LA RECONNAISSANCE DES DROITS Ā LA

MINORITĒ GRECQUE PAR NOTRE CONSTITUTION

N'EST PAS PUREMENT FORMELLE



J'ai appris que dans leurs curriculum vitae de membre du Parti quelques communistes de la minorité grecque figurent comme étant d'origine ethnique albanaise. Ce n'est pas juste, c'est méme une erreur politique et antimarxiste. Ce npest pas seulement pour la forme, mais aussi dans les faits que notre Parti et notre Constitution reconnaissent leurs droits aux minoritaires grees. Ceux-ci se sont vu ainsì accorder tous les droits qui leur reviennent, y compris celui d'avoir leur enseignement, leur presse et leur radio en langue grecque.

Si vraiment il y a eneore des cas de ce genre, il faut y remédier sur-le-champ. Je vais en parler aujourd'hui aux camarades secrétaires du Comité central du Parti.



MARDI

25 NOVEMBRE 1975



UN TRELEMENT DE TERRE A FRAPPĒ

QUELQUES VILLAGES DE LA MINORITĒ



Plusieurs villages de la minorité grecque du district de Sarande ont été frappés par un tremblement de terre, qui a provoqué des dégáts et de gros soucis. J'ai écrit une lettre aux habitants des Allages sinistrés.





TOUT LE FEUPLE ALBANAIS EST AUX CÕTĒS

DE SES FRIERES DE LA MINORITĒ

Lettre adressée aux habitants des villages de Dhivër,

Cerkovice, Shëndré, Memoraq, etc.,

du district de Sarande.

Chers frères et sceurs,



Ces jours-ci, où notre peuple s'est dressé comme un seul homme pour accomplir les táches de la dernière année du cinquième plan quinquennal et célébrer dans la joie les grandes fétes de Novembre, nous avons appris avec tristesse qu'un tremblement de terre a frappé vos villages et vos familles. Le Parti et le peuple albanais ont été profondément touchés par les maux que vous a causés cette calamité naturelle en cette période, à l'approche de l'hiver.

Notre peuple, le Parti et son Comité central sont à vos c6tés en ces moments difficiles et, comme dans les jours heureux où ils participent à votre joie, ils partagent aujourd'hui votre douleur.

A peine ai-je requ la triste nouvelle, j'ai donné l'ordre au gouvernement d'expédier imniédiatement les premiers secours et de prendre les mesures nécessaires pour reconstruire avant la fin décembre les maisons devenues inhabitables, et de réparer celles qui ont été endommagées.

Dans notre Albanie socialiste il est désormais devenu une tradition de surmonter au coude à coude les calamités. Cela allège puis élimine rapidement les souffrances de ceux qui sont frappés. C'a été le cas en 1967 dans les districts de Dibér et de Librazhd, puis deux ans plus tard, en 1969, dans d'autres districts du sud et il en est de méme aujourd'hui avec vous. Quand notre patrie socialiste et notre peuple voient une de leurs régions durement frappée, ils en souffrent et tous les coeurs battent à l'unisson. Je suis done persuadé que cette épreuve ne vous abattra pas. Chez nous, où c'est le Parti qui dirige, les gens, dans leur vie, appliquent le principe «Un pour tous et tous pour un». C'est pourquoi ils travaillent d'arrache-pied avec une entière confiance en leurs forces pour mener toujours en avant la construction socialiste et préserver les victoires rernportées contre tous nos ennemis.

Les temps sombres, où les gens frappés par un tel fiéau se voyaient obligés de passer leur vie dans la misère, ont disparu à jamais. Le peuPle albanais a renversé une fois pour toutes le régime féodalo-bourgeois et instauré son pouvoir, qu'il consolide chaque jour et défend contre ses ennemis.

A cette occasion, je vous envoie à tous, chers frères et sceurs, gargons et filles des familles sinistrées, les salutations les plus chaleureuses du Comité central du Parti ainsi que mes salutations personnelles, et je vous donne l'assurance que dans l'attente que vos maisons soient reconstruites, nous penserons et vivrons à vos cótés.

Je suis fermement convaincu que les communistes de votre district ainsi que les volontaires venus de tout le pays, se trouveront avee vous, comme le Parti le leur a enseigné, aux avant-postes des fronts les plus difficiles pour éliminer dans les plus brefs délais les effets du tremblement de terre.

Encore une fois, je vous souhaite des succès dans vos efforts pour surmonter cette calamité et en effacer au plus tót les consequénces.

Votre

Enver Hoxha

Tirana, le 25 novembre 1975





NOUS, ALBANAIS, NOUS SOUHAITONS QUE

NOTRE POLITIQUE ENVERS L’ĒTAT GREC

SOIT UNE POLITIQUE RĒALISTE, AMICALE

ET DURABLE



1 NOVEMBRE 1976



Dans son rapport présenté au VII Congrès du Parti du Travail d'Albanie, qui a commencé ses travaux à Tirana, le ler novembre 1976, le camarade Enver Hoxha expliqua la ligne de notre Parti et son attitude vis-à-vis de certains Problèmes relatifs à la vie politique internationale. Il s'arréta entre autres sur Zes relations de notre pays avec la Grèce.

En ce qui concerne nos relatíons avec la Grèce, elles sont fondées de notre part sur la politique de bon voisinage, de non-ingérence dans les affaires intérieures de chacun, de l'avantage réciproque, du respect de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et de l'indépendance nationales. Nous avons toujours souhaité et nous souhaitons vivre en amitié avec le peuple gree frère, et nous n'avons cessé de déployer tous les efforts pour que les liens entre nos deux pays se renforcent constamment. Le gouvernement grec actuel s'est attaché à observer et observe une attitude amicale à l'égard de notre pays. Cela est dans l'intérét de nos deux pays et au détriment de nos ennemis communs.

Nous comprenons bien que le gouvernement grec est un gouvernement de coalition de partis et qu'il compte dans l'opposition de nombreux adversaires. Chacun de ces partis a ses positions propres. Naturellement, c'est là une question intérieure qui ne regarde que les Grecs. Néanmoins, nous espérons et souhaitons que l'amitié, la collaboration et les relations de bon voisinage entre la Grèce et l'Albanie soient considérées par tous ces partis comme une bonne chose pour la Grèce comme pour l'Albanie.

En tout temps et en toute circonstance la lutte du peuple albanais pour la défense de son indépendance, de sa liberté et de sa souveraineté a contribué aussi à la défense de la liberté et de l'indépendance de la Grèce et de son peuple. C'est à coeur ouvert que nous le rappelons au peuple gree frère, car nous sommes les descendants de ceux qui aidèrent la révolution grecque de 1821 et lui restèrent fidèles jusqu'au bout quand d'autres Fabandonnèrent et la trahirent. L'amitié entre nos deux peuples a été trempée dans la lutte commune contre les fascistes italiens et les nazis allemands.

Nous, Albanais, souhaitons que notre politique envers l'Etat grec ne soit pas une politique temporaire, fondée sur la conjoncture, mais une politique réaliste, amicale et durable entre nos deux peuples. Quant aux monarcho-fascistes et aux insensés dénommés «vorio-épirotes», qui, périodiquement, s'efforcent, en renouvelant leurs absurdes. de créer une atmosphère revendications tendue dans les rapports entre nos deux pays, nous tenons à dire que leurs clameurs ont suscité de grands rires parmi la minorité grecque, qui vit heureuse en Albanie. Nous leur disons: Continuez, si vous y tenez, votre vieille besogne de «vorio-épirotes-, vous ne faites peur ni à nous ni à la minorité grecque en Albanie, car Albanais et minoritaires grecs sont liés étroitement, comme des frères.

Nous avons la conviction qu'il est en Grèce des hommes politiques sensés qui considèrent les problèmes avec réalisme, qui ont clairement conscience qu'il ne leur viendra jamais aucun mal de l'Albanie socialiste et que l'amitié des Albanais leur est précieuse de méme que nous l'est Farnitié du peuple grec.





SAMEDI

23 AVRIL 1977



Ā PROPOS DE QUELQUES PROPOSITIONS DU

GOUVERNEMENT GREC



Récemment le gouvernement d'Athènes a avancé un certain nombre de propositions concernant les relations de la Grèce avec notre pays. A cet égard, j'ai suggéré aux camarades que nous pourrions accepter la proposition de mettre en place une ligne aérienne AthènesTirana, car cela est aussi de notre intérét.

Pour ce qui est de la question des frontières, nous devons demander aux Grecs, en premier lieu, de procéder, avec nous, à la réparation des bornes frontières, et, en second lieu, d'abroger leur loi sur «l'état de guerre avee l'Albanie». La situation actuelle est aberrante du fait méme que Ilous entretenons maintenant des relations diplomatiques avec la Grèce. Au reste, méme avant l'établissement de ces relations, cette loi était une absurdité, car, en fait, l'Albanie n'a jamaís été en. guerre avec la Grèce. Ce n'est pas l'Albanie mais l'Italie fasciste qui a attaqué la Grèce

Nous avons toujours été les amis du peuple grec. Quant à la question de l'ouverture de la frontière au poìnt de passage de Kakavie, je pense que, dans l'état actuel des choses, cela est faisable et que les personnalités grecques qui le désirent, que ce soit l'ambassadeur, des ministres ou des hornmes de science, peuvent passer en auto par là.



LUNDI

23 MAI 1977



NOTRE ETHNOGRAPHIE DOIT ĒTRE UN

BRILLANT MIROIR DE NOTRE CULTURE

NATIONALE



J'ai visité aujourd'hui l'exposition «La culture nationale albanaise» ouverte à Tirana à l'occasion de la tenue de la Conférence des Etudes ethnographiques. Les camarades Aleks Buda' et Stefanaq Pollo* *( Président de l'Académie des sciences de la RPS d'Albanie.) m'ont requ et informé sur le travail accompli pour l'ouverture de cette exposition. Ils m'ont accompagné et donné des explications sur les divers objets exposés. Au cours de cette visite, j'ai échangé avec eux un certain nombre d'ídées sur notre ethnographie, qui doit étre un brillant miroir de notre culture nationale.

Devant l'un des rayons où était exposée une djoubléta* *( Pièce d'habillement typiquement albanaise, sans rnanches, serrée à la taille et à jupe évasée.) albanaise, le camarade Enver Hoxha a eu avec les camarades Aleks Buda et Stefanaq Pollo un dialogue sur la fustanelle, dont l'usage est répandu en Grèce également.

LE CAMARADE STEFANAQ POLLO: C'est une djoubléta, camarade Enver.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Vous n'ai pas avez surement lu. le livre de Mayan, et je l'intention de discuter de sa valeur scientifique. Si vous l'avez lu attentivement, vous vous rappellerez que, étudiant un costume étrusque, il l'identifie à notre djoubIéta. En effet, leur ressemblance est si frappante, qu'on a l'impression que ce costume est une djoubIéta de nos jours, mais coupée à cette époque.

J'ai lu. quelque part qu'autrefois notre fustanelle était longue, que les Grecs l'ont raccourcie. Nous aussi, récemment, nous l'avons raccourcie un peu par rapport à celle d'autrefois. Il existe done actuellement chez nous deux sortes de fustanelle, une longue et une plus courte.

LE CAMARADE ALEKS BUDA: Il est historia.uement prouvé que l'usage de la fustanelle fut répandu lors de la grande émigration des Arberèches et des Arvanites au XIV' siècle, surtout dans les zones où cette population a fini par s'établir. Par la suite, il s'est répandu en Grèce également. C'est la raison pour laquelle notre fustanelle se retrouve aussi chez les Grecs et dans d'autres régions.

LA CAMARADE NEXHMUE HOXHA: Alors qu'il y a chez nous des gens qui pensent que nous avons emprunté ce costume aux Grees.

LE CAMARADE ALEKS BUDA: Oui, c'est vrai. Voilà, par exemple, ce que nous appelons le costume fémínin du Dropull est un vétement de très ancienne origine dans les traditions ethnographiques albanaises.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: J'ai quelques livres d'histoire écrits il y a longtemps par des professeurs d'Athènes. Ils parlent de nous, et cela avec beaucoup de sympathie, ils parlent de la participation des Albanais à la révolution grecque de 1821 et du róle qu'ils y ont joué. Ils font état aussi de documents prouvant qu'Ypsilanti avait expressément appelé les Albanais à se dresser avee les Grecs contre l'Empire ottoman.

J'ai rappelé cela pour mettre en relief qu'il y a en Grèce des hommes de progrès honnétes dans leurs vues.



DIMANCHE

19 JUIN 1977



LA TOURNĒE DE NOTRE ENSEMBLE DE CHANTS ET DE DANSES EN GRECE CONTRIBUERA AU RENFORCEMENT DE L'AMITIĒ ENTRE NOS DEUX PEUPLES

Le fait que notre ambassadeur à Athènes a obtenu des autorités grecques l'autorisation que notre Ensemble de Chants et de Danses, composé de 80 personnes, se rende en. Gréce m'a réjoui. De leur cóté, les Grees enverront chez nous un ensemble de 60 personnes. Selon moi, c'est une bonne chose qui contribuera au renforcement de l'amitié entre nos deux peuples, indépendamment, de la différence de régime entre nos pays.

Nous envoyons notre Ensemble en Grèce avec les meilleures intentions, sans arrière-pensée, pour faire connaitre au. peuple grec frère les progrès de notre pays et de notre peuple, qui Construit le socialisme, sans cependant prétendre 1ìMposer à qui que ce soit. Que le peuple grec vOie bien aujourd'hui quelle est la force de notre Parti et de notre régime socialiste, comment se sont développés notre culture et notre art populaires si riches, si variés et si fins, imPrégnés de bravoure et d'une pureté de sentiments qui apparalt dans chacun de ses mots, de ses chants et de ses danses. Qu'il voie les capacités des gens de chez nous, leur élan et leur patriotisme, leurs sentiments internationalistes, l'amitié particulière qu'ils vouent au peuple gree frère, et leur souhait de vivre en amitié avee lui.

Le but de la tournée de notre Ensemble de Chants et de Danses en Grèce est done pour nous d'une grande signification. Nous savons que l'Ensemble grec de Chants et de Danses qui viendra en Albanie a pour but lui aussi de faire connaitre à notre peuple l'essor de la culture et de l'art grecs contemporains.

Nous constatons depuis quelque temps qu'en Grèce des amis de l'Albanie et des éléments progressistes mènent une propagande favorable à notre pays. Ils organisent des conférences, des soirées, des projections de nos films qu'ils achètent et apprécient, car, bien que la Grèce ait un régime capitaliste, il s'y trouve des gens, méme de la bourgeoisie conservatrice, qui, en voyant nos beaux films sur la vie de notre jeunesse, sur sa pureté d'áme, sur son élan révolutionnaire, disent: <<Ce sont des films éducatifs pour la jeunesse>>. C'est ce qui explique pourquoi nos films ont produit une grande impression parmi les éléments progressistes grecs.

La tournée de notre Ensemble d'Etat de Chants et de Danses en Grèce suscitera, sans aucun doute, une sympathie et un enthousiasme encore plus grands que ceux qu'y ont suscités les sernaines du film albanais, car, que ce soit à Athènes, à Salonique, au Pirée et partout ailleurs où les Grecs conviendront avec nous de conduire notre ensemble, ils verront de leurs yeux nos gens chanter et danser sur scène, ils comprendront les paroles de nos chants, leur contenu, et cela leur laissera certainement de fortes impressions. C'est pourquoi préparons-nous, au profit de l'amitié entre nos deux peuples, à réaliser au mieux cette entreprise.



POGRADEC, SAMEDI

6 AOŪT 1977



LES VUES CHAUVINES D'UN AMBASSADEUR

YOUGOSLAVE

Lors d'un entretien avec notre ambassadeur à Athènes, l'ambassadeur yougoslave lui a dit que, à ce qu'il croyait savoir, les Grecs se préparaient à réunir à Salonique un congrès des Macédoniens grees. <<Cette nouvelle, a-t-il ajouté, ne nous a pas fait plaisir, car nous sommes très sensibles à cette question et ne voulons pas que les Grees organisent de pareils congrès avec les Macédoniens>>.

La question se pose alors: Pourquoi les Grecs ne devraient-ils pas tenir de tels congrès avee les ressortissants d'origine macédonienne, alors que les chauvins yougoslaves, eux, auraient le droit de maintenir sous leur joug 1 million 800 mille Albanais, qu'ils obligent à vivre dans des conditions très pénibles, qu'ils ont envoyé dans des camps de concentration, qu'ils ont empéché d'apprendre leur langue maternelle et ont expulsé en les acheminant vers la Turquie, etc.? Pour quoi les chavins yougoslaves auraient-ils le droit de préparer des propagandistes contre la République populaire d'Albanie comme ils continuent de le faire? s'estiment en droit d'organiser des co,ngrès avec les minorités nationales vivant en yougoslavie et ne reconnaissent un droit analogue à nul autre. C'est une façon d'agir et de juger les choses qui illustre bien les vues chauvines des yougoslaves.

Les chauvins yougoslaves cherchent à créer une grande Yougoslavie, ils veulent que les Grecs reconnaissent que les Macédoniens vivant en Grèce sont une partie intégrante de la population de la République macédonienne dans le cadre de la Fédération yougoslave. De méme, ils demandent que les Bulgares reconnaissent l'existence d'une minorité macédonienne dans les Pirins, espérant par là élargir leurs frontières en y incluant ces régions habitées par ces Macédoniens, y compris méme Salonique. Et lorsqu'il s'agit de penser à restituer à l'Albanie les terres albanaises de Yougoslavie peuplées d'Albanais, les chauvins serbes et yougoslaves s'y refusent, car cela ne leur convient pas. Ils essaient méme de réduire au minirnum les relations culturelles que l'Albanie entretient avec la région de Kosove. Ils envoient nos enseMbles de chanteurs et de danseurs se produire dans des salles qu'ils peuvent remplir seuleInent de gens à eux. A Struge, par exemple, les chauvins yougoslaves n'ont pas permis à notre ensemble «Cerçiz Topulli», invité au festival d'Ohri, de donner des représentations. Cet aete arbitraire a suscité un grand scandale et les Yougoslaves ont été obligés de présenter leurs excuses pour cette turpitude qu'ils ont commise.

Les dirigeants macédoniens se montrent plus catholiques que le Pape, plus chauvins que les Serbes. Actuellement, ils affichent envers les Albanais une arrogance odieuse ét éhontée, ils. les humilient et les traitent d'une manière si révoltante que, naturellement, les Albanais de Macédoine ne sont pas près d'oublier.

Comment alors ne pas penser que les propos de l'ambassadeur yougoslave à Athènes s'inspirent de visées chauvines?



DURRËS, MARDI

16 AOUT 1977





UN CONCERT ATTRAYANT DE L'ENSEMBLE DE

CHANTEURS ET DE DANSEURS GRECS

«MARINELLA»

J'ai vu à la télévision le concert de l'ensemble grec qui porte le nom de sa chanteuse principale, Marinella. C'était un beau spectacle qua le public a apprécié. En effet j'ai vu les spectateurs applaudir chaleureusement. Il m'a beaucoup plu, ainsi qu'à Nexhmije et aux autres membres de notre famille.

J'ai surtout aimé la musicalité des chansons interprétées par Marinella. C'est vraiment une chanteuse de talent. Elle a une voix très agréable et harmonieuse. C'est une artiste très douée, car elle chante sans effort et est dotée d'une grande force d'expression. En Fécoutant, méme si Fon ne connalt pas le grec, on a l'impression de comprendre ce qu'elle chante.

Ses chansons étaient essentiellement des chansons d'amour, mais elle nous a fait entendre, aussi des chansons à sujet social. Elle a chanté la vie pénible des mineurs, des marins pauvres ,du Pirée, etc. Un autre chanteur a évoqué dans une chanson la grave plaie de l'émígration qui afflige son pays.

L'accompagnement par l'orchestre était également parfait. En partículíer, le musicien qui jouaìt du bouzouki m'a impressionné. Il usait de son instrument avec une extréme maltrise et il a ínterprété une chanson populaire grecque avec un rare talent.

A pense que, de faqon générale, la représentation de l'ensemble grec «Marinella» contribuera au renforcement des relations amicales entre le peuple albanais et le peuple grec. L'art joue un grand róle dans la connaissance mutuelle des peuples et contribue à les rapprocher, car chaque représentation exprime Fáme, les traits, les sentiments et les aspirations d'un peuple. Interprétées avec chaleur, réalisme et maitrise artistique, ces chansons produisent une forte impression chez les spectateurs, ravivent et enrichissent les sentiments d'amitié qui unissent les peuples entre eux.



DIMANCHE

21 AOUT 1977



UN PEUPLE AU FOLKLORE RICIIE ET VARIĒ

Je viens d'apprendre qu'un groupe de critiques d'art et de littérature ont écrit une lettre sur l'ensemble artistique gree <<Marinella>> qui s'est produit devant notre public. En général, les auteurs de la lettre ne disent pas de mal de l'ensemble. mais ils écrivent qu'«íl n'a pas exécuté assez de chants populaires»», que «le folklore du peuple gpec y était absent-. En d'autres termes, ils en crí%quent nos instítutions concernées.

Cette critique est injustifiée méme du, poínt de vue politique. La tournée de l'ensemble grec en Albanie revét aussi un caractère politique, encore que, naturellement, cet aspect n'est pas détaché de l'exécution artistique. Ces «critiques» d'art et de líttérature doivent sans doute savoir que nos relations avee la Grèce vont s'améliorant.

Cela ne veut pas dire que la Grèce soìt devenue un pays socialiste. Non, mais les conjonctures et nos intéréts réciproques exigent que la glace-soit brisée, sans pour autant que nous bougions de nos positions de principes. Notre Etat a intérét à entretenir des relations de bon voisinage, avec la Grèce. Les relations culturelles en constituent un aspect. Ces gens ne doivent pas non plus ignorer qu'en Grèce il y a des éléments qui travaillent beaucoup pour l'Albanie, je veux dire qui font une propagande très favorable à notre pays. Aetuellement en Grèce les journaux parlent de l'Albanie; ils publient de nos articles, et des films albanais y sont projetés, etc. Cela est très positif.

Dans ces conditions nous sommes convenus avec les autorités grecques qu'elles enverraient en Albanie un groupe artistique et que, nous aussi, nous enverrons là-bas un groupe beaucoup plus nombreux que le leur. Du point de vue politique, c'est certainement un succès.

Aujourd'hui en Grèce est menée une propagande favorable à l'Albanie socialiste, on y observe une attitude amicale à l'égard de notre pays et nous sommes persuadés que le peuple grec aime l'Albanie. Mais nous savons aussi que les monarcho-fascistes, les vorio-épirotes et la politique de la megali idhea existent toujours et si ces courants semblent actuellement en veilleuse c'est que le gouvernement grec souhaite entretenir de bonnes relations avec nous.

En ce qui concerne la venue de l'ensemble grec, il va de soi que notre ambassade à Athènes a suggéré aux Grecs qu'il serait bon que cet ensemble ait un répertoire comprenant aussi, dans la mesure du possible, des chants et danses folkloriques, car nous souhaitons qu'il remporte un plein succés chez nous et contribue à raffermir notre amitié. C’est tout ce que nous pouvions faire daris ce sens, alors que ces gens «intelligents» estin-ient que nous aurions dú faire bien davantage. Et puis, le cóté politique de la question mis à part, il me semble que, sur le plan artistique, ces critiques n'ont pas une idée juste de l'art et du folklore grees.

Bien que n'étant pas très informé sur l'état de ce folklore, je puis en dire quelques mots, en me référant surtout à mes lectures sur l'histoire du peuple grec, sur le développement de son art et de sa culture.

Je peux affirmer sans hésiter que la Gréce a, comme notre pays, un folklore riche et varie.

Notre peuple a soin de préserver la tradition de ce précieux patrimoine, et le peuple grec, de son cóté, le préserve aussi dans une certaine mesure. Mais, si chez nous le folklore connalt un grand essor, tel n’est pas le cas pour la Grèce. Des influences modernistes ont pénétré dans la vie musicale et artistique de ce pays. Mais il ne faut pas en conclure que le folklore grec a dis paru. Le folklore grec, que je sache, est étroitement hé à la religion et à l'Eglise, en sorte que, en Grèce, les chants et les danses folkloriques sont exécutés en particulier lors des fétes religieuses, dans des églises et des monastères. La liturgie occupe une place importante dans ce folklore et, d'après ce que j'ai lu, on ne peut pas parler des traditions du folklore gree sans faire la part des influences religieuses.

En Grécé, le dimanche ou les jours de f&te, les gens remplissent les rues, les ruelles et les places.Danstoutesles maisons flotte une odeurde mouton r6ti et de résiné. Hommes et femmes se mettent à danser, celles-ci vétues des costumes traditionnels multicolores, aux manches larges, et un mouchoir blanc sur la téte, etc. 11 faut savoir que les Grecs sont respectueux de leurs traditions. Sur les hauteurs du Parnasse, dans de3 vi]lages comme Rahova, proche de Delphes, ont lieu annuellement des fétes folkloriques comme par exemple celle de Saint-Georges. E y a des danses et des chansons sur les dragons, d'autres célèbrent les hauts faits d'Apollon, de saint-Nicolas, etc., alors que la plus grande divinité des Grecs, Zeus, apparait, dans le folklore actuel, sous l'aspect de Saint-Elie. Les Grees conservent, par exemple en Crète les traditions de Mycènes, mais en les rattachant toujours à l'Eglise. Dans les églises de Crète, on pratique encore les sacrifices.

En Eubée, en Attique et, dans une certaine mesure, dans le Péloponnèse, les traditions folkloríques sont préservées, mais pas autant que dans le nord-ouest du pays où le folklore connait le meme essor que dans nos villages. Bien que les vieux instruments de musique se fassent de plus ,en plus rares dans les villages grees, il est des gens qui mettent tout en oeuvre pour perpétuer les chants et les danses de leur folklore.

J'ai lu que la troupe de ballet folklorique «Dora:Stratu», conserve à son répertoire des danses et des chants populaires, et en a méme créé d'autres qui évoquent le glorieux passé du peu ple grec. L'une d'entre elles est la danse dite <<pyrrhique>>, une des plus belles danses de braVoure du folklore grec. Le génie populaire grec a eréé de très beaux chants héroiques et autres. Accon'Pagnés à la lyre, ils sont consacrés à la vaillance des chefs de guerre grecs dans la lutte contre les Ottomans.

Mais, apparemment, aujourd'hui en Grèce on est en train d'abandonner les chants dédiés aux klephtes et aux palikares. Seulement, dans les villages, ou dans les estaminets, paysans et Ouvriers chantent à la fin de leur journee, devant un verre d'ouzo et i une assiette de boyaux farcis et rótis à la broche, des chants populaires à un rythme lent.

Il n'était pas juste de se montrer insatisfaits du folklore que nous a présenté l'ensemble «Marinella». Nous pouvons affirmer que l'orchestre de cet ensemble, chez nous, a été chaleureusement accueilli, car les chants et les danses qu'il a interprétés étaient mélodieux, ils exprimaient les souffrances, l'amour et l'espoir du peuple grec. A inon avis, pour autant que je connais l'art grec par mes lectures et des peintures, les chansons ont été très bien interprétées, surtout par Marinella, qui," par son style, sa mimique et ses gestes, évoquait les choeurs et les danses des ternps antiques, qui enrichissent les pièces d'Eschyle, d'Aristophane et d'autres grands auteurs grees qui étaient jouées à Delphes et à Dodone, au Panthéon d'Athènes et partout ailleurs. Parla souplesse des mouvements de ses doigts, de ses mains et de ses bras, cette artiste grecque evoque les monuments de l'époque de Praxitè1e et de Périclès, les statues de Vénus, d'Aphrodite et la Victoire de Samothrace. En regardant avee attention les interprétations de cette artiste remarquable je ne pouvais m'empécher de la rattacher au célèbre art grec.

L'interprétation a été pour beaucoup dans le succès des chansons et danses populaires grecques, mais Ieur contenu social était également is appréciable. Marinella a chanté aussi deux ou tro chansons d'amour. Elle a bien fait. Nos chanteurs populaires, nos artistes et notre peuple ne chantent-ils pas des chansons d'amour? Si, et eux aussi font bien. Le Parti recommande d'en chanter, car il n'y a pas de vie sans amour. A part les chansons d'amour, l'ensemble grec a interprété une chanson à propos d'une barque qui fait naufrage dans l'Egée. Le chant mélodieux du marin barbu rendait parfaitement par ses intonations sa profonde détresse. J'ai entendu dire que quelque «puriste- aurait préféré que le chanteur ne portát pas de barbe. Mais ce «puriste>doit savoir qu'un marin n'est pas un hippy et que 1 qui parcourt la mer Egée et la Méditerranée à bord d'une simple barque n'a pas le temps de se mettre sur son trente et un, de se raser et de se parfumer.

Les danses, comme la danse chantée <<Les enfants du Pirée>>, ont été très bien interprétées et, contrairement à ce qu'on en a dit, n'avaient i voir avec le boogie-woogie. On peut en rien a tant de la chanson populaire accorripagnée dire au au bouzouki, qui était un chef-d'oeuvre du folklore grec. La chanson sur la tristesse de l'émigration avait elle aussi un contenu social émouvant.

Pour toutes ces raisons, on peut dire que Fensemble <<Marinella>> était une troupe de qualité et qu'il a mérité les applaudissements de notre public.

A vrai dire, je n'ai pas apprécié le fait qu'à sa première représentation, qui a été un très beau spectacle, auquel assistaient bon nombre de nos cadres, certains n'ont pas aimé voir Marinella reInuer les épaules sur un rythme de jazz, qui évoquait les danses des peuples africains.

Les danseuses de nos ensembles populaires elles aussi se dandinent parf ois un peu. Alors pourquoi ne les critiquent-ils pas, mais s'en prennent ils à Marinella dont les mouvements n'étaient pas aussi exagérés qu'ils le prétendent? Elle se frappait seulement les hanches avec un tambourin. Que f eraient ces gens si une troupe d'un pays africain, par exemple d'Ouganda ou de Tanzanie, dont la musique et les danses ne ressemblent pas du tout aux nótres, demandait à venir en Albanie? Notre gouvernement l'accepterait sans doute et nous applaudirions leur folklore, car il exprime les aspirations combattantes et culturelles de ces peuples.

Chaque peuple a sa culture. Nous avons la nótre, les autres ont la leur, mais nous devons prendre ce qui est bon dans la culture étrangère et les autres peuples peuvent, s'ils le souhaitent, recueillir dans notre culture ce qui leur plait. En internationalistes, nous traitons les problèmes, d'un point de vue marxiste-liéniniste, ce qui exclut le conservatisme, le sectarisme ou le libéralisme.

Il y a aussi dans l'art un aspect politique dont il faut tenir compte. Selon ce qui m'a été rapporté, non seulement ce spectacle avait un contenu social sain, mais l'attitude politique de la troupe était en général très progressiste et bienveillante à notre égard. Les artistes grecs se sont exprimés partout avec chaleur sur l'accueil très cordial que notre peuple leur a réservé à Korge, ou ailleurs.



SAMEDI

15 OCTOBRE 1977



LES CENDRES DE L’ĒMINENT PATRIOTE

HASAN PRISHITINA SERONT RAPATRIĒES

J'ai été heureux d'apprendre que le gouvernement gree nous a autorisés à faire venir chez nous les cendres d'Hasan Prishtina, éminent pa-' triote albanais. Nous devons donc aller les chercher au plus tót pour les rapatrier et faire aussi tous les préparatifs nécessaires en vue d'un accueil et d'une inhumation grandioses des cendres de ce patriote et grand homme de la nation albanaise. Notre peuple doit accueillir le cortège dans toutes les régions par où il passera. A Tirana également, nous devons agir de méme, prononcer des discours, publier des articles et, après étre passées par Puke, les cendres du patriote devront étre acheminées vers Kukës, où elles reposeront déf initivement.

Je pense que nous devrons inviter aussi des Kosoviens à participer à la cérémonie funèbre, en particulier des membres de la famille du patriote, s'il y en a.



GJIROKASTËR, MERCREDI

22 MARS 1978



UNE CHALEUREUSE RENCONTRE AVEC NOS

FRĒRES DU DROPULL

Depuis quelques jours je suis en visite dans le district de Gjirokastër. Aujourd'hui j'ai eu une rencontre chaleureuse et fraternelle avee des habitants de la région du Dropull au centre de la coopérative de type supérieur de Grapsh. Malgré la pluie torrentielle, des milliers de minoritaires étaient venus participer au meeting.

J'ai salué les assistants au. nom du. Parti et en mon nom personnel. Après leur avoir parlé des souffrances que la population de la région du Dropull, comme tout le peuple albanais, avait endurées sous les régimes antipopulaires du. passé, des succès de tout ordre qu'il a remportés gráce à son travaíl et à ses efforts.. à la directíon du Parti et à l'aide que lui a apportée le pouvoir populaire dans tous les domaines, ainsi que de l'avenír meilleur qui l'attend, j'ai traité de certains problèmes concernant sa langue et sa culture. Je les ai invités à préserver et à cultiver la langue grecque, leur langue maternelle.

J'ai évoqué ensuite un certain nombre d'événements de la vie internationale ainsi que nos relations avec le peuple grec, l'amitìé et la sympathie qui nous unissent. Je leur ai dit que nous avons toujours aimé le peuple gree et nous l'aimons, car c'est un peuple honnéte, un peuple intellígent qui s'est battu. pour sa liberté et son indépendance. Le peuple albanais et le peuple grec f rère ont toujours; combattu ensemble. Quant à l'amitié qui lie nos deux peuples, j'ai souligné qu'elle est cimentée du sang versé dans la lutte commune menée pour la liberté et l'indépendance contre les mémes ennemis.

