ISTITUT DES ETUDES MARXISTES – LENINISTE PRES LE COMITE’ CENTRAL PARTI DU TRAVAIL D’ALBANIE

ENVER HOXHA
EXTRAITS DU JOURNAL POLITIQUE
ET AUTRES DOCUMENTS
SUR LES RELATIONS
1941 -1984
<<Deux neunles amis>> est un nouveau livre du camarade Enver Hoxha, consacré cette fois aux rapports entre le peuple albanais et le peuple grec, et qu'il se proposait de faire publier vers la fin de 1984. Cet ouvrage comprend des extraits de son Journal politique sur des questions internationales (1958-1984) et d'autres documents de la période allant de novembre 1941 'à décembre 1984.
Profond connaisseur non seulement de l'histoire du peuple albanais, maís aussi de celle du peuple grec, le camarade Enver Hoxha met en lumière'dans nombre d'écrits du présent ouvrage le vrai caractère de l'amitié albano-grecque, ses racines profondes et anciennes, sa solidité et ses possibilités de développement. Dans ce cadre, il définit les aspects communs de la culture matérielle et spirituelle des deux peuples, communauté qui est à l'origine de leur sympathie mutuelle et de leur volonté de développer l'amitié qui les lie. Il apprécie avec une grande objectivité scientifique nos voisins du Sud, et évoque tout à la fois la brillante philosophie grecque et la grande contribution apportée par le peuple grec au trésor de la culture mondiale.
Ces appréciations et ce respect se rattachent étroitement non seulement au fait que le camarade Enver Hoxha a connu de près la vie du peuple grec, qu’il a lu et étudié avec passion son histoire ancienne et contemporaine, mais aussi, et en premier lieu, à sa grande figure et à son ceuvre éclatante d'éminent marxiste-léniniste, à la fois ardent patriote et internationaliste fervent, qui s'est consacré entièrement non seulement à l'essor et à l'épanouissement de la vie du peuple albanais, mais aussi à la cause de tous les peuples du monde épris de liberté, à la coopération et à l'amitié entre eux.
Par son caractère méme, par sa nature généreuse et son attachement à la liberté, le peuple albanais est un ami sincère de tous les peuples du monde, grands et petits. Mais une amitié traditionnelle le lie au peuple grec frère auquel l'ont uni <<un destin commun, la lutte commune contre les mémes ennemis>>. Dans nombre d'écrits, l'auteur souligne comment. tout au long de son histoire, le peuple albanais a soutenu la cause et la lutte justes du peuple gree. Au cours de la révolution grecque de 1821, les Albanais et leurs chefs de guerre, qui devinrent d'illustres figures de cette révolution, se battirent jusqu'au bout avec dévouement pour la liberté et l'indépendance de la Grèce. Ils devaient plus d'un siècle plus tard renouveler cette belle tradition. Durant la Seconde Guerre mondiale, le peuple albanais, bien qu'étant lui-méme sous le joug, tourna ses armes contre les fascistes italiens quand ceux-ci attaquèrent la Grèce. A ce moment, alors que l'Albanie était devenue un brasier, à Tírana, le camarade Enver Hoxha et ses compagnons collaient sur les murs des affiches et des tracts de soutien au peuple grec épris de liberté qui se battait contre les agresseurs fascistes.
L'Etat socialiste instauré en Albanie après la Libération réunit toutes les possibilités et les conditions nécessaires pour un développement normal et mutuellement avantageux de ses rapports avec la Grèce voísine. Une des premières mesures adoptées à cet égard par le pouvoir populaire fut la reconnaissance et la garantie, par la Constitution, de tous les droits à la minorité grecque d'Albanie au méme titre qu'au peuple albanais avec qui cette minorité vit dans une parfaite fraternité. Le présent ouvrage fera connaitre au lecteur la pensée marxiste-léniniste de notre Parti et du camarade Enver Hoxha sur une juste solution de la question nationale, que les impérialistes et les révisionnistes d'aujourd'hui embrouillent à dessein pour maintenir les minorités nationales et les nations sous le joug d'un chauvinisme féroce. La minorité grecque en République populaire socialiste d'Albanie est un important facteur du raffermissement de l'amitié entre le peuple albanais et le peuple grec. Et c'est là un fait significatif.
Analysant 1es événements au moment méme où ils se produisaient, le camarade Enver Hoxha nous fait connaitre de près dans ce livre les situations historiques concrètes de leur développement. C'est ainsi que nous apprenons les efforts, les initiatives et les propositions que le gouvernement populaire albanais n'a pas ménagés en vue de narmaliser et de développer encore les rapports de son pays avee la Grèce. <<L'amitié des Albanais, écrit le camarade Enver Hoxha, est prècìeuse pour les Grees, de méme que l'est pour nous l'amitié du peuple grec.>>
Ces écrits nous illustrent aussi l'attitude juste, inflexible et conforme aux principes que le peuple albanais et son gouvernement ont observée envers les visées et les agissements des mílieux réactionnaires monarcho-fascistes et chauvins grecs, poussés entre autres par certaines puissances étrangères à saper Vamitié entre nos deux pcuples.
Le camarade Enver Hoxha fait une appréciation positive de l'attitude des forces progressistes et réalistes grecques qui ont toujours ceuvré à surmonter les obstacles dressés artificiellement dans les rapports entre nos deux pays. Dans ce contexte, il apprécie également l'attitude objective et la bonne compréhension réalíste des milieux gouvernementaux grecs de ces dernières années,désireuxd'établirdesrapports de bon voisinage avec notre pays. Il souligne aussi qu'une coopération mutuellement avantageuse et des rapports de bon voisinage ne peuvent étre mís en ceuvre par la volonté d'une seule parties íntéressées.
Les bonnes relations albano-grecques ne sont pas importantes seulement par les avantages mutuels qu’elles apportent à nos deux peuples dans le domaine de l’économine ou de la culture mais, compte tenu des intéréts mémes de cespeuples, elles revétent aussi une grande signification et elles revétent politique. Plus nos frontières sont tranquilles, plus la paix dans les Balkans est súre. D'où la grande importance d’une atmosphère d'amitié entre nos deux peuples voisins pour démasquer les machinations et les complots des puissances impérialistes, quin reculentdevantaucun moyen dresser les peuples balkaniques les uns contre les autres. Aujurd’hui, alors que notre Péninsule est entourée de foyers de tension qui risquent demain de se multiplìer, l'amitìé entre le peuple albanais et le peuple grec sert la cause de la paix dans les Balkans, en Méditerranée et ailleurs.
La publication de cet ouvrage du camarade Enver Hoxha. guide bien-aimé du peuple albanais, concourt à raffermir encore amitié sincere albano-grecque. Cette amitié entre nos deux peuples qui vivent cofte à cóte est un exemple à suivre par les autres peuples balkaniques dans leurs rapports mutuels.
LES PEUPLES DES BALKANS SE BATTENT
Après la fondation du Parti communiste d'Albanie, le 8 novembre 1941, le Comité central adressa au peuple albanais son Premier Appel, rédigé par le camarade Enver Hoxha, où est evoquée aussi la lutte héroique des peuples des Bdlkans.
Comme tous les peuples asservis de l'Europe, les peuples des Balkans, mènent une lutte héroique pour leur líbération. Monténégrins, Serbes, Croates, Macédoniens et Grecs, dont les pays sont envahis par les nazis allemands et les fascistes, italiens, se battent pour leur hbération nationale.* *( La Résolution de la Réunion de la fondation du PCA souligne entre autres <<Renforgons davantage l'amour et la collaboration comdattente avec tous les peuples des Balkans qui luttent héroiquemente pour leur libération nationale>>) Par leurs attaques incessantes et leurs actes de sabotage, les guérillas de partisans paralysent les fascistes, elles les empéchent d'opprimer les peuples à leur guise, elles détruisent leurs centres vitaux, leur ótant toute possibílité de se ravitailler en céréales, armes et munitions et de faire chez eux de nouvelles recrues pour les utiliser dans leur guerre contre les autres peuples.
LES POSITIONS DE L'OCCUPANT FASCISTE
EN GRECE SONT EBRANLEES
Dans ses articles pubUés dans le journal <<Zéri i popullit>>, le camarade Enver Hoxha ne traitait pas seulement de la Lutte de libération nationale du peuple albanais, mais aussi de la lutte antifasciste du peuple gree et des autres peuples des Balkans.
L'occupant fasciste a compris comme deux et deux font quatre que le peuple albanais lui a déclaré la guerre, que sa situation devient critique, que ses dépòts de munitions ne sont plus en sécurité, que son arniée est en danger, qu'en Grèce ses positions sont ébranlées, qu'il lui est désorinais impossible d'aider ses troupes qui se trouvent en Yougoslavie, bref, que tous les peuples de Balkans qu'il opprime présentent pour lui un terrible danger. Les généraux fascistes ont déclaré haut et clair que le fascisme doit aussi se battre sur le front des Balkans.
*( Région au Sud de l'Albanie, habitée par des minoritaires grecs.)
A la II Conférenee de líbération nationale tenue à Labinot d'Elbasan du 4 au 9 septembre 1943, le camarade Enver Hoxha présenta un rapport <<Sur l'attitude à observer envers les différents courants se trouvant en dehors du Mouvement de libération nationale>>. Il y indiqua entre autres:
Nous tácherons de rallier aussi d'autres courants au Mouvement de Rbération nationale. C'est ainsi que nous avons, par exemple, déjà gagné à nous la minorité grecque. Ses régions sont maintenant occupées par le méme ennemi que le nótre. Cette minorité a dú lutter à nos cotes. Notre lutte est aussi sa lutte, et nous subissons le joug du méme ennemi. La population de Dropull le sait et l’a bien compris. La minorité greeque s'est montrée à la hauteur de la situation, elle a combattu avec déveouement et a défendu les intéréts de 1’A1banie contre les milieux réactionnaires grecs.
LE PEUPLE ALBANAIS A SABOTE’ L'AGRESSION FASCISTE ITALIENNE CONTRE LA GRECE
Lors d'un cours théorique organisé avec des cadres de haut niveau qui eut lieu à l’époque de la Lutte de libération nationale à Panarit de Korçe, le canmrade Enver Hoxha présenta un rapport intitulé <<La lutte de libération nationale, ses perspectives et nos táche>>. Analysant la situation internationale, il parla aussi de l'agression de l'Italie fasciste contre la Grèce et de la lutte de libération nationale dans ce pays.
A cette époque* *(1 octobre 1940) l’Italie fasciste préparait son offensive contre la Grèce. Elle tenta d'entrainer notre peuple dans la guerre au nom d'anciens antagonismes chauvins et de recruter des hommes dans les rangs de la milice. Mais refusant de se soumettre à cette démagogie, notre peuple se mit à saboter cette guerre** **( Evoquant les moments où le peuple albanais sabota l'agression fasciste contre la Grèce, le camarade Enver Hoxha a écrit:
<<Je n'oublierai iamais ces nuits noires de novembre 1940 lorsque, avec Vasil Shanto, nous collions sur les murs les affiches où l'on pouvait lire les appels: <<A bas le fascisme italien!>>, <<Vive le peuple grec frère qui combat pour la liberté!>>
<<C'était l'époque où l'Italie fasciste, poursuivant sa politique armemonniste, déclencha une agression contre le peuple gree frère. Nous condamnámes immédiatement cette nouvelle agression, écrivimes et distribuámes plusieurs tracts à Tirana, à Korge et ailleurs, où nous dénoncions la politique fasciste et appelions notre peuple à saboter cette guerre par tous les moyens et surtout à faíre échouer les tentatives des fascistes pour envoyer sur le front des soldats albanais et se servir d'eux comme de chair à canon.
Il se produisit alors ce qui devait se produire, le peuple albanais apprit avec indignation et une haine sans bornes la nouvelle de l'agression fasciste contre le peuple grec, mais, qui plus est, le peu de soldats albanais qui furent envoyés au front sous la menace des balormettes, ne tirèrent pas un seul coup de fusil contre leurs frères grecs, au contraire, ou bien ils tournèrent leurs fusils contre les agresseurs fascistes ou bien ils désertèrent en masse.» («Quand naquit le Parti-, souvenirs), 3e éd. alb., p. 97).).
La lutte de libération nationale grecque va elle aussi de l'avant. Il y a en Grèce l’EAM*** ***( Le Front de libération nationale grec) et une armée organisée, l'ELAS**** ****( L'Armée populaire de libération nationale grecque.) Comme partout ailleurs, ce front se heurte à des ennemis, sur tout aux tenants du roi Georges et de Zervass.***** *****( L'un des principaux chefs de file de la réaction grecque au cours de la Seconde Guerre mondiale, instrument des impérialistes anglais, chauvin enragé.)
Zervas a saboté FEAM. A présent FEAM a cessé sa lutte contre Zervas et a conclu un accord aux termes duquel ils combattront l'occupant de concert ou séparèment, ils cesseront leur lutte intestine et procéderont à un échange de prisonniers. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur la lutte qui se livre en Grèce mais nous savons bien que nous.sommes sur la voie juste.****** ******( Voir dans le présent volume p. 305)
En dépit de cet accord, la lutte de libération en Grèee gagne en, ampleur et résiste bien à la réaction allemande.
A PROPOS DE LA MOBILISATION DE LA MINORITE’ GRECQUE DANS LA LUTTE
DE LIBERATION NATIONALE ET DE LA FRATERNISATION DES PEUPLES GREC
ET ALBANAIS
LE COMITE’ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE D'ALBANIE
PARTI COMMUNISTE GREC
Chers camarades,
Nous avons reçu votre lettre du 12 mars 1944. Nous référant à la proposition que vous nous faites d'organiser une rencontre éventuelle entre deux délégués de nos deux partis, nous estimons qu'il est nécessaire et urgent de discuter de diverses questions qui nous concement et surtout de celle des minorités.
En ce qui concerne cette question délicate, nous demandons au Bureau du Comité central du Parti communiste grec de nous envoyer, pour qu'ils travaillent chez nous, des camarades grecs qui connaissent bien la question des nationalités, vu qu'on peut facilement tomber dans l'erreur en cette matière et nuire involontairement à la lutte livrée contre les Allemands et leurs suppóts. Aussi désirons-nous que vous expliquiez bien aux camarades grecs qui viendront chez nous qu'ils doivent travailler avec zèle et se familiariser avec les directives de notre Parti et celles du Front de libération nationale albanais.
De notre cóté, nous ferons tout notre possible pour que les camarades grecs prennent bien connaissance de nos dírectives. L'incompréhension de nos directives par FEAM entrainerait une confusion et des fourvoiements inadmissibles qui porteraient atteinte à notre lutte et à la fratlernisation de nos deux peuples. Les camarades grecs qui viendront chez nous doivent, comme vous le soulignez dans votre lettre, se mettre à la disposition de notre Parti, rallier les masses autour de nous et oeuvrer à la fraternisation de nos deux peuples. Nous faisons ces remarques parce que des erreurs ont été commises soit par nos camara:des soit par les camarades grecs qui travaillent avec eux auprès de la minorité grecque en Albanie.
Il est ìndìspensable que vous nous mettiez au còurant des conclusions des entretiens que vous avez eus, avec l'EDES,* *(Union nationale démocratique grecque, organisation réactionnarie traìtresse dirigée par Zervas) à quel point ils en sont et dans quelle mesure ces conclusions ont été respectées par Zervas. En tout cas et indépendamment de ce que vous et l'EDES avez conclu, nous ne permettrons pas que des éléments zervistes pénètrent dans notre territoire. Nous com- battrons la moindre tentative que feraient ces éléments en-degà de notre frontière sous prétexte qu'ils se sont entendus avec FEAM. Les éléments zervistes en Albanie sont directement liés aux Allemands et à la réaction albanaise et ils nous combattent ouvertement. Les camarades grecs qui viendront travailler chez nous doivent s'en tenir à cette ligne dans leur action.
Nous vous prions de nous faire savoir, par l'intermédiaire du porteur de cette lettre, si vous avez des contacts avec l'Etat-major des forces yougoslaves.
Salutations amicales
Pour le Comité central du Parti communist
d'Albanie
(Enver Hoxha)
AVEC LE PEUPLE GREC NOUS AVONS COMBATTU ET VERSE’ NOTRE SANG COTE A COTE
Le jour où le Gouvernemeiit démocratique d'Albanie faisait son entrée à Tirana, le camarade Enver Hoxha* *( A l'époque Président du Gouvernement démocratique d'Albanie et Commandant en chef de l'Armée de libération nationale.) prononça un discours programmatique au cours du grand meeting organisé par la population de Tirana. Il y parla entre autres de l'amitié entre le peuple albanais et le peuple grec.
Nous avons combattu et versé notre sang cóte à cóte avec le peuple grec, notre voisin, nous nous sommes mutuellement pansé nos blessures dans la lutte antifasciste commune et nous souhaitons entretenir toujours de bonnes relations avec ce peuple généreux. Cependant nous constatons avec regret que les bandes chauvines et réactionnaires de Zervas martyrisent la population de Tcharnerie, pillent ses biens et la contraignent à passer de notre cóté de la frontière. Des éléments de Zervas franchissent notre frontière en cachette, blessent et tuent nos partisans. Mais nous ne tolérerons pas de pareils actes dans notre pays. Les milieux réactionnaires grecs ont avancé desrevendications annexionnistesà l'égard des régions albanaises de Gjirokaster et de Korqe ou de <<l'Epire du Nord>>, comme ils se plaisent à les appeler. Cela ne facilite certes pas l'établissement de bonnes relations avec nos voisins du Sud. Il est incontestable qu'en-deçà de nos frontières il nly a que des terres allbanaises, des terres que nous ont laissées nos ancétres et que nous avons arrosées de notre sang. Que l'on ose y toucher et nous saurons les défendre.
Notre mouvement de libération nationale a accordé à la minorité grecque de chez nous les mémes droits qu'au peuple albanais. Le gouvernement démocratique d'Albanie garantira à la minorité grecque dans notre pays les libertés et les droits démocratiques et nationaux pour lesquels les fils de cette minorité se sont battus héroiquement dans les rangs de nios brigades de libération nationale.
L'HPE’R0IQUE PEUPLE GREC EST UN AMI
DU PEUPLE ALBANAIS
Au Jje Congrès de la Jeunesse antifasciste albanaise, qui tint ses assises à Tirana, le camarade Enver Hoxha a salué le Congrès et toute la jeunesse antifasciste de notre pays. Dans son discours, il traita, entre autres, des ,revendications de la réaetion grecque sur l'Albanie.
Il y a parmi vous les représentants de l’EPON,* *( Organisation panhellénique de l’Union de la Jeunesse.) les représentants de l'héroique jeunesse antifasciste du vaillant peuple hellène avee lequel les chauvins d'Athènes cherchent à nous brouiller. Ces messieurs réactionnaires fascistes d'Athènes ne pensent qu'à nos territoires et ils les convoìtent. Mais nos régions de Korce et de Gjirokaster ne peuvent pas étre annexées parce qu'elles ont un maitre. Ceux qui ont été capables de libérer l'Albanie du joug des Allemands, sauront fort bien défendre l'intégrité territoriale de leur pays contre les valets du fascisme qui végètent à Athènes. Les fascistes de la megali idhea* *( La <<Grande idée>>, plate-forme idéologique de la bourgeoisie chauvine grecque qui visait à fonder un grand Etat grec clans les frontières de l'ancien empire byzantin.) vivent encore dans le monde d'Hitler et avec ses réves insensés. Mais à cóté des fous il y a des gens sensés. A notre frontière sud on se livre à mille provocations pour troubler les eaux. Les chauvins grecs aboient comme les chiens à la lune pour protester contre les prétendues tortures que nous ferions subir à la minorité grecque en Albanie. Mais nous ne sommes pas des fauves comme eux, nous sommes des hommes. Nous ne pratiquons ni le ,massacre ni le pillage; nous ne traitons pas la minorité grecque comme les bandes de Zervas et de Plastiras traitent la population de Tchamerie qu'ils ont cruellement massacrée. Au contraire, notre attitude à l'égard de la minorité est celle d'un peuple des plus avancés du monde, d'un peuple aux sentiments humains doté d'un sens aigu de la justice. La mínorité grecque en Albanie démocratique jouit de tous les droits; elle a ses écoles. ses enseignants, sa presse, ses hommes au pouvoir et dans Farmée. La minorité grecque a acquis ces droits incontestables en versant son sang, en se battant au es albanais contre l'ennemi commun, le fascisme et ses laquais. A la réunion de Berat, la vieille mère du martyr Thanas Ziko,* *( Patriote révolutionnaire de la minorité greeque. Il travailla et lutta pour renverser le régime féodalo-bourgeois d'A. Zogu. Emigré à Belgrade, il y mourut en février 1941) manifestant ainsi la grande fraternité et l'amour qui lient la minorité grecque au généreux peuple albanais, a dit: <<Je viens me réjouir avec vous de ces jours heureux que nous vivons, je viens saluer les compagnons de mon fils tombé pour l'Albanie démocratique!>>. Mais les messieurs d'Athènes veulent assombrir les jours heureux qu'évoque cette vieille feTnme minoritaire, ils cherchent à dissimuler leurs crimes en nous calomniant. Maís ces calomnies se retourneront contre eux parce que la petite mais héroique Albanie a des amis puissants. Ces amis sont le monde progressiste et les peuples de, l'Union soviétique, tous les peuples épris de progrès des Balkans. Lapetite Albanie est l'amie de l'héroique peuple grec, de ce peuple qui n'a jamais baissé le drapeau de la résistance contre l'Allemagne nazie et ses agents dans le pays, de ce peuple qui a versé en méme temps que nous son sang pour la líberté et la démocratie, de ce peuple enf in qui n'a rien à voir avee les chauvins d'Athènes.
Nous sommes un peuple qui veut vivre en paix avec tout le monde, mais quand il s'agit de défendre nos droits, de défendre l'intégríté de notre patrie et l'indépendance de l'Albanie, nous ne craignons pas de nous mesurer à qui que ce soit et ne redoutons personne. Que messieurs les monarcho-fascistes d'Athènes se le tiennent pour dit.
CE N'EST PAS LE PEUPLE ALBANAIS QUI A
Le 12 février 1946, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies examina la question de l'admission de l'Albanie au sein de cette organisation. A cette occasion, le chef de la représentation grecque à l'ONU, Rendis, considérant l'Albanie comme un pays qui s'était battu aux cótés de l'Axe, demanda, par une lettre adressée au Conseil de sécurité, le renvoi de cet examen à la prochaine session de l'Assemblée.
A ce propos, le camarade Enver Hoxha, répondant à une question qui lui fut posée par le journal «Bashkimi», déclara entre autres:
L'argument avancé par monsieur Rendis à FONU pour empécher l'admission de l'Albanie, argument qui étaye leurs prétentions impérialistes [des fascistes grecs], est aussi ridicule que le prétexte de <<l’assassinat d'un certain Daut Hoxha>> invoqué par l'Italie fasciste pour déclarer la guerre à la Grèce.
Monsieur Rendis, son gouvernement et tous les fascistes grecs doivent bien se persuader que ce que la Grèce a subi du fait de l'Italie en 1940, notre pays en a fait l'expérience dès le 7 avril 1939. Et lorsque le peuple albanais se battait le 7 avril et au début de l'occupation, les amis de monsieur Rendis, Métaxas et compagnie, loin de protester contre cette catastrophe qui s'abattait sur un petit pays voisin, n'ont méme pas considéré cette agression comme un danger imminent qui menagait la Grèce et tous les Balkans. ..
Ce n'est pas le peuple albanais qui a déclaré la guerre à la Grèce mais l'Italie fasciste et les quislings albanais avec Shefqet Verlaci et consorts.
Loin d'avoir la moindre part de responsabilité dans le déclenchement et le déroulement de la guerre italo-grecque, le peuple albanais s'est dressé contre cette guerre, il a fait cause commune avec l'héroique peuple gree qui était massacré et asservi comme il l'avait été lui-méme, depuis le 7 avril 1939. Les sentiments que notre peuple éprouvait pour son voisin, il les a manifestés en combattant les occupants italiens. Monsieur Rendis n'est certes pas sans savoir que lorsque l'Italie fasciste a déclaré la guerre à la Gréce, les prísons de notre pays se sont remplies de patriotes albanais qui manifestaient et se battaient contre les carabiniers italiens dans les rues de nos villes; des milliers de patriotes albanais ont senipli les camps de concentration en Italie; la Luogotenenza s'est efforcée de faire table rase de cette résistance, en déportant des jeunes albanais dans les camps de concentration parceque la résistance de notre peuple ne cessait de monter. Monsieur Rendis doit bien savoir que les murs des maisons de Tirana ont été couverts d'affiches dénongant la guerre italo-grecque, que les groupes de la Résistance, par des tracts et autres moyens de propagande, ont incité à déserter des
rangs de l'armée quisling tous les soldats albanais, qui ont été par la suite internés dans lescamps de concentration du fascisme. Monsieur Rendis doit savoir que les unités du Mouvement de libération nationale dans l'Albanie centrale lancaient des attaques armées contre les Italiens qui transportaient leurs ravitaillements à la frontière grecque et que le voeu, exprimé par notre peuple, de combattre les Italiens aux cótés de Farmée grecque, a été catégoriquement rejeté par le Commandement grec. Qui plus est, la population des régions de l'Albanie du Sud où avait pénétré l'armée grecque a été désarmée. Sous l'occupation allemande également, le peuple albanais a continué de manifester la méme sympathie pour le peuple grec et de se solidariser avec lui dans la lutte pour la cause commune. Les bataillons de nos brigades, fraternisant avec les forces de l'ELAS, et tout le peuple grec, ont passé la frontière et frappè,sur le territoire grec, l’envahisseur allemand.L’honnéte peuple grec sait bien tout cela, le bandit Zervas et ses acolytes aussi.
LE PEUPLE ALBANAIS A TOUJOURS VECU EN BON
VOISINAGE AVEC LE PEUPLE GREC
La Confèrence de la Paix tenait alors ses assises à Páris. A une séance plénière, le camarade Enver Hoxha, qui conduisait la délégation du Gouvernement démocratique d'Albanie, parla de la Lutte de libération nationale du peuple albanais, de ses sacrifices et de sa contribution à la vietoire sur le fascisme. Il exposa également les vues et les prises de positíon de l’Albanie concernant les problèmes débattus et rejeta les accusations mensongères de Tsaldaris.* *( Chef de la délégation grecque à la conférenee et Premier rninistre de son Pays)
Quand les Italiens ont attaqué la Grèce, le peuple albanais, par ses intrépides et vigoureuses actions armées, a apporté une contribution effucace à la lutte du peuple grec qui subissait le méme sort que le sien. Nous nous sentions unis. dans le méme malheur causé par le méme ennemi. Sur les routes de Durrés, de Tirana, de Gjirokaster, les partisans albanais attaquaient les, convois italiens en route vers la Grèce.
