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ENVER HOXHA




COMPRENDRE ET ORGANISER CORRECTEMENT L'ACTION CLANDESTINE ET LEGALE DU PARTI, QUESTION FONDAMENTALE DE LA REVOLUTION


Entretien avec une délégation du Parti communiste

du Ceylan

(Extraits)



17 mai 1969



L'hôte de Ceylan a été le premier à prendre la parole. Après avoir exprimé ses remerciements pour l'accueil cordial qui lui avait été réservé, il a dit entre autres: «Lors de l'agression soviétique contre la Tchécoslovaquie, nous avons beaucoup pensé au danger qui menaçait l'Albanie, nous avons très bien accueilli vos discours et nous les avons largement publiés».

Puis le camarade Enver Hoxha, à son tour, a pris la parole: Cette situation difficile, a-t-il dit, ne nous a pas pris au dépourvu, nous l'avions prévue depuis longtemps et nous y étions préparés. Notre position géographique est telle que nous sommes obligés d'être constamment sur le qui-vive, vigilants, prêts et mobilisés.

Bien que la situation générale soit favorable à la révolution, aux communistes, aux partis marxistes-léninistes, nous dévions à tout prix tendre constamment notre vigilance. Pour nous, Albanais, il est particulièrement indispensable d'être préparés, car notre pays est encerclé de tous côtés par des Etats impérialistes et révisionnistes qui se sont efforcés et s'efforcent sans cesse de nous nuire et de nous anéantir. C'est pourquoi si nous relâchons; ne fût-ce qu'un instant, notre vigilance, ou que nous atténuions notre lutte contre nos ennemis, ceux-ci agissent immédiatement comme le serpent qui mord et lâche brusquement son venin.

La trahison des révisionnistes soviétiques est un événement lourd de conséquences pour le mouvement marxiste-léniniste et révolutionnaire dans le monde. Néanmoins, la situation montre qu'en dépit de leur grand potentiel économique et de leurs armements, ils sont faibles, très faibles, à l'intérieur de leur pays.

Notre doctrine marxiste-léniniste nous enseigne que dans la guerre le rôle principal appartient aux hommes, à leur engagement enthousiaste dans une juste voie et non pas aux armements. Les cliques révisionnistes, tout comme les impérialistes, voient se dresser contre elles tous les peuples. C'est ce que prouvent à chaque instant la situation internationale qui se développe en leur défaveur et la situation intérieure de l'Union soviétique où, malgré notre manque de données précises à ce sujet, la situation politique et économique ne nous semble nullement favorable aux chefs de file traîtres soviétiques. En Union soviétique ce sont les maréchaux et les généraux aux nettes tendances nationalistes, fascistes et impérialistes, qui ont la situation en main. Une telle évolution montre que les révisionnistes soviétiques ne sont pas tranquilles quant à l'état d'esprit de leur peuple et, pour .sortir du chaos où ils se sont enfoncés, ils s'efforcent de réprimer le mouvement révolutionnaire qui existe et doit exister dans leur pays. Nous ne savons rien des formes sous lesquelles se développe ce mouvement ni de son ampleur, mais les mesures qu'ont prises les révisionnistes en vue de la fascisation du régime montrent clairement la situation grave du pays ainsi que leur faiblesse.

Les traîtres khrouchtchéviens ont essuyé en Tchécoslovaquie une défaite cuisante; il est vrai qu'ils ont occupé ce pays, mais ils ne soumettront pas le peuple tchécoslovaque. Les dirigeants révisionnistes tchécoslovaques ont manqué de fermeté, ils ont capitulé sur-le-champ. La haine que le peuple tchécoslovaque a exprimé tantôt de façon passive, tantôt par des grèves et des manifestations de masse a été freinée par sa direction. Si en Tchécoslovaquie une plus grande résistance et surtout une résistance armée avait été opposée à l'agression,.le cours des événements aurait été tout autre en Europe et en Union soviétique même. Les chefs de file soviétiques, ces traîtres, craignaient beaucoup la résistance armée, et ils ont pu lui échapper grâce à l'attitude soumise des dirigeants capitulards tchécoslovaques.

Afin d'écraser le peuple tchécoslovaque sous toutes sortes de mesures de répression les tenants de Khrouchtchev ont porté au pouvoir en Tchécoslovaquie un nouveau groupe ayant à sa tête un certain Husak, un révisionniste aux tendances autoritaires fascistes-nationalistes, et ce groupe est mieux adapté aux circonstances que celui qui était conduit par le révisionniste Dubcek. C'est par le truchement de traîtres de ce genre que les révisionnistes soviétiques s'efforcent de réaliser petit à petit leurs visées en Tchécoslovaquie, d'étouffer même le mouvement de résistance passive qui y existe actuellement. Mais les nouveaux tsars du Kremlin n'ont pas encore acquis une entière confiance en eux, et ils craignent, sait-on jamais, que dans quelques an~nées les nouveaux révisionnistes de Prague ne tournent casaque.

