chances de succès pour l'autre. La bourgeoisie vous permet bien de discourir, mais elle monte ensuite un coup de force fasciste et vous écrase, du fait qu'on n'a préparé ni les cadres de choc, ni le travail dans la clandestinité, ni les lieux où se mettre à l'abri et travailler, ni les moyens de combat. Nous devons prévenir cette tragique éventualité. Le Parti du Travail d'Albanie s'est battu, se bat et se battra pour la coexistence pacifique sur la voie marxiste-léniniste telle que nous l'enseigne Lénine et qu'elle est définie par le Manifeste de Moscou pour la paix. Il a toujours été, il est et il sera pour le désarmement général et il luttera activement pour la mise en oeuvre de ce désarmement. En aucun cas et pas un instant le Parti du Travail l'Albanie ne cessera de combattre politiquement et idéologiquement les menées de l'impérialisme et du capitalisme ainsi que l'idéologie bourgeoise, il ne cessera de livrer une lutte acharnée, continue et intransigeante, au révisionnisme moderne et au révisionnisme titiste yougoslave en particulier. Il se peut que certains camarades nous accusent, nous Albanais, d'être obstinés, emportés, sectaires, dogmatiques et de tout ce qu'on voudra, mais nous réfutons ces fausses accusations et leur déclarons que nous ne bougerons pas de nos positions car ce sont des positions marxistes-léninistes. On prétend que nous voulons la guerre et que nous sommes opposés à la coexistence. Le camarade Kozlov nous a même placés, nous Albanais, devant l'alternative suivante: soit la coexistence, telle que lui la conçoit, soit une bombe atomique des impérialistes sur l'Albanie, une bombe qui réduirait le pays en cendres et ne laisserait aucun Albanais vivant. Le peuple albanais ne s'était jamais jusqu'ici entendu proférer une telle menace atomique même par un représentant de l'impérialisme américain. Mais voilà que cette menace lui vient d'un membre du présidium du Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique, et à qui celui-ci l'adressait-il? A un petit peuple héroïque qui a lutté pendant des siècles contre des ennemis farouches et innombrables et qui ne s'est jamais incliné, à un petit peuple qui a combattu avec un héroïsme sans pareil les hitlériens et les fascistes italiens, il l'adresse à un peuple qui est lié comme les doigts de la main à la glorieuse Union Soviétique, il l'adresse à un parti qui témoigne une fidélité conséquente et indéfectible au marxisme-léninisme et au Parti Communiste de l'Union Soviétique. Mais, camarade Frol Kozlov, vous vous êtes grossièrement mépris, vous ne pouvez nous intimider ni nous plier à votre volonté égarée et nous ne confondons en rien le glorieux Parti de Lénine avec vous et votre comportement si hostile et éhonté envers le peuple albanais et le Parti du Travail d'Albanie. Le Parti du Travail d'Albanie appuiera toutes les propositions justes et pacifiques de l'Union Soviétique et des pays du camp socialiste, ainsi que des autres pays épris de liberté, et luttera pour les voir mettre en oeuvre. Le Parti du Travail d'Albanie tendra toutes ses forces, usera de tous ses droits et s'acquittera de toutes ses obligations afin de consolider l'unité du camp socialiste, son unité marxiste-léniniste. Il serait absurde de penser que la petite Albanie socialiste puisse se détacher du camp socialiste et vivre en dehors de ce camp, en dehors de la fraternité de nos peuples socialistes. Son appartenance au camp socialiste, l'Albanie ne l'a pas reçue en cadeau, mais c'est notre peuple luimême et le Parti du Travail d'Albanie qui l'ont conquise par leur sang versé, par leur labeur, par les sacrifices qu'ils ont consentis, par lé système de gouvernement qu'ils ont instauré et par la voie marxiste-léniniste qu'ils suivent. Mais que personne ne se figure que l'Albanie, parce qu'elle est un petit pays, et le Parti du Travail d'Albanie, parce qu'il est un petit parti, obéiront à qui que ce soit, s'ils sont convaincus que la voie qu'on leur indique est erronée. Comme je l'ai dit plus haut, le Parti du Travail d'Albanie estime que notre camp socialiste qui poursuit un objectif unique et qui est guidé par le marxisme-léninisme, doit aussi avoir une stratégie et une tactique qui lui soient propres et que celles-ci doivent être élaborées en commun par nos partis et nos Etats du camp socialiste. Au sein de notre camp nous avons créé certaines formes d'organisation du travail, mais il est juste de dire que celles-ci sont demeurées en quelque sorte purement formelles, ou plutôt, qu'elles ne fonctionnent pas de façon collégiale. Tels sont notamment les organismes du Traite de Varsovie et ceux du Conseil Economique d'Entraide. Comprenons-nous bien. Nous ne soulevons pas ici la question de savoir si nous devons également être consultés ou non. Bien entendu, personne ne peut nous dénier le droit d'être consultés, mais pour l'être il faut que- nous nous réunissions. Nous soulevons la question en principe et nous affirmons que ces formes d'organisation doivent fonctionner régulièrement, que c'est là qu'il faut poser les problèmes, prendre les décisions et en contrôler l'exécution. Le développement et le renforcement de l'économie des pays socialistes ont toujours été une des premières préoccupations de nos partis et de nos gouvernements, un des facteurs déterminants de la puissance invincible du camp socialiste. L'édification du socialisme et du communisme progresse impétueusement dans nos pays. Cela est dû aux grands efforts de nos peuples et aux bienfaits de l'assistance mutuelle que s'accordent nos pays. La coordination des plans économiques de nos pays et le Conseil Economique d'Entraide -ont joué un rôle important dans ce sens. Jusqu'à présent, la République Populaire d'Albanie n'a jamais accordé d'aide à personne, d'abord parce que notre pays est pauvre et ensuite parce que personne n'a sollicité notre appui. Mais dans les limites de justes normes, nous avons fait et nous faisons tous nos efforts pour aider tant soit peu par nos exportations les pays amis et frères. Nous avons été aidés par nos amis et en premier lieu par l'Union Soviétique. Nous avons été aidés par l'octroi de crédits et l'envoi de spécialistes sans lesquels il eût été fort difficile à notre pays et à notre économie de se développer à des rythmes aussi rapides. De cette aide généreuse de l'Union Soviétique et des autres pays de démocratie populaire, le Parti du Travail d'Albanie et le Gouvernement de la République Populaire d'Albanie ont tiré le meilleur profit pour le plus grand avantage du peuple albanais. Notre peuple sera à jamais reconnaissant de cette aide aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de l'Union Soviétique et au Gouvernement Soviétique, aux peuples, aux partis et aux gouvernements des pays de démocratie populaire. Cette aide, nous l'avons conçue, nous la concevons et la concevrons non pas comme une aumône, mais comme une aide fraternelle, comme une aide internationaliste. Notre peuple, en tant que peuple qui a connu un extrême dénuement, qui a combattu avec héroïsme, qui a été massacré et spolié, avait pleinement le droit de solliciter l'aide de ses amis et de ses frères, plus grands et économiquement plus riches que lui. Et ses amis avaient le devoir internationaliste de lui venir en aide. Aussi faut-il réfuter toute conception ténébreuse et antimarxiste qui pourrait éventuellement se manifester quant au caractère et aux fins de cette aide. Les pressions économiques sur le Parti du Travail d'Albanie, sur notre Gouvernement et sur notre peuple sont vouées à l'échec. Je voudrais soulever ici la question de l'aide des pays économiquement plus puissants aux pays ayant une économie plus faible, comme c'est le cas du nôtre, et proposer par ailleurs que cette aide soit accrue. Le peuple albanais ne compte nullement se croiser les bras et attendre la bouche ouverte qu'on le nourrisse. Ce n'est pas son habitude. Notre peuple n'a pas davantage la prétention que le niveau de vie dans notre pays atteigne d'un seul coup celui de maints pays de démocratie populaire, mais il n'en demeure pas moins que l'aide qui doit lui être accordée pour le développement ultérieur de ses forces productives doit être plus considérable. Nous estimons que les pays économiquement puissants du camp socialiste doivent accorder des crédits aux pays capitalistes neutres également, et aussi aux peuples à peine affranchis du colonialisme, lorsque les gouvernements de ces pays capitalistes s'opposent à l'impérialisme, qu'ils appuient la politique pacifique du camp socialiste et qu'ils n'entravent ni ne contrecarrent la lutte légitime des forces révolutionnaires, mais ce qu'il faut avant tout, c'est considérer plus attentivement les besoins des pays du camp socialiste et satisfaire ces besoins. Certes, l'Inde a besoin de fer et d'acier, mais l'Albanie en a besoin plus qu'elle et avant elle, l'Egypte a besoin d'une industrie énergétique et- d'ouvrages d'irrigation, mais l'Albanie socialiste en a besoin plus qu'elle et avant elle. Sur bien des problèmes politiques primordiaux, les points de vue à l'intérieur de notre camp socialiste ont été et sont identiques. Or, du fait que la voie des consultations collégiales n'est pas devenue une pratique régulière, on a souvent observé que des pays de notre camp socialiste prennent des initiatives politiques, à propos de quoi nous devons dire, bien que nous ne soyons pas en principe contraires à la prise d'initiatives, que celles-ci portent souvent atteinte à d'autres pays du camp socialiste. Certaines de ces initiatives ne sont pas justes, en particulier quand celles-ci doivent être prises collectivement par les membres du Traité de Varsovie. Telle est l'initiative du gouvernement bulgare, qui a informé le gouvernement grec, sans faire aucun cas de l'Albanie, que les pays de démocratie populaire des Balkans sont disposés à désarmer si le gouvernement grec accepte également de le faire. A notre point de vue, cette initiative fut erronée, car même si la Grèce souscrivait à une telle proposition, le gouvernement albanais, lui, ne l'accepterait jamais. L'Albanie adhère à la proposition soviétique faite par Nikita Khrouchtchev en mai 1959,2 mais non pas à la proposition bulgare qui tend à désarmer les pays des Balkans, sans toucher à l'Italie. Les camarades bulgares auraient-ils oublié que l'Italie bourgeoise et fasciste a attaqué à plusieurs reprises l'Albanie au cours de ce siècle? Est-il permis aux camarades bulgares d'agir comme ils l'ont fait encore en une autre occasion, sans nullement consulter le gouvernement -albanais auquel ils sont liés par un traité d'alliance défensive, lorsqu'ils ont proposé au gouvernement grec de conclure avec lui un traité d'alliance et de non agression, et ce en un temps où la Grèce maintient l'état de guerre avec l'Albanie, et nourrit des visées territoriales à son égard? Il nous semble dangereux que de telles actions soient menées de façon unilatérale. Cette juste et légitime opposition de notre part a pu induire les camarades bulgares à conclure que nous, Albanais, n'avons pas une juste conception de la coexistence, que nous voulons la guerre, etc. Ce sont là des points de vue erronés. Des actions analogues ont également été le fait des camarades polonais aux Nations Unies, lorsque le camarade Gomulka a présenté unilatéralement devant l'Assemblée Générale une proposition de la Pologne en faveur du maintien du statu quo en ce qui concerne le stationnement des force, militaires dans le monde et, précisément. contre la création de nouvelles bases militaires, mais pour le maintien des bases existantes, contre l'installation de nouvelles rampes de lancement de fusées, mais pour le maintien des rampes existantes, pour le maintien du secret de la bombe atomique. par les Etats qui fabriquent de ces bombes et contre la transmission de ce secret à d'autres Etats. Une telle proposition, à notre sens, est contraire aux intérêts de notre camp. Qu'on n'installe plus de rampes de lancement de fusées? Mais à qui cette interdiction s'adresserait-elle et dans quels pays s'appliquerait-elle? Tous les alliés de l'OTAN, y compris l'Italie, l'Allemagne occidentale et la Grèce, sont pourvus de fusées. Qu'on ne révèle pas le secret de la bombe atomique? Mais à qui? L'Angleterre, comme la France ou l'Allemagne occidentale, en ont connaissance. Il est bien clair que si une telle proposition était acceptée, nous, les pays de démocratie populaire, serions obligés de ne pas installer de rampes de lancement de fusées et aucun pays du camp socialiste, l'Union Soviétique exceptée, ne pourrait posséder la bombe atomique. Nous demandons pourquoi la Chine communiste ne devrait pas avoir la bombe atomique. Nous estimons qu'elle doit la posséder et lorsque la Chine disposera de la bombe atomique et de fusées on verra bien alors quel sera le langage de l'impérialisme américain, on verra bien si l'on continuera à dénier à la Chine ses droits dans l'arène internationale, on verra bien si les impérialistes américains oseront brandir leurs armes comme ils le font aujourd'hui. On pourra demander si la possession et la possibilité de se servir de la bombe permettraient à la Chine d'acquérir ces droits en dépit de l'action contraire des Etats-Unis. Non, la Chine, tout comme l'Union Soviétique, ne fera jamais usage de cette arme, si nous ne sommes pas attaqués par ceux qui ont l'agression et la guerre dans le sang. Si l'Union Soviétique ne possédait pas la bombe atomique, l'impérialisme nous tiendrait un autre langage. Nous ne serons jamais les premiers à employer les armes atomiques, nous sommes contre la guerre, nous sommes pour la destruction des armes nucléaires, mais nous avons besoin de la bombe pour nous défendre. «La crainte est la meilleure gardienne des vignes», dit un adage de notre peuple. Les impérialistes doivent nous craindre et même nous craindre beaucoup. Le Parti du Travail d'Albanie, se fondant sur le marxisme-léninisme et sur la Déclaration des partis communistes et ouvriers et le Manifeste pour la paix de Moscou a suivi en ce qui concerne les questions de politique internationale et les problèmes importants de l'édification du socialisme, une juste ligne marxiste-léniniste. Dans les relations internationales, la ligne de notre Parti a été conforme à la politique du camp socialiste et a suivi l'orientation de la politique pacifique de l'Union Soviétique. Le Parti du Travail d'Albanie a considéré et ne cessera de considérer l'Union Soviétique comme le sauveur de notre peuple, et sa grande expérience comme universelle et indispensable à tous les partis. Le Parti du Travail d'Albanie a suivi, a appliqué et fait sienne sans réserve cette grande expérience dans tous les domaines et il lui doit de grands succès. Nous avons remporté des succès dans la création et le renforcement de notre industrie, dans la collectivisation de l'agriculture, dans le développement de l'instruction et de la culture, qui connaissent chez nous un grand essor, dans la construction de notre Etat et de notre Parti. Notre Parti s'est d'ores et déjà acquis une maturité et une expérience considérables dans ces domaines d'activités. Notre Parti a éduqué et ne cessera d'éduquer notre peuple dans un esprit d'attachement et de grande fidélité à l'égard des peuples de l'Union Soviétique et du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Cet attachement est trempé et il le sera chaque jour davantage car il est imprégné du sang versé au combat; car il a crû sur les fondements du marxismeléninisme et de l'internationalisme prolétarien. Nous avons aimé et nous aimons les hommes soviétiques de tout notre coeur, et c'est avec la même ferveur qu'ils ont aimé et qu'ils aiment le peuple et le Parti du Travail d'Albanie. C'est une amitié de peuples, une amitié de partis marxistes-léninistes; aussi s'épanouira-telle à jamais dans les siècles. C'est là la ferme conviction des communistes albanais et cette conviction, ils l'ont inculquée au peuple albanais et ils ne cesseront de la cimenter en lui. Nous l'avons déjà dit et nous le répétons, sans cette amitié il n'aurait pu y avoir de liberté pour notre peuple. C'est là le fruit du léninisme. Le Parti du Travail d'Albanie et notre petit peuple ont toujours été préoccupés par les grands problèmes du moment. Notre République Populaire a été et est toujours géographiquement encerclée par des Etats capitalistes et par les révisionnistes yougoslaves, et il nous a fallu être très vigilants, engager des hommes et des fonds considérables pour assurer la défense de nos frontières, pour défendre la liberté et la souveraineté de la patrie contre les tentatives sans nombre des impérialistes, de leurs satellites et de leurs valets. Nous sommes un petit pays et un petit peuple, et nous avons énormément souffert, mais aussi beaucoup lutté. La liberté dont nous jouissons aujourd'hui personne ne nous en a fait cadeau, nous l'avons conquise au prix du sang versé. Nous avons appris à connaître et nous connaissons de mieux en mieux nos ennemis impérialistes, leurs menées contre le camp socialiste et contre notre pays en particulier, aussi n'avons-nous eu et n'avonsnous aucune illusion de les voir changer de nature et de modifier leurs visées à l'encontre des peuples, de notre camp et de l'Albanie socialiste en particulier. Notre Parti a été et reste toujours un défenseur de la paix et il se battra inlassablement, aux côtés de l'Union Soviétique, de la Chine populaire, des autres pays du camp socialiste et de tous les peuples progressistes pour défendre la paix. Mus par cet objectif sacré, le Parti du Travail d'Albanie et notre Gouvernement ont appuyé de toutes leurs forces la politique pacifique du Parti Communiste de l'Union Soviétique, du Gouvernement Soviétique et de tous les pays du camp socialiste. En tout point, sur toutes leurs propositions, nous avons été solidaires avec eux. Les impérialistes américains et anglais nous ont accusé et nous accusent d'être «intraitables et belliqueux». C'est compréhensible, car le peuple albanais a écrasé leurs tentatives réitérées de l'asservir et a anéanti leurs agents qui ont comploté contre le Parti du Travail d'Albanie et notre régime de démocratie populaire. La bande de Tito, celle des monarchofascistes chauvins grecs et les dirigeants de Rome nous ont accusé et nous accusent d'être »des fauteurs de guerre, de perturber la paix dans les Balkans», car nous leur avons cassé et nous leur casserons toujours les reins, sans la moindre hésitation, leurs objectifs ayant été et demeurant toujours de démembrer l'Albanie à leur profit, d'asservir notre peuple. Il nous semble superflu de réaffirmer à cette réunion que la guerre est étrangère à nos pays socialistes, à nos partis marxistes-léninistes, mais la question se pose de savoir pourquoi les impérialistes et leurs agents accusent la Chine et l'Albanie d'être -des fauteurs de guerre et soidisant hostiles à la coexistence pacifique. Prenons le cas de l'Albanie. A qui l'Albanie ferait-elle la guerre et pourquoi? Il serait ridicule de nous attarder à répondre à cette question. Ce qui est vrai c'est que ceux qui nous lancent cette accusation ont besoin eux-mêmes de camoufler leurs visées agressives à l'encontre de l'Albanie. Rankovié souhaiterait nous voir faire de nos frontières des auberges à deux portes, par où entrent et sortent sans visa agents et armes yougoslaves, italiens ou grecs, pour nous apporter la «culture du poignard entre les dents pour que Tito réalise son rêve de faire de l'Albanie la septième république de Yougoslavie, ou pour que la bourgeoisie réactionnaire italienne mette à exécution pour la troisième fois ses visées spoliatrices à l'encontre de l'Albanie, ou encore que les monarchofascistes grecs réalisent leur rêve insensé de s'emparer de l'Albanie du Sud. Comme nous les en avons empêchés et nous les en empêcherons toujours, on nous accuse d'être des «fauteurs de guerre». Ils savent fort bien que s'ils touchent à nos frontières, ils auront la guerre avec nous et avec tout le camp socialiste. Leur objectif a donc été et reste de nous isoler de notre camp et de nos amis, et, parce que nous ne leur ouvrons pas nos frontières pour qu'ils puissent venir paître librement sur notre territoire, ils nous accusent d'être «violents et belliqueux», d'être hostiles à la coexistence. Mais l'ironie du sort veut qu'il se trouve des camarades qui se laissent tromper par ce manège des révisionnistes et ajoutent foi à ces calomnies dirigées contre le Parti du Travail d'Albanie. Bien entendu, nous sommes opposés à une coexistence dans l'intérêt de laquelle nous, Albanais, devrions faire des concessions territoriales et politiques à Sophocle Venizelos. Non, les temps sont révolus à jamais, où le territoire d'Albanie était considéré comme un objet de marchandage. Nous sommes opposés à une coexistence avec l'Etat yougoslave, qui impliquerait l'extinction de la lutte idéologique et politique contre les révisionnistes yougoslaves, contre ces agents de l'impérialisme international, contre ces traîtres au marxisme-léninisme. Nous sommes opposés à une coexistence avec les Anglais ou les Américains, dans l'intérêt de laquelle nous devrions reconnaître, comme ils le réclament, la validité des anciennes concessions politiques, diplomatiques et commerciales que leur avaient accordées le régime du roi Zog. En conclusion générale, le Parti du Travail d'Albanie est pleinement convaincu que notre grande cause, la cause de la victoire du socialisme et de la paix, triomphera. Les forces unies du camp socialiste, l'Union Soviétique en tête, du mouvement communiste et ouvrier international et de tous les hommes et peuples épris de liberté, sont en mesure, par une action plus résolue, de contraindre les impérialistes à accepter la coexistence pacifique, afin d'éviter la guerre mondiale. Mais en même temps nous ne devons cesser de renforcer notre vigilance révolutionnaire, pour que nos ennemis ne puissent jamais nous prendre au dépourvu. Nous sommes convaincus que nous l'emporterons dans cette noble lutte pour la paix dans le monde et le triomphe du socialisme. Le peuple albanais et le Parti du Travail d'Albanie s'emploieront, comme ils l'ont fait jusqu'ici, à contribuer de toutes leurs forces au triomphe de notre cause commune. Comme toujours, nous irons de l'avant, en unité d'airain avec tout le camp socialiste, avec la glorieuse Union Soviétique, avec tout le mouvement communiste et ouvrier international.