Les Italiens et les quislings albanais, leurs sbires, conscients du danger qu'ils couraient, intensifiaient leur action répressive et les mesures de terreur. Les montagnes étaient pleines de. partisans organisés en. formations régulières, qui étaient constamment sur la brèche. Des centaines de villages ont été brúlés par représailles, mais nous défendions pouce par pouce notre territoire, libéré. Les Italiens durent se réfugier dans les villes, car la montagne ne leur profitait guère. Sous la domination italienne, les gouvernements quislings étaient renversés et remplacés tous les. dix mois. te peuple albanais menait la vie dure à ces quislings et à leurs patrons. Et cela montre le fossé géant qui existait entre les quislings et l'héroique peuple albanais.Après la capitulation italienne et l'arrivée des troupes allemandes de Grèce, le peuple al.banais a serre davantage ses rangs parce qu'il savait qu'il avait affaire à un autre ennemi implacable, sanguinaire...
Le peuple albanais se présente devant cette Conférence de la Paix la téte haute et convaincu qu'il a accompli son devoir d'allié jusqu'au bout; l'Albanie se présente ici pour réclamer ses droits à des réparations, pour qu'il lui soit rendu justice contre l'Italie qui l’a mise à feu et à sang et pour affirmer sa volonté de vainqueur, afin que ce pays ne soit plus un danger pour la paix dans le monde et pour son indépendance et sa souveraineté.
Mais avant d'exposer le point de vue de mon pays à ce sujet, je suis obligé de répondre aux accusations mensongères de M. Tsaldaris, premier <délégué grec, aux grief et auxre revendications qu’il a formulées contre l'Albanie dans plusieurs séances précédentes de la Conférenee.
M.Tsaldaris s'est évertué à démontrer que l'Albanie n'est pas un pays allié, que l'Albanie a attaqué la Grèce et que celle-ci est en état de guerre avec elle. D'autre part, M.Tsaldaris revendique l'Albanie du Sud en prétendant que celle-ci est une terre grecque et qu'elle lui revient de droit.
Sur la question de savoir si l'Albanie est un pays allié et si elle a mérité amplement ce qualif icatif, M. Tsaldaris trouvera ma réponse dans ce que je viens de dire plus haut. Le peuple albanais rejette avec mépris l'offensante accusation du délégué grec qui qualifie mon pays d'agresseur. Le peuple albanais n'a jamais attaqué le valeureux peuple gree; il ne lui a jamais déclaré la guerre. Au contraire, il a sympathisé avec sa cause qui était aussi la sienne parce que tous deux subissaient le méme sort, ayant le méme ennemi.
Le peuple albanais a montré non seulement pendant la guerre antifasciste, mais aussi pendant la Première Guerre mondiale, combien il était résOlu à combattre l'impérialisme italien qui cherchait à s'emparer de nos terres et de nos biens. Entre le peuple albanais et les fascistes italiens s'est livrée une guerre implacable et sans merci. C'est pourquoi avec son <<fameux>> argument, M. Tsaldaris ne convaincra personne, pas méme les faibles d'esprit. C'est à l'Italie fasciste et non à nous que M. Tsaldaris doit demander des comptes de la láche agression contre son pays. Qu'il en demande au criminel de guerre Victor-Emmanuel et pas au peuple albanais qui a été occupé par les mémes ennemis que ceux de la Grèce et qui a combattu comme le peuple gree, avec acharnement, pour son indépendance et sa souveraineté.
Il serait ridicule de penser qu'un simple décret de Victor-Emmanuel, roi d'Italie, pourrait engager le peuple albanais qui a mené une guerre sans merci contre l'Italie dès le premier jour de l'occupation et qui a méme attenté à la vie du roi d'Italie, lors de l'unique visite que celui-ci fit en Albanie, en mai 1941. M. Tsaldaris invoque comme argument à l'appui de sa thèse l'acte de déclaration de guerre du quisling albanais Vérlaci. Le peuple albanais a mis dans le méme sac les occupants et les quislings et il n'a pas fait de distinetion entre eux. Les quíslings albanais, comme d'ailleurs tous les quislings d'Europe, n'avaient rien de commun avec leur peuple. Ils étaient les pires ennemis du peuple et, comme tels, nous les avons combattus sans quartier. Les quislings albanais n'ont pu recruter contre l'Armée grecque de libération et contre les Alliés que quelques maigres bataillons, car le peuple albanais s'est soulevé tout entier comme un seul homme contre l'oppresseur et contre les traitres. Voilà la différence qui existe entre notre peuple et les quislings. M. Tsaldaris veut-il en savoir davantage sur ce que le peuple albanais a fait de ces quislings? Eh bien, il les a fait passer au fil de l'épée et ils ont ainsi payé leurs méfaits. Et s'il veut en savoir plus long sur le sort de leurs compagnons d'armes qui se sont enf uis avec les troupes allemandes, qu'il sache que ces criminels se trouvent dans les meilleurs hótels de Rome, dans cette ville d'où partirent les avions qui bombardèrent láchement les f emmes et les enfants albanais et grecs.
Je voudrais demander à M. Tsaldaris pourquoì il ne parle pas des autres quislings d'Europe qui ont fait tant de mal à la cause alliée et spécialement des quislings qui, après leurs crimes horribles, se promènent librement. Pourquoi M. Tsaldaris n'a-t-il pas le courage de confondre les autres quislings d'Europe avec leurs peuples respectifs?
Je voudrais rappeler que, durant la guerre italo-grecque, quelques centaines de soldats albanais recrutés par la force dans l’armée italienne, se mutinèrent contre les Italiens pour faire cause commune avec les Grecs. Une partie d'entre eux, en désertant, passèrent du cóté des Grecs pour combattre avec eux, mais les Grecs les traitèrent comme des prisonniers de guerre et les envoyèrent en Crète, où, lors du débarquement allemand, ils combattirent vaillamrnent aux cótés des soldats britanniques. Une autre partie rejoignit les partisans albanais, le reste fut désarmé par les Italiens, retiré du front, enfermé dans le camp de concentration de Shijak et traduit devant un tribunal militaire pour “haute trahison”.A ce propos, l’agence Reuter rapportait le 22 décembre 1940 cette nouvelle de Monastir: «Des soldats albanais mobilisés de force dans l’armée italienne se sont mutinés hier dans un secteur des arrières italiens et ont infligé à l'enemi de lourdes pertes avant d'étre réduits à l'impuissance. Un certain nombre d'entre eux se sont enfuis vers les collines environnantes d'où ils continuent la résistance».
Le 4 décembre 1940, l'agence «Anatolie» mande d'Athènes qu'un général italien fait prisonnier par les Grecs a déclaré que «l'armée italienne subit de grands revers à cause de la trahison des Albanais». C'est ainsi que dans une lettre à Hitler, le 22 novembre 1940, Mussolini lui-méme voulait se iustifier des revers subis. Et voici ce que le maréchal Badoglio dit à ce propos dans ses mémoires: «La campagne commenga donc. Tout le monde en connait l'évolution. Les troupes grecques de l'Epire résistent vaillamment sur le Kalamas, tandis que les bandes et les troupes albanaises englobées dans nos divisions, ou bien nous ont trahi en se livrant à des actes de sabotage, ou bien sont passés du cóté des Grecs».
-Le Figaro- (n' 588) du 4 juillet 1946, évoquant la guerre italo-grecque, écrivait:
«De leur cóté, les guérillas albanalses attaquaient les colonnes italiennes et les transports sur les routes menant au front».
Radio-Londres rapportait le 26 octobre 1940:
<<On apprend d'Albanie que des bandes d'irréguliers albanais. très actives derrière les lignes italiennes, coupent et sabotent les voies de communication en terrorisant les détachements italiens isolés».
<es groupes d'irréguliers ont réussi à pénétrer dans la capitale, et ont affiché sur tous les édifices publics jusqu'au palais du gouvernement italien des proclamations appelant les Italiens à évacuer l'Albanie».
De méme, le 4 janvier 1941, la BBC transmettait:
<On relève dans les milieux militaires que les Albanais prétent une aide efficace aux Grecs contre les Italiens».
Mais s'il porte ses accusations mensongères contre le peuple albanais, Monsieur Tsaldaris doit savoir nous répondre ici aux questions suivantes:
Considère-t-il comme agresseurs, comme il fait de l'Albanie, les différents peuples d'Europe dont les quislings n'ont pas seulement envoyé des bataillons, mais ont organisé des expéditions entières contre l'héroique Armée rouge, qui était pour tous les peuples un exemple d'héroisme et de vaillance et en méme temps leur plus grand soutíen? Il lui est difficile de répondre à cette question.
M.Tsaldaris considérera-t-il comme pays agresseur la France, d'où Hitler envisagea de lancer son attaque contre l'Angleterre? A cette question aussi il lui est très difficile de répondre. Contre la petite Albanie cependant, M. Tsaldaris croit que tout lui est permis. Mais il se trompe, ses arguments sans valeur ne peuvent pas tenir debout.
Non, le peuple albanais n'a pas été et ne sera jamais un agresseur, et contrairement à ce que prétend Monsieur Tsaldaris il ne présente aucun danger pour le peuple grec. Les attaques du premier délégué grec contre mon pays, qui prétend que nous lui avons troublé son eau, nous font penser à la fable de la Fontaine. Nous avons toujours vécu en bons termes avee le peuple grec avee lequel nous avons combattu cóte à cóte contre les Italiens et les Allemands. Durant notre guerre antifasciste, le peuple albanais s'est hé d'une amitié sincère avec ses voisins, les peuples de Yougoslavie et de Grèce. A la lumière de ces faits, les accusations grecques apparaissent sous leur vrai jour, mensongères et dénuées de tout fondement. Et puis Monsieur Tsaldaris a-t-il si vite oublié que les quislings grecs, en collaboration avee les Allemands, oenglobées dans nos divisions, ou bien nous ont trahi en se livrant à des. actes de sabotage, ou bien sont passés du cóté des Grecs».
-Le Figaro- (n' 588) du 4 juillet 1946, évoquant la guerre italo-grecque, écrivait:
«De leur cóté, les guérillas albanalses attaquaient les colonnes italiennes et les transports sur les routes menant au front».
Radio-Londres rapportait le 26 octobre 1940:
<On apprend d'Albanie que des bandes d'irréguliers albanais très actives derrière les lignes italiennes, coupent et sabotent les.voies de communication en terrorisant les détachements italiens isolés».
<Des groupes d'irréguliers ont réussi à pénétrer dans la capitale, et ont affiché sur tous les édifices publics jusqu'au palais du gouvernement italien des proclamations appelant les Italiens à évacuer l'Albanie».
De méme, le 4 janvier 1941, la BBC transmettait:
<On relève dans les milieux militaires que les Albanais prétent une aide efficace aux Grecs contre les Italiens».
Mais s'il porte ses accusations mensongères contre le peuple albanais, Monsieur Tsaldaris doit savoir nous répondre ici aux questions suivantes:
Considère-t-il comme agresseurs, comme il fait de l'Albanie, les différents peuples d'Europe dont les quislings n'ont pas seulement envoyé des bataillons, mais ont organisé des expéditions entières contre l'héroique Armée rouge, qui était pour tous les peuples un exemple d'héroisme et de vaillance et en méme temps leur plus grand soutíen? Il lui est difficile de répondre à cette question. M.Tsaldaris considérera-t-il comme pays agresseur la France, d'où Hitler envisagea de lancer son attaque contre l'Angleterre? A cette question aussi il lui est très difficile de répondre.
Contre la petite Albanie cependant, M. Tsaldaris croit que tout lui est permis. Mais il se trompe, ses arguments sans valeur ne peuvent pas tenir debout.
Non, le peuple albanais n'a pas été et ne sera jamais un agresseur, et contrairement à ce que prétend Monsieur Tsaldaris il ne présente aucun danger pour le peuple grec. Les attaques du premier délégué gree contre mon pays, qui prétend que nous lui avons troublé son eau, nous font penser à la fable de la Fontaine. Nous avons toujours vécu en bons termes avee le peuple grec avee lequel nous avons combattu cóte à cóte contre les Italiens et les Allemands.
Durant notre guerre antifasciste, le peuple albanais s'est hé d'une amitié sincère avec ses voisins, les peuples de Yougoslavie et de Grèce.
A la lumière de ces faits, les accusations grecques apparaissent sous leur vrai jour, mensongères et dénuées de tout fondement. Et puis Monsieur Tsaldaris a-t-il si vite oublié que les quislings grecs, en collaboration avee les Allemands, ont plusieurs fois combattu contre les Albanais et qu'ils se sont rendus responsables des Pires atrocités?
Voici quelques faits à ce sujet:
Le 8 septembre 1943, le jour de la capitulation de l'Italie, les Allemiands venant du cóté de Sayada et guidés par un capitaine zerviste nommé Vitos, pénétrèrent dans la ville de Konispol et y incendièrent plus de cinquante maisons. Pendant la grande offensive de l'hiver 1943-1944 , organisée par les Allemands contre notre Armée de libération nationale, les forces allemandes, accompagnées par les bandes de Zervas, passèrent de Grèce en Albanie et mirent le feu aux régions de Zagorie et de Pogon.
D'autres bandes de Zervas se battirent aux cótés des Allemands, contre les partisans albanais en janvier 1944 et incendièrent les villages de Krané et de Dermish ainsi que les maisons de tous les partisans minoritaires de la région de Dropull, tandis qu'en février 1944, ces bandes mirent le feu au village de Dhrovjan.
Pendant l'autre grande offensive allemande de juin 1944 les forces de Zervas vinrent avec l'armée allemande de Grèce du cóté de Voshtine et incendièrent ce qui restait de Zagorie. Ainsi, chaque fois que les Alleman:ds venaient de Grèce pour attaquer les forces de l'Armée de libération albanaise, l'eur principal appui étaient les bandes du général quisling grec Napoléon Zervas.
La délégation grecque a prétendu que le gouvernement actuel albanais poursuit une politique de dénationalisation à l'égard de la minorité grecque en Albanie.
Messieurs, la minorité grecque en Albanie a combattu cóte à cóte avec tout le peuple albanals contre les envahisseurs fascistes et nazis et contre les quislings albanais et grecs. Aujourd'hui, au sein de la République populaire d'Albanie, elle jouit des mémes droits que les ressortissants albanais. Elle a 79 écoles et un lycée où les cours ont lieu en langue grecque; elle exerce elle-méme
le pouvoir local comme tout le peuple albanais; elle a ses représentants à l'Assemblée populaire; et les minoritaires grecs ont également place dans les rangs de l'Armée et de l'administration.
Par ailleurs, je ne saís pas si Messieurs les délégués ont eu connaissance de la terreur dont a été victime la population tchame en Grèce. En juin 1944 et en mars 1945, les bandes du général quisling Napoléon Zervas incendièrent leurs villages,pìllèrent leurs biens et massacrèrent des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards. Plus de 20.000 Tchames qui purent échapper à la mort se réfugiérent en Albanie où, bien que secourus par le Gouvernement et le peuple albanais, ils vivent dans une situation de grande détresse.
Mais le véritable objectif de toutes ces allégations du délégué gree est d'enlever à l'Albanie les deux régions de Korce et de Gjirokaster, qui ont été de tout temps deux centres des plus ardents du patriotisme albanais, pendant la longue occupation ottomane comme et surtout pendant la Lutte de libération nationale contre les envahisseurs italiens et allemands. Ces visées reflètent la vieille politique de la megali idhea hellénique, c'est-à-dire de l'expansion impérialiste grecque dans tous les Balkans, idée encore vivace dans la téte des gouvernants grecs actuels. En fait, ceuxci, par les revendications qu'ils avancent contre l'Albanie, par leurs provocations quotidiennes à nos frontières et par leurs intrigues, comme la proposition faite par M. Tsaldaris en personne au délégué yougoslave de procéder au partage de l'Albaníe* *( A la Confèrence de la Paix à Paris, Tsaldaris proposa confidentiellement au chef de la délégation Yougoslave le paruge de l'Albanie entre la Grèce et la Yougoslavie. Le repréentant Yougoslave déclina cette offre dans l'espoir qu'un jour 'Albanie serait entièrement annexée par son pays.) , cherchent à troubler la paix dans les Balkans.
Messieurs, nous pensons qu'il est inconcevable et inadmissible de soulever dans cette conférence la question de l'intégrité territoriale de l'Albanie. Le peuple albanais, petit par le nombre, mais grand par ses sacrifices pour la cause commune, n'est pas ici pour discuter de ses frontières, mais pour affirmer et réclamer ses droits. Nous déclarons solennellement qu'à l'intérieur de nos frontières actuelles, il n'y a pas un pouce de terre étrangère et nous ne permettrons jamais qu'on y touche, parce que, pour nous, elles sont sacrées.
NOS FRONTIERES NE SONT PAS A DISCUTER
16 SEPTEMBRE 1946
Avant de quitter Paris, le camarade Enver Hoxha fit devant les représentants de la presse parisienne une déclaration ferme et catégorique où il rejetait la décision de la Conférence de la Paix remettant en question les frontières de l'Albanie du Sud.
Voici le texte de cette déclaration:
Mon peuple, qui s'est dressé le premier dans la lutte contre le fascisme et l'a combattu jusqu'au bout, croyait fermement, quand il m'a envoyé à la Conférence de la Paix, à une meilleure justice. Le peuple albanais, par ma voix, a seulement réclamé cette justice pour laquelle sont tombés ses fils et ses filles héroiques, il n'a demandé que le fruit de ses grands sacrifices. Et cette justice nous a été niée. Après tant de sacrifices consentis par mon peuple, tant d'actes éclatants d'héroisme et d’abnégation, après tant de sang de versé par toute l'humanité, il y a encore des hommes qui, de façon éhontée, nient nos efforts titanesques, qui qualifient notre lutte de <mythe», qui cherchent à nous mettre sur le meme rang que l'agresseur fasciste italien et revendiquent des terres de notre pays qui ne leur ont jamais appartenu. Mais mon peuple n'est pas surpris qu'il v ait encore de nos jours de pareilles gens, il déplore seulement que les représentants de quelques pays alliés qui sont parfaitement au courant de notre lutte hérolque, de nos grands sacrifices, qu'ìls ont eux-mémes loués, soutiennent ouvertement ou en sous main les gouvernants d'Athènes, qui troublent la paix dans les Balkans et dans le monde. L'histoire sera le juge de cette grande injustice qu'ils font à l'Albanie, mais mon pays tiendra toujours la téte haute parce qu'au moment du danger nazi-fasciste il a accompli jusqu'au boút son devoir envers l'humanité.
Les peuples civilisés et démocrates se ren,dent bien compte de cette iniustice faite à mon petit pays qui mérite que lui soient rendus tous les honneurs et tous les droits.
Quand le peuple albanais se battait avec courage contre le fascisme, les autres lui jetaient,des fleurs, mais quand il a demandé la place qu'il avait si bien méritée à l’ONU ou à la Conférence de la Paix, on lui a lancé des pierres. Mon peuple n'arrivera jamais à comprendre cette logique, car elle est de mauvaise foi. Mais dans tout cela, une chose est pourtant claire: les droìts des petits peuples sont souvent foulés aux pieds. Mon peuple en est pleinement convaincu, de méme qu'il est parfaitement conscient et reconnaissant de la grande et sincère amitié que lui ont témoignée nombre de délégations des pays alliés et amis au moment où a été soulevée notre question, soit à la Conférence de Paris, soit à l'ONU.
Mais le peuple albanais, qui ne s'est jamais découragé, méme aux moments les plus critiques de son existence, avancera dans la voie du progres et mettra toujours ses modestes forces au service de la paíx et de sa consolidation. Mon peuple qui travaille dans la paix et le calme pour reconstruire ses foyers, ne craint pas les fascistes grecs qui ourdissent des complots contre lui. Nous sommes un peuple épris de liberté, nous ne sommes pas de ceux qui se laissent fouler aux pieds. Nous savons défendre nos droits, notre liberté, notre indépendance, notre souveraineté et notre intégrité territoriale. Le peuple albanais a combattu des siècles durant pour conquérir ses droits sacrés et il est prét, dès aujourd'hui, à reprendre sa lutte si les aventuriers fascistes tentent d'empiéter sur ses droits.
Depuis la libération de mon pays, les monarcho-fascistes grecs ne font que nous provoquer à notre frontière sud; ils se livrent presque chaque jour à des attaques armées contre nos gardesfrontière, contre notre peuple travailleur et éprìs de liberté, contre nos ports et notre littoral. Les fascistes grecs ne peuvent pas supporter l'existence à leur frontière nord d'une démocratie forte et saine comme la nótre. Ils font tout pour troubler la paíx dans les Balkans, ils vont jusqu'à revendiquer l'Albanie du Sud parce que, disent-ils, c'est «un territoire grec>. La Conférence de la Paix a voté la demande de la partíe grecque qui vise à remettre en question la frontière de l'Albanie du sud.*
*( Commettant une iniustice flagrante et foulant aux pieds les droits et la souveraineté du peuple albanais, la Conférence de la Paix à Paris, à sa séance plénière du 30 aoút 1946, décida, par une faible majorité de voix, de mettre à l’ordre du jour de sa prochaine séance plénière la demande grecque qui remettait en question la frontière de l'Albanie du Sud.
A la séance plénière du 6 septembre, il ne fut pourtant pas questíon de la demande grecque, tandís qu'à la séance plénière du 26 septembre il apparut que la délégation grecque avait retiré son projet de résolution présenté le 30 aoút et concernant ses revendications territoriales envers l'Albanie.
Ainsi le projet de discussion des frontières de l'Albanie du sud, qui fut rnise à l'ordre du jour de la Conférenee sur la demande et la proposition de la partie grecque fut retiré par ses auteurs mèmes, et les monarcho-fascistes grecs et la réaction internationale qui les appuyait, essuyèrent un échec honteux et cuisant.)
Je déclare solennellement que ni la Conférenee de la Paix, ni la Conférenee des Quatre, ni aucune autre conférence ne peuvent remettre en discussion les frontières de notre pays en decà desquelles il n'y a pas un pouce de terre étrangère. Nos frontières sont incontestables et personne n'osera y toucher. Pour s'approprier ne seraít-ce qu'un pouce de terre de notre pays, la réaction grecque devra mettre en mouvement d’autres mécanismes que celui du vote à la Conférence de la Paix. Que le monde entier apprenne que le peuple albanais ne permet pas qu'on remette en question ses frontières et son territoire. D'autre part, je proteste contre la décision prise à la séance plénière de la Conférence de la Paix. Le peuple albanais n'a pas envoyé sa délegation à Paris pour rendre des comptes mais pour en demander à ceux qui lui ont tellement nui et qu'il a combattus jusqu'au bout avee achamement. Nous nous sommes acquittés de notre táche tout comme les Grands. Nos martyrs et nos sacrifices nous sont tout aussi sacrés que les leurs le sont pour les Grands; nos droits sont aussi sacrés que les leurs. Mais, apparemment, la Conférence de la Paíx n'en a pas tenu compte.
En quittant Paris, je tiens à remercier, au nom de notre peuple, tous les représentants des pays qui ont défendu la juste cause du petit peuple albanais. D'autre part, nous souhaitons de tout coeur qu'il soit mis fin à cette campagne injust et calomnieuse menée contre notre pays qui a lutté si vaíllamment contre le fascisme et qui ne ménagera pas ses efforts pour la consolidation d'une paix juste et durable.
3 OCTOBRE 1947
Lors d'un grand meeting organisé dans la ville de Gjirokaster, au cours d'une visite de travail dans quelques régions de l'Albanie centrale et méridionale, le camarade Enver Hoxha prononça un discours où il évoqua quelques problèmes de la situation internationale, traitant brièvement dans ce cadre de certains développements politiques dans les pays voisins. A propos de la situation dans la Grèce voisine, il dit:
Alors que notre peuple reconstruit son pays dévasté par la guerre, alors qu'il a mobilisé toutes ses forces pour consolider sa démocratie populaire, qu'il va de l'avant dans sa voie pacifique et progressiste, le monarcho-fascisme grec cherche de mille manières et des plus viles à nuire à notre peuple. Vous étes au courant de l'horrible tragédie dont la Grèce est le théátre. Le malheureux mais héroique peuple grec lutte contre les fascistes monarchistes et l'intervention étrangère. Le monde progressiste et démocratique s'indigne profondément devant cette grande tragédie de ce peuple qui mérite de vivre libre et souverain, mais qui est malheureusement opprimé et massacré sans pitié par les collaborateurs du fascisme italo-allemand, actuellement sous les ordres directs de la réaction anglo-américaine. Notre peuple, de méme que tous les autres peuples du monde, sympathise avec la lutte héroique du peuple grec qui s'est battu vaillamment contre les occupants italiens et allemands et qui combat à présent avee héroisme pour se libérer des nouveaux occupants et des quislings monarcho-fascistes sanguinaires. Il n'est personne parmì ceúx qui se disent démocrates qui ne sympathise avec la lutte du peuple grec pour la liberté et la démocratie. Mais la lutte du peuple grec ne regarde que lui et lui seul, il n'appartient done nì à notre peuple ni à notre gouvernement de s'ingérer dans ses affaires intérieures. Le peuple albanais et son gouvernement ne se sont immiscés et ne s'immisceront jamais dans les affaires intérieures du peuple grec, qui doit les régler selon sa propre volonté. Telle a été, est et sera notre attitude. Je le répète, parce que vous savez bien quelle campagne de calomnies et de mystifications les monarcho-fascistes grecs et leurs soutiens américains et anglais ont orchestrée contre notre pays. Ils accusent notre pays de s'ingérer dans les affaires grecques, d'aider la lutte des :démocrates, de leur fournir soi-disant des armes zet des munitions, et ils en déduisent que la lutte ùu peuple grec est encouragée et soutenue par les étrangers. Le peuple grec, torturé, massacrè par des bandits fascistes qui mettent le pays à feu et à sang, a pris les armes pour sauver sa vie, la vie de ses enfants, pour sauver sa patrie. Les Américains, les Anglais et leurs laquais considèrent cela comme une intervention étrangère. C'est vouloir mettre la lumière sous le boisseau. .Non, notre peuple n'est pour rien dans la lutte du peuple grec. Si les Américains, les Anglais et les monarcho-fascistes se répandent en accusations et en calomnies contre nous, c'est pour ,camoufler le vrai caractère de la lutte du peuple grec, dissimuler les causes de cette lutte, passer sous silence la terreur que sème le monarcho fascisme grec, voiler leur action néfaste, autrement dit leur intervention ouverte et féroce. Il est à la fois tragique et ridicule de voir' l'Amérique accuser notre petit peuple épris de liberté d'étre l'instigateur de la guerre qui se livre en Grèce et de fournir à un camp des armes et des munitions. Personne ne peut gober cela, les Américains ne parviendront à convaincre qu'eux-mémes. Notre peuple et tous les peuples du monde connaissent bien l'attitude hostile des gouvernements américain et anglais à l'égard de notre pays. La réaction américaine et anglaise a recours à mille procédés antidémocratiques, à la menace, au. chantage et aux calomnies que vous connaissez bien . dont la fausseté est,désormais établie et qui visent à discréditer notre pays et notre démocratie populaire, à nuire à un petit peuple qui a combattu avee héroisme contre les occupants, qui a instauré un régime des plus démocratiques et qui s'est consacre de toutes ses forces à son ceuvre de construction et de paix. Vous avez entendu les aveux des vils agents des Anglo-Américains devant le tribunal de Tirana, vous étes au courant des menées des hommes des missions anglo-áméricaines, conduites de concert avec les traltres au peuple albanais, pour renverser le pouvoir populaire en Albanie, vous étes au courant également des sabotages et des attentats qu'ils ont perpétrés. Les individus et les gouvernements sans scrupules qui inventent des choses inexistantes contre notre petit peuple, ont fourré les mains jusqu'au coude dans nos affaires intérieures. Mais cela n'a pas marché pour eux. Toutes leurs odieuses tentatives ont été découvertes à temps et leurs agents recevront le chátiment qu'ils méritent. Le Départernent d'Etat américain et le Foreign Office ont beau réitérer des déclarations pour nier l'ingérenee de leúrs hommes dans les affaires intérieures de l'Etat souverain qu'est le nótre, les faits et les preuves qui la démontrent sont si nombreux qú’íls ne peuvent étre réfutés par de simples paroles. Les fonctionnaires du Département d'Etat américain qualifient de libéraux démocrates les sabotateurs, les assassins, les bandits et les espions jugés à Tirana qui voulaient offrir à la Grèce de Tsaldaris les villes de Gjirokastér et de Korge, ces berceaux du patriotisme albanais. Vous pouvez imaginer comment le Département d'Etat américain congoit la démocratie. Non, chez nous, où le peuple a versé tant de sang et où exíste une véritable démocratie, Shefqet Beja* *( Ancien député, servit les impérialistes arnéricains et anglais dans leurs tentatives pour renverser le pouvoir populaire en Albanie. Il fut jugé par le tribunal du peuple pour avoir trahi la patrie et reçut le chátient qu’il méritait.) et compagnie sont des bandits fascistes et nous les condaninons sans pitié, n'en déplaise aux fonetionnaires du Département d'Etat américain. Mais le problème c'est que ces gens-là ne peuvent voir le peuple au pouvoir, se gouverner lui-méme, promulguer ses lois et édifier sa vie comme il le souhaite. Eux qui accusent à tort les autres de s'ingérer dans les affaires d'autrui, non seulement s'y immiscent eux-mémes mais cherchent aussi, par tous les moyens, à écraser les autres peuples sous son talon de fer. Telle est la prétendue démocratie du Département d'Etat avec la doctrine Truman et le plan Marshall. Ce qui se produit en Grèce est l'oeuvre de la réaction américaine, anglaise, des monarchofascistes etde nul autre.