L'affaire tchécoslovaque a bien dessillé les yeux à tous les révolutionnaires et à tous les peuples, surtout d'Europe, dans deux directions: primo, elle a confirmé la justesse de la ligne commune marxiste-léniniste de tous les vrais communistes du monde, le bien-fondé de la lutte menée pour démasquer le groupe de renégats et de traîtres du Kremlin et ses tendances fascistes impérialistes, elle a prouvé parfaitement que sa façade «marxiste» n'est rien d'autre qu'un bluff; secundo, elle a démontré l'existence de la collusion américano-soviétique pour le partage de zones d'influence et pour les préparatifs de guerre qu'Américains et Soviétiques font de concert contre les peuples, contre les mouvements de libération nationale, contre le socialisme et les partis marxistes-léninistes dans le monde.

Notre Parti et tous les autres partis marxistes-léninistes ont mené comme il se doit la lutte pour la dénonciation de l'agression fasciste contre le peuple tchécoslovaque, et c'est pour cela que cette dénonciation a été très vigoureuse. Bien entendu, les révisionnistes soviétiques ont aus,si, après la Tchécoslovaquie, des visées à l'encontre des pays et des peuples qu'ils considèrent comme leurs adversaires principaux et les plus résolus. Mais nous pensons que leurs visées les plus immédiates sont dirigées contre la Roumanie et, dans une certaine mesure, contre la Yougoslavie et notre pays.

A notre avis, la direction roumaine est révisionniste-nationaliste. Elle doit comporter en son sein des tendances aussi bien pro soviétiques qu'antisoviétiques, mais jamais dans la voie marxiste-léniniste. Dans la situation créée après l'invasion de la Tchécoslovaquie et quand les Soviétiques eurent manifesté au grand jour leurs tendances à envahir la Roumanie, la direction roumaine a observé, si l'on peut dire, une attitude d'opposition. Au début, lorsque Dubcek, qui s'était engagé à restaurer le capitalisme en Tchécoslovaquie, a résisté, les Roumains se prononçaient hardiment contre les révisionnistes soviétiques en pensant qu'ils bénéficieraient d'une certaine protection de la part des EtatsUnis et des autres Etats capitalistes occidentaux. Mais ayant vu, après l'invasion de l.a Tchécoslovaquie, que les impérialistes américains n'avaient pas fait le moindre geste contre les révisionnistes soviétiques, ils baissèrent le ton.

Nous pensons que les difficultés que les traîtres soviétiques ont eu à affronter après l'invasion de la Tchécoslovaquie ont déjoué leurs plans d'invasion à l'encontre de la Roumanie. Il va de soi que nous avons appuyé l'attitude des Roumains à l'égard des révisionnistes soviétiques, car cela était de l'intérêt du mouvement communiste et de la révolution mondiale.

En ce qui concerne les peuples de Yougoslavie il faut dire qu'ils sont courageux. Mais nous avons constaté dans le cours des événements que les dirigeants yougoslaves, malgré ce trait de leurs peuples, ont eu peur d'une éventuelle invasion soviétique. Nous sommes d'avis que cela tenait non pas tant à la menace immanente d'invasion étrangère qu'à la grande faiblesse des positions du régime titiste en Yougoslavie même. Tito a encore de l'influence dans le pays, mais les contradictions internes, .qui existent et s'exacerbent chaque jour entre la bourgeoisie serbe, d'une part, et la bourgeoisie croate, slovène etc., de l'autre, ont créé sans ce pays de graves antagonismes nationaux qui mettent en danger l'unité de l'Etat yougoslave. Et Tito craignait précisément que les Soviétiques, de dedans, par l'intermédiaire de chauvins serbes comme Rankovic et consorts, ne créent une situation trouble, favorable à une agression. Néanmoins, nous ne croyons pas encore que les révisionnistes soviétiques soient en mesure de déclencher une agression contre la Yougoslavie. Les menaces dont celle-ci a été l'objet avaient pour but, à notre avis, d'intimider Tito pour que celui-ci n'élève la voix ni à propos de la pression soviétique ni plus tard de l'intervention armée en Tchécoslovaquie, pour qu'il n'encourage pas la résistance antisoviétique dans ce pays ni dans quelques autres. Dans ces conditions, Tito a pris des mesures et a «épuré» son armée de centaines de généraux, qui, dans leur très grande majorité, avaient été des cadres de la Lutte de libération nationale, des personnalités et ses collaborateurs les plus proches, en les accusant d'avoir prétendument affaibli la défense yougoslave et ranimé des tendances chauvines et nationalistes dans l'ensemble de la Yougoslavie. Apparemment; Tito a pris ces mesures dans son propre intérêt, car, à notre sens, il ne croit pas, et cela pour beaucoup de raisons, à l'éventualité -d'un agression soviétique.

Mais pourquoi jugeons-nous ainsi?

Primo, parce que, avant d'attaquer la Yougoslavie, les khrouchtchéviens doivent bien réfléchir, car ce pays n'est pas la Tchécoslovaquie. Dan-s le cas d'une agression armée contre la Yougoslavie, les révisionnistes soviétiques devront bien faire leurs comptes, s'ils ne veulent pas aller au-devant d'un échec, car les peuples de Yougoslavie se battront avec détermination.

Secundo, parce que les intérêts économiques du capital américain, anglais, etc., en Yougoslavie sont actuellement extrêmement importants. Il a mis la main sur toute l'économie yougoslave. L'industrie de ce pays se trouve entièrement au pouvoir des trusts anglo-américains. Si la Yougoslavie était envahie par les Soviétiques, les Etats-Unis et les autres pays impérialistes qui y ont fait de gros investissements, interviendraient pour défendre leurs intérêts économiques.