Chers camarades, L'unité du mouvement communiste et ouvrier international constitue le facteur décisif pour la réalisation du noble objectif qu'est le triomphe de la paix, de la démocratie, de l'indépendance nationale et du socialisme. Ce point est souligné de façon particulière tant dans la Déclaration de Moscou de 1957, que dans le projet de déclaration préparé pour la présente réunion. La Déclaration de 1957 indique que «les partis communistes et ouvriers assument une responsabilité historique particulièrement lourde pour les destinées du système socialiste mondial et du mouvement communiste international. Les partis communistes et ouvriers participant à la Conférence déclarent qu'ils consolideront inlassablement leur unité et leur collaboration fraternelle pour affermir plus encore la communauté des Etats socialistes, renforcer le mouvement ouvrier -international, et servir la cause de la paix et du socialisme.» Il convient de dire que, particulièrement dans les derniers temps, dans le mouvement communiste international et les relations de quelques partis entre, eux, se sont fait jour de profondes divergences idéologiques et politiques, dont l'accentuation ne peut que porter préjudice à notre grande cause. Aussi le Parti du Travail d'Albanie estimet-il, que, pour pouvoir aller de l'avant, unis, vers de nouvelles victoires, il nous faut condamner les erreurs et les manifestations négatives relevées jusqu'ici dans notre action, et y remédier. Nous voulons nous arrêter ici sur la question de la réunion de Bucarest, où notre Parti, comme on le sait, n'exprima pas son point de vue relativement aux divergences apparues entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et le Parti Communiste Chinois, mais se réserva, dès lors, le droit de le faire à cette réunion des représentants des partis communistes et ouvriers. Le Parti du Travail d'Albanie fut accusé à l'époque par les camarades soviétiques et par certains camarades des autres partis frères de tous les maux de la terre, mais personne ne s'est avisé de réfléchir un moment et de se demander pourquoi ce parti avait adopté une telle attitude contre l'ensemble du courant, pourquoi ce parti qui est toujours resté fidèle jusqu'au bout au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou, était subitement accusé d'être prétendument «hostile au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou», pourquoi ce parti si étroitement lié à l'Union Soviétique et au Parti Communiste de l'Union Soviétique, se dressait tout d'un coup contra la direction de l'Union Soviétique. A présent que tous les camarades ont en main tant les matériaux d'information soviétiques que ceux du Parti Communiste Chinois, qu'ils réfléchissent eux-mêmes sur ce sujet. Pour notre part, nous avons lu et étudié aussi bien les documents soviétiques que les documents chinois, nous avons discuté attentivement ces documents avec les cadres actifs de notre Parti et nous venons ainsi à cette réunion avec le point de vue unanime de notre Parti. Comme on le sait, le 24 juin dernier, à l'occasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, inopinément et sans le moindre préavis, du moins en ce qui concerne notre Parti, sur l'initiative des camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique, fut organisée la Rencontre de Bucarest. Celleci, au lieu de servir, conformément à l'accord conclu par les lettres du 2 et du 7 juin,4 à un «échange d'idées» et à fixer la date de l'actuelle conférence, s'occupa d'une tout autre question, de l'accusation idéologique et politique lancée contre le Parti Communiste Chinois, sur la base de la «lettre d'information soviétique». Sur la base de cette lettre, totalement ignorée d'eux quelques heures avant la réunion, les délégués des partis communistes et ouvriers frères qui se trouvaient à Bucarest pour une autre question et qui n'étaient pourvus d'aucun mandat (du moins en ce qui concerne la délégation da notre Parti) de leurs partis pour discuter, et encore moins pour décider, d'une question si importante du communisme international, ces délégués, donc, devaient se prononcer en faveur des points de vue du CC du PCUS. Il ne pouvait même être question d'une discussion sérieuse de cette lettre qui contenait de si gravas accusations contre un autre parti marxiste-léniniste, alors qu'il n'était pas permis non seulement aux délégués, mais encore et surtout aux directions des partis communistes et ouvriers de l'étudier sous tous les aspects et qu'il n'était pas donné à la partie accusée le temps voulu pour présenter, elle aussi, sous les mêmes formes que la partie accusatrice, ses points de vue. Le fait est que la direction soviétique avait pour première préoccupation de faire rapidement approuver ses accusations à l'encontre du Parti Communiste Chinois et de le faire condamner à tout prix. Cétait cette question qui préoccupait le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétiques à Bucarest et non pas les questions de politique internationale intéressant notre camp et le monde entier en général et qui ont surgi à la suite de l'échec de la conférence au sommet de Paris. Notre Parti serait entièrement d'accord pour que se réunisse une telle conférence, et toute autre conférence, avec n'importe quel ordre du jour qui pourrait être fixé, mais à la condition qua ces conférences soient régulières, qu'elles reçoivent l'approbation de tous les partis, que l'ordre du jour en soit clairement et préalablement défini, qua soient fournis aux partis communistes et ouvriers les matériaux nécessaires, pour se préparer et pour que les bureaux politiques des partis, puissent, le cas échéant, obtenir l'approbation des plenums de leurs comités centraux pour les décisions qui pourraient être éventuellement prises à ces conférences. Les conférences doivent donc se dérouler conformément aux normes léninistes qui régissent les rapports entre partis communistes et ouvriers, elles doivent se dérouler sur un pied de complète égalité entre les partis, dans un esprit de camaraderie communiste, internationaliste et de haute morale communiste. La Rencontre de Bucarest ne respectait pas ces normes, aussi notre Parti, bien qu'il ait participé à cette réunion, l'a dénoncée et il la dénonce comme une conférence irrégulière qui a enfreint les normes léninistes. Nous estimons que la Rencontre de Bucarest a très mal servi la cause du mouvement communiste international, la cause de la solidarité internationale des travailleurs, la cause du renforcement de l'unité du camp socialiste, la cause du règlement marxiste-léniniste des divergences de caractère idéologique qui peuvent surgir au sein des partis communistes et ouvriers et qui portent préjudice au marxisme-léninisme. La responsabilité doit en retomber sur les camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique qui organisèrent cette rencontre, qui l'ont conçue sous ces formes et qui y ont appliqué ces normes non marxistes. Leur dessein était de faire condamner le Parti Communiste Chinois par le mouvement communiste international pour des erreurs et des fautes imaginaires. C'est là la profonde conviction du Comité Central du Parti du Travail d'Albanie, une conviction qu'il s'est acquise par l'étude des faits, sur la base des matériaux soviétiques et chinois dont dispose maintenant le Parti du Travail d'Albanie, sur la base d'une analyse - minutieuse que celui-ci a faite de l'évolution de la situation internationale et des positions officielles du Parti Communiste de l'Union Soviétique et du Parti Communiste Chinois. Le Parti du Travail d'Albanie est unanime à penser que les camarades soviétiques se sont lourdement trompés à Bucarest, en dénonçant injustement le Parti Communiste Chinois pour avoir soidisant dévié du marxisme-léninisme, pour s'être soi-disant écarté -de la Déclaration de Moscou de 1957, en accusant le Parti Communiste Chinois d'être «dogmatique», «sectaire», d'être «pour la guerre», «contre la coexistence pacifique», de convoiter «une place privilégiée» au sein du camp socialiste et du mouvement communiste international, etc. Les camarades soviétiques ont également commis une lourde erreur en profitant du grand attachement des communistes pour l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, pour tenter d'imposer aux autres partis communistes et ouvriers leurs points de vue erronés à l'égard du Parti Communiste Chinois. Le Parti du Travail d'Albanie s'est clairement rendu compte dès les premiers moments, dès que les camarades soviétiques entreprirent fiévreusement et de façon inadmissible les camarades de notre délégation à Bucarest, qu'ils cherchaient, par des arguments spécieux et des pressions, à attirer la délégation du Parti du Travail d'Albanie dans le piège qu'ils montaient, à la rallier à leurs points de vue erronés. Ce qui était important pour le camarade Khrouchtchev, (et cela le camarade Antropov en a fait part au camarade Hysni Kapo) c'était de savoir «si nous nous rallierions ou non à la partie soviétique». Ce souci, le camarade Khrouchtchev l'exprima également sous d'autres formes au cours de ses interventions contre notre Parti à la Rencontre de Bucarest. Cela fut également confirmé à plusieurs reprises par l'attitude injustifiée et inamicale de la direction soviétique et du personnel de l'Ambassade Soviétique à Tirana, après la Rencontre de Bucarest, attitude dont je parlerai plus loin. Les camarades dirigeants soviétiques ne faisaient aucun cas du point de vue d'un parti marxiste-léniniste, comme notre Parti, ce qui importait pour eux, c'est qu'il se ralliât à la position prise par le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique à Bucarest. Le Parti Communiste de l'Union Soviétique qui organisa la- Rencontre de Bucarest n'a nullement prévenu le Parti du Travail d'Albanie qu'à l'occasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, le Parti Communiste Chinois serait accusé de prétendues fautes graves dans la ligne suivie. Ces attaques furent pour le Parti du Travail d'Albanie tout à fait inopinées. Or, nous apprenons maintenant que les autres partis du camp socialiste, à l'exception du Parti du Travail d'Albanie, du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail de Corée, du Parti des Travailleurs du Vietnam, étaient au courant qu'une rencontre serait organisée à Bucarest en vue de mettre la Chine en accusation. S'il en a été ainsi, il est alors bien clair que l'affaire devient très sérieuse et revêt la forme d'une fraction de caractère international. Néanmoins, notre Parti ne fut pas pris au dépourvu et la vigilance ne lui a jamais fait défaut. Cela, il le doit au fait qu'il respecte constamment les normes léninistes dans ses rapports avec les autres partis, qu'il éprouve un profond respect marxiste. pour le Parti Communiste de l'Union Soviétique, pour le Parti Communiste Chinois et pour tous les autres partis communistes et ouvriers, qu'il observe le principe de l'égalité entre les partis, principe que doivent respecter les autres partis également à l'égard du Parti du Travail d'Albanie, indépendamment de sa petitesse numérique. A la Rencontre de Bucarest, notre Parti a vu dès le début, que toutes ces normes étaient violées. C'est pour cette raison qu'il a adopté l'attitude que l'on sait, l'attitude qu'il estimait et qu'il estime la seule juste face à l'évolution des événements. Certains dirigeants des partis frères nous ont qualifiés de «neutralistes», certains nous ont accusés «de nous être écartés de la juste ligne marxiste-léniniste» et ces dirigeants sont allés jusqu'à entreprendre au sein de leurs partis de discréditer le nôtre. Nous rejetons toutes ces menées avec mépris, car ce ne sont là que calomnies, pratiques malhonnêtes incompatibles avec la morale, communiste. Nous demandons à ceux qui ont entrepris ces actions blâmables contre le Parti du Travail d'Albanie, si un parti a ou non le droit d'exprimer librement son opinion, telle qu'il se l'est lui-même formée? Quelle opinion le Parti du Travail d'Albanie a-t-il exprimée à Bucarest ? Nous avons exprimé notre fidélité au marxisme-léninisme et cette fidélité est attestée par toute la vie et la lutte du Parti du Travail d'Albanie; nous avons exprimé notre fidélité à l'égard des décisions de la Déclaration de Moscou et du Manifeste pour la paix de 1957 et cette attitude est illustrée par la ligne suivie avec conséquence par le Parti du Travail d'Albanie ; nous avons exprimé notre attachement à l'unité du camp du socialisme et notre détermination à la défendre, et ces sentiments sont confirmés par toute la lutte du Parti du Travail d'Albanie; nous avons exprimé notre attachement, notre fidélité au Parti Communiste de l'Union Soviétique et aux peuples soviétiques, et ces sentiments trouvent leur manifestation dans toute la vie du Parti du Travail d'Albanie. Nous nous sommes refusés à juger les «erreurs» du Parti Communiste Chinois et encore moins à «condamner» le Parti Communiste Chinois sans tenir compte dans cette appréciation des points de vue du Parti Communiste. Chinois sur les questions qui étaient soulevées faussement, hâtivement, et de manière antimarxiste, contre lui. Nous avons conseillé que cette question d'importance vitale et extrêmement grave pour le communisme international fût réglée avec pondération, sang-froid et dans un esprit de camaraderie. Voilà quel fut tout notre «crime» pour lequel nous a été lancée la pierre. Mais nous pensons que la pierre qui a été brandie pour nous frapper est retombée sur la tête même de ceux qui la lançaient. Les jours qui passent ne feront que confirmer le bien-fondé de l'attitude du Parti du Travail d'Albanie... Pourquoi le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétique se sontils tant hâtés d'accuser le Parti Communiste Chinois de façon mal fondée et sans faits à l'appui? Est-il permis à des communistes et en particulier aux principaux dirigeants d'un si grand et glorieux parti que le Parti Communiste de l'Union Soviétique de commettre un acte aussi blâmable? Ils peuvent donner leur réponse à ce sujet, mais le Parti du Travail d'Albanie a lui aussi parfaitement le droit de donner son opinion. Le Parti du Travail d'Albanie estime que non seulement la Rencontre de Bucarest a constitué une initiative complètement erronée, mais que l'erreur commise a été consciemment approfondie. La Rencontre de Bucarest ne doit nullement être laissée dans l'oubli, mais être sévèrement condamnée comme une tache dans le mouvement communiste international. Il ne fait pas le moindre doute que de grandes divergences idéologiques se sont fait jour et se sont développées entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et'- le Parti Communiste Chinois. Ces divergences auraient dû être depuis longtemps aplanies par la voie marxiste-léniniste entre les deux partis. Dans le document chinois, le Parti (Communiste Chinois affirme que ces divergences de principe sont apparues au lendemain même du 20e Congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique et que les questions controversées ont été soulevées par les camarades chinois. Certains de ces points de vue ont été pris en considération par les camarades soviétiques, d'autres ont été réfutés. Le Parti du Travail d'Albanie estime que si ces divergences n'étaient pas réglée. entre les deux partis, il fallait alors chercher à organiser une réunion des partis communistes et ouvriers, qui se verrait soumettre ces questions, qui en discuterait et où chaque parti prendrait position à leur sujet. Il n'est pas juste que ces questions n'aient pas été soulevées, et la responsabilité en retombe sur les camarades soviétiques qui avaient connaissance de ces divergences et qui n'en firent pas cas, convaincus qu'ils étaient de la justesse de leur ligne et de son «inviolabilité», ce qui, à notre sens, est un point de vue idéaliste et métaphysique. Si les camarades soviétiques étaient véritablement convaincus du bien-fondé de leur ligne et de leur tactique, pourquoi n'organisèrent-ils pas en temps utile une réunion de ce genre pour y régler ces divergences ? Les questions soulevées étaient-elles de si peu d'importance, alors qu'il s'agissait notamment de la condamnation de Joseph Staline, de la contre-révolution hongroise, de la forme de la prise du pouvoir, sans parler de bien d'autres questions fort importantes qui surgirent par la suite? Non, il ne s'agissait pas du tout de questions sans importance. Tous, nous avons nos points de vue sur ces problèmes, car ils nous intéressent tous en communistes que nous sommes, et si tous nos partis ont assumé une responsabilité devant leurs peuples, ils sont aussi responsables devant le communisme international. Pour pouvoir condamner le Parti Communiste Chinois pour des fautes et des péchés imaginaires, le camarade Khrouchtchev et d'autres dirigeants soviétiques avaient grand intérêt à présenter ces questions comme s'il s'agissait là de divergences entre la Chine et l'ensemble du mouvement communiste international, mais quand il s'est agi de questions du genre de celles que nous venons d'évoquer, le camarade Khrouchtchev ou les camarades de son proche entourage, ont pris sur eux de les juger et 'de les trancher tout seuls, estimant inutile leur discussion collégiale par une réunion des représentants de tous les partis, en dépit de l'important caractère international de ces questions. La contre-révolution hongroise se produisit, mais on fit le silence sur les questions qui la concernaient. Pourquoi cette tactique des camarades soviétiques qui consiste à couvrir les choses quand ils le jugent de leur intérêt, alors que, dans le cas contraire, non seulement ils organisent des réunions comme celle de Bucarest, mais ils font tout leur possible pour imposer aux autres le point de vue selon lequel la Chine s'en tient à une ligne qui va à l'encontre de celle de tous les partis communistes et ouvriers du monde»? Les camarades soviétiques ont également fait une tentative de ce genre auprès de nous. Au mois d'août dernier, la direction soviétique adressa à notre Parti une lettre dans laquelle elle nous proposait. «afin que de l'étincelle des divergences ne jaillît point la flamme», une rencontre des représentants de nos deux partis pour que notre Parti se range aux côtés de l'Union Soviétique, contre le Parti Communiste Chinois, et que nos deux partis se rendent en un front uni à la conférence actuelle. Bien entendu, le Comité Central de notre Parti n'accepta pas un telle proposition et, dans sa réponse officielle, il considéra cette façon d'agir comme n'étant nullement marxiste, comme une action fractionnelle dirigée contre un troisième parti frère, contre le Parti Communiste Chinois. Il va sans dire que cette attitude juste et de principe de notre Parti ne fut pas du goût de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Il est absolument hors de doute que ces questions sont d'une importance primordiale, et qu'elles nous concernent tous de très près mais pour le Parti du Travail d'Albanie, il ne fait guère de doute non plus que les questions soulevées à Bucarest contre la Chine l'étaient à des fins tendancieuses et qu'elles avaient pour but de condamner le Parti Communiste Chinois et de l'isoler de l'ensemble du mouvement communiste international. Le Parti du Travail d'Albanie considérait une telle action comme scandaleuse et inadmissible, non seulement parce qu'il n'était pas convaincu qu'il y eût lieu de l'entreprendre, mais parce qu'il soupçonnait à juste titre qu'on entreprenait, par une voie non marxiste, une action contre un grand et glorieux parti comme le Parti Communiste Chinois, qu'on organisait sous le couvert d'une accusation de dogmatisme contre la Chine, une attaque contre le marxisme-léninisme et les principes de la Déclaration et du Manifeste pour la paix de Moscou. A la Rencontre, le Parti Communiste: Chinois fut accusé de bien des fautes. Cela devait figurer dans le communiqué. Pourquoi n'en a-t-il rien été? Si les accusations étaient fondées, pourquoi a-t-on hésité et publié un communiqué qui ne traduisait pas les objectifs de la Rencontre? Pourquoi n'y était-il pas fait mention du «grand danger de dogmatisme» qui, prétendument, menaçait le communisme international? Non, camarades, la Rencontre de Bucarest est indéfendable, elle contrevenait aux principes, elle avait des visées tendancieuses dont la principale était, selon le jugement du Parti du Travail d'Albanie, en accusant le Parti Communiste Chinois de dogmatisme, de dissimuler certaines fautes graves que se sont permis de commettre les camarades dirigeants soviétiques dans l'application de la ligne. Les camarades soviétiques avaient besoin de l'appui des autres partis sur ces questions. Aussi tentèrent-ils de les prendre par surprise. Les camarades soviétiques atteignirent à moitié leur objectif et obtinrent que ces partis examinent la question de la condamnation à prononcer contre la Chine, par une prochaine «conférence internationale du communisme». Les partis communistes et ouvriers, à l'exception du Parti du Travail d'Albanie et de quelques autres partis communistes, et ouvriers, furent saisis cades graves erreurs commises dans l'observance de la ligne par le Parti Communiste Chinois», il leur fut fait part de la condamnation «unanime» prononcée à Bucarest contre la Chine, et on s'employa à accréditer cette opinion auprès de chacun de ces partis et parmi chacun de ces peuples. A certaines de ces réunions de parti, on dénonça également le Parti du Travail d'Albanie. Après la Rencontre de Bucarest, le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie décida, à juste titre, de n'examiner en son sein que le communiqué, d'informer le Parti qu'entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et le Parti Communiste Chinois, s'étaient fait jour des divergences de principe qui devaient être discutées et réglées à la future conférence convoquée pour novembre à Moscou. Et c'est ce qui fut fait. Mais cette attitude de notre Parti ne plut guère aux camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique; et nous eûmes tôt fait de nous en apercevoir. Au lendemain même de la Rencontre de Bucarest, une attaque soudaine, en opposition avec les principes, et qui prit la forme d'une ingérence brutale et de pressions multilatérales, fut lancée contre notre Parti et son Comité Central. L'assaut fut donné par Khrouchtchev, à Bucarest, puis repris par le camarade Kozlov à Moscou. Les camarades du Bureau Politique de passage dans la capitale soviétique furent entrepris afin de se dresser contre la direction de notre Parti, sous prétexte que «la direction du Parti du Travail d'Albanie avait trahi l'amitié qui unissait l'Albanie et l'Union Soviétique, que «la ligne que suivait la direction du Parti du Travail d'Albanie, était essentiellement «tortueuse», que «l'Albanie devait décider si elle se rallierait aux 200 millions (c'est-à-dire à l'Union Soviétique) ou aux 650 millions (c'est-à-dire à la Chine Populaire) et enfin que «l'Albanie, isolée, état en péril, qu'il suffisait d'une seule bombe atomique jetée par les Américains pour l'anéantir complètement elle et toute sa population», et il leur fut lancé d'autres menaces de ce genre. Il est tout à fait évident que l'objectif poursuivi était de provoquer une scission dans la direction de notre Parti, d'en éliminer les éléments qui, selon leur .jugement. faisaient obstacle à leur entreprise tortueuse et déloyale. Ce travail de scission eut pour résultat de faire capituler la camarade Liri Belishova, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti du Travail d'Albanie, devant les flagorneries des dirigeants soviétiques, devant leurs menées de chantage et d'intimidation, et de la mettre en opposition ouverte avec la ligne de son parti. La tentative faite par les camarades soviétiques dans leur lettre adressée au Comité Central du Parti Communiste Chinois pour présenter la question comme si en Albanie on condamnait les amis de l'Union Soviétique, est fallacieuse. Les véritables amis de l'Union Soviétique et de son Parti Communiste, les amis fidèles des peuples soviétiques, sont et seront toujours le million et demi d'Albanais et le Parti du Travail d'Albanie qui a forgé et cimenté cette amitié trempée dans le sang, et non pas les capitulards, les scissionnistes et déviationnistes de tout genre. Mais ce n'est pas seulement à Moscou que les camarades soviétiques tentèrent de susciter des doutes quant au bienfondé de l'attitude de notre Parti à Bucarest. Des tentatives encore plus pressantes furent faites à Tirana également par des fonctionnaires de l'Ambassade Soviétique, l'ambassadeur en tête. Comme je l'ai dit plus haut, avant la Rencontre de Bucarest, les liens qui nous unissaient aux camarades soviétiques étaient des plus étroits, des plus sincères et des plus fraternels que l'on pût imaginer. Nous n'avions aucun secret, fût-ce de parti, fût-ce d'Etat, pour les camarades soviétiques. Cette attitude avait été décidée par notre Comité Central. Et ces liens reflétaient les vifs sentiments d'attachement et de dévouement du peuple albanais pour le peuple soviétique, ces sentiments que notre Parti a trempés par son sang versé. Et ces sentiments sacrés du Parti du Travail d'Albanie et de notre peuple, certains éléments malsains, l'ambassadeur soviétique en tête, les ont foulés aux pieds. Profitant de ces liens amicaux et de la confiance des cadres, ils se mirent fiévreusement et intensément à attaquer la ligne marxiste-léniniste du Parti du Travail d'Albanie, cherchèrent à scinder notre Parti, à semer la panique et la confusion dans ses rangs, à séparer le Parti de sa direction, et les choses en arrivèrent au point que l'ambassadeur soviétique à Tirana incita les généraux de notre armée à dresser l'Armée populaire d'Albanie contre la direction du Parti -du Travail d'Albanie et de l'Etat albanais. Mais ils sont tombés sur un os, car l'unité de notre Parti est une unité d'airain. Nos cadres. trempés dans la Lutte de libération nationale et dans la lutte à mort menée contre les révisionnistes yougoslaves, ont défendu à la manière marxiste leur parti héroïque, et ils savent fort bien faire la distinction entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique, le Parti de Lénine d'une part et ses scissionnistes de l'autre, ils savent fort bien sauvegarder et cimenter leur attachement et leur dévouement à l'Union Soviétique. Et, en fait, ils remirent à leur place ces dénigreurs. Les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana, l'ambassadeur en tête, usant de pratiques inadmissibles et antimarxistes, réussirent à attirer le président de la Commission de Vérification du Parti du Travail d'Albanie, qui, quinze jours plus tôt, s'était déclaré solidaire de la ligne suivie par le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie à Bucarest, dans les griffes de ces intrigants, à l'écarter entièrement de la voie du marxisme-léninisme et à le mettre en opposition flagrante avec la ligne de son parti. Il est clair que ces agissements blâmables de ces camarades soviétiques visaient à scinder la direction du Parti du Travail d'Albanie, à la séparer des masses du Parti. Et cela pour nous punir du crime» que nous avions commis à Bucarest, de ce que nous nous étions permis d'exprimer librement notre point de vue, tel que nous l'estimions juste. Les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana allèrent encore plus loin sur cette voie. Ils entreprirent les Albanais qui avaient fait leurs études en Union Soviétique pour les monter contre la direction albanaise, espérant