La Grèce monarcho-fasciste non seulement s'est transformée en une base de la réaction américaine, mais elle est devenue aussi une menace pour la paix dans les Balkans et dans le monde.
Il y a bien des années que les monarcho-fascistes grecs ont déclenché contre notre pays une canipagne de provocations et de diffamations, une campagne de revendications territoriales, une guerre de nerfs d'une intensité qui dépasse celles des nazis allemands. Chaque jour ou presque les rnonarcho-fascistes d'Athènes'et leurs bandes se livrent à des provocations à notre frontière, íls tirent sur nos gardes-frontière, tuent les paysans qui labourent paisiblement leurs champs. Tout cela fait partie du plan général élaboré par la réaction américaine et anglaise Pour soutenir leur tlhèse àepuis longtemps mise en échec. Les monarcho-fascistes ont donné refuge à un certain nombre de bandits fascistes albanais, ils les organisent en petits groupes pour attaquer nos sentinelles, provoquer des incidents à la frontière, introduire ces groupes dans notre pays pour y perpétrer des attentats et des actes de sabotage. Mais notre frontière est une barrière défendue par les fils de notre peuple héroique qui des années durant ont combattu et vaincu les Allemands et les Italiens et qui ne redoutent pas les bandits de Zervas et de Tsaldaris.
Que les monarcho-fascistes fassent ce qui leur plait au-delà de notre frontière mais ils savent ce qui les attend de ce cóté-ci. Méme s'ils ne le savaient pas, nous sommes là pour le leur dire: Pour défendre notre patrie, nos frontières, nos droits, nous ne craignons rien, et nous.nous tenons toujours sur le qui-vive. Vous connaissez certainement les revendications ridicules des fascistes grecs sur le prétendu Epire du Nord, c'està-dire sur les villes de Gjirokaster et de Korge et méme sur Elbasan jusqu'au Shkumbin. C'est une vieille rengaine à eux, c'est la vieille chanson de la <<megali idhea>> de Vénizélos* *( Eleuthérios Vénizélos, personnalité politique réactionnaire grecque.) et des bandes de Zographos*. *( Ennemi du mouvement national albanals, il lutta pour annnexer l'Albanie du Sud à la Grèce.)
Nous n'avons pas le temps de nous éten,dre plus longuement sur ces questions, mais le peuple albanais a coupé court aux monarcho-fascistes grecs: Korce et Gjirokaster sont des territoires qui appartiennent à nous et à nous se uls., Nous conseillons à ceux qui veulent y touther de ne pas jouer avec le feu.
Les monarcho-fascistes grecs se livrent aux plus viles calomnies sur le compte des Albanais, les accusant d'avoir tué ou torturé des gens de la minorité grecque qui vit dans notre région de Gjirokastér, d'avoir méme brúlé leurs maisons. Nous disons qu'il n'y a pas de mensonge plus infáme. Mais les monarcho-fascistes grecs mesurent les autres à leur aune et ils s'imaginent que nous nous comportons comme ils l'ont faít avec les Albanais de la Tchamerie, qui ont été massacrés, brúlés et, finalement, pillés et chassés par eux. Mieux que quiconque vous savez comment vit la minorité grecque chez nous. Nous la considérons comme notre sceur. Les minoritaires sont liés au peuple albanais comme la chair à l’os. Les vaillants fils des paysans de la minorité ont combattu cóte à cóte avec le peuple albanais, ils se sont battus pour la liberté de l'Albanie, pour une démocratie véritable, ils se sont battus aussi pour se libérer, de méme que le peuple albanais, du joug des agas et des beys de Libohove et de Gjirokastér. Le peuple albanais chante la vaillance de Lefter Talo, de Thanas Ziko et d'autres martyrs de la minorité de méme qu'il chante la bravoure d'Asim Zeneli et de Qemal Stafa. Le peuple albanais ne pourra jamais faire de différence entre les fils de la minorité tombés au champ de bataille et ses propres fils. La minorité grecque a combattu cóte à cóte avec.le peuple albanais, elle a remporté la victoire de concert avec le peuple albanais et elle vit heureuse sa nouvelle vie cóte à cóte avec le peuple albanais frère. La réforme agraire a distribué la terre aux paysans de la minorité et cette terre leur appartient à iamais. Ils bénéficient de l'aide du pouvoir populaire qui est aussi leur pouvoir et qui ne fait pas la moindre différence entre eux et la population d'Albanie. La minorité grecque jouit chez nous de tous les droits, elle a ses propres écoles et son journal qui parait en langue grecque. Nos sceurs et nos frères de la minorité grecque ont conscience de jouir de tous ces droits et ils les exercent. Ils savent bien que les calomnies répandues par les fascistes d'Athènes sont aussi viles que ridicules. La minorité grecque en Albanie qui vit en paix et dans le bonheur, voit clairement ce qui se produit en Grèce et où les monarcho-fascistes d'Athènes conduisent l'héroique peuple grec. Nos frères et nos soeurs de la minorité grecque en Albanie ont le coeur gros en voyant les grands malheurs qui s'abattent sur leurs frères et sceurs de Grèce. Et nous nous en affligeons autant qu'eux. Mais la minorité grecque liée à jamais au peuple albanais doit étre fière de l'héroique peuple grec qui est invincible et lutte courageusement contre les. occupants et les bandes fascistes de Tsaldaris pour la liberté de la Grèce, pour la véritable démocratie...
NOUS AIMONS DE TOUT NOTRE COEUR
LE PEUPLE GREC FRERE
Au I^ Congrès du Parti communiste d'Albanie réuni à Tiraxa du 8 à 22 novembre 1948, le camarade Enver Hoxha présenta au nom du Comité central un rapport où il fit l'an&yse de toute l'activité du PCA depuis sa fondation et définit clairement les táches à accomplir dans l'avenir. Parlant des rapports et de l'amitié du peuple albanais avec le peuple grec, il, dit entre autres:
Notre Parti et notre peuple éprouvent un grand attachement et une grande admiration Pour le peuple grec frère, peuple démocrate, qui lutte Pour sa libération avec tant d'héroisme depuis de nombreuses années. Notre peuple ne peut manquer de partager peuple gree devant les événements tragiques provoqués par les Anglo-Américains et leur brutale intervention militairé. Les Américains en particulier, en violation des lois internationales, on, ensanglanté tout un peuple, et eux seuls et leurs valets, les fascistes sanguinaires d'Athènes, sont, responsables de cette grande tragédie. Nous aimons de tout notre cceur lepeuple grec frère. cet éminent combattant de la liberté et de la démocratie; notre peuple est à ses cótés dans ses efforts gigantesques, parce qu'il garde toujours le, souvenir de la lutte qu'ils ont menée en commun contre les occupants italiens et allemands, des multiples sacrifices et des souffrances soutenus ensemble pour libérer leurs pays de la pesante servitude fasciste. Mais l'héroique peuple grec n'a pu accéder à la liberté comme notre peuple a r,éussi à le faire. La brutale iRtervention de l'impérialisme anglo-arnéricam a eu pour effet de prolonger la. guerre sur le territoire grec.
Les impérialistes-americams et anglais, ainsi que leurs s pots, au moyen de toutes sortes d'intrigues, de calomnies et de chantages, cherchent à nous rendre responsables de a situation en Grèce en nous accusant d'y intervenir, d'y envoyer des armes et de nous livrer à des menées en fait imaginaires. Mais leurs manoeuvres ont été totalement démasquées; leurs accusations ne sont que de viles calomnies, qui ont pour seul but de nous rendre responsables de tout ce qui se passe en Grèce. Notre Etat ne s'est jamais ingéré ni ne s’ingérera jamais les affaires íntérieures de la Grèce, et nos prétendues fournitures d’armes, à l'Armée démocratique grecque ne sont qu'une calomnie lancée par les gouverriernents anglais et américain et leurs agences comme l'UNSCOB.* *( UNSCOB - United Nations Special Commission On the Balkans.)
Si la réaction internationale considère comme une arme le grand attachement que notre peuple porte au peuple gree frère, si elle voit une arme dans la grande admiration que notre peuple éprouve pour la lutte de l'héroique Arm ée démocratique grecque, alors nous dirons, comme nous n'àvons cessé de le faire, que notre peuple ressent pour le peuple grec frère, un amour sans cesse grandissant. Américains et Anglais savent fort bien que nous ne nous sommes pas immiscés ni ne nous immiscerons dans les affaires intérieures de la Grèce. Leur conduite a pour objet de cacher ou de justifier leur intervention brutale en vue d'opprimer le peuple grec. En méme temps, ils se proposent par là d'internationaliser le conflit; tel est le but auquel tendent toutes leurs basses accusations contre l'Albanie, et leurs innombrables et incessantes provocations à notre frontière sud; cependant, au e leúrs menaces ne peut nous intimider, parce que la politique juste de notre Parti et de notre Etat, la vigilance et la capacité défense de notre peuple et de notre armée feront échouer toutes les manoeuvres et les intrigues de l'impérialismè anglo-américain.
Notre peuple a donné et continuera de donner asile aux réfugiés grecs, aux hommes, aux femmes et aux enfants innocents, poursuivis sans, répit, mutilés et terrorisés par les bandes féroces des monarcho-fascistes pour le seul motif qu’ils sont démocrates et fils de démocrates. La Constitution de notre République populaire et la polìtique juste et démocratique de notre gouvernement garantissent le droit d'asile à ceux qui sont persécutés pour leurs activités patriotiques et démocratiques. Mais le gouvernement albanaís a également adopté une juste attitude envers tous les militaires grecs, démocrates ou monarcho-fascistes, qui franchissent notre frontière.
Le gouvernement de la République populaire d'Albanie a toujours suivi une politique pacif ique et de bon voisinage envers la Grèce, et il s'est tou:lours montré disposé à mettre fin le plus tót possible à l'état de tension provoqué à notre frontière sud par la politique agressive du gouvernement monarcho-fasciste grec, poussè et soutenu par les impérialistes anglo-américains.
Le gouvernement albanais s'est toujours montré prét à collaborer dans le cadre des Nations unies pour une juste solution du problème grec. Il renouvelle aujourd'hui sa disponibilité à examiner à nouveau la question de l'établissement de relations diplomatiques avec le gouvernement d'Athènes, si toutefois celui-ci donne des signes certains de son intention de renoncer à sa politique provocatrice et belliciste et à ses revendications territoriales insensées à l'égard de notre pays. Les propositions de notre délégation à l'actuelle session de l'Assemblée générale des Nations unies s'inspirent de cette politique pacifique et empreinte de bonne volonté.
D'autre part, le gouvernement de la République populaire d'Albanie est en. train d'examiner attentivement la proposition, formulée le 5 novembre 1948 au Comité politique de l'Assemblée générale des Nations unies, d'organiser immédiatement à Paris une réunion des reprèsentants des gouvernements d'Albanie, de Bulgarie, de Grèce et de Yougoslavie pour chercher les moyens d'aboutir à un accord sur les méthodes et la procédure susceptibles d'étre adoptées pour le règlement des différends existant entre eux.
S'inspirant comme toujours de sa politique pacifique et démocratique, il se déclare une fois de plus prét à négocier, dans la juste voie, la solution du problème grec et l'établissement de relations normales avec la Grèce.
BELOYANIS, COMBATTANT HEROIQUE
DU PEUPLE GREC
Le peuple albanais s'indigna à l'extréme que la réaction grecque eút exécuté Nikos Beloyanis, l'un des fils les plus glorieux du peuple grec, qui s'était battu avee héroisme contre les envahisseurs fascístes italiens et allemands et contre les impérialistes anglo-américains. Le jour de l'ouverture du He Congrès du Parti du Travail d'Albanie, le 31 mars 1952, le camarade Enver Hoxha, parlant dans son rapport de la lutte des peuples pour la paix, souligna entre autres:
Rappelons-leur [aux masses] le camarade Nikos Beloyanis, cet héroique combattant du peuple grec, que les dirigeants d'Athènes ont fait fusiller hier matin.
Pour honorer la mémoire inoubliable de notre bien-aimé et héroique camarade grec, Nikos Beloyanis* *( En Signe de xespect pour Nikos Beloyanis, en 1952, on ,a donné à la Maison de repos des ouvriers de Durrés le nom de <<Nikos Beloyanis>>.) j’invite le Congrès du Parti à observer une minute de silence en signe d'attachement et d'amitié indéfectibles pour le peuple grec frère.
LE PEUPLE GREC, UN PEUPLE DE HAUTE CULTURE,
SIMPLE, LABORIEUX ET E’PRIS DE LIBERTE’
Dans son rapport présenté au III Congrès du Parti du Travail d'Albanie, au IV chapitre, consacré à la situation internationale et à la politique extérieure de notre pays, le Premier secrétaire du Comité central du PTA, le camarade Enver Hoxha, traite également des relations de notre pays et de notre peuple avec la Gréce et son peuple.
Le peuple albanais éprouve une grande syrnpathie pour l'héroique peuple grec, qui, pendant des siècles, a lutté pour sa liberté et son indépendance. La Grèce a été un berceau de civilisation. Nos deux peuples ont souffert sous la servitude des occupants impérialistes, ils ont lutté ensembleet se sont entraidés pour se libérer du joug des Oppresseurs. Le peuple albanais considère le peuple grec comme un peuple cultivé, modeste, laborieux et épris de liberté et il s'afflige profondément de constater que les relations de bon voisinage entre nos deux pays sont rendues difficilespar certains milieux chauvins grees, qui prétendent que l'Albanie et la Grèce se trouveraient en <<état de guerre>>. Une affirmation si absurde, ernpéche la normalisation de la situation entre nos deux pays. Mais qui a attaqué la Grèce? Estce le peuple albanais ou l'Italie fasciste? Il est e notoire que le peuple albanais a combattu cóteà c6te avee le peuple gree contre les agresseurs fascistes italiens et les agresseurs nazis allemands. Le peuple albanais a versé beaucoup de son sang contre les fascistes italiens et les traitres à son pays; il a fini par les vaincre et il les a chassés d,e chez lui. L'autre raison qui fait obstacle aux relations normales entre nos pays,, est la revendication des milieux chauvins grecs sur l'Albanie du Sud. Est-il possible qu'au XX siècle On puisse avancer d'aussi fantastiques prétentions, dénuées de fondements et s'inspirant de desseins rapaces, contre un pays dont le peuPle, durant toute son existence, a lutté pour sa terre, pour sa liberté et son indépendance? Alais voilà qu'en Grèce il existe un groupe de chauvins réactionnaires qui, dans des buts tout à fait étrangers au peuple grec, avancent des revendications sur une terre purement albanaise, sur la patrie des Albanais. Assurément, de telles revendications ne demeureront que de simples voeux qui ne se verront jamais exaucés, parce que les frontières de l'Albanie sont et demeureront inviolables. Mais nous souhaitons et espérons qu'en Grèce les hommes de bonne volonté, les démocrates et les hommes de progrès ainsi que le gouvernement lui-méme considèrent ces questions d'une manière plus réaliste et plus juste, parce que l'établissement de relations d'amitié et,de bon voisinage entre l'Albanie et la Grèce répond à l'intérét commun des deux pays et à celui de la paix dans les Balkans. Les menées des impérialistes qui ne veulent de bien ni au peuple grec ni au peuple albanais, et les intrigues de ceux qui visent à créer et à entrete,nir une situation tendue entre nos deux pays doivent prendre fin. Nous avons beaucoup souffert du joug et des machinations des impérialistes; et le peuple grec a souffert et souffre aujourd'hui -tout autant de leur fait. Le peuple et le gouver-nement albanais estiment qu'il est temps d'abattre ces obstacles créés de toutes pièces qui entravent les relations de bon voisinage entre nos deux pays. Nous désirons avoir avec la Grèce des relations diplomatiques normales, développer le commerce entre nos pays dans la mesure de nos possibilités, apprendre à mieux nous connaìtre et faire régner entre nous une confiance reciproque, ce qui est -particulièrement important. Et nous espérons y réussir.
INTELLIGENTE, LABORIEUSE ET PATRIOTE
Le 29 juillet 1956 le camarade Enver Hoxha, accompagne des autorités locales, rencontra les membres de la coopérative agricole de Goranxi du Bas Dropull. A cette réunion qui se déroula dans une atmosphère de liesse et à laquelle participaient aussi de nombreux coopérateurs de Dervician et de Vanistér, le camarade Enver Hoxha adressa aux assistants et à toute la population du Dropull des salutations chaleureuses au nom du Comité central du Parti et du gouvernement. Puis, il s'entretint longuement avec les personnes présentes.
………La population de la région du Dropull est une population intelligente, laborieuse et patriote, et, à l'instar du peuple albanais, elle est fidèle au Parti, et cela non sans raison. Par le pessé, la population du Dropull a eu le méme lot de souffrances que le peuple albanais et c'est le Parti qui lui a accordé la liberté, la terre, le droit d'ouvrir des écoles dans sa langue maternelle, et tous les autres droits dont elle jouit actuellement. C'est pourquoi, les Dropullites vouent un grand respect et un prof ond amour au Parti et ils sont toujours préts à appliquer sa ligne. La mise sur pied de coopératives agricoles dans tous les viilages du Dropull, l'unique voie juste et scientifiquement démontrée de la construction du socialisme dans les campagnes, en est la preuve vivante. Nous avons remporté d'importants succès dans l'édification du socialisme et les conditions de vie de notre peuple se sont considérablement améliorées. Dans notre voie de l'édification du socialisme nous nous heurtons aussi à des difficultés que nous, communistes, ne cachons pas au peuple, mais nous en viendrons à bout. Or certains invoquent ces difficultés temporaires pour critiquer la voie dans laquelle nous nous sommes engagés. Ce sont, certes, ceux qui se sont vu arracher le pouvoir par le peuple. S'ils réagissent ainsi, c'est, bien súr, parce qu'ils ne peuvent plus mener la vie qu'ils menaient autrefois et ne jouissent pas de tous les biens à vos dépens.
A juste titre, Nasho Sharra, qui était avant la Libération un pauvre paysan, dit: Nous avons grandi en étant nourris uniquement de haricots secs, nous ne connaissions pas le café ou le sucre, nous manquions méme d'eau potable que nous étíons obligés d’acheter, alors que maintenant le pouvoir populaire nous a sauvés en nous assurant tout ce dont nous avons besoin.
Tout ce que notre Parti, qui se guide sur les principes internationalistes, a fait, il l'a fait pour le peuple de la minorité comme pour toute la population du pays. Il a ouvert chez vous des écoles primaires et de sept ans. L'année demière il a créé une école secondaire pédagogique en langue grecque pour les fils et les filles de la minorité. Ce sont les fils de la minorité qui dirigent leS conseils populaires des villages et qui sont les représentants du gouvernement à ce niveau. Ils travaillent également dans les autres organes plus élevés du pouvoir et du Parti. Nombre d'entre eux poursuivent leurs études dans les écoles supérieures du pays et travaillent aux cótés de leurs frères albanais dans les usines et les combinats.
Certains à l'étranger s'obstinent encore à présenter sous un jour sonibre le sort de la minorité grecque. Nombreux, cependant, sont ceux qui ont enfin commencé à comprendre le nonfondé de leurs propos. Bien súr, les fonds affectés par le Département d'Etat américain à l'activité séparatiste, aux sabotages et à la propagande, visent aussi notre pays, mais l'activité des Amérìcains et de leurs amis n'a pas eu et n'aura aucun succès auprès de notre peuple, qui a déjoué et continuera de déjouer leurs plans diaboliques. Les sornettes débitées sans vergogne par le traltre Pandeleynon Kotokos et ses «bravaches» sur le prétendu Vorio-Epire apparaissent non seulement insensées mais méme ridicules. Nous disons à ces détraqués: Renoncez à vos revendicatíons sur le «Vorio-Epire», car elles sont vaines et vous vous étes rongé les dents à vouloir mordre. Le Vorio-Epire, comme vous le dénommez et que nous appelons Albanie, fait partie de notre pays et il lui appartiendra toujours. Aucune force au monde n'osera toucher aux frontières de notre pays, car elles ont un maitre.
Les gens de bonne volonté en Grèce qui désirent entretenìr des relations de bon voisinage avee notre pays, ce qui est aussi notre souhait, doivent auparavant dégager le chemin des ronces et de Pandeleymon Kotokos et Cie. Qu'ils les envoient se faire moines dans quelque vieux cloltre du Mont Sacré, car ils ne représentent plus que des survivances anachroniques.
Le Département d'Etat américain essaìe en vain de tromper par des dollars nos frères de la minorité que la misère provoquée par les réglmes antipopulaires u passe aval con raints à émigrer aux Etats-Unis. Là-bas on leur cache la vérité sur le pays, on leur cache nos succès et nos progrès, le fait que les minorités nationales jouissent des mémes droits que le peuple de notre pays, le f ait que le peuple de la minorité est devenu maltre des terres qui jusqu'à hier encore étaient exploitées par les agas de Gjirokaster, auxquels le Parti a porté un couP dont ìls ne se relèveront jamais plus. On leur cache qu'ici on est en train de mettre sur pied des coiopératives, de construire des maisons, d’emnellir les jardins et les champs, que la vie du peuple a changé.
Et on leur cache tout cxela pour attrister nos frères. Notre devoir, et aussi e vótre, est d'éclairer les esprits de vos frères émigrés, de leur dire la vérité sur leur pays natal en plein renouveau, sur la vie heureuse que mènent leurs familles dans notre patrie. Ainsi ils se rendront compte que l'Amérique n'est qu2une méchante marátre, et qu'ils n'ont trouvé là-bas que des souffrances physiques et morales. Notre gouvernement s'est constamment employé à établir des relations de bon voisinage avec le peuple grec frère. Notre Parti a touJours démasqué les efforts des impérialistes pour accroitre la tension internationale, et leurs efforts n'ont connu que des échecs gráce à la politique pacifique que suivent les pays socialistes, les peuples progressistes dans le monde ainsi que les pays qui sont contre la guerre...
Le III' Congrès du Parti a fixé des táches importantes pour le développement de l'agriculture durant le second quinquennat. En vue d'assurer la consolidation économique des coopératives agricoles, je conseillerai aux coopérateurs d'établir des plans hardis, de semer plus de mais et de travailler pour pour en aceroitre la produetivité. Augmentons le nombre de vaches, de Porcs, etc., et utilisons judicieusement les aides apportées par l'Etat. Afin de consolider l'organisation des coopératives, de rendre les réunìons des assemblées plus animées, de stimuler la critique et l’autocritique saines, il est nécessaire de faire entendre la voix des femmes, qui, dans la règion du Dropull, sont très travailleuses, et aussi de renforcer le contróle d'en bas.
Je vous souhaite une bonne santé et des succès dans votre travail pour embellir et rendre plus heureuse votre vie ainsi que celle de notre peuple merveifleux.
LA GRECE SE NORMALISENT
Extraitys de l’nterview* *( En novembre 1957, le camarade Enver Hoxha était allé Participer à la conférenee des partis communistes et ouvriers, à Moscou, où il a rencontré manolis Glezos et lui a accordé Cette interview.) accordée par le camarade Enver Hoxha à Manolis Glezos pour le journal <<Avji>> d'EDA* *( La Gauche démocratique unifiée, parti politique grec. Fondé en 1951, il représentalt les intéréts des vastes couches des travailleurs de la ville et de la càmpagne. Son organe était le journal <<Avji>>).
QUESTION: Que pensez-vous en général de la normalisation des rapports entre l'Albanie et la Grèce? Quelles mesures jugez-vous nécessaires en vue de l'amélioration de ces rapports?
REPONSE: Nous estimons qu'il est temps que les rapports entre la RP d'Albanie et la Grèce soient normalisés. Indépendamment de leurs régimes différents, nos deux pays doivent vivre en bons voisins, établir entre eux des relations diplomatiques, faire du commerce et créer les prémisses d'éventuels échanges culturels.