Tertio, si elle attaquait la Yougoslavie~, l'Union soviétique aurait affaire à une force stratégiquement importante, l'alliance de l'O.T.A.N. et l'aide militaire américaine à la Yougoslavie. Ainsi donc, à part la lutte que mèneraient les peuples, de Yougoslavie eux-mêmes contre une éventuel:.le agression soviétique, tout l'organisme de l'O.T.A,.N. et les Etats-Unis eux-mêmes se mettraient en branle.

Pour toutes ces raisons nous estimons que Tito ne s'attend pas à une agression de la part des Soviétiques. Quoi qu'il en soit, il a pris ses mesures, tant à l'intérieur de son pays que vis-à-vis de l'alliance qu'il a conclue avec les impérialistes américains, qui l'appellent «dirigeant» du monde des «non alignés», bien que nous sachions qu'il n'est que leur agent et nullement neutre.

A ces moments-là, lorsque la direction yougoslave a pris peur, notre Parti a estimé nécessaire de publier une déclaration contre la concentration de forces militaires soviétiques en Bulgarie et la menace qu'elles faisaient peser sur la Yougoslavie et la Roumanie. Selon notre déclaration, :au cas où ces deux pays seraient attaqués, nous lies défendrions, prendrions fait et cause pour eux, mais en mettant, comme toujours, les points sur le,s «i», sans cacher l'incompatibilité de nos vues avec celles des titistes; qui plus est, nous avons encore une fois rendu publiques nos divergences idéologiques avec la direction roumaine également. Nous avons jugé qu'une telle attitude résolue était dans l'intérêt du socialisme et de la défense de notre patrie, car si la Yougoslavie venait à être attaquée, il va sans dire que l'Albanie le serait aussi.

Nous sommes préparés à défendre notre patrie à tout moment si jamais l'ennemi se lance dans une guerre contre nous. Notre peuple ne craint pas la guerre. Cela, nos amis, les partis marxistes-léninistes frères, le savent bien, et nos ennemis aussi.

Notre déclaration de soutien aux peuples de Yougoslavie, de Roumanie, de Bulgarie, etc., en cas d'agression de la part des social-impérialistes soviétiques, a été accueillie avec enthousiasme par ces peuples. L'héroïque attitude du peuple albanais et cette déclaration ont énormément influé sur l'attitude des peuples des Balkans.

Tito est un ennemi farouche du peuple albanais et du mouvement communiste international. mais il est rusé. Au lendemain même de notre déclaration, il a déclaré qu'au moment où les Soviétiques menacent la Yougoslavie, la République Populaire d'Albanie joue un rôle décisif dans les Balkans. Mais nous connaissons bien sa politique retorse. Même lors des événements -de l'Oussouri qui ont opposé l'Union soviétique à la Chine, Tito s'est efforcé de faire une certaine politique neutre; en ne prenant parti ni pour la Chine ni pour les révisionnistes soviétiques.

Les conjonctures et les situations tendues provoquées par l'agression soviétique contre la Tchécoslovaquie ainsi que l'alliance soviéto-américaine ont fait que la situation dans le monde, surtout à l'heure actuelle, est loin d'être tranquille. Les révisionnistes soviétiques ont tendance à l'agression, mais en même temps ils ont peur, car ils envisagent la résistance et la lutte des peuples, non seulement d'Albanie, mais aussi de Yougoslavie et même de Roumanie, cela, certes, dans la mesure où le peuple roumain en est capable. Tout en ne renonçant pas à l'agression militaire, les révisionnistes soviétiques s'attachent actuellement à briser la résistance des Roumains en Roumanie même, où il y a beaucoup d'agents soviétiques qui y mènent un travail de sape.

Les révisionnistes soviétiques déploient aussi leurs menées en Yougoslavie, assurément avec moins de succès qu'en Roumanie, alors que Tito continue de prêcher l'unité du peuple, d'attaquer la bourgeoisie serbe, de s'appuyer principalement sur la bourgeoisie croato-slovène, etc.

Les situations difficiles qu'il traverse ont obligé Tito à faire quelques concessions au million et quelques d'Albanais de Kosove dont il a très peur et à qui il a permis, pour les calmer, d'ouvrir maintenant des écoles en langue albanaise et de hisser le drapeau albanais.

Vu les circonstances que je viens d'évoquer, les révisionnistes soviétiques, en collusion avec les impérialistes américain,s s'efforcent à présent de calmer la situation en Europe, d'y maintenir le statu quo dans l'intention d'intensifier la guerre en Asie.

En Europe il existe de grandes contradictions. Sur ce continent, ce sont les capitalistes et les révisionnistes qui dominent et ils tendent à renforcer leurs dictatures fascistes. Ils frappent sans répit les forces révolutionnaires ascendantes, et tâchent, sans grands espoirs de succès, de colmater les brèches qui sont faites chaque jour dans leurs rangs. Toutes les grandes grèves qui se déroulent presque quotidiennement en France, en Italie et ailleurs, la grave crise monétaire en Angleterre, la crise au sein du Marché commun; la chute de De Gaulle, etc., montrent le pourrissement de la situation dans tous les pays européens.