Actuellement, le gouvernement grec est favorable à l'amélioration 'des relations avec l'Albanie et nos rapports s'améliorent effectivement. t C'est une attitude qui trouve toute la compréhension du peuple et du. gouvernement albanais. A cette occasion, j'ai rappelé que les Grecs sont nos voisins, qu'ils n'ont rien à craindre de nous, et que cela, le peuple grec le sait fort bien. Les sentiments du. peuple gree et du. peuple albanais concordent, chacun veut le bien de l'autre, chacun restant naturellement chez soi et s'occupant de ses propres affaires.

Les assistants ont exprimé par de longues ovations leur amour pour le Parti du. Travail et leur détermination de poursuivre dans la voie de la construction socialiste.





L’AMITIĒ QUI NOUS LIE AU PEUPLE GREC EST

CIMENTĒE DU SANG VERSĒ DANS LA LUTTE

COMMUNE MENĒE POUR LA LIBERTĒ ET

L'INDĒPENDANCE CONTRE LES MĒNES

ENNEMIS

Extraits de l'allocution prononeée à un meeting à

Grapsh devant la population de la région du Dropuli

22 MARS 1978



Chers carnarades, mères et pères, frères et soeurs dropullites,

Je suis très heureux de me trouver parmi vous. Aujourd'hui il pleut, mais cela ne nous a pas empéchés de nous rencontrer. Nous n'avons. pas reculé face aux mitrailleuses, aux mortiers ou aux canons de l'ennemi et ce n'est pas la pluie ni le tonnerre qui nous feront peur.

Efkaristo poli! Ego, o Enveris, dhen kséro elenika* *() et je regrette de ne pas avoir pu apprendre à l'école la belle langue grecque. Quand je dis que je n'ai pas pu apprendre le grec, fentends par là que je n'ai pas réussi à lire dans leur langue Homère, Sophocle, Aristote, Démocrite, ces savants et grands philosophes de rimmortelle culture grecque, qui m'ont beaucoup attiré quand ie les ai lus en. franpais ou en albanais.

Tora kala* *( En gree: Viens ici, mon petit.) En grec: Bien, maintenant.) En grec: Merci beaucaup! Moi, Enver, je ne connais Pas le grec.), je vais parler en. albanais, car la langue albanaise est une belle langue également, c'est la langue du ppuple albanais, de notre patrie commune, de la'République populaire socialiste d'Albanie.

Je voudrais d'abord vous remercier de tout mon cceur d'étre venus ici, vous me manquiez, car favais besoin de vous rencontrer. Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas vus, mais j'ai toujours pensé à vous. J'ai suivi de près le travail et les résultats de toute la minorité grecque et du district de Gjirokastër.

La minorité grecque et le peuple albanais, et plus particulièrement la population du district de Gjirokastër, ont été et sont toujours liés comme la chair à l'os, en tout temps ils se sont aimés et entraidés. Bien entendu, je ne parle pas des infárnes beys et agas de Gjirokastér, qui étaient des ennemis du peuple, mais des simples gens du Dropull et de Gjirokastér, qui, historiquement, se sont trouvés les uns aux cótés des autres.

Je me souviens entre autres de l'oriele Miho, un vieillard pauvre de la minorité, un petit horìme. maigre au visage ridé par les souffrances, qui venait chez nous avec un áne chargé de mais. Nous étions très contents de le voír arriver. Ella dho pedhi mu*,*() me disait-il, il me hissait sur son gajdhur* *( En gree: áne.) et tirant des poches de son pantalon deux petits melons verts il me disait: <<prends-les, dhen ehome tipota, dhen ehome.>>* *( En gree: Nous n'avons rien, rien du tout.)

Notre amour pour le peuple de la minorité grecque ne s'est jamais démenti, il s'est consolidè à la suite de la création du Parti communiste d'Albanie ainsi qu'au. long de notre Lutte de líbération nationale. Notre Parti, fondé par les f ils de l'Albanie et de la minorité grecque, a lutté pour renforcer et tremper à jamais l'unité et l'amour entre nos deux peuples.

Les Albanais et les minoritaires grecs ont combattu ensemble pendant la Lutte de libération nationale, ils ont consenti les mémes sacríf ices et ont fini par triompher. Ils ont libéré l'Albanie et en sont devenus les maltres. Après avoir chassé les étrangers, ils ont renversé les beys et les agas et remis le pouvoir entre les mains du peuple, pour qu'il établisse sa loi et construise la société pour laquelle il avait enduré tant de peines, versé son sang et sa sueur. Le peuple, avec à sa téte son glorieux Parti, a instauré son pouvoír et costruit la societé socialiste dont nous jouissons ujourd'hui.

Dès le lendemain de la libération, le Parti a pensé qu'il devait faire prendre conscience au peuple albanais des táches qui lui incomberaient et créer les conditions nécessaires au, développenient progressif des forces productíves et à la création de nouveaux rapports de production eritre les gens, en vue d'améliorer et de faire avancer la vie du pays. Et le temps a montré que notre Parti avait raison.

Notre Parti a donné comme directive de faire de l'industrie la branche dirigeante de l'éconornie, tandis que l'agriculture en demeurerait la base. Aussi soulignait-il qu'il. fallait continuer d'attacher une grande importance à cette dernière. Qu'est-ce que cela voulait dire? Qu'il fallait remettre la terre aux paysans, car c'est à eux et à nul autre qu'elle appartenait. La réforme agraire a été réalisée à cette fin. Puis, le Parti a posé cette question: laisserons-nous ces Plaines dans cet état, telles qu'elles étaient par le passé? Non, nous les rendrons fertiles, nous assécherons les marais, nous construirons des canaux d'irrigation, nous ferons venir des machines agricoles et plus tard nous construìrons des usines d'engrais chimiques, nous augmenterons notre cheptel et étendrons la culture des arbres fruitiers. C'est ce que dit le Parti, et nous tous, confiants en sa parole, nous avons retroussé les manches. Quant à vous, Dropullites, vous avez été de ces Paysans héroiques de l'Albanie socialiste qui se. sOnt Mis les premiers au. travail.

Que les hommes dropullites, pour qui j'ai beaucoup de respect me pardonnent, mais à vrai dire nous devons tirer notre chapeau devant les femmes du Dropull, car c'est elles qui se sont occupées de cette terre, de ces champs. Je ne veux pas dire que les hommes dropullites n'é taient pas travailleurs, mais, les pauvres, ils étaient obligés, pour une bouchée de pain, d'affronter tous les maux de l'émigration. lIs partaient, le coeur brisé, laissant ici leurs jeunes femmes et leurs enfants. Espérant qu'à l'étranger ils pourraient gagner quelques sous pour assurer la subsistance de leur famille en vendant leur force de travail, ils erraient à travers le monde. Mais leur9~ espoirs fondaient comme neige au. soleil quand ils voyaient les effets des graves crises causées par les guerres impérialistes, qui accentuaient encore leur détresse.

Dès que nous eúmes instauré le pouvoir populaire, le Parti et le gouvernement ont songé au développement de l'agriculture dans toutes les plaínes de l'Albanie, et en particulier dans celle du Dropull. Pourquoi a-t-on spécialement pensé au Dropull? Est-ce parce que c'est ainsi qu'en avait décidé Enver Hoxha en tant que Premier secrétaire du Comité central du Parti? Non, notre attitude envers les minorités nationales n'est pas due au hasard, elle s'explique par le fait qu'en ce problème notre Parti s'est toujours guidé sur l'idéologie marxiste-léniniste, qu'Albanais et minoritaires avaient beaucoup souffert par le passé, et ceux 1 -ci méme encore plus, et qu'Albanais et rninoritaires ont combattu et vaincu ensemble. ie ne veux pas énoncer ici tout ce que le Parti a fait pour l'Albanie et en particulier pour la région du Dropull, car vous le savez fort bien. Regardez, devant nous s'étend cette si belle plaine, si fertile, brodée par les mains d'or des coopérateurs comme les belles robes des femmes du Dropull. Bien qu'il n'y ait pas de soleil aujourd'hui, nous contemplons avec ravissement la plaine du Dropull, embellie par notre système socialiste, par les grandes idées marxistes-léninistes du Parti du Travail d'Albanie, par votre esprit et par vos mains, frères et sceurs dropullites.

Nous sommes fiers de voir les grands progrès accomplis par toute votre région, d'apprendre que vous avez atteint des indices élevés dans la production de blé, de mais, de luzerne et de tabac, que vous élevez des vaches laitières très productives qui, gráce à vos soins et à votre travail, le deviendront encore plus. Le Dropull, qui manquait jadis méme de fumier, car ses habitants faisaient sécher les bouses au soleil pour pouvoir les brúler et se chauffer avec, n'a plus de problèmes de chauffage, le fumier est traité et distribué dans les champs avec les engrais chimiques produits dans de puissantes usines construites par le Parti.

Nous sommes très heureux que la population de la minorité ait donné le jour à des combattants remarquables, à des partisans, des héros et des héroInes du peuple, qui n'ont pas hésité à sacrifier leur vie pour sa libération. De nos jours aussi, ce peuple a élevé des fils dignes de leurs anciens, comme Ilia Qiqi et beaucoup d'autres qui ont donné leur vie pour la construction du socialisme. Unis au peuple comme la chair à l'os, ils se sont rendus dans les régions les plus reculées du pays pour y propager leurs connaissances acquises dans les écoles du Dropull, de Gjirokastér et de l'Albanie entière.

Les communistes ont ceuvré de toutes leurs forces pour avoir dans chaque village du Dropull une école en langue grecque. En marxisteléniniste que je suis, je dis qu'il faut préserver et cultiver la langue maternelle du peuple de la minorité grecque. C'est ce qu'exige l'internationalisme prolétarien, c'est ce qu'exige aussi notre Parti du Travail d'Albanie, qui s'en tient toujours fermement à ce principe. Les enfants de la minorité doivent apprendre le grec, et les adultes ne doivent pas l'oublier. Mais vous devez aimer tout autant la langue albanaise, la langue de notre patrie socialiste commune, car vos fils et vos filles ne travailleront et ne diffuseront pas le savoir uniquement dans, votre région, mais bien au-delà, dans toute la patrie, dans toute la République populaire socialiste d'Albanie. Cette langue albanaise vous est à la fois utile et chère. C'est un grand plaisir pour moi que de pouvoir communiquer avec vous sans l'aide d'un interprète, car vous comprenez tous l'albanais.

Aimez et respectez les enseignants des écoles de la minorité pour la noble mission qu'ils ne ces sent d'accomplir, car ce sont eux qui, chargés de votre éducation, vous ont inculqué, à l'école, les idéaux élevés du communisme, l'esprit de patriotisme, l'amour de notre grande patrie socialiste.



Il est absolument nécessaire, mes frères et mes sceurs, de consolider sans cesse Funité du peuple autour du Parti, car seul le Parti nous a fait accéder à la lumière, seule son idéologie nous a donné la force, la volonté, le courage voulus, nous a dessillé les yeux et montré comment nous devions combattre, travailler, nous lier les uns aux autres et édifier la vie nouvelle, qui s'épanouit chez nous. Le socialisme se construit avee succès dans notre pays. L'avenir de l'Albanie sera encore plus beau. Nous n'avons pas coutume de nous vanter, mais tout le monde sait que la de notre Parti se réalise, les plans que nous élaborons deviennent une réalité. Et c'est un fait que les plans de développement de l'économie et de la culture du Dropull, de Gjirokastër, de Vloré, de Tirana, etc., sont accomplis avec succés.

Nous devons cimenter toujours plus l'unité du peuple et du Parti. Mais comment y parvenir? En comprenant comme il se doit notre idéologie, l'internationalisme prolétarien, en nous aimant mutuellement sans arrière-pensée, en combattant la malveillance et les rancunes et en restant au coude à coude, comme Marx le recommandait dans le <<Manifeste du Parti communiste>>: <<Prolétaires, serrez bien vos rangs, soyez unis dans votre assaut contre la bourgeoisie pour pouvoir l'écraser!>> C'est aussi ce que le Parti nous enseigne, à nous, Albanais, serrer les rangs, aller de l'avant au coude à coude. Et c'est en allant de l'avant que l'on construit le socialisme, que le pays fleurit et Fáme des gens s'ennoblit. C'est la voie du bonheur de notre peuple, et ce bonheur nous le construisons avee succès.

Vous, camarades minoritaires, étes des gens intelligents, vous avez une vision politique juste des choses et vous faites vótre l'idéologie du Parti. Je ne le constate pas uniquement de fagon générale, mais aussi concrètement, chez mes camarades de la minorité grecque qui sont à la direction du Parti. Les cadres venus de la minorité grecque sont capables et bien formés, ils dirigent 'des entreprises et des secteurs importants pour le pays et pour notre Parti, car ils sont dévoués à ce peuple et au Parti, préts à faire don de leur vie pour la patrie, à l'instar de leurs camarades tombés au cours de la Lutte. Certains cadres du. 'Parti issus de la minorité, qui ne sont plus en vie ' ont ceuvré loyalement et dans la voie marxiste léniniste pour l'Albanie socialiste.

Vous aussi, paysans de la minorité, vous vous étes battus pour cette terre, que vous aimez de tout votre coeur, et le Parti vous dit: «Aimez-la de toute votre áme!» Il vous aidera de toutes ses forces pour que votre vie devienne toujours plus prospère. Ne vous contentez pas des succès que vous avez obtenus, mais cherchez à élever encore votre bien-étre. Si ie dis cela, c'est que nous sommes súrs de nos forces. Le peuple avec le Parti grandes difficultés et triomphé de ses ennemis. Notre pays a été envahi et mis à feu et à sang par de nombreux et farouches ennemis, mais nous les avons vaincus. Nous traitant de «gamins», ils prétendaient que nous serions incapables de gouverner, mais notre pouvoir des ouvriers et des paysans a su frapper tous ceux qui ont levé la main contre lui. Le coup que nous leur avons porté a été si écrasant qu'ils ne s'en remettront plus.

Le Parti nous enseigne que tout se construit par le travail, mais qu'au travail nous devons joindre l'étude. Pour bien labourer la terre, pour bien élever le bétail, il faut et de l'expérienee et des connaissances. Mais elles ne suffisent pas, il faut encore de la pluie et du soleil. Nous avons besoin de soleil ce mois-ci, car il a trop plu et nous devons préparer la terre pour les semailles du mais. Mais le temps se mettra au beau. Déjà j'ai l'impression que le soleil réapparalt, mais nous n'attendons pas tout du temps. Dotés d'une volonté de fer et de l'amour du travail, nous sommes de ceux qui savent affronter les aléas atmosphériques. Pourquoi? Parce que nous avons à la fois le courage et la confiance, nous avons des moyens de travail, une riche expérience et des connaissances solides. Ne négligeons pas l'expérience générale et la pratique du travail quotidien, car elles sont à l'origine de la scienee. La grande lutte des peuples a permis à Marx d'élaborer sa théorie immortelle, qui guide aujourd'hui les peuples dans la révolution.

Le Parti nous dit que pour aller de l'avant, il faut mettre à profit la bonne expérienee d'autrui. C'est pourquoi des groupes de gens viennent de tous les coins d'Albanie pour profiter de votre expérienee et vous envoyez aussi des gens dans les autres régions. L'expérienee pratique de chacun, alliée au savoir, à la science et à la technique agricole, fait avancer la production.

Notre vie est belle. Notre pays va de l'avant, il est invincible.. .

Les Albanais et la minorité nationale grecque en Albanie ont toujours aimé le peuple grec, qui est un peuple honnéte, sociable et intelligent, qui s'est toujours battu pour sa liberté et son indépendance. Autrefois comme dans les temps modernes, nous avons uni nos armes et combattu cóte à cóte avec le peuple grec frère. Notre grand poète Naim Frashéri, qui avait étudié au collège Zosimea de Janina, a consacré un beau poème à l'amour et à l'amitié qui lient le peuple albanais et le peuple grec. Le poème est long et je ne m’en souviens pas assez bien pour pouvoir vous le réciter, mais vous pouvez le lire vous-mémes.* *( Il s'agit du poème <<Le vrai souhait des Albanais>> écrit en grec et publié pour la première fois en albanais en 1912, Dans ce poème d'inspiration politique et patriotique, le poète national albanais Nalm Frashéri exprime les sentiments d'arnitié purs et sincères que le peuple albanais voue aux peuples voisins, et s'efforee d'éveiller chez ceux-ci un esprit de compréhension et d'amitié. Il y écrit entre autres Nous voulons vivre toujours en harmonie, comme des frères, Avee les Slaves, les Grecs et tous nos autres voisins, Pourvu que le droit de chacun solt respecté (Nalm Frashéri, (Euvres choisies, éd. alb, t. .1, Tirana, 1980, p. 486) Dans les temps difficiles pour le peuple grec, le peuple albanais s'est battu à ses cótés. Tous, sauf les Albanais, trahirent la Révolution grecque de 1821 dirigée par le commandant Alexandre Ypsilanti, Théodhor Kolokotron et Bouboulina, une femme remarquable et courageuse. Le tsar de Russie, les Bulgares et les Serbes la trahirent, alors que les Albanais, avec Marko Botsaris et Djavella de Suli, se battirent jusqu'au bout aux cótés de leurs frères grecs. La résistance dYpsilanti et de Kolokotron prit fin en Morée, un pays où se trouvaient des foyers d'Albanais anciens.

Arvanites penemeni

Pu ine o Ali Pachas, kajmeni?* *( En grec: 0 Albanais, braves renommés, Où est votre Ali Pacha, d malheureux?

)

Ali Pacha, comme vous le savez, était un féodal, mais à ce moment-là ses intéréts concordaient avee ceux de la Révolution grecque. Après la fondation de la «Philiké Hétairia»*,*( <<La Société des Amis>> fondée pour organiser la révolution de libération grecque) Kolokotron se leva et proposa d'admettre aussi Ali Pacha dans leur société.

<<Admettons-le,>>. dit Marko Botsaris, bíen qu'Ali Pacha eút massacré les gens de sa région.

<<I1 vaudrait mieux qu'il nous aide de l'extérieur>>, dit un autre.

De nombreux autres Albanais se sont battus aux cótés des Grecs. Voilà ce que dit d'eux un chant populaíre:

Vous, les bateaux qui partez Faites escale à chaque port, Et dites à Bouboulina: Mauvaise nouv.elle, ma pauvre, On t'a tué Qafézezli!

(Qafëzezli, origmiaire de Kolonje*,*( Région du Sud de l'Albanie.) se battait aux cótés des Grecs contre les envahisseurs turcs).

Et Bouboulina de répondre:

Si on ne l'avait pas tué J'aurais été prét'e à l'épouser.



L'amitié entre notre peuple et le peuple grec a été cimentée du. sang versé dans la lutte pour notre libération et notre indépendance contre les memes ennemis. Actuellement les membres du. gouvernement grec se déclarent favorables à l'amMioration, des relations avec l'Albanie et, en fait, nos rapports s'améliorent. lIs ont trouvé la Compréhension du. peuple albanais et de son gouvernement. Nous avons des relations commercia: les et culturelles avec la Grèce. Dans quelques jours nous établirons une ligne aérienne TiranaAthènes. Le ministre grec du commerce doit bientót venir pour la seconde fois en Albanie pour y signer un accord commercial. Ces relations sont utiles à nos deux peuples, d,ésireux de consolider leur amitié et de vivre en bons voisins. La Grèce n'a rien à craindre de notre part et le peuple gree le sait bien. C'est des ennemis de la liberté et de l'indépendance des peuples que le mal peut venir à nos deux peuples. Leurs sentiments concordent, chacun veut le bien de l'autre, à condition naturellement que chacun reste chez soi et s'occupe de ses propres affaires. C'est sur ces bases que nous souhaitons développer cette amitié sincère.

Seuls ceux qui nous ont en grippe n'apprécient pas la politique: de l'Albanie, car nous, disons la vérité, nous allons de l'avant, nous savons nous défendre contre nos ennemis. Aime. tes amis, mais hais ton ennemi, dit notre peuple.

Ceux qui ont cherché à nuire aux intéréts du peuple albanais ont toujours échoué, car celuici a su se battre sans peur contre des ennemis comme les fascistes et les nazis, les impérialistes américains, les social-impérialistes soviétiques et autres. Le peuple albanais, dirigé par son Parti, apris toutes les mesures requises pour déf endre son pays...

Je vous parlerai aussi un peu de l'art et dela culture. Je ne le dis pas pour vous f aire plaisir,, mais votre art populaire, vos chants et vos danses. se distinguent par leur musicalité, leur rythme et leur élégance, c'est, comme on dit, un art cultivé.. Quand les Dropullites montent sur scène ils suscitent aussitót la joie de nos spectateurs. Nos chants et nos danses populaires ont été également appréciés à l'étranger. Vous avez vu à la télévision que notre Ensemble d'Etat de Chants et de Danses populaires a eu beaucoup de succès en Grèce. Le peuple et les représentants du gouvernement grec l'ont accueilli avec bienveillance et enthousiasme, ils ont beaucoup aimé nos chants et nos danses, ainsi que nos costumes nationaux. Des poètes, des écrivains et des artistes en ont fait l'éloge dans des articles chaleureux publiés dans les journaux et les revues grécs. Un journaliste d'Athènes a écrit à propos de nos danseurs: <<Quand les Albanais dansent ils sont légers comme une plume, mais la terre tremble sous leurs pieds>> mettant en évidence des qualités,souvent relevées par d'autres étrangers. Partout où ils sont allés, nos f illes et nos garqons ont eu beaucoup de suecès. Ils se sont produits en Yougoslavie, en France, en Suède et ailleurs, faisant partout une très bonne impression. Avec beaucoup de gráce et de souplesse, íls ont démontré aux peuples de ces pays que le socialisme permet de développer encore plus la culture et le magnifique art du peuple.

Je vous félicite, Dropullites, d'avoir su conserver et enrichir vos chants, vos danses et vos beaux costumes. Continuez de le faire, car ils sont féconds, non seulement pour vous, mais pour toute l'Albanie socialiste. Conservez votre folklore, notez-le dans des recueíls en grec, et traduisezle aussi en albanais. Il y a des minoritaires, comme notamment Pano C. uka, dont les écrits me qui peuvent beacoup contriplaisent beaucoup buer dans ce sens. Mais il y a aussi d'autres qui peuvent écrire et surtout un bon nombre d'enseignants de la minorité, auxquels je demanderais de glaner les légendes, les chants, les contes populaires du Dropull, et de les enregistrer, car ils constituent un trésor pour tout notre peuple. Il leur appartient d'écrire l'histoire de ce peuple héroique et combattant, qui a travaillé et vécu toujours uni par des liens fraternels au peuple albanais. Que la jeune génératíon qui vit heureuse dans notre société socialiste sache la misère et les souffrances de notre peuple dans le passé. Qu'elle n'oublie pas les épreuves de ses pères et apprécie leur oeuvre. Habituée aux avan tages du socialisme, elle ne pourra pas savoir comment ont vécu, combattu et souffert ses ancétres, si on ne lui raconte pas le passé. Nous devons donc tout d'abord lui mettre en relief les mérites de leurs ascendants, mais sans lui cacher leurs souff rances.

On a dit que, de retour en Grèce, des poètes et des écrivains grecs qui ont visité l'Albanie, ont écrit des artieles honnétes et sincères sur notre réalité. Ils reconnaissent avoir été mal informés sur la situation de la minorité grecque en Albanie, et affirment que seules quelques personnes malveillantes ont pu répandre des 'calomnies sur la vie des minoritaires. Ce sont des gens honnétes, c'est pourquoi ils sont dit la vérité, mais il y en a d'autres qui, bien qu'étant Albanais, n'ont aucun souci pour leur pays. Je ne parle pas ici de gens qui ont émigré depuis de nombreuses années, ni des chiens ballistes que nous avons balayés, mais de quelques émigrés qui ont oublié le pays de leurs pères.. .

Ecrivez à vos proches sur notre réalité et sur les bienfaits dont vous jouissez ici, sur l'existenee heureuse que vous menez pour qu'ils s'en réjouissent et que se dissipe le brouillard dans l'esprit de certains, car il y en a qui cherchent à répandre le brouillard parmi les émigrants albanais. Ecrivez donc à vos proches, dites-leur la vérité telle quelle est, pour qu'ils s'en réjouissent.

Ah, comme je regrette de vous voir trempés par la pluie.* *( Le grand meeting populaire avalt lieu en plein air et sous la pluie.)

Mais favais quelque chose à ajouter. Je voudrais que le Dropull et toutes ces collines qui s'étendent au pied de la montagne soient reboisés,. plantés d'arbres fruitiers et autres. Cette zone doit étre une véritable forét.

Chers frères et sceurs,

Au nom du Comité central, je vous fais encore tous mes voeux. Aimez le Parti de tout votre coeur, car il nous a fait accéder à la lumière et il fera encore plus pour nous. C'est le Parti qui nous apprend, en nous armant pour ce faire, à garder l'Albanie toujours libre, à rendre les montagnes aussi beIles que les plaines, à avoir nos greniers pleins, à élever des enfants sains et heureux. Dans la société socialiste rien ne peut entacher l’amour entre les hommes qui versent leur sueur pour créer l'abondance. C'est pour cet amour et pour cette unité fondée sur le marxisme-léninisme, que luttent le Parti et le peuple.

Vive le Parti!

Vive le peuple!

Longue vie à vous, chers sceurs et frères, chers pionniers du Bas et du Haut Dropull. Comment ne verserions-nous pas notre sueur pour ,embellir encore la vie de ces enfants, qui sont les plus belles fleurs de notre: pays!

Longue vie à tous les minoritaires patriotes qui travaillent dans tous les coins de notre patrie socialiste!

Envoyons-leur de Grapsh nos salutations chaleureuses!





EN ALBANIE LES DROITS DE LA MINORITĒ

GRECQUE SONT PLEINEMENT RESPECTĒS

Extraits du discours prononcé devant les cadres de la coopérative agricole de Vrisera et de Grapsh* *( Le camarade Enver Hoxha prononga ce discours lors d'une rencontre organisée après le meeting avec la population de la région de Dropull.)

22 MARS 1978

Le patriotisme du peuple du Dropull est n vibrant patriotisme, un patriotisme socialiste. n camarade a eu raison de dire, à une réunion es cadres de Gjirokastér, tenue il y a quelques jours e.t à laquelle j'ai assisté, que l'esprit chauvin dans les relations entre la population de la minorité grecque et la population albanaise a depuis longtemps disparu. J'ai approuvé son jugement et ajouté qu'il n'existera jamais chez nous de chauvinisme grec ou albanais. Il n'y a aucune raison pour que le Dropull diffère de Gjirokastër, de Vlore, de Shkodër. Le temps où le peuple albanais et avec lui la minorité grecque étaient opprimés par le féodalisme, par le satrape Ahmet Zogu, par les beys et les agas, est à jamais révolu.

Les paroles chaleureuses de ceux qui sont intervenus à cette rencontre, expriment au mieux les sentiments du peuple héroique de la minorité, dont le coeur bat à l'unisson de celui de notre peuple tout entier. Albanais et minoritaires grecs forment un tout indivisible. Je suis certain, et j'en mets ma main au feu, qu'aucune autre minorité nationale dans aucun pays du monde ne jouit des droits dont jouit la minorité grecqueen République populaire socialiste d'Albanie. Il n'y a pas dans le monde d'autre pays véritablement socialiste qui applique une politique léniniste à l'égard des minorités nationales. Les Constitutions des pays bourgeois et révisionnistes stipulent, à des fins purement démagogiques, l'égalité des droits des minorités nationales, mais en réálité cette égalité n'y existe pas. C'est seulement en Albanie où le marxisme-Iéninisme est appliqué avec un esprit de principe, que l'égalité des, droits entre la minorité et le reste de la population est entièrement assurée.

Des minorités nationales existent aussi en, Yougoslavie, en Roumanie, en Hongrie et ailleurs, mais, méme à l'époque où ces pays étaient considérés comme socialistes, les droits des minorités nationales étaient proclamés juste pour la forme

et restaient lettre morte. En Union soviétique, où les révisionnistes ont sapé le système socialiste, ori prétend construire le communisme. Mais de quelle sorte de communísme peut-il s'agir, lorsque les faits prouvent d'une manière indéníable que les khrouchtchéviens ont fait faire machine arrière à l'Union soviétique, l'ont transformée en une prìson pour les peuples en y restaurant le capitalisme? Quant à nous, nous ne ferons jamais machine arrière, et nous continuerons de consolider le socialisme dans notre pays. Et le socialisme se consolide, les masses évoluent politiquement, idéologiquement et moralement, quand la culture se -propage partout et est portée à un niveau. supérieur, quand l'économie ne cesse de se développer dans tous les domaines, quand le niveau de vie des masses s'améliore sans arrét. Plus tard, à une étape plus avancée, notre société passera au communisme. Le passage au communisme dépend ~certes de nous, mais il dépend aussi de la conjoncture internationale et des situations révolu-tionnaires dans les autres pays.

Je ne vous parlerai pas longuement de la Yougoslavie où les Albanais qui vivent sur leurs terres ont été cruellement persécutés et massacrés. De nos jours encore, les Yougoslaves ont imaginé des voies et des moyens «démocratiques» pour chasser les Kosoviens de chez eux, les dísperser aux quatre coins de la Yougoslavie, les forcer à aller en Turquíe et ailleurs, loin de leur patrie. Ies Kosoviens ont émigré dans toute l'Europe. Dans ces circonstances, il est vain de parler de l’égalité des droits dont ils jouiraient par rapport aux autres nationalités.

L'internationalisme prolétarien se trouve pieinement appliqué en Albanie où tous les droits de la minorité sont traduits dans les faits. Aux termes de la Constitution de la République populaire socialiste d'Albanie, les minorités nationales de chez nous se voient garantir le développement de leur culture et de leurs traditions populaires, l'usage de leur langue maternelle et son enseignement à l'école, ainsi qu'un égal développement dans tous les domaines de la vie sociale. Tout acte vìolant les droits des minorités est puni par la loi.

Dans la région du Dropull, tous les caeres, depuis les secrétaires des organisations de base du Parti et les membres de leur bureau, le président de chaque coopérative, le président et les membres des conseils populaires jusqu'aux médecins, aux sages-femmes et aux enseignants, sont des minoritaires grecs. Avant-hier je lisais dans le journal qu'en Yougoslavie aura lieu la réunion du comité de la région autonome de Kosove appelé à élire les organes dirigeants et les délégués à la XII' Conférence de la Ligue des comrnunistes de Kosove. C'est Peter Jakáié, venu de Serbie, qui a présenté le rapport à la réunion de la présidence du comité de la région de Kosove, qui était «dirigée» par un Albanais, tandis que Vojislav Popovic, venu lui aussi de Serbie, a présenté le rapport sur les modifications à apporter au statut et sur le travail à mener auprès des cadres. Cela signifie <<Toi, Albanais, tals-toi, et contente-toi de tenir la chandelle!>>...

J'ai eu un oncle, Hysen Hoxha, qui a été dans le temps, maire de Gjirokastër. J'étais tout petit quand les troupes grecques occupèrent notre ville*,*( De 1912 à 1916 les armées grecques occupèrent les ré9iOns du Sud de l'Albanie.) mais je me souviens très bien de Janaq Shkrapi et d'autres hommes qui venaient chez mon onele pour lui dire: «Mollah Hysen, continue d'exercer tes fonctions municipales, ne crains rien parce que nous sommes à tes cótés et ne permettrons à personne de te faire du mal». A l'époque, il n'y avait pas de partis politiques et les gens étaient divisés en chrétiens et musulmans, mais qui nourrissaient entre eux des sentiments d'une telle sincérité et d'une telle bienveillance que l'unité de la population de la minorité avec le peuple de Gjirokastér n'a jamais été menacée. Il ne s'est donc rien produit de fácheux et l'on n'a entendu aucun minoritaire dire: «Attends voir, maintenant nos frères sont venus de l'autre cóté de la frontière». Cela montre que dans le meilleur comme dans le pire, les braves gens du peuple gardent leur pureté de sentiment, ils sentent le besoin de se rapprocher les uns des autres, car qui a bon cceur ne veut de mal à personne. Qui, au contraire, est animé de mauvais sentiments, veut du mal aux autres et cherche à les dominer.

Aucun peuple ne veut ni en dominer un autre ni étre dominé par lui; chaque peuple aspírè à vivre en amitié avec ses voisins.

Les souffrances et les privations que nous avons endurées nous ont servi de legons et ont fait que nous sommes toujours préts à nous défendre. Nous devons savoir bien organiser à la fois notre défense et notre économie. Nous devons les concevoir toutes deux sous l'aspect politique et idéologique. Les intéréts, les aspirations et les sentiments de la minorité de chez nous ne diffèrent en rien de ceux du peuple albanais. Albanais et minoritaires continueront de défendre ensemble cette grande réalité que nous avons créée.