Nous pensons que les intéréts communs du peuple albanais et du peuple grec, ainsi que l'intérét de la paix dans les Balkans et en Europe, exigent la suppression des obstacles artificiels et injustifiables qui empéchent la normalisation des rapports entre nos deux pays. Le fascisme italien et le nazisme allemand ont asservi nos deux peuples, mais le peuple albanais et le peuple grec ont combattu l'ennemi commun et ont triomphé. Vouloir éloigner le peuple grec du peuple albanais est une grave erreur et, en plus, c'est impossible. En dépit des tentatives de certains éléments pour accentuer artificiellement par des revendications absurdes la division entre le peuple albanais et le peuple grec, ces deux peuples ont toujours été amis et ont combattu ensemble contre leurs ennemis communs. Le peuple albanais nourrit une grande sympathie pour le peuple grec, qui est un peuple laborieux, intelligent, courageux et épris de liberté. Nous savons bien que le peuple grec aussi est animé des mémes sentiments envers le peuple albanais. Rien n'ernpéche done que nos deux pays aient de bons rapports entre eux. Pour notre part, nous avonS fait des démarches dans ce sens. Nous avons rapatrié les Grees qui se trouvaient chez nous regretton,s qu'à propos de cette question et nous
une partie de la presse grecque, j'entends ici la presse réactionnaire, ait déformé les faits. Nous avons proposé la réparation des bornes frontière, nous avons, de concert avec le gouvernernent grec, décidé de déblayer le canal de Corfou des mines éventuelles qui peuvent s'y trouver, nous souhaitons également entretenir des échanges commerciaux avec la Grèce. Nous sommes optimistes, car les nuages qui assombrissaient l'établissement de rapports normaux entre nos deux pays, ont commencé à se dissiper. pérons qu'avec la bonne volonté des deux parties ils disparaltront complètement.
QUESTION: La Grèce et la RD d'Allemagne n'entretiennent pas de relations diplomatiques bien qu'elles aient des relations économiques. Pensez-vous que l'établissement de relations économiques entre la Grèce, la RD d'Allemagne et l'Albanie contribuera à l'amélioration de nos relations? Dans l'affirmative, quelles marchandises serait-il souhaitable que l'Albanie et la Grèce échangent?
REPONSE: Nous estimons que nous pouvons entamer des échanges commerciaux avec la Grèce. Je peux dire que, bien. que nous n!ayons pas de relations diplomatiques, une telle pratique peut étre amorcée ainsi qu'elle existe entre la Grèce et des pays avec lesquels elle n'entretient pas de relations diplomatiques. Au reste, certaines firmes commerciales grecques nous ont écrit qu'elles désirent faire du commerce avec nous. Nos organismes commerciaux leur ont répondu par l'affirmative. Nous pouvons vendre aux Grecs du pétrole, du bitume, du chrome et beaucoup d'autres articles industriels, et leur acheter des produits industriels, animaux, etc.
Bien entendu, l'établissement de contacts plus étroits entre nos organismes commerciaux ouvrira de meilleures perspectives, plus avantageuses au. développement des échanges entre nos deux pays. Cela contribuera à une meilleure connaissance réciproque du développement économique et culturel de nos deux pays, et ouvrira aussi la voie à un échange de délégations culturelles. Nous souhaitons que le peuple grec frère connaisse la réalité de notre pays et nous espérons que des représentants de l'opinion progressiste grecque viendront en Albanie de méme que des représentants des organisations sociales et culturelles albanaises se rendront en Grèce pour connaltre le travail et la culture de nos peuples respectifs.
Le peuple albanais est un peuple épris de liberté, qui a toujours combattu pour la liberté, la souveraineté et l'intégrité territoriale de son pays. Aujourd'hui, il est libre et construit avec succès le socialisme. En outre, il lutte résolument pour la paix.
QUESTION: Quelle est la position de l'Albanie à propos du problème de Chypre?
REPONSE: Le peuple albanais, qui soutient avec force le principe de la liberté des peuples, est pour la libération du peuple de Chypre de la domination des colonisateurs anglais. Le peuple albanais souhaite au peuple grec frère une vie heureuse et prospère!
DES ETUDES TRES INTERESSANTES SUR
Le professeur Spiro Konda m'a envoyé un bref résumé de son oeuvre, «Les Albans (les Albanais) et le problème pélasgíen». Se fondant sur des oeuvres des grands auteurs de l'Antiquitégrecque, notamment Homère, et de philosophes comme Aristote, confrontant la langue des Albans, le sanscrit et d'autres langues comme le grec ancien, et se fondant sur des faits historiques, des toponymes, des découvertes archéologiques et des données géographiques, etc., il essaie de démontrer l'ancienneté et les origines du peuple alban, qu'il range parmi les plus anciens, mettant en relief ses liens ancestraux avee les Pélasges. Le professeur Konda indique que l'existence des Pélasges n'est pas le produit de l'imagination, que c'est un peuple pré-hellénique ancien qui a habité diverses régions d'Europe, les iles de la Méditerranée, la cóte de l'Afrique du Nord, l'Asie, l'Asie mineure et d'autres régions, un peuple qui, selon une définition qui ne semble pas déplasée, a formé un <Empire pélasgien>* *( A propos de cette définition, le professeur Konda cite le dietionnaire encyclopédique Eleftherudhaqi, Athènes t. X, PP. 559-560, et la Grande encyclopédie grecque, Athènes, t. XIX, P. 873.)
ayant eu pour premier centre l’Inde. Ce sont là ses jugements.
Bien sùr, il s’agit ici d’études à approfondir et à argumenter, ce à quoi nos institutions scientifiques concernées doivent s’attacheropiniàtrement. Quoi qu'il en soit, elles présentent de l’intérét pour le problème étudié, c'est-à-dire celui des Pèlasges rattaché à l’ancienneté de notre peuple.Je vais écrire au professeur Konda pour le remercier du résume qu’il m’a envoyé et l'encourager dans son travaill à la fois scientifique* *( Le Prof . Konda a écrit deux autres ouvrages, «Les Etrusclues> et «Etudes préhistoriques».) et patriotique.
DOIT ETRE RESOLU DE FACON SCIENTIFIQUE
Aujourd'nui, à la réunion du Bureau politique, nous nous sommes penchés sur quelques problèmes essentiels soulevés lors de la discussion sur le projet de manuel d'Histoire de l’Albaníe.
J’y ai pris aussi la parole. J'ai apprécié ce travail où, dans l'ensemble, on trouve de très bonnes choses, mais qui pose des problèmes nécessitant une certaine recherche. Jai fait part demes réflexions concernant quelques-unes de ces questions.
Evoquant dans son intervention l’importance de la définition scientifique des origineg d'un peuple, le camarade Enver Hoxha dit entre autres:
L'important problème de l'origine de notre peuple méríte d'étre traité à fond. Ce problème peut étre étudié à partir, d'abord, des découvertes archéologiques, qui sont déterminantes, puis à partir de la langue, qui, malgré son évolution dans le cours du temps, est un des éléments de l'origine des peuples. Les découvertes archéologiques et les données línguístiques sont done complémentaires.
Le problème des peuples et des cultures les plus anciens y compris celui des Pélasges, a été étudié par divers historiens et savants, qui visaient à découvrir les origines de la civilisation dans le monde. Souvent leurs thèses s'opposent, certains d'entre eux tendant à considérer quelques groupes de peuples comme supérieurs à d'autres. En général, on a longtemps vu prévaloir le poínt de vue selon lequel les plus grands peuples comme les Chinois, les Indiens, les Germains et les Slaves, ont joué un róle prépondérant dans le développement de la culture mondiale. Quant à la civilisation hellénique, tous en ont fait la plus haute appréciation, la considérant comme la plus ancienne et la plus avancée, une cìvilisation qui a éclairé le monde de son éclat. Ces thèses laissent dans l'ombre les autres peuples. Cependant, suivant les plus anciens auteurs grecs, y compris Homère, d'autres peuples plus anciens, comme les Pélasges, auraient existé avant la venue des Hellènes. Mais il y a eu et il y a toujours en Grèce des gens qui cherchent à faire remonter les origines du peuple grec encore plus loin dans le temps.Il est de fait que les Pélasges ont existé, mais personne n'a étudié ce problème sous l'aspect archéologique et linguistique. Nos patriotes et écrivains, comme Naim Frashéri, et certains historiens allemands entre autres, ont affirmé que notre peuple descend des Pélasges, mais on manque toujours de documents prouvant cette origine. On peut considérer les points de vue des historiens allemands sur notre descendance des Pélasges comme progressistes. On sait que, dans le méme esprit, ils ne se sont pas seulement occupés de l'origine du peuple albanais, mais aussi, comme une question de principe, de celle d'autres petits peuples. D'après ce que j'ai lu, on a tenté de réfuter beaucoup de leurs théses. Quant à nous, partant de positions marxistes-léninistes, nous ne pouvons pas nous opposer à des gens instruits aux idées progressistes. Il y a d'autres Allemands dont les thèses sont racistes. Pour eux le peuple allemand est un peuple d'une grande ancienneté et supérieur aux autres, thèse qui a ses racines profondes chez le conitede Gobineau. Mais Gobineau lui-méme a son opinion sur les Illyriens. Il affirme que c'est un peuple méritant, héroique et combattant et que c'est de lui que nous tirons notre origine. Nous ne posons pas le problème en termes nationalistes, et nous ne prétendons pas avoir été le peuple le plus cultivé au monde, ou plus ancien et plus civilisé que les Helllènes, mais nous pensons que la culture d'un peuple est une chose et son ancienneté en est une autre. Konda * * (Prof. Spiro Konda.) nous a fait parvenir un article d'un écrivain grec selon lequel les Pélasges auraient contribué au développement de la civilisation hellénique, etc. Nos hommes d'étude peuvent difficilement réfuter cette idée, ainsí que la thèse des origines pélasgiennes des Albanais, en invoquant comme unique argument que ces thèses connues ont été mises en doute. Nous ne disons pas que Konda soit original, mais nous ne pensons pas qu'il faille réfuter ses théses à priori.
Quant à la civilisation illyrienne, nous possédons des preuves sur son existence et nous en découvrirons d'autres encore. Les Italiens et les Francais* * (Il s'agit des découvertes archéologiques faites avant la libération à Apollonie et à Butrint.) ont fait des fouilles et des découvertes dans notre pays. Ils ont surtout eu pour but de certifier l'antique présence de la culture hellénique, qui a réellement exísté chez nous, mais il y a eu aussi chez nous d'autres civilisations vers lesquelles ils n'ont pas orienté leurs recherches. Nous poursuivrons les fouilles, car elles revétent une grande importance tant pour notre peuple que pour l'histoire générale. Dans ce cadre, nous découvrirons aussi les racines des Illyriens dans notre pays.
Plutót que de réfuter la thèse de nos origines pélasgiennes, nous ferions bien de l'étudier plus à fond. Aux historiens de découvrir les liens entre les Pélasges et les Illyriens et leur évolution. Maintenant, l'existenee du peuple albanaís en tant que nation n'est plus un problème comme elle l'était, mais la question de ses origines doit étre résolue de façon scientifique, les thèses avancées doivent étre fondées sur des documents. Méme sans étre des spécialistes, il nous est permis de faire quelques suggestions. Je proposerai done que l'on se penche davantage sur la thèse de nos origines pélasgiennes, af in de l'étayer de solides arguments, car ce problème n'est pas résolu définitivement. Quant à nos origines illyriennes si elles sont généralement admises, les liens entre les Illyriens et les Pélasges restent encore à prouver.
20 JUIN 1959
J’ai visité la coopérative agrandìe de Sofratike du Bas Dropull, et pris la parole au meeting organisé à cette occasion.
Traitant de notre politique étrangère, j'ai dit que nous voulons vivre en amitié avec tous les peuples et notamment avee les peuples qui nous sont voisins. Ayant soulígné aussi que le peuple albanais aime le peuple grec, qui est bon, laborieux, cultivé et doté de grandes traditions révolutionnaires, j'ai évoqué en méme temps le danger que fait courir à leurs peuples la politique des gouvernants grecs et italiens qui ont accepté l'installation des fusées américaines dans leurs pays.
LE PEUPLE ALBANAIS AIME LE PEUPLE GREC
Extraits du discours tenu dans le meeting organisé à la coopérative agricole de Sofratike du Bas Dropull.
20 JUIN 1959
Chers camarades et frères, mères et soeurs,
Je me réjouis beaucoup de me trouver parmi vous et d'apprendre que tout marche bien dans votre coopérative. Cela démontre que l'union des troís coopératives agricoles en une seule a été réálisée avee succès, que vous étes animés d'un grand amour pour le travail et la vie à la coopérative, qui vous a beaucoup aidé à améliorer les conditions d'existenee de vos familles. Naturellement, le mérite en revient tout d'abord aux gens magnifiques de votre coopérative et à la juste direction de notre Parti
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Après avoir parlé des grands changements réalisé dans cette région et de ceux qui se produiront chez nous dans un avenir proche et dans tous les domaines, surtout dans l'agrìculture et l'élevage, le camarade Enver Hoxha a traité dans son discours de nos relations avec les pays voisins.
Nous voulons vivre en amitié avec tous les peuples et en particulier avec les peuples qui nous sont voisins. Nous avons été et nous sommes les amis des peuples de Yougoslavie. Mais les actuels dirigeants révisionnistes yougoslaves sont des ennemis du marxisme-léninisme et par conséquent de notre Parti marxiste-léniniste. Face à leurs menées, nous avons toujours fait preuve de vìgilance et défendu constamment les victoires remportées par notre peuple.
Nous aimons aussi le peuple grec. Non seulement nous, communistes, qui sommes des internationalistes, mais tout le peuple albanais aime le peuple grec, et ils voient en lui un peuple bon, laborieux, cultivé et doté de grandes traditions revolutionnaires. Au cours des siècles, le peuple grec a lutté pour sa liberté et son indépendance, il a lutté contre les nazis-fascistes pour une vie nieilleure, libre et heureuse. Naturellement, nous n'entendons pas nous ingérer dans les affaires intérieures du peuple grec, au contraire, nous voulons vivre en paix avec lui tout comme avec le peúple italien. Nous disons aux gouvernants italiens et grecs: pourquoi permettez-vous l'installation des fusées américaines dans vos pays? A quoi vous servent-elles? Qui attaquera la Grèce ou l'Italie? Certainement pas nous! L'installation des fusées en Italie ou en Grèce sert les intéréts des impérialistes américains. En premier lieu, cette affaire porte atteinte aux intéréts des peuples grec et italien.
Nous savons bien que les peuples; grec et italien n'ont rien à voir dans cette affaire. Nous voyons le peuple grec protester énergiquement contre les mesures qu'envisage de prendre le gouvernement d'Athènes. Méme les partis bourgeois en Grèce, celui de Vénizélos par exemple,pour ne pas parler de l'EDA, s'opposent à la politique du gouvernement actuel et se prononcent contre l'installation des fusées américaines dans leur pays. Le gouvernement grec ne doit pas suivre une voie néfaste pour les intéréts du peuple grec et de tous les autres peuples des Balkans. Nous pensons que le peuple gree ne le permettra pas.
Nous constatons qu'en Grèce, où l'on parle beaucoup de liberté et de démocratie, les vrais patriotes qui se sont battus héroiquement pour líbérer leur peuple, tel le héros du peuple Manolis Glézos qui, sous la terreur féroce du nazisme, déchira le drapeau hitlérien flottant sur l’Acropole d'Athènes et y hissa le drapeau grec, sont actuellement en prison. Par contre, Heusinger, général nazi d'Hitler, responsable de crimes monstrueux perpétrés contre le peuple grec qui le hait, est requ solennellement par les milieux monarcho-fascistes grecs. Le gouvernement grec poursuit une étrange politique. Il cherche à tout prix à empécher l'établissement de relations diplomatiques et d'échanges commerciaux avec notre pays, alors qu'il s'est lié d'une étroite amitié avec les successeurs du régime de Mussolini, avec ceux qui ont attaqué la Grèce et ensanglanté le peuple grec frère au cours de la Seconde Guerre mondiale.Certes, une pareille politique inamicale envers notre peuple est la conséquence directe de l'influenee des Américains sur certains milieux dirigeants de l'Etat grec. Je vous dirai que les représentants de notre gouvernement à l'Organisation des Nations unies ont eu des contacts avee les représentants du gouvernement gree à cette organisation. Ceux-ci ont eux-mémes exprime l'idée que l'attitude adoptée par certains milieux dirigeants grecs envers l'Albanie est dénuée de tout fondement. Bien entendu, il s'agit là d'une position erronée et nous sommes convaincus que le peuple grec saura trouver un règlement à cette situation anormale qui existe entre nos deux pays.Je suis très heureux de vous entendre exprimer votre amour pour notre Parti et notre pouvoir populaire. Le Parti voit en vous comme dans tout notre peuple, une population loyale et laborieuse, une population qui a une grande confiance dans son avenir heureux, dans le socialisme. Notre Parti, sera toujours à vos cótés, vous,nos frères et sceurs, il vous aime tous sans aucune discrimination, du méme amour qu'il aime le peuple albanais tout entier. Mais si quelque mauvaise langue cherche à dénigrer cet amour, elle se dépense en vain, ses mots sont emportés par le vent et s'évanouiront, tout comme se sont évanouis les espoirs de ceux qui ont renié leur patrie et vivent à l'étranger. Ils savaient déjà que l'Albanie est difficile à attaquer, que notre regime populaire est invincible. Auiourd'hui, ces ennemis invétérés reconnaissent eux-mémes: «Notre cause est perdue, cherchons au moins un emploi quelque part pour pouvoir subsister, car nous ne pouvons plus remettre les pieds en Albanie.>>
LUNDI
9 NOVEMBRE 1959
C'EST EN VERSANT NOTRE SANG ENSEMBLE
Les coopérateurs de Bodrishte, dans le Haut Dropull m'ont envoyé ces jours-ci une lettre où ils m'invitent à participer à la féte qu'ils organiseront dans quatre jours à l'occasion de l'inauguration de l'obélisque consacré aux trois martyrs de leur village et du 4° anniversaire de la création de leur coopérative agricole. Mes engagements ne me permettant pas de m'y rendre, je leur enverrai une lettre de voeux et de félicitations.
Texte de la lettre du camarade Enver Hoxha aux membres de la coopérative agricole de Bdrishte:
Aux membres de la coopérative agricole <Les Trois Martyrs» de Bodrishte dans le Haut Dropull.
Chers camarades,
J'ai reçu avec plaisir votre invitation à participer à la cérémonie d'inauguration de l'obélisque consacré aux trois martyrs de votre village et à la commémoration du 4° anniversaire de la création de votre coopérative agricole, et je vous en remercie de tout coeur.
Par le passé, votre village et toute la région de la minorité de Dropull, ainsi que notre peuple travailleur, ont souffert le martyr sous la don-únation des gros. propriétaires, des beys et des agas du pays, et ont méme souvent manqué de pain. C'est pour cette raison que certains de vos compatríotes ont été obligés de prendre le chemin de l'exil en abandonnant leurs parents, leurs femmes et leurs enfants dans l'espoir de pouvoir assurer ainsi la subsístance de leurs familles. Dans les années de la lutte pour la libération de la patrie, votre village a répondu, lui aussi, à l'appel du Parti et il s'est dressé l'arme à la main pour se libérer une fois pour toutes du joug des occupants étrangers et des oppresseurs du pays.
Le sang versé par les milliers de martyrs de notre peuple dans cette lutte sacrée, y compris les martyrs de votre village, a cimenté une Albanie libre socialiste, la vie des travailleurs s'est ainsi améliorée, et notre peuple construit aujourd'hui avec succès sa vie nouvelle, socialiste.
Nous nous réjouissons beaucoup de voir que tout marche bien dans votre coopérative, que vous avez tenu dignement les engagements pris à l'occasion du 15° anniversaire de la libération du pays et que votre vie s'épanouit de jour en jour. Je suis certain que ces succès vous inciteront à travailler avec encore plus de fermeté pour en obtenir de plus grands, pour rendre votre vie plus belle et plus prospère, et traduire ainsi dans les faits les aspirations pour lesquelles nos martyrs de la liberté ont versé leur sang.
Dans l'impossibilité de participer à la cérémonie d'inauguration de l'obélisque, j’envoie à tous les coopérateurs et coopératrices, à tous les habitants de votre village, mes meilleures salutations et vous souhaite de remporter de nouveaux succès dans votre travail, d'obtenir le plus de produits végétaux et animaux possible, d'améliorer encore votre bien-étre matériel et votre niveau culturel, de vous acquitter toujours avec honneur des táches fìxées par le Parti et le pouvoír, pour votre bien et celui de tout notre peuple héroique et laborieux.
Enver Hoxha
Tirana, 11 novembre 1959
1l MAI 1960
L'AMBASSADEUR SOVIETIQUE A ATHENES FAIT DES DECLARATIONS MALVEILLANTES CONCERNANT NOTRE PAYS
J'ai convoqué l'ambassadeur soviétique Ivanov pour lui signifier notre protestation contre les vues exprimées par l'ambassadeur soviétique à Athènes, Sergheiev, selon lequel notre pays, pour améliorer les rapports avec la Grèce, devrait saisir l’ONU ou la Cour Internationale de la Haie de la question de savoir pourquoi la Grèce prétend se trouver encore en «état de guerre» avec l'Albanie et «pourquoi elle avance des revendications terrìtoriales» à l'encontre de notre pays. J'ai faít savoir à Ivanov que ces points de vue de l'ambassadeur Sergheiev sont suspects et non fondés, car ils encouragent la réaction grecque à mener grand tapage sur ces questìons.
Naturellement, pour se dérober comme de coutume, Ivanov a prétendu qu'il ne savait rien de cela et qu'il allait transmettre notre protestation à sa direction.
VENDREDI
QUIL SOIT, DE METTRE EN QUESTION
LES FRONTIERES DE NOTRE PAYS
J'ai reçu l'ambassadeur soviétique Ivanov, qui m'a mis au courant de l'entretien que Khrouchtchev avait eu avec Sophocle Vénizéjos. Au cours de cette entrevue, ce dernier avait donné à entendre à Khrouchtchev qu'il posait comme condition de l'amélioration des rapports de la Grèce avec l'Albanie, l'octroi de l'<autonomie> a la minorité grecque vivant dans notre pays. Khrouchtchev a répondu entre autres à Vénizélos qu'il ferait part de son souhait et de sa proposition aux <camarades albanais» qu'il devairencontrer à Bucarest, etc.
J'ai dit à Ivanov que je m'oppose à l’attitude de Khrouchtchev, que je désapprouve sa réponse à Vénizélos, et la considère d'ailleurs comme étant indigne d'un ami de l'Albanie et de la haute fonetion qu'occupe Khrouchtchev. Nous rejetons avec fermeté et indignation la proposition de Vénizélos. J'ai dit aussi à l'ambassadeur que nous ne connaìssons pas ce Vénizélos mais que nous connaissons bien son père.* * (Il s’agìt d'Eleuthérios Vénízélos qui envoya en 1919 unìarmée grecque participer à l'intervention armée contre la Russie soviétique.)
Si Moscou ne le connait pas, bien que nous pensions le contraire, nous pouvons lui dire qu'il a fait incendier des vìllages et des régions de l'Albanie du Sud, massacrer des milliers d'Albanais, qu'il a voulu faire mettre aussi le feu à la ville de Gjirokastér, qu'il a organisé des bandes antialbanaises et que c'est lui qui a, de longue date, lancé l’idée de l'autonomie de l'«Epire du Nord».* * (Traìtant de cette question au plenum du CC du PTA tenu en juillet 1960, le camarade Enver Hoxha soulignait «.. L'idée du jeune Vénizélos est une vieille idée, c'est l'ìdée de tout le chauvinisme grec. C'est contre cette idée que le peuple albanaís ì versé son sang par le passé et qu'il le versera encore, le cas échéant, pour défendre l'intégrité de son pays. Nous sommes pour la paix dans les Balkans, nous sommes pour des relations normales entre les Etats, pour des relations commerciales, mais nous n'acceptons pas de telles conditions dans nos rapports avec la Grèee». (Enver Hoxha, oeuvres, éd. alb., t. 19, Editions «8 Néntori> 1971, p. 55).)
Nous ne permettons à personne, fút-ce Khrouchtchev, de discuter des frontières de notre
pays !
NOUS AVONS FAIT DE MULTIPLES EFFORTS
POUR NORMALISER NOS RAPPORTS
13 FEVRIER 1961
Le IVe Congrès du Parti du Travail d'Albanie tint ses assíses du 13 au 20 février 1961, à Tirana. Dans le rapport qu'il y présenta, le camarade Enver Hoxha évoqua le voeu do la République populaire d'Albanie de normaliser ses relations avec la Grèce et les initíatives prises par la RPA à cet effet.
Nous, avons fait de multiples efforts pour normaliser nos rapports avee la Grèce, nous avons pris, de notre cóté, des initiatives unilatérales, offert au. gouvernement grec pas mal de possibilités pour qu'il puisse répondre à notre disponibilité et à notre bonne volonté. C'est ce que nous avons fait soit pour le rapatriement de citoyens grecs réfugiés en Albanie, soit pour le dragage du canal de Corfou, soit à travers nos propositions pour normaliser la situation à la frontière, pour procéder à des échanges commerciaux, etc. Mais les gouvernants grecs ont poursuivi dans leur voie des provocations à la frontière, des furieuses campagnes sur le prétendu état de guerre entre les deux pays, des absurdes revendications territoriales, sur l'Albanie du Sud et des complots contre l'intégrité territoriale de notre patrie. Naturellernent, nous leur avons donné et nous leur donnerons toiujours la réponse qu'ils méritent. Nous ne relácherons jamais notre vigilance et nous suivrons dans l’avenir également une politique de normalissation de nos relations avec la Grèce, mais cette normalisation, bien entendu, dépend beaucoup alussi du gouvernement grec, qui doit renoncer au plus tót à ses menées hostiles à la République populaire d'Albanie.
Nous éprouvons un grand amour et un profond respect pour les peuples frères de Yougoslavie et de Grèce et nous oeuvrerons inlassablement à raffermir l'amitié sincère qui nous lie à ceux qui sont nos voisins et nos frères.
Les intéréts vitaux des peuples de cette zone soulignent avec force aux yeux des pays socialistes et non socìalistes la nécessité, pour eux, de coordonner leurs efforts afin de garantir la paix et la coopération entre les Etats suivant les principes de la non-ingérence, de l'égalité et de l’avantage mutuel. Nous sommes sincérement pour une politique de bon voisinage, convaincus qu’une telle politique répond aux intérèts de l’Albanie ainsi qu’à ceux pays voisins.
JEUDI
27 AVRIL 1961
Nous n'avons pas participé à la réunion organisée à Athènes sur 1'<<entente balkanique>>, car les Grecs n'avaient pas donné leur visa à notre délégatíon. Ce sont certainement les Yougoslaves qui ont fait pression sur les Grees dans le but de nous «isoler». Les Roumains et les Bulgares se sont dérobés. Ils n'ont pas tenu leur promesse de ne pas participer à cette réunion si les Grecs ne nous accordaíent pas leur vìsa. Qui plus est, ils ne nous ont pas méme mis au courant de ce qui y a été dit. Il va san;s dire que, comme d'habitude, on nous a calomniés. Nos «amis» se sont certainement tus, mais par cette attitude ils se démasquent eux-mémes. Le communiqué émis à cette occasion est un texte insipide et inconsistant.