Dans cette situation, l'Allemagne occidentale essaie de jouer le rôle de principale force européenne au sein de l'O.T.A.N. Elle sait bien que; sans elle l'O.T.A.N. et les U.S.A. n'arrivent pas à contrebalancer la force de l'impérialisme soviétique en Europe. Les révisionnistes soviétiques ont déjà préparé deux ou trois plans pour la «sécurité européenne». Cela signifie qu'ils veulent que l'Europe reste tranquille sous la domination américano-soviétique afin de maintenir aisément sous leur férule tous leurs satellites, Pologne, Tchécoslovaquie, Allemagne de l'Est, Hongrie; Bulgarie, si possible aussi la Roumanie; et que les Etats-Unis de leur côté mettent sous leur contrôle le colosse chinois à l'Est. Il n'en demeure pas moins que la situation en Europe est révolutionnaire et il nous faut donc en tirer le meilleur profit. Il est vrai que pour le moment les mouvements révolutionnaires marxistes-léninistes en Europe ne sont pas puissants, mais ils sont en train de se redresser et, malgré toutes les difficultés que l'on conçoit, ils progressent de jour en jour.

Nous avons présent à l'esprit que les nouveaux partis et groupes marxistes-léninistes qui agissent dans ces pays ont sur le dos trois ennemis : le capitalisme de leur pays avec ses appareils répressifs, la social-démocratie qui joue le rôle de briseuse de grève, ainsi que le révisionnisme soviétique avec les révisionnistes intérieurs. Pour aller de l'avant, les camarades communistes dans ces pays s'efforcent de trouver les voies révolutionnaires les plus appropriées, mais qui sont en même temps plutôt compliquées. Les éléments marxistes-léninistes qui dirigent ces mouvements et partis sont déterminés dans leur lutte contre le révisionnisme, mais, comme dans la plupart des cas ils proviennent des partis révisionnistes, ils gardent encore et pratiquent parfois les formes et les méthodes de lutte et de travail de ces partis, où ils ont milité de longues années. En outre, pour les jeunes partis marxistes-léninistes il existe toujours un autre grand danger, celui que la bourgeoisie et les révisionnistes les noyautent à des fins de sabotage et de diversion.

Prenons par exemple le mouvement révolutionnaire en Italie. Il y a été créé un jeune parti marxiste-léniniste qui observe en général une juste attitude. Mais il y a encore trois ou quatre groupes qui se querellent entre eux sur certaines questions, de principe ou non. Dans ces groupes il y a des gens honnêtes, mais il en est aussi de malfaisants. Dans de telles conditions, un jeune parti marxiste-léniniste n'est pas encore en mesure de faire une politique avisée, de passer à l'action, d'étudier les bons et les mauvais côtés de ces groupes, de discuter avec eux pour aplanir les désaccords sur des bases de principe marxistes-léninistes. Les hommes de ces groupes, qui connaissent notre attitude de non-ingérence dans leur propres affaires, s'adressent à nous et nous prient de parler d'eux aussi. Nous leur avons répondu que du moment qu'ils sont d'accord entre eux sur les questions principales, l'intérêt de la révolution exige qu'ils s'entendent et que, sur des bases marxistes-léninistes, ils éliminent leurs désaccords. C'est ce qui se produit également en Autriche, entre autres.

Dans ces situations, notre Parti s'emploie, dans la mesure de ses moyens, à faire connaître partout sa ligne et celle des autres partis marxistes-léninistes, à combattre avec la plus grande rigueur le révisionnisme soviétique, l'impérialisme américain et de façon générale le capitalisme en Europe et dans le monde. En dépit des possibilités et des moyens de propagande limités dont dispose notre pays, notre Parti s'efforcera d'aider loyalement nos camarades révolutionnaires en Europe, en Amérique latine et ailleurs, et dans le même temps de consolider de jour en jour ses positions politiques, idéologiques et militaires à l'intérieur du pays. La lutte contre la propagande de l'ennemi est pour nous d'une haute importance, car notre pays est la cible d'une propagande capitaliste révisionniste intense. Des dizaines de stations de radio ennemies diffusent chaque jour des émissions contre l'Albanie.

Le renforcement de la situation intérieure du pays, la mobilisation politique et idéologique du peuple tout entier et, parallèlement, la réalisation des plans économiques et en premier lieu l'entraînement militaire du peuple sur une vaste échelle revêtent pour nous une grande importance. Le travail mené par notre Parti dans tous les domaines nous montre que toutes les questions progressent de front et sans interruption dans la bonne voie et qu'aucune d'elles n'empêche matériellement le règlement d'une autre.

Quelqu'un demandera peut-être : Où les Albanais trouvent-ils le temps de travailler et de s'instruire, de s'éduquer politiquement et idéologiquement et en même temps de s'entraîner militairement? Tout cela, le travail, l'instruction, l'éducation, les marches et l'entraînement militaires, nous le faisons très bien et nous constatons que. plus nous nous engageons à fond dans ces problèmes et mieux nos affaires marchent.