trouver en eux des contingents qui se prêteraient à leurs sinistres desseins. Mais les Albanais, qu'ils aient ou non terminé leurs études en Union Soviétique, ont toujours aimé et ils aimeront toujours l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique d'un amour ardent et sincère et ils savent bien que les basses méthodes employées par les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana sont tout à fait étrangères à l'Union Soviétique pat au Parti Communiste de l'Union Soviétique. Les Albanais sont les fils de leur peuple, les fils de leur parti, ce sont des marxistes-léninistes, des internationalistes. Nous pourrions citer bien d'autres exemples qui illustrent cette attitude, mais pour ne pas accaparer trop de temps à cette importante réunion je me contenterai de citer deux autres cas caractéristiques. Les pressions sur notre Parti se poursuivirent également ici à Moscou lors des travaux de la commission chargée de rédiger le projet de déclaration qui nous a été présenté; en effet les camarades soviétiques nous disaient alors que nous devions porter nos regards en avant et non pas en arrière. Ces jours-là, à Moscou, au cours d'une réunion élargie des chefs d'état-major des pays signataires du Traité de Varsovie, le maréchal Malinovsky, membre du Comité Central et ministre de l'Union Soviétique, attaqua ouvertement le peuple albanais, le Parti du Travail d'Albanie, le Gouvernement albanais et notre direction. Cette attaque inamicale et publique ressemblait fort à l'attaque de diversion de l'ambassadeur soviétique à Tirana qui cherchait à monter notre armée populaire contre la direction de notre Parti et de notre Etat. Mais tout comme l'ambassadeur soviétique, le maréchal Malinovsky se trompe lourdement. Nul ne peut espérer arriver ainsi à ses fins et encore moins rompre l'amitié qui unit notre peuple et les peuples de l'Union Soviétique. La juste lutte du Parti du Travail d'Albanie contre ces activités de sape ne fait que consolider l'amitié sincère qui unit notre peuple à ceux de l'Union Soviétique et au glorieux Parti Communiste de l'Union Soviétique. Cette amitié ne peut non plus être altérée par les étonnantes déclarations du maréchal Gretchko, commandant en chef des armées du traité de Varsovie, qui, non content de dire à notre délégation militaire qu'il serait prétendument difficile de satisfaire les besoins de notre armée en certains armements indispensables et qui devaient nous être fournis aux termes des accords conclus, nous a aussi déclaré ouvertement «vous ne faites partie du Traité de Varsovie que pour un certain temps», laissant entendre par là qu'il aurait décidé de nous en exclure. Mais une telle décision n'est heureusement pas du ressort du camarade maréchal. En octobre de l'année en cours, le camarade Khrouchtchev, avec le plus grand sérieux, a déclaré aux camarades chinois que «nous traiterons l'Albanie comme la Yougoslavie». Nous faisons part de ces déclarations à cette réunion du communisme international, afin de montrer jusqu'à quel point on a poussé les choses, de quelle manière on se comporte à l'égard d'un petit pays socialiste. Quel est le crime commis par le Parti du Travail d'Albanie pour que notre pays soit traité comme la Yougoslavie titiste? Aurions-nous trahi le marxisme-léninisme, comme l'a fait la clique de Tito? Ou bien aurions-nous quitté le camp socialiste pour nous mette à la remorque de l'impérialisme américain comme s'y est mis le révisionnisme yougoslave? Non, et tout le mouvement communiste international en témoigne, en fait foi aussi toute l'activité concrète, politique, idéologique et économique, de notre Parti et de notre Etat tout au long de la Lutte de libération nationale et des seize années qui se sont écoulées depuis la libération de notre patrie, en témoigne le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique lui-même, qui déclare dans sa lettre en date du 13 août 1960, adressée au Comité Central du Parti du Travail d'Albanie : «Les rapports entre le Parti du Travail d'Albanie et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, fondés sur les principes de l'internationalisme prolétarien, ont toujours été véritablement fraternels. L'amitié qui unit nos partis et nos peuples n'a jamais été assombrie par aucun désaccord ou écart. Les positions du Parti du Travail d'Albanie et du Parti Communiste de l'Union Soviétique sur toutes les questions les plus importantes du mouvement communiste et ouvrier international et de politique extérieure ont toujours coïncidé». Alors en quoi consiste notre faute? Notre seul «rime» est de ne pas avoir accepté, à Bucarest, que soit injustement blâmé un parti communiste frère comme l'est le Parti Communiste Chinois, notre seul «crime» est d'avoir ouvertement, dans une réunion communiste internationale (et non pas en le criant sur les toits), osé nous opposer à l'action injustifiée du camarade Khrouchtchev, notre seul «crime» est d'être un petit parti, le parti d'un petit pays, d'un pays pauvre, qui, selon les conceptions du camarade Khrouchtchev doit se contenter d'applaudir, d'approuver, mais ne pas exprimer son opinion. Or cette conception n'est pas marxiste, et elle est inadmissible. Le droit de dire notre mot nous a été conféré par le marxisme-léninisme et ce droit, personne ne peut nous en priver, quelles que soient les pressions politiques ou économiques exercées contre nous, quelles que soient les menaces qu'on nous lance ou les épithètes dont on nous gratifie. A cette occasion nous aimerions demander au camarade Khrouchtchev: «Pourquoi cette déclaration, ne nous l'a-t-il pas faite à nous, mais à un représentant d'un parti tiers? Ou bien le camarade Khrouchtchev pense-t-il que le Parti du Travail d'Albanie n'a pas ses propres points de vue, qu'il a fait cause commune avec le Parti Communiste Chinois au mépris des principes et que, de ce fait, on peut discuter des affaires de notre parti avec les camarades chinois? Non, camarade Khrouchtchev, vous persistez dans vos erreurs et vous avez une très mauvaise opinion de notre Parti. Le Parti du Travail d'Albanie a ses points de vue et il en répond devant son propre peuple, comme devant le mouvement communiste et ouvrier international. Nous sommes contraints d'informer cette réunion que la direction soviétique est passée, en fait, des menaces de traiter l'Albanie comme la Yougoslavie titiste à des actions concrètes. Cette année, notre pays a été frappé d'une série de calamités naturelles. Ce fut d'abord un violent tremblement 'de terre, puis, en octobre, de graves inondations, mais surtout, par la suite, une terrible sécheresse, pas une goutte de pluie n'étant tombée sur l'Albanie pendant quatre mois. La population était menacée de famine. Les faibles réserves du pays furent consommées. Notre Gouvernement demanda d'urgence à l'Union Soviétique de lui acheter du blé en lui exposant la très grave situation du pays. Cela se produisit après la Rencontre de Bucarest. Nous dûmes attendre 45 jours pour recevoir une réponse de l'Union Soviétique, alors que nous n'avions de vivres que pour deux semaines. Au bout de 45 jours, et à la suite de nos sollicitations réitérées, le Gouvernement soviétique, au lieu des 50.000 tonnes de blé que nous lui avions demandées, ne nous en accorda que 10.000; ce qui équivalait aux besoins de la population pour quinze jours, et encore cette quantité ne devait nous être livrée qu'en septembre-octobre. C'était là une pression ouverte exercée contre notre Parti pour le plier à la volonté des camarades soviétiques. En ces journées difficiles, nous pûmes constater bien des choses. Comment l'Union Soviétique qui vend du blé au monde entier, n'en avait-elle pas 50.000 tonnes pour les fournir au peuple albanais, un peuple frère, fidèle au peuple soviétique, au marxisme-léninisme et au camp socialiste, en un temps où, pour des raisons qui ne lui étaient pas imputables, il était menacé de famine? Le camarade Khrouchtchev nous avait dit un jour: «Ne vous inquiétez pas à propos de votre pain, chez nous les rats seuls, mangent autant de blé que vous en consommez». En Union Soviétique, les rats, donc, continuaient de se nourrir, mais le peuple albanais, lui, devait mourir de faim tant que la direction du Parti du Travail d'Albanie ne se serait pas soumise à la volonté de la direction soviétique. Cela est terrible, camarades, mais vrai. Le peuple soviétique ne pardonnera jamais, s'il l'apprend, cette façon ,d'agir de ses dirigeants, car ce comportement n'est ni marxiste, ni internationaliste, ni amical. Il n'est guère amical non plus de la part de ceux-ci de refuser un accord de clearing pour cet achat de blé, et de nous obliger à sortir de notre banque nationale notre petite réserve d'or pour acheter en Union Soviétique le maïs nécessaire à la subsistance de notre population. Ces actions sont liées entre elles; elles ne sont pas fortuites. Ces jours derniers en particulier, les attaques du camarade Khrouchtchev contre notre Parti du Travail ont atteint leur paroxysme. Vous, camarade Khrouchtchev, déclariez le 6 novembre que «les Albanais se comportent avec nous comme Tito». Vous avez dit aux camarades chinois: «Nous avons perdu l'Albanie, et vous, Chinois, l'avez gagnée». Et vous avez finalement affirmé que le Parti du Travail d'Albanie était un maillon faible du mouvement communiste. Que sont ces accusations monstrueuses, ces comportements de «marchand» à l'égard de notre Parti, de notre peuple et d'un pays socialiste, que l'on perdrait ou gagnerait comme une mise au jeu? Que sont ces jugements portés sur un parti frère, qui serait selon vous un maillon faible du mouvement communiste international? Il nous paraît évident que c'est notre juste attitude de principe, l'audace que nous avons de ne pas souscrire à vos actions injustifiées et de les blâmer, qui vous poussent à attaquer notre Parti, à pratiquer toutes sortes de pressions sur lui, à proférer même les monstruosités les plus inouïes à son adresse. Il n'y a dans cette attitude rien d'amical, rien de communiste. Vous nous comparez aux révisionnistes yougoslaves. Or tout le monde sait bien comment notre Parti s'est battu et se bat contre les révisionnistes yougoslaves. Ce n'est pas nous qui agissons comme les Yougoslaves, mais bien vous, camarade Khrouchtchev, qui employez contre notre Parti des méthodes étrangères au marxisme-léninisme. Vous considérez l'Albanie comme une marchandise négociable que quiconque peut acquérir ou céder. Il fut un temps, il est vrai, où l'Albanie était considérée comme telle, c'était lorsque certains croyaient qu'il dépendait d'eux qu'elle existe ou non, mais ce temps-là est révolu depuis que les idées du marxisme-léninisme -ont triomphé dans notre pays. Et vous, vous avez fait revivre cet état de choses en prétendant que vous «aviez perdu» l'Albanie et que quelqu'un d'autre «l'avait gagnée», en décidant que l'Albanie n'était plus un pays socialiste, ce qui ressort de la lettre que vous nous avez remise le 8 novembre, et dans laquelle notre pays n'est pas défini comme un pays socialiste. Que l'Albanie avance dans la voie du socialisme et qu'elle fasse partie du camp du socialisme, ce n'est pas vous, camarade Khrouchtchev, qui en décidez, cela ne dépend pas de votre bon vouloir. Cela, c'est le peuple albanais, avec à sa tête son Parti du Travail, qui l'a décidé, par sa lutte, et il n'est' pas de force au monde qui puisse l'écarter de cette voie. Quant à votre jugement selon lequel notre Parti du Travail serait le maillon le plus faible du camp socialiste et du mouvement communiste international, nous répondons que les vingt années d'histoire de notre Parti, la lutte héroïque de notre peuple et de notre Parti contre les occupants fascistes, les seize années qui se sont écoulées depuis la Libération et au cours desquelles notre Parti et notre petit peuple ont tenu tête à toutes les tempêtes, prouvent bien le contraire. Entourée d'ennemis, comme une île au milieu des flots, la République Populaire d'Albanie a résisté vaillamment à toutes les attaques et provocations des impérialistes et de leurs valets. Tel un roc de granit, elle a tenu et elle tient haut levé le drapeau du socialisme sur les arrières de l'ennemi. Camarade Khrouchtchev, vous avez levé la main contre notre petit peuple et son Parti, mais nous sommes convaincus que le peuple soviétique qui a versé son sang pour la liberté de notre peuple également, que le grand Parti de Lénine, n'approuveront pas votre action. Nous avons pleinement foi dans le marxisme-léninisme, nous sommes certains que les partis frères, qui ont envoyé leurs représentants à cette réunion, considéreront et jugeront cette question dans un parfait esprit de justice marxiste-léniniste. Notre Parti a toujours considéré le Parti Communiste de l'Union Soviétique comme le parti père, parce que c'est le parti le plus ancien, le glorieux parti des bolchéviks, il l'a tenu pour tel à cause de son expérience universelle, de sa grande maturité. Mais notre Parti n'a jamais accepté et il n'acceptera jamais qu'un dirigeant soviétique, quel qu'il soit, lui impose ses propres conceptions, des conceptions que, pour sa part, il juge erronées. La direction soviétique a regardé cette importante question de principe de façon erronée, idéaliste et métaphysique; elle s'est monté la tête à la suite des succès colossaux remportés par les peuples soviétiques et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, et elle enfreint les principes marxistes-léninistes, elle se juge infaillible, elle estime parfaits et immuables toute décision, toute action, tout propos et tout geste de sa part. Les autres, eaux, peuvent se tromper, les autres sont blâmables, elle pas. «Nos décisions sont sacrées,elles sont inviolables.» «Nous ne pouvons faire aucune concession au Parti Communiste Chinois, aucun compromis avec lui», disaient les dirigeants du Parti Communiste de l'Union Soviétique à nos représentants. Alors pourquoi nous ont-ils convoqués à Bucarest? Assurément afin de nous faim voter les yeux fermés les points de vue de la direction soviétique. Et une telle manière d'agir serait marxiste? Une telle attitude serait normale? Peut-on admettre des actes de diversion de la part d'un parti contre un autre parti pour briser l'unité de celui-ci, renverser sa direction ou celle d'un autre Etat ? Jamais de la vie ! Les dirigeants soviétiques ont accusé le camarade Staline d'être soi-disant intervenu auprès des autres partis pour leur imposer les points de vue du Parti bolchévik; nous pouvons témoigner que jamais le camarade Staline n'a agi de la sorte envers nous, qu'il s'est comporté en toute occasion à l'égard du peuple albanais et du Parti du Travail d'Albanie comma un grand marxiste, comme un internationaliste éminent, comme an camarade, un frère et un ami sincère du peuple albanais. En 1945, lorsque notre peuple était menacé de famine, le camarade Staline dérouta les navires chargés de céréales destinées au peuple soviétique, qui souffrait pourtant lui-même à l'époque d'une pénurie de vivres, pour les envoyer aussitôt au peuple albanais. Tout au contraire, la direction soviétique actuelle s'est permis des actions indignes. De telles pressions économiques sontelles admissibles? Est-il admissible que le peuple albanais soit menacé comme il l'a été par la direction soviétique après la Rencontre de Bucarest? En aucune manière. L'Union Soviétique nous a aidés en toute circonstance, généreusement, par des crédits et de mille manières. L'Albanie nouvelle n'eût pu être édifiée sans l'aide qui lui a été prêtée avant tout par 1'Union Soviétique, puis par les autres pays de démocratie populaire. A dire la vérité, nous sommes très reconnaissants à l'Union Soviétique, au Parti Communiste de l'Union Soviétique et au Gouvernement soviétique, de l'important appui qu'ils ont accordé à notre pays pour lui permettre d'édifier son industrie, de mettre sur pied son agriculture, en un mot d'améliorer les conditions d'existence de notre peuple et d'accélérer la construction du socialisme en Albanie. Nous considérons que cette aide offerte à notre petit peuple, qui était plongé avant la guerre dans une misère profonde et générale, à un peuple dont le pays fut gravement dévasté durant la Seconde Guerre mondiale mais qui, sans plier le genou, et sous la glorieuse conduite du Parti Communiste d'Albanie, combattit héroïquement jusqu'à sa libération, que cette aide-là, donc, est une aide internationaliste. Or, pourquoi l'attitude de la direction soviétique à notre égard a-t-elle changé après Bucarest, au point de laisser le peuple albanais souffrir de la faim? Et les dirigeants roumains ont agi de même, refusant d'envoyer, dans le cadre d'un accord de clearing, le moindre grain de blé à notre peuple, alors que la Roumanie exporte des céréales aux pays capitalistes, et que nous étions, pour notre part, contraints d'acheter du maïs contre devises aux producteurs français. Quelques mois avant la Rencontre de Bucarest, le camarade Dej invita expressément une délégation de notre Parti à discuter avec elle des perspectives de développement de l'Albanie. C'était là une préoccupation louable et marxiste. Le camarade Dej dit à notre Parti: «Nous, les autres pays de démocratie populaire, ne devons plus discuter de l'importance des crédits à accorder à l'Albanie, mais c'est l'Albanie elle-même qui doit décider de construire telles et telles fabriques, d'élever le niveau de ses moyens de production, quant aux millions de roubles que de telles réalisations pourront nécessiter, peu importe.» Et le camarade Dej ajouta même: «Nous en avons parlé aussi avec le camarade Khrouchtchev et il est d'accord avec nous». Mais vint la Rencontre de Bucarest et notre Parti adopta l'attitude que l'on sait. Les camarades roumains oublièrent ce qu'ils avaient dit et choisirent la voie qui consistait à laisser le peuple albanais souffrir de la faim. Nous avons auparavant fait part officiellement de ces questions au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique, nous ne les avons pas soulevées et n'en avons pas discuté publiquement, nous n'en avons chuchoté à l'oreille de personne et nous les révélons pour la première fois à une réunion de partis, comme l'est la Conférence d'aujourd'hui. Pourquoi donc soulevons-nous ces questions? Notre but est de mettre un terme à ces manifestations négatives, qui loin de la renforcer, affaiblissent au contraire notre unité. Nous sommes mus par le désir de voir raffermir les relations et les liens marxistesléninistes entre les partis communistes et ouvriers et entre les Etats socialistes, de manière que soient balayées toutes les manifestations pernicieuses qui ont pu jusqu'à présent se faire jour. Nous sommes optimistes et fermement convaincus que les camarades soviétiques, de même que les autres camarades, comprendront correctement nos critiques. Elles sont sévères, mais franches et cordiales, et elles visent à renforcer nos relations. Notre Parti et notre peuple, indépendamment des attitudes injustes' et malveillantes que l'on observe à notre égard, et que nous espérons voir cesser dans l'avenir, cimenteront encore plus leur attachement et leur dévouement infinis aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de l'Union Soviétique, aux peuples et aux partis communistes et ouvriers du camp socialiste, un attachement et un dévouement qui auront toujours pour fondements ' les enseignements marxistes-léninistes. Notre Parti ne conçoit l'amitié que fondée sur la justice, le respect réciproque et les principes marxistes-léninistes. Cela est dit en toutes lettres dans la Déclaration de Moscou de 1957, c'est également ce que souligne le projet de déclaration qui nous est présenté. Nous déclarons avec la plus profonde conviction que le Parti du Travail d'Albanie et le peuple albanais combattront résolument comme ils l'ont toujours fait jusqu'ici pour raffermir les relations entre les membres du camp socialiste, pour renforcer son unité et le mouvement communiste international. Le peuple albanais est prêt à se jeter au feu pour défendre ses vrais amis et il n'en est aucun qu'il place avant l'Union Soviétique. Ce ne sont pas là des paroles creuses qui ne sortent que de ma bouche, je ne fais qu'exprimer ici les sentiments de mon peuple et de mon Parti et on doit bien se dire que si nous aimons l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, ce n'est pas pour les beaux yeux de qui que ce soit, ou pour flatter quelqu'un, mais parce que sans l'Union Soviétique il n'y aurait pas aujourd'hui de vie libre dans le monde, et l'on verrait régner le fascisme et la terreur capitaliste. Voilà pourquoi nous aimons l'Union Soviétique et le Parti du Grand Lénine et nous leur resterons à jamais fidèles.
Chers camarades, La Déclaration de Moscou de 1957 tout comme le projet de déclaration qui nous est soumis constatent que le révisionnisme constitue aujourd'hui le principal danger dans le mouvement communiste et ouvrier international. La Déclaration de 1957 souligne à juste titre que la source intérieure du révisionnisme est la persistance de l'influence bourgeoise, alors que la capitulation face à la pression de l'impérialisme constitue sa source extérieure. La vie a pleinement confirmé que le révisionnisme moderne, camouflé de slogans pseudo-marxistes et révolutionnaires, s'est employé de toutes les manières à discréditer notre grande doctrine, le marxisme-léninisme, qu'il a proclamée «surannée» et ne répondant plus à l'évolution sociale. Sous le couvert du slogan du marxisme créateur, de prétendues conditions nouvelles, les révisionnistes ont tenté, d'une part, de dépouiller le marxisme-léninisme de son esprit révolutionnaire et de saper la confiance de la classe ouvrière et du peuple travailleur dans le socialisme, et, d'autre part, et de mille façons, d'enjoliver l'impérialisme, de faire croire qu'il s'est adouci, qu'il est devenu pacifique. Les trois années qui se sont écoulées depuis la Conférence de Moscou, ont pleinement confirmé que les révisionnistes modernes ne sont que des scissionnistes du mouvement communiste et du camp socialiste. des laquais fidèles de l'impérialisme, des ennemis jurés du socialisme et de la classe ouvrière. L'expérience même â montré jusqu'à présent que le révisionnisme moderne a dans les révisionnistes yougoslaves, dans la clique traîtresse de Tito et Cie, ses porte-drapeau, ses représentants les plus agressifs et les plus dangereux. A l'époque où fut approuvée la Déclaration de Moscou, bien que, à notre sens, il existât alors déjà des données et des faits suffisants pour le faire, ce groupe hostile, agence de l'impérialisme américain, ne fut pas dénoncé publiquement. De surcroît, par la suite, lorsque le danger qu'il présentait apparut plus clairement, la lutte contre le révisionnisme yougoslave, la lutte conséquente et ininterrompue pour son démantèlement idéologique et politique, ne fut pas menée avec la vigueur voulue. Au contraire. Et ce fut là l'origine de bien des maux et de torts enregistrés dans notre mouvement communiste et ouvrier international. De l'avis de notre Parti, si le groupe de Tito n'a pas été totalement démasqué, si l'on a entretenu des «espérances mensongères d'une soi-disant «amélioration» et d'un «tournant» positifs de ce groupe de traîtres, c'est parce qu'ont joué dans ce sens la tendance conciliatrice, la conception erronée et le jugement faussé du camarade Khrouchtchev et die certains autres dirigeants soviétiques à l'égard du dangereux groupe révisionniste titiste. Il a été dit que J. V. Staline s'était trompé dans le jugement qu'il avait porté sur les révisionnistes yougoslaves et en exacerbant l'attitude adoptée à leur encontre. Notre Parti n'a jamais été d'accord avec un tel point de vue, car le temps et la pratique ont précisément démontré le contraire. Staline avait fait une très juste appréciation du danger que présentaient les révisionnistes yougoslaves, et il a cherché à résoudre cette question en temps voulu et par la voie marxiste. Le Bureau d'Information en tant qu'organe collégial, se réunit à l'époque, et, le groupe titiste ayant été démasqué, une lutte sans merci fut engagée contre lui. Et le temps a démontré et il continue de démontrer qu'une telle action était juste et indispensable. Le Parti du Travail d'Albanie a toujours été convaincu que le groupe de Tito trahit le marxisme-léninisme, que c'est une officine de l'impérialisme, un dangereux ennemi du camp socialiste et de l'ensemble du mouvement communiste et ouvrier international, et qu'il faut donc mener contre lui une lutte impitoyable. Pour notre part, nous avons mené et nous continuons de mener cette lutte, parce que nous sommes des communistes internationalistes et que nous avons senti et nous sentons chaque jour sur notre dos tout le poids de l'activité hostile de la clique révisionniste de Tito contre notre Parti -et notre pays Mai: cette attitude de notre Parti n'a pas été du goût du camarade Khrouchtchev ni 3e quelques autres camarades. Le groupe titiste est, de longue date, un groupe de trotskistes et de renégats. Du moins pour le Parti du Travail d'Albanie il est tel depuis 1942, c'est-à-dire depuis 18 ans. Dès 1942, lorsque la lutte du peuple albanais prit une grande ampleur, le groupe trotskiste de Belgrade, sous le masque de l'amitié et profitant de notre bonne foi, s'efforça par tous les moyens d'entraver le développement de notre lutte armée, d'empêcher la création de puissants détachements de choc de partisans albanais et, se voyant incapable de le faire, il tenta d'en prendre directement la conduite politique et militaire. Ce groupe chercha à faire en sorte que tout dans notre action dépendît de Belgrade et que notre Parti, notre armée partisane, fussent de simples appendices du Parti Communiste Yougoslave et de l'armée de libération nationale yougoslave. Notre Parti, tout en préservant l'amitié qui l'unissait aux partisans yougoslaves, contrecarra victorieusement ces desseins diaboliques. Dès cette époque, le groupe titiste s'employait à jeter les fondements d'une Fédération Balkanique, placée sous la direction de Belgrade, à mettre les partis communistes à la remorque du Parti Communiste de Yougoslavie, et les armées partisanes des peuples des Balkans sous la -dépendance de l'état-major titiste. A cette fin, il tenta, de concert avec les Anglais, de créer l'état-major balkanique et de placer celui-ci, c'est-àdire nos armées, sous la direction des Anglo-américains. Notre Parti déjoua victorieusement ces plans diaboliques. Et lorsque le drapeau -de la Libération fut hissé sur Tirana, la bande titiste de Belgrade donna l'ordre à ses agents en Albanie de rabaisser le succès du Parti Communiste d'Albanie et d'organiser un putsch afin de renverser la direction du Parti, la direction même qui avait organisé le Parti, guidé la Lutte de Libération Nationale et conduit le peuple albanais à la victoire. Et Tito, de concert avec ses agents secrets dans notre Parti, organisa son premier putsch chez nous. Mais le Parti Communiste d'Albanie fit échouer ce complot. Les comploteurs de Belgrade ne déposèrent pas les armes pour autant, et en collusion avec le traître Koçi Xoxe, leur premier agent dans notre Parti, ils reprirent, sous de nouvelles formes,5 l'organisation de leur complot contre l'Albanie nouvelle. Leur but était de faire de l'Albanie une septième république de la Yougoslavie. En un temps où le pays était dévasté, incendié, et qu'il fallait le reconstruire à partir de ses fondements, que notre peuple était sans pain et sans abri, mais animé d'un moral