14 NOVEMBRE 1961
Un grand meeting du peuple de Gjirokastér eu heu sur la place Cerçiz Topulli. J'ai salué, dans mon discours, la Population héroique de Gjirokaster au nom du CC du Parti et du gouvernement, je l'ai remerciée de l'amour qu'elle témoigne au Parti du Travail, sans Iequel notre peuple vivrait, aujourd'hui encore, dans une lourrvitude et dans la misère, et notre patrie n’aurait jamais conquis sa liberté et son indépendance. Evoquant le glorieux passé de notre peuple, j’ai illustré les luttes pluriséculaires de blex ancétres qui ont versé leur sang à flot pour defendre leur honneur, pour vivre libres et indépendants, pour préserver leur terre et leur pain.
J’ai souligné ensuite les grandes transformations accomplies dans notre pays au cours. de ces dix-sept années écoulées depuis la Lìbération.
Pour finir, j'ai traité de certains problèmes de la Sítuation actuelle dans le monde, de la juste politique de principes que suit notre pays dans la lutte contre l'impérialisme américain, des points de vue opportunistes de Khrouchtchev et de ses concessions aux chefs de file de l'impérialisme international, de ses menées antialbanaises, de notre bonne volonté dans nos rapports avec les pays qui nous sont voisins, comme la Yougoslavie et la Grèce, sans renoncer pour autant à notre lutte p,olitique et idéologique contre les révisionnistes yougoslaves, ni à la défense des droits de nos frères en Kosove, en Macédoine et au Monténégro, sans renoncer non plus à la ferme dénonciation des visées des Vénizélos et des Zographos tendant à démembrer l'Albanie.
NOUS VOULONS ETRE EN BONS TERMES
AVEC LA GRECE
Extraits du discours prononcé au meeting de
la population du district de Gjirokastér
14 NOVEMBRE 1961
Nous nous en tenons f idèlement à la ligne de la coexistence pacifique, de la coexistence telle que l'ont définie Lénine et Staline et non pas de celle prónée par le révisionniste Khrouchtchev. Nous souhaitons étre en bons termes avec le gouvernement yougoslave, mais nous n'en continuerons pas moins de démasquer la politique pro-américaine et les menées antimarxistes de la clique titiste. Nous faisons du commerce avee la YougosIavie et nous voulons en faire à l'avenir également. Nous souhaitons avoir de bonnes relations avec la Grèce aussi, indépendamment de son régime.
Mais Khrouchtchev a une autre vision de ces questions-là. Il congoit notre coexistence avee la Grèce et la Yougoslavie d'une autre facon il veut que nous cessions immédiatement notre lutte politiqu,e et idéologique contre les révisionnistes yougoslaves. Khrouchtchev estime que notre coexistence avee la Grèce présuppose que nous lui reconnaissions le droit d'annexer les régions de Korçe et de Gjirokastér, ce que la reaction grecque souhaite de longue date. C'est un réve qu'elle a toujours caressé. En effet, après la proclamation de l'indépendance albanaise en 1912, le gouvernement réactionnaire d'E. Vénizélos, fort des baionnettes de l'armée chauvine grecque, avait proclamé au printemps 1914 la prétendue <<autonomie de l'Epire du Nord>>, ce qui était un premier pas vers l'annexion de l'Albanie du Sud. Mais les chauvins grecs, Khrouchtchev et nos autres ennemis, doivent bien se rendre compte que le temps où les territoires albanais étaient une monnaie d'éehange est à jamais révolu, que Korge et Gjirokastér ont été, sont et resteront des terres albanaises, que, pour défendre l'intégrité de son pays, le peuple albanais a versé son sang dans le passé et qu'il est prét, s'il le faut, à le verser encore à l'avenir.
Vous savez tous ce qu'était «Fautonomie de l'Epire du Nord». Comme plusieurs d'entre vous' j'étais petit à l'époque, mais nos pères et nos grand-pères savaient bien ce qui se cachait derrière. «L’autonomie» de l'Albanie du Sud, pr6née depuis longtemps et appliquée par Eleuthérios Vénizélos et Zographos visait le démembrement de l’Albanie. A l’époque de cette <<autonomie>>, les hommes de Zographos incendièrent et ravagèrent des villages albanais, ils massaerèrent vieillards. femmes et enfants. Maintenant le fils dyEleuthérios, Sophoele Vénizélos, s'.est rendu à Moscou et a dit à Khrouchtchev: «Nous nous en tendrons avec l'Albanie à condition que nous discutions aussi de la question de <<l'Epire du Nord>>,* *( Au cours de cet entretien, Khrouchtchev dit à Sophoele Vénizélos qu'il avait vu <<à Korçe des Grecs et des Albanais travailler cóte à c6te comme des frères>> bien qu'à Korçe il n’y ait pas la moindre minorité grecque.
S'adressant à Klirouchtchev à la Conférence des 81 partis communistes et ouvriers à Moscou (novembre 1960), le carnarade Enver Hoxha soulignait à propos de ce problème: <<Nous n'avons aucune objection à ce que vous fassiez de la politiaue avec Sophoele Vénizélos, mais à condition que vous ne le fassiez pas en jouant avec nos frontières et avec nos dro;ts. Cela, nous ne l'avons jamais permis et nous ne le Permettrons jamais à personne. Et en cela nous ne so rnes Pas nationalistes. mais internationalistes.- (CEuvres chostes éd fr. t. 2. p. 907. Editions <<8 Néntori>>, Tirana, 1975). question qui doit étre résolue par l’autonomie>>. S'il adiscuté avec Khrouchtchev de cette affaire classée, c'est parce qu'il sait bien dans quelles eaux navigue celui-ci. Khrouchtchev, premier secrétaire du. CC du PCUS et qui se dit marxiste et allié de l'Albanie, a déclaré à Sophocle Vénizélos: «Vous devez résoudre ces questions dans un esprit pacifique, mais je ferai part de votre point de vue aux camarades albanais»; et il a eu le front de nous mettre au courant de cet entretien. Le Comité central de notre Parti a répondu sévèrement à Khrouchtchev en lui indiquant que la faqondonit; il avait discuté de pareils sujets avec Vénizélos n'était nullement marxiste, que les frontièreà de l'Albanie sont inviolables, qu'en Albanie il n'y a pas un pouce de terre étrangère. Nous avons done désapprouvé son entretien avec Vénizélos; nous lui avons dit que lorsque ce réactiònnaire a avancé ses revendications territoriales envers l'Albanie du Sud, il aurait dú le remettre à sa place au lieu de continuer à s'entretenir tranquillement avec lui.
N. Khrouchtchev n'approuve pas notre prise de position, mais peu nous importe. La ligne de notre Parti plalt avant tout à notre peuple, qui défend sa patrie, ses frontières sacrées, sa liberté et son indépendance. C'est une attitude marxiste et nullement nationaliste ni chauvine. Notre Parti n'a jamais manifesté de tendances chauvines. Une population albanaise presque aussi nombreuse que celle de notre République vit en Kosove, en Métohie, en Macédoine et au Monténégro. Du temps des rois de Serbie, cette population a été vietime de massacres répétés; elle'a souffert le martyre. Aujourd'hui eneore, elle connalt la méme situation sous le règne des nouveaux rois qui s'y sont intronisés. Défendre sa patrie et son peuple est tout à fait marxiste. Aussi notre Parti a-t-il élevé lavoix à maintes reprises pour,défendre les droits de nos frères en Yougoslavie, mais il n'a jamais nourri de sentiments chauvins.
Les révisionnistes nous accusent de ne pas vouloir cohabiter avec nos voisins, les autres peuples des Balkans. C'est une pure calomnie. Comrnent un petit pays comme le nótre pourrait-il ne pas vouloir vivre dans la paix et en bons termes avec ses voisins? Mais avec qui cohábiter? Le crouvernement grec persiste à déclarer qu'il est en «état de guerre» avec l'Albanie, à revendiquer les régions de Korge et de Gjirokastér, et il se livre à des provocations réitérées à nos frontières. Qui alors refuse de cohabiter?!…
SARANDE,VENDREDI
17 NOVEMBRE 1961
LA MINORITE’ GRECQUE DE CHEZ NOUS OBSERVE
UNE FERME ET JUSTE ATTITUDE
Au cours de mon intervention d'aujourd'hui à la réunion du bureau du Comité du Parti du district de Sarande je me suis arrété sur certains problèmes de la situation actuelle dans le monde, du développement des relations entre l'Albanie, l'Union soviétique et les autres pays de démocratie populaire.
J'ai indiqué aux personnes présentes que les groupes révisionnistes dans les partis communistes et ouvriers ainsi que nos ennemis tout autour de notre pays, nous causeront bien des tracas. Nous savons bien que tandis que Khrouchtchev lance des injures contre nous et appelle ouvertement le peuple albanais à s'insurger, les titistes, eux, agissent intensément, en usant de procédés perfides contre notre pays. Il en va de méme des monarcho-fascistes grees.
Les chauvins grecs pensent, selon leur logique, pouvoir compter sur la minorité grecque de chez nous pour se livrer à leur activité hostile à notre pays. C'est une faqon chauvine et réactionnaire de voir l'es choses, parce que la réalité est tout autre. La minorité nationale gr,ecque en Albanie a adopté des positions saines, elle est étroitement liée au peuple albanais et non seulement aujourd'hui dans notre système de démocratie populaire, mais déjà depuis la Première Guerre mondiale, lorsque les armées de Vénizélos avaient envahi les régions de Korçe et de Gjirokastër, puis à l'époque de Zogu, ainsi que durant l'occupation grecque de l'Albanie du Sud en 1940 et, enf in, pendant la Lutte de libération nationale. C'est un fait historiquement connu que méme en cette époque agitée la minorité n'a pas versé dans les positions chauvines grecques. Je parle ici du peuple et non pas des commergants et des chefs de file réactionnaires comme Vasil.Shahini et compagnie. Les masses, elles, n'ont jamais fait leurs les positions du chauvinisme grec. Lorsque les troupes grecques ont occupé l'Albanie du Sud, les minoritaires auraient pu f ort bien tourner le dos aux Albanais, mais, bien que vivant dans la misère, ils se privaient de leur pain pour le leur envoyer jusqu'à Gjirokaster. C'est un fait. Actuellement la propagande et la presse réactionnaires grecques s'efforcent de détacher la minorité grecque du peuple albanais.
SARANDE, SAMEDI
18 NOVEMBRE 1961
LA POLITIQUE KHROUCHTCHĒVIENNE DE LA
COEXISTENCE ET SES INCIDENCES
EN GRĒCE
Au cours du meeting organisé aujourdIui avec la population du district de Sarande j'al parlé des grandes perspectives que 1 l'avenir réserve à notre pays en général et au district de Sarande en particulier, ainsi que de certaines questions de la situation actuelle dans le monde, des agissements antimarxistes et contre-révolutionnaires des révisionnistes soviétiques menés de concert avec l'impérialisme américain, de leurs calomnies et de leurs complots contre notre pays ainsi que de la lutte résolue et intransigeante que notre Parti a conduite et conduira constamment contre les révisionnistes modernes.
Dénoncant sévèrement la politique khrouchtchévienne de la coexistence avec les pays capitalistes, j'ai souligné dans mon discours que Khrouchtchev próne notre coexistence avec les pays capitalistes, mais il concIoit la coexistence à l’envers, c'est-à-dire que la classe ouvrière et les exploités dans les pays capitalistes ne devraient pas faire grève, ni lutter contre les ca:pitalistes de leurs pays, mais paetiser avec eux et accéd,er au pouvoir par la voie parlementaire. Ainsi, toujours d'après Khroúchtchev, le prolétaríat, à l'issue des élections, enverrait ses représentants au parlement, il y obtiendrait la majorité des sièges et élaborerait ses propres lois. Et un beau jour la bourgeoisie remettraít de son plein gré le pouvoir au prolétariat! C'est une vision des choses très funeste, car elle met en sommeil les peuples, elle endort aussi la classe ouvrière. Voilà donc où mène la politique opportuniste de Khrouchtchev. Prenons, par exemple, le partide l'EDA en Grèce. On sait que c'est un parti progressiste. Les communistes et les patriotes grecs avaient réussí à s'assurer 75 sièges au parlement. Mais juste au moment où Khrouchtchev a lancé sa thèse révisionniste, le gouvernement grec a serré la vis, il a promulgué une loi réduisant encore plus la possibilité pour les couches démocratiques de la population de se faire représenter au parlement. Ainsi, aux dernières élections, le parti de l'EDA n'a obtenu que 20 sièges au lieu des 75 qu'il avait acquis auparavant, et le héros du peuple grec, Manolis Glézos, élu. par le peuple, continue de croupir dans la prison de Corfou, ~bien qu'il ait réuni sur son nom plus de voixque tout autre député. Tout cela prouveque les milieux monarcho-fascistes n'entendent tenir aucun compte de la volonté du peuple.
SARANDE, MERCREDI
3 JANVIER 1962
LES GUCS NOUS FONT DES PROPOSITIONS
A l'occasion de la remise à Kakavie d'un certain nombre d'émigrants grecs qui voulaient rentrer dans leur pays, la délégation grecque s'est montrée courtoise et bienveillante ' elle a demandé à s'entretenir avec nous sur l'établissement éventuel de relations diplomatiques. Naturellement, les Grecs cherchaient par là à sonder le terrain. Les nótres leur ont répondu qu'ils n'étaient pas autorisés à discuter de cette question et ont ajouté: «Vous pouvez, si vous le Voulez, vous adresser à notre Gouvernement par la voie diplomatique>>. Plus tard, les Grecs ont avancé une nouvelle proposition aux termes de laquelle ils seraient préts à «envoyer une délégation officielle à Tirana pour s'entretenir sur le rapatriement d'autres émigrants grecs et l'établissement de relations diplomatiques» entre les deux pays. Nous avons dit à nos camarades de leur faire savoir que nous n'y voyons aucun inconvènient et qu'ils pourront venir.
Hier Halim Budo, le représentant de notre pays à l'ONU, était invité à déjeuner par son homologue grec, le représentant dela Grèce auprès. de cette organisation.
MARDI
22 MAI 1962
DĒCLARATIONS BIENVIEILLANTES DE STAMATIS
MERKURIS A L’ĒGARD DE NOTRE PAYS
Stamatis Merkurisl*,*( A l'époque président du mouvement grec pour l'entente balkanique.) qui est venu chez nous ,en visite amicale, a pris contact avec nos représentants et s'est exprimé en très bonsiermes au sujet de notre pays. Il a exprimé son émerveillement à la vue des grands progrès réalisés en Albanie. Il a éfé en Albanie, nous a-t-il dit, pendant la guerre italo-grecque comme officier supérieur et.il a lu et entendu depuis beaucoup de jugements dénígrants à notre adresse. C'est pour~quoi il a déclaré: «Yai été stupéfait».
Naturellement, sous le couvert de la «bonne compréhension balkanique», Merkuris a été chargé par le gouvemement grec de táter le terrain quant à l'établissement éventuel de relations diplomatiques entre nos deux pays. Il s'est montré favorable à cette éventualité. Nous mémes, pour
notre part, nous nous y sommes montrés disponibles, tout en lui indiquant que nous rejetons avec mépris les revendications de certains milieux grecs, que Merkuris lui-méme a qualifiées d'absurdes.
JANVIER 1964
LES RĒVISIONNISTES SOUTIENNENT LES
REVENDICATIONS DE VĒNIZĒLOS A L'ENCONTRE DE L’ALBANIE
Lors de sa campagne électorale en Grèce, Sophocle Vénizélos a soulevé à plusieurs reprises et de fagon provoquante le prétendu problème de dans une interview accordée au journal -«To Vima», il a avancé à nouveau des revendications territoriales et politiques à l'encontre de notre
pays en indiquant que -«nous nous entendríons bien avec l'Albanie si elle acceptait d'octroyer l'autonomie administrative à la minorité grecque du Sud du pays.»
Les déclarations et les prises de position antialbanaises de ce monarcho-fasciste enragé ont bénéficié de l'appui de divers révisionnistes.
On connalt l'entretien que Vénizélos a eu avec le révisionniste Khrouchtchev à propos de la minorité grecque en Albanie, et au cours duquel celui-ci l'assura qu'il ferait part aux «camarades albanais» de ses idées et revendication:s chauvines qui s'inspirent de la megali idhea. Récemment, dans la presse soviétique, on a souvent eu l'occasion de lire des salutations adressées au'x malliés» grecs.
A ce propos, les organes de propagande officiels des révisionnistes yougoslaves ne sont pas demeurés en reste. Ainsi, par exemple, l'agence TANJUG a retransmis l'intervìew accordée par Sophocle Vénizélos au journal «To Vima» et elle est méme allée encore plus loin. A la revendication de Vénizélos relative à l'octroi de «l'autonomie administrative à la minorité grecque en Albanie du Sud» elle a ajouté la phrase «sous la dépendance de la Grèce». Et ce n'est pas une phrase fortuite. Par là méme, les Yougoslaves ont confirmé une fois de plus qu'ils sont pour le diémembrement de l'Albanie. Ils ont ainsi fait un appel du pied à Vénizélos lui-méme (qui n'a pas tout révélé,de l'alliance et de l'accord secrets conclus entre les titistes et la réaction monarcho-fasciste grecque, visant au démembrement de l'Albanie) en le critiquant sur cette question et en mettant bien les points sur les «i».
Il y a longtemps que nous avons une idée claire de l'attitude des titistes à notre égard, èt',ils n'ont fait, cette fois encore, que confirmer de.leur bouche ce que nous savions déjà.
En cette question, la presse bulgare à, elle aussi, dit son mot. Mais l'opinion de se.s org4rIès n'est certes pas. celle des communistes - bulgares ni du peuple bulgare frère. Elle ne représente,
comme cela est devenu habituel là-bas, que l'opinion du chef d'orchestre. Naturellement, la presse de Khrouchtchev ne pouvait pas se prononcer elle-méme sur ce problème, c'est done la presse bulgare qui l'a. fait pour son compte. Celle-ci s'est empressée de corriger l'agence TANJUG et de faire ressortir la «correction>> de monsieur Vénizélos. Mais dans ses efforts pour montrer le -bienfondé» de l'attitude de Khrouchtchev envers Vénizélos et de l'accord passé avec lui la presse bulgare, tout en cherchant à ne pas mécontenter les. titistes, avec une «rare intelligence», a ajouté quelque chose de son cru. Elle a, ni plus ni moins, réclamé l'octroi de l'autonomie à l'Albanie du Sud, à l'instar de ce que les Yougoslaves ont faít avec les Albanais de Kosove.
Mais la presse bulgare oublie complètement qu'un traité d'alliance existe entre nos deux peuples et nos deux pays et que tout le monde sait dans quel but ce traité a été signé. Malgré cela, elle trouvelaprétentiondeVénizélos très normale et iustifiée. En outre, la presse bulgare donne à l'Albanie des conseils sur la fagon dont elle devrait résoudre cette «question» intérieure qui lui est propre, mais qui, en fait, ne constitue pas une question; les impérialistes et les révisionnistes rapaces sont seuls à la présenter comme telle. A cette occasion, nous rappelons à la presse bulgare et à tous ceux qui l'ont poussée à émettre ce jugement, ce qui suit:
1. La Yougoslavie a <<résolu>> la question des Albanais de Yougoslavie par des massacres, par un génocide, par des déplacements massifs et forcés de populations, etc.
2. Nous ne nous sommes pas immiscés et nous ne nous immiscerons pas dans les affaires intérieures de la Bulgarie, mais nous sommes obli'gés de poser aux révisionnistes bulgares et à leur presse la question suivante: Avant de nous donner vos conseils et de nous suggérer vos «brillantes>> idée, fondée entre sur lì<<expérience yougoslave», pourquoi ne les appliquezvous pas vous-mémes dans le cas de la minorité turque en Bulgarie? Vous qui n'avez pas manqué de mettre en relief l'«idée» de Vénizélos ainsi que son «intelligente» proposition, publieriez-vous nos points de vue dans vos journaux afin que le peuple bulgare frère les apprenne lui aussi?
Nous ne nourrissons pas d'espoirs à ce propos, car la presse et les gens qui, en Bulgarie, ont soutenu les déclarations antialbanaises de Vénizélos et se sont livrés aussi à d'autres actes à l'encontre de notre pays, n'ont de bulgare que le nom et rien de commun avec le courageux et fidèle peuple bulgare, notre allié.
LUNDI
24 JANVIER 1966
LA TRAGEDIE DES COMMUNISTES GRECS
ĒMIGRĒS DANS LES PAYS RĒVISIONNISTES
Je regois continuellement des lettres, pétitions, déclarations et résolutions des camarades grecs émigrés dans les pays révisionnistes. Xen suis profondément affligé et je compatis douloureusement avec ces héroiques camarades, qui se sont battus avec un courage sans pareil contre les fascistes et les monarchistes, contre les Anglais et les Américains. Nous les avons aidés de toute notre áme, nous avons partagé avec eux notre pain alors que nous étions nous-mémes affamés, nous avons mis en peril les frontières de notre patrie, qui furent attaquées par de nombreuses forces monarcho-fascistes* *(Cela eut lieu en aóut 1949, lorsque les monarcho-fascistes grees se livrèrent à une série de provocations armées à la frontière sud de notre pays. Ces provocations s'inserivaient dans le cadre du complot ourdi par les impérialistes angloarnéricains contre la République populaire d'Albanie), nous nous sommes battus sans céder un pouce de notre sol, nous avons eu des tués, mais nous avons sauv cueilli dans nos foyers nos camarades et frères de l'Armée démocratique grecque, les héroiques partisans grecs. J'ai assisté moi-méme à cette elufr.iiici~, délicate et douloureuse. Les camarades grees, qui s'étaient raient leur défaite et demandaient à rentrer chez eux pour y poursuivre leur combat. Mais cela était impossible. Dans cette situation créée, ils étaient émus de l'accueil chaleureux que leur réservèrent notre peuple et notre Parti. Nous avons accompli notre devoir internationaliste, en leur donnant courage et en leur remontant le moral. Nous avons discuté aussi de ce problème avee Staline. Ainsi, dans un entretien avec lui et Molotov, entretien auquel assistaient également Zahariadhis et Partsalidhis, j'ai exposé mes vues sur la lutte des partisans grecs et je leur ai parlé ouvertement de certaines erreurs des dirigeants grecs. Staline a apprécié mes jugements et nous nous sommes quittés, à la fin de l'entretien, comme des compagnons d'armes.
Les larmes aux yeux, nous avons vu les partisans grecs, nos frères et nos compagnons héroiques, quitter notre pays pour gagner les pays socialistes de l'Europe de l'Est où ils voulaient aller. Nous étions absolument certains que partout où ils s'établiraient, ils se sentiraient comme en Albanie, à la seule diffèrence que là, ils seraient plus loin de leur patrie. C'est ce qui s'est passé en fait du vivant de Staline. Partout où ils étaient allés, il leur a été trouvé un logement, un emploi, ils ont fréquenté des écoles militaires, professionnelles ou de parti. Ils y ont réorganisé leur parti, fait aussi l'analyse du combat qu'ils avaient mené, de leurs succès, de leurs victoiresp erreurs et défaites.
La mort de Staline fut le prélude à la grande tragédie des camarades grecs, une tragédie sans fin.
Les révisionnistes khrouchtchéviens sont les bourreaux des camarades grees, ils sont responsables devant l'opinion publique internationale et le Parti communiste grec de toutes les horreurs que l'on a fait subir aux héros de la Grèce martyre.
Les méfaits des khrouchtchéviens envers les camarades grecs en Union sovíétique dépassent de loin ceux des monarchistes en Grèce. C'est là toute l'histoire douloureuse, tragique de la liquidation du Parti communiste grec et de sa direction, des éliminations physiques, des déportements, des tortures, des meurtres monstrueux, que je ne peux relater ici, car cela remplirait des volumes entiers.
Mais la voix de nos héroiques camarades grees, qui souffrent en exil, franchit obstacles et frontières et parvient à notre Parti, en Iequel ils ont une grande confiance et auquel ils vouent un profond amour. S'ils nous demandent de les aider, c'est qu'ils n'ont confiance qu'en nous. Dans les ténèbres de leur exil, ils écoutent RadioTirana. Ils aiment à écouter jusqu'aux chants de notre peuple qui leur rappellent l'amour et la joyauté exempla'res du peuple albanais et de son Parti marxiste-léniniste.
Camarades et frères grees, qui souffrez du fait des révisionnistes modernes, je prends part à toutes vos peines! Camarades grecs, en raison des conjonctures politiques, en un temps où notre pays est encerclé d'ennemis, y compris les monarcho-fascistes grecs, l'aide que nous vous avons accordée, surtout à vous, qui étes en émigration, n'a pas été suffisante. Nous en sommes conscients et affligés. Mais nous ferons tout notre possible pour accomplir notre devoir. J'ai recommandé aux camarades de préparer une série de documents, de trouver les méthodes et les moyens adéquats pour les diffuser afin que l'opinion internationale et communiste apprenne la vérité sur vous et sur votre cause, sur votre lutte héroique et l'inimitié féroce des révisionnistes modernes à votre égard.
Chers camarades, soyez forts comme l'acier, comme vous l'étiez lorsque vous affrontiez les tempétes dans les montagnes de la Grèce héroique et martyre! Tenez bon comme un roc indestructible devant la trahison des révisionnistes soviétiques et autres! Combattez en rangs serrés
contre vos ennemis, préparez-vous pour la grande lutte contre Vimpérialisme! Que les enseignements de Marx, Engels, Lénine et Staline vous inspirent et vous dirigent dans vos batailles futures! Dans l'histoire ancienne et remplie de cornbats menés par nos deux peuples, nous, Albanais, avons toujours combattu cóte à cóte avec vous pour la liberté. Aujourd'húi aussi nous sommes à vos cótés, aux cótés du peuple travailleur grec.
VENDREDI
25 MARS 1966
LES GRECS DEMANDENT A ĒTABLIR DES
BELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC NOUS
Le gouvemement grec, par l'intermédiaire de son ambassadeur en Roumanie, a demandé à établir des relations diplomatíques avec notre pays.
DIMANCHE
27 MARS 1966
A PROPOS DE NOS RELATIONS DIPLOMATIQUES
AVEC LA GRĒCE ,
Nous avons fait savoir au camarade Halim Budo, qui se trouve à New York, de s'occuper de la proposition du gouvernement gree d'établir des relations diplomatiques avec notre pavs.
VENDREDI
28 AVRIL 1967
LA RĒACTION GRECQUE S'EMPARE DU POUVOIR
La dictature monarcho-fasciste a été restaurée en Grèce. Le pouvoir des généraux fascistes, avec à sa téte le roi Glúcksburg* *( Dynastie royaIe prussienne dont descendait également l'ancien roi de Grèee, Constantin.) et soutenu par l'impérialisme américain, fait encore régner la terreur en Grèce, il remplit à nouveau les horribles camps des iles où ont été torturés et tués des communistes et des combattants de l'ELAS et de l'Armée démocratique grecque pendant plusieurs années.