Compte tenu des dimensions de notre pays, nous avons obtenu de grands succès dans le développement des diverses branches de notre économie, qui croissent sans arrêt. Notre agriculture va de l'avant; les coopératives agricoles se développent sans cesse dans la voie léniniste. Cela est capital. Actuellement notre Parti attache une très grande importance à l'augmentation des rendements, à la préparation des cadres sur une grande échelle et à la diffusion des connaissances agrochimiques parmi les masses paysannes. De gens dépourvus de terre qu'ils étaient, nos paysans autrefois pauvres ont eu leur terre, car avant de procéder à la collectivisation nous avons fait la Réforme agraire, et ce n'est que par la suite que nous sommes passés graduellement à la collectivisation intégrale, d'abord avec la création des coopératives agricoles à l'échelon du village puis avec leur regroupement. Chez nous la mécanisation de l'agriculture progresse très rapidement, des marais et des marécages ont été asséchés, des plaines entières bonifiées et la superficie des terres irrigables est en train de passer de 45 à 50 pour cent et plus de la totalité des terres arables. Notre élevage s'engage chaque jour davantage dans la voie de la modernisation. Nous portons actuellement une attention particulière au développement proportionné des zones montagneuses où sont défrichés des milliers et des milliers d'hectares destinés à la culture des céréales; à l'arboriculture fruitière, aux pâturages, etc.

Cet essor économique et cette élévation idéologique et politique ont amené la paysannerie à frapper elle-même les survivances petites-bourgeoises dans sa conscience et en premier lieu celles qui ont trait aux questions économiques. Les coopérateurs, de leur propre initiative, réduisent la superficie de leurs lopins personnels, car ils voient concrètement l'économie collective se renforcer de jour en jour, et leur assurer de bons revenus: Actuellement, dans presque tous les villages on a construit des fours, des crèches et des jardins d'enfants, des réfectoires et des restaurants, des ateliers artisanaux, des écoles, des dispensaires, etc. Dans certaines coopératives, les repas sont servis à très bas prix aux coopérateurs là où ils travaillent, dans les champs mêmes. Ainsi, notre paysannerie prend toujours mieux conscience de ce qu'est le socialisme, la collectivisation, et elle est entièrement convaincue de la justesse de la voie dans laquelle elle est engagée. Les coopérateurs eux-mêmes ont à maintes reprises proposé de collectiviser leurs lopins personnels, mais nous leur avons dit qu'ils leur sont encore utiles jusqu'à ce que la coopérative puisse leur assurer plus abondamment, à part le pain et le lait, des produits supplémentaires dont ils ont besoin; légumes, fruits, oeufs; etc.

Actuellement, chez nous, une autre grande initiative a été prise. Des groupes d'hommes et de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles se rendent de façon organisée des villages de montagne aux villages de plaine et vice-versa, ils logent chez les habitants, vivent et travaillent auprès de ceux-ci comme chez eux. La maîtresse du logis confie les clés de sa maison à ses hôtes. C'est là un geste élevé qui témoigne du grand rapprochement et de la fraternité véritable qui règne entre nos gens. Tous travaillent, font la cuisine ensemble, s'instruisent de leurs contacts personnels et apprennent à mieux se connaître. Les montagnards voient maintenant que l'Albanie n'est pas seulement leur petit village lointain, perché sur les monts, avec ses petites mai

sons, mais relativement un pays beaucoup plus grand, aussi les visites comme celles que je viens d'évoquer les réjouissent, ils apprennent de nouvelles choses, se sentent partout comme chez eux, et sont traités comme des frères et sœurs par leurs hôtes. Ce mouvement, qui a commencé à se développer sur une vaste échelle, croît de jour en jour.

Dans un village du district de Vlore on a pris l'initiative d'aider les nouvelles coopératives des montagnes du Nord. Ce mouvement, qui exprime la solidarité socialiste au sein de notre paysannerie; s'est propagée rapidement. Les coopératives de plaine ont rassemblé des troupeaux de milliers de moutons et de chèvres, et même de vaches, et les ont envoyés en don dans les zones montagneuses les plus reculées de notre pays. Tout cela a contribué à cimenter encore plus solidement l'unité du peuple, et donné une impulsion à l'augmentation des rendements, à la construction d'établissements socioculturels et de nouvelles maisons d'habitation dans les villages. Par ailleurs, on se réjouit de constater que chez nous chacun éprouve toujours plus le désir de s'instruire et d'élever son niveau de formation technique et scientifique.

Notre industrie également va de l'avant. Tous nos plans sont en cours de réalisation. Entre notre agriculture et notre industrie ont été établis de solides liens et une étroite coopération.

A ce grand essor de notre économie devait nécessairement correspondre une école qui satisfasse aux besoins du développement de la production. Notre Parti s'est ainsi persuadé de la nécessité de procéder à la refonte de tout notre système d'enseignement, et cela pour que notre école joue elle aussi de son côté un rôle actif et puissant dans la période actuelle ainsi qu'à l'avenir pour l'édification intégrale de la société socialiste. Il y a plus d'un ara que l'on discute chez nous du type d'école qui nous est le mieux adopté. Des centaines de milliers de gens du peuple ont participé à des dé bats sur les thèses de notre Parti concernant la révolutionnarisation de l'école, des milliers de gens font partie des commissions constituées à cet effet. Nous sommes en passe de terminer cette étude, de sorte que, vers le mois de juin, nous pensons réunir le plénum du Comité central pour décider que notre enseignement, bien qu'il ait déjà pris un grand essor, revête un caractère encore plus massif, afin que personne dans notre pays ne reste dépourvu d'instruction.