Si notre prestige s'esA accru dans le monde, c'est parce que la République populaire socialiste d'Albanie s'est renforcée du point de vue économique et politique et qu'elle tient toujours haut levé le drapeau du marxisme-léninisme. Les suecès que nous avons obtenus jusqu'à présent ne nous grisent pas. Ces succès nous font un devoir d'aider, dans la mesure de nos possibilités, nos amis et les peuples révolutionnaires. C'est précisément cette compréhension de la juste politique du Parti, jointe à la compréhension politique et idéologique de la forme nouvelle, plus avancée de la collectivisation de l'agriculture, comme la Coopérative de type supérieur de Grapsh, qui est à l'origine de tous vos succès.

Au cours de sa lutte de libération, le peuple albanais a consenti de grands sacrifices pour défendre la liberté du peuple grec. Vous n'étes pas sans savoír qu~en assurant la Mense des part' sans grees et en leur offrant des arrières súrs, notre peuple risquait une attaque de la part des troupes commandées par l'Anglais Scobie; néanmoins, il n'a pas hésité à faire ces sacrifices Pour le peuple gree.

Nous n'avons jamais voulu de mal à la Grèce et nous avons dit à ses gouvernants qu'aucun mal ne leur viendrait de nous. Mes camarades et moi, nous sommes persuadés que le peuple grec non plus ne nous veut pas de mal, parce que c'est un peuple épris de liberté comme le nótre.

Avec les gouvernants d'Athènes nous avons procédé à un libre échange de vues, fis connaissent nos prises de posítion et l'idéoIogie qui nous guide. lIs approuvent entre autres notre politíque extérieure. Nous estimons que les Etats-Unis et l'Union soviétique ont tort de s'immiscer dans les affaires de Chypre. Ces deux grandes puissances doìvent laisser les communautés grecque et turque de cette ile s'entendre entre elles. Les gouvernements gree, cypriote et ture approuvent notre juste point de vue. Qui a semé la discorde entre les deux communautés de l'ile de Chypre? Les impérialistes, bien súr. Méme aujourd'hui, les irnpérialistes américains et les social-impérialistes soviétiques, soucieux comme toujours de leurs intéréts exclusifs, font pression sur la Grèce et cherchent à la dresser contre la Turquie, parce que les uns et les autres veulent dominer dans le bassin méditerrannéen.

Faisant fi des intéréts du peuple grec et des aAres peuples de cette zone, les superpuissances s'efforcent de s'assurer chacune pour son compte la suprématie en Méditerranée. Quand ils voient le gouvernement grec s'opposer à leurs machinations, pour f aire pression sur lui ils se rapprochent du gouvernement ture, et inversement. Connaissant bien les menées abjectes des deux superpuissances, nous pouvons aff irmer que ce sont les principaux ennemis des peuples, et que ceux-ci doivent bien ouvrir les yeux. ..

Pour terminer, je veux exprimer ma convictíon que vous vous acquitterez avec succès de toutes les táches patriotiques que le Parti vous a assignées dans les domaines économique et organisationnel. Je vous promets qu'à mon retour à Tirana je mettrai au courant les camarades du Bureau politique et du Comité central de tout ce que faì vu à Gjirokastér et dans cette coopérative de type supérieur.

Je vous dis sincèrement que je repars avec d'excellentes impressions. J'ai toujours beaucoup aimé les minoritaires grecs, mais je n'oublierai jamais ce que j'ai vu et vécu aujourd'hui, dans ce rneeting que personne n'a quitté, malgré la pluie incessante.

Je vous souhaite bon travail et de nouveaux succès!

Chers camarades, au revoir!





VLORĒ, SAMEDI

l AVRIL 1978



LE GOUVERNEMENT GREC REPOND A MON DISCOURS DE GRAPSH

J'ai appris bier que l'Agence de presse d'Athènes a publié le 28 mars, à propos du discours que j'ai prononcé à Grapsh, le 22 mars devant la population du Dropull, un communiqué du gouvernement grec sous le titre: «La déclaration d'Enver Hoxha a été accueillie avec une satisfaction particulière».

Ce communíqué fait donc savoir que le gouvernement grec a accueilli avec une particulière satisfaction ma déclaration sur le renforcement de notre amitié et de notre collaboration avec le peuple gree, et qu'il apprécie également les conseils chaleureux que j'ai donnés à la minorité grecque vivant dans notre pays sur la préservation de sa langue, de ses traditions et de son fOlklore. Le communiqué souligne que cette déclaration répond à la politique bien établie de la Grèce sur la consolidation de ses liens d'amitié et rapports de bon voisinage avec l'Albanie.

Cette a [vernement grec montre une fois de plus que notre attitude juste, marxiste – léniniste, à l’égard de nos fréres de la rninorité grecque, qui cóte à cóte avee leurs frères albanais pour construire le socialisnie et leur vie nouvelle, ainsi que notre politique ouverte et de principes à l'égard de nos voisins ont eu un grand retentissement et trouvent un appui certain non seulement parmi les peuples et les forces progressistes, mais aussi auprès des gouvernements et des milieux dirigeants qui res~ pectent les sentiments de bon voisinagle et s'en tíennent au principe de la non ingérence dans les affaires intéríeures d'autrui.



MERCREDI

8 NOVEMBRE 1978



LE PEUPLE ALBANAIS TIENT A RESTER

TOUJOURS UN AMI SINCĒRE DU PEUPLE GREC

J'ai eu une rencontre avec mes électeurs de la circonscription 209 de Tirana. Je leur ai parlé des grands progrès que notre peuple a enregistrés dans tous les domaines et des brillantes perspeetives que lui ouvre la construction du socialisme en Albanie. Je me suis arrété aussi sur certaínes questions concernant la situation internationale ainsi que les rapports de notre pays avec les pavs voisins.

A propos des rapports de la République populaire socialiste d'Albanie avec la Grèce et du peuple albanais avec le peuple grec, le camarade Enver Hoxha a indiqué dans son discours:

Nous entretenons avec la Grèce des relations amicales. Nous avons toujours voulu vivre en bon voisinage avec le peuple grec. Le gouvernement actuel d'Athènes a satisfait à notre désir de voir établir la paix aux frontières des deux pays. Cette prise de position réaliste de sa part est juste. Par ailleurs, nos échanges commerciaux et culturels se développent de fagon satisfaisante. Nous somrnes préts à poursuivre dans cette voie qui ne peut qu'étre bénéfique à nos deux peuples et souhaitons vivre dans une amitié sincère avec les Grecs. Le peuple albanais constate que le peuple grec tient lui aussi à cette amitié.





DIMANCHE

25 MARS 1979



A PROPOS DU VOYAGE DE CARAMANLIS EN

YOUGOSLAVIE ET EN ROUMANIE

Ces jours-ci le Premier ministre grec, Caramanlis, a mis fin à son voyage en Yougoslavie et en Roumanie.

Naturellement les journaux des divers pays du monde et en particulier les journaux yougoslaves, roumains et grecs, mettent l'accent sur le fait que cette visite a eu un écho positif et que les résultats des conversations et des contacts entre les dirigeants de ces trois pays ont été béné~ fiques et concrets. C'est ce que je crois aussi. Certes, les entretiens entre ces trois dirigeants ont contribué à un meilleur échange de vues entre la Grèce, d'une part, et la Yougoslavie et la Roumanie, de l'autre, ou au développement des rapports commerciaux et culturels entre ces pays, mais je pense cependant qu'il subsiste entre eux un certain nombre de problèmes.

Les Yougoslaves ont des prétentions sur la Macédoine de l'Egée et, bien entendu, les Grec sont très sensibles à cela. Ceux-ci ne peuvent que s'opposer à la politique yougoslave, qui, si elle n'affiche pas ouvertement ses revendications territoriales sur la Grèce, le fait indirectement, à travers la République macédonienne. Des articles ont paru dans la presse yougoslave à propos de ce problème et l'on attire en Macédoine des families macédoniennes de l'Egée.

D'après les journaux, cette question n'a pas été soulevée au cours des entretiens entre Caramanlis et Tito, mais il se peLit fort bien qu'ils en aíent parlé. En ce cas, nous sommes certains qu'íls n'ont abouti à aucune conclusion parce que les Yougoslaves ne sont pas disposés à céder sur cette question et les Grècs rejettent leurs revendications territoriales.

Quoi qu'il en soit, la visite de Caramanlis en Youeoslavie et en Roumanie a montré à l'opinion publíque, soit yougoslave, soit grecque ou rournaine, ciu'il est possible de faire òbstacle à l'ingérence des grandes puissances dans les affaires des Balkans. Cependant, nous connaissons bien l'orientation de la Yougoslavie ou de la Roumanie, Qui, en apparenee, semblent mener une existence dius ou moins indépendante, mais que leur entrée dans le giron de divers impérialistes et les mille fils qui les lient à eux empéchent de mener une l'Olitique entièrement indépendante, de s'opposer aux exigences et aux visées des superpuissances Pour se soustraire à leurs pressions. Les superpuissances impérialistes, ayant des intér&ts dans ces pays, ont aussi des hommes et des partis qui soutiennent leurs vues politiques et économiques hégémonistes.

De toute faqon, aux dires des ambassadeurs grecs, Caramanlis aurait déclaré aux Yougoslaves que la Grèce entretient de très bonnes relations avec l'Albanie et que ces relations iront encore s'améliorant. Pour notre part, nous sommes préts à améliorer nos rapports avec la Grèce, sur la base de nos principes, indépendamment du fait que nos Etats et nos républiques ont des formes de gouvernement et se guident sur des idéologies différentes. Maintenant que nos relations avec la Grèce s'améliorent, les gouvernants grecs et méme leur président' de la république en personne a dit à notre ambassadeur, lors de la visite d'adieux que celui-ci lui a faite, que les convoitises Sur <<l'Epire du Nord>> sont désormais dépassées, que ce sont là seulement les idées de certains groupes qui de temps à autre avancent à grand bruit ces revendications. Nous considérons que c'est un engagement, pour le moins oral, du président* *(Costantin Tsatsos) de la République grecque sur cette question.





VENDREDI

27 AVRIL 1979

QUELQUES REFLEXIONS SUR LES PELASGES, LES

DORIENS, LES GRECS ET LES ILLYRIENS

A la réunion d'aujourd'hui du Secrétariat du Comité central du Parti, nous avons discuté du profit que notre jeunesse doit tirer de la littérature et des arts ainsi que de sa contribution Créative en ce domaine. A cette occasion, j'ai eu un entretien sur les Pélasges, les Doriens, les Grecs et les Illyriens, avec Moikom Zeqo, un jeune écrivain et archéologue passionné des fouilles sous Feau.

Extrait de cet entretien:

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Alors, Mo!kom, tu Voccupes d'archéologie en dilettante? Très bien...

Peux-tu nous dire pour autant que tu puisses en juger dans quelle direction notre archéologie doit surtout s'acheminer?

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: Avant la Libération, l'archéologie chez nous était un domaine inexplorè. Mais c'est une des sciences dont nous nous rendons bien compte aujourd'hui cornbien elle nous aide à comprendre l'histoire de notre peuple, y compris et surtout sous l'aspect politique. C'est ainsi qu'Ugolini*,*( Luigi M. Ugolini (1895-1937), chef de la mission archéologique italienne en Albanie, Pendant les années 1928-1937, il fit des fouilles à Finiq et à Butrint, et déploya une vaste activité au service du gouvernement fasciste italien en vue de la préparation idéologique de l'occupation de l'Albanie. Il a volé et envoyé en Italie des objets d'une grande valeur archéologique et artistique découverts en Albanie.) par exemple, était archéologue, mais à travers l'archéologie et le mythe d'Ennée, qui avait une fonetion déterminée, il cherchait en se livrant méme à des falsifications scientifiques, à justìfìer l'occupation de l'Albanie.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: D'après <<L'Enéide>>, lorsque Enée eut gagné l'Italie, on lui demanda à sa descente sur la cóte: «Quel est ton dieu?» Et il répondit: «Voilà mon dieu, mes deux mains»!

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: Notre archéologie a mené ces dernières années un travail d'envergure, comblant ainsi une grande lacune. Nous avons maintenant une vision plus complète des Illyriens et le problème des populations préillyriennes a été traité de fagon plus approfondie.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Peux-tu nous parler de ces peuplades préillyriennes, des Pélasges par exemple?

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: te próblème des Pélasges est appelé à étre traité sous un jour nouveau9 et il sera naturellement étayé de nouveaux documents, plus approfondis, plus scientif iques.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Tu es done Partisan des thèses de Konda*,*( Prof. Spiro Konda) qui a été un de mes amis.

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: En Albanie ont été conservés certains éléments de l'essence, du berceau de la culture médíterranéenne. Il est Permis d'en déduire que la question des Pélasges n'est Pas le produit d'une ímagination gratuíte. Les Préillyriens, appelés aussi Protoillyriens, se rattachent indéniablement à une certaine souche.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Y a-t-il quelque élément nouveau à propos des tribus doriennes qui ont attaqué les Grecs du continent?

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: Aussi bien dans la mythologie que dans les légendes qui nous ont été léguées apparalt un líen entre ies Doriens et les Illyriens. La culture dorienne est faite surtout d'éléments illyriens.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Oui, parce que c'est d'ici, du Nord, que les Doriens sont venus en Grèce. C'est la thèse que soutiennent surtout les historiens allemands. Les Doriens auraient-ils ici quelque rapport avec les Pélasges?

LE CAMARADE MOIKOM ZEQO: C'est la thèse de l'école allemande, camarade Enver. Il est probable que les Pélasges ont été eux-mémes des habitants autochtones de notre territoire et ne sont pas venus du Nord.

LE CAMARADE ENVER HOXHA: Entendons-nous, quand je dis <<du Nord>>, je veux dire du nord de la Grèce, des Balkans, et non pas de Scandinavie. Il ne s'agit donc pas des Vikings. Le temple de Dodone* *( Ville ancienne et sanctuaire d'Epire. Ses ruines se trouvent dix-huit kilornètres au sud-ouest de Janina, à prox!mité du mont Tornaros. Selon la tradition antique, la ville de Dodone était le principal sanctuaire des Pélasges, qui vécurent dans cette région-là bien avant les Grecs.) serait, dit-on, antérieur à la venue des Achéens, voire des Doriens. Je ne parle ici que de ce que je crois connaltre, mais je peux fort bien me tromper. Dodone est restée comme un ancien menument pélasgique. Or, si nous rattachons Dodone à la tribu des Molosses* *( Une des principales tribus illyriennes de l'Epire. Vers la fin du ve siècle avant notre ère elles fondèrent un royaurne connu sous le nom de Ligue molosse. Dodone se trouvait sur leurs territoires et c'est là que les souverains molosses prétaient serment devant leur peupIe le jour de leur avènement.) nous devons aussi la rattacher à l'Epire, en la situant ainsi dans le temps à une époque antérieure à Pyrrhus. Voilà qui est assez compliqué!

Qu'est-ce que Mycènes*?*( Ville antique de Réloponnèse, capitale de l'Argolide, centre de la civilisation dite créto-mycénienne.) Certains disent que c'est une ville qui s'est épanouie bien avant la civilisation grecque, et qu'elle fut le foyer d'une culture très ancienne...





POGRADEC, JEUDI

12 JUILLET 1979



CONFRONTATION CHEZ STALINE

Je suis en train de jeter un coup d'oeil sur les textes que finclurai dans un livre* *( Avee Staline, Souvenirs, publié en albanais et en plusieurs langues étrangères en décembre 1979, à l'occasion du centenaire de la naissance de Staline.) qui portera sur mes rencontres avec Staline. Je pense écrire un chapitre* *( Il s'agit du chapitre IV, intitulé <<Quatrièrne rencontre>>, pp. 171-210, éd. fr.) à part où j'incorporerai aussi les notes que j'ai prises lors de la confrontation que j'ai eue chez Staline avec les dirigeants du Parti communiste gree sur les désaccords de principes entre eux et la direction du Parti du Travail d'Albanie.



Quatrième rencontre

Janvier 1950



Confrontation chez Staline, sur les désaecords de principes entre la direction du Parti du Travail d'Albanie et les dirigeants du P.C.grec. Y participent: Staline, Molotov, Malenkov; Niko Zahariadhis, Mitcho Partsalidhis. De la stratégie et de la tactique de l'Armée démocratique greeque. Varkize. La tactique de la défense passive est mère de la défaite. Pourquoi les défaites de Vitsi et de Gramoz? Du róle dirigeant du parti dans l'armée. La place et le róle du commissaire. Niko Zahariadhis exprune ses points de vue. Appréciation de Staline.



Lors de l'entretien que feus avec le camarade Staline à Soukhoumi, en novembre 1949, il me demanda quand nous pourrions avoir une rencontre avee les représentants du Parti communiste gree en vue d'éclaircir les désaccords de principe entre nous et les dirigeants de ce parti. Nous fixámes ensemble le mois de janvier, et, les camarades grecs ayant accepté cette date, la réunion eut lieu au. début de janvier 1950 au. Kremlin. Du cóté soviétique, étaient présents le camarade Staline, Molotov, Malenkov et un certain nombre de fonetionnaires du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. Le Parti communiste grec, était représenté par les camarades Niko Zahariadhis et Mitcho Partsalidhis. La réunion s est déroulée dans le bureau de Staline.

Staline, simple et aimable comme de coutui me, se leva de son bureau pour nous accueillir, vint au-devant de nous en souriant et nous serra la main tour à tour. Prenant la parole le premiei., il s'adressa à moi:

<<Qu’avez-vous à dire, camarade Hoxha, concernant les camarades du Parti communiste grec?>> Et, s'adressant aux camarades grecs, il leur dit:

«Que les camarades:albanais prennent d'abord la parole, vous parlerez ensuite et exprimerez votre avis.»

Je pris done la parole:

Camarade Staline, dis-je, nous avons adressé une lettre au Comité central du Parti comuniste de l'Union soviétique sur nos désaccords de principes avec le Parti communiste grec, et en particulier avec ses principaux dirigeants. Nous avons sollicité cette entrevue avee vous pour que vous jugiez si nos points de vue sont j ustes ou erronés.

- Je suis au courant des questions que vous soulevez, me répondit le camarade Staline, mais ie tiens à ce que vous exposiez à nouveau ici, devant les camarades grecs, les problèmes qui vous preoccupent.

- J’évoquerai ici, bien súr, dis-je, toutes les questions que notre Parti a exposées dans la lettre qu'il vous a envoyée. Nous avons traité aussi de ces questions avec les camarades grecs, en particulier avee le camarade Niko Zahariadhis, le camarade Joanidhis, le général Vlandas, avee Bardzotas et d'autres camarades de la direction du Parti communiste grec. Je tiens à souligner dès le début que nous avons eu des désaccords sur un certain nombre de points, mais je parlerai ici des plus importants.

- C'est ce que nous voulons aussi, souligna Staline.»

J'ai ainsi commencé mon exposé:

<<Le premier de nos désaccords porte sur la stratégie et la tactique de la guerre de l'Armée démocratique grecque. Pour le peuple grec comme pour nous, Albanais, la lutte contre les fascistes hitlériens et italiens a été une lutte de libération dont dépendait le sort de nos peuples. Cette lutte, nous devions l'appuyer, comme nous l'avons fait, sur la guerre héroique de l'Armée rouge de l'Union soviétique. Nous, Albanais, étions dès le début convaincus d'en sortir victorieux, car notre peuple s'était dressé tout entier dans une grande lutte de libération dans laquelle il avait aussi à ses cótés la grande Union soviétique, qui devait écraser le nazisme allemand.

«Notre Parti a soutenu l'alliance soviéto-anglo-américaine, car il l'a considérée jusqu'à la f in comme une coalition antifasciste qui avait pour but d'écraser les nazis. Néannioins, nous n'avons jamais eu l'illusion que les impérialistes angloaméricains seraient les amis et alliés fidèles du peuple albanais. Au contraire, nous avons, dès le début, et tout en soutenant l'alliance dans son ensemble, fait une distinetion fondamentale entre l'Union soviétique et les Anglo-Américains. Je veux dire par là que notre Parti, notre Armée et son Etat-major général, loin de se soumettre au diktat des Anglais et du Commandement aHié de la Méditerranée, accueillaient avee une grande circonspection méme les rares conseils que nous leur permettions de nous donner. Nous demandions des armes aux Anglais, mais _nous constations qu'ils nous en parachutaient fort peu. Comme vous le savez, nous avqns mené une guerre de partisans, pour passer ensuite à la création d'unités plus importantes, iusqu'à la formation de notre Arm;ée régulière de libération nationale.

«Le peuple grec a lutté dans les mémes conditions que nous. Il s'est insurgé contre les agresseurs fascistes italiens, les a mis en déroute, les a vaincus. Les troupes monarchistes grecques sont m&me entrées en Albanie. Quoiaue notre Parti communiste n'eút Das encore été fondé à l'éooque, nos communistes et notre Deuple ont aidé les Grees dans leur guerre contre l'Italie fasciste, et cela alors que notre Days était luiméme occuDé. Mais à la suite de l'intervention de T'armée hitlérienne dans la £!uerre contre la Grèce, Varmée monarchiste vrecaue, contrainte de se reDIier sur son proiDre territoire, a été vaincue. C'est a-près cela aue naauirent la résistance et la Lutte de libération nationale du peuple grec, dirigées par le Parti communiste grec, qui créa l'E.A.M., organisa les détachements de partisans et, plus tard, d'autres unités, plus importantes.

«Au cours de leur Lutte de libération nationale, nos deux peuples ont resserré eneore les liens fraternels qui les unissaient. Dans le passé déjà, des liens d'amitié existaient entre le peuple albanais et le peuple grec* *( Dans sa lettre du lo septembre 1944 au camarade Enver Roxha, le président du Consell national des Grees, écrit entre autres: «Les Grees et les Albanals sont les deux plus anciens peuples des Balkans. Unis par des liens de sang et des traditions communes, ils ont mené des combats communs. Leurs destinées aussi sont communes. Cette communauté d'Intéréts se renforce et se cimente aujourd'hul grAce à de nouveaux liens, au sang versé et aux sacrifices consentis par nos peuples, dans leur lutte aux cótés des grands alliés, pour reconquérir leur liberté nationale.

Par le passé non plus, aucune divergence n! contradietion n, ont opposé nos deux peuples volsins. Seule la politique antipopulaire de quelques politiciens qui ont gouvernè nos pays au cours de ces dernières décennies a tenu ces peuples amis élolgnés l'un de l'autre. Mais la lutte commune menée pour chasser le Méme ennemi, l'envahisseur barbare, a balayé ces préjugés et ces intrigues. De ce combat commun renaissent une Albanie et une Grèce nouvelles. A l'avenir nos peuples vivront en bon voisinage, dans une atmosphère de collaboration harmonieuse et d'amitié solide. Une collaboration étroite et fraternelle est une des conditions essentielles de la réédification des Balkans ravagés par roecupant.) Comme on le sait, beaucoup d'Albanais ont pris part à la Révolution grecque des années '20 du siècle dernier, conduite par Ypsilanti, et ils y ont joué un róle très important. Mais cette fols les luttes de nos deux peuples revétaient le méme caractère et ceux-ci avaient à leur téte nos partis communistes. Nous avons noué des liens entre nous, et nos détachements de partisans ont méme organisé des opérations militaires communes sur le territoire grec contre les forces allemandes. D'autre part, la réaction, chez nous comme en Grèce, était puissante et les occupants assez bien organisés- C'était: là aussi un phénomène commun à nos deux pays.

De notre cóté, nous avons fait des efforts pour isoler les chefs de file de la réaction, détacher de ses rangs les éléments trompés, et nous avons obtenu des résultats dans ce sens. Nous ne pouvons pas dire avec précision comment il a été procèdé en Grèce, mais nous avons critiqué les camarades de la direction du. Parti communiste grec parce que l'E.A.M. et eux-mémes avalent commis une grave erreur de principe et politique en subordonnant la Lutte de libérationale du peuple grec à la stratégie anglo-américaine et en la mettant quasiment sous la direction des Anglais et du. Commandement allié de la Méditerranée. Nous avons formulé cette critique personnellement au camarade Niko Zahariadlíis.

«Le principal responsable de cette situation .était Siantos, qui, en l'absence de Zahariadhis, déporté à l'époque dans des camps de concentration allemands, assumait les fonetions de Secrétaire général du Parti communiste grec. Lorsque, par la sulte, nous avons soulevé cette questìon au camarade Zahariadhis, celui-ci ne nous a pas répondu clairement et il inclinait à penser qu'il n'y avait pas eu d'erreurs de leur part. Jyai soutenu avec insistance ce jugement de notre Parti et fai fini par dire au camarade Zahariadhis que Siantos était un provocateur, un agent des Anglais. Si Siantos avait été chez nous, dis-je au camarade Zahariadhis9 notre Parti Paurait traduit en iustice et lui aurait infligé le Chátiment qu'il méritait, alors que vous avez agi différemment. Certes, cela est votre affaire, mais en tout cas voilà notre avis sur cette question.

<<En conclusion, le camarade Niko Zahariadhis a reconnu que «Siantos n'aurait pas dú agir ainsi», que «les camarades l'avaient critiqué, mais ne l'avalent pas traduit en justice; ils l'avaient seulement exclu du parti».

«Cela dit, je tiens à souligner que nousavons eu avec Ies camarades dirigeants du Parti communiste grec une série d'entretiens politiques, idéologiques et militaires. Puisque nous étions deux partis communistes, nous avions, cela s'entend, le méme objectif stratégique, la libération de nos pays du joug des occupants nazis-fascistes et de la bourgeolsie réactionnaire locale.

<<Nous avons observé que, malgré le courage remarquable des partisans grecs et de leurs commandants, le camarade Niko Zahariadhis,, après sa libération des camps de concentration hitlériens, assuma un poste prééminent à la direction, dans la Grèce «libérée» avee l'armée anglaise sur son sol, en vertu de la signature antérieure de l'accord de Caserte et de celui du Caere de la part dés représentants de l'E.A.M., accords qui conduisirent finalement à ceux de Varkize. Notre Parti désapprouvait ces actions du Parti comrnuniste grec, il les a considérées comme un aete de soumission de la lutte démocratique grecque, comme une faillite de sa politique de libération et une capitulation devant la réaction anglo-américaine.

«Plus tard, à un grand meeting organisé au stade d'Athènes, où ont pris la parole tour à tour les chefs de file des partis bourgeois grecs, le camarade Niko Zahariadhis, en tant que dirigeant du Parti communiste grec, a prononcé un discours où il a déclaré entre autres: «Si les autres partis démocratiques grecs réclament l'autonomie du «Vorio-Epire», le Parti communiste se joindra à eux (!). Aussitót, notre Parti a ouvertement protesté et a averti qu'il se dresserait irréductiblement contre de tels points de vue. Après cet événement, nous avons invité à nous rencontrer le camarade Niko Zahariadhis et ie l'ai sévèrement critiqué, considérant sa déclaration comme une attitude antimarxiste et hostile à l'Albanie. Je lui ai dit haut et clair que le «Vorio-Epire» était un territoire albanais et ne deviendrait jamais grec. Je tiens à souligner à cette occasion que le camarade Niko Zahariadhis; a reconnu son erreur, il a avoué s'étre gravement trOn"Pé à cet égard et a promis de réparer sa faute.

«Nous sommes peut-étre dans l'erreur, mais nous pensons que Markos Vafiadhis, qui fut éliminé par la suite, était un bon communiste et un commandant capable*.*( Il est désormais notoire qu'en revenant du 5 plenum du Parti communiste grec où il avalt été démis de ses fonctions dans le Parti pour des raisons sol-disant de santé, le général Markos Vafiadhis tomba dans une embuscade à proximité de la frontière albanalse vers laquelle Il se dirigeaitAvec les personnes qui l'accompagnalent il a éehappé à une mort certalne gráce à l'intervention des gardes-frontière albanais et à leur feu de soutien, ce qui leur a permis de passer sains et saufs sur le territoire albanals.

A ce qu'il parait, Markos a iété relevé de ses fonctions dans le parti en raison des contradietions poiitiques et militaires qui l'opposalent à Zahariadhis, Secrétaire général du Parti communiste grec, et l'embuscade aux environs de la frontière greco-albanaise avait été dressée en vue de le liquider physiquement.) Certes, ce n'est là que notre opinion, elle peut étre juste comme elle peut ne pas l’ètre. Nous n’avons aucune prétention à ce sujet, car en fin de compte c'est une question qu'il appartient au Parti communiste grec, et non pas à nous, de juger.

«Nos divergences avec la direction du Parti communiste grec ayant à sa tète le camarade Zahariadhis portent d'abord sur les accords de Varkize signés par le Parti communistè grecet l'E.A.M., et qui sont tout simplement une capitulation, une reddition. Le Parti du Travail d'Albanie a jugé cet acte comme un acte de trahison envers le Parti communiste grec et le peuple grec frère. Non seulement il ne fallait pas signer les accords de Varkize, mais il fallait méme dénoncer sévérement l'esprit qui y a conduit. J'al depuls longtemps exposé ces points de vue aux camarades Niko Zahariadhis et Mitcho Partsalidhis, ce dernier étal un des signataires de ces accords. Nous avons du respect pour ces deux carnarades dirigeants grecs, mais cet acte, qu'ils ont eux-mémes à la fois inspiré et exécuté, était très erroné et a causé beaucoup de tort au peuple grec. «En ce qui concerne les accords de Varkize, Niko Zahariadhis a soutenu une thèse contraire à la notre. Il n'a cessé de répéter que ces accords ne constituaient n! une capitulation, ni une trahison, mais «un acte qu'il fallait faire pour gagner du temps et nous faciliter la prise du pouvoir». «A propos de ces accords, j'al demandé au camarade Niko Zahariadhis les raisons de la condamnation et de la suppression d'Aris Véluhiotis qui, après la sidnature de -ces accords, est Darti pour l'Albanie afin d'y Drendre contact avee le Comité central de notre Parti. Niko Zahariadhis m'a répondu: «Aris Véluhiotis était un gènéral courag!eux, mais ce n'était au'un rebelle, un anarchiste, il avait rejeté la -décision du Comité central du Parti communiste grec sur les accords de Varkize; aussi l'avons-nous seulement exclu du Comité central du parti; quant à ce qui lui est arriVé Dar la suite, qui l'a tué, etc., nous n'en savons rien. Nous vous assurons que nous ne sommes pas responsable de sa suppressíon».

J'ai dit au camarade Niko Zahariadhis que sans vouloir nullement nous ingérer dans leurs affaires et sans méme avoir connu personnellement Aris, niais seulement eu égard à sa qualité de courageux combattant du peuple grec, nous pensions qu’il ne fallait pas le condamner. Quant à sa supression, nous croyns, ai-je ajoutè, ce quie vous nous en dites, mais là-dessus aussi, conséquents dans notre attitude sur les accords de Varkize, nous ne sommes pas d’accord avec vous.

<<En marxistes.léninistes, nous regrettions beaucoup ce qui arrivait au peuple grec avec lequel nous avions mené le méme combat pendant la Lutte antifasciste de libération nationale. C’est pourquoi, plus tard aussi, en un temps où le peuple grec voyait se poser encore à lui la question de sa libération ou de son asservissement, nous avons voulu poursuive cette collaboration.>>

<<Je ne veux pas parler ici du soutien et de l’appui internationaliste que nous avons apportés au Parti communiste grec et à la Lutte de libération nationale grecque malgré les conditions trés difficiles où se trouvait notre pays qui venait d’étre libéré du joug des envahisseurs. Que les camarades grecs s’expriment eux-mémes à ce propos* *( Dans son livre <<Le Commandant Aris>>, l'écrivain gree Kostis Papakongos écrit: «Les partisans de Hoxha repurent à bras ouverts les partisans grees et manifestèrent un très profond respect à leur célèbre commandant en chef (Aris Veluhiotis) pnur avoir eu l'honneur de lui souhaiter les premiers la bìenvemie clans leur République populaire. Ils lui dirent sur-le-champ de rester chez eux tant qu'il voudrait qu'il serait leur hòte, qu’il pouvait se reposer avant de retourner chez luiIl pouvait méme, s’il y tenait, rester pour toujours dans leur pavs comme l'avalent fait de nombreux commandants qui avaient fuì les atrnces persécutions déclenchées contre eux en Grèce.>>). avons, le cas échéant, fait tout ce qui était en notre pouvoir pour leur venir en aide, en fournissant le vivre et le couvert aux réfugiés grecs qui pénétraient sur notre sol. Le fait que l'Albanie était un pays ami libéré, où le peuple et le Parti du Travail d'Albanie avaient accédé au pouvoir, constituait une grande aide pour l'Armée démocratique grecque, car celIe-ci avaít des arrières súrs et bien défendus au nord-ouest.

«Après la capitulation de Varkize, la Lutte de libération nationale grecque a repris à nouveau. Le Comité central du Parti communiste grec a réuni son plenum où ont été invités aussi des délégués de notre Parti. A cette occasion des changements ont eu lieu au sein de la direction du Parti communiste grec, mais tout cela était une affaire intérieure de ce parti. Nous apprenions avec joie et encouragions les coups durs assénés, aux quatre coins de la Grèce, aux monarcho-fascistes, qui, voyant le danger de la situation créée, cessèrent de s'appuyer sur les Anglais et demandèrent le soutien des Américains. Les Etats-Unis ont envoyé en Grèce comme commandant de leur armée le général Van Fleet de sinistre renom, qu'ils tenaient pour un éminent stratège.