Les fascistes grecs ont pris le pouvoir par la force parce que le jeu des élections <<démocratiques>> aurait mis en. péril la monarchie et les intéréts immédiats de l'impérialisme américain, qui fait la loi en Grèce. Ce pays est devenu sa principale base dans la Méditerranée d'où il surveille et mène ses actes de subversion, sans hésiter de menacer tous les peuples du bassin méditerranéen qui refusent de lui obéir. Les Etats-Unis considèrent la Grèce comme la porte méridionale de l'Europe et ils cherchent à la maintenir sous leur talon de fer.
Méme les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, comme la Turquie et l'Italie, se montrent mécontents de ce qui se passe en Grèce parce que les monarchistes chauvins grees, f idèles à leur megali idhea, regimberont et contre la Turquie et contre l'influenee italienne en Méditerranée. Naturellement, les Italiens veulent maintenir l'alliance du centre gauche où les socialistes de Nenni et de Saragat ne peuvent accepter si aisément que les néo-fascistes, inspirés des monarcho-fascistes grecs et encouragés par leur coup de force, prennent le pouvoir en Italie; le gouvernement Moro se montre done insatisfait du cours des événements de Grèce.
Le gouvernement italien s'imagine que les monarcho-fascistes grecs attaqueront l'Albanie comme Mussolini l'avait fait en 1939, ce qui compromettrait aussi les intéréts de la grande bourgeoisie italienne. Il y a là une réelle contradietion entre les milieux gouvernementaux italiens et les monarcho-fascistes grees, d'une part, et les titistes yougoslaves, de l'autre.
Quant à nous, Albanais, nous comptons sur, nos forces, notre organisation et sur notre détermination de défendre chaque pouce de notre patrie socialiste. Ce qui se passe en Grèce ne nous effraie pas, mais nous ne sous-estimons pas le danger. Nous avons' donc pris toutes les mesures nécessaires pour parer à toute éventualité.
Pour l'instant il n'y a rien d'alarmant, parcequ'en ces moments les monarcho-fascistes ne sa-. vent à quel saint se vouer, ils ont grand besoin de stabiliser la situation dans leur propre pays; plus tard, ils pourront reprendre leurs provocations contre nous, mais ils ne peuvent que s'attendre de notre part à une riposte foudroyante, qui fera échouer leurs plans et leur ótera touteenvie d'entreprise aventureuse.
Actuellement les monarcho-fascistes procèdent à des arrestations en masse parmi les com munistes et les démocrates. Les agences de presseannoncent que leur nombre se monte à plus de. 10 000. Manolis Glézos, d'après les agences, aurait été condamné à mort. Si c'est vrai, nous, devons protester, parce que Glézos s'est illustré par sa lutte contre le nazi-fascisme. Je le connais, personnellement.
La trahison des révisionnistes soviétiques ne connalt pas de limites. Ils ont interné et persécuté de bons communistes grecs, ils ont conseillé à leurs camarades, aux émigrants grecs, de rentrer légalement en Grèce. Maintenant, tous ceux qui y sont rentrés, ont été capturés par l'Asphalie qui, après les avoir torturés, les passera par les armes, renouvelant ainsi l'affreuse tragédie de Makronisos.* *( A la fin d'aoút 1950, le gouvernement Vénizélos, qui avait accédé au pouvoir avec l'alde des impérialistes américains, déclencha une furieuse campagne de terreur contre le Peuple grec. Plus de 37 000 patriotes qui luttalent contre l'OPpression fasciste et l'intervention anglo-américaine furent jetés dans les carnps de la mort des iles Makronisos, AghiosEfstratios, Trikeri, etc.)
Quoi qu'il en soit, tous les révisionnistes et _les titistes eux-mémes sont préoccupés par le fait ,que les récents èvénements de Grèce confirment Féchec de leur politique d'alliances, de coexistence, de relations <<amicales>>, etc.
Les contradictions entre les puissances impérialistes vont se multipliant et s'exacerbant. L'impérialisme américain multiplie ses méfaits. Dans quelques pays d'Europe on voit s'instaurer la dictature fasciste.
Effrayés, les révisionnistes modernes avec à .leur téte les révisionnistes soviétiques sont devenus des laquaís de l'ímpéríalísme américaìn et de la bourgeoisie réactionnaire européenne. Ce -qu'ils demandent en aumóne c'est la coexistence pacifique, mais, comme notre Parti l'avait révu, prévu, cette coexistence de trahison se mue pour eux en défaite.
Quoi qu'il en soit, nous resterons touJours très vigilants, impavides, nous garderons touJours notre poudre sèche, nous avancerons avec courage dans notre voie révolutionnaire, consoliderons notre patrie socialiste et démasquerons impitoyablement les impérialistes et les révisionnistes. Nos ennemis ne peuvent rien contre nous. S'íls nous attaquent, ils trouveront la mort. Ils connaissent bien la détermination des communistes albanaìs, de notre peuple héroique.
SAMEDI
17 JUIN 1967
LA POLITIQUE AMĒRICAINE ET SOVIĒTIQUE
DE LA CANONNIĒRE EN MĒDITERRANĒE
(Addition au discours* *( Prononcé le 26 juin 1967 à la session extraordinaire de l'Assemblée générale de FONU et publlé dans le journal Zéri i popullit du 28 juin 1967.) que prononcera notre représentant à la prochaine session de l'ONU)
Le gouvernement de la République populaire d'Albanie pose devant l'Assemblée des Nations unies la question suivante: Pourquoi une flotte de guerre américaine est-elle entrée comme une hydre en Méditerranée, ce bassin de peuples d'antique civilisation? Que cherche-t-elle et que fait~elle dans cette mer? Qui défend-elle et contre qui? Qu'y cherche aussi une flotte de guerre de l'actuelle direction révisionniste soviétique? Qu'y fait cette flotte, qui entend-elle y défendre et contre qui?
Les gouvernements américaìn et soviétique veulent faire croire que ces deux flottes sont des «flottes; de paix», des flottes qui ont pour mission <Aa défense et la sécurité des peuples», etc. Nous pouvons, sans crainte de nous tromper, affirmer qu'elles sèment au contraire la guerre, qu'elles menacent les peupleis libres et souverains et qu'elles servent au3é deux superpuissances à pratiquer la politique de la canonnière pour étouffer la liberté des peuples, se partager les zones d'influenee et aussi le butin qui est le fruít de chaque complot qu'elles ourdissent contre les autres peuples.
Nous pouvons également affirmer que l'alliance américano-soviétique est si évidente que, s'il y avait des femmes sur les bátiments de guerre de ces deux puissances, on y organiserait méme des bals sur les ponts, en un temps où dans le monde les peuples se battent pour la liberté et leurs fils tombent sur les champs de bataille.
Nous posonis la question: par quels Etats du bassin méditerranéen l'Italie, la Grèce, la France, l'Espagne, etc., sont-elles menacées? Certains de ces pays sont méme intégrés dans l'alliance de l'OTAN. Seraient-ils menacés par l'Algérìe, l'Albanie, le Maroc, la Libye ' la Tunisie, l'Egypte, la Syrie ou le Liban? Un simple regard sur l'hístoire ancienne et récente révèle à l'évidenee qui a été généralement la vietime et qui l'agresseur.
Nous demandons encore: la France n'a-t-elle pas assez de sa flotte pour défendre ses c6tes? Et l'on peut se poser la méme question à propos de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce, etc. Assurément leurs flottes sont plus que suffisantes à cette fin.
Cela étant, que cherche donc la VI' Flotte américaine en Méditerranée? Elle y joue le róle de cerbère des agresseurs, elle a pour seule mission de soutenit l'agression et la guerre.
Non, impérìalistes américains, avec votre faux rameau d'olivier, avec votre démagogie sanglante, vous ne réussirez à tromper aucun peuple ni aucun gouvernement honnéte qui défend les intéréts de sa patrie.
Vous pouvez bien dire que vous faites pièce à l'Union soviétique en Méditerranée' mais en réalité, vous étes les amis~et: les proches alliés de ses dirigeants actuels.
Vous savez bien que la prétendue aide des dirigeants révisionnistes soviétiques aux peuples du bassin méditerranéen n'est qu'un bluff. Ce qu'il est juste de dire, c'est que les impérialistes révisionnistes soviétiques ont les mémes desseins que les vótres envers les peuples du monde, en particulier envers les peuples d'Albanie et des ~ays arabes épris de líberté, autrement dìt les ecraser et leur imposer leur joug. Mais vous ne parviendrez jamais à vos fins. Ce sont nos peuples qui vous vaincront. Vous redoutez aussi vos propres peuples, et ces armes, ces flottes vous servent à vous défendre également contre eux,,mais vos peuples, avec nous, vous infligeront un jour le chátiment que vous méritez.
Impérialistes américaíns et révisionnistes soviétiques, nous devons vous déclarer haut et clair que vous n'étes en mesure dlintimider personne, et encore moins les peuples qui ont, tout au long des siècles, versé leur sang pour vivre libres et qui sont, maintenant eneore, décidés à se battre à mort pour vaincre à nouveau. Le peuple albanais a été et est toujours au nombre de ces peuples héroiques et indomptables. Vous ne nous prendrez jamais au dépourvu, pas plus que n'ont pu le faire des traltres comme Khrouchtchev et ses lieutenants.
Le bandit Khrouchtchev et ses suppóts se sont efforcés d'étouffer l'Albanie nouvelle, socialiste. De concert avee la VI' Flotte américaine et le Grec Vénizélos, ils ont fomenté des complots pour démembrer notre pays, ils ont tenté de s'emparer du port de Vlore, ils nous ont volé nos sousmarins et finalement ont rompu les relations diplomatiques avec l'Albanie nouvelle, établissant autour d'elle un blocus farouche.
Malgré tout, le peuple albanais, son Parti et son gouvernement ont infligé à Khrouchtchev un soufflet si terrible qu'il en a été conduit à la tombe.
C'est le sort qui attend tous ceux, quels qu'ils soient, qui, seuls ou avec d'autres, s'en pre'ndront à l'Albanie. L'Albanie sait se défendre, elle sait Icombattre et vaincre. Les frontières de notre patrie sont sacrées et ses ports inviolables, ils n'appartiennent qu'à nous et à nul autre. Qui y tou_chera, trouvera la mort.
Ne croyez pas non plus, messieurs les impérialistes américains, que l'Albanie soit seule et isolée. Toute atteinte à ses frontières provoquerait un grand conflit.
Vous aussí, messieurs les révisionnistes soviétiques, qui, de Radio-Moscou, lancez à l'adresse de l'Albaníe des insinuations et des appels l'invitant à se rallier à vous face à la menace impérialiste, sachez bien que nous repoussons avec mépris cette amitié que vous nous proposez, car nous sommes payés pour savoir qu'elle signifie pour nous un poignard dans le idos. Cette espèce d'amitié, les peuples arabes aussi et d'autres avec eux ont eu Doccasion de l'éprouver à leurs dépens.
Toutefois nous avons déclaré et nous déclarons solennellement que nous sommes des amis à jamais fidèles des peuples soviétiques; frères. Ils n'ont jamais ttahi ni ne trahiront jamais aucun peuple et encore moins le peuple albanais, qu'ils aiment et respectent. Les peuples soviétiques vous condamneront sans merci et sans appel.
Les puissances impérialistes qui écoutent ici le délégué d'un peuple petit, mais indomptable, parler aujourd'hui haut et clair, sans crainte, sans gants et sans termes diplomatiques choisis, se disent que c'est un díscours dur et que le délégué albanais le prononce dans le désert.
Mais moi, je n'agite devant personne la menace de bombes atomiques ni de bombes au napalm, ni de bátiments de guerre.
Pas davantage, messieurs, je ne préche dans le désert. C'est vous qui étes isolés et non pas nous. Nous sommes ici la majorité, nous sommes la maiorité écrasante dans le monde, nous sommes ceux qui ont vaincu le fascisme italien et allemand, nous sommes les héros immortels du Vietnam, d'Algérie, du Congo, de Cuba, d'Amérique latine, de Chine, du Pakistan, les héros des peuples arabes, des peuples d'Asie, d'Afrique, les héros des peuples asservis d'Europe et du monde.
Voilà pourquoi nous l'emporterons sur vous et vous ne parviendrez jamais à nous vaincre.
MERCREDI
2 AOUT 1967
LES <<ABOIEMENTS>> DES MONARCHO-FASCISTES
GRECS ET LES «INQUIĒTUDES» DES
REVISIONNISTES MODERNES
Les monarcho-fascistes grees, comme d'habitude, se sont mis de nouveau à aboyer au sujet du «Vorio-Epire». Nous avons déjà entendu. des aboiements encore plus forts, mais devant la résistance irréductible de l'Albanie socialiste, les chiens s'en sont allés la queue basse. Les fascistes grecs ont pu se rendre compte de notre force, qu'ils osent s'y frotter encore! Seule la mort les attend. Nous avons arrété les mesures nécessaires pour faire face à tout imprévu. L'ennerni ne nous a jarnaís pris ni ne nous prendra jarnais au dépourvu. Nous savons bien que les fascistes peuvent entreprendre à tout moment des aventures, mais, eux aussi, ils font leurs calculs. A bien y penser, et vu leur situation actuelle, ils ne peuvent se permettre une aventure semblable. Loin d'avoir stabilisé la situation chez eux, ils y voient le début d'une crise. Le peuple est contre eux, et il s'est mis à bouger. Les prisons et les camps de déportation dans les iles sont combles. Tous les partis bourgeois ont été démantelés par la elique fasciste au pouvoir, ce qui ne veut pas dire pour autant quils aient été éliminés. L'armée monarcho-fasciste elle-méme est dans le chaos, des milliers de cadres ont été arrétés, etc. En Grèce le torchon brúle*, et il sera difficile à ses gouvernants actuels et à leurs patrons de se lancer dans une aventure contre notre pays, au moins tant qu'ils n'auront pas encore remédié à la situation présente dans leur pays.
Leurs revendications à l'encontre de l'Albanie sont un leitmotiv permanent, une manceuvre politique qu'ils développent pour mystifier leur opinion publìque et trouver une issue à la crise, pour l'emporter aux élections, encourager l'anticommunisme, etc., mais, pour passer des paroles aux actes, il leur faudrait parcourir un long chemin hérissé de dangers et baigné de sang, ce dont ils sont incapables.
Toutefois, le «bouquet» dans cette affaire, c'est la «politique intelligente»>. des révisionnistes modernes, avec les soviétiques à leur téte.
Afin de nous intimider, les révisionnistes soviétiques et leurs satellites se sont mis'à crier en choeur: «Alerte! les fascistes grecs vont attaquer l'Albanie!>>, ou encore «Selon les renseignements recueillis par le gouvernement soviétique dans le pays méme, Américains et Grecs ont décidé qu'après qu'Israél aura attaqué les pays arabes, les Grecs lanceront une attaque contre vous.». D'autre part Tito aurait massé ses troupes en Macédoine à la frontière grecque, car les Grecs attaqueraient aussi la Yougoslavie. Les ambassadeurs révisionnistes, partout où ils se trouvent, se disant soucieux de notre sort, sont allés contacter nos ambassadeurs pour les prévenir du danger -qui menace l'Albanie». Le représentant tchécoslovaque à Tirana a eu le front de se rendre à notre ministère des Affaires étrangères pour nous prévenir, «au nom du. gouvernement soviétique», du «grand danger» que nous courrions. Mais, ils ont tous recu la réponse quIls méritaient. D'autre part, leur presse et en particulier celle des revisionnistes italiens et titistes ont elles aussi contribué à orchestrer cette campagne. Tout cela tendait à un seul et méme but, nous intimider, nous amener à nous alarmer pour que <«<nous tendions» la main à ces -redresseurs de torts-, ou au moins pour que, perdant le contróle de nos nerfs, nous donnions. dans le piège de leur campagne et permettions, à nos ennemis de mener. un grand tapage et de, spéculer là-dessus. Mais ils en ont été pour leur peine. Notre presse ne s'est guère souciée de ce qu'ils disaient et ourdissaient. Nous parlons peu et préférons travailler.
Les révisionnistes sont done demeurés GrosJean comme devant. Que les monarcho-fasciste& osent toucher à nos frontières! Eux et les révisionnistes, leurs alliés, courront à leur perte.
MERCREDI
22 NOVEMBRE 1967
LE DROPULL EST FLORISSANT, IL PROSPĒRERA
D'ANNĒE EN ANNĒE
J'ai regu hier une lettre très chaleureuse et d'esprit révolutionnaire des jeunes du village de Bularat. Je vais leur répondre.
Le camarade Enver Hoxha leur écrit:
Chers jeunes Dropullítes du village de Bularat,
J'ai été heureux de lire votre lettre dans laquelle, avec un grand élan révolutionnaire, vous exprimez votre attachement et votre fidélité au Parti et à notre patrie bien-aimée. Vous etes les filles et les fils de ce peuple héroique, modeste et travailleur de Dropull, qui, comme tout le peuple albanais, a beaucoup souffert par le passé, mais qui vit maintenant.libre, heureux et dans une unité d'acier avec lui.
Aujourd'hui le Dropull est florissant, et il prospérera d'année en année. Vous avez cons truit des maisons neuves, vous avez Feau.courante*,*( Avant la libération les habitants des viliages du Dropull vivaient dans une situation drarnatique à cause du manque d'eau potable, qu'ils étalent obligés d'acheter argent comptant ou de recueillir chez eux, dans des citernes. Le premier aqueduc assurant l’eau potable à ces villages fut inauguré en 1950.) des foyers et des maisons de la culture, et partout des écoles où les cours sont donnés dans votre langue et en albanais, les routes de votre région Ont été goudronnées, le Dropull sera bientót entièrement électrifié*,*( L'électrification de tous les villages de la minorité grecue de la région du Dropull fut achevée en juillet 1968, alors que l'électrification de tout le pays le fut en octobre 1970. ) votre plaine fertile est en train d'étre bonifiée et l'on y travaille d'arrachepied pour en assurer la parfaite irrigation, etc. Tout cela est l'oeuvre du Parti, votre ceuvre, l'oeuvre de notre peuple tout entier.
Comme le Parti et le peuple albanais se ré jouissent de voir les jeunes de Dropull se dresser pour obtenir de nouveaux succès dans tous les domaines, l'économie, la culture, la consolidation de la défense du pays que nos ennemis, ìmpérialistes américains, révisionnistes soviétiques, monarcho-fascistes grees et autres réactionnaires ne cessent de convoíter! Nos ennemis ont beau aboyer, un peuple et un Parti comme les nótres restent à jamais invincibles.
Vos parents, vos soeurs et vos frères sont tombés héroiquement au cours de la Lutte delibération nationale, et aujourd'hui vous, aux cótés de notre peuple tout entier, vous allez constamment de l'avant, dans le sillage de nos héros et de nos héroines, en arborant le drapeau du Parti. L'heroisme de Shkurte Vata et la volonté de fer de Fuat Cela nous enthousiasment et nous inspirent. Quand j'ai écrit au camarade Fuat Cela, qui est aveugle, j'ai pensé aussi à notre camarade communiste minoritaire Ilia Gazhga, que je connais personnellement. Je me suis entretenu avec lui et je sais que ce communiste héroique, bien qu'aveugle, participe activement aux réunions de sa cellule du Parti et à d'autres réunions, qu'il apprend aux enfants à l'école à jouer du violon, etc. Embrassez-le très fort de ma part en lui souhaitant à lui ainsi qu'à tous vos camarades des succès et toujours des succès dans leur travail.
Je vous embrasse, vous, vos parents, vos frères et sceurs de toute la région du Dropull, et vous souhaite de célébrer dans la joie les fétes des 28 et 29 Novembre.
Bien à vous
Enver Hoxha
Tirana, le 22 novembre 1967
LES MINORITAIRES GRECS JOUISSENT DES MEMES DROITS QUE TOUS LES CITOYENS DE NOTRE RĒPUBLIQUE
5 MAI 1969
A la réunion du Secrétariat du Comité central du Parti du Travail d'Albanie organisé ce jour-là, il a été discuté entre autres de l'attitude marxiste-léniniste observée envers la minorité grecque dans notre pays.
Voici le texte de l'intervention du camarade Enver Hoxha:
Comme en toute autre question, notre Parti a toujours lutté pour mettre en oeuvre sa ligne juste méme en ce qui concerne l'attitude à adopter à l'égard de la minorité grecque de chez nous. Les déviations nationalistes et chauvines sont pour nous absolument inadmissibles, car elles nous feraient du tort. La minorité grecque est étroitement liée à l'Albanie socialiste; les minoritaires
sont des citoyens albanais, nos frères, ils vivent à l'époque du socialisme et jouissent sans aucune distinetion des mémes droits que tous les citoyens de notre République. Ils ont le droìt de pratiquer leur langue maternelle, leurs us et coutumes, au méme titre que le peuple albanais.* *(
Ces droits sont sanctiormés par la Constitution de la RPS d'Albanie dont l'article 42 stipule: «La protection et le développement de leur culture et de leurs traditions populaires, l'usage de leur langue maternelle et son enseignement à l'école, l'égalité de développement dans tous les domaines de la vie sociale sont garantís aux mi-norités; nationales».) Cette conception du problème est marxiste-léniniste.
Notre Parti a décidé fort justement que personne n'a le droit d'empécher l'usage par les minoritaires de leur langue maternelle et encore moins de chercher à la faire disparaitre. Ils doivent à tout príx apprendre leur langue maternelle et cela est aussi conforme au marxisme. Nous sommes internationalistes. Que l'on parle le grec ou n'importe quelle langue, cela n'a aucune importance pour les marxistes, et à plus forte raison quand il s'agit des minoritaires de chez nous qui sont des citoyens à part entière et vivent dans notre société socialiste, où est appliquée la doctrine marxiste-leniniste. Que le gree soit done enseigné dans les écoles primaires de la minorité grecque avec le plus grand sérieux et qu'il le soit par des gens compétents. 111 faut que les enseignants de gree fassent partie de cette minorité, et les enseignants albanais que nous envoyons dans ces écoles, de leur cóté, doivent étre dotés d'un niveau idéologique et professionnel élevé.
Dans les écoles primaires de la minorité, où toutes les matières sont enseignées en grec, on apprend certes aussi l'albanais, mais l'enseignement en albanais devient régulier dans le cycle supérieur des écoles de huit ans où Fon continue également à parfaire l'apprentissage du grec, qui est la langue maternelle des enfants minoritaires. C'est dans l'optique de ces exí-T gences qu'il faut done considérer aussi les programmes de ces écoles.
L'albanais est enseigné dans les écoles de la minorité grecque, parce qu'il sera indispensable aux minoritaires dans la.vie. L'albanais, on le sait, est la langue officielle dans notre République populaire; dans les bureaux et partout ailleurs on parle et on écrit en albanais. Une fois adulte, un minoritaire peut devenir ouvrier, directeur d'entreprise, enseignant, employé, 'officier, etc., il ne vivra done pas seulement dans le Dropull, mais il ira travailler et déployer partout une activité de direction comme tous les autres citoyens de la République. Il jouit de ce droit et, pour pouvoir l'exercer, il lui faut connaitre la langue albanaise.
Il faut done étre attentif à cette question et oeuvrer encore plus à ce que le journal «Laiko Vima» publié en grec* *( Ce journal, organe du Front démocratique du district de Gjirokastér, paralt à l'íntentíon de la minoríté grecque en Albanìe depuls le mols de mai de 1945.) soit d'un niveau toujours plus élevé, et paraisse dans une langue pure et limpide. Ce journal doit traiter de tous les problèmes qui préoccupent la minorité, et attirer, par conséquent, un grand nombre de lecteurs de tous les áges. En outre, il faudra essayer d'accroitre le pombre des livres publiés ,à l'intention des minoritaires dans leur langue. Cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas s'abonner comme tous les autres citoyens aux journaux «Zéri i popullit», «Zéri i rinisé» ou aux autres organes de notre presse et de notre propagande. En tant que citoyens à part entière et combattants actifs dans toute la vie du pays, les minoritaires doivent nécessairement s'abonner à ces organes, mais je tiens à souligner ici que, bien qu'ils apprennent la langue albanaise, il y en a encore, surtout parmi les personnes ágées, qui ne connaissent pas l'albanais. Il est de notre devoir de faire en sorte que cette généation ne soit pas inférieure aux autres citoyens en ce qui concerne son niveau culturel. Elle doit done parallèlement à l'étude de sa langue maternelle, à travers nos publications en grec, bien apprendre l'albanais afin de profiter davantage du vaste fond de notre culture socialiste. Chacun dans cette génération s'en rend compte, bien que ne connaissant pas l'albanais. Les minoritaires ressentent donc la nécessité d'apprendre l'albanais ne serait-ce que pour lire le journal.
Notre société socialiste dans son ensemble et les rapports sains existant entre les hommes de chez nous se développent normalement sans prèjugés, dans une unité de pensée et d'action, ce qui constitue un succès imposant de la juste ligne de notre Parti. Les rapports de la population albanaise avec les minoritaires grecs ont été et sont sains, comme le sont ceux au sein méme de notre population. Le mariage, par exemple, a été considéré comme le droit de chacun d'eux de décider librement de se créer une famille. Si une fille minoritaire s'éprend d'un jeune homme albanais, elle n'a qu'à l'épouser, c'est son droit et cela au méme titre que tous les citoyens de la République. Ou bien si une fille albanaise désire épouser un jeune homme minoritaire, libre à elle de le faire, mais il ne faut les y forcer ni elle ni lui, sinon les sentiments des jeunes ne seraient pas respeetés, et cela aurait tendance à entrainer des conséquences fácheuses.
Il faut done considérer ces questions correctement, dans la ligne marxiste-léniniste. Le peuple de la minorité grecque est patriote, il est extrémement hé à notre peuple et à notre Parti, il a fait siennes et il met en oeuvre la ligne du Parti et ses directives dans le domaine de la politique et de l'idéologie, dans l'attitude envers la religion, dans l'économie et partout ailleurs. Les minoritaires sont laborieux, chacun d'eux se considère comme un citoyen albanais et aime l'Albanie socialiste, le Parti du Travail, pour lesquels il a combattu.
Si nous avons accordé ces droits à la minorité, ce n'est pas seulement pour les raisons que je viens d'évoquer, mais aussi parce que nous agissons toujours en marxistes-léninistes.
Il convient également de préserver le folklore de la minorité, les chants, les danses, les poésies, etc., en tant que patrimoine spirituel ,du peuple. Naturellement les minoritaires peuvent apprendre à danser les danses de Laberie, mais qu'ils apprennent d'abord les leurs. Nous n'ernpéchons pas les minoritaires d'apprendre à danser les danses de Laberie ou de Kukés, mais nous devons les encourager à danser leurs propres danses. Le folklore de la minorité grecque est une composante du patrimoine commun de notre culture populaire.