Notre école oeuvrera dans trois directions: l'étude proprement dite, le travail dans la production et l'entraînement physique et militaire des écoliers et des étudiants, ces trois composantes ayant pour axe fondamental l'éducation marxiste-léniniste. Celle-ci présuppose non seulement l'enseignement du marxisme-léninisme en tant que discipline à part, mais aussi la refonte de tous les manuels des différentes matières de sorte qu'ils soient pénétrés de notre doctrine. Le travail dans la production sera mené de façon que les intellectuels acquièrent, au cours de ce processus, les traits propres à l'ouvrier. L'éducation physique et militaire ira de pair avec l'étude et le travail dans la production. Ce trois composantes devront faire partie du programme de toutes les catégories d'écoles.

Notre Parti s'efforce de faire en sorte que les mouvements révolutionnaires pour la construction de la société socialiste embrassent toutes les sphères de la vie et qu'aucune d'entre elles ne marque le pas. Nous constatons que ces initiatives ont suscité dans le peuple un grand élan révolutionnaire. Les gens prennent de multiples initiatives, partout on combat la bureaucratie. C'est le peuple lui-même, les masses dans les villages et dans les quartiers des villes qui discutent de la question de savoir qui bénéficiera d'une bourse d'études, à qui il sera permis de quitter la coopérative pour aller travailler dans une entreprise, qui fera des études supérieures, etc.

Actuellement nous poursuivons notre effort de construction de logements, mais nous avons encore des manques en ce domaine, car les demandes de la population ne cessent de croître ; ainsi les nouveaux logements seront attribués à ceux qui en ont le plus besoin, bien entendu après que leurs demandes auront été discutées par le personnel de leur lieu de travail ou par les habitants de leur quartier. Chez nous donc ce sont les masses qui décident de tout et l'on sait qu'il n'est de plus grande justice que celle du peuple. Pour satisfaire le besoin de logements, outre la construction d'habitations par l'Etat, le Parti organise les masses dans les quartiers et les usines afin qu'elles-mêmes construisent des logements bénévolement. de leurs propres mains. après leur horaire régulier de travail. l'Etat ne fournissant que les matériaux. C'est ainsi que durant ces deux dernières années. cette forme de travail bénévole a permis de construire des milliers d'appartements en plus de ceux dont le plan d'Etat prévoit la construction. Cela a aidé entre aires à former. dans les rangs mêmes des travailleurs et des intellectuels. des milliers de maçons. de charpentiers. etc.. sans qu'il y ait eu besoin pour cela de cours particuliers. Dans ce genre de travail, les employés en particulier se trempent et physiquement et moralement. se créant de nouvelles et plus justes conceptions des choses.

Toutefois, nous avons eu et avons encore à affronter de nombreuses difficultés et carences que nous avons surmontées et surmonterons sans faute en appliquant avec persévérance la ligne générale du Parti.

Nous nous réjouissons énormément de voir nos camarades communistes aux quatre coins du monde remporter des succès dans leur lutte. Nous apprécions hautement aussi la lutte que mène votre parti, nous sommes au courant des grandes difficultés que lui créent l'impérialisme, le capitalisme ,et le révisionnisme moderne, car nous aussi, nous avons traversé les mêmes situations que celles que vous traversez en ce moment. Nous savons également que le capitalisme et la bourgeoisie dans votre pays sont plus retors qu'ils ne étaient dans notre pays avant sa libération. La bourgeoisie de notre pays manquait d'expérience et n'était pas organisée. Il en va différemment chez vous. où la bourgeoisie est très organisée et très rusée. Actuellement, à la suite de la trahison des révisionnistes soviétiques. votre parti voit accroître les pressions et les difficultés. Mais vous êtes en i train de les sur monter les unes après les autres et avec succès. et c'est pourquoi nous tenons en haute estime votre action ainsi que celle de tous les marxistes-léninistes du monde.

Nous considérons la lutte de votre parti, de même que celle de tous les autres partis et groupes marxistes-léninistes, comme un facteur très important, sans lequel nous-mêmes, Albanais, ne pouvons pas aller de l'avant. C'est ainsi que notre doctrine, le marxisme-léninisme, nous apprend à juger les choses.

A travers les documents que nous avons lus, nous avons suivi les travaux et les décisions de votre IXe Congrès et nous avons beaucoup apprécié votre juste ligne marxiste-léniniste, réaliste et concrète, édifiée sur la base des situations propres à Ceylan. Les efforts faits pour sauvegarder les principes et les appliquer dans les conditions concrètes, matérielles, politiques, économiques de chaque pays, sont méritoires. A notre avis, votre parti a maintenant accru considérablement ses for ces. D'après ce que nous avons appris, il s'étend en largeur dans les rangs , de la classe ouvrière de l'industrie et des plantations, ce qui est essentiel pour la victoire. Nous sommes convaincus que votre parti ne cessera d'avancer dans la glorieuse voie révolutionnaire.