<<Nous avons eu des divergences avec Zahariadhis, Bardzotas et Joanidhis sur le caractère de la lutte que devait mener l'Armée démocratique grecque contre les nombreuses forces régulières de la réaction grecque, que les impérialistes américains avaient équipées des moyens militaires les plus modernes. Il y a done eu entre nos deux partis une divergence de principes sur cette question aussi. Nous fondant sur l'expérienee de notre Lutte de libération nationale, nous estimons que la Lutte démocratique grecque ne devait pas devenir une guerre régulière, mais garder le caractère de la guerre de partisans, avee ses unités de plus ou moins grandes dimensions. Si la lutte avait été menée de cette manière, les nombreuses forces de Van Fleet non seulement n'auraient pas été en mesure d'anéantir l'Armée démocratique grecque, mais c'est celle-ci qui les aurait harcelées et frappées de toutes parts suivant la tactique de la guerre de partisans, les aurait éprouvées et affaiblies progressivement, jusqu'à ce qu'elle ait préparè sa contre-offensive. Nous soutenions la thèse que la guerre de partisans grecque devait slappuyer sur le peuple et que les armes devaient étre enlevées à l'ennemi.

«Les conceptions stratégiques de Zahariadhis étaient opposées aux nótres. Les camarades de la direction du Parti communiste de Grèce qualifièrent le regroupement des forces partisanes de libération nationale qu'ils réussirent à opérer, d'armée «régulière» et «moderne», et ils ~prétendent en plus avoir doté cette armée de la stratégie et de la tactique propres à la guerre de positions d'une armée régulière. En fait, à notre avis, les forces qu'ils ont regroupées étaient une armée de partisans, qui n'a pu faire siennes ni la tactique de la guerre de partisans ni la tactique de combat d'une armée régulière. Par ailleurs, dans leurs opérations, les camarades grees ont suivi la tactique de la défense passive qui est mère de la défaite. C'était là, à notre avis, une grave erreur de la part des camarades dirigeants du Parti communiste gree car ceuxci partalent du faux principe selon Iequel la guerre de partisans n'a aucun but final, c'est-àdire qu'elle ne peut pas conduire à la prise du pouvoir. A la suite des entretiens que nous avons eus avec eux, nous avons l'impression que les camarades grecs comprennent la guerre de partisans comme une guerre de guérillas isolées d'une dizaine à une quinzaine ~de combattants et qui, selon eux, nont aucune perspective de croitre et de se convertir en brigades, divisions, corps d'armée, etc. Cela n'est pas juste. Comme l'a montré l'expérience de toute guerre de partisans, et comme l'a confirmé aussi notre Lutte de libération nationale, la guerre de partisans de petites unités, si elle est bien menée, grandit graduellement à mesure que s'amplifie la lutte elleméme, que monte l'élan révolutionnaire des masses, pour aboutir à l'insurrection générale armée et à la formation d'une armée populaire régulière. Toutefois, les camarades dirigeants du Parti com~ muniste grec ont défendu avec entétement leurs vues et ils ont exclu de fagon catégorique la nécessité d'étendre et de renforcer la guerre de partisans en Grèce. Nous n'avons jamaís souscrit et ne souscrirons jamais à ces points de vue.



Permettez-moi de vous exprimer notre opinion sur la manière dont se présentait la situation à l'époque où le Parti communiste de Grèce est passé à la clandestinité et a dú reprendre la lutte: Les unítés de l'E.L.A.S. avaíent déposé les armes, leurs bases avaient été détruites, elles manquaient de vétements, de vivres, d'arrnes; le moral de l'E.L.A.S. était bas, le mouvement battait en retraite. C'est précisément le regroupement de ces forces que le Parti communiste grec a appelé dès le début -armée régulière» et «moderne», qui, selon lui, pouvaít se battre en appliquant la stratégie et la tactique d'une armée moderne et soutenir une guerre frontale, en rase campagne contre un ennemi dix fois plus fort. Pour notre part, nous pensons que cette armée de partisans devait combattre selon la tactique des partisans, telle que nous l'enseignent nos éducateurs Marx, Engels, Lénine et Staline. Comment peut-on done appeler armée régulière ce regroupement de forces partisanes qu'organisa le Parti communiste grec en un temps où elles n'avaient ni les cadres nécessaires, ni chars, ni avions, ni artillerie, ni transmissions, ni vétements, ni vivres, ni méme les armes légères indispensables?! Nous estimons que ces vues des camarades grecs ne sont pas justes.

«La direction du Parti communiste gree en qualifiant ce groupement de partisans d'armée régulière, dotée, selon elle, de «la stratégie et de la tactique de guerre d'une armée régulière>> (stratégie et tactique qui n'ont en fait jamais été appliquées), n'a méme pas réfléchi sérieusement et en marxiste à la manière dont cette armée serait ravitaìllée. Les camarades grecs disaient:

<<Il nous est impossible d'enlever des armes à l'ennemi>>. Mais de telles vues, à notre avis, sont en opposition avec les enseignements de Lénine, selon lequel en aucun cas on ne doit attendre de l’aide de l'étranger ou d'en haut, mais qu'il faut tout se procurer soi-méme, qu’on ne doit jamais renoncer à organiser ou à réorganiser des unités sous prétexte que l'on manque d'annes, etc. Les camarades dirigeants grecs, sous-estimant l’ennemi, pensaient que la prise du pouvoir était chose facile et qu'on pouvait s'en emparer sans déployer de longs et sanglants efforts et sans une organisation solide et largement ramifiée. Ces vues des camarades grecs ont entrainé d'autres ameres conséquences, qui les ont conduits à leur récente défaite; mais ce qui est curieux, c'est que meme dans les entretiens que nous avons eus avec eux ces derniers temps, ils persistent dans leurs vues.

«Or la tactique et la stratégie de guerre que soutient le camarade Niko sont, selon nous, erronées, et les faits sont là pour le prouver. Dans l'entretien que j'ai eu avee lui, le èamarade Zahariadhis a prétendu qu'il était impossible aux unités de l'Armée démocratique grecque de pénétrer à l'intérieur du territoire gree, car les monarcho-fascistes et Van Fleet brúlaient les villages et obligeaient la population à les évacuer, de sorte que, selon lui, toutes les agglomérations avaient été désertées. Je lui ai répliqué que cela pouvait, certes, se produire, mais non pas dans la mesure qu'il le prétendait. Je me fondais en cela sur la logique des faits, car il est, bien entendu, impossible que les monarcho-fascistes et l'arinée américaine fassent évacuer la population de toutes les régions habitées de Grèce.

<<De méme, nous nous opposons aux assertions et aux vues avancées dans une lettre du Bureau politique du Parti communiste de Grèce au Bureau politique de notre Parti, dans laquelle, persistant à ne pas analyser leurs erreurs et cherchant à les dissimuler, les camarades grecs pretendent que leurs défaites sont imputables à leur insuffisant ravitaillement en armes, munitions et vétements et que l'ennemi, lui, ravitaillé par les Anglo-Américains, dominait les airs et les mers. Il est vrai que l'ennemi était bien mieux ravitaillé et qu'il disposait de forces matérielles et humaines considérables. Mais, dans ces circonstances, quand on se bat à la fois contre la réaction intérieure et l'intervention militaire étrangère, la meilleure manière de se ravitailler est de faire de l'ennemi votre principale source de ravitaillement. L'Armée démocratique grecque devait arracher les armes à l'ennemi, mais on ne peut le faire en s'en tenant à la tactique de la défense passive. Néamnoins, nous sommes d'avis que cet état de choses n'était pas imputable à des questions de ravitaillement. Nous pensons que la direction du Parti communiste de Grèce, en rejetant la tactique de la guerre de partisans et le développement de cette forme de combat jusqu'à l'insurrection générale armée et à la prise du pouvoir, a appliqué une tactique défensive et passive inacceptable, aussi bien pour une guerre de partisans que pour une guerre de positíons menée par une armée régulière. Suivant cette tactique, l'Armée démocratique grecque s'est privée entre autres de la possibilité de s'étendre à d'autres régions du pays où elle devait trouver en tout état de cause une source inépuisable de forces humaines chez les jeunes, gargons et filles, du peuple; de méme, elle s'est privée de la possibilité de ravir des armes à l'ennemi au moyen d'actions répétées, rapides, bien étudiées et portées aux points où il s'y attendait le moins. Le marxisme-léninisme nous enseigne qu'il ne faut pas jouer avec l'insurrection armée; et l'histoire de tant et tant de guerres a montré que la défense passive est funeste pour toute insurrection armée. Si l'insurrection se tient sur la défensive, elle sera rapidement écrasée par un ennemi plus puissant et mieux équipé.

<<C'est ce qu'a confirmé également, à notre avis, la tactique suivie par les camarades grecs. Le gros des forces vives de l'Armée démocratique grecque a été constamment cloué dans le secteur fortifié de Vitsi et de Gramoz. Ces forces ont été entralnées à une guerre de positions et de caractère défensif; cette forme de combat leur a été imposée et ils l'ont appliquée conformément à la ligne de leur direction. Les camarades grecs (nt cru pouvoir s'emparer du pouvoir par la guerre défensive et passive. Nous estimons, nous, que l'on ne pouvait pas prendre le pouvoir en se retranchant à Gramoz. Une seule fois la direction du Parti communiste de Grèce fut amenée à opérer une manoeuvre (et cela sous la pression des circonstances), ce fut à la bataille de Gramoz en 1948, où les héroiques partisans grecs, ayant résisté à l'ennemi pendant 70 jours et lui ayant infligé de lourdes pertes, finirent par se dégager pour passer à Vitsi. Mais la prise du pouvoir resta encore un objectif bien lointain. L'Armée démocratique grecque aurait dù attaquer pour s'emparer des villes. Elle ne le fit pas. Les camarades grecs prétendaient à l'époque qu'ils manquaient de forces. C'est peut-étre vrai, mais quant à savoir pourquoi ils manquaient de forces et où ils devaient trouver ces forces, les camarades grecs, ni alors ni plus tard, n'ont analysé et résolu ce problème dans la voie marxiste-léniniste. La tactique des camarades grecs consistait, comme le montre la lettre que leur Bureau politique adressait au nótre, à garder à tout prix Vitsi et Gramoz, ces bases qui leur serviraíent à développer leur lutte, dont le succès, selon eux, dépendait exclusivement des équipements.. mais sans jamais trouver la juste voie pour se les procurer de haute lutte.

<<Quoi qu'il en soit. en essuyant défaite sur défaite, l'Armée démocratique grecque fut contrainte de reculer et de prendre position dans la région de Vitsi et de Gramoz. C'était là une periode très critique tant pour l'Armée démocratìque grecque que pour notre pays. Au cours de cette méme période, nous avons suivi avec beaucoup d'attention l'action des camarades grecs. Avant la dernière offensive des monarcho-fascistes contre l'Armée démocratique grecque, les camarades dirigeants grecs pensaient que leur situation politique et militaire était extrémement brillante, et celle des ennemis, toujours selon eux, désespérée. fis pensaient: Vitsi est fortifié au maximum et inexpugnable; si l'ennemi nous attaque là, il signera son arrét de mort. Vitsi deviendra la tombe des monarcho-fascistes. Et pourtant l'ennemi est obligé de déclencher cette offensive, car il n'a pas d'autre issue, il est au bord de l'abime. Que Farmée monarcho-fasciste et Van Fleet attaquent quand íls voudront, nous les vaincrons.»

<<Le camarade Vlandas estimait. lui, que c'est à Gramoz et non pas à Vitsi que l'ennemi porterait son coup principal, et cela, parce que «Gramoz est moins fortifié du fait de sa proximité de la frontière albanaise et que l'ennemi, après nous y avoir vaincus, marchera sur Vitsi où il pense pouvoir nous anéantir, ce lieu étant proche de la frontière yougosIave. Mais, après avoir combattu à Gramoz et infligé de graves pertes à l'ennemi, nous porterons nos forces de Gramoz à Vitsi pour y prendre à revers les f orces ennemies».

<<Toutefois, peu avant la dernière attaque de l'ennemi, nous avons informé les camarades grecs que celui-ci donnerait l'assaut le 10 aoút à Vitsi et non pas à Gramoz. Cette information leur permettait de ne pas étre pris au dépourvu et d'arréter à temps les mesures requises. Mais méme après cela, ils persistaient à croire que le coup principal leur serait porté à Gramoz. Selon eux, que l'ennemi attaquát à Vitsi ou à Gramoz, cela revenait au méme. Ils pensaient: «Cela ne change rìen pour nous. Nous avons pris toutes les mesures nécessaires à Vitsi comme à Gramoz. Vitsi est imprenable, fortifié à l'extréme, toutes les voies qui y conduisent ont été rendues infranchissables. L'ennemi n'est pas en mesure de transporter ses armements lourds dans cette zone, la victoìre nous appartiendra».

«Voilà quelles étaient les vues des camarades grees deux jours avant l'attaque ennemie sur Vitsi. Mais les monarcho-fascistes atteignirent la troisième ligne de défense en un jour, et Vitsi tomba en l'espace de deux ou trois jours. Les combats et la résistance se réduisirent à peu de chose. Nous en fúmes tous surpris. Mais nous avions arrété toutes les mesures pour nous défendre d'une attaque éventuelle des monarcho-fascistes. Les camarades grecs et le camarade Partsalidhis lui-méme, ici présent, n'étaient pas convaincus du bien-fondé de ces mesures défensives de notre part et ils les ont jugées hátives. Les camarades grecs n'étaient pas réalistes. Beaucoup de réfugiés, entre autres des combattants démocrates mis en déroute, ont été obligés de se replier sur notre territoire. Et que pouvions-nous faire?! Nous les avons accueillis et les avons installés dans des lieux déterminés.

«Nous n'avons pas été satisfaits de l'analyse que le Bureau politique du Parti communiste grec a faite de la défaite de Vitsi. Nous estimons qu'il aurait dú l'analyser plus à fond, car de graves erreurs avaient été commises. Après la retralte de Vitsi, le camarade Zahariadhis a fondé les espoirs de la victoire future sur les positions de Gramoz. «Gramoz, disait-il, est pour nous plus favorable que Vitsi, les tanks, qui ont été l'élément décisif de la victoire des monarcho-fascistes à Vitsi, ne sont pas en mesure d'y manoeuvrer, etc.».

«Il faut souligner qu'à l'époque la trahison de Tito était déjà notoire. Plus tard, Zahariadhís prétendit que «les seuls qui aient accueilli les réfugiés grees ont été les Albanais, car les Yougoslaves, loin de leur permettre de passer sur leur territoire, leur ont méme tiré dans le dos». Il se peut qu'il en ait été ainsi, nous ne saurions le dire. «Dans un entretien que j'ai eu avec le camarade Zahariadhis sur leur retraite de Vitsi, j'ai de nouveau soulevé la question de leurs erreurs ainsi que de Fabsence d'une vue objective de la sìtuation de la part du Parti communiste grec, particulièrement du commandant de Vitsi, le général Vlandas. «Ses vues, ai-je dit à Niko, se sont révélées erronées. On en a eu la preuve dans le fait que l'Armée démocratique grecque n'a pas été en état de défendre Vitsi».

<<Niko Zahariadhis m'a contredit. Il m'a affirmé que Vitsi est tombé par la f aute d'un certain commandant; celui-ci n'avait pas disposé sonbataillon au secteur du f ront qui lui avait été assigné et il ne s'était pas trouvé lui-méme sur le lieu des combats. C'était ce commandant done à qui, selon lui, était imputable la défaite de Vitsi, c'est pourquoi, m'a-t-il dit, -nous avons pris des mesures et l'avons condamné». Le camarade Niko me donnait là une explication trop simpliste d'une si lourde défaite.

«Je lui ai avoué franchement et dans un esprit de camaradefie que je ne pouvais vraiment pas croire à cette explication.

- Que tu y croies ou non, me répondit Niko, epest comme cela».

Malgré tout j'ai repris: «Et maintenant qu'est-ce que vous ferez?

- Nous combattrons, m'a dit Niko.

- Mais où est-ce que vous combattrez?

- A Gramoz, qui est une citadelle inexpugnable».

Je lui ai demandé: «Vous pensez y masser toute l'Armée démocratique grecque?».

- Oui, m'a répondu Zahariadhis, nous l'y masserons tout entière».

«Je lui ai dit qu'ils connaissaient mieux que nous leurs affaires et que c'étaient eux qui décidaient, mais qu'à notre avis, Gramoz ne pouvait plus tenir, et qu'il ne fallait donc pas sacrifier inutilement tant de vaillants combattants de l'Armée démocratique grecque dont il était le chef. <<Vous étes, ai-je poursuivi, nos camarades et amis, et vous décìderez naturellement vousmemes de vos affaires, mais j'aurais trouvé juste que vous convoquiez le camarade Bardzotas, le commandant des troupes grecques à Gramoz,, pour discuter avec lui de cette question. Niko ji, s'est opposé à cette idée et m'a dit que cela était impossible.



«Nous savons ce qui s'est produit par la suite. Gramoz a marqué la défaite définitive de l'Armée démocratique grecque.

«Gramoz est tombé en quatre jours. A notre avis, la lutte n'y a pas été bien organisée. On s'en est tenu à une défensive totale et passive. Il n'est pas exclu que des combats acharnés aient eu líeu en certains lieux comme à Polié et Kaménik où des combattants démocrates grecs ont résisté hérolquement. Toute la retraite des forces de Gramoz, à l'exception de celles de Kaménik, s'est déroulée dans le désordre, tout comme celle de Vitsi. Soldats et commandants de l'Armée démocratique grecque chuchotaient entre eux à propos de la tactique défensive erronée appliquée à Gramoz. Le camarade Zahariadhis nous l'a luiméme confirmé.

«Nous estimons que les camarades dirigeants grecs n’ont pas tenu. compte, dans les batailles de Gramoz et de Vitsi, des principes marxistesléninistes de la guerre populaire. Les colonnes monarcho-fascistes ont atteint les positions qu'elles s'étaient préfixées très rapidement, sans étre, inquiétées dans leur marche. Elles ont franchi rapidement les crétes, ont assiégé les forces démocratiques qui s'étaient enfermées dans leurs tranchées et ne contre-attaquaient pas; les énnemis ont done attaqué, ils ont déniché les partisans de leurs tranchées et ont occupé les fortifications. Le Commandement démocratique gree avait réparti ses forces sur des positions fortifiées, il n'a pas utilisé ses réserves pour contreattaquer et mettre en échec, par des assauts ineessants et des manoeuvres rapides, l'offensive de l'ennemi. Nous estimons que ce sont leurs vues erronées sur la tactique de combat qui sont à l'origine de la défaite. Les hommes, eux, ont été à la hauteur de la situation, c'étaient des partisans chevronnés, éprouvés au creuset de la lutte, dotés d'un moral élevé et qui se battaient héroiquement.

<<D'autre part, en appliquant sa tactique défensive, la direction du Parti communiste grec a permis le regroupement et la réorganisation des forces monarcho-fascistes, elle n'a pas attaqué pour frapper les préparatifs de l'ennemi, faire échouer son offensive ou du moins l'affaiblir pour permettre ainsi aux forces vives de l'Armée démocratique grecque de manceuvrer sur une vaste ,échelle et de harceler sans cesse et partout les forces de l'ennemi. Ce sont là, selon nous, certaines des causes des derniers revers de Gramoz et de Vitsi. Dans son analyse de la défaite de Vitsi, le Bureau politique du Parti communiste grec affirme qu'«une lourde responsabilité retombe sur la direction»., mais il ne précise absolument pas en quoi consiste cette responsabilité et, plus loin, ne manque pas d'émietter cette responsabilité. Nous pensons que ce n'est pas là une analyse marxiste-léniniste.

«Pour mener victorieusement leur lutte, les camarades grecs n'auraient pas dú s'en tenir à une défensìve de caractère passif, mais appliquer comme il se devait les principes marxistes-léninistes de l'insurrection armée. Nous estimons que la tactique à suivre aurait dú tendre à éprouver l'ennemi dans plusieurs directions et de faqon incessante, ne pas lui laisser un moment de répit ', l'obliger à disperser ses forces, semer la panique et la terreur dans ses rangs, lui rendre impossible le contr61e de la situation. Ainsi la lutte révolutionnaire du peuple gree n'aurait cessé de croitre; au début elle aurait harcelé Vennemì, puis elle lui aurait fait perdre le contróle de la situation, aurait libéré des régions et des zones entières, et cela iusqu'à la réalisation de l'objectif ultérieur, l'insurrection générale et la libération de tout le pays. C'est ainsi que la guerre de partisans en Grèce aurait eu des perspectives de succès.

«Souvent, dans les entretiens que nous avons eus avec les camarades grecs, nous leur avons dit dans un esprit de camaraderie que l'Armée des partisans grecs doit essayer d'enlever de haute lutte des armements à l'ennemi; qu'elle doit combattre avec les armes de l'ennemi et se ravitailler en vívres et en v&tements chez son peuple avec Iequel et pour Iequel elle luttera.

«Nous avons indiqué à nos camarades grecs que leur armée de partisans doit en premier Deu se lier avec le peuple, dont elle n'est pas détachée et sans Iequel elle ne peut pas exister. Le peuple doit s'habituer à combattre aux cótés de son armée, à l'aider et à l'aimer comme sa libératrice. C'est là une condition indispensable. Le peuple gree doit étre entrainé à ne pas se rendre à l'ennemi, il doit grossir les rangs de son armée d'hommes et de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles issus de son propre sein.



«Nous avons dit aussi, dans un esprit amícal, aux camarades grecs que le róle dirigeant du parti dans l'Armée des partisans grecs devaít etre mieux mis en ceuvre; le commissaire palitique dans chaque compagnie, bataillon, brígade ou division doit étre le véritable représentant du parti et, en tant que tel, investi du droit de commander au méme titre que le commandant lui-méme. Mais nous avons remarqué, et le ìeur avons souvent mis en évidence, que les camarades grecs n'ont pas considéré correctement le ròle dirigeant du parti dans l'armée. J'ai déjà fait part au camarade Staline de ce que pense notre Parti de ce problème, dont nous traitions entre autres dans la lettre que nous lui avons adressée. L'incompréhension du róle dirigeant du parti dans l'arm.ée, pensons-nous, était une des raisons principales qui ont conduit à la déiaíte dans la guerre de l'Armée démocratique grecque. Nous partons toujours de l'enseignement mar.-,ziste-léniniste selon lequel le commandant et le commissaire politique constituent une uníté qui dirige les opérations mílitaires et l'éducation politique des détachements, que tous deux sont au méme titre responsables de la situation de leur détachement, que tous deux, commandant et commissaire, conduisent coniointement au combat leur unité, leur détachement.

<<Sans les commissaires politiques nous n'au rions pas eu d'Armée rouge>>, nous apprend Lénine. Nous avons tenu compte de cet enseignement dans notre Armée de libération nationale et nous le suivons aujourd'hui dans notre Armée populaire. Le commandant et le commissaire ont existé en tant que commandement commun dans l'E.L.A.S., l'Armée populaire grecque de libération, mais dans la pratique cette forme de commandement n'était pas appliquée comme il se devait. La pression des vues bourgeoises erronées des commandants de carrière qui ne pouvaient pas souffrir à leurs cótés des hommes súrs du parti, a fait qu'à l'époque le róle du commissaire au commandement de l'Armée démocratique grecque a été estompé, relégué au second plan. C'est là le résultat des conceptions des dirigeants du Parti communiste grec sur l'«armée régulière». Les camarades dirigeants grecs s'efforcent de justifier l'élimination du róle du commissaire politique en prenant comme exemple le type d'armée de quelque autre pays, mais nous estimons qu'en cette question ils ne sont pas réalistes.

«De telles erreurs ont été constatées également lorsque l'Armée populaire grecque de libération a repris la lutte. Depuis le départ du général Markos, cette armée n~a pas eu de commandant en. chef. Nous estímons qu'une telle situation n'était pas justifiable. Chez nous le Secrétaire général du Parti a été et continue d'étre en méme temps commandant en chef de l'armée. Nous pensons que cela est juste. En temps de paix il pourrait en étre différemment, on pourrait avoir un ministère de la Défense, mais dans les conditions de l'Armée démocratique grecque, en pleine guerre, cette armée devait avoir à sa téte un commandant en chef et nous avons touJours pensé, comme notre expérienee le confirme, que cette fonction politique et militaire revient au Secrétaire général du Parti. Nous avons exprimé à plusieurs reprises cette idée aux camarades grees. Les raisons que ceux-ci ont avancées pour justifier pourquoi ils n'ont pas agi de la sorte ne sont pas convaincantes. Les camarades grecs nous ont dit: «Le camarade Zahariadhis est très modeste», ou «nous avons eu une amère expérienee avec Tito, qui était à la fois secrétaire général, premier ministre et commandant supréme de l'armée». H nous semble qu'il ne s'agit pas ici d'une question de modestie; et l'allusion à Tito, qui. nous a semblé cacher quelque insinuation, n'a rien à voir non plus dans cette affaire.

<<Nous avons été étonnés par une série de formes d'organisation que pratiquaient les camarades grees, mais nous avons vite comprisqu'elles masquaient une situation toute différente. Cela, nous ne pouvons nous l'expliquer que par les idées confuses, l'opportunisme, la fausse modestie, dont, nous semblait-il, souffraient les camarades grecs et par le fait qu'ils cherchaient à dissimuler le róle dirigeant du parti. Il n'est pas dit que le secrétaire général du parti doive étre à tout prix commandant en chef de l'armée, mais qu'une armée qui se bat n'ait pas de commandant en chef du tout, comme c'était le cas de l'Armée démocratique grecque aprés la destitution de Markos, cela nous a semblé et nous semble erroné.



<<Les camarades grecs ne rendent personne responsable de cette situation et des défaites qui suivirent, ils émiettent la responsabilité en la faisant retomber sur ceux qui sont fautifs comme sur ceux qui ne le sont pas. Ils rejettent la faute sur tous les membres du parti, ce qui n'est nullement juste, car les membres du Parti communiste; grec ont lutté et luttent avec héroisme. Nous pensons que les camarades dirigeants grecs ont peur de procéder à une profonde analyse de ces erreurs, que, pour notre part, nous considérons comme graves, ils ont peur de mettre le doigt sur la plaie. Nous sommes d'avis également que certains camarades dirigeants grec manquent de l'esprit de critique et d'autocritique et qu'ils se justifient les uns les autres en «amis»pour les erreurs qu'ils ont commises.

«Les camarades dirigeants grecs se sont opposés à nos poínts de vue, dont nous leur avons fait part en camarades et en communistes internationalistes qui combattons pour la méme wuse, qui avons de grands ìntéréts communs et à coeur la cause de la lutte du peuple grec. Ils n'ont pas. bien accueilli nos remarques.

«Le camarade Niko Zahariadhis a formulé contre nous plusieurs gríefs que nous avons natu~ rellement réfutés. On connalt déjà sa déclaration au sujet du «Vorio-Epire» que j'ai évoquée au début. Il nous a fait entre autres une mauvaise lquerelle nous accusant d'avoir soi-disant réquisitionné les camions grecs qui servaient à transporter les réfugiés grecs et leur matériel, et nous a demandé de mettre aussi à leur service nos propres carmons. Il est très vrai que nous avons utilisé les véhicules grecs pour le transport des réfugiés grecs vers les lieux où ils devaient étre hébergés. Nous avons installé ces réfugiés dans le Nord de l'Albanie où, malgré nos difficultés, il nous a fallu les ravitailler aussi en vivres, c'est-àdire partager notre pain avec eux. Quant à nos moyens de transport, le parc de nos camions était très réduit, et il nous fallait à l'époque assurer le ravitaillement en tout de l'Albanie entière.

«Les camarades grees nous critiquent également de ne pas avoir donné la priorité au déchargement des secours matériels, vétements, vivres, tentes, couvertures, etc., qui sont arrivés dans nos ports à l'intention des réfugiés grees avant que ceux-ci ne quittent l'Albanie. Cela n'est pas vrai. Souvent les aides venant par mer de l'étranger à l'intention des réfugiés grecs avaient été chargées sous le matériel et les marchandises qui nous étaient destinés. Il va sans dire que dans ces cas-là il nous fallait d'abord décharger la partie supérieure de la cargaison; on ne pouvait pas faire autrement. Nous ne connaissons aucune méthode pour décharger un navire en commenpant par le fond.

«Quoi qu'il en soit, c'étaient là de petits désaccords qui pouvaient etre aplanis, comme ils l'ont été. Ce qui était déterminant, c'étaient les questions de la ligne politique et militaire du Parti communiste grec durant la guerre, et que j'ai évoquées plus haut.

«Non seulement les camarades grecs ont rejeté nos points de vue et nos observations, mais nous avons l'impression qu'ils les ont pris en mauvaise part; par ailleurs, dans leur lettre adressée il y a quelque temps à notre Bureau politique, ils identif iaient de fagon intolérable et antimarxiste nos vues et nos attitudes de principes avec les vues des titistes. En dénaturant, pour étayer leur argumentation erronée, les points de vue exprimés par notre délégation sur la guerre de Vitsi et de Gramoz, les camarades dirigeants grees ont pour but, à notre avis, de cacher leurs erreurs. Nous comprenons les moments difficiles traversés par la direction du Parti communiste grec après la défaite de Vitsi et de Gramoz et les moments d'énervement qu'ils ont connus, mais de telles accusations graves et non fondées sont pour nous inadmissibles et elles n'auraient pas dú étre formulées sans avoir été bien pesées surtout par le Bureau politique de ce parti.

«A la suite de ces accusations, que notre Bureau politique a jugées avee calme, nous avons estimé que le départ d'Albanie du petit nombre de réfugiés démocrates grees qui s'y trouvaient toujours, devenait eneore plus indispensable.

«Que le camarade Staline nous dise si nos points de vue et nos attitudes en cette matière ont été justes ou non et nous serons préts à reconnaitre toute erreur éventuelle de notre part et à faire notre autocritique.»

Le camarade Staline m'interrompit en me disant:

<<Il ne faut pas repousser les camarades qui sont dans l'adversité.

- Vous avez raison, camarade Staline, répondis-je, mais je vous assure que nous n'avons jamais repoussé les camarades grecs. Les questions que nous soumettions à la discussion revétaient une grande importance et pour l'Armée grecque et pour nous. Le Comité central de notre Parti ne pouvait pas permettre que la direction du Parti communiste grec établisse le centre de ses activités en Albanie, il ne pouvait non plus tolérer que dans notre pays s'organisent et ,s'entrainent des troupes pour reprendre la guerre en Grèce. Cela, je l'ai dit dans un esprit amical au camarade Niko Zahariadhis, qui avait demandé depuis longtemps que les réfugiés grecs soient transférés dans d'autres pays, et c'est ce qui a été fait pour la plupart d'entre eux. Il s'agissait donc d'un petit nombre de réfugiés qui se trouvaient encore chez nous. Nous n'avons jamais laissé entendre que nous chasserìons les réfugiés grecs de notre pays, mais, outre que le camaráde Niko lui-méme a demandé leur départ vers d'autres pays, le bon sens méme nous dictait, dans les circonstances créées, de ne garder à áìucun prix chez nous ceux qui y étaient restés.

«Ce sont là les problèmes, camarade Staline, que je tenais à soulever et que nous avons d’ailleurs traités avec les camarades grecs, ainsi que leurs tra dans la lettre que nous vous avons déjà envoyée.

- Vous avez terminé? me demanda alors Staline.

- Oui, j’ai terminé, répondis-je.

E donna alors la parole,à Zahariadhis.

Celui-ci se mit à défendre les accords de Varkize en soulignant que la signature de ces accords n'était pas une erreur de leur part et il développa plus largement cette thèse. C'étaient les mémes vues qu'il m'avait déjà exposées.

Afin d'expliquer les 'aisons de leur défaite, Zahariadhis souleva, entre autres, la question suivante: «Si nous avions pu prévoir dès 1946 la trahison de Tito, nous n'aurions pas engagé le combat contre les monarcho-fascistes». Puis il ajouta encore quelques autres «raisons» pour expliquer la défaite, répétant qu'ils avaient manqué d'armement, que les Albanais, bien qu'ils aientrá partagé leur pain avec les réfugiés grees, leur avaient dressé certains obstacles, etc. Par là méme, le camarade Zahariadhis faisait de certains pro blèmes secondaires des questions de principe. Il évoqua ensuite notre demande (alors que luimeme avait f ait la méme demande avant nous) sur les modalités du départ d'Albanie des ré fugiés démocrates grees qui s'y trouvaient eneore. Selon lui, cela aurait mis fin à la Lutte de libération nationale grecque.

A cette occasion je tiens à dire mon ìmpres sion sur le camarade Niko Zahariadhis. Il était très íntelligent, cultivé, mais, selon moi, pas marxiste dans la mesure où il aurait dú l'étre. En dépit de la défaite essuyée, il se mit à défendre la stratégie et la tactique suivies par l'Armée démocratique grecque en insistant sur leur bienfondé et en prétendant qu'elle ne pouvait pas opérer autrement. Il traita longuement de cette question et, chacun de nous est demeuré sur ses positions.

Ce furent là, en substance, les thèses de Niko Zahariadhis. Son exposé fut aussi long que le mien, sinon plus.

Le camarade Staline et les autres camarades dirigeants soviétiques l'écoutèrent lui aussi attentivement.

Après Niko, le camarade Staline interrogea Mitcho Partsalidhis:

«Avez-vous quelque chose à dire au sujet de ce que les camarades Enver Hoxha et Niko Zahariadhis viennent d'exposer?

- Non, je n'ai rien à dire de plus que le camarade Niko», répondit Partsalidhis et il ajouta qu'ils attendaient que les camarades soviétiques et le Parti bolchévik portent un jugement sur ces questions.