élevé, que notre peuple et notre armée, les armes à la main, montaient une garde vigilante contre les complots de la réaction organisés par les' missions anglo-américaines qui menaçaient l'Albanie nouvelle de nouvelles invasions, qu'une grande partie de l'armée partisane albanaise avait franchi la frontière de l'Albanie pour se porter au secours de ses frères yougoslaves, combattre à leurs côtés et libérer avec eux le Monténégro, la Bosnie, l'Herzégovine, Kosovë et Métohi, et la Macédoine, en ce temps-là les comploteurs de Belgrade ourdissaient de nouveaux plans pour asservir l'Albanie. Mais notre Parti a tenu tête héroïquement à ces agents camouflés en communistes. Les trotskistes de Belgrade, voyant qu'ils perdaient la partie, que leurs complots -étaient réduits à néant par notre Parti, jouèrent leur dernière carte, ils tentèrent d'envahir l'Albanie militairement, d'y étouffer la résistance, d'arrêter les dirigeants du Parti du Travail d'Albanie et de l'Etat albanais et de déclarer l'Albanie septième république de la Yougoslavie: Le Parti déjoua, comme les autres, ce plan diabolique monté par eux. L'appui et l'intervention de Joseph Staline à ses moments-là furent -décisifs pour notre Parti et la liberté du peuple albanais. C'est précisément à ce moment que la clique de Tito fut démasquée par le Bureau d'Information. Staline et l'Union Soviétique sauvaient ainsi le peuple albanais pour la seconde fois. Le Bureau d'Information fit échouer les menées et complots de la clique de Tito, non seulement en Albanie, mais aussi dans les autres pays de démocratie populaire. Masqués en communistes, Tito et sa bande, ces renégats et agents de l'impérialisme, tentèrent de rompre l'amitié et l'alliance de combat qui unissaient les pays de démocratie populaire des Balkans et de l'Europe centrale à l'Union Soviétique, de détruire les partis communistes et ouvriers de nos pays et de transformer nos Etats en réserve de l'impérialisme anglo-américain. Qui ne connaissait et ne voyait alors en action ces plans hostiles de l'impérialisme et de son serviteur fidèle Tito? Tous en avaient connaissance, tous en furent informés et tous approuvèrent unanimement les justes décisions du Bureau d'Information, tous, sans exception, souscrivirent aux résolutions du Bureau d'Information, lesquelles, selon notre point de vue, étaient et sont demeurées toutes justes. Ceux qui ne voulurent voir, ni comprendre les agissements de cette bande de criminels, éprouvèrent pour la seconde fois, avec la contre-révolution en Hongrie et les complots incessants en Albanie, que le loup meurt dans sa peau; Tito et sa bande ont eu beau recourir à toutes les ruses, s'affubler de tous les masques, ils n'en demeurent pas moins des traîtres, des criminels, des agents de l'impérialisme, des assassins des héroïques communistes internationalistes yougoslaves, et ils le resteront tant qu'ils n'auront pas été liquidés. Quant aux décisions prises contre le groupe renégat de Tito par le Bureau d'Information, le Parti du Travail d'Albanie ne les considère pas comme ayant été arrêtées personnellement par le camarade Staline, mais par tous les partis qui faisaient partie du Bureau d'Information. Et non seulement par les partis membres du Bureau d'Information, mais aussi par les partis communistes et ouvriers qui n'en faisaient pas partie. Cette question concernant tous les partis communistes et ouvriers, touchait par conséquent aussi le Parti du Travail d'Albanie, lequel, ayant reçu et étudié la lettre adressée par Staline et Molotov au Comité Central du Parti Communiste de Yougoslavie, se montra pleinement solidaire de cette lettre et des décisions du Bureau d'Information. Pourquoi alors le «tournant» opéré par le camarade Khrouchtchev et le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique en 1955 à l'égard des révisionnistes yougoslaves, ne donna-t-il pas lieu à une consultation régulière avec les autres partis communistes et ouvriers, mais fut-il conçu et mis en application si rapidement et unilatéralement? C'était là une question qui nous concernait tous. Ou bien les révisionnistes yougoslaves s'étaient dressés contre le marxisme-léninisme et les partis communistes et ouvriers du monde, ou bien ils ne l'avaient pas fait; ou bien c'est eux qui avaient commis une faute, ou bien c'est nous qui en avions commis une à leur égard, et pas seulement Staline. Et ce point, le camarade Khrouchtchev ne pouvait ni ne devait le résoudre seul, à sa guise. C'est pourtant ce qu'il fit et il rattacha le tournant dans les rapports avec les révisionnistes yougoslaves à son voyage à Belgrade. Cette initiative fit l'effet d'une bombe au Parti du Travail d'Albanie et il s'y opposa immédiatement de façon catégorique. Avant le départ, en mai 1955, du camarade Khrouchtchev pour Belgrade, le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie adressa au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique une lettre dans laquelle il exprimait l'opposition de notre Parti à ce voyage à Belgrade, en soulignant que la question yougoslave ne pouvait être résolue unilatéralement, mais qu'elle devait être discutée par une réunion du Bureau d'Information, à laquelle le Parti du Travail d'Albanie demandait à être invité. C'est là que cette question devait être décidée après un long et juste débat. Certes, du point dé vue de la forme, il ne nous appartenait pas de décider si le camarade Khrouchtchev devait faire ou non ce voyage à Belgrade, mais, dans le fond, nous avions raison et le temps a confirmé que la question yougoslave ne devait pas être réglée ainsi au pied levé. On lança le slogan des «superpositions», on annula rapidement la seconde résolution du Bureau d'Information, on inaugura «l'époque de la réconciliation» avec «les camarades yougoslaves», on révisa les cas des comploteurs, qui furent réhabilités, on ne fit plus que parler avec chaleur des «camarades yougoslaves», et les «camarades yougoslaves» se dressèrent sur leurs ergots, se mirent à clamer que leur «juste cause» avait triomphé, que c'était « Staline, ce criminel», qui avait ourdi toutes ces accusations contre eux, et il se créa ainsi une situation où quiconque refusait de marcher droit dans ce sens était traité de «stalinien» et devait être éliminé. Notre Parti s'opposa à l'adoption d'une telle voie conciliatrice et opportuniste. Il se maintint sur de justes positions idéologiques, marxistes-léninistes, sur les positions de la lutte idéologique et politique contre les révisionnistes yougoslaves. Le Parti du Travail demeura inébranlablement attaché à son point de vue que le groupe titiste était un groupe de traîtres, de renégats, de trotskistes, un groupe de diversion et à la solde des Américains, et que le Parti du Travail d'Albanie ne s'était pas trompé à leur égard. Le Parti du Travail d'Albanie s'en tint fermement au point de vue selon lequel le camarade Staline ne s'était pas trompé sur ces questions, que les révisionnistes, suivant leur ligne de trahison, avaient tenté d'asservir l'Albanie, de détruire le Parti du Travail d'Albanie, et qu'en tramant contre notre pays une série de complots internationaux en collusion avec les impérialistes anglo-américains, ils cherchaient à le plonger dans des conflits internationaux. Par ailleurs, le Parti du Travail d'Albanie était d'accord pour établir avec la République Fédérative Populaire de Yougoslavie des rapports d'Etat à Ftat de bon voisinage, des relations commerciales et culturelles, si les normes de la coexistence pacifique entre Etats à régimes différents étaient respectées, car pour le Parti du Travail d'Albanie, la Yougoslavie titiste n'a jamais été, elle n'est et elle ne sera jamais un pays socialiste, tant qu'elle aura à sa tête un groupe renégat et agent de l'impérialisme. Aucune tentative ouverte ou camouflée ne put écarter le Parti du Travail d'Albanie de ces justes positions. Vainement, le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique, par le truchement du camarade Souslov, s'employa à nous convaincre de ne pas évoquer la question de Koçi Xoxe au rapport d'activité que nous devions présenter à notre 3e Congrès, en mai 1956, ce qui eut signifié de notre part le reniement de notre lutte et de nos positions de principe. Avec l'Albanie, les titistes tombèrent sur un os, ou comme le dit Tito, «l'Albanie lui devint une épine au pied» et le groupe des traîtres titistes poursuivit naturellement sa lutte contre le Parti du Travail d'Albanie, croyant nous démasquer en nous qualifiant de «staliniens». Le groupe de Belgrade ne se borna pas à nous combattre par la propagande, mais il continua ses menées d'espionnage, ses actes de diversion, ses complots, il envoya der bandes armées dans notre pays et se montra encore plus agissant qu'avant 1948. Tout cela est établi par des faits. Mais la tragédie réside en ce que d'une part le Parti du Travail d'Albanie devait se défendre contre les dures et incessantes attaques des révisionnistes yougoslaves, et que d'autre part, la position inébranlable, de principe, marxiste-léniniste, de notre Parti était en opposition avec l'attitude conciliatrice adoptée à l'égard des révisionnistes yougoslaves par les dirigeants soviétiques et ceux de certains autres partis communistes et ouvriers. On clamait et écrivait alors partout que «la Yougoslavie, est de fait un pays socialiste», que «les communistes yougoslaves ont une grande expérience et de grands mérites», que «l'expérience yougoslave est digne d'un grand intérêt et mérite une étude attentive», que «la période des querelles et des malentendus n'avait pas été suscitée par la Yougoslavie et que celle-ci avait été victime d'une grande injustice» etc. etc. Bien entendu, ces attitudes encouragèrent la clique de Tito, qui crut avoir totalement gagné la partie, à part «l'épine» qui lui était restée «au pied» et qu'elle comptait bien isoler et finalement liquider. Mais non seulement elle ne put isoler et encore moins liquider notre Parti, mais le temps est au contraire venu confirmer le bien-fondé des points de vue de notre Parti. A cause de cette position qu'il a adoptée, notre Parti a été l'objet de pressions multiples. La direction albanaise fut jugée «emportée», «entêtée», on l'accusa de «gonfler» l'importance -de ses litiges avec la Yougoslavie, d'exciter injustement les Yougoslaves, etc. Sur ce plan, notre Parti fut attaqué au premier chef par le camarade Khrouchtchev. J'ai brièvement évoqué plus haut les agissements des révisionnistes yougoslaves contre notre Parti et notre pays durant la guerre, après la guerre, et après 1948, mais je m'arrêterai aussi un peu sur la période antérieure à la contre-révolution en Hongrie, contre-révolution qui fut l'oeuvre des agents yougoslaves. Le groupe de traîtres de Belgrade entreprit d'organiser une contre-révolution en Albanie également. Si notre Parti avait commis l'erreur d'entrer dans la «danse de la réconciliation» avec les révisionnistes yougoslaves, comme on le lui conseillait après 1955, la démocratie populaire en Albanie aurait été perdue. Nous Albanais, ne serions pas aujourd'hui dans cette salle, mais en train de combattre encore dans nos montagnes. Notre Parti et notre peuple, fondus en une unité d'acier, constamment en éveil, découvrirent et démasquèrent les espions de Tito infiltrés dans notre Comité Central, qui travaillaient en collusion avec la Légation de Yougoslavie à Tirana. Tito fit savoir à ces traîtres qu'ils s'étaient trop hâtés et qu'ils devaient attendre ses instructions. Ces espions et traîtres écrivirent aussi au camarade Khrouchtchev, lui demandant d'intervenir contre le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie. Ce sont là des faits établis. Le dessein de Tito était de coordonner la contre-révolution en Albanie avec la contre-révolution hongroise. Quelque temps après le 20e Congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique, devait se tenir notre 3e Congrès. L'agence yougoslave jugea le moment vertu de renverser la direction albanaise «obstinée et stalinienne» et organisa le complot qui fut découvert et écrasé à la conférence du Parti à Tirana, en avril 1956. Les comploteurs reçurent le châtiment sévère qu'ils méritaient. D'autres agents dangereux de Tito en Albanie, Dali Ndreu et Liri Gega, reçurent de lui l'ordre de s'enfuir en Yougoslavie, car «ils étaient en péril -et les actions» contre notre Parti «devaient être organisées sur le territoire yougoslave». Le Parti avait pleinement connaissance de l'activité et de l'ordre secret de Tito. Il veillait et se saisit des traîtres sur la frontière, alors qu'ils tentaient de s'enfuir. Ceux-ci furent jugés et fusillés. L'agence yougoslave qui préparait la contre-révolution en Albanie fut découverte et complètement anéantie. Chose curieuse, le camarade Khrouchtchev se posa devant nous en défenseur de ces traîtres et agents yougoslaves : il nous accusa d'avoir fait fusiller l'agent yougoslave Liri Gega, alors qu'elle était soi-disant «en état de grossesse, ce qui n'avait pas de précédent même à l'époque du tsar, et avait produit une très mauvaise impression dans l'opinion publique mondiale.» C'étaient là des calomnies des Yougoslaves, en qui le camarade Khrouchtchev avait plus confiance qu'en nous. Bien entendu, nous réfutâmes ses insinuations. Mais dans son attitude injuste, contraire aux principes et inamicale à l'égard de notre Parti et de sa direction, le camarade Khrouchtchev ne s'en tint pas là. Panajot Plaku, un autre agent yougoslave, traître au Parti du Travail d'Albanie et au peuple albanais, s'enfuit en Yougoslavie et se mit au service des Yougoslaves. Il organisait les émissions hostiles de la station dite «l'Albanie socialiste». Ce traître écrivit au bandit Tito et au camarade Khrouchtchev, demandant notamment à ce dernier de se prévaloir de son autorité pour éliminer la direction albanaise, Enver Hoxha en tête, parce que nous serions «antimarxistes, staliniens». Le camarade Khrouchtchev, loin de s'indigner de la lettre de ce traître, estimait au contraire que celui-ci devait pouvoir rentrer en Albanie sans y être inquiété ou, sinon, qu'il pourrait trouver asile politique en Union Soviétique. En entendant ces propos, nous eûmes l'impression que les murs du Kremlin s'écroulaient sur nous, car nous n'aurions jamais pu imaginer que le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique en arriverait au point de soutenir les agents de Tito et les traîtres à notre Parti, contre notre Parti et notre peuple. Mais nos divergences de principe avec le camarade Khrouchtchev sur la question yougoslave atteignirent leur point culminant lorsque, devant notre insistance de principe à démasquer l'agence titiste de Belgrade, il s'indigna à tel point, qu'au cours des entretiens officiels d'avril 1957 entre nos deux délégations, il nous dit, en colère ; «arrêtons là nos discussions, nous ne pouvons pas nous entendre avec vous. Vous cherchez à nous ramener sur la voie de Staline.» Nous étions, pour notre part, outrés d'une telle attitude inamicale de la part du camarade Khrouchtchev, qui cherchait à rompre les conversations, en d'autres termes à envenimer ses rapports avec le Parti et l'Etat albanais sur la question des traîtres au marxisme-léninisme, du groupe de Tito. Nous ne pouvions en aucune manière souscrire à cette attitude, et pourtant, bien qu'accusés d'emportement, nous gardâmes notre sang-froid, car nous étions convaincus que c'était nous et non le camarade Khrouchtchev qui étions dans le vrai, que c'était la ligne que nous suivions et non pas celle du camarade Khrouchtchev qui était juste, que le bien-fondé de notre ligne serait démontré une fois de plus par la vie, comme il le fut effectivement. Selon nous, la contre-révolution en Hongrie fut principalement l'oeuvre des titistes. Les impérialistes américains avaient, au premier chef en Tito et dans les renégats de Belgrade, la meilleure arme pour saper la démocratie populaire en Hongrie. Après le voyage du camarade Khrouchtchev à Belgrade, en 1955, la question de l'activité de sape de Tito fut négligée.. La contre-révolution en Hongrie n'éclata pas inopinément, elle fut préparée quasi ouvertement et personne ne réussirait à nous convaincre que cette révolution a été préparée dans le plus grand secret. La contre-révolution fut préparée par l'agence de la bande Tito, en collusion avec le traître Imre Nagy, en collusion avec les fascistes hongrois, qui, tous ensemble, agissaient ouvertement sous la direction des américains. Les titistes, principaux fauteurs de la contre-révolution hongroise, projetaient de détacher la Hongrie de notre camp socialiste, de la transformer en une seconde Yougoslavie, de l'allier à l'OTAN par l'intermédiaire de la Yougoslavie, de la Grèce et de la Turquie, de l'assujettir à l'aide de l'Amérique et de lui faire poursuivre la lutte, de concert avec la Yougoslavie, et sous la direction de l'impérialisme, contre le camp socialiste. Les contre-révolutionnaires en Hongrie oeuvraient au grand jour. Comment leurs agissements ne furent-ils remarqués par personne? Nous ne pouvons concevoir que dans une démocratie soeur comme la Hongrie, où le Parti est au pouvoir et dispose des armes de la dictature du prolétariat, où étaient stationnées des troupes soviétiques, Tito et les bandes horthystes aient pu oeuvrer aussi librement qu'ils le firent. Nous estimons que les positions du camarade Khrouchtchev et des autres camarades soviétiques à l'égard de la Hongrie n'ont pas été claires, du fait que leurs points de vue tout à fait erronés sur la bande de Belgrade les empêchaient d'avoir une juste vision de ces questions. Les camarades soviétiques avaient confiance en Imre Nagy, l'homme de Tito. Et ce que nous disons là n'est pas un vain propos. Avant que n'éclate la contre révolution et quand la chaudière bouillait au cercle «Petöfi», j'étais de passage à Moscou et au cours d'un entretien que j'eus avec le camarade Souslov, je lui fis part de ce que j'avais vu en passant par Budapest, je lui dis aussi que le révisionniste Imre Nagy se dressait et qu'il organisait la contre-révolution au cercle «Petöfi». Le camarade Souslov rejeta catégoriquement mon point de vue et pour me prouver les bons sentiments d'Imre Nagy, il me sortit d'un tiroir «l'autocritique toute fraîche d'Imre Nagy». Néanmoins, je répétai au camarade Suslov qu'Imre Nagy était un traître. Nous avons un autre sujet d'étonnement et nous posons cette question légitime: pourquoi le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques sont-ils allés plusieurs fois à Brioni pour y converser avec le renégat Tito sur l'affaire hongroise? Du moment que- les camarades dirigeants soviétiques étaient informés que les titistes préparaient la contre-révolution dans un pays de notre camp, leur était-il permis d'aller s'entretenir avec un ennemi qui fomente des complots et des contre-révolutions dans les pays socialistes? Il est naturel que nous demandions au camarade Khrouchtchev et aux camarades soviétiques, en parti communiste, en Etat de démocratie populaire, en membre du Traité de Varsovie et du camp socialiste que nous sommes, pourquoi ils ont jugé opportunes ces rencontres répétées à Brioni en 1956 avec Tito, avec ce traître au marxisme-léninisme et n'ont pas estimé utile de se réunir une seule fois avec les représentants de nos pays, ni d'organiser une seule réunion des pays membres du Traité de Varsovie. Quand donc se réuniront les pays membres du Traité de Varsovie? Faudra-t-il attendre pour cela qu'un de nos pays soit en danger? Nous estimons que le fait d'intervenir ou non par les armes en Hongrie est une question qui ne doit pas relever du jugement d'une seule personne; du moment que nous avons mis sur pied, le Traité de Varsovie, nous devons prendre les décisions qui nous concernent en commun, sinon il est vain de parler d'alliance, de collégialité et de coopération entre les partis. La contre-révolution hongroise a coûté du sang à notre camp, elle a coûté du sang à la Hongrie et à l'Union Soviétique. Comment a-t-on permis cette effusion de sang et n'a-t-on pas pris de mesures pour la prévenir? Nous estimons qu'aucune mesure préalable ne pouvait être prise, dès lors que le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques avaient confiance dans l'organisateur de la contrerévolution hongroise, dans le traître Tito, et qu'ils faisaient si bon marché des réunions régulières indispensables avec leurs amis, avec leurs alliés, qu'ils jugeaient seules justes leurs propres décisions sur des questions qui nous touchent tous, sans faire le moindre cas du travail et des décisions collégiales. Le Parti du Travail d'Albanie n'a pas une idée claire de la manière dont les choses se sont déroulées ni de la façon dont les décisions ont été prises sur cette affaire. En un temps où les titistes d'une part, s'entretiennent à Brioni avec les camarades soviétiques et, d'autre part, organisent fébrilement la contre-révolution en Hongrie et en Albanie, les camarades soviétiques ne se donnent même pas la peine de mettre notre direction au courant, ne fût-ce que de façon purement formelle, par égard pour les alliés que nous sommes, de ce qui se passe, des mesures qu'ils entendent prendre. Les camarades soviétiques savent fort bien quels étaient les vues et les desseins de Belgrade à l'égard de l'Albanie. En fait, l'attitude des camarades soviétiques est non seulement blâmable mais même incompréhensible. L'affaire hongroise nous a servi de précieuse leçon, par ce qui s'y est passé, sur la scène comme dans les coulisses. Nous pensions que la contre-révolution hongroise était plus que suffisante pour prouver la trahison de Tito et de sa bande. Nous savons que de nombreux documents sont conservés dans las tiroirs et ne sont pas révélés, des documents qui démasquent l'activité barbare du groupe de Tito dans l'affaire hongroise. Nous ne comprenons pas pourquoi l'on agit ainsi. Quels sont les intérêts qui se cachent derrière ces documents, lesquels ne sont pas révélés mais soigneusement conservés dans des classeurs? On a recherché et découvert les moindres documents pour condamner après sa mort le camarade Staline et on serre dans les tiroirs les documents qui démasqueraient le vil traître qu'est Tito. Toutefois même après la contre-révolution hongroise la lutte politique et idéologique contre la bande titiste, au lieu d'aller crescendo, comme le requiert le marxisme-léninisme, est allée s'éteignant, vers la réconciliation, les sourires, les contacts, l'adoucissement, pour aboutir presque à des embrassades. En fait, les titistes, grâce à cette attitude opportuniste observée à leur égard, réussirent à franchir également ce fossé. Le Parti du Travail d'Albanie était opposé à la ligne suivie par le camarade Khrouchtchev et les autres camarades à l'égard des révisionnistes yougoslaves. Notre parti poursuivit sa lutte contre les révisionnistes avec encore plus de force. Nombre d'amis et de camarades, et en premier lieu les camarades soviétiques et les camarades bulgares, incapables d'attaquer notre juste ligne, nous raillaient, avaient un sourire ironique à notre adresse et, par leurs contacts amicaux avec les titistes, isolaient partout nos représentants. Nous espérions qu'après le 7e Congrès titiste, même les aveugles, sans parler des marxistes, verraient à qui ils avaient affaire et comment ils devaient agir. Par malheur, il n'en fut rien. Peu de temps après le 7e Congrès titiste, la dénonciation du révisionnisme s'émoussa. Les revues théoriques soviétiques parlaient de toutes sortes de révisionnisme, même du révisionnisme d'Honolulu, mais ne disaient que fort peu de chose du révisionnisme yougoslave. C'était ne pas voir le loup qu'on avait devant soi et chercher ses traces. On vit lancer les slogans «Ne parlons plus de Tito et de son groupe, car cela ne fait qu'alimenter leur vanité», «Ne parlons plus de Tito et de son groupe, car nous faisons du tort au peuple yougoslave», «Ne parlons pas des renégats titistes, car Tito tire parti de nos propos pour mobiliser le peuple yougoslave contre notre camp.» etc. Un bon nombre de partis firent leurs ces slogans, mais notre parti ne les suivit pas dans cette voie et nous estimons avoir agi judicieusement. Il se créa ainsi une situation telle que la presse des pays amis n'acceptait d'insérer des articles de collaborateurs albanais qu'à condition qu'il n'y fût pas fait mention des révisionnistes yougoslaves. Dans tous les pays de démocratie populaire européens, à l'exception de la Tchécoslovaquie, où les camarades tchécoslovaques, jugèrent dans l'ensemble nos actions judicieuses, nos ambassadeurs furent indirectement isolés, car les diplomates des pays amis préféraient converser avec les diplomates titistes; ils détestaient les nôtres et ne voulaient pas les voir. Et les choses en arrivèrent au point que le camarade Khrouchtchev fit de la question yougoslave une condition de sa venue en Albanie, à la tête d'une -délégation du Parti et du Gouvernement soviétique, au mois de mai 1959. Les premiers mots du camarade Khrouchtchev, au début des entretiens à Tirana, furent pour avertir les assistants qu'il ne parlerait pas contre les révisionnistes yougoslaves, ce que personne du reste ne l'obligeait à faire, mais cette déclaration signifiait clairement son désaccord avec le Parti du Travail d'Albanie sur cette question. Nous respectâmes son désir, comme étant celui d'un ami, tant qu'il séjourna en Albanie, indépendamment du fait que la presse titiste, qui se réjouit outre mesure de cette attitude, ne manqua pas de dire que Khrouchtchev avait cloué le bec aux Albanais. En fait, cela ne correspondait pas exactement à la réalité, car le camarade Khrouchtchev était fort loin de nous rallier à ses vues sur cette question et les titistes apprirent clairement, après le départ de notre hôte, que le Parti du Travail d'Albanie n'était plus lié aux conditions que Khrouchtchev lui avait posées et qu'il poursuivait sa propre voie marxiste-léniniste. Le camarade Khrouchtchev, dans ses entretiens avec Vukmanovié Tempo, a, entre autres, jugé nos prises de position, quant au ton, similaires à celles des Yougoslaves et a désapprouvé le ton des Albanais. Nous considérons erronés et répréhensibles les propos du camarade Khrouchtchev tenus à Vukmanovic Tempo, ennemi du marxisme, du camp du socialisme et de l'Albanie. Nous disons que chacun doit être traité comme il le mérite et, pour notre part, nous ne sommes pas d'accord avec le ton conciliant de Khrouchtchev à l'égard des révisionnistes, car notre peuple dit bien qu'on doit parler durement à l'ennemi et avoir les paroles les plus douces pour ceux qu'on aime. Certains camarades, dont le jugement sur ce point est erroné, prétendent que nous observons cette attitude à l'égard des titistes, parce que nous tiendrions, prétendument, à porter le drapeau de la lutte contre le révisionnisme ou parce que nous avons une manière étroite, strictement nationale, de considérer ce problème, et que de ce fait nous nous sommes engagés, sinon dans une voie «chauvine», tout au moins dans la voie d'un «nationalisme étroit». Le Parti du Travail d'Albanie a jugé et juge la question du révisionnisme yougoslave à travers le prisme du marxisme-léninisme, il l'a regardé comme le principal danger pour le mouvement communiste international, comme un danger pour l'unité du camp socialiste, et il le combat en tant que tel. Mais tout en étant internationalistes, nous n'en sommes pas moins des communistes d'un pays donné, de l'Albanie. Nous, communistes albanais, ne nous considérerions pas comme des communistes, si nous