Nous considérons le renforcement de votre parti comme un important facteur non seulement pour Ceylan, mais aussi pour d'autres pays. Vos prises de position concernant nombre de problèmes ayant trait à la lutte contre les révisionnistes sont très importantes. Votre attitude à cet égard est très juste et, en cette question, nos points de vue concordent. La situation nous oblige à ne pas nous prononcer encore ouvertement, comme vous le faites, contre quelque nouveau révisionniste en Asie, mais celui-ci mérite pleinement d'être démasqué. Nous avons parlé ouvertement à certains, mais ils comprennent aussi les critiques que nous leur adressons indirectement à travers les articles de notre presse. Les prises de position de votre parti sont d'importance, car elles font apparaître à quel point l'unité de pensée et d'action, fût-ce avec un petit parti, aide notre cause. Dans notre grand mouvement, un parti arde par son expérience dans un sens, un autre dans un autre sens, mais tous ensemble et dans l'unité créent la grande force qui fera la révolution à la lumière du marxisme-léninisme.

Nous constatons qu'en Europe les marxistes-léninistes ne sont pas encore arrivés à comprendre comme il se doit la nécessité d'organiser, l'action du parti dans la clandestinité et la semi-clandestinité. L'action des révisionnistes se fait ici grandement sentir. Bien qu'il ne soit pas question pour les jeunes partis marxistes-léninistes de suivre la voie parlementaire, ceux-ci tendent à mener leur activité sous des formes légales, tout comme re font les partis révisionnistes. En passant dans la semi-clandestinité ou dans la clandestinité complète, ils ont l'impression que leur action devient moins efficace. Ils pensent qu'en faisant passer dans l'illégalité une partie de leurs adhérents, qui deviendraient le noyau principal de toute leur, activité, ils ne font pas oeuvre utile. Ils ne comprennent donc pas l'importance qu'il y a à créer un noyau solide dans des conditions de clandestinité.

A l'époque de l'illégalité de notre parti, lorsque nous étions poursuivis par les fascistes et les agents des gouvernements quislings, chaq,ue comité de parti sortait son bulletin ronéotypé, cet il nous était alors très difficile de trouver de ces appareils qui nous semblent aujourd'hui très courants. Il nous fallait alors donner l'assaut aux ministères pour nous en procurer, et je dirai même que beaucoup de nos camarades ont été tués au cours des actions que nous organisions pour nous assurer du matériel de cette nature nécessaire à la propagande du Parti. Une fois, en l'espace d'une nuit, nos camarades ont démonté à Tirana toute une imprimerie privée pour l'installer ailleurs; clandestinement, dans un endroit gardé avec le plus grand secret par le Parti. C'est ainsi que doit être organisée la lutte dans la clandestinité.

Pendant la guerre, nos tracts étaient imprimés en cachette dans les établissements de l'Etat fasciste et d'imprimeurs privés, par nos camarades ouvriers, dont l'activité n'avait pas été découverte par la police. C'est donc dans l'illégalité que les tracts et les journaux de notre Parti étaient mis en page, imprimés et très rapidement diffusés secrètement en milliers d'exemplaires. Les gens se demandaient avec étonnement comment le Comité central ou tel ou tel comité régional arrivaient à faire tout cela. Nos hommes s'étaient bien entraînés à travailler dans la clandestinité et le plus grand secret. Ils cachaient leur qualité de communistes et l'ennemi en était désorienté, il ne savait pas sur qui mettre la main, car nos camarades apprenaient à se défendre dans le cours même de la lutte.

L'organisation du travail du parti dans la clandestinité revêt une grande importance et l'on doit bien se persuader que l'ennemi ne dort pas. Afin de bien vous identifier et de découvrir de quelles forces vous disposez, il peut vous permettre pendant quelque temps de mener certaines activités, mais par la suite il guette l'occasion et, d'un coup, en une nuit, il peut vous anéantir. Les révisionnistes, eux, connaissent bien les méthodes de la lutte clandestine, ils en ont l'expérience, car ils ont lutté eux aussi dans l'illégalité, et c'est pour cela qu'ils sont extrêmement dangereux. Il ne faut en aucune manière sous-estimer l'ennemi, car on perd toujours à le faire, mais d'autre part il ne faut pas non plus le surestimer. En tout cas il importe de ne pas le craindre et de savoir comprendre ses tactiques. Les impérialistes américains dépensent des sommes colossales pour nous combattre. En Yougoslavie ils ont gagné à eux Tito ainsi que d'autres agents entraînés dans la lutte contre le communisme. Tous ceux que Tito envoie en ambassadeurs en Inde, en Egypte, en Algérie et ailleurs ne sont pas de simples diplomates, mais des agents chevronnés. Nous pouvons le dire, car nous les connaissons bien, certains d'entre eux ont été aussi en Albanie, tel l'ambassadeur Josip Djerdja, ou des délégués de la jeunesse comme Dizdarovitch, etc., qui ont déployé tant d'efforts pour mettre à bas notre Parti.