Alors Staline prit la parole. Il parla posément, comine nous l'avons toujours entendu faire à chacune de nos rencontres. Il s'exprima en termes simples, nets et extrémement clairs. Il reconnut que la lutte du peuple gree avait été une lutte héroique, émaillée d'actes de vaillance mais marquée aussi d'erreurs.



«En ce qui concerne Varkize, souligna Staline, les Albanais ont raison» et, après avoir traité de ce problème, il ajouta: «Vous devez comprendre, camarades grecs, que les accords de Varkize ont été une grave erreur de votre part. Vous n ~auriez pas dú les signer ni déposer les armes, car cela a causé un grand tort à la lutte du peuple grec.

«Quant à votre stratégie et à votre tactique dans la lutte démocratique grecque, et bien que cette lutte ait été héroique, je pense que là encore les camarades albanais en font une juste appréciation. Vous auriez dú mener une guerre de partisans pour passer ensuite des étapes de cette guerre à la guerre régulière.

«J'ai critiqué le camarade Enver Hoxha en lui disant qu'il ne faut pas repousser les cama~ rades qui sont dans l'adversité, mais de ce que nous venons d'entendre ici, il ressort que les camarades albanais ont observé une juste attitude á l'égard de vos vues et de vos actions. Les circonstances créées et les conditions de l'Albanie étaient telles que vous ne pouviez pas rester dans ce pays, car cela aurait mis en danger l'indépendance de la République populaire d'Albanie.

«Nous avons accepté votre demande sut le passage de tous les réfuiZiés démocrates grecs dans d'autres pays et à cette heure ils y ont tous été transférés. Tout le reste, armes. munitions, etc., que les camarades albanais ont pris aux soldats démocrates grecs qui ont passé la frontière ct sont entrés en Albanie, revenalt, souligna Staline, à ce Pays. Ces armes devaient done rester en Albanie, car ce pays, en accueillant les combattants démocrates grecs, bien qu'11 les eút désarmés, n'en avait pas moins mis en danger son indépendance.

«Quant à votre idée selon laquelle -si vous aviez pu prévoir dès 1946 la trahison de Tito, vous n'auriez pas engagé le combat contre les monarcho-fascistes», - elle est errónée, indiqua Staline, car il faut se battre pour la liberté de son petiple méme si l'on est encerclé. Toutefois, vous devez vous dire que vous n'étiez pas encerclés, car vous aviez à vos cótés, au nord, l'Albanie et la Bulgarie; tous soùtenaient votre juste lutte. C'est ce que nous pensons», conclut le camarade Staline. Et il ajouta:

«Qu'en dites-vous, camarades albanais?

Nous sommes d'accord avec vous sur tous les points.

Et vous,. camarades grees, Zahariadhis et Partsalidhis, qu'en, pensez-vous?»

Le camarade Niko'déclara:

«Vous nous avez beaticoup aidés; maintenant nous . nous rendons còmpte de n'av'oir pas agi correctement et nous nous efforcerons de rectifier nos erreurs.

<<Très bien, dit Staline. Alors nous considérons cette question comme réglée.»

Comme nous nous apprétions à partir, Molotov intervint et s'adressa à Zahariadhis:

«J'avais quelque chose à vous dire, camarade Niko. Le Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique a requ d'un de vos camarades une lettre où il accuse «Niko Zahariadhis d'étre un agent des Anglais». Il n'est pas de notre ressort de tirer au clair cette question, mais nous ne pouvons pas la garder secrète et ne pas vous en mettre au courant, d'autant plus que la personne accusée, vous en. l'occurrence, est un camarade dirigeant du Parti communiste grec. Voilà la lettre. Qu'en pensez-vous?

- Je vais vous expliquer cela, répondit Niko Zahariadhis. Lorsque les troupes soviétiques nous ont libérés du. camp deconcentration, je me suis rendú au commandement soviétique pour demander à étre envoyé au iplus tót à Athènes, car c'est là qu'était ma place. C'étaient des moments décisifs et je devais me trouver en Grèce. Mais votre commandement à ce moment-là ne disposait pas d'un moven de transport pour m'y conduire. Je D me suis done vu obligé de m'adresser au commandement anglais, auquel jai demandé à étre reconduit dans mon pays. Les Anglais m'ont enibarqué dans un avion et c'est ainsi que j'al regagné la Grèce. e camarade considère que, du moment que je suis rentré dans mon pays par l'intermédiaire du commandement anglais, cela veut dire que ie suis un agent des Anglais, ce qui est naturellement faux».

Staline intervint et dit:

<<C'est clair, cette quest-ion aussi est réglée. Alors nous avons fini!>>

Il se leva, et après qu'il nous eut serré la main à chacun, nous nous dirigeámes vers la porte. C'était une longue salle et comme nous atteignions la porte de sortie,Staline nous appela:

<<Un moment, camarades! Embrassez-vous, camarade Hoxha et camarade Zahariadhis!»

Nous nous embrassámes.

Une fois dehors, Mitcho Partsalidhis ajouta:

«Staline n'a pas son pareil, il s'est comporté avec nous comme un père. Maintenant tout est clair.»

C'est ainsi que se termina cette confrontation chez Staline.





LES ARVANITES ONT VĒCU DANS UNE AMITIĒ

FRATERNELLE AVEC LE PEUPLE GREC

Cher monsieur Jani Karambishtis,

Je vous remercie de tout coeur de la lettre et des voeux chaleureux que vous m'avez envoyés à l'occasion du Nouvel An, de la joie que vous y exprimez à, propos des succès remportés par notre peuple et de l'attachement que vous lui portez.

Je profite de cette occasion pour souligner que le peuple albanais aime et respecte le pcuple grec frère, avee Iequel, vous, les Arvanites, avez vécu depuis des siècles dans une amitié fraternelle en partageant ensemble vos joies et vos peines, et qu'il oeuvrera à raffermir cette amitié.

Je vous souhaite à vous et à toute votre fainille une Bonne Année et une vie longue et heureuse.

Enver Hoxha

Tirana, le 9 janvier 1980





UN LIVRE BIENVEILLANT SUR L'ALBANIE



Cher n-ionsíeur Lambro Malamas

Je vous remercie de votre livre bienveillant sur l'Albanie que vous m’avez envoyé ces temps derniers*.*( Il s'agit du livre <<L'Albanie, reine des aigler>>) C'est un précieux souvenir pour moi de la part d'un arni sincère du peuple albanais, une autre pierre posée aux fondements de l’amitié traditionnelle entre nos deux pays pour laquelle les hommes les plus progressistes et patriotes, les fils fidèles du peuple grec frère, ont oeuvrè par le passé et continuent d’oeuvrer de nos jours.

A cette occasion, ma femme Nexhmije et moi, nous vous félìcitons chaleureusement pour votre livre. Nos meilleurs voeux pour la Nouvelle Année! Now vous souhaitons une bonne santé, une ide heureuse et de nouveaux succès dars votre traiiail créateùr! Veuillez transmettre nos amitiés à votre respectée épouse.

Enver Hoxha

Tirana, le 30 décembre 1980





VENDREDI

8 MAI 1981



UN LIVRE QUI JETTE LA LUMIĒRE SUR LA

RĒSISTANCE DU PEUPLE GREC AU COURS

DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Ces derniers jours, Rostis Papakongos, écrivain gree émigré en Suède, m'a. envoyé son livre

intitulé «Le Commandánt Aris», en langue grecque. Il s'agit là d'une importante contrìbution de patriote et de révolutionnaírè qui permet de connaìtre la vérité sur le mouvement de résistance et sur la lutte de l’hèroique peuple grec au cours de la Seconde guerre mondiale contro les envahísseurs nazis-fascistes italiens et allemands et les forces réactíonnaires du pays.

Jyai écrit aùjourd'hui à Kostis Papakongos une lettre de remerciement.





ARIS VELUHIOTIS, FILS GLORIEUX

DU PEUPLE GREC

Cher monsieur Kostis Papakongos,

J'ai reçu ces jours derniers votre précieux livre intitulé «Le commandant Aris» avec une chaleureuse dédicace à mon adresse, et je vous en remercie.

Je n'aì pas eu l'occasion de connaitre personnellement le vaillant commandant Aris Veluhiotis, mais j'ai été au courant de son activité politique et du combat qu'il a livré aux occupants et à leurs collaborateurs grecs. De ce fait, je l'ai aimé et considéré comme un compagnon d'armes, qui s'est battu héroYquement, jusqu'au sacrifice supréme, pour la libération du peuple grec frère. Ce que je pense de la personnalité et de la figure du commandant Aris, j'en ai fait part méme à Staline. J'ai apprécié son oeuvre révolutionnaire, sa fidélité envers le peuple grec et le communisme, en condamnant avec indignation ceux qui se sont efforcés de couvrir de boue cet illustre conibattant de la résistance grecque.

Monsieur Kostis Pàpakongos, votre livre est une importante contribution de patriote et de révolutionnaire grec, car il aide à jeter la lumière sur le mouvement de résistance de l'héroique peuple grec, sur sa lutte contre les occupants nazis-fascistes et les traltres au pays durant la Seconde Guerre mondiale. Je le lirai avec plaisir dès que mes camarades de la minorité grecque, qui vivent dans une unité d'acier et en vrais frères avec le peuple albanais, me l'auront traduit. Il m'aidera à me f aire une idée plus précise de la vie de grand révolutionnaire de ce glorieux fils de votre peuple courageux, progressiste et épris de liberté.

Encore une fois, je vous remercie de tout coeur d'avoir pensé à moi en m'envoyant votre livre précieux.



Bien à vous

Enver Hoxha

Tirana, le 8 mai 1981



VENDREDI

5 JUIN 1981



LA YOUGOSLAVIE TITISTE, LE MALADE DES

BALKANS,. CHERCHE Ā METTRE LE FEU Ā LA

PĒNINSULE BALKANIQUE

Les intrigues serbo-russes attisent l'inimté

albano-grecque

Notes* *( L'auteur a utilisé ces notes pour son artiele <<La Yougoslavie tifiste, le malade des Balkans, attise l'inimitlé entre les Albanais et les Grees>>, Zéri i popullit du 11 juin 1981.)



L'agence TANJUG écrivait hier, 4 juin, que «Par l'entren-iise de ses missions diplomatiques à Washingtòn et au siège des Nations unies à New York, ainsi que par le biais de diverses institutions scientifiques et universitaires américaines, Tirana a distribué une carte politique de la «Grande Albanie» dans laquelle elle intégre des territoires de l'Epire grecque, depuis Prévéza jusqu'à Folorine, en y englobant aussi les villes de Janina, d'Igumenica, de Konica et autres, qu'elle apelle <<région de la Tchamerie occupée par la Gréce>>. Cette méme agence ajoutait qu'à ce propos, au parlement grec il a été posé une question au ministre des Affaires étrangères et que le journal <<Acropolis>> a publié un commentaire dénonçant «l'expansionnìsme albanais» et les «persécutions dont est l'objet la minorité grecque en Albanie».

- Cette intrigue ourdie jar le clan grand-serbe et ses services secrets suivant des schémas moyenageux est des plus, odieuses et, des plus néfastes. C'est - Poeuvré de là police secrète yougoslave dont les agents sont en poste dans les représentations diplomatiques de Yougoslavie à Washington, New York et dans les autres villes des Etats-Unis, pour y déployer leur activité d'espionnage. Ce sont ces agents qui, autorisés par les milieux officiels yougoslaves et en collaboration avec la réaction chauvine grande-grecque la plus noire qui vit aux USA, ont monté de toutes pièces ce mythe antialbanais et antigrec.

- Les machinations de l’UDB ont été conçues et projetées aux Etats-Unis, en un temps où, notoirement, notre pays n'entretient pas de relations diplomatiques avec ce pays et n'est par conséquent représenté par aucune mission diploma tique à Washington, alors que les membres de notre mission auprès des Nations unies ne peuvent se rendre dans la capitale américaine, car il leur est interdit, et cela à eux seuls et à des fins bien déterminées, de quitter Manhattan. Ce sont éux qui auraient sol-disant distríbu les dites cartes méme au siège des Nations unies. Mais il serait facile aux organismes de l'ONU de le vérifier, s'ils entendent dévoiler que c'est une dangereuse mystification. Il incombe aux services de ces organes de mener une enquéte à ce propos et de dénoncer les fautifs.

Dans cet artiele, nous n'avons pas l'intention de polémiquer contre madame Tsouderou* *( Virginia Tsouderou, membre du parti socialiste démocratique grec.) qui, d'après l'agenee TANJUG, a posé une question à monsieur Mitsotakis* *( A l'époque, ministre grec des Affaires étrangères.) au parlement grec. Elle a bíen le droit de poser non pas une mais cent questions sur cette calomnie et provocation des Yougoslaves et monsieur Mitsotakis n'a qu'à lui répondre.

- Nous ne voulons pas non plus polémiquer contre les organes de la presse grecque cités par cette agence pour corroborer sa vile machination, ni contre leurs revendications absurdes sur les territoires albanais qu'ils appellent «l'Epire du Nord.» Cette affaire a été classée une fois pour toutes et le gouvernement yougoslave et sa police secrète n'ont pas la moindre chance de l'utiliser comme une pomme de discorde entre nos deux pays pour monter de toutes pièces la découverte <<géniale>> de la carte mystérieuse, préparée à l'avance par eux-mémes.

- Le groupe réactionnaire grand-grec, en Grèce comme aux Etats-Unis, n'a jamais cessé de nous calomnier. Que n'a-t-il pas dit à l'encontre des Albanais, il nous a imputé beaucoup de crimes commis contre la grecque qui vit heureuse en République populaire socialiste d'Albanie, ils ont imprimé plusieurs cartes délimitant «les frontières» de leur <<Epire du Nord>>, mais ils n'ont jamais publié de cartes prouvant que les Albanais ont avancé des revendications territoriales sur le territoire grec, qu'ils demandent Arta, Prévéza, Janina et jusqu’à Folorine ou méme plus loin, comme le prétend l'agence TANJUG. En outre, jamais la presse ni aucun gouvernement grecs n'ont soulevé une pareille question, parce que nous n’avons pas eu de prétentions semblables ni mis cette question sur le tapis.

- Un beau matin, comme si de rien n'était, après les événements trasgiques provoqués par les chauvins yougoslaves en Kosove* *( Au printemps 1981, la direction yougosiave, en recourant à l'armée et aux chars, déclencha une campagne de terreur féroce contre la population de Kosove, qui se dressa dans de puissantes manifestations contre les injustices dont elle était l'objet, réclarnant aussi la proclarnation de la Kosove république dans le cadre de la Fédération yougoslave.), où la police secrète et l’armée serbes se sont livrés, pour la troisième, voire la quatrième fois, à un génocide atroce des Albanais vivant sur leurs territoires en Yougoslavie, on a prétendu que nous, Albanais, avions distribué à Washington et au siège des Nations unies une <<carte>> incluant la Tchamerie à l'intérieur des frontièères de la République populaire socialiste d'Albanie!

- C'est là une «invention géniale» de la diabolique police yougoslave, qui fait tout pour nuire à l'amitié sincère exìstant entre l'Albanie socialiste et la Grèce démocratique. Hostiles à cette amitié, les grands-Serbes et les Soviétiques, leurs alliés camouflés, montent cette provocation pour dissimuler le génocide de Kosove et «prouver» que les Albanais, non contents de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Yougoslavie, s'immiscent dans les affaires intérieures de la Gréce, avan~ant méme à son adresse des revendications territorìales», et pour compléter leur thèse, concluent en accusant les Albanais d'étre «des nationalistes, des chauvins, des irrédentistes». Nous conseillons à la police secrète serbe de pousser son imagination, pour ce qui est du «chauvinisme» grand-albanais, encore plus loin et de fabriquer aussi des cartes, en noir et blanc ou en couleur, de la Turquie, parce qu'il s'y trouve également des Albanais et, pourquoi pas, méme de l'Italie, où des Arberèches ont émigré il y a cinq siècles. Elle n'a done qu'à fabriquer de ces cartes età les fairedistribuerdanslesruesdes villes des Etats-Unis ou de quelque autre pays.

- Nous disons aux grands-Serbes que le peuple albanaís et le peuple grec se sont Rés au cours des siècles d'une amitié très saine et sincère. De nos jours, cette amitié se consolide à nouveau et eux et leurs alliés se dépensent inutilement en cherchant à lui porter atteínte.

- Si nous n'avons jamais été unis par de pareils liens d'amitié avec les grands-Serbes, c'est que ceux-ci ont toujours été des oppresseurs perfides et chauvins.

- C'est précisément pour camoufler les crimes sanglants que vous avez perpétrés en Kosove, que vous, messieurs de Belgrade, vous invoquez, par la bouche ou par la plume de quelque journaliste chauvin vorio-epirote à votre solde, le ,<<génocide de la minorité grecque en Albanie, et les crimes commis contre elle, l'emprisonnement de plus de la moitié de la population minoritaire>>, et d'autres calomnies de ce genre.

Messìeurs les agents yougoslaves, ce mensonge et cette calomnie sont cousus de fil blanc et nous ne nous en soucions guère, parce qu'en fait ils vous démasquent aux yeux de l'opinion mondiale et nous publions vos «révélations» pour que le peuple grec, le peuple albanais et la minorité grecque en Albanie vous connaissent mieux.

- Vous paraissez fort préoccupés «de la vie et du sort» de la minorité grecque en RPS d'Albaníe! Puisque vous voulez connaitre leur vie et leur sort nous vous disons:

La minorité grecque jouit des mémes droits que tous les autres citoyens de notre République.

Ces droits sont sanctíonnés par notre Constitution et appliqués scrupuleusement. Les minoritaires de chez nous ne font l'objet d'aucune discrimination Politique, économique ou sociale. Il leur a été garanti et créé les conditions nécessaíres au libre usage et au développement de leur langue maternelle, de leur culture, de leur folklore et de leurs traditions. Dans chaque village de la minorité grecque il y a des écoles de différents cycles et dans les écoles primaires toutes les matières sont enseignées en grec. La minorité a son propre journal qui paralt en grec et beaucoup de livres sont publiés en cette langue à son intention. Tout jeune homme ou toute jeune fille qui termine ses études secondaires ou supérieures, et ils se comptent par milliers, est súr de trouver un emploi qui lui est garantí, avant méme la fin de ses études, non seulement dans son district, mais partout en Albanie. Les dirigeants de tous les organes du pouvoir dans la région de la minor-Ité, les présidents des coopératives agricoles, les secrétaires et les bureaux des organisations du Parti les juges, enseignants, agronomes, médecins et Ztres spécialistes sont des fils et des filles de familles d'origine grecque. Les minoritaires tout comme les Albanais ont combattu et consenti des sacrifices communs, et ils ont vaincu ensemble. Les Albanais avaient beaucoup souffert, inais les minoritaires grecs encore davantage, c'est pourquoi le Parti et le pouvoir ont pensé qu'ils devaient étre les premiers à étre secourus, et c'est ce qui a été fait. D'importants investissements ont été ainsi effectués dans la plaine du Dropull et du Vurg où vit la majeure partie de la minorité, ce qui a ainsi contribué à améliorer la vie du peuple. Les villages de la minorité grecque sont des plus prospères en Albanie. Les maisons y sont neuves, pourvues d'électricité et d'eau courante, il y a des jardins d'enfants, des crèches, des hópitaux ou des dispensaires, des maisons ou des foyers de la culture, un vaste réseau de points de vente.

- Des citoyens grecs de toutes les couches et de toutes les professions sont venus de Grèce pour visiter l'Albanie socialiste. Ils se sont rendus aussi dans les villages de la minorité, ont conversé librement avec leurs habitants, ont visité Ileurs maisons, chanté et dansé avee eux; ils ont décrit et décrivent avec une grande sympathie la , vie du peuple albanais et tout ce qu'ils ont vu et entendu en Albanie et dans la région de la minorité grecque. A coup súr, les calomnies monstrueuses des titistes yougoslaves soulèveront à juste titre leur profonde indignation.

- Que les Yougoslaves et leurs alliés le veuillent ou non, les rapports entre l'Albanie et la Grèce ne cessent de se raffermir sous tous les aspects.

- En conclusion, nous rejetons avec indignation cette vile calomnie qui s'inscrit dans le cadre d'autres déformations des faits de la part des titistes.

Bien que les peuples yougoslaves aient mené une lutte hérolque contre le nazi-fascisrne, la Yougoslavie, ce prodult du traité de Versailles, a hérité, conservé et elle reprend, souillées de sang, toutes les machinations qui, en leur temps, ont été regroupées sous le nom de «problèmes balkaniques». Le clan Tito, et surtout celui qui lui a succédé, tente de faire des Balkans et de la République socialiste fédérative de Yougoslavie un baril de poudre. Manifestement il existe entre les divers clans de la République socialiste fédérative de Yougoslavie des dissensions qui peuvent mener à des affrontements entre ses nationalités. Des désaccords les opposent à la Bulgarie à propos de la Macédoine, ils ont mis la Kosove à feu et à sang, ils attaquent l'Albanie sans aucune raison et, en. collaboration avec les tenants de l'«Epire du Nord», montent des intrigues contre notre pays.

- Le clan grand-serbe a allumé la mèche et cherche à faire monter le feu. Pour notre part, nous mettons tout en oeuvre pour prévenir la catastrophe que les grands-Serbes souhaitent voir s , abattre sur nous, mais ils intensifient toujours plus leurs menées contre les Albanais qui vivent en Yougoslavie et contre la République populaire socialiste d'Albanie.

- Nous mettons donc en garde l'opinion mondiale contre toute attitude de neutralité, contre toute indiff érence, car on pourrait bìen voir se produire l'irréparable. Si cela arrivait, ce qui ne serait pas de notre faute, la Yougoslavie ne serait pas seule à en subir les conséquences, la paix en Europe, voire dans le monde, pourrait s'en trouver menacée. Il ne doit pas y avoir de nouveau Sarajevo!



L'humanìté doit tirer des enseìgnements de ses épreuves et l'événement de Sarajevo servira de lecon quand on aura étudié avee objectivité et réalisme les causes qui l'ont préparé ainsi que tout ce qui l'a suivi. Quoi qu'il en soit, on ne jouera plus avec les destinées de l'Albanie socialiste et des Albanais qui vivent en Yougoslavie comme cela fut fait après Sarajevo et après le Traité de Versailles.



MERCREDI

21 OCTOBRE 1981



UN NOUVEAU GOUVERNEMENT EN GRĒCE



Andréas Papandréou, chef du parti du «mouvement socialiste panhellénique», qui l'a emporté aux élections parlementaires générales, a formé le nouveau gouvernement grec et prété aujourd'hui serment devant le président Caramanlis.

Au cours de la campagne électorale, Papandréou avait promis à plusieurs reprises d'éliminer les graves conséquences de la crise économique, comme le ch6mage, la hausse des prix, la baisse du niveau de vie, c'est-à-dire de remédier à la grave situation économique du pays et de modifier aussi la politique extérieure.



TOUTE TENTATIVE DE LA PART DE QUICONQUE

DE PORTER ATTEINTE A L'AMITIĒ DU PEUPLE

ALBANAIS AVEC LE PEUPLE GREC EST VOUĒE

Ā L'ĒCHEC



ler NOVEMBRE 1981



Le VIIIe Congrès du Parti du Travail d'Albanie a été ouvert à Tirana. Dans le rapport sur l'activité du Comité central du Parti du Travail d'Albanie, le camarade Enver Hoxha a parlé des transíorinations grandioses qui se sont effectuées dans notre pays, des perspeetives radieuses de notre peuple. Il y a analysé également des problèmes de la politique contemporaine, la situation dans les Balkans, traitant entre autres de la question des relations de notre pays avee la Grèce.

Les problémes des Balkans sont les mémes que ceux qui préoccupent l'Europe en général, mais ici, en raison de la position stratégique de cette péninsule et des anciennes querelles, les conflits sont plus aigus et les dangers plus graves. La situation devient encore plus compliquée du fait que les superpuissances, partant de leurs intéréts hégémonistes et de leur dessein de faire des Balkans une <<poudrière permanente>>, s'efforcent de susciter les passions et les sentiments chauvins, d'opposer les peuples et les pays de la Péninsule les uns aux autres, d'empécher le developpement normal et dans un sens positif de leurs relations réciproques, de saper le raffermissement de l'amitié entre les peuples voisins.

Les dangers dans les Balkans sont accrus notamment du fait de la participation de certains pays aux blocs militaires et économiques des superpuissances, de l'existence de bases militaires étrangères, de l'àutorisation donnée aux flottes américaine et soviétique d'entrer et de mouiller dans leurs ports et eaux territoriales, etc.

De pareils développements créent des tensions et sont lourds de dangers pour les peuples balkaniques. Ces développements, dans tous les domaines et sous tous les aspects, vont à l'encontre des efforts et des voeux sincères des peuples des Balkans pour l'établissement de la confiance, de l'entente et d'une collaboration authentique entre les pays de notre péninsule.

La République populaire socialiste d'Albanie estime qu'actuellement on ne peut mieux servir les véritables aspirations des peuples des Balkans, de la paix et de la stabilité dans cette zone qu'en emp&chant les superpuissances impérialistes d'intervenir dans les affaires intérieures des pays de notre zone et en effectuant des démarches concrètes et constructives en vue d'un développement positif de rapports fondés sur la politique de bon voisinage. La situation dans les Balkans s'améliorerait beaucoup si les pays balkaniques s'engageaient officiellement à ne pas permettre aux superpuissances d'utiliser leurs territoires pour menacer et mettre en danger un autre pays voisin. L'Albanie socialiste, à l'avenir comme par le passé, s'en tiendra avec esprit de suite à cette politique et elle ne ménagera aucun effort pour que le respect réciproque et une véritable compréhension président à ses rapports avec les Etats voisins...

La République populaire socialiste d'Albanie a attaché une importance particulière au renforcement de ses rapports amicaux avec la Grèce. Ces dernières années, ces rapports se sont développés encore dans tous les domaines. Les échanges commerciaux se sont étendus et se développent avec succès à l'avantage des deux parties.

La coopération dans le domaine de la culture, les échanges de groupes artistiques, les visites réciproques de personnalités du monde de l'art, de l'enseignement et de la science, ont contribué à mieux faire connaltre à chacun de nos peuples les réalisations et les progrès de l'autre. Ils ont également servi à consolider l'ancienne amitié traditionnelle qui unit nos deux pays. Convaincue que ses rapports d'amitié et de bonne compréhension avec la Grèce répondent pleinement aux aspirations et aux intéréts communs de nos peuples, la RPS d'Albanie, à l'avenir également, ne ménagera pas ses efforts pour les élargir et les développer.

Nous sommes hereux de constater que, de leur c6té, le gouvernement et le peuple grees se montrent heureusement disposés à ce que les rapports entre nos deux pays progressent sur la base de l'arnitié et d'un esprit de bon voísínage. Les sentiments du peuple albanais et ceux du peuple grec concordent en maints domaines, nos deux peuples se veulent mutuellement du bien et ils se réjouíssent réciproquement de leurs progrès, en partant du principe selon Iequel chacun est maitre chez soi et dans ses affaires. L'amiflé qui unit le peuple albanais et le peuple grec est une amitié durable, elle se raffermira et s'épanouira sans cesse pour le bien de nos Deuples, de la paix et de la sécurité dans les Balkans. Toute tentative de la part de quiconque de Dorter atteinte à cette amitié est vouée à l'échec. Nous sommes convaincus que maintenant les conditions sont réunies et les possibilités créées pour que, d'un commun effort, soient éliminés tous les obstacles et ouverte une large voie au développement de rapports fructueux et mutuellement avantageux entre nos deux pays amis.



MERCREDI

10 NOVEMBRE 1982



RENCONTRE AVEC LES ELECTEURS DE LA

CIRCONSCRIPTION 210



J'ai eu aujourd'hul une rencontre avee des électeurs de la circonscription 210 de Tirana dans le cadre des élections à l'Assemblée populaire. Dans le discours que j'ai prononcé à cette occasion, j'ai traité des problèmes intérieurs et de la politique extérieure. J'ai aussi parlé de l'importance particulière que notre pays attache aux rapports avec les pays voisins, soulignant que notre attitude a toujours été inspirée par notre volonté de vivre en bon voisinage avee eux, d'entretenir des rapports d'avantage mutuel, d'assurer une collaboration normale, fondée sur les principes de l'égalité compIète, de la noningérence dans les affaires intérieures d'autrui, du respect de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale, des échanges effectués sur la base de l'intérét mutuel.





NOS RAPPORTS AVEC LES PAYS VOISINS

REPOSENT SUR NOTRE DĒSIR DE VIVRE EN BON

VOISINAGE AVEC EUX

Extraits du discours prononcé à la rencontre avec les

électeurs de la circonscription nr 210 à Tirana

10 NOVEMBRE 1982



Nous entretenons avec le peuple italien de bonnes relations et nous ne le confondons pas avec les fascistes de Mussolini qui nous ont massacrés et ont brúlé nos foyers. Dans mes notes du temps de guerre, j'ai plaisir à lire ce que j'évoque de l'entretien que j'eus, au village d'Arbana aux environs de Tirana, avec le général d'armée Azzi, lorsque, après la capituiation des forces mussoliniennes, il se rendit en toute confiance. avec tous ses hommes, à notre Etat-major général de partisans et au peuple albanais. «Je suis reconnaissant au peuple et aux partisans albanals, me dit-il, d'avoír sauvé et hébergè des milliers de mes soldats, fils du peuple italien. Le peuple italien et moi n'oublierons jamais cet acte de générosité. Je resterai, jusqu'à ma mort, m’affirma encore le général Azzi, l'ami du peuple albanais.» Et en effet il le resta.

Les régimes de nos deux pays sont en opposition entre eux, nous avons nos lois et notre mode de vie, l'Italie a les siens. Malgré tout, nous entretenons avec elle des relations commerciales etculturelles normales que nous sommes préts à élargir à notre avantage mutuel et sans ingérenee dans les affaíres de l'un l'autre. Si quelque gouvernement italíen considère ces relations comme étant sans intérét pour lui il peut agir comme bon lui semble, cela ne nous gátera pas grand-chose. Mais nous pensons au contraire que nos relations sont utiles pour les deux partíes. Nous ne sommes pas un pays isolé et f ermé, nous avons quoì vendre et de quoi acheter comptant, à l'Italie comme à beaucoup d'autres.

La communauté des Albanais d'Italie avec leurs glorieuses traditions nous lie aussi au. peuple italìen. Ni les Italiens ni nous ne devons jamais, oublier les paroles louangeuses de Garibaldi sur' les Albanais et les Albanais d'Italie, et la haute estime qu'il avait pour eux.

Des Albanais vivent depuis cinq siècles en Calabre et en Sicile. Cette communauté a donné à l'Italie et à l'Albanie des hommes éminents. Vivant en amitié au milieu du. peuple italien, les Albanais d'Italíe ont conservé dans les siècles

leurs coutumes et leur langue. Cette communauté qui nous rapproche du peuple italien est un facteur d'amitié.

Le peuple albanais et le peuple ture sont très attachés l'un à l'autre. Nous ne pratiquons l’<<amour diplomatique>> avee personne. Ce n'est pas dans les coutumes de l'Albanais. Mais quand nous donnons notre parole nous la tenons, nous ne tournons pas avec le vent.. .

Nous aimons et respectons le peuple gree, car ce peuple aussi nourrit envers le peuple albanais les mémes sentiments d'amitié que nous lui vouons. Nous sommes franes entre nous. Aucun de nous ne veut le mal de l'autre, tout au contraire. Les liens qui nous unissent sont des liens historiques pétrís du sang versé en commun dans les luttes contre les mémes envahisseurs. Et nous ne confondons pas les sentíments du peuple grec avec ceux des chauvins.

Nous développerons encore les relations d'amitié que nous entretenons avec le peuple grec. Le peuple gree qualifie les capitaines albanais de la révolution grecque de 1821, qui se battaient sous le commandement d'Ypsilanti, d'arvanires painemenoí et de pallikaria arvanites*. *( En gree: glorieux Albanais et valeureux Albanais.) Capo d'Istria et les tsars russes, les rois serbes et les vffivodes moldaves trahirent la révolution grecque, mais les Arvanites avec à leur téte MarKo Botsaris, Ali Pacha de Tepelene et les Tchaparai, lui restèrent fidèles jusqu'à la mort.

Le gouvernement de la République populaire socialiste d'Albanie et les gouvernements grecs, de droite, de la démocratie nouvelle ou socialiste, ont toujours considéré l'amitié entre nos deux peuples comme une exigence politique impérieuse. Mais, malheureusement et sans aucune raison, depuis quarante ans en Grèce est maintenue en vigueur la prétendue -Ioi de l'état de guerre avec l'Albanie», une loi absurde, sans fondements, que condamnent et le peuple grec, et le peuple albanais, et l'opinion mondiale. Toute personne raísonnable et réaliste en Grèce comprend qu'une pareille loi empéche de raccourcir les voies menant à un développement encore plus amical de nos relations avec Arta, Prévéza, Janina et la Grèce en général.

Plus loin le camarade Enver Hoxha a parlé de l'état de nos rapports avee la Yougoslavie. Il a souligné que les dirigeants de Belgrade ont non seulement fait la sourde oreille devant les prises de position officielles de la RPS d'Albanie envers la Yougoslavie, mais qu'ils utilisent aussi tous les moyens de propagande et diplomatiques pour monter une vaste campagne de calomnies et d'attaques contre l'Albanie socialiste et sa politique claíre comme le jour. Il a égaIement démasqué l'attítude chauvine des grands-Serbes envers les Albanais qui vivent sur leurs terres en Yougoslavie, etc.