Cette attitude à leur égard, accompagnée de l'application rigoureuse de leurs droits, a fait que les minoritaires éprouvent un plus grand amour pour le Parti, dont ils constatent dans leur vie de tous les jours la justesse de la ligne marxiste-léniniste.
TEPELENE,JEUDI
29 MAI 1969
LA CONTRIBUTION DES ALBANAIS AUX LUTTES
DES AUTRES PEUPLES POUR LA LIBERTĒ
Aujourd'hui j'ai eu une rencontre avec des habitants de la ville de Tepelene et de ses environs. Lors du meeting organisé à cette occasion, j'ai évoqué outre quelques questions de la vie intérieure et certains problèmes internationaux, la contribution apport~ée par les Albanais aux luttes des autres peuples pour la liberté.
Dans son discours le camarade Enver Hoxha a dit:
La valeur d'un peuple ne se mesure ni à l'éten,due du territoire où il vit, ni à son importance numérique, mais à ses attitudes et à ses aetions; elle est fonetion de sa capacité de survivre et d'aller de l'avant en bravant les tempétes et les tourmentes des siècles; elle se voit a sa volonté de résister à ses nombreux ennemis et de les vaincre tour à tour, d'affronter les vicissitudes et les remous de son temps avec courage, sagesse et vitalité, suivant une stratégie et une tactique qui lui sont propres. Un tel peuple, fút-il peu,nombreux, comme le nótre, mérite de survivre et est súr de vivre éternellement. C'est ce que notre peuple, petit mais invincible, a confirmé au cours de son existence pluriséculaire jusqu'à nos jours.
Jetons un rapide coup d'oeil sur l'histoire d'avant notre ère. C'est dans ces régions qu'Alexandre le Grand a été allaité par une mère de la tribu, illyrienne des Molosses d'Epire. Nos ancétres, les Illyriens, qui ont donné à Rome plusieurs empereurs, ont rèsisté là leurs hordes. Nous ne nous enorgueillissons pas de ces empereurs. Les Romains les considéraient comme les leurs, mais l'important c'est que ces hommes descendaient de nos ancétres.
Des écrivains réalistes et des historiens cé lèbres ont écrit avec objectivité que les Albanais ont joué un róle important dans le démantè lement de l'Empire ottoman. Le peuple albanais, sous la conduite de Skanderbeg, a mis en déroute les hordes du Sultan Murat et du. Sultan Mehmet. Les armées légendaires de notre hé-ros immortel ont pendant vingt-cinq ans dressé ,contre elles une barrière infranchissable, défenùánt alnáí n'on seulement notre petit peuple, mais I'Europe èntìère. Méme après la mort de Skanùerl le peuple albanais ne s'est pas soumis; il .a, au contraire, poursuivi sa lutte avec courage et héroisme par monts et par vaux, dans les plaines et sur les fleuves, contre les opp~resseurs ottomans et leurs hordes, qu'il n'a ce§sé de hárceler jour après jour, année aprés année jusqu'à ce qu'il eút conquis son indépendance nationale.
Les idéologues et les combattants de notre Renaissance nationale, inspirés et soutenus par les masses populaires, ont certes combattu pour la liberté de l'Albanie, mais ils ont aussí .'encouragé les jeunes-Turcs, qui ont, eux, renve ' rsé le Sultan. Et l'histoire légendaire de notre pel s'est poursuivie ainsi glorieusement lorsque celuici s'est dressé l'arme à la main pour lutter contre les visées rapaces des chauvins voisins qui cherchaient à démembrer l'Albanie et à fouler aux pieds le sang et les cendres des dizaines del milliers de héros tombés au. champ d'honneur au cours des siècles. Mais aucun d'eux n'a réussi à supprìmer l'Affianie. Bien entel ils ont persìsté dans leurs visées et leurs plans, nous avons tant de fois connu les lourdes conséquences de leurs invasions, mais nous ne nous sommes jamais soumis.
Et dans cette lutte de si grande envergure du peuple albanais, vos grands-pères et vos arrière-grands-pères, chers frères et soeurs de TePelene, (je vous parle avec des faits historiques en main et non pas pour vous flatterl n'ont pas ménagé leur préciel contribution à cel grande lutte totale menée par le pel albanais tout au long de son histoire pour que l'Albanie vive, s'épanouisse et que sa voix se fasse puissamment entendre dans le monde.
C'est précisément ici à Tepelene qu'est né Ali Pacha, qui était en fait un grand seigneur féodal, un satrape, mais aussi un politicien intelligent qui a fait échec à l'empire des Sultans. Le monde européen appréciait Ali Pacha de Tepelene à son époque. Les livres d'histoire et les encyclopédies européennes parlent en particulier de Tepelene et racontent comment Ali, pour réaliser ses desseins féodaux, s'est soulevé contre les Sultans et a fondé le pachalik de Janina, qu'il a fortement consolidé. Il cherchait à détacher son pachalik de l'Empire ottoman et à le lier, si possible, au nord avec le pachalik de Shkodér, alors sous le pouvoir des Bushatlli. C'était une polìtique intelligente et elle était bien connue aussi de Napoléon. Alors au comble de sa puissance, celui-ci envoya ses ambassadeurs nouer une alliance avec Ali Pacha qu'il considérait à juste titre comme un élément ímportant sans l'appui duquel les positions stratégiques de la domination frangaise sur les cótes est de la Méditerranée pouvaient étre mises en danger.
Dans des documents importants écrits par Napoléon et retrouvés dans les archives de Paris, figure une lettre à son délégué, le général Donzelot, qui commandait à l'époque les forces frangaises à Corfou. 11 lui conseillait de chercher à entrer en contact avec Ali Pacha de Tepelene, mais aussi d'étre prudent et de prendre garde de se faire duper par ce f in politique, - ce sont sestermes -, s'il ne s'était pas déjà laissé tromper avant que sa lettre f út parvenue à son destinataire.
La lutte menée par Ali Pacha contre la Sublime Porte a contribué aux premières victoires de l'insurrection grecque des années 18211822 et, en dépit de tous les conflits qui avaient opposé Ali à une partie de la population grec que, les chef s du mouvement insurrectionnel écrivaient à Ypsilanti pour lui demander de s'unir à Ali de Tepelene, d'appeler les vaillants Albanais, les Tchaparai -de Tdhatnerie et les Albanais de Morée à se battre ensemble. Hs appelaient les insurgés grecs à oublier ce qu'ils avaient souffert du fait d'Ali, car c'était seulement avec son aide et celle des Albanais qu'ils pouvaient espérer l'emporter sur leurs ennemis.
MERCREDI
8 OCTOBRE 1969
UNE PROPOSITION À LAQUELLE NOUS POUVONS ACQUIESCER
Nous pouvons accepter l'offre avancée à Halim Budo par le représentant de la Grèce à l’ONU, de nouer des relations commerciales avee son pays. Mais il faut lui faire comprendre que l'important, c'est que le goùvernement gree abroge la loi absurde de «l'é ' tat de guerre avec l'Albanie» et établisse des relations diplomatiques avec notre République populaire.
LUNDI
3 NOVEMBRE 1969
A PROPOS DE CERTAINS PROBLĒMES RELATIFS
AU DĒVELOPPEMENT DES SCIENCES
ALBANOLOGIQUES
La réunion du Bureau. politique organisée aujourd'hui a porté entre autres sur <<des problèmes relatifs au développement des sciences albanologiques dans notre pays>>.
Parlant des résultats obtenus par les camarades qui s'occupent de recherches albanologiques, j'ai souligné brièvement que les scíence& albanologiques, notamment la genèse et l'ethnogenèse, doivent, dans le- sujet d'étude qui leur est propre, se fonder sur des données, et des déductions scientifiques, marxistes-léninistes et antiidéalistes, en bannissant toute tendance chauvine et mégalomane. Nos recherches archéologiques doivent mieux et davantage se consacrer à des fouilles susceptibles de certifier la genèse et l'ethnogenèse de notre peuple plutót que de porter leurs efforts sur les vestiges de l'Antiquité grécoromaine. Celles-ci sont certes d'une importance secondaire, mais il ne f aut pas les négliger, car elles aussi mettent en évidence la contribution que nous apportons à la scienee mondiale. Nous devons done ne pas perdre cela de vue.
NOS ĒTUDES HISTORIQUES DOIVENT SERVIR À ĒCLAIRCIR LES PROBLEMES DE LA GENĒSE DE NOTRE PEUPLE
Intervention à la réunion du Bureau
politique du CC du PTA
3 NOVEMBRE 1969
Je voudrais indiquer que nos historiens doivent toujours avoir soin de faire reposer leurs études albanologiques* *( A la réunion du Secrétariat du CC du PTA tenue le 9 mai 1983, le camarade Enver Hoxha analysa le terme de <<sciences albanologiques>> et recommanda l'emploi. à sa place de la formule <<Sciences ayant pour objet l’'étude de notre historie gue et de notre ulture nationale>>.) sur des bases scientifiques, et avant tout sur la science marxiste-léniniste. Toute étúde menée en Albanie doit étre solidement fondée et exempte de toute trace de chauvinisme. Nos chercheurs doivent combattre la moindre tendance chauvine comme une manifestation étrangère à notre idéologie. Dans nos études nous devons nous opposer, sur le plan scientifique et avec des arguments à l'appui, à ceux qui avancent des revendications territoriales à l'encontre de notre pays. En ce qui concerne ces revendications, nous devons en démontrer l'llégitimité non seulement sur le plan politique, mais aussi sur d'autres plans et toujours de fagon scientifique.
Quand nous disons qu'il faut asseóir nos étu des albanologiques sur des bases scientifiques marxistes-léninistes, anti-c auvines et anti-idéalistes, nous voulons dire par là qu'il faut triiter les problèmes judicieusement, afin que ces études entrepriáes soient d'un niveau supérieur à celles qui sont menées à l'étranger. C'est ainsi que nous nous imposerons aux chercheurs étrangers aux vues antiscientifiques, sinon, bien que nous soyons le pays méme sur Iequel portent ces études, nous ne parviendrons pas à imposer notre jugement. Nous fondant sur la science marxiste-léniniste, nous nous emploierons à faire continuellement des observations et des recherches de caractère national et international, justes et bien fondées,, nous attacherons l'importance requise à l'aspect national'et international de la question.
Nous étudierons dans une perspective rigoureusement scientifique la genèse du peuple albanais, les questions de linguistique, la formation de notre nation et tous les autres problèmes encore en discussion. Nous soutiendrons tout ce qui nous appartient par des études bien argumentées. Nous ne nous approprions pas ce qui ne nous revient pas, et ne faisons passer pour albanais ce qui ne l'est pas. Nous ne pouvons, par exemple, dire aux Dalmates actuels qu'étant donné qu'autrefois des Illyriens ont peuplé leur pays, toute la civilisation existant chez eux nous appartient. Nous ne devons pas nous fonder sur des suppositions et dire que les Etrusques (dont Torigine est très discutée et reste encore obscure) sont nos ancétres. Dans quelle mesure sera démontrée la justesse de cette hypothèse, c'est une autre affaire; et tant que ce sera une hypothèse elle ne pourra sous-tendre nos études. Il est de fait que la culture étrusque a - été plus avancée que la culture romaine, laquelle, à l'époque, était en quelque sorte encore barbare, mais nous ne devons pas en conclure, en nous fondant seulement sur des hypothèses, que les Etrusques sont nos ancétres.
Les tenants de la thèse de l'origine pélasgique des Albanais pensent que les Grecs n'ont jamais assimilé les Pélasges et, allant plus loin, ils prétendent que c'est la culture pélasgique qui a influé sur la culture grecque. Cela revient à dire que la culture pélasgique aurait été beaucoup plus avancée que la culture grecque, mais le monde, jusqu'à présent, ne dispose pas de données clairement définies relatives à cette culture. Si, partant d'Homère et de certains autres auteurs anciens, on prétend démontrer que la culture grecque a subi l'influ.ence des autochtones dont la configuration ethnique et culturelle est encore discutée, on doit avant tout réfuter avec des arguments à l'appui les données fournies jusqu'à ce jour par la science mondiale. Le monde connait à fond la culture grecque qui, comme on le sait, a subi l'influenee de la civilisation plus ancienne des peuples d'Asie. C'est là un fait notoire, alors que la thèse de l'influenee exercée par les Pélasges sur la civilisation hellénique reste encore une supposition à laquelle nous ne pouvons ajouter foi faute de preuves et de faits. C'est pourquoi pour ne pas commettre,4d'erreurs, il faut mener ce travail avec beaucoup,de sérieux et s'abstenir de toute démarche subjective.
Si je dis cela, c'est parce que, en lisant les journaux, j'ai remarqué que des gens qui s'occupent chez nous de recherches historiques ont parfois tendance à faire passer pour illyriens des monuments de la culture grecque, romaine ou gréco-romaine découverts dans notre pays, ce qui n'est pas juste. On sait désormais que la culture d'Apollonia, de méme que celle de Durrés, est une culture mixte, gréco-romaine; si nous cherchions donc à l'adopter et à la présenter comme ayant été développée par nos ancétres, nous ne porterions pas un jugement objectif. Assurément, nous sommes en droit de dire que les Myriens aussi l'ont utilisée, qu'ils ont contribué à la développer par leurs créations dans le méme style et en l'enrichissant.
Il est notoire que Rome occupa un grand nombre de pays méditerranéens y compris les villes d'Apollonia et de Durrés, où s'était implantée auparavant la culture grecque et que, comme partout où elle domina, elle imposa sa culture. On peut en dire autant de la culture byzantine qui s'est répandue dans notre pays quelques siècles plus tard. Malgré tout et de toute évidence il y a en Albanie beaucoup de monuments érigés par des Albanais. Ainsi, par exemple, l'architecte albanais qui a construit l'église de Labove e Kryqit est un grand artiste, bien que le style dans lequel est bátie cette église soit byzantin, car, comme on le sait, beaucoup de ces édifices furent construits dans tous les pays de la Méditerranée orientale. Aussi pensons-nous qu'il convient de poser correctement ces questions et de les traiter avec une objectivité et une rigueur scientifiques.
Nos hommes d'étude des sciences albanologiques sont capables de s'orienter et de définir euxmémes le champ de leurs études et de leurs reche,rches, mais à mon avis, ils doivent se consacrer davantage au problème illyrien, parce que les faits, la documentation et les données archéologiques et historiques concernant ce problème sont plus riches et permettent de mieux démontrer l'origine illyrienne des Albanais. Seulement, je le répète, cette question doit étre étudiée sur le plan scientifique, avee des faits et des arguments à l'appui. Les résultats d'une étude ainsi bien menée et argumentée pourront étre imposés à quiconque.
Il faut préter une plus grande attention aux recherches archéologiques et poser correctement les questions les concernant. Certes, pour se rendre compte de la contribution que notre peuple a apportée à l'enrichissement du trésor de la culture mondiale, il est nécessaire de travailler pour d,écouvrir sur notre territoire des monuments de l'Antiquité romaine, gréco-romaine et de toute autre civilisation. Quoi qu'il en soit, ces fouilles doivent étre menées dans une iuste proportion avec les autres, nos recherches doivent étre orientées davantage vers la découverte des monuments Wyriens et de toutes les tribus et peuplades, capables de prouver l'origine et la culture illyrienne du peuple albanais. Je pense que ce genre de fouilles doit se poursuivre intensément. Quant aux autres, on peut les mener à un rythme plus ralenti.
Mais pourquoi devons-nous découvrir des monuments qui n'ont rien à voir avec la civilisation de nos ancétres? Pour rendre service à la culture mondiale. Des monuments du type du Colisée de Rome se trouvent aussi en Algérie, en Syrie et ailleurs. Nous avons trouvé à Durrés les traces d'un monument semblable et nous ferions bien de le mettre au jour. Nous avons découvert à Apollonia les statues des magistrats de la ville et nous les avons mises à leur place. Naturellement, nous avons fait là une bonne chose, parce que la découverte de ces valeurs culturelles revét une grande importance et montre que l'Albanie aussi, comme beaucoup d'autres pays, apporte sa contribution à l'enrichissement du patrimoine de la culture mondiale. Des étrangers veulent visìter notre pays afin de voir les monuments que nous avons mis au jour, de les étudier et d'écrire à leur sujet. Néanmoins la découverte de ces monurnents ne revét pas pour nous une importance particulière si ce n'est qu'il s'agit d'oeuvres comportant des valeurs architecturales. Nous devons examiner les études et les fouilles archéologiques que de nombreux archéologues et historiens étrangers, comme Rey et Ugolini, ont fait jadis en Albanie. Mais nous sommes conscients du fait que s'ils ont entrepris ces fouilles c'est dans leur intérét et non pas dans le nótre.
J’estime que les fouilles menées en vue de découvrix des monuments du patrimoine de la culture mondiale doivent l'étre selon de justes proportions. Nous devons considérer cette question avec soin et au lieu d'engager toutes les forces dont nous disposons à faire des fouilles pour découvrir les mosaiques de la ville de Pojan, nous ferions mieux de les orienter plutót vers la découverte de données prouvant que nos thèses, loin d'étre chauvines, servent à éclairer notre existence en tant que peuple, notre belle culture ancienne que nous ont niée nos oppresseurs d'autrefois. Nous devons donc savoir choisir notre champ d'étude et non pas nous vanter de ce que Bélisaire* *( Général byzantin (494-565), né en Thrace.) passa trois mois à Durrés en attendant Parrivée de la cavalerie de Justinien et des troupes illyriennes qu'il envoya à Ravenne, quand on sait qu'elles ont été recrutées de mercenaires. S'il existe des données montrant que ces troupes ont apporté une certaine contribution, alors il vaut la peine de faire des recherches pour mieux apprendre ce qu'a fait Bélisaire et ce qu'ont fait ces troupes, sinon une telle étude ne nous servira à rien. L'histoire nous apprend que Mare-Antoine et César sont venus en Albanie. A quoi serviraítil de faire des fouilles pour trouver des données matérielles sur cette question? A quoi bon entreprendre ce travail? Mais, il est dans notre intérét de certifier que la guerre civile à Rome permit aux Illyriens de profiter de l'occasion pour se dresser contre les Romains. Nous devons done engager en premier lieu nos forces scientifiques dans certaines directions qui nous seront avantageuses. Je ne veux pas dire par là que nous ne devons pas contribuer à l'enrichissement de la culture mondiale, mais, comme je l'ai déjà dit, il faut le faire dans de justes proportions.
Je vous félicite, camarades*,*( Le camarade Enver Hoxha s'adresse au camarade Kahreman Y11i, alors recteur de l'Université de Tirana, et à d'autres carnarades de l'Institut d'Histoire et de linguistique et de l'Institut de Folklore, qui participaient à cette réunion.) de ne pas étre restés les bras croisés., et d'avoir accompli, au contraire, un travail précieux et fructueux en ce domaine. Mais si vous sentez le besoin que le Bureau politique vous aide à résoudre les problèmes auxquels vous étes confrontés et qui demandent des éclaircissements, faites-le-nous savoir dans des études particulières quand vous le jugerez opportun. Il y a des savants étrangers dont les théories linguistiques, par exemple, loin d'étre sporadiques, constituent de vrais systèmes coneeptuels, de vraies écoles. Ces théories sont, pour ainsi dire, dénuées de fondements scìentifiques, mais elles se sont ancrées dans l'esprit de divers savants qui, ne l'oublions pas, ne sont pas des roseaux, mais de gros chénes de la bourgeoisie, dont les théories solidement argumentées ne peuvent pas étre réfutées facílement. Or, nous jugeons nécessaire d'apporter notre contribution à la lutte contre ces points de vue qui se propagent à l'étranger, et nous devons l'apporter à tout prix quand il s'agit de notre pays, il nous faut alors examiner attentivement et scientifiquement les tendances des étrangers en matière d'albanologie. N'allons pas croire que nous pourrons réfuter les théories fallacieuses qu'ils propagent méme sans beaucoup d'arguments. Notre pensée scientifique doit réussir à prévaloir et réfuter avec des arguments scientifiques à l'appui les thèses des étrangers, gagner les autres à sa cause et les convaincre en. leur prouvant par A + B que nos études sont exactes.
Afin d'atteindre cet objectif, nos sciences albanologiques doivent se fonder et se guider sur la scienee marxiste-léniniste, accorder aux choses l'importance qui leur revient, ne pas se laisser entrainer par des tendances, des pratiques et des vues dépassées par le temps, ne pas oublier le passé et avoir bien en vue le présent et le futur. Il ne serait pas juste de dire qu'aujourd'hui l'étude portant sur la question des Pélasges ou sur l'influence qu. ont exercée les Molosses sur Alexandre le Grand, ne nous sert à rien parce qu'il est d'origine grecque, ce qui n'est pas tout à fait juste. La mère d'Alexandre le Grand était Epirote (de la tribu des Molosses) son père était Macédonien et lui passa une partie de son enfance chez les Molosses. Tout cela influa si bien sur sa formation qu'il revétit quand il alla en Perse les traits d'un empereur cosmopolite. L'étude sur cette question, loin de tendre à prouver aux Grecs qu'Alexandre le Grand était, de méme que sa mère, d'origine albanaise, se propose de démontrer que cette partie des Balkans, le pays natal de sa mère où il passa son enfance, n'a jamais été un territoire grec, que le pays des Molosses a été habité par un peuple tout à fait différent du peuple grec et qui s'est développè de manière que les Grecs n'ont pu l'assimiler. Certes, ces tribus ont adopté la culture et certaines coutumes grecques, mais en général leur culture et leurs coutumes ont été bien différentes ,de celles de la Grèce. Si nous arrivons à le démontrer scientifiquement, nous aboutirons à la conclusion que les Molosses ne se confondent pas avec les Hellènes.
JEUDI
25 DĒCEMBRE 1969
NOTE
Un groupe de femmes et de jeunes filles du bas Dropull m'ont envoyé à l'occasion du Nouvel An un télégramme de voeux très chaleureux. Ce message* *( Dans leur message envoyé au. camarade Enver Hoxha les cinquante femmes et jeunes filles du. bas Dropull écrivaient entre autres: «Nous, femmes de la minorité, avons beaucoup souffert par le passé, nous étions privées de tous les droits et libertés, opprimées et exploitées. Les beys et les agas nous sugaient le sang, les chauvins grecs tuaient les nótres. Nous étions toujours affamées, nous nous nourrissions de plantes sauvages et manquions méme d'eau potable. Nous allions jusqu'à Libohove pour en acheter. Quelles n'ont été nos souffrances! L'émigration a été une grande plaie. Notre passé est rempli de souvenirs amers, mais un jour est arrivé où nos yeux se sont remis à briller, où nos cceurs ont retrouvé la ioie et nos lèvres le sourire. Des ténèbres où nous étions plongées, le Parti nous a fait accéder à la lu mière, nous a donné les libertés politiques, la terre, le pain, Veau, les écoles, les jardins d'enfants, les crèches et l'électricité et tant d'autres choses dont nous étions privées>>) i où elles décrivent aussi l'amer passé des femmes de la minorité grecque sous le régime antipopulaire de Zogu m'a attristé et a éveillé en moi beaucoup de souvenirs d'enf ance. Je répondrai à ces f emmes courageuses, travailleuses et émancipées.
POUR LA FEMME MINORITAIRE GRECQUE
COMME POUR LA FEMME ALBANAISE,
LA VIE PĒNIBLE A PRIS FIN À TOUT JAMAIS
Extraffs de la lettre adressée à cinquante femmes
et jeunes filles du bas Dropull, Gjirokastér
Chères sceurs du Dropull,
Parmi les télégrammes et les vceux que Je reqois à l'occasion du Nouvel An j'ai trouvé votre lettre simple mais chaleureuse et empreinte de beaucoup d'amour pour notre Parti héroique. En lisant votre lettre, moi qui connais depuis ma tendre enfance la région du Dropull, j'ai revécu quelques moments avec vous, avec votre travail, votre combat, avec le souvenir que je garde de VOUS. Comme vous le dites très justement, le Dassé des Albanaises a été pénible et très amer. La vieille société que nous avons renversée gráce à notre lutte était concue de telle facon que la femme y était méprisée et humiliée. Par le passé, vous, les habitantes du Dropull, comme toutes les femmes du pays, ne jouissiez d'aucun droit. L'Etat féodalo-bourgeois, la religion, la société de ce temps-là étaient édifiés de manière que tous les droits, méme dans la famille, leur étaient niés. Et pourtant c'étaient les femmes de chez nous qui portaient sur leur dos le plus lourd fardeau de l'existence, en travaillant et s'éreintant toute la journée durant. En particulier vous, femmes et jeunes filles du Dropull, vous étiez obligées de vous empoigner avee les beys et les agas, qui s'appropriaient sans pitié les fruits de votre peine et de votre labeur, car vos pèreg et vos frères avaient pour la plupart émigré à l'étranger, où ils vendaient leur jeunesse, affligeant l'existence de leurs mères auxquelles ils envoyaient quelques sous gagnés à grand-peine dans les lourdes conditions de l'expIoitation capitaliste.
Mais tout cela c'est du passé. Notre peuple, éprouvé et exploité à l'extréme, a donné le jour à son Parti, ce titan invulnérable qui l'a organisé, éduqué et dirigé dans la lutte pour renverser le monde ancien et inhumain, avee son affreuse pauvreté matérielle et spirituelle, pour enterrer une fois pour toutes l'exploitation, l'oppression, l'injustice et les maux sociaux. Comme toutes les femmes albanaises, vous, camarades et sceurs dropullites, vous avez apporté à cette lutte héroique une contribution inestimable.
Aujourd'hui encore, comme durant la Lutte de libération nationale, le peuple patriote de la région du Dropull participe sans ménager ses efforts, au. méme titre que tout le peuple albanais, au grand combat mené pour l'éducation de l'homme nouveau, pour l'épanouissement et le renforement de notre République populaire.
Je suis pleinement convaincu que vous irez de l'avant, car la femme de chez nous s'est esor~is engagée dans une voie dont aucune force u monde ne pourra la détourner. C'est là une importante garantie de son émancipation comlète, un heureux commencement dans la lutte à mort que nous avons engagée contre le retard de la femme de chez nous, contre les coutumes et les ois humiliantes, contre le conservatisme et le fanatisme religieux, les médisances et les survivances petites-bourgeoises.
En terminant cette lettre, je tiens, chères camarades et sceurs, à vous souhaiter du. fond du coeur de nouveaux succès dans tous les domaines ainsi qu'une bonne et heureuse Année. Avec des forces renouvelées, travaillons encore nùeux pour remporter de nouveaux succès dans l'épanouis sement de notre patrie socialiste.