Le travail auprès des femmes et de la jeunesse revêt lui aussi une énorme importance. Notre Parti s'est, dès le début, beaucoup intéressé à cette question. En témoigne entre autres le fait que nos combattants tombés au cours de la Lutte de libération nationale étaient, pour la plupart, âgés de 20 à 22-23 ans, c'étaient donc des jeunes gens et des jeunes filles qui brûlaient de la flamme révolutionnaire. De nos jours également, c'est avant tout la jeunesse et les femmes qui se trouvent à la pointe des actions révolutionnaires et elles constituent une grande force non seulement dans le travail, mais aussi dans la compréhension idéologique et politique des problèmes ,et dans la mise en pratique des directives du Parti. Si nous n'avions pas gagné à notre cause cette grande force que sont les femmes, nous nous serions heurtés à de nombreuses difficultés sur notre chemin, car la femme influe beaucoup, en bien ou en mal, sur la famille. Tenant compte de cette grande force que représentent les femmes et la jeunesse, nous les avons engagées et mobilisées également dans la lutte contre les conceptions qui se rattachent aux anciens préjugés. Les réactionnaires parlaient des femmes avec mépris. Ils disaient que « les femmes ont les cheveux longs et les idées courtes», mais la réalité de notre pays a prouvé le contraire, à savoir que les femmes possèdent de grandes capacités. Aujourd'hui, en Albanie, on retrouve les femmes dans tous les domaines et elles résolvent avec succès beaucoup de problèmes, réalisent brillamment toutes les tâches qui leur sont assignées. A part leur courage et leur bravoure, les femmes de notre pays possèdent encore d'autres hautes vertus. On observe chez elles une honnêteté encore plus marquée que chez les hommes. Chez nous, ce sont surtout des femmes que l'on emploie partout où sont gérées des valeurs matérielles et monétaires. Actuellement, les femmes travaillent en masse non seulement dans l'enseignement et la santé, mais encore dans l'industrie, le commerce, l'économie, les finances, etc. Jadis, les femmes albanaises ne travaillaient pas du tout, elles étaient asservies aux travaux domestiques. Elles ont pris maintenant leur essor, et se sont montrées dignes d'assumer des postes dirigeants dans les organes du pouvoir, dans les organisations de masse, les usines, les fabriques, les coopératives agricoles, les fermes, les institutions d'Etat et dans l'administration. La plupart d'entre elles sont des jeunes filles. Elles font preuve d'une si grande capacité que même les anciens les plus conservateurs se voient contraints de les respecter. Chez nous, il était très difficilement admissible, par les paysans surtout, qu'un jeune homme, et à plus forte raison une jeune fille de vingt ans, puisse diriger. Mais le travail mené par le Parti et la capacité montrée par les femmes et les jeunes filles de chez nous ont éliminé ces conceptions.

La jeunesse est le sang nouveau qui vivifie le Parti. Les jeunes sont animés d'un esprit de sacrifice. Les hommes âgés de plus de quarante ans sont en mesure de faire de la propagande, mais ils n'ont pas le même élan que les jeunes pour se lancer dans la lutte et le travail, car ils ont, bien entendu, le souci de leur maison, de leur famille, ou de leur propre santé, etc., alors que les jeunes, qui n'ont pas de ces préoccupations-là, sont plus décidés, ils se lancent sans hésitation sur n'importe quel front de travail et de lutte que leur désigne le Parti, pourvu qu'ait été mené auprès d'eux un travail continu d'éducation et de persuasion. .

Nous avons une très bonne organisation de la jeunesse, mais les révisionnistes se sont efforcés de la liquider, en même temps que l'organisation des femmes. «A quoi servent ces organisations?» nous disaient-ils, et ils sont même allés dans certains autres pays jusqu'à dissoudre l'organisation des femmes, tandis que nous, au contraire, l'avons consolidée encore davantage. Les révisionnistes voulaient également faire dégénérer notre organisation de la jeunesse, mais notre Parti n'a pas prêté l'oreille à leurs «conseils», il a fait juste le contraire, en recommandant sans arrêt à la jeunesse de se tremper et de se renforcer et en prenant des mesures concrètes à cet effet.

Notre Parti s'est attaché à bien faire comprendre quelles sont les tâches des organisations du Front, des unions professionnelles, de la jeunesse; des femmes, afin que l'action de l'une ne double pas celle d'une autre, que les compétences et les tâches de chacune ne soient pas confondues. Ces organisations ont des tâches communes, mais aussi spécifiques. Il va sans dire que tout cela a été défini dans le cours même de la lutte et pendant tout ce temps ces organisations et leviers puissants du Parti ont acquis une grande expérience pour leur action commune comme pour leur travail spécifique. Notre Parti a spécifié l'aide qu'il accorde à chacune de ces organisations afin de dispenser ses enseignements à tous et de mettre tout le monde en mouvement, car chacune d'elles, la jeunesse, la femme, aux côtés de la classe ouvrière qui est la classe dirigeante, a ses propres problèmes.

Nous vous remercions de votre visite et nous vous invitons à venir en Albanie chaque fois que vous en aurez la possibilité. Je vous souhaite bon voyage et des succès dans la lutte que mène votre parti et que nous considérons comme notre lutte. Nous vous assurons que nous combattrons jusqu'au bout et en multipliant nos efforts pour notre grande cause commune, pour le triomphe de la révolution prolétarienne dans le monde entier, aidés en cela par votre parti et tous les camarades marxistes-léninistes dans le monde.

Je vous prie de transmettre aux membres et aux camarades dirigeants de votre parti les salutations les plus chaleureuses de tous mes camarades du Bureau politique ainsi que les miennes.

Je vous souhaite bon voyage et des succès !




FIN