... Messieurs les dirigeants yougoslaves s'arrogent bien le droit d'élever la voix contre les «injustices» dont les Macédoniens des Pirins et d'Egée, aínsi que les toutes petites minorìtés macédoniennes en Albanie, seraient respectivement l'objet de la part des Bulgares, des Grecs et des Albanais, alors que nous, selon eux, n'aurions pas un droit analogue. Lorsque nous défendons les droits de nos frères* *( Il s'agit des Albanais vivant sur leurs propres terres en Kosove et dans d'autres régions de Yougoslavie.) dans le cadre de la Fédération ils nous accusent de nous <<ingérer dans leurs affaires intérìeures>>; et, non contents de fouler aux pieds ces droits, ils font tuer les Albanais, les mettent en prison, les obligent à émigrer et envoient à leur place, dans leur pays natal, des colons serbes et monténégrins.

Ces derniers temps les Yougoslaves, aidés par leur grande amie la Russie, battent le rappel des <<Macédoniens de l'Egée>>, partout où ils se trouvent, pour s'en servir comme d'une avantgarde en direction de la Grèce. Un beau matin nous entendrons dire qu'Alexandre le Grand également aurait été un Slave. Et pourquoi pas au fond? Il y a bien un précédent: Vassilievsky ' 1'.historien» grand-russe du XIX sìècle, dans son livre sur Byzance, écrit noir sur blane que les Grecs actuels, puisqu'ils sont orthodoxes, sont des Slaves et ne sont done pas les descendants des anciens Grecs de l'Antiquité qui ont laíssé à l'humanité une de ses plus brìllantes civilisations.

L'air de ríen et avec une entière conviction de chauvin grand-russe, Vassilievsky affirme dans son livre que «les Grecs actuels sont d'origine slave».

C'est d'une fagon analogue qu'agissent les chauvins vorio-épirotes et certains dignitaires de l'Eglise grecque qui, s'appuyant sur les statistiques du Phanar datant de l'époque du sultan Hamid II, consìdèrent comme Grecs tous les chrétiens orthodoxes d'Albanie. Et il y a près de 80 ans que ces prétendus Grecs sont toujours 400 000.

Le nombre, done, de ces prétendus Grecs vorio-épirotes, selon eux, n'augmente ni ne diminue, ils ne naissent ni ne meurent.

De méme, prétendent-ils, dans «les prisons albanaises»., en tout temps et en toute saíson, languissent toujours 28 000 vorio-épirotes. Maís pour le malheur de ces prétres, qui n'ont rien à voir avec leur peuple, je peux dire en toute responsabilité au peuple et au gouvernement grecs qu'il n'y a dans toute l'Albanie que 33 minoritaires grecs qui, pour divers délits, dont quatre seulement politiques, purgent des peines légères. Comment cela s'explique-t-il? Parce 'que les minoritaires grecs sont de bonnes gens, des gens honnétes, tout comme le peuple gree luimeme, parce qu'ils jouissent des mémes droits que leg citoyens albanais, parce que tout chez eux est entre leurs mains. Dans le Parti comme dans l'administration, tous les cadres sont des minoritaires. Dans chacun de leurs villages il y a une école primaire, on trouve dans plusieurs d'entre eux une école secondaire agricole et, à Gjirokastér, une école pédagogique en langue grecque. Les autres cadres également, docteurs, agronomes, vétérinaires, économistes, enseignants, sont des minoritaires; partout on trouve des maisons de la culture. Les revenus des minoritaires sont parmi les plus élevés dans notre pays. Nous, Albanais, nous vivons en frères avec les minoritaires grecs dans notre patrie commune. Non, messieurs les chauvins vorio-épirotes, la minorité grecque en Albanie ne languit pas, elle est heureuse et prospère.

Quant à la question du culte, vous n'avez pas de raisons de vous en soucier."Croire ou ne pas croire est un droit qui appartient à chacun. c'est une question de conscience, qui ne dépená ni des institutions ni de la volonté des prétres musulmans ou orthodoxes, ou encore du pape.

Je lis régulièrement la presse grecque et fy ai vu quelles questions certains journalistes grecs et ouest-allemands ont posées aux habitants de la minorité grecque dans notre pays et les réponses qui leur ont été données. Un de ces journalistes a demandé à une vieille femme minoritaire:

«Où sont votre église et vos papas?Elle lui a répondu:

«Ni l'église ni les papas ne m'ont sauvée des agas et des beys. Tant que ceux-ci régnaient, ils ne m'ont ni donné à manger ou à boire, ni apporté la lumière électrique, ni instruit mes fils et mes filles. Tous ces bienfaits, c'est la Lutte de libération nationale, c'est mon Parti du. Travail qui me les ont donnés. C'est pour cela que j'aime le Parti et non pas les papas»

Le journaliste lui a encore demandé:

«Mais à qui vas-tu te confesser?»

A nouveau la vieille lui répondit avee ma lice:

«Mon fils m'a dit: <<Jouis de ta vie en ce «monde, mitera*; *(En grec: mère) quant au jour où tu passeras <<dans l'autre>> si tu as des péchés rejette-les tous «sur moi et mon Parti.»>>

Il y a de par le monde des centaines de mi-llions de libres penseurs, pourquoi s'étonne-t-on qu'il en soit ainsi dans l'Albanie socialiste?

Notre Etat, de par la volonté de son peuple, est un Etat athée et il n'y a pas de force morale ni matérieRe qui puisse lui imposer une autre vision des choses. Notre peuple est maitre de ses destinées et de ses sentiments. Les hauts cris des chauvins vorio-épirotes ne troublent nullement la minorité grecque et l'Albanie socialiste, méme si ceux-ci sont encouragés et payés en sous main par d'autres qui ne sont pas le peuple grec frère.





SEUL LE POUVOIR DU PEUPLE A PERMIS A LA

MINORITĒ GRECQUE DE CHEZ NOUS DE

REMPORTER VICTOIRES ET SUCCĒS

Le 21 janvier 1983, le camarade Enver Hoxha a requ une lettre des coopérateurs du Bas Dropull, le mettant au courant des succès et des vietoires qu'ils avaient remportés dans les domaines économique et social. A cette occasion le camarade Enver Hoxha a écrit une lettre aux Dropullites.

Chers camarades coopérateurs et coopéra~trices, spécialistes et cadres,

Il ne s'est pas encore passé cinq ans depuis ma visite dans le Dropull, et cependant j'ai une grande envie d'y retourner, d'aller voir les minoritaires grecs si aimables et si patriotes, les beaux villages de votre région et les réalisations dont vous m'entretenez longuement dans votre lettre. Je suis toujours de près et avee intérét vos progrès, et quelle n'a été ma joie en apprenant que mes frères et sceurs minoritaires et dropullites accomplissent et dépassent les objectifs du plan, aceroissent leurs revenus, élèvent leur niveau de vie et de culture, et vivent heureux dans notre patrie socialiste. Ces résultats et les engagements que vous avez pris pour cette année, frères et sceurs de la coopérative agricole de type Supérieur de Sofratike, sont le fruit de votre intelligenee et de votre travail soutenu, de votre engagement total à vous acquitter avec honneur des grandes táches fixées par le VIII' Congrès du Parti. Vos progrès, votre vie nouvelle et l'optimìsme révolutionnaìre qui vous caractérise s'expliquent par la confiance inébranlable que vous avez dans la juste ligne marxiste-léniniste du Parti.

Vos succès et vos vietoires, comme ceux de tout notre peuple, ont été remportés sous la sage direction du Parti du. Travail d'Albanie, ce sont un vivant témoignage de sa ligne et de ses prises de position internationalistes marxistes-léninistes, le résultat du fait que le peuple est au pouvoir. Comme notre peuple, vous aussi, frères et soeurs ùe Sofratike, vous étes au pouvoir. Sans le pouvoir du peuple, il ne saurait étre question de vie heureuse, de liberté, de démocratìe prolétarienne ni de défense des droits de l'homme. Frappez sans hésiter quiconque essaìe de porter atteinte à vos réalisations, car vous aurez toujours à vos cótés le Parti du Travail, la direction sage de tout le peuple albanais et aussi la vótre, -qui pense et veille au bien général. Vous le savez

et vous vous en persuadez chaque jour, c'est pourquoi renforcez l'organisation de base du Parti de la coopérative en y faisant adhérer les gens les plus déterminés, les plus courageux, les plus intelligents, les plus travailleurs et les plus capables, faites entrer dans les conseils populaires et les présidences des coopératives les meílleurs filles et fils de la minorité, et comme cela tout ira mieux, le Parti et le pouvoir s'en trouveront renforcés, Féconomie de votre coopérative atteindra des niveaux de développement plus élevés.

Le Parti a toujours veillé à ce que vous appreniez et cultiviez comme il convient la belle langue grecque, qui est votre langue maternelle. Tous, coopérateurs et coopératrices, cadres et spécialistes, enseignants et élèves, continuez à travailler sans cesse pour connaitre et enrichir en méme temps que votre langue, vos bonnes coutumes, vos beaux chants et vos belles danses, votre folklore varié et toutes les autres belles choses qu'a créées, en méme temps que le pcuple albanais, lepeupletalentueuxdelaminorité. Pour tout ce qui concerne le développement de votre langue maternelle, de vos traditions et de votre folklore, vos besoins dans le domaine de l'enseignement et de la culture, la publication de ces précieuses richesses, vous bénéfícíerez toujours de l'aide et de l'appui total du Parti et du pouvoir populaire. Gráce à la sollicitude du Parti, votre vie, comme celle de tout notre peuple, sera encore plus heureuse, toujours plus prospère.

La vie de nos travailleurs a été pénible par le passé, et c'est à juste titre que vous en conservez le souvenir dans votre musée*.*( Dans leur lettre, les coopérateurs du Bas Dropull écrivaient entre autres au camarade Enver Hoxha: <<Peut-on vraiment comparer notre présent à notre passé? Lorsque les personnes àgées disent: <<Dis-nous ton passé, Dropull,/ Dis-nous aussi ton présent!/ Hier tu ne portais méme pas de nom,/ Tu as maintenent une mère>>,/ les jeunes ajoutent: <<Notre chemin est lumineux/ Et nous montons à l’assaut tent: <<Notre chemin est lumineux/ Et nous montons à l’assaut des cieux>>. Hier, les Dropullites se faisaient du souci pour leur terre aride qui évoquait une jeune épouse incapable de devenir mère, aujourd’hui nous chantos: <<Hier nous étions affamés, nous nous nourrissions de miettes, aujourd’hui les épis sont lourds, comme des boulets>>. Il existe dans nos muséès le <<copstume complet d’impòts>> du Dropullite. Il yavait l’impòt sur la maison, l’impòt sur le nombre d’enfants, sur les lucarnes, sur la maison, l’impòt sur le nombre d’enfants, sur les lucarnes, sur la cheminéè ao le foyer, sur l’èclaairage, sur le bétail, sur les arbres devant la maison, sur… et les impòts étaient plus nombreux que lespièces de nos vêtements raccommodés. Le prétre exigeait méme un impót sur les morts. Dans notre musée, il y a aussi des berceaux vides que l'on accrochait aux poutres du plafond, car l'émigration, dévorant leurs hommes comme un monstre, empéchait les jeunes femmes de chanter des berceuses. Les épaules de nos grand-mères portent eneore les marques de la corde qui servait à attacher le barillet avec Iequel elles allalent chercher de Feau, loin, à Rrézé et à Libohove où l'aga, tel une hydre, la livralt au compte-gouttes et la faisait payer plus cher que ror. C'est pourquoi elles chantent aujourd'hul: «Dropull, région enfin verdoyante, dans chaque maison il y a Veau courante.

L'éclat actuel de nos villages n'est pas dú seulement à la blancheur de la pierre talllée ou de la chaux, mais à la ligne du Parti pure comme le cristal, à nos efforts, à notre pensée, à nos sentiments.

Quelque 80 pour cent des maisons sont neuves, construites depuis la création de la cooorative. Tous les nouveaux ménages entamentleurvieconjugaledansde nouveaux logements.>>) Cette vie appartient déjà à l'histoire, c'est pourquoi toute tentative des ennemis de classe, intérieurs ou extérieurs, pour la ressuscíter est vouée à l'échec. Toutefois nous savons fort bien aue les ennernis n'admettront jamais notre réalité socialiste et ne renonceront jamais à Fidée de nous diviser pour nous affaiblir. C'est pourquoi nous veillons sans arrét à renforcer la dietature du prolétariat en redoublant de vigilance et en gardant notre poudre sèche. Nous ne permettrons jamais le retour du sinistre passé dans notre pays. Le peuple et le Parti, leur unité devant laquelle tout ennemi se cassera le nez, comme cela s'est produit jusqu'à présent, en sont les garants les plus súrs. Nos luttes contre nos ennemis communs, les envahisseurs étrangers et les classes oppresseuses, qui nous sucaient le sang, ont cimenté l'amitié entre le peupíe albanais et les minoritaires grecs. Cet amour fraternel, sincère a été raffermi par le Parti durant la grande Lutte de libération nationale et les quatre décennies de la construction du socialisme. Les Albanais et les minoritaires ont combattu ensemble, ensemble ils ont conquis la liberté, pris le pouvoir et assuré l'indépendance du pays, notre vie heureuse, socialiste.

Vous, minoritaires, renforcez toujours plus votre unité, aimez l'Albanie et le peuple albanais d'un grand amour, car il vous est rendu, serrez les rangs, Albanais et minoritaires, car c'est en marchant au coude à coude que nous parviendrons à faire progresser et prospérer notre pays, à construire le socialisme, à ennoblir l’áme des gens, à rendre l'Albanie invincible. Aimez le pcuple grec frère, que le peuple albanais aime et respecte également. Comme toujours, nous voulons le bien du peuple grec, qui lui aussi nous paie de retour.

Je vous f élicite une fois de plus des succès remportés et des objectifs que vous vous étes fixés pour cette année. Je suis convaincu que vous, qui avez toujours fait preuve de patriotisme socialiste, qui &tes animés de l'amour du travail et d'une volonté de fer pour bátir une vie toujours meilleure, vous arriverez, gráce à votre intelligence et à votre travail acharné, à ranger votre coopérative parmi les plus brillantes du pays. Je vous souhaite de réussir dans toutes vos entreprises!



Bien à vous

Enver Hoxha

Tirana, le 27 janvier 1983





POGRADEC

JUILLET-AOŪT 1981





A PROPOS DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE

Notes

Mes pren-lières'Iectures et études sur la civilisation grecque, dans la mesure où cela était, possible dans le cadre du programme, remontent à l'époque où j'étais élève au Lycée franigais de Korpe. C'est là, sur les banes de cette école, que, je regus ce merveilleux «baptéme» qui me révéla la guerre de Troie, m'apprit qui étaient les Achéens, Achille, Agamernnon, Patrocle, Ulysse et Hector, bref, c'est là que je lus et étudiai <<L'Illiade>> et <<L’Odyssée>>.

Cette civilisation, dans ses grandes lignes, me fut illustrée par mon professeur, Sotir Papakristo, directeur du lycée et l'un des plus éminents hellénistes albanais. Il instruisait ses élèves. non seulement sur Homère et les héros homériques, mais aussi sur d'autres grands bommes de la Grèce antique, tels Aristophane, Eschyle, Sophocle, Socrate, Platon et Aristote, ainsi que sur des écoles inspirées par ces derníers. Ce bagage intellectuel historique et philosophique condensé de la si vaste et brillante pensée grecque comprenait entre autres les mythes et la mythologie, ainsì que les études remarquables menées par les Grecs en physique et en philosophie suivant une logique nouvelle, une conception nouvelle, fondée sur la raison, mais souvent aussi mitigée de mystique et de diverses spéculations philosophiques.

Je peux dire que ce fut là pour moi un important acquis, eneore que mal ordonné et discontinu, quant à la succession des diverses étapes de cette grande culture spirituelle et matérielle. Toutefois, il constituait une base solide que je devais enrichir par la suite par des lectures et des études plus vastes, de caractère général ou plus spécifique, et cela sous les aspects non seulem-ent littéraire, historique et philosophique, mais ai archéologique et architectural.

Désormais était née en moi la passion d'étudier l'histoire des peuples, la pensée humaine, le Aéveloppement des civilisations millénaires, leur Aestruction et la floraison, sur leurs ruines, de civilisations nouvelles. C'était là une étude paste qui me nourrissait, me grandissait et it des horizons de pensée et d'action, rageait à approfondir et à mieux com an l'histoire de mon peuple, à vérité historique matérialiste, à saisir comment a pénétré les phénomènes de la nature, il les a dominés au fil des siècles, d'une civilisation à l'autre. Mais la passion de ces études n'a iamais fait de moi un vain réveur, un émule aveugle. Au contraire, en observant les chainons du développement social, je comprenais mieux le développement matéríalíste de l'histoire, j'accumulais en moi de riches matériaux qui me portèrent dìrectement à mes grands maitres du marxisme-léninisme.

En fils du peuple albanais, de ce peuple remarquable et héroique, qui a connu tant de dures vicissitudes, je fus orienté vers la recherche en toute chose de l'élément positif, vers le savoir fondé sur l'expérience et la logique, vers les parallèles et les conclusíons philosophiques matérialistes.

Je peux dire qu'étant originaire de Gjirokastér, j'ai été élevé dans l'esprit de bon voisinage avec le peuple grec. J'ai toujours hai le chauvinisme de la megali idhea, qui cherchait à englober dans les frontières de la Grèce Gjirokastér et Korce, ces régions purement albanaises, des plus illustres de ma patrie, ce chauvinisme qui prétendait méme que toute l'Albanie méridionale jusqu'au Shkumbin, constituait ce qu'il appelait «l'Epire du Nord». Les profonds sentiments patriotiques que m'avaient inculqués mon peuple combattant de la liberté, ma famille, qui les avait hérités de génération en génération, mes concitoyens et més professeurs patriotes, raffermirent en moi un noble attachement à la défense de mon peuple et de ma patrie, à la liberté, à la défense de la vérité dans l'histoire, dans la science et les rapports socíaux, en Albanie et à l'étranger.

Le respect de l'histoire et de la civilisation du peuple grec, a aussi été alimenté en moi par Fheureuse coliabitation de mon peuple avee la minorité grecque qui vit et travaille chez nous, dans notre pays. Ma famílle aussí étaít líée d'amitié avec les. minoritaires grecs du Dropull. En outre, la glorieuse histoire des Albanais vivant en Grèce, où ils s'étaient établis depuis les XIII' et XIV' siècles, constituait un lien d'amitié entre Arvanites et Grecs. Dès 1.821, les Albanais, avec à leur t&te Botsaris, Djavella, Miauli, Kolokotron et d'autres, participèrent avee un héroisme remarquable à la révolution grecque du XIX' siècle, pour la libération du peuple grec.

Tout cela et ma passion de la civilisation grecque m'incitèrent à l'étudier et à enrichir encore les connaissances que fen avais acquises à l'école.

Le monde antique gree offre un champ de connaissances si vaste et si riche qu'il faudraìt toute une vie pour embrasser, ne serait-ce qu'en de vastes synthèses, tous les sujets d'étude de sesdiverses périodes.



Naturellement, pour l'étude de la culture des Grecs comme pour celle de toute culture, je dus m'instruire sur leur établissement, sur leur territoire et leur nature, et sur leur développement matériel et spirituel.

Je fus intéressé par l'établissement de ce peuple dans la Péninsule balkanique, sur les terres baignées par la mer Egée, sur les cótes de l'Asie mineure, autour de la mer Noire, sur le

littoral de l'Italie du Sud, de la Sicile, de la Cyrénaique, dans l'Ile de Crète, ainsi que par l'essor de la civilisation grecque sur ces territoires à partir du VIII' siècle avant notre ère.

L'Achaie, l'Arcadie, la Lydie, la Messénie, l'Argolide, la Laconie dans le Péloponnèse, l'ile de Crète, Mycènes, etc., jouèrent, tout au long de l'histoire de la Grèce, un grand ròle (confirmé par les découvertes de l'archéologue anglais Evans* *( Arthur Johns Evans (1851-1941)) à Cnossos, en Crète).

Les plaines de Béotie, l'ile d'Eubée, la pénin sule de l'Attique et les monts du Parnasse furent le théátre d'événements extrémement importants. La mer et les iles jouèrent elles aussi un très grand róle dans le développement de la civilisation et du, commerce des Grecs et de leurs échanges culturels avec les autres peuples du. bassin méditerranéen et du Proche-Orient, Assyriens, Sumériens, Egyptiens, Babyloniens, Perses, Mèdes et Phéniciens. J'ai dans ma bibliothèque personnelle des ouvrages qui traitent du monde égéen, de l'époque des palais de Crète, des fouilles menées à Mycènes et à Troie par Schliemann* *( Heinrich Schliemann (1822-189)) et Evans. L'Histoire est done tributaire de l'archéologie.

Les idéogrammes de Cnossos qu'Evans qua lifia d'hiéroglyphes et qui datent du début du second millénaire, se sont avérés étre un système syllabique et ont dissípé le mystère des gravures sur pierre et sur dalles, ainsi que celui des vases peints.

Il est très intéressant et utile de connaltre le développement de l'agriculture, des villes et de l'artisanat durant cette période, et, dans ce contexte, celui d'une société aux activìtés diversifiées.

La thalassocratie minoenne était une civilisation guerrière, aux marins et aux pirates redoutables. Thucydide comparait la Crète à la figure d'Athéna et le Minotáure au r61e que joua Athènes au V' siècle avant notre ère.

Les fouilles faites à Troie, localisée à l'extrémité nord-ouest de l'Anatolie, non loin des Dardanelles, que l'on ne connaissait dans un premier temps qu'à travers «l'Hiade>,- et -«l'Odyssée», mais qui f ut mise au j our par Schliemann, puis par son collaborateur Dorpfeld et dernièrement, par l'équipe américaine de Blegen de 1932 à 1938, ont rèvélé l'existence de sept villes qui s'y sont superposées du XXXII' au VIIe siècle avant notre ère. Quant aux parures qui y furent découvertes et que Schliemann attribua à Andromaque, leur appartenance est discutable.

De ces sept villes, celle qui suscite le plus grand émerveillement est Troie II. Les trésors qui y ont été' découverts sont plus an£iens que ceux de Mycènes. Qui habitait dans cette villeforteresse? Sa civilisation est plus proche de la civilisation égéenhe que de celle de la Proche Anatolie.

La civilisation crétoise s'ètait donc étendue en dehors de l'Ile, mais au début du XVIe siècle avant notre ère il existait aussi d'autres centres comme Troie, Chypre, les Sles Santorin ou de Théra, de méme que la Grèce continentale.

Un violent tremblement de terre accompagné d'une terrible tempéte détruisit et balaya tout en Crète à l'exception de Cnossos et de son célèbre palais. Selon les archéologues, cette calamité date du milieu du XV' siècle avant notre ère. D'aucuns prétendent que ce fut une éruption du volcan de l'Ile de Théra qui détruisit.les villes et les citadelles de la région.

Les Mycéniens occupèrent Cnosso&, Plu§ tard, selon le Dr Evans, un groupe de Grecs venus de la Grèce continentale établirent leur dynastie dans cette ville. Mycènes vit ainsi ternir son rayonnement.

Tout comme Cnossos, Troie constitue un problème pour les chercheurs. Selon eux, Troie VI disparut à la suite d'un tremblement de terre au XIII' siècle avant notre ère, mais les fouilles archéologiques révèlent qu'elle fut reconstruite à la méme époque. Troie VII qui la remplaga et adopta la civilisation mycénienne, mais à un niveau inférieur, fut elle-méme détruite à la suite d'une invasion brutale.



La destruction de Troie VII serait-elle l'aboutissement de la guerre de Troie, provoquée par une tribu mycénienne? Cette expédition serait-elle à l'origine du cycle des chants légendaires de «l'Iliade» et de l'Odyssée»? Ainsi que la toponymie le laisse entendre, la société patriar cale des Achéens, dominès par leurs prince~, aurait, croit-on, attaqué Troie et fourni ainsi le sujet de cette épopée.





La civilisation ionienne



L'Ionie, région d'Asie mineure baignée par la mer Egée et située dans l'actuel golfe de Smyrne (Izmir de Turquie), est considérée comme le pays où est née la science grecque vers la fin du Vjje et le début du VI' siècle avant notre ère. Cest à Milet, une des villes d'Ionie, que fut fondée la première école philosophique grecque.

La Ligue ionienne était affligée de nombreuses faiblesses. A Milet et à Samos, pauvres et riches s'affrontaient de fagon permanente. C'était là un cóté de la médaille. Mais par ailleurs, y fleurissait une brillante civilisation: on y trouvait des constructions monumentales comme le temDle d'Héra à Samos et celui d'Artémis à Ephèse, des sculptures et des statues magnifiques qui contrastaient, par leur beauté, avec les grandes statues, sans vie et sans charme, du continentles produits céramiques de Clazom,ànes fabriqués en Ionie étaient exportés partout dans le monde heìlénique.

Pendant ces siècles, la Ionie fut le théátre d'un mouvement intellectuel d'une immense envergure, qui ressemblait à une révolution; l'explication du monde et des phénomènes qui entouraient l'homme se dépouillait des mythes et de la mytholog ie. Dans leur nouvelle explication de l'univers, l'histoire, la géographie et surtout la philosophie rompirent avec la théologie jusqu'alors dominante et se fondèrent sur l'observation directe et le raisonnement logique.

Les philosophes ioniens furent peu à peu influencés par les recherches astronomiques et mathématiqúes des Assyro-Babyloniens. Ils observaient les phénomènes de la nature d'un ceil entièrement matérialíste en cherchant à concevoir une explication du monde et une cosmogonie sortant des limites fixées par la mythologie. C'était là un grand pas, d'une extréme importance, accompli sur le chemin de la science et de l'observation scientifique.

Ainsi, les penseurs de Milet, à travers leurs recherches pour faire la lumière sur la formation et la structure de l'univers et en fournir des explications globales, s'engagèrent dans une nouvelle voie. Ce fut là un véritable nouveau départ après le brouillard mythologique qui couvrait une connaissance du monde truffée de représentations inconstantes et désordonnées.

Leurs observations les persuadèrent que le monde obéissait à «un seul ordre», qui lui était propre, d'où il fallait partir pour en expliquer «la naíssance, la formation, le développement et les mouvements».

Dans cette unité ils voyaient l'origine, la cause première de tout ce qui se produit dans la nature et exerce une action dans la vie quotidienne des hommes.

L'idée que l'observation des phénomènes de la nature permet d'élaborer des règles d'une valeur niverselle donnant l'explication de tout, fit qu'on les appela physiciens (de physis, nature).

Parmi les philosophes ioniens je citerai:

Thalès de Milet. Il ne laissa aucun texte écrit. Il considérait Feau comme la substance primordiale dont tout procède, au-delà méme de la vie. Une bulle d'air hémisphérique couvrirait la terre et l'univers flotterait sur une surface liquide inf inie.

Anaximandre de Milet. Disciple de Thalès, il est le premier philosophe à laisser une oeuvre écrite.



Anaximène. Il affirma que la terre, d'aspect discoide, n'est pas soutenue par Feau qui l'entoure, et que la substance primordiale dont sont constituées et la terre et Feau, est l'air. Le ciel, pour lui, cesse d'étre une coupole.

Ces trois philosophes de Milet ne formèrent pas chacun une école philosophique distincte, comme Aristote, Platon et d'autres devaient le f aire plus tard. Ils se rapprochent, certes, par leurs raisonnements et leurs débats, mais ils suivirent tous une voie révolutionnaire qui les différenciait de leurs prédécesseurs aux vues mythologiques. On attribue à ces philosophes de Milet nombre à'observations en physique, en astronomie et en météorologie; ainsi ce serait Anaximandre qui aurait découvert le cadran solaire.

Leurs liens avec la vie quotidienne de la ville expliquent le grand nombre de curieuses anecdotes qui ont cours sur Thalès.

C'est à la tradition aristotélicienne que nous devons les fragments de leur pensée philosophique, qui nous sont parvenus plus tard. D'éminents spécialistes de la philosophie grecque des VII et VI' sìècles avant notre ère affirment qu'il est souvent difficile de distinguer ces fragments des interprétations qui les accompagnent, car les idées de ces philosophes qui apportaient des vues entièrement nouvelles ont été élaborées postérieurement par ceux qui nous les ont retransmises. C'est pourquoi, selon ces hommes d'étude, il est difficile de distinguer les thèses et les conceptions exactes de ces philosophes de celles des philosophes qui leur firent suite, c'està-dire de ceux de l'école aristotélicienne, lesquels conservèrent et nous transmirent ce précíeux trésor de la pensée humaine.

Thalès chercha à découvrir et à expliquer l'élément matériel qui se trouvait à l'origine de la vie. Et il aboutit, comme je l'ai dit, à la conclusion que c'était . Feau. Aristote traduit cette idée de Thalès en indiquant que la semence* *( En frangais dans le texte.)qui crée la vie est un liquide.

L'idée que «le monde flotte sur Feau». ainsi que celle que «l'esprit pénètre tout», que le monde est «rempli de dieux», avaient leur origine dans les philosophies anciennes des 'peuples du Moyen~Orient avec qui les Grecs entretenaient des échanges commerciaux et intellectuels continus et se livraient à des débats philosophiques. Cela revenait à affirmer que toute matière est vivante, «animée» et que l'homme est impuissant à influer sur sa formation.

En conséquence, les mythes furent en quelque sorte rationalisés, et une nouvelle voie ainsi tracée: les phénomènes de la nature furent expliqués par leur nature méme et non plus par la mythologie, ce qui était au. fond une conception matérialiste du monde.



<<Il est vrai, dit Engels, que la conception matérialiste de la nature ne signifie rien d'autre qu'une simple intelligenee de la nature telle qu'elle se présente, sans adjonction étrangère, est c'est pour, cela qu'à l'origine elle était l'évidenee Méme chez les philosophes grecs.>>* *( F. Engels, La Dialectique de la nature, éd. alb., p. 228,)



La pensée d'Anaximandre apparalt plus complexe que celle de Thalès. Anaximandre rejette l'ídée qu'un élément comme Feau serait à Yorigine de la vie et auralt un róle dominant dans la nature. Aussi, dans son traité «De la nature», il congoit une substance originale, sans appellation, indéterminée, éternelle et íllímitée, qu'il désigna par le terme obscur d'apeiron.

Que signifie ce terme? Il veut dire l’infini ou l’indéterminé*.*(En français dans texte) Cest en cela, affirme ce philosophe disciple de Thalés, qu'est la source de la vie et du mouvement. <<L'équilibre du monde, indique-t-il, réside dans les contraires» (la chaleur et le froid, la sécheresse et l'humidité). C'est tantót l'un tantót l'autre de ces contraires qui domine, comme l'illustrent aussi, selon lui, les saisons de l'année. Toujours d'après lui, «la terre n'a pas besoin d'appui, car elle ressemble à un tambour à co-r lonnes. Le monde tient gráce à l'attraction des contraires>>.

Anaximène, quant à lui, opte pour un autre élément qui serait le principe du monde et auquel l'hom,me est confronté à chaque heure, chaque jour de son existence; c'est l'air, qui remplit l'espace et qui varie suivant sa condensation et sa raréfaction.



D'après Anaximène, l'air est le principe de l'univers e tous les mouvements, ceux des vents, des eauy des étoiles, etc., sont le résultat de l'actìon de deux contraires, la condensation et la raréfaction.

Ces conceptions des philosophes grecs de Milet sont autant de tentatives d'explication globale des phénomènes astronomiques ou de l'origine de l'homme, fondées sur des argumentations logiques. Ces philosophes, dès le VIIe le VI' et le V' siècle avant notre ère, nous proppsent «des constructions fantastiques, mais reposant sur une logique rationnelle».

Xénophane de Colophon vécut au VIe siècle avant notre ère. A la fois poète et théologien, il poursuivit les spéculations philosophiques. S'opposant à toute vision anthropomorphique des dieux, il propose un principe unique, étemel,. indestructible, bon, qui coexiste avee l'univers, qu'il appelle dieu.

Il estime que la vie organique est le résultat d'<<un mélange de terre et d'eau>>.

Héraelite d'Ephèse vécut dans la seconde moitié du VIe siècle avant notre Ore. Avec lui, la pensée physicienne et l'esprit encyclopédique disparaissent au profit d'une argumentation philosophique pure, qui met l'accent sur les capacités intellectuelles de l'homme et sur l'intelligence en tant que «facteur intuitif de l'étre humain».

L'héritage laissé à l'humanité par la philoe réduit à auelciues sophie d'Héraclite d'Ephèse sfragments, ce qui a empéché la formation d'une vision cohérente de sa brillante pens~ée, qui a ainsi donné lieu à des interprétations multiples et contraffictoires.

Le flambeau de sa philosophie fut rallumé à Crotone dans la Magna Grecia (c'est ainsi que l'on appelait en ce temps-là une partie de l'Italie du Sud et de la Sicile, où étaient établies de nombreuses colonies grecques) par Pythagore de SamoS (VIe Siècle avant notre ère) et Anaxagore de Clazomènes.

Pythagore fut à la foís mathématicien et un philosophe idéaliste.