ne défendions pas avec esprit de suite et détermination la liberté de notre chère patrie contre les complots et les attaques de diversion de la clique révision niste de Tito, qui visent à envahir l'Albanie et dont tout le monde a désormais parfaitement connaissance. Est-il possible et permis que nous, communistes albanais, laissions notre pays devenir la proie de Tito, des Américains, des Grecs ou des Italiens? Non, jamais! D'autres nous conseillent de ne pas nous en prendre aux Yougoslaves. «Que craignez-vous? nous dit-on, vous avez la protection de l'Union Soviétique». Nous avons dit et nous répétons à ces camarades que nous ne craignons ni les trotskistes yougoslaves, ni personne au monde. Nous avons toujours -dit et nous répétons que l'Union Soviétique nous a défendus, qu'elle nous défend et qu'elle nous défendra, mais nous sommes marxistes-léninistes, et nous ne relâcherons jamais un seul moment notre lutte contre les révisionnistes et les impérialistes, avant de les avoir liquidés. Car pour être protégé par l'Union Soviétique, il faut d'abord être capable de se défendre soi-même. Les Yougoslaves nous accusent d'être soi-disant «chauvins», de nous «ingérer dans leurs affaires intérieures et de rechercher une rectification de frontières avec la Yougoslavie.» Nombre de nos amis pensent et laissent entendre que nous, communistes albanais, inclinons dans ce sens. Nous déclarons à ceux de nos amis qui ont cette opinion qu'ils se trompent lourdement. Nous ne sommes pas chauvins, nous n'avons demandé ni ne demandons aucune rectification de frontière. Mais ce que nous demandons et que nous demanderons constamment aux titistes, c'est de mettre fin à leurs crimes de génocide contre la minorité albanaise de Kosovë et de Metohi, à la terreur blanche contre les Albanais de Kosovë, à l'expulsion des Albanais de leurs territoires et à leur envoi en masse en Turquie, nous demandons que, conformément à la Constitution de la République Populaire de Yougoslavie, la minorité albanaise en Yougoslavie se voie reconnaître ses droits, et nous dénoncerons les Yougoslaves jusqu'au bout sur tous ces points. Cette attitude est-elle chauvine ou marxiste? C'est là notre position sur cette question. Mais si les titistes parlent de coexistence, de paix, de rapports de bon voisinage, et s'ils organisent par ailleurs des complots, des troupes de mercenaires et de fascistes en Yougoslavie pour violer nos frontières et démembrer,, de concert avec la Grèce monarcho-fasciste, notre Albanie socialiste, alors soyez certains que non seulement le peuple albanais de l'Albanie nouvelle se dressera les armes à la main, mais que se dresseront aussi, les armes à la main, un million d'Albanais qui vivent sous la servitude de Tito pour arrêter la main du criminel. Et il n'y a rien là que de marxiste, et c'est bien ce qui surviendra, si une action de ce genre est entreprise. Le Parti , du Travail d'Albanie ne permet à personne de jouer ou de faire de la politique avec les droits du peuple albanais. Nous n'intervenons pas dans les affaires intérieures d'autrui, mais lorsque, du fait de l'atténuation de la lutte contre les révisionnistes yougoslaves, les choses en arrivent au point que dans un pays ami comme la Bulgarie on publie une carte des Balkans qui englobe l'Albanie à l'intérieur des frontières de la Yougoslavie, nous ne pouvons rester coi. On nous dit que cela est imputable à une erreur technique d'un employé, mais comment se fait-il que rien de tel ne se soit produit auparavant? Et ce n'est pas là un cas isolé. A un meeting, à Sremska Mitrovica, le bandit Rankovic s'en est pris comme d'habitude à l'Albanie, la qualifiant «d'enfer, où règnent les barbelés et les bottes des gardes-frontières» et prétendant que la démocratie des néo-fascistes italiens est plus avancée que la nôtre. Les propos de Rankovic ne seraient d'aucune importance pour nous, mais ces propos ont été écoutés avec la plus grande sérénité, et sans la moindre protestation par l'ambassadeur soviétique et l'ambassadeur bulgare à Belgrade qui assistaient à ce meeting. Nous avons pour notre part protesté amicalement contre cette attitude auprès des comités centraux du Parti Communiste de l'Union Soviétique et du Parti Communiste Bulgare. Le camarade Jivkov, dans sa lettre de réponse adressée au Comité Central du Parti du Travail d'Albanie, a eu le front de rejeter notre protestation et de définir le discours du bandit Rankovic de positif. Nous n'aurions jamais pu imaginer que le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste Bulgare aurait qualifié de positif le discours d'un bandit comme Rankovic qui outrage si gravement l'Albanie socialiste en la décrivant comme un enfer: Non seulement nous rejetons avec mépris cet outrage intolérable qui nous est fait par le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste Bulgare, mais nous sommes pleinement convaincus que le Parti Communiste Bulgare et l'héroïque peuple bulgare eux-mêmes se révolteraient s'ils apprenaient cela. Si nous permettons que de si graves fautes soient commises dans les attitudes que nous observons les uns à l'égard des autres, les choses n'iront pas bien. Nous ne pouvons en aucune façon être d'accord avec le camarade Khrouchtchev, et nous avons protesté auprès de lui en temps utile, sur les entretiens qu'il a eus avec Sophocle Venizelos, à propos de la minorité grecque d'Albanie. Le camarade Khrouchtchev sait bien que les frontières de l'Albanie sont inviolables et sacrées, que qui les touche est un agresseur. Le peuple albanais versera son sang si on touche à ses frontières. Le camarade Khrouchtchev a commis une grave erreur, en disant à Venizélos qu'il avait vu à Korçë des Grecs et des Albanais travaillant côte à côte en frères. Il n'existe pas à Korçë la moindre minorité grecque, mais ce qui existe, ce sont les convoitises séculaires des Grecs sur la région de Korçë, comme sur toute l'Albanie. Il existe une toute petite minorité grecque à Gjirokastër. Le camarade Khrouchtchev sait bien qu'il est reconnu à cette minorité tous les droits et l'usage de la langue grecque, qu'elle a ses églises, ses écoles et qu'en fait ses membres jouissent exactement des mêmes droits que tous les autres citoyens albanais. Les revendications des Grecs et notamment celles formulées par Sophocle Vénizélos, le fils d'Eleutherios Venizélos, l'assassin des Albanais, l'incendiaire des régions albanaises du Sud, le chauvin grec le plus enragé et le père de la «mégaliidhea» grecque, le fauteur du démembrement de l'Albanie et de son annexion sous le couvert du slogan de l'autonomie, sont bien connus. Le camarade Khrouchtchev connaît bien l'attitude du Parti du Travail d'Albanie, du Gouvernement et du peuple albanais sur cette question. Dans ces conditions, ne pas donner la réponse qu'il mérite, laisser des espérances et des illusions à un agent anglais, à un chauvin, à un ennemi du communisme et de l'Albanie, et lui dire qu'on transmettra ses voeux aux camarades albanais, cela, pour nous, est inadmissible et blâmable. Nous avons donné, camarade Khrouchtchev, notre réponse à Sophocle Vénizélos, et nous pensons que vous devez en avoir pris connaissance parla presse. Nous n'avons aucune objection à ce que vous fassiez votre politique avec Sophocle Vénizélos, mais vous ne devez pas faire de politique avec nos frontières et avec nos droits, car cela nous ne l'avons jamais permis et nous ne le permettrons jamais à personne. Et en cela nous ne sommes pas nationalistes, mais internationalistes. Quelqu'un pourra considérer mes propos comme déplacés, comme des déclarations qui ne sont pas à la hauteur de la réunion. Il ne me serait pas difficile de composer un discours au ton soi-disant théorique, d'aligner des phrases et des citations de caractère général, de vous présenter un rapport général, de vous faire plaisir et de passer mon tour. Mais le Parti du Travail d'Albanie estime qu'il n'y a pas lieu d'agir ainsi, et quelqu'un jugera peut-être mes propos comme des attaques, mais ce sont là des critiques qui ont été faites par la voie normale, qui ont déjà été formulées en lieu et en temps voulus, conformément aux normes léninistes, mais devant les erreurs qui s'aggravent, ce serait une erreur que de se taire, car les prises de position, les actes, la pratique, confirment, enrichissent et créent la théorie. Comme on eut tôt fait d'organiser la conférence de Bucarest et de blâmer le Parti Communiste Chinois pour «dogmatisme»! Pourquoi donc n'a-t-on pas aussi organisé rapidement une conférence pour dénoncer le révisionnisme? Mais le révisionnisme serait-il totalement démasqué comme le prétendent les camarades soviétiques? Aucunement. Le révisionnisme a été et continue d'être le principal danger, le révisionnisme yougoslave n'est pas liquidé et, par la manière dont nous nous comportons à son égard, nous lui laissons un vaste champ d'action sous toutes les formes. Et dans les autres partis n'y aurait-il aucun signe inquiétant de révisionnisme moderne? Qui le nie, ne fait que fermer les yeux devant ce péril, et risque un beau matin d'avoir de mauvaises surprises. Nous sommes marxistes, et il nous faut analyser notre travail comme nous l'enseignait Lénine et comme il le faisait lui-même en pratique. Il ne redoutait pas les erreurs, les regardait en face et les corrigeait. C'est ainsi que s'est trempé le Parti Bolchévik, c'est ainsi que se sont trempés nos partis également. Que se passe-t-il au sein de nos partis? Que se passe-t-il dans notre camp depuis le 20e Congrès? Le camarade Souslov peut être très optimiste à cet égard. Cet optimisme, il l'a manifesté à la commission réunie au mois d'octobre dernier, accusant le camarade Hysni Kapo, délégué du Parti du Travail d'Albanie, de pessimisme dans la vision des événements. Nous communistes albanais, n'avons pas été pessimistes même dans les temps les plus sombres de l'histoire de notre Parti et de notre peuple et nous ne le deviendrons jamais, mais nous sommes et nous serons toujours réalistes. On parle beaucoup de notre unité. Cette unité est indispensable et nous devons tout mettre en oeuvre pour la renforcer, pour la cimenter. Mais il est de fait que sur maintes importantes questions de principe, cette unité n'existe pas. Le Parti du Travail d'Albanie estime que les choses doivent être revues à la lumière d'une analyse marxiste-léniniste et que les erreurs doivent être corrigées. Prenons la question de la critique à l'encontre de Staline et de son oeuvre. Notre Parti, en tant que parti marxiste-léniniste, est pleinement conscient que le culte de la personnalité est une manifestation étrangère et néfaste pour nos partis et pour le mouvement communiste lui-même. Les partis marxistes ne doivent pas se borner à empêcher le développement du culte de la personnalité en ce qu'il freine l'activité des masses, dénie leur rôle et s'oppose au développement de la vie même. du Parti et des lois qui la régissent, mais ils doivent aussi lutter de toutes leurs forces pour extirper ce culte, dès qu'il commence à se manifester ou lorsqu'il est déjà apparu dans un pays. Dans cette optique, nous sommes entièrement d'accord qu'il convient de critiquer le culte de la personnalité de Staline comme une manifestation néfaste dans la vie du Parti. A notre avis, le 20e Congrès et en particulier le rapport secret du camarade Khrouchtchev, n'ont pas posé la question du camarade Staline de façon correcte et objective, dans un esprit marxiste-léniniste. A cet égard, Staline a été gravement et injustement condamné par le camarade Khrouchtchev et le 20e Congrès. Le camarade Staline et son activité n'appartiennent pas seulement au Parti Communiste de l'Union Soviétique et au peuple soviétique, mais ils nous appartiennent à tous. De même que le camarade Khrouchtchev a précisé à Bucarest que les divergences existantes n'opposent pas le Parti Communiste de l'Union Soviétique et le Parti Communiste Chinois, mais le Parti Communiste Chinois et le communisme international, de même qu'il se complaît à dire que les décisions du 20e et du 21e Congrès ont été adoptées par tous les partis communistes et ouvriers du monde, de même il devait se montrer plus large et conséquent et faire juger les actes de Staline en toute conscience par les partis communistes et ouvriers du monde entier. Il ne peut y avoir deux poids et deux mesures sur ces questions. Alors pourquoi le camarade Staline a-t-il été condamné au 20e Congrès sans que les autres partis communistes et ouvriers du monde entier eussent été préalablement consultés? Comment se fait-il que soudainement l'anathème ait été jeté sur Staline devant les partis communistes et ouvriers du monde entier et que bien des partis frères n'aient appris cette dénonciation que lorsque les impérialistes firent répandre le rapport secret du camarade Khrouchtchev à tous les vents. Le monde communiste et le monde progressiste se virent imposer, par le camarade Khrouchtchev la condamnation du camarade Staline. Que pouvaient bien faire nos partis dans ces conditions, quand, subitement, usant de la grande autorité de l'Union Soviétique, on leur imposait ainsi en bloc une pareille question? Le Parti du Travail d'Albanie se trouva dans un grand dilemme. Il n'était pas, comme il ne le sera du reste jamais, persuadé du bien-fondé de la condamnation du camarade Staline, de la manière et sous les formes empruntées par le camarade Khrouchtchev. Mais si notre Parti souscrivit globalement aux formulations du 20e Congrès sur cette question, il ne s'en tint pas strictement aux limitations fixées par ce Congrès, il ne s'inclina pas devant les menées de chantage et d'intimidation dirigées du dehors contre notre pays. Sur la question de Staline, le Parti du Travail d'Albanie se montrait réaliste, il se montrait juste et reconnaissant à l'égard de ce glorieux marxiste, que, de son vivant, personne de nous n'eut la «bravoure» de critiquer, et qu'on couvre de boue après sa mort. Il s'est ainsi créé une situation intolérable. Toute une époque glorieuse de l'histoire de l'Union Soviétique, une époque qui vit s'ériger le premier Etat socialiste au monde, qui vit l'Union Soviétique se renforcer, venir victorieusement à bout des complots impérialistes, écraser les trotskistes, les boukhariniens, les koulaks en tant que classe, mettre triomphalement sur pied son industrie lourde, et collectiviser son agriculture, en un mot, une époque qui vit l'Union Soviétique devenir une puissance colossale, édifier avec succès le socialisme et, durant la Seconde Guerre mondiale, se battre avec un héroïsme légendaire, mettre à bas le fascisme et libérer les peuples, une époque qui vit se créer le puissant camp socialiste, etc. etc., cette glorieuse époque, donc, de l'histoire de l'Union Soviétique est ainsi privée de tête, de guide. Le Parti du Travail d'Albanie estime qu'il n'est ni juste, ni naturel, ni marxiste, que, de toute cette époque, soient effacés le nom et la grande oeuvre de Staline, comme ils le sont à présent. L'oeuvre féconde et immortelle de Staline, il nous incombe à tous de la défendre; qui ne la défend pas est un opportuniste et un lâche. Le camarade Staline, par son rôle personnel et en tant que dirigeant du Parti Communiste bolchévik, fut également le guide le plus éminent du communisme international après la mort de Lénine; il influa de façon très positive et avec la plus grande autorité sur la consolidation et le développement des conquêtes du communisme dans le monde entier. Toutes les oeuvres théoriques du camarade Staline s'ont un ardent témoignage de sa fidélité à son maître génial, au grand Lénine et au léninisme. Staline lutta pour les droits de la classe ouvrière et des travailleurs dans le monde entier, il lutta avec un grand esprit de suite jusqu'au bout pour la liberté des peuples de nos pays de démocratie populaire. Ne fût-ce que sous ces aspects, Staline appartient au monde communiste tout entier et pas seulement aux communistes soviétiques, il appartient à tous les travailleurs du monde et pas seulement aux travailleurs soviétiques. Si le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques avaient regardé cette question dans cet esprit, les grandes erreurs commises auraient été évitées. Mais ils considérèrent la question de Staline superficiellement, uniquement du point de vue intérieur de l'Union Soviétique. Mais, de l'avis du Parti du Travail d'Albanie, ils ont, même de ce point de vue, considéré la question de façon unilatérale, n'ont vu que ses erreurs, ont presque totalement ignoré son immense activité, sa grande contribution au renforcement de l'Union Soviétique, à la trempe du Parti Communiste de l'Union Soviétique, à la mise sur pied de l'économie, de l'industrie soviétiques, de l'agriculture kolkhozienne, à la conduite du peuple soviétique dans la grande lutte victorieuse contre le fascisme allemand. Staline a-t-il commis des erreurs? Assurément oui. Il était inévitable qu'une si longue période, remplie d'actes héroïques, de combats, de victoires, comportât aussi des erreurs, non seulement personnelles de Joseph Staline, mais aussi de la direction en tant qu'organe collectif. Est-il un parti ou un dirigeant qui se considère exempt de toute erreur dans son travail? Lorsque des critiques sont soulevées à l'égard de la direction soviétique actuelle, les camarades soviétiques nous conseillent de regarder en avant, de ne pas revenir sur le passé et de mettre un terme à la polémique, mais lorsqu'il s'agit de Staline, non seulement ils ne regardent pas en avant, mais ils reviennent en arrière, très en arrière, pour ne fouiller que dans les faiblesses de l'oeuvre de Staline. Le culte de la personnalité de Staline devait, certes, être critiqué. Mais peut-on dire, comme on l'a dit, que Staline était lui-même l'artisan de ce culte de la personnalité? Le culte de la personnalité doit assurément être réprouvé, mais pour cela était-il nécessaire et juste que quiconque mentionne le nom de Staline soit immédiatement mis à l'index, montré du doigt, que quiconque fait une citation de Staline soit regardé de travers. Certains s'empressèrent avec zèle de briser les statues de Staline, de changer le nom des villes baptisées de son nom. Mais est-il besoin d'en dire plus long? A Bucarest, le camarade Khrouchtchev dit aux camarades chinois «Vous vous accrochez à un cheval mort», «Si vous en avez envie, vous pouvez même venir prendre ses restes.» Et ces propos étaient tenus à l'adresse de Staline. Le Parti du Travail d'Albanie déclare solennellement qu'il est opposé à ces actes et à ces appréciations sur l'oeuvre et la personne de Joseph Staline. Mais pourquoi, camarades Soviétiques, ces questions ont-elles été posées de cette manière et sous des formes faussées, alors qu'il était possible de faire ressortir comme il convient et les erreurs de Staline, et celles de la direction, de corriger ces erreurs, et de ne pas susciter un tel choc au coeur des communistes du monde entier, que seuls leur sens de la discipline et l'autorité de l'Union Soviétique retinrent d'élever vigoureusement leur voix? Le camarade Mikoyan nous a dit que nous n'osions pas critiquer le camarade Staline de son vivant, car il nous aurait supprimés. Nous sommes certains que le camarade Khrouchtchev ne nous fera rien de tel si nous lui adressons de justes critiques. Le 20e Congrès fut suivi d'une succession d'événements ; ce furent d'abord les faits que l'on sait en Pologne, puis la contre-révolution en Hongrie, ensuite le système soviétique commença à être mis en cause, de nombreux partis communistes et ouvriers furent en proie au désarroi, et finalement voilà cette dernière secousse. Nous demandons qu'on éclaircisse pourquoi ces choses-là se sont produites au sein du mouvement communiste international, au sein de notre camp après le 20e Congrès? Serait-ce parce que la direction du Parti du Travail d'Albanie est soi-disant sectaire, dogmatique et pessimiste? Un tel état de choses doit nous préoccuper à l'extrême; nous devons déceler l'origine de la maladie et la guérir. Assurément, la maladie ne peut être guérie ni en donnant des tapes sur l'épaule du renégat Tito, ni en affirmant dans la déclaration que le révisionnisme moderne est définitivement liquidé, comme le prétendent les camarades soviétiques. L'autorité du léninisme a été et demeure déterminante. Elle doit être instaurée de manière à balayer partout et totalement toutes les conceptions erronées. Pour les communistes, il n'est pas d'autre voie. Si l'on peut et si l'on doit parler juste, dire les choses telles qu'elles sont, il faut le faire dès à présent, tant qu'il n'est pas trop tard, à cette conférence même. A notre sens, les communistes doivent avoir la conscience nette, renforcer leur unité marxiste, mais sans nourrir en eux ni réserves, ni préférences malsaines, ni rancunes. Un communiste doit dire ouvertement ce qu'il a sur le coeur et les choses ,doivent être sainement jugées. Il se peut que la position de notre petit Parti ne soit pas du goût de certains, il se peut que notre petit Parti soit isolé, que des pressions économiques soient exercées sur notre pays pour soi-disant démontrer à notre peuple l'incapacité de ceux, qui le guident, il se peut que notre Parti soit l'objet d'attaques et il l'est en fait; Mihail Souslov compare en effet le Parti du Travail d'Albanie aux partis bourgeois et ses dirigeants à Kerensky. Mais cela ne nous effraye pas. Nous sommes habitués à ces attitudes à notre égard. Rankovic n'a rien dit de plus sur le Parti du Travail d'Albanie, Tito nous a traités de Goebbels; nous n'en demeurons pas moins des léninistes et ce sont eux qui sont des trotskistes, des traîtres, des valets et des agents de l'impérialisme. Je tiens à souligner que le Parti du Travail d'Albanie et le peuple albanais ont prouvé par leurs actes à quel point ils sont attachés et fidèles à l'Union Soviétique et au Parti Communiste de l'Union Soviétique, à quel point ils les respectent, et lorsque le Parti du Travail d'Albanie critique les actions erronées de certains dirigeants soviétiques, cela ne signifie pas qu'il y ait quelque chose de changé dans nos vues et notre attitude. Nous, Albanais, avons le courage marxiste de critiquer ces camarades, non pas par animosité contre eux, mais au contraire parce que nous les aimons et parce que nous aimons par-dessus tout le Parti Communiste de l'Union Soviétique et les peuples soviétiques. C'est de cette manière que nous aimons l'Union Soviétique, le Parti Communiste de l'Union Soviétique et la direction soviétique. Avec une rigueur marxiste, nous leur disons amicalement et en toute franchise ce que nous pensons, car nous n'avons jamais été hypocrites et nous ne le serons jamais. Le Parti Communiste de l'Union Soviétique nous conservera son amitié, en dépit de notre sévérité et même si nous nous trompons. Quoi qu'il en soit, il est une chose dont le Parti Communiste de l'Union Soviétique et les partis communistes et ouvriers du monde ne nous blâmeront pas, c'est notre franchise et le fait que nous ne disons pas de mal des gens derrière leur dos, ou encore que nous n'avons pas cent drapeaux. J'aimerais, pour finir, dire quelques mots du projet de déclaration qui nous à été présenté par la commission de rédaction. Notre délégation a pris connaissance de ce projet et l'a étudié attentivement. Le nouveau document qui nous est soumis comporte pas mal de modifications, par rapport au premier texte proposé par la délégation de l'Union Soviétique, et qui a servi de base au travail de la commission de rédaction. Avec les amendements qui lui ont été apportés, le nouveau projet est sensiblement amélioré, nombre d'idées importantes y sont soulignées avec plus de force, bien des thèses y sont formulées plus correctement, presque toutes les allusions hostiles au Parti Communiste Chinois y ont été supprimées. La délégation de notre Parti a fait, à la commission de rédaction, maintes observations, dont il a été partiellement tenu compte. Notre délégation, quoique n'étant pas d'accord sur le maintien de certains points importants et de principe dans le projet, a consenti que ce document soit présenté à cette réunion, en se réservant le droit d'exprimer son opinion une nouvelle fois sur tous les points qu'elle n'approuvait pas. Avant tout, nous estimons qu'il convient de régler, d'une manière qui soit acceptable pour tous, les cinq questions sur lesquelles l'accord n'a pas été fait, afin qu'il soit publié un document approuvé à l'unanimité. Nous jugeons nécessaire que la déclaration fasse nettement ressortir l'idée de Lénine, exprimée ces temps derniers par le camarade Maurice Thorez ainsi que par le camarade Souslov dans son discours à la réunion de la commission de rédaction, selon laquelle le danger de guerre ne sera définitivement conjuré que lorsque le socialisme l'aura emporté dans le monde entier, ou du moins dans un certain nombre de grands pays impérialistes. De même, il convient de supprimer de la déclaration le paragraphe qui fait mention d'activités fractionnelles et d'esprit de groupe au sein du mouvement communiste international, cela, comme nous l'avons également expliqué à la réunion de la commission, ne servant pas l'unité mais au contraire la sapant. Nous sommes également d'avis qu'il convient de supprimer les passages faisant état de l'élimination des conséquences néfastes du culte de la personnalité, ou d'y ajouter les mots «qui se manifestait dans plusieurs partis» ce qui correspond mieux à la réalité. Je ne veux pas trop occuper le temps de la conférence avec cette question et les autres observations que nous avons à faire sur le projet de déclaration. Notre délégation présentera ses observations concrètes lorsque sera examiné le projet même de déclaration. Il serait très salutaire qu'à cette conférence nous regardions nos erreurs courageusement en face et que nous pansions nous blessures, partout où elles apparaissent, car elles risquent de s'envenimer et de devenir dangereuses. Nous ne nous considérons pas offensés des critiques que nous font les camarades, quand celles-ci sont justes et fondées sur des faits, mais nous n'admettrons jamais d'être traités gratuitement de «dogmatiques», de «sectaires», de «nationalistes étroits», rien que parce que nous luttons opiniâtrement contre le révisionnisme moderne et en particulier contre le révisionnisme yougoslave. Si quelqu'un considère notre lutte contre le révisionnisme comme du dogmatisme ou du sectarisme, nous lui conseillerons d'ôter ses lunettes révisionnistes pour y voir clair. Le Parti du Travail d'Albanie estime que cette conférence demeurera historique, du fait qu'elle se rangera dans la tradition des conférences léninistes organisées par le Parti Bolchévik pour dénoncer et extirper les points de vue erronés, renforcer et cimenter, sur la base du marxisme-léninisme, l'unité de notre mouvement communiste et ouvrier international. Notre Parti du Travail luttera résolument dans l'avenir également pour souder notre unité, nos liens fraternels, et renforcer l'action commune des partis communistes et ouvriers, car dans cette unité et dans cette action commune il faut voir la garantie de la victoire de la cause de la paix et du socialisme. L'unité du camp socialiste, l'Union Soviétique en tête, l'unité du mouvement communiste et -ouvrier international, ayant pour centre le glorieux Parti Communiste de l'Union Soviétique. est le bien le plus sacré, que notre Parti préservera comme la prunelle de ses yeux et qu'il renforcera de jour en jour. (Extrait de «Documents principaux du Parti du Travail d'Albanie». tome III).