Né dans l'ile de Samos au VIe siècle avant notre ère, ce grand homme de la Grèce antique et mourut à Crotone dans la Magna Crecia.

Empédocle a dit de Pythagore: «Dans sa longue vie se condense celle de dix ou vingt générations humaines.»

Pythagore fut le disciple de l'athée An'aximandre et du mystique Phérécyde, du VI' siècle avant notre ère. Il avait beaucoup voyagé dans les iles de Grèce, en Asíe mineure, berceau de Phellénisme, et en Egypte. Il fut aussi l'ami de Polycrate, tyran de Samos, animateur des échanges commerciaux et de la construction d'ouvrages Cart et d'édifices publics (dans un de ses récits, Hérodote évoque un canal souterrain de 900 mètres de long percé pour conduire Feau d'un point de l'ile à un autre, construit suivant une technique rarement employée et d'une exceptionnelle perfection. On en parlait comme d'un joli «conte» inventé par Hérodote, mais au XIX' siècle ,de notre ère un archéologue fínít par découvrir ret aqueduc.)

A propos de Pythagore, Aristote rapporte gue les babitants de Crotone -le considéraient romme le fils d'Apollon» (dieu du Soleil chez les Grees), alors qu'un proverbe disait: «11 y a, parmi les créatures douées de raìson, des dieux, des héros et des étres comme Pythagore».

«Il accomplissait des miracles, conversait avec les astres, descendaìt chez Hadès», etc. Son auto rité était telle que ses disciples disaient de ses assertìons «Le Maitre a dit». Et ce qu'il avait dit devenait une loi.

Pour qu'un mythe puisse naitre et grandir il f aut un «noyau~» approprié, une graine. «Les médiocres et les charlatans ne peuvent créer de mythes, et méme s'ils arrivent à en créer, ils ne tardent pas à dispáraitre.»

La conceptíon pythagoréenne du monde résìsta aux siècles et parvint jusqu'à nos jours. Pythagore fut le premier à utiliser le terme de philosophie.

L'<<harmonie>>, de Pythagore, dans son sens large, comme l'appelle l'Anglais Yokle Burnett dans Early Greek Philosophy, consiste dans le nombre, la «figure».

Dans sa vaste vision du monde, Pythagore unit la scienee et la religion, les mat ématiques et la " musique, la médecíne et la cosmologie, le corps, l'esprít et Fáme dans une «brillante synthèse», et le monde forme ainsi un tout dont tous les éléments sont Rés comme les maillons d'une chaine.

La sphèrè de Pythagore Pythagore pensait qu'il y avait au centre de l'univers un grand feu et il considérait la terre comme une planète qui tourne autour de ce corps central. Il aboutit à cette conclusion à partir de la musique, en traitant de la musique des «sphères». La longueur d'une corde détermine la hauteur de la note qu'elle émet, alors que les inter~ valles consonants sont le résultat d'un rapport numérique simple: l'octave 2A, la quinte 3:2, la quarte 4:3, etc.

Les Pythagoriciens émirent l'hypothèse déterminante du rapport de la qualité à la quantité,. de la réduction du monde à des rapports numériques. Par là méme, dans la vie de l'humanité fut accompli le premier pas vers la mathématisation des observations humaines, qui donna naissanceaux débuts de la scienee, mais encore, cependant, avec beaucoup d'éléments mystiques et théologíques. Lénine y voyait la liaison

«d'embryons de pensée scientifique avee l’magination, à la façon de la religíon, de la mythologie.»* *( V. Lénine, CEuvres, éd. alb, t. 38, p. 272.)

C'est ainsi que commenga la <<danse céleste des nombres>>. <<Les cordes de la lyre d'Orphée>>, personnage mythologique, poète et musicien des légendes thraces, «ont une importance seconclaire,, elles peuvent revétir n'ìmporte quelle forme,l'essentiel est d'en garder les proportions». «La musique est constìtuée par des rapports, par des nombres et par la structure de la gamme. Ces rapport$ seuls sont éternels, tout le reste dísparalt. Etant de nature spirìtuelle et immatérielle, fis perjpettent de surprenantes opérations intellectuelles».

D'où la conclusion que -les formes géométriques et les lois mathématiques sont le moyen _le plus efficace pour purifier Fáme des passions terrestres, et en méme temps le lien fondamental entre l'homme et les dieux».

Le fil reliant la musique aux nombres devint Faxe du système pythagoréen.

Ainsi, la philosophie ionienne était matérialiste en ce sens qu'elle tendait avant tout à la recherche de l'élément matériel premier dont est ---constitué l'univers. Pour les Pythagoriciens, par contre, cet élément consistait dans les proportions, les formes et le plan, eidos et schema, la relation, et non pas dans les éléments entretenant cette relation.

«Tout est matière». et ne s'anime qu'au moment où des troubles sont suscités par les transformations, quand «la substance» se mue en «forme>-, «la structure en fonction», «Ies atomes en continuité», «les corpuscules en ondes», etc.

L'axe du système pythagoricien se prolongea à ses deux bouts, d'une part vers les astres, et, de l'autre, vers le corps et l'esprit de l'homme. Il reposait sur une base constituée de deux concepts, l'«harmonie» et la «catharsis».

Les Pythagoriciens considéraient le «corps» comme un instrument de musique dont chaque corde devait avoir «la tension requise et l'équilibre nécessaire» entre les contraires, comme «le bien et le mal», «la lumière et l'obscurité», «la chaleur et le froid», «la 9écheresse et l'humidité% etc.

Le mot .-harmonie,.>. au VI' siècle avant notre ère n'avait pas en Grèce le sens qu'il a acquis de nos jours (la musique grecque ne connaissait pas cette harmonie-là). C'était «la tension des cordes dans les intervalles de la gamme», c'était «la figure de la gamme elle-méme». Pour Pythagore cela voulait dire que l'univers et la loi qui le régit sont Péquilibre, l'ordre et non pas la volupté (Kestler, Les Somnambules).

L'univers pythagoréen comprend aussi la tonique, la thèse qui considère la philosophie comme la musique la plus perfectionnée et affirme que la forme la plus élevée de la philosophie appartient aux «nombres».

<<Tout revét une forme donnée, tout est forme et chaque forme peut étre exprimée, définie par des nombres».

Ainsi la forme du carré correspond à un nombre carré, c'est-à-dire 16=4x4, alors que 12, est un nombre oblong et 6 un nombre triangle.



Les Ioniens ouvrirent l'huitre cosmique.

Dans l'univers pythagoréen la Terre, de disque, devient sphère et autour de cette sphère, cette boule de feu, le Soleil, la Lune et les pianètes, gravitent, décrivant des cereles concentriques. Mais ces astres, le Soleil, la Lune et les planètes, sont des sphères fixées sur une roue. Leurs mouvements dans l'espace de la nuit et de l'air, disaient les Pythagoriciens, émettent des sons musicaux. Toujours selon eux, «à toute pianète correspond une note distinete qui est fonction de son orbite, de méme que la note arrachée à une lyre dépend de la longueur de la corde pincée».

Ainsi, le Soleil, la Lune et les planètes for ment dans l'espace des cereles concentriques et il va de soi que les cordes orbitales sont «régiespar les lois de l'harmonie.

Pline (l'Ancien)1 nous dit que, selon Pythagore, la distance entre la Terre et la Lune était d'un ton, entre Mercure et Vénus d'un demi-ton, entre Vénus et le Soleil d'une tierce mineure, entre le Soleil et Mars d'un ton, entre Mars et Jupiter d'un demi-ton, entre Jupiter et Saturned'un demi-ton et entre Saturne et la sphère des. étoiles fixes d'une tierce mineure.

D'où la gamme de Pythagore:

Ut [do], ré, mi-b, sol, la, si-b, si, ré.

Selon la tradition, le «maltre» avait le don d'<<entendre réeHement la musique des sphères>>.

Le réve de Pythagor e érige le mouvement des étoiles en harmome musicale.

La question se pose de savoir si «l'harmonie des sphères» est une vision «poétique» ou «une notíon scientifique», une «hypothèse» de travail ou le «réve» d'un mystique.

A en croire divers astronomes au cours des siècles, ce ne serait qu'un «réve».

Aristote chassa, en la raillant, «l'harmonie cé leste» du «palais» de la science exacte et sérieuse. Mais voici qu'à la fin du XVI' siècle, apparaìt Johannes Kepler qui fut attiré par le «réve de Pythagore». Sur cette base fantaisiste, mais en utilisant les moyens qu'offre la raison, il -se mit à construire l'édifice de l'astronomie moderne.

Etrange épisode de l'histoire de la pensée humaine, qui montre que le progrès des sciences .suít dífférentes voíes et peut méme étre suscité par une idée qui, à travers les siècles, à été considérée comme un réve, un produit de l'imagination.

Divers savants s'insurgent cohtre le fait que toutes les découvertes philosophiques de ce temps, mystiqùes ou rationnelles, mathématiques ou géo-rnétriques, soient attribuées à Pythagore. Ils soutiennent qwune partie de ces découvertes doivent étre l'oeuvre de ses disciples, qui, respectueux du culte de leur maltre, les lui attribuaient toutes.



Pythagore et Ae culte d'Orphée»



Pythagore conféra un sens nouveau à l'orphisme.

La médecine et la scienee pythagoriques étaient faites de notions et obéissaient à des Commandements différents du culte de Bacchus, d'Orphée, d'Apollon, etc., sans égard au fait qu'elles formaient, sur le plan conceptuel, un tout avee lui.

La fonetion de la géométrie pythagoréenne, dit Plutarque, nous détache du monde des sens et de l'éphémère pour nous introduire dans le monde de l'intellect et de l'éternel. «La contemplation de l'éternel est le but ~de la philosophie, tout comme la contemplation des mystères est le but de la religion» (B. Farríngton, Greek Scíences). Mais, selon la conception pythagoricìenne, ces deux buts sont indéterminés.

Tout dans le système de Pythagore était construit à partir de «diagrammes formés de points». Mais voilà que les Pythagoriciens découvrirent une catégorie de nombres, comme la racine carrée, qu'il était ímpossible de diviser en un nombre fini de points. On dit qu'ils gardèrent le secret sur cette découverte, celle des nombres irrationnels (arrhetos-sans nom) c'est-à-dire celle qui portait un coup direct à leur système.



Hippasos, disciple de Pythagore, éventa le secret, provoquant ainsi un scandale, mais il fut condamné à mort (Danzig, The Language of Scíence).

Pythagore et ses disciples de Crotone et de certains autres centres de la Magna Grecia, vivaient et agissaient réunis en des hétairies, associations fermées et mystiques, qui, à la mort du «maltre» et dès que le secret -des nombres ìrrationnels eut été éventé, furent dissoutes, alors que leurs membres, persécutés, se dispersèrent.

Mais la véritable raison de l'affaiblissement et de la rupture de ces associations pythagoréennes, qui représentaient et défendaient l'aristocratie eselavagiste, est à rechercher dans la lutte de classes qui avait lieu à l'époque, et à la fois dans la victoire de la démocratie eselavagiste sur l'a~istocratie esclavagiste.







MARDI

25 OCTOBRE 1983



NOTE

Le Premíer minístre yougoslave Planine est en visite officielle en Grèce. D'après l'agenee TANJUG, les entretiens qu'elle a eus avee le premier ministre gree Papandréou, ont porté sur «la situation actuelle politique et économique dans le monde, le développernent des relations bilatérales, l'extension du commerce et de la coopération économique». C'est tout ce que dit le communiqué officiel de TANJUG; mais ce qui m'a frappé, c'est que dans le discours qu'elle a prononcé au cours d'un diner offert par Papandréou, Planine a touché également le problème des minorités nationales, déclarant que «les minorités nationales, qui, à la suite de circonstances historiques données, constituent une partie de la réalité de la région du monde où nous vivons, doivent servir de ponts solides de confiance, d'amitié et de collaboration».

Nous, Albanais, savons très bien ce que vise Planine par ces déclarations et les odieux complots qui couvent sous ses menées antíalbanaises en Yougoslavie et en Grèce. Nous en prenons done note.





MERCREDI

16 NOVEMBRE 1983



LE PROBLĒME DE CHYPRE ET SES RĒCENTS

DĒVELOPPEMENTS

L'Assemblée législative de la communauté turque de Chypre a proclamé <<la République turque de Chypre>>, c'est-à-díre l'indépendance de la partie septentrionale de l'ile.

Cet événement aura certainement un grand écho et des incidences sur le plan international; il envenimera encore les rapports déjà assez tendus entre Tures et Grees, accentuera le danger d'intervention des superpuíssances et dégradera la situation actuelle, déjà très inquiétante en Méditerranée.

Ces faíts sont l'affaire des íntéressés. Quant à nous, nous prendrons posítion au moment voulu. Nous avons soutenu le peupIe cypriote, grec et ture, dans sa juste lutte pour la liberté et son indépendance nationale; nous avons toujours jugé que le problème de Chypre ne peut recevoir de solution juste et durable qu'à travers des négociations entre les deux communautés et sans aucune ingérence de l'étranger.





DIMANCHE

15 JANVIER 1984



EN GRĒCE IL EXISTE UNE OPINION QUI NOUS

EST FAVORABLE



J’avais invité à diner Ceno Nushi* *( Ksenofon Nushi, ambassadeur de la République populaire socialiste d'Albanie en Grèce.) avant son retour à Athènes et j'ai conversé avec lui. Il semble qu'il existe en Grèce une opinion qui nous est favorable. Nous avons des problèmes avec la Grèce, mais ils sont différents de ceux qui nous opposent à la Yougoslavie. Les prêtres peuvent bien hurler tant qu'ils veulent, la minorité grecquede chez nous observe une attitude irréprochable.

Quoi quffi, en soit, c'est l'opinion démocratique grecque qui compte pour nous. Des hommes progressistes qui ne soient pas d'accord avec les prétres, il y en a peut-étre jusque dans le parti <<La Démocratie nouvelle>>.

Nous devons aussi savoir que la Yougoslavie incite la réaction grecque à soulever avec plus d'insistance le problème de la minorité grecque en Albanie. Les Yougoslaves mènent eux-mêmes un grand tapage autour de ce problème, en prétendant que la question nationale n'a pas été correetement résolue chez nous. Ils essaient done de retourner contre nous les arguments que nous s contre eux et soutiennent que les minorités grecque et macédonienne en Albanie ne jouiraient d'aucun droit. Non contents de prétendre calomnieusement que la minorité grecque appule l'activité antialbanaise des vorio-Epirotes, les Yougoslaves soulèvent le problème des Aroumains (des Valaques). Demain, ils pourront fort bien dire que chez nous les Juif s aussi sont privés de leurs droits, etc. Les Yougoslaves s'empressent de faire chorus, avec la réaction grecque, qui s'indigne bruyamment de notre loi sur le changement des prénoms. Il est vrai qàe nous avons approuvé une loi prévoyant le changement des prénoms à connotation péjorative et umiliante, mais c'est un acte tout à fait naturel, vu que certaines gens portaient des prénoms qui les génaient, des prénoms et des noms de famille humiliants et parfois des plus vulgaires. C'est cette loi qu'ils invoquent et ils nous accusent de l'utiliser comme une arme pour liquider les minorités nationales et les assimiler, et que nous l'aurions fait en détruisant leur religion, en changeant leurs noms et en faisant d'eux des Albanais!

Les titistes yougoslaves mènent cette campagne, de propagande antialbanaise au moment meme où la réaction grecque elle-méme et les associations vorio-épirotes se taisent en raison de nos prises de position justes sur certains problèmes politiques internationaux qui intéressent aussi la Grèce, comme notamment le problème cypriote, qui a mis le gouvernement grec en difficulté. Notre attitude correcte face aux récents évènements de Chypre a fait dire à la réactiori grecque: «Attendons un peu, car l'Albanie aurait pu se prononcer contre nous dans cette affaire.»



Et puis, il y a notre point de vue sur le ref us de la Turquie de participer à la réunion sur la dénucléarisation des Balkans. C'est important, car en fait elle est dirigée contre l'OTAN, contre les Etats-Unis d'Amérique, la Turquie n'y participe pas à cause précisément du premier point de l'ordre du jour, la dénucléarisation des Balkans. Les Turcs ont déclaré officiellement que si l'on n'excluait pas ce point de l'ordre du jour, ils ne participeraient pas à la réunion.

Concernant notre politique vis-à-vís de la Grèce, nous devons respecter notre ligne tout en restant souples. Que veut dire rester souple? Cela veut dire que là où le gouvernement grec a raison, nous ne devons pas le lui nier, mais reconnaltre le bien-fondé de sa position. Voilà, c'est dans un cas pareil qu'il faut faire preuve de souplesse. Et disons-nous bien que c'est une attitude que nous devons observer dans d'autres cas aussi. Mais quand nous parlons de souplesse, nous n'entendons pas par là aller jusqu'à nuire aux intéréts de notre peuple. En aucune façon.





JEUDI

2 FĒVRIER 1984



DĒMASQUONS CEUX QUI CHERCHENT Ā SAPER

L’AMITIĒ, ENTRE NOS DEUX PEUPLES



Ces jours-ci le métropolite Sébastianos, accompagné d'autres réactionnaires, s'est rendu aux Etats-Unis pour déposer devant une commission du Sénat américain au sujet de la prétendue mauvaise situation de la minorité grecque en Albanie. En méme temps la presse réactionnaire grecque a tendancieusement répandu le bruit que nous aurions l'intention d'assassiner Sébastianos.

Ces jours-ci un voyou enfoui en Grèce nous a envoyé une lettre par laquelle il menace de faire sauter notre ambassade à Athènes si nous ne permettons pas à sa famille d'aller le rejoindre.

Face à cette campagne antialbanaise menée par la réaction grecque et contenant des calomnies et des attaques contre notre pays, nous ne pouvons nous empécher de protester avec le plus grand sérieux auprès du ministère des Affaires étrangères de Grèce. Au nom de notre gouvernement, il faut lui demander de prendre les me sures requises pour que ces faits-là ne se répètent plus et aussi pour assurer, conformément au droit et aux règlements internationaux bien connus, une atmosphère de travail tranquille pour notre ambassade et son personnel, tout comme nous l'avons fait pour l'ambassade grecque à Tirana. Cette démarche doit servir d'avertissement ferme et sérieux de notre part à l'adresse du gouvernement grec.





MARDI

14 FĒVRIER 1984



LES EFFORTS DE LA RĒACTION POUR CRĒER DES

GROUPES HOSTILES DANS NOTRE PAYS SE

SOLDERONT TOUJOURS PAR UN ĒCHEC

La réaction serbe et grecque s'efforce de créer dans notre pays des groupes hostiles en faisant circuler des rumeurs propres à susciter le mécontentement au sein des minorités grecque et macédonienne*.*( Au dernier recensement, qui eut lieu le 7 janvier 1979, il y avait en Albanie 4163 personnes d'origine ethnique slave.) La réaction yougoslave cherche à semer le mécontentement dans les minorités pour faire contrepoids aux événements de Kosove. En cela, elle bénéficie, avec la réaction grecque, du soutien des milieux réactionnaires américains.

Concernant ce problème, si l'on se réfère à l'histoire et aux documents de la Seconde Guerre mondiale, il ressort que les Etats-Unis se sont opposés à l'annexion de l'Albanie du Sud, le «Vorio-Epire» selon l'appellation grecque, par la Grèce, alors que l'Angleterre, soucieuse <<de satisfaire la Grèce>>, y était favorable.

Quelles ont été les raisons de cette attitude des Etats-Unis? Il se peut que ce soit pour ne pas déplaire à l'Union soviétique ou à la Yougolavie, auxquelles nous étions alors liés d’amitié, ou pour quelque autre raison de grand intérét pour eux, que nous ne pouvons définir exactement. Mais la situation a évolué, et les Américaìns soutiennent aujourd'hui la réaction grecque. Cela tient peut-étre à la grande influenee du lobby grec dans les organes supérieurs des U.S.A., comme le Sénat, etc. Cependant, il convient d'observer que jusqu'à présent ni le Sénat ni le département d'Etat n'ont ouvertement ni officiellement soutenu les prétentions de la réaction grecque.

Quant à la comparaison, si chère à la réaction, entre l'oppression des Albanais de Kosove et la situation de la minorité grecque chez nous, elle ne tient absolument pas debout. La minorité grecque dans notre pays jouit des mémes droits que le peuple albanais. Elle a méme ~énéficié de certains avantages, comme l'électrification ou l'adduction d'eau potable, avant méme les Albanais de la région. Le niveau de vie des minoritaires grecs est quasi plus élevé qu'ailleurs en Al~banie, tandis que les Albanais de Kosove sont non seulement opprimés politiquement et économiquement, mais aussi dépouillés de tous leurs droits.

A l'avenir aussi la ligne de notre Parti à l'égard de la minorité continuera d'étre appliquée avec fermeté. Les minoritaires seront toujours traités en frères, ils bénéficieront des mémes avantages que notre peuple. La situation des minoritaires est saine, et leur amitié avec les Albanais est solide.

En ce qui concerne le problème religieux, le elergé Athènes, du Vatican ou de quelque autre capitale doit bien se persuader qu'en Albanie socialiste le temps de la religion et des églises est à jamais révolu. Si quelqu'un veut croire en une religion, il n'a qu'à le faire en son for intérieur, mais quant à créer en Albanie, à l'intérieur de notre Etat et de notre République, une institution religieuse, une Eglise, comme un «royaume» à part, qui établisse et entretienne des liens secrets avee la réaction catholique, grecque, serbe etc., cela, nous ne le permettrons pas méme si le sénat américain, voire l'Amérique entière, se dressait pour protester. Des influences religieuses, il y en aura méme après 100 ou 150 ans, mais nos jeunes les ignoreront ou les rejetteront. Dès aujourd'hui nous avons une jeunesse qui ne croit ni en Dieu, ni au Christ ni à Mohamet.





MARDI

14 FĒVRIER 1984



UNE RĒUNION DONT LES TITISTES CHERCHENT Ā PROFITER Ā DES FINS HOSTILES Ā NOTRE PAYS

J'ai eu aujourd'hui un entretien avec les camarades secrétaires du CC du Parti sur les résultats éventuels de la réunion des experts des pays balkaniques convoquée à Athènes dans le cadrede «la coopération interbalkanique et de l'examen des possibilités actuelles de faire des Balkans une zone de paix et dénucléarisée».

J'ai dit aux camarades que, à mon avis, cette réunion peut prendre des décisions en ce qui concerne la coopération, mais quant à la dénucléarisation des Balkans les experts ne parviendront à aucun accord. Pas davantage, concernant l'exploitation de l'énergie atomique à des fins. pa~cifiques, cette réunion ne pourra obtenir de résultats concrets, car les pays participants manquent Ld'uranium et ne disposent pas du potentiel économique nécessaire pour construire des réacteurs atomiques sans l'aide et les crédits des grandes puissances.

A cette occasion, j'ai parlé aux camarades ,d'un commentaire du. correspondant de l'agence yougoslave TANJUG à Athènes, qui, à propos de certains problèmes soulevés à la réunion en question, s'en prend à nous. Il s'agit d'une t -petite charte»» d'Helsinki, du problème des rapports bilatéraux et multilatéraux, de la création d'un «Marché commun balkanique», des «Balkans unis sans armes atomiques, mais dotés d'un armement conventionnel affranchi du contróle des superpuissances», etc. J'ai dit qu'à part leurs attaques, les Yougoslaves, par ce commentaire, cherchent à nous tromper pour nous attirer le, nous disent-ils, dans un piège. Si, par exemp vous voulez que la Grèce abroge la loi de «l'état de guerre» avec vous, venez ici, à la réunion d'Athènes, à l'issue de laquelle nous approuverons un document commun; et si vous étes pour le maintien des frontières actuelles, prenez un engagement au. niveau balkanique, afin que nous non plus ne vous demandions pas une révision des frontières, etc., etc.

Ce commentaire, montre que les Yougoslaves tendent à créer un <<bloc>> soi-disant ouvert, mais en fait fermé, soi-disant indépendant, mais en fait dépendant et de l’Ouest et de l'Est. De cette maniere, ce «petit bloc» serait le troisième en Europe. On aurait ainsi à part l'OTAN et le pacte de Varsovie, le bloc balkanique. Puis, ce serait la coordination des opérations commerciales, c’est-à-dire la création d'un «Marché commun balkanique» semblable au Marché commun européen et au Comecon, et les pays balkaniques ouvriraient tous leurs f rontières à l'instar de la Yougoslavie.

En fait ce sont les Etats-Unis qui soutiennent en sous main cette politique. Mais l'Union soviétique est elle aussi présente, elle s'efforce de pénétrer dans le pays pour mieux en connaltre la situation, parce que, en réalité, elle souhaíte que les pays balkaniques soient divisés pour pouvoir les engloutir plus facilement.

Les efforts en vue de la création d'une union balkanique remontent bien loin dans le temps, à l'époque de Churchill. Sous ce mot d'ordre, les titistes yougoslaves tentèrent de s'annexer d'abord l'Albanie, puis de s'emparer de la Bulgarie. Mais nous n'avons pas donné dans leur piège, parce que nous sentions le danger que présentait une pareille confédératíon balkanique, que Tito, sans ménager ses pressions, appelait de ses vceux.

L'expérienee nous a appàs, à nous, Albanais, à ne nous fier à qui que ce soit que jusqu'à un certain point. Au-delà de cette limite nous commengons à tendre notre vigilance. C'est ainsi que les révisionnistes soviétiques auront beau faire leur autocritique ou n'importe quoi d'autre, nous nous méfierons toujours d'eux parce que nous les connaissons bien. Je dis cela des Soviétiques, et c'est d'autant plus valable pour les titistes yougoslaves.

Nos ennemis, les révisionnistes de toutes les couleurs, la réaction grecque et yougoslave, etc., veulent étouffer notre force idéologique. Mais ils n'y parviendront jamais.

Notre saine position idéologique donne sa force à l'économie de notre pays mais s'appuie aussi solidement sur celle-ci. Aujourd'hui nous n'avons besoin de tendre la main à personne. Si nous tendions la main à quelqu'un, c'en serait fait de notre politique indépendante. Mais nous sommes déterminés à ne pas le faire. Nous préférons nous contenter de ce que nous avons et vivre indépendants.

Les hommes progressistes comprennent bien notre attitude et la justesse de nos prises de position, et c'est précisément auprès d'eux que nous trouvons un grand soutien.





DIMANCHE

26 FĒVRIER 1984



LE PAPE S'INGĒRE DANS NOS AFFAIRES

INTĒRIEURES

Au cours d'une visite pastorale dans les Pouilles, le pape polonais Jean-Paul II a tenté, lui aussi, de s'ingérer dans nos affaires intérieures. Dans un discours prononcé dans une église de Bari, il a pris la défense des prétres catholiques réactionnaires en nous accusant d'empécher les catholiques de chez nous de «pratiquer leur religion». E a dit que ces derniers «occupent une place à part» dans son coeur. Voilà qu'un nouveau Duce est apparu, car le premier aussi <<portait l'Albanie dans son coeur>>. Mais nous remettrons aussi à. sa place le Duce de l'Eglise!

Nous sommes en présenee d'une vaste campagne d'attaques et de calomnies orchestrée contre l'Albanie. Le syllogue vorio-épirote, les chauvins serbes et le pape ont embouché leurs trompettes et ils f ont en choeur un grand battage sur les «droits de l'homme» qui seraient soidisant foulés aux pieds en Albanie, sur l'interdiction de la libre pratique de la religion, sur le péril que notre pays ferait courir à la paix dans les Balkans, etc.

Nous devons donner à ces ennemis de notre peuple et de notre pays une réponse ferme, résolue et, comme toujours, múrement réfléchie.





LUNDI

27 FĒVRIER 1984

DE RĒFUTONS LES CALOMNIES ET LES ATTAQUES

NOS ENNEMIS

(Thèses pour un artiele)*

*( Publié dans le <<Zéri i Popullit>> du ler mars 1984 sous le titre: «Les calomnies et les attaques des ennemis n'effralent ni n'ébranlent je peuple albanais».)

- La réaction antialbanaíse dans certains pays voisins a monté une vaste campagne d'attaques et de calomnies contre notre pays socialiste. Nous avons affaire à un choeur qui rassemble le syllogue vorio-épirote, les chauvins serbes et le pape. Les fils de ce triangle antialbanais conduisent à Washington et à d'autres centres spécialisés dans la lutte contre le socialisme.

- Ce choeur est organisé par ceux qui sont hostiles à la politìque de principes, conséquente et de bon voisinage suivie par notre pays, aìnsi qu'à l'attitude de l'Albanie en tant que vérítable facteur de paix et de stabílíté en Europe.

- Faisons maintenant l'historique des manifestations antialbanaises organisées devant notre ambassade à Athènes et des attaques lancées contre nous par la presse réactionnaire grecque. Elles se rattachent à la visite du prétre de sinistre renom Sebastianos, aux Etats-Unis.

- Conformément aux ínstructions reques des centres impérialistes antialbanais, la réaction grecque a axé sa campagne contre notre pays sur les persécutions et la répression dont serait soidisant l'objet la minorité grecque en Albanie. Dans l'article en question nous devons dire la vérité, montrer les progrès enregistrés dans cette région, les droits dont y jouissent les minoritaires grecs, leur vie henreuse. Citons-y des déclarations positives faites par des Grecs qui ont visité la minorité, ministres, diplomates, journalistes et écrivains progressistes, citons aussi les déclarations du ministre Acriatidhis au parlement grec en 1982, etc.

- Soulígnons que la campagne antialbanaise orchestrée par la réaction grecque et qui va s'accentuant, est en opposition ouverte avec les déclarations politiques du gouvernement grec, qui est disposé et cherche à établir des relations amicales avec les pays voisins, à collaborer avec les dans tous les domaines, etc.

- Dénonqons avec force les déclarations provocatrices du porte-parole de la «Nouvelle démocratie», Mitsotakis, qui a demandé la modificatíon du status des frontières et pose la question du démembrement de l'Albanie du Sud.

- Puis, démasquons aussi avec force le discours antialbanais que le pape Wojtyla à prononcé ces jours-ci à Bari dans les Pouilles. Indiquons qu'il a été chargé d'une mission spéciale consistant à dénigrer l'Albanie et son peuple, mission dont il s'acquitte avec un grand zèle.

- Après avoir expliqué et rejeté lès <<inquiétudes>> du pape sur la situation de la religion en Albanie, citons le passage de son discours à Bari où il dit: <<Mes pensées vont à nos frères et sceurs, d'Albanie... Je tiens à leur assurer qu'ils occupent une place à part dans mon coeur>>. Rappelons dans l'article que le Duce aussi disait: «L'Albanie est dans mon coeur». Mais l'Albanie n'est pas la Pologne et les Albanais ont fixé ses limites au pape actuel, tout comme ils l'ont fait au Duce et aux autres papes qui bénissaient le fascisme et collaboraient avec lui pour attaquer les peuples et leur ravir la liberté.

Arrétons-nous ensuite dans cet artiele sur les arrière-pensées et les visées des chauvins de Belgrade à l'encontre de notre pays, soulignons que les grands-Serbes de Belgrade jouent, de concert avec la réaction grecque et le Vatican, un róle primordial dans la campagne menée actuellement contre nous. Les chefs de file de Belgrade sont animés contre l'Albanie socialiste et tous les Albanais d'une haine et d'un esprit chauvin qui les amene à collaborer et à comploter avec n'importe qui et à tramer toutes sortes d'intrigues contre notre pays. Citons à ce propos les dires du journal grec <Eleftherotipia>>* *( Dans son numéro du 25 février 1984, on lit: <<Nous sommes devenus inconsciemment les partenaires des Yougosiaves dans le jeu suspect auquel ils se livrent au dépens de l'Albanie, dont ils ont toujours recherché le démembrement.>>) et l'article publié dans le journal yougoslave <<Borba>>* *( Du 25-26 février 1984.) où apparaissent clairement les tentatives de Belgrade pour nuire aux bonnes et amicales relations qui existent entre l'Albanie et la Grèce.

- En un temps où ils renforcent leurs rap ports politiques et militaires avec les Américains et goútent leur lune de miel avee le chauvinisme vorio-épirote, les chefs de file de Belgrade, cherchant à détourner l'attention de l'opinion internationale de la question de Kosove, intensifient leurs attaques et leurs calomnies contre l'Albanie en langant le slogan <<l'Albanie est une source de tension dans les Balkans>>.

Mais ni leurs tentatives pour présenter l'Albanie socialiste sous un jour sombre, ni les cris antialbanais des réactíonnaires grecs, ni les attaques perfides du, Pape, ni les promesses des Etàts-Unis de «mater» l'Albanie, ne parviendront à assainir la situation intérieure de la Yougoslavie.

Personne, que ce soient l'Amérique, les hauts dignitaires grecs, le Vatican, les chauvins grands-serbes, et d'autres qui seraient disposés à s'unir à eux, ne pourront détourner l'Albanie de sa voie socialiste, de sa politique de principes. Le peuple albanais n'est pas de ceux qui ont les nerfs peu solides.



VENDREDI

9 MARS 1984

INCIDENT ENTRE LA TURQUIE ET LA GRĒCE

Hier, vers minuit, aux alentours de l'ile de Samothrace, dans la mer Egée, une escadre de bátírnents de guerre tures a ouvert le feu sur un destrover grec. C'est ce qu'a annoncé le norteparole du gouvernement grec, qui a qualifié cet incident de <<grave provocation>>.

La partie turque, rejetant cette accusation la considère elle-méme comme une «provocation» et ajoute que les bátiments turcs, qui effectuaient des manoeuvres d'entrainement, ont tiré en l'air et non pas en direction du navire grec.

Il va sans dire que, dans ces cas-là, chacune des partíes a du. mal à dire ou à admettre la vérité, et s'efforce de rejeter sur l'autre la char<,le de la faute et la responsabilité qui en découle. Mais le fait est que la Grèce a rappelé son ambassadeur de Turquie et exigé le départ de l'ambassadeur ture. Elle en a mis jau courant les Etats-Unis et le Conseil militaire de l'OTAN et décrété une sorte d'<<état d, exception dans tout le pays>>.

Inquiets et craignant apparemment un conflit éventuel entre les deux parties, ce qui compromettrait la poursuite de leurs plans balkaniques, les Yougoslaves, à travers l'agenee TANJUG, parlent d'«un petit incident maritime gréco-turc dans les environs de l’ile turque de Ada dans les Dardanelles».

L'incident en soi s'inscrit dans le caere des vieilles et des nouvelles querelles gréco-turques relatives à- la plate-forme continentale de l'Egée, où l'on espère trouver du pétrole, ainsi qu'à la question de Chypre, surtout après la proclamation unilatérale de la République turque de l'île.

Cet incident, méme s'il n'est pas de grande importance, a accru la tension dans la Méditerranée et les Balkans.





JEUDI

17 MAI 1984



BONNE PRĒDISPOSITION DES FONCTIONNAIRES GRECS DANS LEURS RAPPORTS AVEC NOUS

J'ai échangé quelques idées avec les camarades Ramiz et Adil à propos de la rencontre qTa eue Ksenofon Nushi à Athènes avec le ministre adioint grec des Affaires étrangères, Papoulias, au, sujet des rapports de la Grèce avec notre pays. Un radiogramme de Ksenofon nous apprend qu'il a été discuté de beaucoup de choses dans cette rencontre. Papoulias a évité certaines questions soulevées par la réaction grecque et a parlé d'un ton amical. Il a posé le problème de l'ouverture du point de passage frontalier à Kakavie et laissé entendre que pour le moment le gouvernement grec ne peut pas abroger «la loi de l'état de guerre» contre nous. On peut dire qu'en général les Grecs sont bien disposés dans leurs rapports avee nous.

J’ai fait part aux camarades de mon opinion sur ces questions. Dans une quinzaine Ksenofon Nushi doit prendre contact avee Papoulias pour lui faire savoir qu'il a transmis au gouvernement albanais ce qu'ils s'étaient dit, que celui-ci, étant d'accord avec les propositions grecques, a décidé d'envoyer à Athènes un vice-ministre qui maintienne le contact.



JEUDI

17 MAI 1984



RĒPONDONS A L'INVITATION DE L'UNIVERSITĒ

DE JANINA

Aujourd'hui le camarade Ramiz Alia nous a informés brièvement sur le déroulement des travaux du premier Courès de la Ligue socialiste panhellénique (PASOK) réuni à Athènes, où ont été discutés d'importants problèmes relatifs à la rèce et à sa politique extérieure, notamment la demande des délégués pour le démantèlement des bases militaires américaines et des armes nucléaires dans ce pays, question dont le premier ministre Papandréou, réélu au poste de président du PASOK, a traité également dans son discours A au congrès.

Nous avons procédé à un échange d'idées íouchant les rapports entre nos deux pays. A cette occasion, j'ai dit à Ramiz que notre Université doit répondre à l'invitation de l'Université de Janina à participer à la conférence organisée à Athènes sur la dénucléarisation des Balkans, etc. Tout en les remerciant de leur invìtation, nous devons leur exprimer nos regrets de ne pas pouvoir y participer pour les raisons que notre gouvernement a déjà fait connaître*.*( Le 9 juin 1983, le président du Conseil des ministres de la RPS d'Albanie Adil Carçani a adressé au Premier ministre grec Andréas Papandréou une lettre dans laquelle il répondait à la proposition du gouvernement grec sur l'organisation d'une rencontre des représentants des pays des Balkans en vue d'examiner la question de la création d'une zone balkanique dénucléarisée. Il y indiquait entre autres:

<<Nous estimons que la tension et la situation dangereuse qui existent actuellement dans le monde ont pour origine la politique agressive et menée à partir de positions de force des Etats-Unis et de l'Union soviétique, leurs pressions politiques, économiques et militaires ainsi que leurs ingérences brutales dans les affaires intérieures des autres Etats. . . Désormais, il est notoire qu'il existe dans notre p~éninsuIe un certain nombre de faeteurs qui mettent gravement en danger la sécurité de tous ses pays et entravent la réalisation des aspirations des peuples balkaniques qui veulent vivre en paix et en amitié entre eux. Ces dangers et obstacles sont en premier lieu le résultat des engagements internationaux de certains Etats balkaniques. Deux des six Etats de notre péninsule sont membres de l'OTAN, deux autres sont membres du paete de Varsovie, la République pepulaire socialiste d'Albanie ne fait partie d'aucun bloc politique et militaire, tandis que la RFS de Yougoslavie est liée aux deux superpuissances. A notre avis, monsieur le Premier ministre, la paix dans les Balkans ne peut étre assurée si l'on ignore ou passe sur cette réalité. Une conférence, au sommet ou à n'importe -quel niveau, des pays balkaniques serait actuellement illusoire et toute décision prise dans ce sens serait purement déclarative. C'est pourquoi notre gouvernement ne peut participer à une réunion organisée pour discuter de la proposition de créer une zone dénucléarisée.

Nous nous en tenons au point de vue selon Iequel pour .réunir les conditions nécessaires à l'organisation de réunions et de conférences politiques balkaniques, il est indispensable d'entreprendre des pas conerets pour éloigner les troupes étran, gères des pays balkaniques, liquider les bases militaires étrangères, dénoncer les traités politiques et militaires de l'OTAN et du pacte de Varsovie, refuser de ravitailler et de réparer les navires de guerre des superpuissances; il faut aussi s'opposer fermement à leur politique d'ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays balkanique et à leurs machinations en vue d'y introduire l'esprit d'affrontement>>.) Il convient, en tout cas, d'indiquer que nous espérons qu'une prochaine réunion permettra à la jeunesse universitaire de nos deux pays de procèder à un échange d'idées, qui contribuerait au renforcement de nos contacts amicaux, etc.

Ensuite Ramiz nous a parlé de l'annonce correctement formulée par la radio-télévision grecque sur la rencontre qui a eu lieu entre le ministre adjoint grec des Affaires étrangères Papoulias et notre ambassadeur en Grèce Ksenofon Nushi. Nous avons conclu que dans notre réponse nous devons nous montrer favorables au développement des relations entre nos deux pays.





MARDI

4 DĒCEMBRE 1984

UNE PHOTO QUI RAVIVE EN MOI DE VIEUX

SOUVENIRS

Lors de son séjour chez nous à l'occasion de la féte commémorative du 40' anniversaire de la libération de l'Albanìe, Manolis Glézos, le célèbre héros national de la résistance grecque et eminente personnalité sociale de son pays, a remis à Nexhmije, qu'il a rencontrée à l'inauguration de notre exposition des arts figuratifs*,*(Le 27 novembre 1984) une photo portant une chaleureuse dédicace que monsieur Dh. Krémos, ancien partisan grec, lui avait donnée pour moi. Glezos a remis aussi à notre CoMité des relations amicales et culturelles avec l'étranger une étude que cet ancien partisan grec avait consacrée à notre langue et à son ancienneté.

J’écrirai à monsieur Krémos pour le rernercier une lettre où j'évoquerai le souvenir des rencontres très chaleureuses et amicales que j'ai pu avoir avec des partisans grecs au cours de la Lutte de libéràtion nationale et que cette photo a ravivés en hioi. Je le féliciterai aussi de l'intérét qu'il témoigne à notre pays e t à notre peuple.





JEUDI

6 DĒCEMBRE 1984



NOTRE POLITIQUE ENVERS LA GRĒCE S'EST

TOUJOURS INSPIRĒE D'UN ESPRIT DE JUSTICE

ET DE BIENVEILLANCE

Aujourd'hui les camarades Ramiz et Adil nous ont informé de la visite dans notre pays du ministre adjoint des Affaires étrangères de la Grèce, des pourparlers menés à cette occasion, de ses impressions sur notre pays, etc.

D'après ce que les camarades m’ont rapporté, les entretiens se sont bien passés. Lors de sa rencontre avec Adil, le chef de la délégation grecque a souligné la disposition de son gouvernement à développer encore les relations amicales entre les deux pays et son désir de voir la tranquillité régner à leurs frontières.

Au cours des visites qu'il a effectuées dans quelques-unes de nos villes, notamment à Berat, à Gjirokastér et à Sarande, il s'est également montré bien disposé et a tenu des propos bien~ veillants à notre égard.

A Gjirokastér, la délégation grecque a visité aussi l'école pédagogique «Pandeli Sotiri» qui forme des enseignants de grec pour la minorité. Elle a visité aussi deux ou trois coopératíves agricoles de la minorité. Partout elle a rencontré qui elle a voulu, elle sest entretenue librement en grec avec chacun et est repartie satisfaite de cequ'elle a vu.

La délégation grecque a aussi déposé une couronne sur une colline de Pérmet que l'on se rappelle désormais comme la «cote 731», où de nombreux soldats grecs sont tombés pendant la e re italo-grecque. Nous aussi y avons déposé u"nercouronne au nom de nos anciens combattants. Quelques paysans qui se trouvaient là ont évoqué avec les membres de la délégation grecque des événements qui se sont déroulés pendant la guerre. Les Grecs ont été très touchés des cérémonies qui y ont été organisées.

La délégation grecque a remis aussi un message de Papandréou, rédígé en termes corrects, voire bienveillants, et d'un contenu positif, à l'adresse d'Adil. Nous nous sommes entendus entre nous pour qu'à l'occasion la plus proche et la plus favorable Adil réponde à Papandréou par un message amical.* *(En réponse au message du Premier ministre grec Andréas Papandréou où celuici indiquait que <<La polìtique d'amitié suivíe par mon gouvernement envers la République populaire socialiste d'Albanie est aussi clairement définie que sincère>>, le carnarade Adil Carçani soulignait dans le sien: «Le gouvernement albanais salue les résultats des entretiens bilatéraux qui ont eu lieu à Athènes et à Tirana et qui ont ouvert la voie à une plus vaste collaboration dans divers domaines d'avantage mutuel. Nous nous réjouissons que la nouvelle année ait commencé par des événements marquants dans les rapports albano-grecs. Nous apprécions votre contribution personnelle à tous ces développernents et nous sommes confiants que dans l'atmosphère créée ce processus ira encore s'étendant et s'accentuaut. Cela répond aux intéréts et aux aspirations de nos peuples, dont les liens amicaux remontent loin dans l'histoire, cela répond aussi aux intéréts de la paix et de la sécurité dans les Balkans>>.)

A ce propos j'ai dit aux camarades que notre politique envers la Grèce s'est toujours inspirée d'un esprit de justice et de bienveillance. L'ouverture actuelle de la Grèce vers notre pays répond à cette politique.



L'AMITIĒ ET LES RELATIONS DE BON VOISINAGE

ENTRE NOS DEUX PEUPLES SE RENFORCERONT

TOUJOURS PLUS

Lettre à monsieur Dh. Krémos, ancien

partisan grec



Cher ami,

Vòtre camarade Manolis Glézos, le célèbre héros national de la résistance grecque, éminente personnalité sociale de votre pays et mon respeeté ami nous a apporté lors de sa visite en Albanie à l'occasion de la célébration du 40' anniversaire de la libération de l'Albanie, une photo de vous et Fétude intitulée «La langue albanaise, parlée et écrite».

A la vue de votre photo de l'époque de la guerre que vous avez eu la bonté de m'envoyer comme souvenir, je me suis rappelé avec nostalgie mes camarades partisans grecs que j'ai eu l'occasion de rencontrer en ces temps difficiles pour nos deux peuples qui se sont battus héroiquement, chacun sur son sol, contre les occupants nazisfascistes et les bandes de traitres, pour la libération de leur patrie. L'attachement et la compréhension que les partisans grees et albanais se témoignaient dans ces rencontres et réunions chaleureuses sont restés gravés à jamais dans ma memoire. Les vieux liens pétris du sang versé ensemble à travers les siècles contre nos ennemis communs et surtout pendant la Révolution grecque de 1821 se sont resserrés davantage au cours de cette grande lutte.

Nous observons avee satisfaction que, ces temps derniers, gráce aux voeux de nos deux peuples et à la bonne volonté de nos deux gouvernements, les relations de bon voisinage entre l'Albanie et la Grèce vont s'étendant et se renforqant. J'ai la conviction que notre amitié et nos rapports de bon voisinage se raffermiront toujours plus parce que c'est là le souhait de nos deux peuples et que cela sert les intéréts de nos deux pays et la stabilité dans les Balkans.



Permettez~moi à cette occasion de vous féliciter du travail d'étude que vous avez entrepris sur la langue albanaise et son ancienneté. Xy vois l'expression de l'intérét et de l'amour que vous témoignez à notre peuple, et une contribution au venforcement de notre bonne entente et de notre amitié.

Je vous envoie aussi pour la Nouvelle Année mes meilleurs voeux de bonne santé et de prospérité.



Très sincèrement

Enver Hoxha

Tirana, le 29 décembre 1984



DIMANCHE

30 DĒCEMBRE 1984



PANORAMA

C'est aujourd'hui Pavant-dernier jour d'e 1984. Nous avons célébré cette année un glorieux événement, le 40' anniversaire de la libération de la patrie et du triomphe de la révolution populaire; cette année nous a apporté aussi toute une suite de nouveaux succès dans l'édification due socialisme, dans FaCcroissement de la prospérit' de notre peuple, dans la consolidation de la défense et le rehaussement du prestige de notre pays sur le plan international. Certes, au cours de cette année aussi,.il nous a fallu affronter et surmonter des difficuItés et des obstacles de caractère obiectif. comme cela a été, par exemple, le cas de la grande sécheresse qui s'est prolongée plus que les autres années. Mais l'on a observé également des difficultés et des lacunes de nature subjective touchant à des problèmes d'organisation, de discipline etc. Toutefois, ce dont je voudrais traiter dans ce bref panorama de Fannée 1984, c'est de la situation politique générale dans le monde et de ses développements qui ne manquent pas d'influer sur notre pays.

Notre pays a poursuivi cette année une politique étrangère fidèle à la ligne définie par le VIII' Congrès du Parti: lutte continue et à outrance contre l'impérialisme et au premier chef contre les deux superpuissances impérialistes, les Etats-Unis d'Aniérique*et l'Union soviétique, contre leur politique hostile à l'égard des autres peuples. Dans le méme temps, notre politique étrangère a été une politique de soutien aux forces marxistes-léninistes, aux mouvements progressistes, aux luttes de libération nationale et sociale des peuples du monde, bref, aux batailles de classe livrées par le prolétariat mondial et les peuples opprimés pour leur émancipation nationale et sociale. Par ailleurs, notre politique étrangère s'est caractérisée par l'esprit de coopération avec les pays voisins sur la base- de l'avantage réciproque, de la non-ingérence dans les affaires de chacun et du respect de la souveraineté nationale. C'est la politique que nous suivons aussi envers les autres pays qui souhaitent avoir de bonnes relations avec le nótre. Quant aux pays révisionnistes, nous avons pratiqué à leur égard une politique de coopération dans le domaine des échanges commerciaux sans leur faire pour autant aucune concession ni consentir envers eux à aucun compromis idéologique ou politique.

Gráce à cette juste politique menée par notre pays et à la bonne volonté du gouvernement grec, nos relations avee la Grèce, notre voisine, se sont améliorées, nos pays ont conclu quelques accords d'intérét réciproque qui, à mon avis, contribueront à resserrer les liens anciens d'amitié qui unissent nos deux peuples. Nos relations avec l'Italie ont évolué relativement mieux que par le passé, bien qu'il soit possible de les améliorer encore. Nous entretenons de bonnes r ations avec la Turquie, de méme qu'avec certains pays de l'Europe occidentale et divers pays arabes et africains, etc.

Pendant 1984, nous avons dú faire face non seulement aux complots et aux menées de sape coutumières des superpuissances impérialistes, aux attaques et aux agissements des chauvins grands-Serbes, mais aussi aux machinations de la réaction grecque et surtout des hauts dignitaires de l'Eglise et des milieux chauvins vorio-épirotes, qui nyont rien ménagé pour miner et entraver le rapprochement entre leur pays et le nótre. On a vu aussi le pape, le Polonaìs Wojtyla se joindre à la campagne de calomnies et d'attaques orches trée contre notre pays et notre peuple, contre la construction du socialisme en Albanie. Il n'est pas difficile de déceler ici une collaboration secrète et malfaisante entre les forces chauvines et réactionnaires grandes-serbes, les forces fascistes grecques et le Vatican, ce centre de l'obscurantisme international. Mais nous sommes habítués à de pareils complots, calomnies et attaques. Nous connissons ce genre de menées, nous leur avons résisté et les avons implacablement réduites à néant.

C'est ce que nous ferons à l'avenir également.

Le capitalisme mondial considère l'Albanie comme un pays «anachronique», parce qu'elle tient courageusement tête à l'impérialisme et au révisionnisme, à leurs intrigues, à leurs menées subversives et à leurs mystifications. Nous ne sommes pas impressionnés par leur potentiel économique et militaire.

Nous sommes optimistes, car nous sommes des révolutionnaires marxistes-léninistes.

La justesse de notre politique étrangère, nos prises de position, nos analyses et nos conclusions sur les événements internationaux ont été pleinement confirmées par la pratique. La vie, le cours des événements qui se sont produits autour de nous et dans le monde entier nous- donnent raison et donnent tort à nos ennemis.

Je reviens maintenant au développement positif de nos relations avec la Grèce, développement qui a eu aussi un grand retentissement dans l'opinion publique internationale.

Je tiens à souligner dès l'abord que ce qui a été acquis dans ce sens et qui doit à coup súr étre porté plus avant, dans un esprit de bonne volonté, avec l'abrogation, par le gouvernement grec, de l’absurde loi sur l'<<état de guerre>>, est le résultat de la poursuite conséquente par notre pays d'une politique étrangère tendant à entretenir des relations de bon voisinage avec tous les pays 'avantage mutuel, de la non-ingérence dans les affaires intérieures -de chacun et sans faire de concessions de caractère idéologique ou politique.

Dès que nous annongons une visite officielle en Italie, en. Grèce, en Turquie ou ailleurs, et méme si nous envoyons des athlètes participer à des rencontres internationales, comme ce fut le cas de la rencontre internationale d'athlétisme organisée à Nice, la propagande bourgeoise et révisionniste mène, comme elle en a l'habitude, grand bruit sur l'«ouverture» de l'Albanie vers l'Occident. Maintenant encore, elle continue de battre le méme tambour percé.

Comme ces trompés éternels se trompent encore sur nos prises de position politiques f ermes et intransigeantes! La politique que nous suivons aujourd'hui, nous l'avons suivie depuis la fondation de notre République populaire. Nous avons toujours été pour le rapprochement et la bonne compréhension avec nos voisins. Ce sont les autres qui n'ont pas voulu comprendre notre politique de bon voisinage ou qui se sont montrés hésitants à son égard, car, comme dit le peuple, ils avaient «le diable au ventre». Ainsi, nous avons été pour de pareffles «ouvertures» chaque fois que les intéréts supérieurs de notre pays l'ont exigé et c'est ce que nous ne manquerons pas de faire à l'avenir également,, mais en restant hostiles à toute sorte d'«intégration», d'«aliénation de la li-berté et des richesses de notre patrie», d'«engagements et d'alliances» avec des groupements politiques et militaires agressifs dominés par l'une ou l'autre des superpuissances. Que personne ne se berce donc d'illusions à ce propos!

On cherche également à accréditer Fidée que nous avons soi-disant été obligés de procéder à une telle «ouverture» en raison de nos besoins intérieurs et de la nécessité de surmonter les difficultés surgies après notre «rupture» d'avec la Chine et à cause aussi de nos besoins en technologie moderne. Ce sont là des contes à dormir aebout. D'abord, ce n'est pas nous qui avons -rompu» avec-les Chinois. Ce sont les dirigeants révisionnistes et capitalístes chinois qui se sont livrés à des actes hostiles à notre pays, pour aboutir à une rupture unilatérale, de leur part, des accords de coopération économique avee notre pays, et cela parce que nous nous sommes efforcés de les convaincre qu'ils appliquaient une politique étrangère contre-révolutionnaire et versaient toujours plus dans des actions et des alliances néfastes en s'abouchant avec l'impérialisme amé * ricain. Nous ne savions que trop bien quelles pouvaient étre les conséquences de cette attitude de notre Parti et de notre pays envers la Chine, autrement dit nous étions conscients que cela aurait des suites sur le plan économique, comme cela s'était avéré pratiquement lorsque nous avions démasqué les perfidies des révisionnistes khrouchtchéviens. Aussi avons-nous pris toutes les mesures requises.

Ce n'est ni cette année ni l'an passé que nous avons commencé à faire du commerce avee d'autres pays; nous en avons faít dès le lendemaín de la fondation de notre nouvel Etat. Notre commerce extérieur a toujours été basé sur le principe de l'avantage mutuel, donnant donnant, sans crédits ni dettes suivies de concessions politiques, abstraction faite de la période où nous pensìons que la Yougoslavie, l'Union soviétique et la Chine étaient nos amis et qu'il leur incornbait de nous aider, en petit pays que nous étions. Nous avons repu d'eux des crédits, en étant décidés à les rembourser jusqu'au dernier sou, ce que nous n'avons pas manqué de faire, de sorte qu'aujourd'hui nous ne devons rien à personne. Bien au contraire, ce sont eux qui sont encore nos débiteurs, car, par leurs agissements de traltres et de révísionnístes du marxisme-léninisme, ils ont saboté notre économie nationale et porté atteinte à son développement. Mais n'oublions pas que leurs crédits ne constituaient qu'une infime partie du potentiel économique et financier de notre pays. Nous avons donc été et nous sommes pour des échanges commerciaux équilibrés, libres de toute díscrímínation et de mesures restrietives, qui ne nous engagent pas politiquement, et nous ne mettons à l'encan à aucun moment ni dans aucune circonstance, les intéréts suprémes de la nation, du socìalisme et du marxisme-léninisme.

Comme je viens de l'évoquer, on cite à présent comme exemple de notre «ouverture» vers l'Occident, l'amélioration de nos rapports avee la Grèce. En cette question tout dépend de quel point de vue on se place, de quelle position et à quefles fins on commente les choses, car l'amélioration de nos relations avec la Grèce a cu lieu à des moments et dans des circonstances politì

ques bien définis, qui ont facilité ce processus. Chaque Etat a sa propre stratégie politique et, dans des conditions données, il applique une tactique bien définie dictée par des facteurs imprévus qui sont le résultat de ses actions antérieures menées dans le cadre d'une stratégie donnée. Dans sa politique étrangère, notre pays a lui aussi sa stratégie et sa tactique, qui ont été définies et proclamées aux congrès successifs du Parti.

Dans le cas concret de nos relations avec la Grèce, nous avons toujours été pour des rapports de bon voisinage avec ce pays, et nous avons recherché et attendu patiemment qu'ils soient établis, car cela est dans l'intérét de nos deux peu.ples. Au moment où les chauvins yougoslaves, antialbanais jusque dans leurs fibres les plus profondes, à l'unisson avec l'impérialisme, la réaction mondiale et toutes les forces fascistes, ne reculaient devant aucun moyen pour attaquer l'Albanie socialiste et ourdissaient toutes sortes de complots pour entraver notre travail de construction, nous devions prendre, comme nous l'avons fait, les mesures nécessaires pour renforcer notre défense. Nous ne devions pas permettre aux titistes de disposer de nos diroits à leur guise, de nous isoler, de nous nuire, comme ils l'ont fait méme avec nos véhicules qui transportaient des marchandises sur les marchés d'Europe occidentale y etc. Cela aurait été inadmissible. Dans ces conditions donc, nous avons engagé des pourparlers avec le gouvernement italien et passé avec lui un accor sur la mise en p ace d'un ferry-boat pour transporter nos marchandises dans les pays avec lesquels nous avions conclu des accords commerciaux. Nous avons également engagé des pourparlers avec le gouvernement gree pour aboutir à des résultats positifs concernant certains accords d'avantage mutuel. En signe d'amitié, nous avons ùécidé d'ouvrir un point de passage frontalier à Kakavie, etc. Les intéréts suprémes de notre pays exigeaient l'adoption de ces mesures et nous y avons consenti sans faire de concession ni de compromis aux dépens de notre idéologie et de notre politique et sans nous immiscer dans les affaires intérieures d'autrui.

Cette année encore, les forces réactionnaires grecques, les représentants de l'Eglise orthodoxe, les milieux réactionnaires vorio-épirotes soutenus par l'impérialisme américain nous ont créé des soucis. Ils ont fait pression sur nous, se sont livrés à des provocations, allant jusqu'à faire sauter des autos de notre ambassade à Athènes et à organiser devant celle-ci des manifestations menacantes sous prétexte que la minorité grecque en Albanie serait maltraitée, etc. A ces moments graves, certains milieux, titistes y compris, espéraient nous voir donner dans ce piège de la réaction et rompre nos relations diplomatiques avee la Grèce.

Mais nous avons su éviter ce piège. Nous savions bien que ces situations étaient temporaires, qu'elles traduisaient le désarroi et la défaite des forces réactionnaires antialbanaises grecques et étrangères. Elles n'étaient ni ne pouvaient étre l’oeuvre du peuple ami grec aux cótés duquel nous nous sommes battus plus d'une fois pour les memes buts. Et, nous ne nous sommes pas trompés. Une fois cette tourmente passée, sont venus les jours calmes où le gouvernement grec a fait luiméme les premiers pas vers un rapprochement, en vue de l'établissement de relations correctes et de bon voísinage entre nos deux pays. C'est sur cette base et d'un commun accord qu'ont été obtenus les résultats que je viens d'évoquer. Tout cela était done dans l'intérét à la fois du peuplegree et du nótre.

Les forces réactionnaires grecques, le haut. clergé, les représentants les plus réactionnairesdes milieux vorio-épirotes et leurs tenants aux Etats-Unis ont été isolés et c'est là un facteur positif. D'autre part, les Grecs honnétes et progressistes se sont réjouis de cette évolution dans nos rapports. Les titistes yougoslaves ont échoué dans leurs tentatives de fomenter un conflit entre la Grèce et l'Albanie. Leur propagande aussi dans Varène internationale, cherchant à faire croire que «L'Albanie est contre la paix et une autrice de guerre dans les Balkans», etc., s'est soldée par un fiasco.

Actuellement, la presse grecque elle-mémereconnait que les calomnies des milieux réactionnaires grecs sur les mauvais traitements dont serai t Victime la minorité grecque en Albanie et sur la négation de ses droits n'ont aucun fóndement réel et que la population minoritaire grecque en Albanie mène une vie normale et heureuse et jouít de tous les droits, qui lui sont garantis par la Constitution.

Nous n'oublions pas non plus les Ieqons de Famère histoire de notre pays. La bourgeoisie e+ les groupements réactionnaires, chauvins et fascistes, des pays qui nous sont voisìns ont comploté dans le passé à plus d'une reprise pour partager l'Albanie en zones d'influence et ils sesont empoignés chaque fois que l'un d'entre eux a. tenté de violer «leur accord tacite sur l'Albanie». Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis,, que l'Albanie ne soit plus ce qu'elle était naguère et qu'elle ne permette à personne de <<veiller>> à ses destinées, la politique de ces milieux réactionnaires à son égard n'a pas beaucoup changé.

Nous constatons également que notre politique de bon voisinage fondée sur l'avantage mu~ tuel à l'égard de tel ou tel pays, suscite chez cette bourgeoisie et ces milieux réactionnaires un senti~ ment de jalousie et de colère comme si l'Albanie était leur «domaine». Ce sont de tels sentimenta que manifestent les chauvins yougoslaves quand ' ils voient que nous ne cessons d'améliorer nos. relations avec la Grèce et l'Italie, et que nous resserrons aussi nos rapports avee quelques pays européens, arabes, etc. Qu'est-ce qui les surprend? De quoi s'inquiètent-ils? C'est leur affaire. Nous ne rendrons jamais, comme nous ne l'avons jamais fait, de comptes à telle ou telle capitale sur ce que nous faisons ou pensons faire dans l'intérét de notre pays et de notre patrie socialiste.

A nouveau, on voit certains nourrir et répandre l'espoir que le jour serait venu où «quelqu'un d'autre» va prendre pied en Albanie, où l'Albanie tombera sous le contróle et l'influenee des Américains ou des Soviétiques, des Franpais, des Anglais ou des Allemands, non pas par la force mais à travers des offres «bienveillantes» assorties de conditions -avantageuses» pour nous aider à <<aller de l'avant>>, «à corriger» et à «moderniser» notre industrie et notre économie, etc. Mais ces espoirs sont vains comme ils l'ont été ,quand nous avons remis à leur place les khrouchtchéviens puis les révisionnistes chinois. Nous n'avons que faire de cette «modernisation» dont se sont tant vantés Tito et les titistes yougoslaves, -dont parlent beaucoup actuellement les révisionnistes chinois et que suggèrent la bourgeoisie et les autres révisionnistes, une modernisation fondée sur des crédits et des dettes obérantes, assortis de conditions humiliantes et asservissantes. Nous ne permettrons jamais que de telles chaInes soient passées au cou de notre peuple. Nous avons mis sur pied aujourd'hui une économie -moderne, capable de progresser par ses propres forces, de se moderniser et de se doter d'une technologie avancée gráce à ses propres revenus ~et à ses produits qui sont de qualité et riecherchés sur tous les marchés.

La question de l'Albanie et son avenir sont ,également traités dans les milieux dirigeants de l'OTAN et du pacte de Varsovie. Chacun de ces groupements pousse de temps en temps un pays ou un autre à nous offrir son «aide sincère» pour nous tirer des «situations difficiles» que nous connaitrions. C'est plaindre la mariée d'étre trop belle!

Nous déclarons catégoriquement à tous les réveurs myopes que ni les social-impérialistes soviétiques ni les impérialistes américains ni qui que ce soit d'autre ne pourront jamais prendre pied sur le sol albanais, qu'ils n'auront jamais le droit d'y installer des bases militaires. En ce qui concerne les bases étrangères, nous avons notre propre expérienee. Nous avons permis l'installation, chez nous, à l'époque où le camp socialiste existait encore, d'une base militaire soviétique tant qu'elle avait des buts défensifs, mais quand le révisionnisme khrouchtchévien montra ses dents d'agresseur impérialiste, nous l'avons dénoncé et chassé de chez nous, remplissant en l'occurrenee notre devoir internationaliste. II appartient maintenant aux peuples qui nous sont voisins d'agir pour liquider les bases militaires étrangères installées chez eux et qui sont dirigées contre les peuples et les pays voisins, faute de quoi ils s'exposeront aussi à de gros dangers.

Les pressions, directes ou indirectes, que ces forces ténébreuses exercent sur nous à travers, entre autres, leurs instruments, n'auront plus prise. Nous ne craignons personne ni ne cherchons noise à qui que ce soit, nous ne permettons non plus à personne de nous nuire, nous avons réclamé nos justes droits, nous continuerons de les réclamer et de les défendre jusqu'au bout.

Nous avons attendu des années durant, nous attendrons encore, mais nous n'y renoncerons jamais. Ceux qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale ont mis notre pays à f eu et à sang, qui lui ont causé des dégáts matériels, doivent les reparer matériellement. Ceux qui gardent encore l'or qu'ils n.ous ont pillé, doivent nous le rendre. Les ennemis de l'Albanie socialiste et de son peuple ancien, hérolque et invincible, attendent d'elle en vain une «ouverture» qui la mettrait sous leurs griffes et l'enfermerait en fait dans leur chenil.

Nous continuerons d'aller de l'avant. Nous ne nions pas que nous avons des difficultés. Ce sont des difficultés de croissance, mais qui sont dues aussi aux obstacles que les impérialistes, les social-impérialistes, les révisionnistes et les forces chauvines et réactionnaires de toutes les couleurs dressent sur notre chemin. Toutefois nous nous sommes faits à cette pratique. Nous avons remporté nos victoires, ces fondements qui nous ont permis de progresser, en comptant sur nos propres forces, sur nos ressources, sur le labeur et le savoir de nos fils et de nos filles. Nous poursuivrons dans la méme voie, car nous sommes aujourd'hui plus forts et avons une plus riche expérience que par le passé, nous sommes en ascension constante, nous avons notre glorieux Parti qui nous guide avec sagesse et une détermination marxiste-léniniste, nous avons notre classe ouvrière, une intelligentsia saine, une jeunesse révolutionnaire. nous avons un peuple merveilleux. C’est avec un grand optimisme que nous sommes en train d'élaborer notre huitième plan quinquennal de développement économique et culturel de notre pays, un plan que, dans les conditions mémes où nous vivons et travaillons, nous réaliserons entièrement par nos propres moyens matériels, financiers et humains. L'Albanie a déjà choisi sa voie, de laquelle rien, aucune force, ni les louanges, ni les promesses, ni les pressions et les complots des superpuissances.. de leurs alliés et de leurs vassaux, ne pourront jamais la détourner...