La démagogie des révisionnistes soviétiques ne peut couvrir leur visage de traître Article publié dans le «Zëri i popullit» 9 janvier 1969 La démagogie a été de tout temps l'arme favorite des traîtres. C'est une pratique fort typique des révisionnistes modernes, et de la direction révisionniste soviétique en particulier. Cette clique de renégats, qui poursuit dans sa voie de trahison a utilisé, selon les circonstances, différents masques pour cacher son vrai visage. Le prétendu retour à la juste politique de Staline, vile hypocrisie et manoeuvre désespérée des révisionnistes soviétiques Le révisionnisme khrouchtchévien d'Union soviétique a traversé plusieurs étapes, en fonction desquelles il a également modifié ses formes, ses méthodes et ses tactiques de lutte et d'action pour mettre en oeuvre, tout en le camouflant, son cours antimarxiste et de trahison. La première étape fut celle de l'organisation et de la consolidation de la trahison, le tout accompagné d'un vacarme scandaleux et d'un «optimisme» feint, en vue de désorienter les esprits. Elle fut marquée par une campagne effrénée d'attaques contre la personne de J. Staline, tendant à répudier les idées du marxisme-léninisme et l'oeuvre du Parti bolchevik, sous le fallacieux prétexte de la «lutte contre le culte de la personnalité et ses séquelles». Mais quelle était la ligne du Parti bolchevik, la ligne de Staline, contre laquelle les révisionnistes khrouchtchéviens se sont furieusement rués et quels en furent les effets sur l'évolution de l'Union soviétique et du mouvement communiste et révolutionnaire international? Sur le plan idéologique, la ligne suivie par le Parti bolchevik guidé par Staline était la ligne de la défense conséquente et du développement créateur du marxisme-léninisme dans une lutte sans merci contre les ennemis et les déformateurs du léninisme en Union soviétique et à l'étranger — trotskistes, boukhariniens, sociaux-démocrates, titistes, etc., la ligne de la lutte contre la pression et les influences de l'idéologie et de la culture bourgeoises, afin d'enraciner et de développer l'idéologie et la culture socialistes, la ligne de l'esprit élevé de parti prolétarien dans tous les domaines de la vie spirituelle, en vue de l'éducation communiste des travailleurs. Sur le plan politique et social, c'était la ligne du raffermissement incessant du parti prolétarien et de son rôle dirigeant dans toute la vie du pays, du renforcement et de la consolidation de la dictature du prolétariat, de l'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, de l'amitié entre les peuples de l'Union soviétique, de l'unité de tout le peuple soviétique autour du Parti et du pouvoir des Soviets, à travers une lutte de classe acharnée contre les classes exploiteuses renversées et leurs vestiges en dehors du Parti et dans ses rangs, la ligne du renforcement constant de la puissance défensive du pays afin de faire face à toute agression impérialiste éventuelle. Sur le plan économique, c'était la ligne de la construction du socialisme par les propres forces du peuple et à des rythmes accélérés dans les conditions de l'encerclement total capitaliste et dans une lutte à mort contre le courant du spontanéisme petit-bourgeois, la ligne de l'industrialisation socialiste et de la collectivisation de l'agriculture, du perfectionnement continu des rapports de production socialistes, du développement impétueux de la production socialiste et de l'amélioration incessante du bien-être des travailleurs. Dans le domaine des rapports internationaux, c'était la ligne de l'opposition résolue à l'impérialisme, à sa politique de guerre et d'agression, et, à la fois, de la mise à profit des contradictions dans le camp impérialiste pour l'affaiblir et consolider les positions du socialisme, la ligne internationaliste du soutien puissant et sans réserve au mouvement révolutionnaire et de libération mondiale, la ligne des relations amicales, de l'entraide avec les pays socialistes et les partis communistes et ouvriers frères, et de l'appui à ces pays et à ces partis, la ligne du raffermissement continu de l'unité de combat du camp socialiste et du mouvement communiste international sur la base des principes du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien, dans la lutte commune pour la victoire de la cause du socialisme dans le monde entier. A la suite de l'application de la juste ligne révolutionnaire marxiste-léniniste du Parti bolchevik guidé par Staline, les transformations socialistes ont été réalisées avec succès dans tout le pays; le retard hérité du régime tsariste a été rattrapé en un bref laps de temps, et l'Union soviétique s'est transformée en un puissant Etat socialiste, doté d'une industrie moderne, d'une grande agriculture collectivisée, d'une technique et d'une science des plus avancées, avec un potentiel économique et militaire colossal ; une grande victoire historique sur le fascisme a été remportée dans la Seconde Guerre mondiale ; le rôle et l'influence du pays des Soviets dans la vie internationale se sont énormément accrus. C'est à la ligne révolutionnaire internationaliste appliquée avec esprit de suite par J. Staline, que sont dus, dans une importante mesure, la consolidation et la croissance de l'influence du mouvement communiste mondial, la création et le renforcement du camp socialiste après la Seconde Guerre mondiale, l'affaiblissement général des positions de l'impérialisme international et les grands succès dans le développement de la révolution (prolétarienne mondiale. Les révisionnistes modernes khrouchtchéviens, après avoir pris en main la direction du Parti et de l'Etat, se sont fondés sur les grands résultats de l'époque stalinienne et les ont utilisés pour propager et consolider leur cours révisionniste de trahison, ils ont battu en brèche tous les principes marxistes-léninistes qui guidaient la politique de Staline et qui étaient à la base de la force colossale de l'Union soviétique, cette force qu'ils ont usurpée. Sur le plan idéologique, les révisionnistes ont substitué aux idées et à la ligne marxistes-léninistes conséquentes de Staline sur toutes les questions fondamentales, les idées et la ligne antimarxistes du révisionnisme moderne. Les opportunistes et les divers ennemis, trotskistes, boukhariniens, zinoviévistes, nationalistes et autres, furent proclamés en Union soviétique «victimes de Staline» et hissés sur le piédestal des «martyrs» et des «héros». La clique renégate de Tito en Yougoslavie fut réhabilitée et le titisme proclamé une variante du «marxisme-léninisme créateur» et du «socialisme». Dans les divers pays anciennement socialistes, les traîtres condamnés ont été réhabilités et des cliques révisionnistes qui sont à la remorque de Khrouchtchev ont été portées au pouvoir. On a vu lancer le slogan de l'unité avec les sociaux-démocrates à l'échelle nationale et internationale, «dans la lutte commune pour le socialisme» et la voie a été frayée au rapprochement et à la complète fusion idéologique, politique et organisationnelle des partis communistes avec les partis sociaux-démocrates. Le principe de l'esprit de parti prolétarien a été jeté par-dessus bord, et sous le mot d'ordre de la libéralisation et de «la liberté de la pensée créatrice» l'activation de toutes sortes de courants décadents et antisocialistes a été encouragée dans le domaine de la culture, de la littérature et des arts. Sur le plan politique, Khrouchtchev et son groupe ont dénaturé et répudié la théorie et la pratique marxistes-léninistes de la lutte de classes et de la dictature du prolétariat, les considérant comme une «déformation stalinienne» et définissant toute la période historique de la direction de Staline comme une «période obscure, antidémocratique, de violations de la légalité socialiste, une période de terreur et d'assassinats, de prisons et de camps de concentration». C'est ainsi que fut frayée la voie à la liquidation de la dictature du prolétariat et à son remplacement par la dictature bureaucratique et contre-révolutionnaire de la nouvelle aristocratie «socialiste» qui avait vu le jour et grandissait, le tout étant camouflé sous des slogans mensongers de «démocratisation» et de «rétablissement de la liberté et de la justice socialiste» soi-disant perdues et maintenant recouvrées. Sur le plan économique, les khrouchtchéviens ont proclamé erronées et fausses la ligne et les méthodes staliniennes de développement et de direction de l'économie socialiste dans toutes les branches, particulièrement dans celle de l'agriculture ; ils ont rejeté les orientations staliniennes sur le perfectionnement et le développement des rapports de production socialistes dans la période historique de transition du socialisme au communisme et, sous prétexte de surmonter les difficultés économiques et le «marasme» soi-disant créés par la ligne «dogmatique» de Staline, ils ont entrepris une série de «réformes», qui ont ouvert le chemin à la dégénérescence progressive de l'ordre économique socialiste et à l'action incontrôlée des lois économiques du capitalisme. Dans le domaine des rapports internationaux, les révisionnistes khrouchtchéviens ont proclamé «erronée», «rigide» et «dogmatique» la ligne de la politique extérieure stalinienne, la ligne de la lutte coup pour coup contre l'impérialisme et de soutien résolu internationaliste à la lutte révolutionnaire et de libération. Ils lui ont substitué la politique de la «coexistence pacifique» en tant que ligne générale de la politique étrangère de l'Etat soviétique, ils ont vanté à grand bruit la coexistence pacifique comme étant une «grande découverte», une «contribution inestimable au développement créateur du marxisme-léninisme» et «le début d'une nouvelle époque dans les relations internationales». La cause de la révolution, de la libération des peuples, de l'indépendance et de la souveraineté des pays socialistes, tout a été subordonné aux exigences de la «coexistence pacifique», de la «paix à tout prix» avec l'impérialisme, surtout avec l'impérialisme américain. C'était là, en fait, la ligne de la capitulation devant l'impérialisme, de la renonciation à la lutte contre lui, du rapprochement et de la coopération avec lui. La campagne antistalinienne a servi aux renégats khrouchtchéviens à passer à la deuxième étape, celle des tentatives pour consolider et stabiliser la trahison dans les domaines économique, politique et idéologique au-dedans et dans les relations extérieures. C'est la phase de la codification des conceptions du révisionnisme khrouchtchévien et de la mise en oeuvre de sa politique sur une grande échelle. (...)
Les révisionnistes soviétiques dans un dédale de contradictions insolubles Article publié dans le «Zëri i popullit» 15 mai 1970 (...) Le cours antimarxiste et contre-révolutionnaire que suit la clique dirigeante révisionniste de Moscou a dressé devant elle des problèmes considérables et insolubles, il a eu pour effet d'aggraver encore davantage ses contradictions intérieures et extérieures et de l'engager dans une lutte irréductible avec le peuple soviétique et les peuples révolutionnaires du monde. Pour faire face à cette situation, d'une part elle accentue la démagogie en multipliant ses serments de «fidélité» au marxisme-léninisme et aux idéaux de la Révolution d'Octobre, d'autre part elle serre la vis à ses satellites, recourt à l'intimidation et raffermit la dictature fasciste. La propagande effrénée, les viles spéculations auxquelles elle s'est livrée à l'occasion du centenaire de la naissance de Lénine sont un exemple typique de son art de la démagogie sans scrupules. Lénine et le léninisme ont été beaucoup combattu par les anticommunistes déclarés et camouflés, les opportunistes de toute nuance et les réactionnaires enragés. Mais ces derniers au moins se déclaraient ses adversaires et défendaient ouvertement leur classe, alors que les révisionnistes khrouchtchéviens s'en prennent au léninisme en cherchant à se faire passer pour des léninistes. Et ce qui est encore plus monstrueux, c'est qu'ils cherchent à attribuer à Lénine et au léninisme leur propre esprit bourgeois et impérialiste. L'histoire n'a pas connu de plus grand outrage ni de plus grande bassesse. C'est dans cette tactique diabolique que s'inscrivent également les chuchotements des potentats du Kremlin selon lesquels ils reviendraient soi-disant à la politique de Staline, à ses idées et à sa pratique de direction, qui avaient fait de l'Union soviétique, un puissant Etat socialiste, doté d'une solide unité intérieure et d'une grande autorité internationale, d'une économie avancée et d'un vigoureux rythme d'expansion. C'est là un nouveau sacrilège et une mystification scandaleuse. Ce n'est pas sans dessein qu'en Union soviétique on permet aujourd'hui, ici et là, d'écrire quelques lignes à la louange de Staline, de le présenter dans quelque documentaire ou film historique, et de l'évoquer dans quelque discours de circonstance. Et ce n'est pas seulement à Moscou, à Prague ou à Sofia que l'on propage, sur commande, des slogans comme quoi la clique brejnévienne réhabilite soi-disant graduellement Staline et revient à sa ligne et à sa méthode, qu'elle pratique le «néo-stalinisme». Ce même refrain est claironné par la propagande bourgeoise occidentale et par tous ceux qui ont intérêt à sauver le khrouchtchévisme et la ligne de la restauration du capitalisme en Union soviétique de la révolte éventuelle du peuple soviétique, qui finira par se rendre compte de la vérité et passera à l'action. Cette propagande sournoise vise à duper le peuple soviétique, à abuser les autres peuples et les révolutionnaires, afin de faire naître des illusions et de répandre des brouillards pour cacher le crime et la trahison. Le slogan du «néo-stalinisme» est, lui aussi, un outrage à Staline, à ses idées et à son oeuvre géniale. Les efforts scandaleux des révisionnistes soviétiques pour imputer à Staline leurs méthodes policières fascistes, leur politique antimarxiste et impérialiste, ne trompent pas les révolutionnaires et le peuple soviétiques, parce que Staline n'a jamais été tel qu'ils le présentent, mais un grand marxiste et un grand internationaliste, un ennemi juré des opportunistes et des renégats de toute nuance, du fascisme et de l'impérialisme. La clique Brejnev-Kossyguine reprend les justes mots d'ordre de l'époque de Staline, comme la nécessité de «renforcer la direction du parti», de «renforcer la discipline prolétarienne», de «renforcer le centralisme démocratique», non pas dans leur véritable acception marxiste et dans le but de rétablir les normes du parti léniniste, un tel parti n'existant plus en Union soviétique ; mais pour justifier ses mesures de répression, renforcer son pouvoir fasciste, empêcher les masses de juger la situation difficile où elles se trouvent et de condamner ceux qui, ayant abandonné les enseignements de Lénine et de Staline ; sont responsables de cette situation. Quels que soient les efforts que font les Brejnev, Kossyguine et tous leurs amis, soit en insultant soit en «louant» les noms de Lénine et de Staline, ils ne peuvent ni ternir ni faire leurs les enseignements et les idées de ceux-ci, et ce sont ces enseignements et ces idées qui dresseront les révolutionnaires authentiques et le prolétariat soviétique pour renverser jusque dans ses fondements cette bande de traîtres et d'ennemis jurés du socialisme et du léninisme. La situation difficile en Union soviétique touche tous les domaines, à la fois l'économie et la politique, à l'intérieur comme à l'extérieur. Cela témoigne que le révisionnisme soviétique s'est engagé maintenant dans une nouvelle phase de la crise générale et que sa fin sans gloire est inévitable. (...)
À PROPOS DES DIVERGENCES FRANCO-AMÉRICAINES (Les superpuissances) Les divergences franco-américaines ont le caractère de dissensions entre deux puissances impérialistes. Tantôt elles s'exacerbent, tantôt elles semblent s'atténuer, mais elles ne disparaissent ni ne peuvent jamais entièrement disparaître. Ce sont des divergences entre un impérialisme puissant, comme l'est celui des Etats-Unis, qui s'efforce d'instaurer son hégémonie dans le monde, et l'impérialisme français, qui n'a plus sa force ni ses moyens d'agression d'antan, pour pouvoir défier sérieusement l'impérialisme américain, ni non plus édifier des alliances stables en sa faveur. Ces deux puissances impérialistes parlent de leur «amitié traditionnelle», mais cette amitié s'est bornée à la défense de leurs intérêts capitalistes dans certaines conditions de crise, quand leurs intérêts étaient dramatiquement menacés par une troisième puissance impérialiste, qui entreprenait une guerre mondiale impérialiste pour un nouveau partage du monde et des sphères d'influence. Au cours des deux dernières grandes crises, de la Première comme de la Seconde Guerre mondiale, l'impérialisme américain est effectivement venu en aide à ses «alliés» anglo-français, mais, en dernière analyse, ses gains étaient immenses face à ses pertes minimales en vies humaines et en matériel. Les deux grandes guerres mondiales et le sang versé à flots par les autres peuples ont effectivement enrichi et renforcé l'impérialisme américain. Alors que la France, l'Angleterre et les pays d'Europe étaient économiquement très éprouvés, les Etats-Unis, loin de subir le moindre préjudice dans leur économie, se sont extrêmement enrichis et développés. La France et l'Angleterre sont sorties de la Première Guerre mondiale victorieuses sur l'Allemagne de Guillaume II. Bien que très éprouvées, ces deux puissances impérialistes conservèrent leur prépondérance dans l'Europe capitaliste, elles gardèrent leurs empires coloniaux, qui devaient devenir dans l'entre-deux-guerres une source d'immenses revenus pour les métropoles. Leurs «amis» américains, dans cette conjoncture qui leur était favorable et où ils avaient des «amis» vainqueurs et des «amis» vaincus, ne se croisèrent pas les bras. Il leur fallait, autant que possible, mettre un frein de fer à leurs «amis» victorieux, mais économiquement faibles, et faire pénétrer le plus profondément possible le capital américain dans les métropoles et leurs colonies. Ainsi les Etats-Unis sortirent de leur isolement antérieur, et la politique du dollar, la lutte pour l'accaparement des ressources de matières premières et des marchés dans le monde, se durcirent toujours plus. On parlait de la zone de la livre sterling, de la zone du franc, mais la zone du dollar affirmait sa prépondérance. Leur «ami» le plus proche, particulièrement par les «liens de sang», l'ami qu'il leur était le plus facile de plumer, c'était «le lion britannique». Il allait falloir la Seconde guerre mondiale pour que les anciennes colonies anglaises passent grosso modo sous la domination de l'Oncle Sam, sous son exploitation néo-colonialiste. L'Angleterre, naturellement pas de gaîté de cœur, transféra à l'impérialisme américain des richesses qu'elle avait pillées non pas sous la forme de ses colonies antérieures, mais sous la forme d'Etats divers auxquels elle avait concédé «généreusement l'indépendance et l'autogouvernement». De façon quasi formelle et pour sauver la face mais aussi ses intérêts économiques maintenant naturellement réduits, elle continuait d'appeler ces pays «Commonwealth», et «zone de la livre sterling». Quoi qu'il en soit, l'impérialisme anglais, après les deux crises mondiales, est devenu et resté l'«ami» docile, le parent pauvre, mais proche, des Etats-Unis. L'impérialisme français, quant à lui, ne s'est pas soumis aussi facilement aux pressions de l'impérialisme américain. La bourgeoisie française, avec le Traité de Versailles et les alliances qu'elle édifia, surtout en Europe, s'efforça de contrôler la résurgence du militarisme allemand, son ennemi le plus puissant et traditionnel, surtout en Europe. En même temps, l'impérialisme français, étant sorti victorieux de la Première guerre mondiale, mit tout en œuvre pour tenir les peuples asservis de ses nombreuses colonies à l'abri des convoitises des autres et pour les exploiter jusqu'à la mœlle. L'impérialisme américain trouva donc beaucoup de mal à pénétrer dans cette vieille puissance impérialiste et coloniale et à l'affaiblir. Pour atteindre ces objectifs, pour réussir à dominer son «amie», il usa de deux moyens : ses investissements, en France et dans ses colonies, et aussi le financement de son «ami» vaincu, le revanchisme allemand, ennemi traditionnel de la France impérialiste. Une série de circonstances, les crises, la résurgence du militarisme allemand, sous les formes idéologiques et organisationnelles plus féroces de l'ex-Reich nazi hitlérien, conduisirent à l'affaiblissement de la bourgeoisie française, qui perdit la Seconde Guerre mondiale sans du tout combattre. La France capitula, son empire colonial s'effrita. L'Afrique française fut occupée par les troupes américaines et la France elle-même devait être occupée pour que puissent être frappées les armées allemandes d'occupation. Après la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis pensaient que la France, en tant que puissance impérialiste et coloniale, était annihilée et ils espéraient qu'elle suivrait docilement et humblement le diktat américain. Assurément, la France était sortie de la guerre économiquement et moralement très éprouvée. Elle ne pouvait donc garder ni son prestige ni son poids antérieurs, elle ne pouvait non plus jouer un rôle de premier plan dans l'arène internationale. Les forces de partisans et les forces gaullistes qui participèrent à la guerre n'étaient pas en mesure d'y apporter la contribution qui aurait rendu à la France son ancienne «grandeur». Malgré le souci de «grandeur» de de Gaulle, les forces de la «France libre» étaient en fait sous le commandement et sous les ordres des alliés. Mais les circonstances créées dans l'Europe libérée exigeaient que la France, puissance bourgeoise, se redressât à tout prix. L'obstination de de Gaulle et son intransigeance surtout en regard de l'impérialisme américain, face à Roosevelt, puis à Truman, influèrent dans ce sens. Les divergences de la France avec l'impérialisme américain sont donc anciennes et elles s'accentuèrent au cours de la guerre, car Roosevelt fondait de grands espoirs sur Pétain et sur Vichy et ne faisait, en revanche, presque aucun cas de de Gaulle et de son mouvement. Après la guerre, cette France accepta le «plan Marshall» et en tira profit. La bourgeoisie capitaliste française, soucieuse d'accroître ses richesses avec l'aide américaine et de sauvegarder son empire ébranlé dans ses fondements, se montra disposée à participer à la coopération atlantique avec les USA sous toutes les formes. Naturellement, les capitaux américains déferlèrent plus librement en France et dans ses colonies. L'antisoviétisme atteignit son comble. L'OTAN fut créé, la France en était un membre important et en même temps le siège du haut commandement de cette organisation. L'économie capitaliste française se redressait, la France commença à faire preuve de plus d'indépendance dans sa politique, elle intensifia ses liens politiques et économiques avec Bonn et assuma le rôle principal dans la Communauté économique européenne. Naturellement, au cours de cette évolution, ses divergences avec l'impérialisme américain, loin de s'effacer, s'étaient encore accentuées pour s'envenimer à l'extrême avec l'accession de de Gaulle à la présidence de la République. Or, durant cette période, les colonies françaises s'étaient soulevées, la guerre de libération avait commencé au Vietnam et en Algérie, les troubles au Maroc, en Tunisie, partout. L'empire colonial français s'effondrait. La France bourgeoise y envoyait des soldats se faire tuer pour qu'ils le maintiennent sur pied, mais en vain. Et c'est ainsi qu'elle amorça son retrait, il s'agissait pour elle de «sauver les meubles». Des Etats bourgeois indépendants virent le jour. Certains d'entre eux conservèrent des liens politiques et économiques avec la France, d'autres non. Quoi qu'il en fût, les Etats-Unis pénétrèrent partout où s'étaient créés des vides, ils y installèrent des bases militaires, investirent des capitaux, accordèrent des crédits et mirent en place leur réseau d'agents. Le vieux colonialisme français dut céder le terrain au puissant néo-colonialisme américain, ce qui, naturellement, ne pouvait que durcir encore plus les divergences entre ces deux impérialismes. De Gaulle s'employa à cristalliser d'abord son alliance avec l'Allemagne fédérale, de façon toutefois que la France y eût le rôle prépondérant et que Paris et Bonn, de concert, fussent à même de neutraliser l'influence américaine en Europe. Dans ce cadre, de Gaulle considérait l'Angleterre comme étant dépendante des Etats-Unis, ce qu'elle était effectivement. Il s'efforçait donc de la maintenir en dehors de sa politique européenne tous azimuts, ou pour le moins de la réduire au rôle de partenaire «pauvre» de cette alliance. (...)
Les khrouchtchéviens - Souvenirs A LA HAUTE DIRECTION SOVIETIQUE ON JOUE DES COUDES La manière dont a été annoncée la mort de Staline et dont ont été organisées ses obsèques, nous a donné l'impression à nous, communistes et peuple albanais, et à d'autres aussi, que sa disparition était attendue impatiemment par plusieurs membres du Présidium du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. Le lendemain de la mort de Staline, le 6 mars 1953, le Comité central du Parti, le Conseil des ministres et le Présidium du Soviet suprême de l'U.R.S.S. se hâtèrent de tenir une réunion conjointe. Dans des cas de grandes pertes, comme l'était celle de Staline, de telles réunions urgentes constituent une action utile et indispensable. Mais les nombreuses et importantes mutations qui furent communiquées à la presse le lendemain, attestaient que cette réunion urgente s'était tenue uniquement en vue du... partage des postes! Staline était mort la veille, sa dépouille n'avait pas encore été transportée dans la salle où devaient lui être rendus les derniers hommages, le programme de l'organisation des obsèques n'avait pas encore été arrêté, les communistes et le peuple soviétiques pleuraient cette grande perte, et la haute direction soviétique, elle, ne trouva pas de meilleur jour pour procéder au partage des portefeuilles ! Malenkov fut fait premier ministre, Beria vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur, et Boulganine, Kaganovitch, Mikoyan et Molotov se répartirent les autres postes. Ce même jour, d'importantes mutations eurent lieu à toutes les hautes instances du parti et du pouvoir. Le Présidium et le Bureau du Présidium du Comité central du parti se fondirent en un seul organe, de nouveaux secrétaires furent élus au Comité central du parti, certains ministères furent supprimés, d'autres fusionnèrent, des modifications furent apportées à la composition du Présidium du Soviet suprême, etc. Ces actions ne pouvaient manquer de nous produire une profonde impression, certes nullement bonne. Des questions troublantes venaient d'elles-mêmes à l'esprit : comment ces importants changements ont-ils eu lieu si brusquement en un jour, et non pas un jour quelconque, mais le premier jour de deuil ?! En toute logique, on est porté à penser et à croire que tout cela était préparé d'avance. Les listes de ces mutations étaient rédigées depuis longtemps dans le silence et le secret, et on attendait seulement le moment de les proclamer pour donner satisfaction et à l'un, et à l'autre, et à celui-ci, et à celui-là... En quelques heures, même en une journée de travail normale, il est absolument impossible de prendre des décisions d'une si haute importance. Mais si, au début, ce n'étaient là que des sujets d'Interrogation qui nous troublaient et nous étonnaient, le cours des événements et les faits que nous apprendrions par la suite devaient nous convaincre toujours plus que des mains secrètes ourdissaient depuis longtemps un complot et que les conspirateurs attendaient l'occasion d'entreprendre le cours de la destruction du Parti bolchevik et du socialisme en Union soviétique. Aux obsèques de Staline également, apparut clairement l'absence d'unité au Présidium du Comité central, dont les membres jouaient des coudes pour se mettre au premier plan, pour parler chacun le premier. Au lieu de montrer aux peuples de l'Union soviétique, à tous les communistes du monde, profondément touchés et attristés par la mort soudaine de Staline, leur unité dans l'épreuve, les «camarades» rivalisèrent de zèle pour se mettre le plus en évidence. Khrouchtchev inaugura la cérémonie funèbre, Malenkov, Beria et Molotov prirent la parole devant le mausolée de Lénine. Khrouchtchev et ses complices, qui adoptèrent une attitude hypocrite devant la dépouille de Staline, étaient pressés de voir se terminer la cérémonie pour s'enfermer à nouveau au Kremlin et y continuer l'opération de partage et de repartage des postes. Quant à nous, nous pensions, avec beaucoup d'autres, que Molotov, en tant que collaborateur le plus proche de Staline, le bolchevik le plus ancien, le plus mûr, le plus expérimenté et le plus connu au dedans et au dehors de l'Union soviétique, serait élu Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. Mais il n'en fut rien. C'est Malenkov qui fut mis à la tête, et Beria se colla à lui. Derrière eux, ces jours-là, un peu plus dans l'ombre, se tenait une «panthère», qui se préparait à dévorer et à liquider les deux premiers. C'était Nikita Khrouchtchev. La manière dont il effectua son ascension fut vraiment à la fois surprenante et suspecte : d'abord, il fut nommé seulement président de la commission centrale d'organisation des obsèques de Staline et, le 7 mars, lorsque le partage des postes fut rendu public, il ne lui en fut assigné aucun, il ne fut libéré que de sa charge de premier secrétaire du Comité du parti de Moscou, «ses fonctions devant désormais se concentrer au Comité central du parti». Quelques jours seulement après, le 14 mars 1953, Malenkov, «à sa demande», fut exonéré du poste de secrétaire du Comité central du parti (!) et, dans la composition du nouveau secrétariat, choisi ce même jour, Nikita Khrouchtchev figurait en tête. De telles actions, encore qu'elles ne nous concernaient pas, ne furent guère de notre goût. Nous fûmes fort déçus dans l'idée que nous nous faisions de la stabilité de la haute direction soviétique, mais nous pensâmes que nous n'avions nullement connaissance des situations qui se développaient au sein même du parti et dans la direction de l'Union soviétique. Dans les contacts que j'avais eus avec Staline lui-même, avec Malenkov, Molotov, Khrouchtchev, Beria, Mikoyan, Souslov, Vorochilov, Kaganovitch et d'autres dirigeants principaux, je n'avais pas noté la moindre faille ou discordance entre eux. Staline avait lutté avec esprit de suite et il avait été l'un des facteurs décisifs de l'unité marxiste-léniniste du Parti communiste de l'Union soviétique. Cette unité dans le parti, à laquelle œuvrait Staline, n'avait pas été créée par la terreur, comme le prétendirent par la suite Khrouchtchev et les khrouchtchéviens, faisant écho aux calomnies des impérialistes et de la bourgeoisie capitaliste mondiale, qui luttaient pour renverser et détruire la dictature du prolétariat en Union soviétique, mais elle s'appuyait sur les conquêtes du socialisme, sur la ligne et l'idéologie marxistes-léninistes du Parti bolchevik, sur la haute et indiscutable personnalité de Staline. La confiance de tous en Staline était fondée sur son esprit de justice et sur sa capacité de défendre l'Union soviétique et le léninisme. Staline mena judicieusement la lutte de classe, il frappa sans merci (et il fit très bien) les ennemis du socialisme. En témoigne parfaitement sa lutte concrète et quotidienne, la lutte du Parti bolchevik et de tout le peuple soviétique ; en témoignent ses écrits politiques et idéologiques, les documents et les décisions du Parti communiste de l'Union soviétique ; en témoignent enfin la presse et la propagande massive de l'époque contre les trotskistes, les boukhariniens, les tenants de Zinoviev et de Toukhatchevski et tous les autres traîtres. C'était là une âpre lutte de classe politique et idéologique pour la défense du socialisme, de la dictature du prolétariat, du parti et des principes du marxisme-léninisme. Et Staline, en cela, a de grands mérites. Staline fut un marxiste-léniniste éminent, doté d'une claire vision des principes, d'un insigne courage et d'un grand sang-froid, d'une maturité et d'une clairvoyance de révolutionnaire marxiste. Il n'est que de penser à la force de l'ennemi extérieur et intérieur en Union soviétique, à ses ruses et à sa propagande effrénée, à ses tactiques diaboliques, pour apprécier à leur prix les justes principes et actions de Staline à la tête du Parti communiste de l'Union soviétique. Si, dans toute cette lutte juste et titanesque, se firent jour aussi des excès, ceux-ci ne furent pas le fait de Staline, mais de Khrouchtchev, Beria et consorts, qui, dans des desseins obscurs et secrets, à l'époque où ils n'étaient pas encore aussi puissants, se montrèrent des plus zélés dans les épurations. S'ils agirent ainsi, ce fut pour se faire valoir en tant qu'«ardents défenseurs» de la dictature du prolétariat, pour paraître «implacables envers les ennemis», afin de gravir les échelons pour usurper ensuite le pouvoir. On sait bien que lorsque Staline éventa les agissements hostiles d'un Yagoda ou d'un Yezov, le tribunal révolutionnaire les condamna sans hésiter. Des éléments de ce genre, de même que Khrouchtchev, Mikoyan, Beria et leurs apparatchiks, cachaient à Staline la vérité. D'une manière ou d'une autre, ils bluffaient, ils trompaient Staline. Celui-ci ne leur faisait pas confiance et il leur avait dit ouvertement qu' «... après moi, vous vendrez l'Union soviétique». Khrouchtchev lui-même l'a avoué. Et les prédictions de Staline se sont avérées. De son vivant, ces ennemis aussi parlaient d'unité, mais après sa mort ils attisèrent la division. Et ce processus est allé sans cesse s'accentuant. Au cours des visites successives que je faisais en Union soviétique après 1953, pour discuter avec les dirigeants de là-bas de problèmes de la situation politique et économique ou de quelque question de politique internationale à propos de laquelle les Soviétiques sollicitaient soi-disant notre avis, je voyais toujours plus nettement se durcir les contradictions entre les membres du Présidium du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique.
RAPPORT D'ACTIVITE DU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D'ALBANIE Présenté au VIIe Congrès du PTA le 1er novembre 1976 A leurs fins contre-révolutionnaires, la bourgeoisie et son pouvoir utilisent aussi les syndicats dans lesquels ils ont encadré le prolétariat et les travailleurs de la plupart des pays bourgeois. Ces organisations sont prétendument démocratiques, elles sont soi-disant indépendantes du patronat et des divers partis «démocratiques», «socialistes» et autres. En réalité, ces prétendus syndicats, manipulés ouvertement par les partis bourgeois et qui sont dirigés par l'aristocratie ouvrière, luttent de toutes les manières et par tous les moyens pour désorienter les travailleurs, pour saboter leur lutte révolutionnaire. Même les lois qui concernent l'activité et la lutte des ouvriers pour leurs revendications économiques, sociales, etc., sont conçues et dosées par le grand capital de manière que chaque action soit menée dans le cadre toléré par la bourgeoisie, que rien ne vienne léser les intérêts de celle-ci, ni en particulier ne menace les fondements du pouvoir capitaliste. Quant il s'avère impossible de faire face aux révoltes des ouvriers et du peuple sous des formes pseudo-démocratiques ou par le verbiage parlementaire alors l'Etat bourgeois intervient par ses lois, par la violence, par la trique. C'est ce qui se produit actuellement dans la plupart des pays, pu la crise a exacerbé les contradictions entre le travail et le capital, et où la révolte des travailleurs devant la situation créée croît toujours en puissance. Dans ces circonstances, le danger du fascisme devient toujours plus menaçant. On sait que lorsque le capital s'engage dans une impasse et s'expose aux coups puissants de la classe ouvrière, il est contraint ou bien de faire faillite ou bien d'établir la dictature fasciste et de marcher vers la guerre. Ce danger du fascisme est évident en Espagne, en Italie et dans nombre d'autres pays. Si, aux dernières élections italiennes, le parti fasciste, baptisé Mouvement Social Italien, a perdu des voix, ce n'est pas pour lui une défaite, car il a envoyé de ses forces de choc grossir les rangs du Parti démocrate-chrétien.
« Ce qui fait l'importance de toutes les crises, disait Lénine, c'est qu'elles manifestent ce qui jusque-là était latent, rejettent ce qui est conventionnel, superficiel, secondaire, secouent la poussière de la politique, mettent à nu les ressorts véritables delà lutte des classes, telle qu'elle se déroule réellement. » (V. I. Lénine, Oeuvres, éd. albanaise. t. 24, p. 219.) (...) La bourgeoisie a peur des formes d'organisation révolutionnaires du prolétariat et de son avant-garde. Les capitalistes et les révisionnistes font semblant de dédaigner les nouveaux partis marxistes-léninistes, mais cette attitude soi-disant dédaigneuse ne correspond pas du tout à leurs vrais sentiments. En fait, ils ont peur des révolutionnaires et c'est pourquoi, en silence ou ouvertement, ils se préparent à les frapper. Les grands guides de la révolution ont indiqué que, parallèlement à la lutte légale, nous devons organiser aussi la lutte illégale. Notre Parti n'a cessé de penser que cette deuxième forme d'organisation, la lutte illégale, est la plus sûre garantie de la victoire. Sans cette forme d'organisation, la grande force de choc de la dictature bourgeoise, aux moments qui lui semblent le plus opportuns, fait des ravages et étouffe toute résistance du prolétariat et de son avant-garde. La bourgeoisie ne cesse de promulguer des lois pour juguler cette forme d'organisation. Outre la surveillance constante à laquelle elle soumet les marxistes-léninistes et les révolutionnaires, et les mesures de répression qu'elle prend contre eux, elle encourage la délinquance, la lutte anarchiste et terroriste, elle prépare, soutient et dirige les bandes de fascistes qui tuent, attaquent et volent les gens du peuple dans les rues, et elle le fait pour maintenir le peuple travailleur sous la terreur, pour l'effrayer. Ces actions finissent par conduire à l'instauration de la dictature fasciste dans tel ou tel pays capitaliste. Mais, à travers ces formes d'organisation et ces actions, la bourgeoisie s'efforce aussi, d'une part, de créer la confusion au sein des masses et, d'autre part, de jeter le discrédit sur les communistes et le prolétariat révolutionnaire, de faire croire que ce sont eux qui ont perpétré ces actions. Les partis marxistes-léninistes tiennent toujours compte de ces manoeuvres et de ces subterfuges de l'ennemi de classe et ils luttent pour les démasquer et les réduire à néant. Les partis marxistes-léninistes se heurtent chaque jour à une tapageuse propagande démagogique, pseudo-démocratique, pseudo-marxiste, profasciste, menée par la bourgeoisie réactionnaire, dans chaque pays capitaliste, de même que par le social-impérialisme et les partis révisionnistes traîtres dans le monde. Les ennemis cherchent à influencer les révolutionnaires qui ne sont pas solidement formés et trempés et à les désorienter. Ils pensent qu'une propagande démagogique de si grande ampleur peut graduellement et comme insensiblement susciter dans les rangs des partis marxistes-léninistes des illusions funestes, les amener à ralentir leur élan révolutionnaire et à s'engager dans la voie de leur déclin, de leur dégénérescence et de leur liquidation. Les partis marxistes-léninistes font face à ces manoeuvres et à ces attaques multiples des ennemis, en renforçant constamment leurs rangs, en visant toujours davantage à la qualité plutôt qu'à la quantité, dans le recrutement de leurs membres. En même temps, ils attachent de l'importance à l'éducation théorique marxiste-léniniste de leurs membres, à leur trempe continue dans l'activité révolutionnaire quotidienne de manière à en faire des combattants d'avant-garde, inflexibles en toute circonstance. Ces partis ont toujours présent à l'esprit le fait bien connu que, sans le renforcement de leurs rangs par l'apport de membres d'une qualité particulière, les ennemis, entraînés et expérimentés dans le travail de sape des partis révolutionnaires, introduiront leurs propres agents dans des organisations du parti afin de susciter des discordes et des fractions dans ses rangs, de l'affaiblir et de le liquider. Lénine et Staline nous enseignent que le jugement porté sur les nouveaux adhérents au parti, ne doit pas être fondé sur leurs paroles mais sur leurs actes. Les communistes sont mis à l'épreuve et trempés dans des actions révolutionnaires concrètes, qui demandent de la maturité, mais aussi de la vaillance, un esprit élevé de sacrifice et d'abnégation. Ces vertus se rencontrent en premier lieu chez les meilleurs éléments de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, opprimée et malheureuse, dans les rangs de la jeunesse pure, droite et révolutionnaire. Face à l'ennemi féroce, qui se présente sous de multiples visages, qui tente de s'infiltrer coûte que coûte dans nos rangs, les partis marxistes-léninistes comprennent parfaitement que la classe ouvrière de chaque pays a besoin d'unité, d'une véritable direction révolutionnaire, de son propre parti marxiste-léniniste, qui est unique car il n'est qu'un et un seul marxisme-léninisme, et parce que les prolétaires n'ont pas d'intérêts divergents ni opposés entre eux. Les partis marxistes-léninistes ont acquis une précieuse expérience dans la lutte pour l'unité des forces marxistes-léninistes. Ils luttent contre les attitudes sectaires, étroites, subjectives, comme contre l'esprit libéral de l'unité pour l'unité, qui peut mettre en danger ce qui a été réalisé avec tant de difficulté et tant de peine. Les marxistes-léninistes ne peuvent pas admettre les unions en dehors des principes et de l'action révolutionnaires ni les unions qui peuvent introduire dans le Parti l'esprit d'opportunisme, de libéralisme, de dogmatisme et de sectarisme. Nos partis marxistes-léninistes préparent la révolution et sont en lutte contre l'impérialisme, le social-impérialisme et la bourgeoisie réactionnaire. Pour l'emporter dans cette lutte, ils élaborent une stratégie et une tactique justes et appropriées, qui leur permettent de s'assurer des alliés fidèles parmi les différentes couches des masses travailleuses, en premier lieu la paysannerie pauvre. Marx, Engels, Lénine et Staline nous ont laissé dans ce sens des enseignements d'une très grande valeur, que nous devons approfondir dans les conditions de l'époque où nous vivons, sans nous laisser tromper par les slogans pacifistes, par le parlementarisme et l'électoralisme bourgeois. Dans les pays où règne le capital, la jeunesse constitue une grande réserve de la révolution. On y compte des millions de jeunes sans travail, abandonnés à leur sort et laissés par la bourgeoisie sans aucun espoir ni perspective d'avenir. Une grande révolte contre les injustices sociales bouillonne en leur sein. De grandes forces se rassemblent et croissent, qui conduiront à des explosions révolutionnaires. Il appartient aux marxistes-léninistes d'associer l'élan de la jeunesse, ses aspirations révolutionnaires à l'élan et aux aspirations de la classe ouvrière, de la guider dans la juste voie, qui mène à la libération complète de la société du joug du grand capital. La question de l'unité et des alliances dans divers fronts et diverses organisations, au sein desquels les partis marxistes-léninistes ne dissimulent jamais leur personnalité, est un problème primordial et très délicat. Une erreur dans la ligne, une attitude incorrecte et trop rigide, la sous-estimation des idées progressistes sur cette amitié et cette unité qui se créent au combat, entraînent de grands dangers. Les partis marxistes-léninistes des divers pays ont les mêmes ennemis et ils mènent la même lutte, en s'appuyant sur les mêmes principes fondamentaux, sur les enseignements du marxisme-léninisme. Néanmoins, leur lutte ne peut être identique, elle ne peut être menée sans tenir compte des conditions et des circonstances propres à chaque pays. Il est impossible de donner des prescriptions sur la manière dont il faut agir dans les situations multiples et complexes qui se créent et que l'on ne peut prévoir, et même si l'on en donne, elles ne s'avèrent pas toujours utiles. D'autre part, la tendance de la part des partis marxistes-léninistes à appliquer une ligne rigide, qui ne se conforme ni au marxisme-léninisme ni aux conditions concrètes de chaque pays où ces partis déploient leurs activités, peut être nuisible et dangereuse.
RAPPORT D'ACTIVITE DU COMITE CENTRAL DU PARTI DU TRAVAIL D'ALBANIE Présenté au VIIIe Congrès du PTA le 1er novembre 1981 Tout le «système d'autogestion», dans sa forme et dans les appellations de sa structure et superstructure, devait se poser en «marxiste». Mais, en fait, il était tout à fait opposé à Marx et à la théorie et à la pratique du léninisme. Le premier coup porté le fut au pouvoir de démocratie populaire, qui était une forme de dictature du prolétariat, mais qui, en Yougoslavie, ne fut jamais défini ainsi. Les révisionnistes yougoslaves justifièrent cette action en prétendant que le pouvoir des conseils populaires, qui avait été instauré durant la lutte et qui avait vécu jusqu'en 1948, ne pouvait plus être maintenu sous cette forme avec toutes ses prérogatives. Il devait être remplacé par les «conseils ouvriers», le premier étant, selon eux, un pouvoir étatiste-bureaucratique, qui engendre «la bureaucratie et la couche, de la nouvelle bourgeoisie», et les «conseils ouvriers», par contre, un pouvoir plus proche de la théorie de Marx. A travers eux, ce sont prétendument «les ouvriers eux-mêmes qui dirigent et gouvernent directement», sans l'intermédiaire de l'Etat, dont il résulterait, selon la logique de la direction yougoslave, qu'il ne leur appartient pas. Le rôle de l'Etat yougoslave actuel se réduit donc à celui de «garant» que ce «nouveau système» ne sera pas touché, désintégré, et pour cela, la Fédération a la haute main sur l'armée, l'UDB et la politique extérieure, et rien d'autre. Ainsi le «système d'autogestion» a décentralisé, libéralisé et miné le pouvoir de la dictature du prolétariat. L'Etat était l'Etat des «prolétaires» et il est devenu celui des «ouvriers», il était «issu de la lutte, issu de la, base», alors que le «nouveau système», soi-disant exigé par le développement «dialectique», a été instauré d'en haut par Tito et Kardelj. Le rôle dirigeant du parti dans ce système devait être liquidé et en fait il s'est étiolé. Au parti a été laissé seulement un rôle falot d'éducation. Il n'a plus aucune voix au chapitre. En apparence, le parti n'a pas disparu, mais en réalité il a cessé d'exister. On l'a baptisé «Ligue des communistes», pour le rapprocher par là le plus possible de l'appellation de Marx, mais en fait pour l'écarter le plus possible du rôle que Marx et Lénine assignent au parti communiste. Les titistes présentent la question comme si, avec l'«autogestion», la Yougoslavie s'est engagée dans une étape de développement qui la rapproche de la société communiste. A partir de là, ils prétendent que l'Etat va vers son extinction et que le parti ne peut plus assumer le rôle et les fonctions qui étaient les siens dans la période de passage du capitalisme au socialisme. Bien plus, l'«autogestion», selon eux, a éliminé aussi la lutte de classes à l'intérieur du parti, en Yougoslavie même et en dehors d'elle. En vérité, Tito, Kardelj et leurs tenants ont modifié la direction de la lutte de classe. S'ils l'ont menée et la mènent, c'est pour défendre leur système «autogestionnaire», contre les «tenants du Kominform», les «staliniens», les «dogmatiques», etc. En fait, il s'agit ici d'une lutte des éléments capitalistes contre les révolutionnaires, du système capitaliste contre le système socialiste, de l'idéologie bourgeoise contre le marxisme-léninisme. Les théoriciens yougoslaves se livrent à des spéculations filandreuses sur la propriété des moyens de production. Selon eux, la propriété socialisée des moyens de production qui existe dans le système «autogestionnaire» constitue la plus haute forme de propriété socialiste, alors que la propriété d'Etat en serait la plus basse. Cette dernière, prétendent-ils, peut être définie comme une sorte de capitalisme d'Etat qui donne naissance à une nouvelle caste bureaucratique, laquelle, en fait, dispose collectivement du droit de propriété. La propriété d'Etat, sous le socialisme non plus, concluent-ils, n'élimine pas l'aliénation dont l'ouvrier est l'objet de la part du capital. Le rapport capitaliste profit-salaire est remplacé par le rapport accumulation d'Etat-salaire. En d'autres termes, selon eux, dans les deux systèmes sociaux l'ouvrier reste un salarié. C'est là une thèse trotskiste bien connue et depuis longtemps démasquée et réfutée. Dans la véritable société socialiste, où la propriété collective est dirigée par l'Etat de dictature du prolétariat, avec la large participation effective et organisée de la classe ouvrière et des autres masses travailleuses selon le principe du centralisme démocratique, et où de grands décalages conduisant à la création de couches privilégiées ne sont pas permis dans la répartition du produit social, l'ouvrier n'est pas salarié, il n'est pas exploité. On en a pour preuve la réalité de l'Albanie socialiste, où la classe ouvrière est la classe au pouvoir, qui, sous la conduite de son Parti marxiste-léniniste, dirige l'économie et toute la vie du pays, dans son intérêt et dans celui du peuple tout entier. L'«autogestion» yougoslave, qui est soi-disant centrée sur l'ouvrier, n'est qualifiée d'ouvrière qu'en théorie, en fait, elle est anti-ouvrière, antisocialiste. Ce système, indépendamment du grand bruit que font les titistes à son propos, ne permet à la classe ouvrière ni de diriger ni de gérer. En Yougoslavie toute entreprise «autogestionnaire» est un organisme enfermé dans son activité économique, alors que la politique de gestion est entre les mains de son groupe dirigeant, qui, comme dans tout autre pays capitaliste, manipule les fonds d'accumulation, décide des investissements, des salaires, des prix et de la distribution de la production. On prétend que toute cette action économique et politique est approuvée par les ouvriers à travers leurs délégués. Mais c'est là uns duperie et un grand bluff. Ces prétendus délégués des ouvriers font cause commune avec la caste des bureaucrates et des technocrates au pouvoir sur le dos de la classe ouvrière et des autres masses travailleuses. Ce sont les gérants de profession qui font la loi et définissent la politique dans l'organisation «autogestionnaire», de la base au sommet, dans la république. Le rôle de direction et de gestion, le rôle économique, social et politique des ouvriers et de leur classe est réduit au minimum, pour ne pas dire qu'il a été totalement supprimé. Encourageant le particularisme et l'esprit de clocher, au niveau de la république et de la région jusqu'à celui de la commune, le «système autogestionnaire» a liquidé l'unité de la classe ouvrière, il a dressé les ouvriers les uns contre les autres, tant sur le plan individuel en alimentant l’égoïsme, que sur le plan collectif, en encourageant la concurrence entre les entreprises. Dans la même ligne, on a sapé aussi l'alliance de la classe ouvrière avec la paysannerie, celle-ci étant elle-même morcelée en petites exploitations privées et exploitée par la nouvelle bourgeoisie au pouvoir. Tout cela a instauré l'autarcie dans l'économie, l'anarchie dans la production, dans la répartition des profits et des investissements, dans le marché dans les prix, engendrant une inflation et un chômage d'énormes proportions. L'existence de la classe ouvrière à la direction du système «autogestionnaire ouvrier» en Yougoslavie est une illusion, une utopie. Dans ce système, la classe ouvrière n'est pas à la direction, elle n'a pas l'hégémonie. La dictature du prolétariat y a été liquidée, la direction de la classe ouvrière, le Parti communiste, ou la Ligue des communistes, comme le parti s'appelle dans ce pays, ne dirige ni le pouvoir, ni l'économie, ni la culture, ni la vie sociale. Dans ce système de confusion générale ce sont d'autres qui se sont emparés des positions politiques dominantes et dirigeantes. C'est la nouvelle caste des bureaucrates politiques et des technocrates, issue de la couche de l'intelligentsia embourgeoisée et de l'aristocratie ouvrière. Elle est à cent lieues de toute morale prolétarienne et n'est assujettie à aucun contrôle politique. Cette nouvelle couche bureaucratique se vante à grand bruit d'être l'ennemie de la bureaucratie étatiste, alors qu'elle est elle-même une bureaucratie encore plus néfaste et elle fleurit et se renforce dans un système économique décentralisé, qui préserve et développe la propriété privée. L'«autogestion ouvrière», qui a pour fondement l'idéologie de l'anarcho-syndicalisme, a produit le nationalisme au niveau de chaque république, qui a élaboré jusqu'à des lois et règlements particuliers pour défendre ses intérêts étroits. Le monopole économique des républiques, qui se réduit au monopole de leurs entreprises et de leurs trusts, s'est converti en fait en un pouvoir politique et un nationalisme républicain, qui se manifeste au niveau non seulement de chaque république, mais aussi de chaque région, commune et entreprise. Chaque individu, chaque groupe, chaque république s'efforce de s'enrichir le plus possible et le plus rapidement sur le dos des autres. Le nationalisme bourgeois s'est installé confortablement en Yougoslavie et le mot d'ordre «union-fraternité», qui était juste au cours de la lutte de libération nationale, lorsqu'on se battait contre les occupants et la réaction du pays pour une société nouvelle fondée sur le marxisme-léninisme, est resté, dans le système yougoslave actuel, qui divise et désagrège tout, un slogan creux et sans effet. «L'union et la fraternité» des peuples, des nations et des nationalités, des républiques et des régions ne peuvent se réaliser que dans un véritable système socialiste guidé par l'idéologie marxiste-léniniste. L'union fédérative yougoslave n'a pas été édifiée sur des bases marxistes-léninistes, et l'on devait nécessairement voir naître comme on l'a vu, des antagonismes nationaux. C'est le système lui-même qui engendre ces contradictions, qui alimente le séparatisme des nations et des nationalités, des républiques et des régions. Les copieux crédits accordés par le capitalisme mondial ont aussi agi dans ce même sens. Le fait qu'ils ont été affectés à satisfaire les goûts et les caprices bourgeois et mégalomanes de la caste au pouvoir, leur répartition inégale et sans critères sains entre les diverses républiques, ont créé, entre les républiques et les régions, des dénivellements économiques et sociaux, ce qui accentue encore plus les antagonismes nationaux. Le système d'«autogestion» n'aurait pas fait long feu s'il n'avait pas été aidé par deux facteurs : par l'antisoviétisme de la direction yougoslave, en fait par son antimarxisme et anti-léninisme grâce auquel elle s'est assuré le soutien politique de toute la réaction mondiale, et par l'appui économique des pays capitalistes sous forme de crédits considérables et multiformes. Malgré tout, ces deux facteurs ne sont pas parvenus à sauver ce système antisocialiste. Au contraire, ils l'ont affaibli encore davantage et l'ont poussé vers la faillite économique et politique. Kardelj et Tito rejetaient la faute pour l'échec de ce système et pour tous les maux qu'il a engendrés sur l'«insuffisant perfectionnement» du système lui-même, sur «le niveau encore insuffisamment élevé» de la conscience des travailleurs, sur l'existence de la bureaucratie, etc. Ils s'étaient bien rendu compte de la faillite de leur système antisocialiste, mais ils ne pouvaient plus reculer. Aussi, toutes les mesures que prit Tito de son vivant concernant la direction de la Fédération et des républiques après sa mort, ne sont-elles que des palliatifs. Avec Tito et Kardelj s'est éteinte aussi l'euphorie sur le système «autogestionnaire». Les successeurs de Tito se trouvent dans un grand désarroi et ils ne savent pas comment faire pour se tirer de la situation difficile dans laquelle est plongé leur pays. Maintenant la Yougoslavie titiste s'est engagée dans une crise grave et générale de ses structures et superstructures, dans une crise économique et à la fois politique et morale. Le révisionnisme soviétique a été et demeure le courant le plus dangereux du révisionnisme moderne. Il garde, plus que toute autre variante révisionniste, les masques socialistes et la phraséologie léniniste afin de couvrir la réalité capitaliste actuelle de l’Union soviétique et sa politique extérieure impérialiste et agressive. C'est un révisionnisme qui a pris le pouvoir dans un Etat qui est en fait une grande puissance et qui dispose d'abondants moyens et possibilités pour exercer son influence dans le monde et agir avec une grande force et dans de multiples directions. De même que les autres courants révisionnistes, le révisionnisme khrouchtchévien a eu son processus d'éclosion et de croissance pour aboutir à sa forme actuelle de révisionnisme total, qui déforme toutes les questions de la théorie marxiste et de la pratique socialiste. En tant que phénomène social, le révisionnisme khrouchtchévien a ses racines et ses causes idéologiques, sociales et historiques. Le Parti du Travail d'Albanie a procédé à une analyse marxiste approfondie de ces causes. Il en a dégagé des conclusions et a adapté une série de mesures pour barrer les accès à l'apparition d'un phénomène régressif similaire dans notre pays. Mais il nous faut nous saisir toujours mieux de ce problème, pour faire en sorte que le révisionnisme ne passe jamais en Albanie. Le groupe Khrouchtchev, dès le début, se fixa pour but principal de liquider la dictature du prolétariat, de saper les bases de la société socialiste, d'engager l'Union soviétique dans la voie capitaliste et d'en faire une superpuissance impérialiste. Maintenant tout le monde voit bien la grande transformation contre-révolutionnaire qui s'est produite en Union soviétique. Il n'y a plus que la bourgeoisie et l'impérialisme qui citent encore ce pays comme étant communiste. Et s'ils présentent l'Union soviétique actuelle capitaliste comme un pays socialiste, c'est pour discréditer le marxisme-léninisme et le socialisme authentique. Le révisionnisme khrouchtchévien est l'idéologie et la politique du capitalisme d'Etat, lequel domine toute la vie du pays. Le retour de l'Union soviétique au capitalisme devait nécessairement avoir ses particularités, et le régime capitaliste y revêtir des formes propres. Ces particularités et ces formes sont déterminées par le fait que le capitalisme y a été restauré à la suite du renversement du socialisme, comme un processus régressif, au contraire du processus progressif que constitue le passage de l'ordre féodal renversé au capitalisme de type classique. La particularité fondamentale de ce type de capitalisme est qu'on y a préservé beaucoup de formes socialistes en matière de propriété, d'organisation et de direction, mais le contenu en a été radicalement transformé. Aujourd'hui en Union soviétique les moyens de production sont en fait propriété capitaliste d'Etat ou collective, car ils sont utilisés dans l'intérêt de la nouvelle classe bourgeoise qui a accédé au pouvoir, la classe qui précisément s'approprie le travail des ouvriers et des paysans. Les anciennes lois, traditions et pratiques ont été remplacées par de nouvelles, qui laissent la bureaucratie de l'Etat et du parti libre d'exprimer et d'appliquer sans obstacle sa propre volonté. Elle a utilisé les nouvelles compétences qu'elle a acquises par suite des réformes économiques, pour assurer et augmenter les revenus et les privilèges des diverses castes dirigeantes, pour conserver le pouvoir et se défendre contre les manifestations de mécontentement et les révoltes de la classe ouvrière et des masses travailleuses. Certes, la propriété d'Etat demeure et les usines n'ont pas été distribuées à des particuliers, les kolkhozes sont restés des exploitations collectives communes et les banques n'ont pas été remises à des actionnaires, mais la répartition du produit social, sa destination, ont complètement changé. Bien que l'on prétende appliquer le principe de la rémunération selon le travail, en réalité, les divers groupes de la nouvelle bourgeoisie s'approprient la plus-value créée par les ouvriers et les paysans. Cette spoliation à grande échelle est présentée comme un type de stimulant matériel visant soi-disant à encourager l'activité productive, le travail scientifique et la création artistique, etc. En vérité il s'agit là d'une exploitation typiquement capitaliste. Afin de frayer la voie à la restauration du capitalisme, les révisionnistes khrouchtchéviens s'en sont pris aux thèses fondamentales de la théorie marxiste-léniniste sur la production marchande et à l'action de la loi de la valeur sous le socialisme. En théorie et dans la pratique, ils ont identifié la production marchande socialiste avec la production capitaliste et, sur cette base, réformé tout le mécanisme économique. Graduellement, les entreprises économiques, mais aussi bon nombre d'institutions, ont acquis une plus grande indépendance à l'égard du plan d'Etat. Les directeurs des entreprises et des diverses institutions se sont vu attribuer des droits et des pouvoirs étendus pour diriger et manipuler le production et la répartition, embaucher et licencier des ouvriers, distribuer les bénéfices, etc. Le financement centralisé des entreprises existantes par l'Etat a été limité et la pratique de l'autofinancement et des crédits étendue. Les révisionnistes soviétiques prétendent que leur économie est dirigée et se développe sur la base de plans élaborés suivant le principe du centralisme démocratique. Or le plan d'Etat, tel qu'ils le conçoivent en théorie et l'appliquent dans la pratique, n'est ni ne peut être en aucune manière un plan de véritable économie socialiste. En Union soviétique cohabitent le centralisme bureaucratique de type monopoliste et un large libéralisme économique à la base. On cherche à donner l'image d'une direction planifiée de l'économie, alors que dans la pratique on a laissé le champ libre aux lois et aux catégories économiques du mode de production capitaliste. La consommation parasitaire a pris des proportions d'une ampleur sans précédent. Le rapport entre les rémunérations des ouvriers et celles des administrateurs bureaucrates et technocrates de la production, calculé sur la base du salaire nominal, est de plus de 1 à 10, mais si l'on y ajoute les revenus provenant de la distribution des bénéfices et des gratifications de toutes sortes, et autres privilèges sans nombre, cet écart s'accentue encore. Ces différences dans les salaires et dans le niveau de vie sont à peu près analogues à celles qui existent entre les administrateurs bourgeois et les ouvriers dans les pays occidentaux. Etant donné que la rétribution de la valeur de la force de travail se forme, dans une proportion de 35 à 40 pour cent, de manière décentralisée, à travers la distribution des bénéfices, que les normes de rendement du travail ne sont pas uniques ni appliquées de manière centralisée, que le stimulant matériel en faveur de la nouvelle bourgeoisie a la priorité absolue et que l'inflation, surtout en raison de la militarisation de l'économie qui engloutit un tiers du revenu national, ne cesse de croître, la société a, fondamentalement, perdu tout contrôle véritable sur la mesure du travail et de la consommation, ces deux clés essentielles d'une économie socialiste. Ces mesures et une série d'autres de caractère capitaliste, qui ont été tant vantées comme un développement créateur de la théorie et de la pratique économiques marxistes-léninistes, avaient pour but de saper les bases de l'économie socialiste et elles y sont parvenues. Les conséquences de ce cours apparaissent dans la vie quotidienne du peuple soviétique. Les articles de première nécessité manquent sur le marché, l'inflation, le chômage, la fluctuation de la force de travail se sont aggravés, on constate une hausse déclarée et non déclarée des prix des diverses marchandises. Le secteur privé de l'économie s'est étendu, les portes ont été ouvertes au capital monopoliste étranger, et l'on voit fleurir le marché noir, les spéculations, les abus, les pots-de-vin et les fraudes. La réalité soviétique actuelle témoigne que ce processus ne va pas vers «la suppression des distinctions de classe» et «la création d'une nouvelle unité sociale», comme le proclament les révisionnistes khrouchtchéviens-brejnéviens, mais vers une profonde différenciation sociale entre la nouvelle classe bourgeoise, composée de la couche des bureaucrates et des technocrates, et les larges masses travailleuses, qui se trouvent dans la situation d'une force simplement productive. Le fossé entre elles va constamment s'approfondissant à mesure que s'élève le degré d'exploitation des travailleurs et que s'accroissent les avantages de la bourgeoisie. Cette situation a engendré toute une idéologie et une politique, qui s'attachent à justifier et à défendre ce nouveau système d'exploitation capitaliste. Le pouvoir des soviets n'est plus des soviets, des ouvriers et des paysans. Il s'est détaché d'eux et est devenu une force distincte, qui leur est étrangère. Sur le plan de la forme également, les révisionnistes khrouchtchéviens ont déclaré la dictature du prolétariat liquidée. Ils ont baptisé l'Etat, Etat du peuple tout entier, justement pour masquer le fait qu'il n'est plus effectivement du peuple, mais une dictature de la nouvelle bourgeoisie soviétique. Son caractère capitaliste apparaît clairement dans toute sa politique intérieure et extérieure, qui sert les intérêts de la classe bourgeoise au pouvoir. L'Etat soviétique, qui dispose des principaux moyens de production et dirige toute l'économie, s'est transformé en un représentant et un défenseur des intérêts de la classe dominante. Pour garder leurs masques socialistes et «prouver» que l'Union soviétique est un pays socialiste, les révisionnistes soviétiques déclarent qu'il n'y a chez eux qu'un seul parti, le parti communiste, et que son rôle dirigeant est sanctionné par la Constitution. Le fait qu'un parti dirigeant est unique et que son pouvoir sans partage est reconnu par la loi, ne le rend pas communiste. Dans beaucoup de pays bourgeois il n'y a qu'un seul parti dominant. Le caractère d'un parti politique n'est pas défini par sa position dans l'Etat. Il est déterminé en premier lieu par la classe à laquelle il appartient et les forces qu'il sert, par l'idéologie sur laquelle il se guide et la politique qu'il poursuit. Le Parti communiste de l'Union soviétique est actuellement le représentant direct de la classe bourgeoise au pouvoir, c'est au nom de celle-ci qu'il exerce le pouvoir, qu'il sert le développement et le renforcement de l'ordre capitaliste restauré. Il n'a de communiste que le nom. L'appellation de communiste que ce parti a conservée et les quelques phrases marxistes et mots d'ordre socialistes qu'il invoque ont un caractère hypocrite et purement démagogique. Cela fait partie de sa propagande trompeuse, qui vise à maintenir les masses dans les ténèbres, à leur faire croire qu'elles vivent en régime socialiste, et non pas dans une société capitaliste d'oppression et d'exploitation. Par tradition, pour se camoufler ou par simple inertie, beaucoup de partis ont gardé les appellations de «démocratique», «populaire», «socialiste», etc., alors que ce sont des partis typiquement bourgeois et réactionnaires. La politique révisionniste et capitaliste qui est appliquée en Union soviétique a ranimé les anciens démons de l'empire tsariste, comme l'oppression nationale, l'antisémitisme, le racisme slave, le mysticisme religieux orthodoxe, le culte des castes militaires, l'aristocratisme de l'intelligentsia, le tchinovnisme [Du russe tchinovnik, fonctionnaire bureaucrate de la Russie tsariste.] bureaucratique, etc. Les théories des révisionnistes soviétiques sur la prétendue création d'une «nouvelle communauté historique», du «peuple soviétique unique» ont été inventées précisément pour dissimuler cette réalité pleine de profondes contradictions sociales, de classe et nationales. La force dominante aujourd'hui en Union soviétique est l'armée. La militarisation effrénée de la vie du pays, la lourde charge des dépenses militaires, qui ont atteint des chiffres astronomiques et ébranlent toujours plus l'économie soviétique, en déforment le développement, appauvrissent le peuple. La restauration du capitalisme dans le pays ne pouvait pas ne pas conduire à un grand versement dans la sphère des relations internationales et de la politique extérieure du Parti communiste et de l'Etat soviétiques. Le révisionnisme khrouchtchévien s'est converti graduellement en une idéologie et une politique de nouvelle superpuissance impérialiste, qui justifient et soutiennent l’expansion, l'agression et les guerres pour instaurer sa domination sur le monde. C'est cette idéologie et cette politique qui ont engendré les théories tristement célèbres de la «souveraineté limitée», de la «division internationale du travail», de l'«intégration économique, politique et militaire» des pays de la prétendue communauté socialiste, théories qui ont mis un carcan à ces pays et en ont fait des Etats vassaux. Ces relations, Brejnev, au XXVIe Congrès du PCUS, les a qualifiées de «relations entre peuples», pour dépouiller ainsi ces pays de toute identité nationale et étatique. Afin d'atteindre ses objectifs expansionnistes et néo-colonialistes, le social-impérialisme soviétique a créé une théorie selon laquelle aucun pays ne peut se libérer et se défendre contre l'impérialisme ni se développer de manière indépendante sans l'aide et la tutelle soviétiques. Il spécule sur le slogan de l'«aide internationaliste» pour entreprendre des agressions et piller les richesses des autres pays. Toute la politique extérieure expansionniste, hégémoniste et agressive de l'Union soviétique social-impérialiste est une preuve et un témoignage de plus du fait que l'ordre soviétique est un ordre capitaliste, car seul un tel ordre peut poursuivre une pareille politique dans l'arène internationale. Comme l'a dit Lénine, la politique extérieure est le prolongement de la politique intérieure et toutes deux ensemble sont l'expression concentrée des rapports économiques existant dans un pays donné. Les masques socialistes et communistes que les révisionnistes soviétiques s'efforcent encore de conserver, leur sont déchirés chaque jour par leur réalité capitaliste et par la politique social-impérialiste qu'ils poursuivent. Quant au temps qu'il faudra pour que prenne fin cette grande mystification du peuple soviétique, qui croit vivre en régime socialiste, pour que la classe ouvrière soviétique cesse de se bercer d'illusions, cela dépend de beaucoup de facteurs, intérieurs et extérieurs. Les événements de Pologne sont annonciateurs des situations qui attendent les pays où règne le révisionnisme khrouchtchévien. Le fait est qu'en Pologne a éclaté un conflit de classes entre les travailleurs et la classe bourgeoise au pouvoir, représentée par le parti révisionniste. Indépendamment du fait qu'elle a été manipulée par les forces de droite, la révolte de la classe ouvrière polonaise atteste bien que celle-ci a pris conscience de sa position de classe opprimée et exploitée, que le pouvoir existant en Pologne appartient à une classe antagoniste de la classe ouvrière, que le socialisme y a été trahi. Après la Pologne à qui le tour ? Les processus de différenciation de classe couvent dans tous les pays révisionnistes. Les conflits de classe se durcissent rapidement. Et à cet égard l'Union soviétique elle-même, bien qu'elle semble le plus stable d'entre eux, ne fait pas exception. Les plaies qu'y a ouvertes la restauration du capitalisme ne peuvent être guéries que par le renversement du révisionnisme et la restauration du socialisme. (...) La question de la révolution prolétarienne est indissolublement liée au développement du mouvement de libération des peuples. Les luttes de libération nationale actuelles ont pour trait important que l'éveil politique pour la conquête et la défense de la liberté et de la pleine indépendance nationale s'accompagne d'un éveil social. Les mouvements actuels des peuples opprimés sont dirigés toujours plus non seulement contre l'impérialisme étranger, mais aussi contre ses officines à l'intérieur de chaque pays. Le fait est que les peuples des pays opprimés, en dépit de leur retard économique et social, font preuve d'une grande vitalité et apportent une contribution importante à la révolution démocratique anti-impérialiste, qui fraye la voie à la révolution prolétarienne. Les insurrections populaires d'«inspiration islamique», comme la bourgeoisie et les révisionnistes aiment à définir ces mouvements pour en nier le caractère anti-impérialiste et révolutionnaire, méritent une attention particulière. C'est un fait que, dans les pays musulmans, il y a des mouvements insurrectionnels, mais les interprétations qu'en donnent la bourgeoisie et les révisionnistes sont malveillantes et dénigrantes. Elles cachent des visées d'asservissement à l'égard des peuples de ces pays. Nous, marxistes-léninistes, continuons d'affirmer que la religion est l'opium des peuples. En aucun cas, nous ne modifierons notre point de vue sur cette question. Et la religion musulmane, dans son contenu, ne diffère pas des autres. Les larges masses des peuples musulmans dans les divers pays se sont dressées et se dressent dans la lutte non pas pour la question religieuse, mais pour la libération nationale et sociale. La croyance religieuse a un poids relatif et ne prime pas la politique. Les gens de ces pays croient à l'islamisme et le respectent, mais lorsqu'il est porté atteinte aux intérêts vitaux du peuple, à la liberté et à l'indépendance du pays, ils se soulèvent pour combattre l'agresseur, même si c'est un coreligionnaire. Ce n'est pas l'inspiration religieuse qui provoque les révoltes et le réveil révolutionnaire des peuples, mais les conditions politiques et sociales, l'oppression et le pillage impérialistes, la pauvreté et les souffrances qui pèsent sur eux. Les Arabes et les autres peuples musulmans sont des combattants valeureux et dotés d'une antique culture. Par leurs révoltes et leurs luttes anti-impérialistes, anticolonialistes et antiféodales, ils montrent qu'ils sont attachés au progrès et à la liberté. S'ils ne l'étaient pas, ils ne se dresseraient pas dans la lutte pour la liberté et l'indépendance nationale, contre la double oppression, intérieure et extérieure. Dans les régions habitées par les peuples musulmans, les impérialistes et les social-impérialistes se trouvent dans une situation difficile. Et leurs fantoches tout autant. Les faits dans ces régions témoignent d'une situation révolutionnaire, d'un grand mouvement social de ces peuples, indépendamment de ce qu'au premier abord ces mouvements ont un caractère religieux et qu'ils sont suivis à la fois par des croyants et des incroyants. Aujourd'hui dans maints pays existent ou sont en train de se créer des situations révolutionnaires, mais la révolution socialiste ne se pose pas partout comme une tâche immédiate. D'autres mouvements de caractère démocratique, anti-impérialiste et de libération se développent aussi dans le monde. Ils s'intègrent tous dans le processus révolutionnaire mondial, ce sont des guerres justes qui affaiblissent le front impérialiste et contribuent à accélérer les processus révolutionnaires, qui frappent et font pourrir encore plus le système capitaliste. Aussi comme nous l'enseigne Lénine, la classe ouvrière, la classe la plus progressive, et son parti communiste doivent appuyer et soutenir activement ces luttes et en assumer la conduite. Même si, au début, cette classe et son parti n'ont pas affirmé leurs positions dirigeantes, ils n'en doivent pas moins se tenir à la pointe de la lutte et des sacrifices, car ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront prendre la tête du mouvement et réaliser ses objectifs, ce n'est qu'ainsi que pourra être frayée la voie à la croissance de la révolution démocratique, populaire, anti-impérialiste et à sa conversion en révolution socialiste. Dans leur lutte pour la libération nationale et sociale, la classe ouvrière et les masses travailleuses se heurtent chaque jour à la violence sauvage de l'impérialisme, de la bourgeoisie et des forces de la réaction. Dans ces conditions, elles sont contraintes de répondre à la violence réactionnaire par la violence révolutionnaire, dont les formes, varient nécessairement selon les conditions de chaque pays et l'évolution des situations. Dans certains pays, cette violence a pris ou peut prendre la forme de l'insurrection armée. Les marxistes-léninistes considèrent cette question avec un très grand sérieux.
Réflexions sur la Chine : Extrait (Conclusion du tome II) LUNDI 26 DECEMBRE 1977 LA REVOLUTION CHINOISE PEUT-ELLE ETRE QUALIFIEE DE PROLETARIENNE ? [...] J'ai indiqué dans un des mes écrits qu'il fallait abattre les mythes, et je pensais précisément au mythe de Mao Tsétoung, ce mythe qui le présentait comme un «grand» marxiste-léniniste. Mao Tsétoung n'est pas un marxiste-léniniste, mais un démocrate révolutionnaire progressiste et c'est à travers ce prisme qu'il faut, à mon sens, étudier son oeuvre. J'ai déjà dit qu'il ne faut pas étudier les conceptions de Mao Tsétoung en les jugeant seulement d'après les phrases arrangées dans les quatre tomes publiés de ses oeuvres, mais qu'il faut les étudier dans leur application dans la vie. Et ces conceptions ont été appliquées dans une période dissemblable de celle de la Révolution française démocratique bourgeoise, où la bourgeoisie était, pour son époque, une classe progressiste. Actuellement, les idées de Mao Tsétoung sont développées à l'époque de la putréfaction de l'impérialisme, ce stade suprême du capitalisme, par conséquent à l'époque où les révolutions prolétariennes sont à l'ordre du jour et où l'exemple et les grands enseignements de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, les enseignements de Marx et de Lénine sont pour nous des guides infaillibles. La théorie de Mao Tsétoung, la «pensée-maotsétoung», qui a vu le jour dans ces nouvelles conditions, devait tenter de s'affubler de l'habit de la théorie la plus révolutionnaire et la plus scientifique de l'époque, du marxisme-léninisme, mais elle est restée dans son essence une théorie antimarxiste, car elle est en opposition avec les révolutions prolétariennes et va à l'aide de l'impérialisme pourrissant. C'est pourquoi, dans l'idéologie de Mao Tsétoung nous trouvons reflétés tous les aspects des idées conçues par le capitalisme et l'impérialisme au cours de sa longue période de déclin et de putréfaction. La «pensée-maotsétoung» est un amalgame d'idéologies, allant de l'anarchisme et du trotskisme, au révisionnisme moderne à la titiste, à la khrouchtchévienne, de l'«eurocommunisme» à la Marchais-Berlinguer-Carrillo jusqu'à l'utilisation des formules marxistes-léninistes. Dans tout cet amalgame nous devons distinguer les vieilles idées de Confucius, de Mencius et des autres philosophes chinois, qui ont considérablement influé sur la formation des idées de Mao Tsétoung, sur son évolution culturelle et théorique. Il est donc difficile de définir une seule ligne, ou plutôt une ligne claire de l'idéologie chinoise. Même ceux de ses aspects dont on peut dire qu'ils constituent en quelque sorte un marxisme-léninisme dénaturé, portent un sceau asiatique, ils portent la marque d'un «communisme asiatique», d'une sorte d'«asiocommunisme», qui s'apparente à l'«eurocommunisme» et où l'on ne décèle aucune trace de l'internationalisme prolétarien de Marx et de Lénine dans sa pleine et véritable acception. On retrouvera dans l'idéologie chinoise de fortes doses de nationalisme, de xénophobie, de religion, de bouddhisme, des séquelles marquées de l'idéologie féodale, sans parler de multiples autres survivances qui n'ont pas été combattues systématiquement pendant la lutte de libération nationale et particulièrement durant la période de l'instauration du pouvoir de démocratie populaire. Il faut reconnaître que la bourgeoisie réactionnaire mondiale a suivi et étudié attentivement l'évolution de la politique et de l'idéologie de Mao Tsétoung, le développement des luttes politiques et idéologiques en Chine non seulement avant la révolution, mais aussi au cours de celle-ci. C'est justement parce qu'elle s'est rendu compte que cette politique et cette idéologie présentaient un caractère proprement chinois et asiatique, et s'étaient beaucoup écartées du marxisme-léninisme, que la bourgeoisie réactionnaire mondiale les a défendues, soutenues, et même propagées comme étant marxistes-léninistes. Toutefois, dans ses écrits et publications, la bourgeoisie analyse clairement l'orientation politique et idéologique de Mao Tsétoung : elle considère son idéologie non pas comme marxiste, mais comme étant bourgeoise révolutionnaire, ce qu'elle est en fait. Il était de l'intérêt de l'impérialisme, du capitalisme mondial, que la Chine, ce continent peut-on dire, poursuive dans cette voie, qu'elle suive l'orientation politique et idéologique de Mao Tsétoung, qui devait s'opposer un jour ouvertement au marxisme scientifique, car ce pays se détournerait ainsi de la voie du marxisme scientifique. Cela est apparu clairement dans le développement de la Chine ; les divergences idéologiques entre le marxisme-léninisme et la «pensée-maotsétoung» qui se sont manifestées aujourd'hui au grand jour, étaient auparavant déjà inéluctables. Tous les désaccords et les malentendus qui opposèrent les Chinois à l'Union soviétique, au Komintern et à Staline, portaient sur des questions de principe et sur rien d'autre. J'estime que lorsque nous analysons la «pensée-maotsétoung», nous devons tenir compte de tous ces facteurs qui ont joué un grand rôle dans l'évolution politique et théorique de la direction chinoise, du Parti communiste chinois, et qui se reflètent dans leurs orientations et dans leurs actions. D'où découle aussi la stratégie actuelle du maoïsme, laquelle, comme on le sait, consiste dans l'alliance avec les Etats-Unis et avec tout le capitalisme mondial pour s'opposer à l'Union soviétique révisionniste. Ce n'est pas là seulement une politique conjoncturelle, c'est une politique qui, par son contenu, traduit les convictions idéologiques des maoïstes. Les dirigeants chinois jugent presque de la même façon que les impérialistes américains et les chefs de file des autres «démocraties» capitalistes développées. Ils s'accordent idéologiquement, surtout dans leurs objectifs de domination, car la Chine, en grand Etat qu'elle est, ne tient à se mettre sous la direction et le joug d'aucun de ces impérialistes et capitalistes, elle aspire à dominer elle-même ou du moins à faire entendre puissamment sa voix dans le monde. C'est pour cette raison que, d'une manière ou d'une autre, la Chine maoïste prône l'alliance du prolétariat mondial avec la bourgeoisie capitaliste et l'impérialisme américain. En s'engageant dans cette voie, la Chine entrave en fait la révolution mondiale, elle dénature la théorie marxiste-léniniste tout comme le font les autres révisionnistes. Sa politique et son action servent à ranimer l'impérialisme et le capitalisme agonisants, à prolonger leur existence. Les divergences de la Chine maoïste avec le révisionnisme soviétique tiennent à ce qu'elle considère l'Union soviétique comme une puissance impérialiste plus faible que les Etats-Unis et qu'elle pense qu'une alliance avec l'impérialisme américain lui permettra de réaliser ses rêves d'expansion, la conquête de la Sibérie et des autres régions orientales de l'Union soviétique. C'est en cela que réside la contradiction entre la Chine et l'Union soviétique, et cette contradiction n'a pas un caractère idéologique, comme la Chine cherche à le faire croire en prétendant qu'elle est marxiste-léniniste et que seule l'Union soviétique est révisionniste. Non, ces deux pays sont tous deux révisionnistes, ils se guident sur une même idéologie bourgeoise dans leur lutte contre la révolution, précisément dans les conditions de la putréfaction de l'impérialisme. Aussi, me semble-t-il, toutes ces notes doivent être approfondies, étayées d'une documentation plus riche, qu'il faut rechercher, car elle existe sous une forme ou une autre, ne serait-ce que dans les journaux ou les livres qui paraissent de temps en temps en Chine ou à l'étranger. Mais il faut étudier ces écrits avec un esprit critique et confronter leurs contenus avec la réalité chinoise et avec les principes et les thèses fondamentales de notre grande idéologie révolutionnaire, le marxisme-léninisme. |
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