Bien à vous
Enver Hoxha
MARDI
20 JANVIER 1970
PREMIĒRE RENCONTRE DES REPRĒSENTANTS
DES CHAMBRES DE COMMERCE ALBANAISE
ET GRECQUE
Ainsi qu'il en avait été convenu par Halim Budo et le représentant grec à New York, le rens présentant de notre Chambre de commerce a pris contact à Paris avec le représentant de la Cham,bre de commerce grecque. Cet entretien s'est bien .déroulé. Le Grec Kanellopoulos s'est montré très courtois et amical. Notre camarade également. Nous verrons ce qui sortira de cette première rencontre.
VENDREDI
13 FĒVRIER 1970
LE PEUPLE ALBANAIS NA JAMAIS VOULU
DE MAL AU PEUPLE GREC
La presse grecque traite de différentes manières, suivant les courants politiques qu'elle représente, la question des échanges commerciaux entre la Chambre de commerce grecque et la nótre.
Bien entendu, quelque chose bouge chez les Grecs, vu, qu'ils sont disposés à faire du commerce avec nous. als pour eux comme nous, l'essentiel n'est pas le commerce. Nous avons toujours été pour des relations de bon voisinage avec le peuple grec. Les monarchofascistes, eux, s’y opposaient, mais peu nous importait. A leurs provocations, nous répondions en les remettant à leur place. Le régime des -colonels se sent plut6t branlant au-dedans et audehors comme dans ses rapports avec ses alliés. Apparemment done (mais attendons pour voir), il modifiera son attitude absurde d'inimitié dans s,es rapports avec la République populaire d'Albanie. Nous ne sommes pas contre.
Le 11 courant le journal gouvernemental grec <<Eleftherios kozmos>> traitait entre autres de la question des relations avec l'Albanie. Après avoir évoqué l'accord commercial en question, le journal avance diverses raisons qui, d'après lui, justifient -la nécessité de considérer l'Albanie comme elle est... L'Albanie n'est sous l'influence d'aucun pays balkanique ou européen susceptible d'agir contre nous».
A propos des prétendues revendications territoriales, le journal écrit que «la Grèce ne soulève pas cette question, mais qu'elle ne l'ignore pas non plus, elle est en droit d'exiger de Tirana que celle-ci prenne des mesures efficaces en vue de protéger les Grecs vivant en Albanie».
J'ai donné des instructions. pour qu'on nous apporte les coupures complètes de la presse grecque relatives à ce problème. De notre cóté, à travers un court article* *( Le 17 février 1970 fut rédigé l'artiele intitulé «Un accord corrunercial à l'avantage mutuel des peuples albanais et grec».) concis et sans esprit polémique, nous devons faire un autre pas en avant. Ce serait là une démarche positive dans l'intérét de nos deux peuples. Jamais le peuple albanais n'a voulu de mal au peuple grec, il a toujours cherché à vivre dans une amitié sincère avee lui et il l'a aidé, autant qu'il l'a pu, dans ses luttes pour son indépendance. Naturellement, le: peuple albanais, pas plus que le peuple grec, ne peut supporter que soient foulées aux pieds la liberté, l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territor;íale de son pays. L'Albanie, tout comme la Grèce, a combattu et vaincu les occupants étrangers. Ce sont les peuples qui font leur histoire et l'un de ces peuples, le nótre, s'est frayé sa voie à travers des luttes sanglantes dans lesquelles il s'est trempé, faisant de sa patrie un pays puissant et inviolable.
Si le destin de l'Albanie a changé, ce n'est pas par l'effet du bon vouloir de tel ou tel autre, et reste personne, quelle que soit sa volonté, ne peut détourner l'Albanie nouvelle de la voie socialiste dans laquelle elle s'est engagée.
Nous pensons que les enseignements puisés dans l'évolution de l'histoire de l'humanité doivent servir à tous. Nous, Albanais, n'avons jamais mis en doute l'amitié du. peuple grec pour le peuple grec. Il n’a jamais confund les sentimentes de ce dernier avec ceux des courants réactionnaires Pet chauvins grecs hostiles à notre pays. Ces courants antipopulaires veulent certes provoquer des conflits sanglants entre la Grèce et l'Albanie, mais leurs menées échoueront d'où qu'elles viennent et sous quelque forme qu'elles se présentent.
Nous avons dit et nous disons toujours au peuple grec: la voie la plus juste est celle du. bon voisinage, de l'amitié entre nos deux peuples, fondée sur la non-ingérence, etc.
Nous disons au peuple grec: s'il y a quel qu'un parmi vous qui pense que nous voulons. étre amis avec vous pour des raisons de conjoncture ou que nous redoutons les dites conjonctures, il se trompe fort. Rien ne nous intimide quand il s'agit pour nous de défendre nos droits, de méme que le peuple grec n'est arrété par aucune crainte quand il doit défendre les siens.
MARDI
17 FĒVRIER 1970
C'EST AUX GRECS QUIL APPARTIENT DE
PRENDRE L'INITIATIVE DTTABLIR DES
RELATIONS DIPLOMATIRUES AVEC NOUS
Nous avons rédigé à l'adresse de la Grèce un article non polémique sur les échanges commerciaux, mais nous y laissons entendre que c'est à Athènes qu'il appartient de prendre l'initiative d'établir des relations diplomatiques avec nous,, en levant les obstacles absurdes qu'elle a ellememe dressés. La presse grecque de ce mois a manifesté quelques tendances dans ce sens. Notm attendons toujours. Qu'ils fassent le premier pas, nous leur répondrons.
SAMEDI
21 FĒVRIER 1970
LES GRECS NOUS REMERCIENT
Les Grees ont apprécié le fait qu'avant-hier notre marine a sauvé l'équipage de huit hommes d'un navire de leur flotte marchande, qui a pris feu dans l'Adriatique, au large de nos cótes. Notre gouvernement a demandé au gouvernement grec d'envoyer chercher l'équipage au plus tót. Les Grecs nous ont remerciés.
VENDREDI
27 FĒRVER 1970
AL FAUT POURVOIR AUX BESOINS MATĒRIELS
DE L'IMPRIMERIE EN LANGUE GRECQUE
DE GJIROKASTËR
J'ai donné l'ordre que l'on examine les besoins de l'imprimerie de Gjirokastér où sont imprimées toutes les publications en. langue greeque destinées à la minorité, et que l'on prenne les mesures nécessaires pour se procurer, entre autres les caractères d'imprimerie, que l'on ne peut trouver qu'en Grèce. A présent, cela sera plus facile, car nous allons bientót avoir des échanges commerciaux avec les Grecs.
TRIBUNE MILITANTE ET ACTIVE DES MASSES
TRAVAILLEUSES DE LA MINORITĒ GRECQUE EN ALBANIE
Lettre du camarade Enver Hoxha adressée à la rédaction du joumal<<Laiko Vima>> à l'occasíon du 25 anniversaire de sa fondation.
Chers camarades,
A l'occasion du 25' anniversaire de la parution du journal <<Laiko Vima>> permettez-moi, au nom du Comité central du Parti du Travail d'Albanie, de vous envoyer à vous et à tous vos collaborateurs et correspondants, nos salutations les plus chaleureuses.
Appliquant avec esprit de suite sa juste ligne marxiste-lénìniste, notre glorieux Parti a résolu aussi avec succès, il y a maintenant vingt-cinq ans, les problèmes relatifs aux droits de la minorité nationale grecque en Albanie. De méme que tout le peuple albanais, cette minorité s'est vu assurer, gráce au soin du Parti, tous les droits démocratiques et la plus complète égalité avec le peuple albanais, comme le droit à l'usage de sa langue maternelle et le droit au travail et à l'instruetion dans sa langue. C'est dans ce cadre que, sur la recommandation du Comité central du Parti, a été fondée le journal «Laiko Vima», organe du Front démocratique du distrìct de Gjirokastër.
Nous constatons avec satísfaction qu'au cours de ces vingt-cinq années le «Laiko Vima» est devenu une tribune militante et active des masses travailleuses de la minorité, et que ses pages sont une synthèse de la ligne et des directives de nQtre Parti et de notre gouvernement, de la pensée et du travail créatif des masses, de la vie nouvelle et heureuse illuminée par le soleil du socialisme que nous construisons aussì dans les régions où vivent, travaillent, luttent et déploient leur activité nos chers frères et soeurs de la minorité grecque.
Dans le «Laiko Vima» se reflète amplement l'unité d'acier entre le peuple de la minorité et le peuple albanais frère, son attitude et son activité révolutionnaire et patriotique dans la lutte commune pour la construction du socìalisme et la défense de notre chère patrie. Dans ce journal, écrit de sa plume le Dropullite qui ne pouvait naguère boire d'eau à sa soif et qui parle mainte~ nant des multiples bienfaits qu'il reçoít du Parti depuis le pain qui lui manquait et jusqu'à sa langue maternelle qui lui est enseignée dans les écoles, la bonification des terres, Feau potable et la lumière électrique qui embellissent tellement cette vallée. Le Pogoníte aussi y écrit sur les jours heureux qu'il vit, sur les terres défrichées dans la montagne, sur les routes et les unités socio-culturelles que l'on construit meme dans cette zone reculée; le Vurkar y évoque les multiples canaux et autres ouvrages d'irrigation qui font prospérer ses terres, jusqu'à hier source de maladies et de rnisère, les nouvelles maisons qui ont remplacé les chaumières; le simple paysan de la zone «Partizani» y traite de sa culture et de son art, de l'homme nouveau éduqué par la Parti; des jeunes filles et des jeunes gens de la minorité grecque y expriment également des sentiments qui émanent du fond méme de leurs coeurs en ces jours heureux que Ieur a apportés le socialisme et ils dédient leurs plus beaux vers à notre Parti qui les a tirés des ténèbres pour les faire accéder à la lumiére au méme titre que le peuple albanais.
Pendant ce quart de siècle, le journal «Laiko Vima», tout comme les autres organes de notre presse populaire, a joué un grand róle dans l'éducation révoIutionnaire de la minorité grec~ que en'Albanie. Actuellement son nom est connu meme en dehors des frontières de notre patríe socialiste.
J'exprime ma conviction qu'à l'avenir également vous,, camarades de la rédaction, correspondants et collaborateurs du journal «Laiko Vima», continuerez à díffuser la juste ligne du Parti, ses idées lumineuses, sa politique marxisteIéniniste, et que le merveilleux peuple de la minorité grecque, ce peuple héroique, laborieux et talentueux, remportera de nouvelles victoires sous la dírection du Parti.
A l'occasion de cette célébration, je vous envoie mes félicitations et je souhaite que votre journal devienne toujours plus militant, plus riche de contenu et plus réussi quant à la forme, plus pur du point de vue linguistique, plus utile et plus cher à ses lecteurs.
Le Premier Secrétaire du Comité
Central du Parti du Travail d'Albanie
Enver Hoxha
Tirana, le 23 mai 1970
MERCREDI
18 NOVEMBRE 1970
NOTE
Une dépéche de l'agence de presse ouest-allemande DPA, publiée dans le bulletin d'aujourd'hui de l'Agence télégraphique albanaise, annonce la mort de Constantin Tsaldaris, survenue le 13 novembre de l'année en cours.
En 1946, à la Conférence de la Paix à Paris j’ai eu avec cet antialbanais enragé, un ápre débat à propos des revendications territoriales qu'il avangait et de ses calomnies à l'encontre de mon pays. Il était alors Premier ministre et chef de la dél,égation grecque à cette Conférence.
LUNDI,
14 DĒCEMBRE 1970
UNE DĒCLARATION POSITIVE DU
GOUVERNEMENT GREC
Comme nous en informe notre représentant à l’ONU, Sami Baholli, le représentant du gouvernement grec lui a f ait savoir qu'e « ... son gouvernement l'a prié de communiquer au gouvernement albanais qu'Athènes a apprécié très favorablement les actes du gouvernement albanais, comme la remise de l'avion* *( Il s'agit d'un avion <<Dakota>> des lignes civiles grecques détourné et contraint d'atterrir à Rinas, près de Tirana, le 16 aoút 1969.) et de certains bateaux grees, et qu'elle s'emploiera à améliorer ses rapports avec lui jusqu'à l'établissement de relations diplomatiques».
C'est une attitude positive, analysons-la et répondons-y positivement.
VENDREDI
8 JANVIER 1971
Ē PROPOS DE NOS RAPPORTS AVEC LA GRĒCE
Notre représentant à FONU, le camarade Sarni Baholli, a de nouveau. rencontré Bitsios, le représentant de la Grèce à cette organisation, et, donnant suite à la proposition de ce dernier, lui a signifié que le gouvernement albanais est, comme il l'a toujours été, disposé à établir avec la Grèce des relations diplomatiques qui doivent se situer, à notre avis, au niveau d'ambassades et se traduire par un échange d'ambassadeurs.
Bitslos lui al répondu qu'il transmettrait immédiatement à son gouvernement cette proposition du gouvernement albanais, ajoutant que le gouvernement grec «a constaté 'avec joie que la minorité grecque en Albanie parle et enrichit sa langue maternelle (le gree) et qu'elle l'apprend méme à l'école. Mais il serait bon, et cela faciliterait la táche au gouvernement grec, que le gouvernement albanais fasse une déclaration dans. laquelle il s'engage à permettre à la minorité grecque de pratiquer la religion orthodoxe». Bitsios a également dernandé qu'il soit apporté au. communiqué sur l'établissement de relations diplomatiques entrenos pays un petit addendum imprécis que le gouvernement grec utiliserait pour l'opinion intérieure de son pays, et aux termes duquel <<il proposerait>> au gouvernement albanais, une fois les relations diplomatiques établies avec l'Albanie, de signer aussi un traité de paix», etc.
Pour ce qui est-de la question soulevée par le représentant grec, nous allons recommander àSami de s'entretenir avec lui en lui expliquant encore une fois notre position, à savoir que nous~ sommes pour l'établissement de relations diplomatiques dans un esprit d'amitié et non pas suivant les conditions inacceptables,que posent les Grecs. La petite minorité grecque, qui fait partieintégrante du peuple albanais et de la Répub ique, populaire d'Albanie, a, au. méme titre que tousles autres citoyens de notre pays, conquis de, haute lutte ses droits démocratiques, que le Parti du. Travail d'Albanie, son parti marxisteléniniste, lui a reconnus, et cela non pas pour faire -olaisir à qui que ce soit. C'était la voie du socialisme qu'a suivie le peuple albanais et, de concert avec lui, nos frères de la minorité grecque.
L'Eglise orthodoxe au sein de la minorité a toujours servi à la réaction grande-grecque de
base d'espionnage et de propagande de la megali idhea vorio-épirote. Mais notre peuple et notre Parti ont supprimé ce foyer de la réaction non seulement dans la minorité, mais dans tout le pays.
JEUDI
25 MARS 1971
LES GRECS ONT PRĒSENTĒ LEUR ĒNONCĒ DE
L'ĒTABLISSEMENT DES RELATIONS
DIPLOMATIQUES
Le gouvernement grec, par Fintermédiaire de Bitsios, son représentant permanent à l'ONU, a communiqué à Sami Baholli son énoncé de l'établissement des relations diplomatiques avec la République populaire d'Albanie.
Nous sommes en train de l'étudier.
JEUDI
29 AVRIL 1971
SUR LA VOIE DE L'ĒTABLISSEMENT DE
RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LA GRĒCE
Le gouvernement grec a consenti à établir des relations diplomatiques avec la République populaire d'Albanie. Notification sera faite respectivement à Tirana et à Athènes le 6 mai à 16.00 heures. C'est ce qu'a communiqué le représentant grec à FONU, Bitsios.
C'est la fin d'une situation absurde. A présent tout va rentrer dans l'ordre.
VENDREDI
30 AVRIL 1971
NOTE
J'ai donné des instructions pour qu'un article* bref, concis, essentiellement politique, soit rédigé sur l'établissement des relations diplornatiques avec la Grèce.
*Dans cet artiele, titré «Un événement marquant dans les rapports entre l'Albanie et la Grèce», qui a été publié dans le «Zéri i popullit» du 14 mai 1971, il est dit entre autres: «La normalisation des relations entre nos deux pays leur permettra de resserrer leurs liens d'amitié, de procéder à des échanges et de collaborer dans diverses domaines d'intérét mutuel. Il est hors de doute que l'établissement de relations normales entre l'Albanie et la Grèce servira de base solide pour promouvoir l'amitié et la collaboration entre nos deux peuples et nos deux pays voisins>
UNE POLITIQUE CONSĒQUENTE ET DE
PRINCIPES Ē TOUS ĒGARDS
1 NOVEMBRE 1971
Dans le rapport qu'il présenta au Vla Congrès du Parti du Travail d'Albanie tenu du 1 au 7 novembre 1971, traitant des problèmes internationaux le camarade Enver Hoxha réserva une place particulière aux problèmes des Balkans, au renforcement de l'amitié entre les peuples de cette zone.
La République populaire d'Albanie occupe aujourd'hui une place honorable dans Farène internationale, elle s'est acquis le respect et l'adIniration des peuples éprls de liberté et de toutes les forces progressistes. L'Albanie socialiste ne s'est pas trouvée isolée, comme le prétendaient et le souhaitaient ses ennemis, au contraire elle a renforcé ses liens internationaux, son autorité et la POsition dans le monde.
La sympathie et le respect qu'elle s est gagnés auprès de tous les pays et peuples progressistes du monde, le poids et l'influenee de notre pays ne sont pas dús à l'importance numé_ rique de sa population, ni à son potentiel économique ou militaire. La force et l'influenee de l'Albanie socialiste ont pour origine les idées marxistes-léninistes qui l'inspirent, qu'elle défend, qu'elle garde pures et qu'elle diffuse dans le monde entier. Elles sont inhérentes à la vérita- 1 ble société socialiste qui s'édifie en Albanie, à la lutte hardie, conséquente et de principes qu'elle mène contre l'impérialisme, le révisionnisme et tous les réactionnaires.
Notre pays a des centaines et des centaines de millions d'amis et de compagnons de lutte dans le monde entier, car c'est un Etat qui sait se respeeter et qui respecte tous les peuples, car tout en sauvegardant avec fermeté sa propre liberté et indépendance, il souhaite le bien et l'avenir heureux de tous les autres peuples.
C'est justement parce que nous poursuivons cette politique et que nous jouissons de ce respect que nos ennemis nous haYssent, nous insultent et nous combattent. Mais cela ne nous fera pas changer de voie, cela ne nous poussera pas non plus à dissimuler nos points de vue et nos aetes. Le courage civil n'a jamais manqué à notre Parti sur le plan international non plus, et il ne lui manquera en aucun cas et en aucune circonstance.
Le Parti du Travail et la République populaire d'Albanie sont et resteront des ennemis jurés de l’impérialisme et du révisionnisme. Considérant leur combat comme partie intégrante du combat révolutionnaire général des peuples, ils ont mené une lutte active contre l'impérialisme, l'impérialisme U.S. en téte, et contre le révisionnisme, conduit a la direction soviétique, ils ont condamné et noncé résolument leur politique et leurs menées agressives, leurs desseins d'opprimer les peuples, d'étouffer la révolution et de dominer le monde. L'expérienee acquise jusqu'à ce jour par notre juys nous a convaincus encore davantage que la liberté et l'indépendance conquises ne peuvent étre défendues et garanties, aujourd'hui comme hier, que par une lutte incessante contre l’impérialisme et le révisionnisme, une lutte à outrance, menée partout et dans tous les domaines.
La justesse de la ligne de notre Parti dans la lutte contre l’impérialisme et le révisionnisme a été entièrement confirmée par la vie, par les victoíres remportées.
Conscient de 'a haute responsabilité qu’il assurne devant son propre peuple et le socialisme, notre Parti ne s’arrétera jamais à mi-chemin, il luttera avec fermeté et de toutes ses forces contre l'impérialisme et le social-impérlalìsme, jusqu’à leur destruction totale et au. triomphe de la révolution mondiale. Notre peuple et notre Parti considèrent cette lutte comme un tout indivisible, parce qu'on ne peut pas sopposer avec succès à l'impérialisme sans combattre en méme temps le social-impérialisme soviétique et vice-versa.
La politique extérieure de notre Parti et de notre gouvernement a été et denieure fondamentalement une politique de principes et consé-quente à tous égards.. .
Notre pays a toujours fait preuve de bonne volonté et a entrepris des démarches constructives pour entretenir et développer des relations normales avec tous les pays à systèmes sociaux -différents, sur la base des principes de la coexistence pacifique, de l'égalité, du respect de la ,souveraineté d'Etat et de l'intégrité territoriale, de la non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures de chacun et de l'avantage réciproque.
Tout en luttant contre l'impérialisme et le Tévisionnisme, nous nous en tenons scrupuleusement au principe selon Iequel les affaires intéIrieures de chaque pays sont de sa compétence ,exclusive sans aucune coercition ni intervention de l'extérieur. Nous soutenons, de méme, le point de vue que toutes les relations entre pays, qu'ils Isoient grands ou petits, ne peuvent et ne doivent étre édifiées que sur la base du principe de l'éga_lité et de la non-ingérence mutuelle dans les laffaires intérieures. C'est sur de tels fondements Ique nous avons établi et développons nos relations avec tous les Etats. L'établissement de relations ,diplomatiques entre l'Albanie et plusieurs pays au cours de cette année représente un succès <<notable>> de notre politique extérieure et témoigne Idu renforcement de la position internationale de la République populaire d'Albanie. Ces relations sont en harmonie avec les intéréts communs des peuples et servent la bonne compréhension et le renforcement de la coopération entre eux.
Le peuple albanais et les peuples de Yougoslavie sont amis et frères. Nous souhaitons que ces sentiments d'amitié, trempés dans la lutte antifasciste, se développent sur la juste voie, pour le bien commun de nos peuples. Les peuples de Yougoslavie auront toujours dans le peuple albanais un ami qui désire les voir libres, indipendants et souverains, qui s'oppose résolument à tous les chantages, à toutes les manoeuvres et menaces auxquels les puissances impérialistes se livrent contre la Yougoslavie voisine.
De bonnes relations existent entre notre pays, d'une part, et l'Italie et la Turquie, de l'autre. Le maintien et le développement de ces relations répondent à nos intéréts communs. Cette année, les relations diplomatiques ont été également établies entre l'Albanie et la Grèce. C'est un événement important qui a mis fin à une situation anormale et qui sert le renforcement de la paix et de la sécurité dans les Balkans.
La République populaire d'Albanie tient à ce que, à l'avenir également, les relations entre notre pays et les pays voisins se développent dans un sens positif et dans les domaines d'intérét éommun, dans la lutte contre les actes d'ingérenee et les intrigues des gràndes puissances impérialistes.
L'amitié et la compréhension entre les pays balkaniques doivent avoir leurs fondements dans le peuple. Nous n'avons l'intention ni d'avancer ni d'accepter des propositions ayant pour objeI de former des blocs et des alliances balkaniques. La République populaire d'Albanie désire forger son amitié avee les peuples des Balkans sur la base des principes de la coexistence pacifique et elle luttera dans ce sens. Le régime que se donne chaque pays est une affaire qui ne concerne que lui. Nous ne nous ing~érons pas dans les affaires intérieures de qui que ce soit, mais les autres non plus ne doivent pas s'ingérer dans les nótres. Cela n'exclut pas les critiques et les polémiques mutuelles. L'Albanie socialiste ne se permettra jamais de porter atteinte à la liberté, à l'indépendance et à la souveraineté des autres pays. Jamais le peuple albanais n'a rien fait de semblable au cours de son histoire, mais il ne permettra pas non plus que les autres portent atteinte à sa liberté, à son indépendance et à sa souveraineté.
Pour nous, Albanais, les temps ont changé. Si les nouveaux tsars du Kremlin, à l'instar des anciens tsars, et si les dìfférents impérialistes -ou les cliques chauvines des Balkans tentent de violer les frontières de la République populaire d'Albanie, les Albanais, unis comme un seui homme, ne seront pas pris au dépourvu comme ils le furent en 1878, en 1914, ou au temps de Mussolini et d'Hitler. A bon entendeur salut!
Le peuple albanais qui a souffert pendant des sìècles des occupants barbares, qui a conquis la liberté en versant beaucoup de sang, met en garde les peuples frères des Balkans contre les intrigues des impérialistes de tout acabit; ensemble, disons-leur: «Bas les pattes devant nos pays!» et ne permettons à personne d'abuser de notre amitié.
Les peuples des Balkans sont parfaitement en mesure de décider eux-mémes et souverainement de tout ce qui concerne leurs relations réciproques. Les Balkans n'ont jamais été par euxmemes un «baril, de poudre». Es l'ont été dans le passé par le fait des étrangers, des impérialistes, qui disposaient de tous les détonateurs, et qui veulent qu'il en~ soit ainsi aujourd'hui C encore. Il est du devoir des peuples balkaniques de leur couper avec l'épée toutes les mèches, afin que la paix et la sécurité soient solidement établies dans les Balkans.
Il va de soi que nos peuples ont besoin d'amis. Mais ils ne doivent jamais devenir les instruments des étrangers au détriment des intéréts d'un petiple particulier ou de tous nos peuples pris ensemble. Ce serait là l'alliance la plus sincère et la plus solide qu'on pourrait proposer aux peuples des Balkans.
Si jamais un Etat balkanique, poussé par les puissances impérialistes, entreprend une agression contre un autre Etat balkanique, il est évident que l'intervention des autres Etats balkaniques sera inévitable. Une telle guerre ne restera pas localisée, mais provoquera une conflagration générale.
Tous les ttats qui respeetent les droits sacrés de l'Albanie socialiste, qui appliquent les principes connus sur lesquels sont fondées les relations entre Etats souverains et qui souhaitent entretenir avec nous des relations normales, trouveront dans la République populaire d'Albanie de la compréhension et le sens de la réciprocité.
DIMANCHE
16 JANVIER 1972
AVEUX D'UN AGENT DE LA CIA
J'ai lu le livre «Dans le tourbillon de l'histoire» de l'Américain C.L. Sulzberger. Ce sont les souvenirs d'un -journaliste» ou plutót de quelqu'un qui se disait tel, mais qui était en fait un des agents les plus qualifiés de l'espionnage américain, de la CIA, du diable et de toute son engean.ce. A sa lecture, on voit naturellement qu'il a fréquenté la haute société, qu'il a été au courant de tous les secrets et qu'il s'est vu confier méme des missions diplomatiques.
Dans le chapitre sur les Balkans, il évoque l'Albanie au cours de la Seconde guerre mondiale et dit avec mépris que l'Albanais «sait uniquement fendre du bois et vendre des noísettes aux coins des rues». La haine qu'il éprouve pour l'Albanie l'amène à sous-estimer la lutte de notre peuple, mais, regrettant que nous ayons pris le pouvoir, il met à jour les intrigues et les complots ourdis par les Anglais, les Américains et leurs amis en vue de liquider «le gouvernement Hoxha», comme il appelle le pouvoir du peuple.
D'après Sulzberger, Julian Emery, officier de la mission anglaise chez nous pendant la guerre et ministre après la Libération, aurait dit en 1949 que «les Anglais et les Américains ont eu
tort de faire tarder jusqu'à l'été la révolte en Albanie». «Je suis d'avis, dit Emery, qu'avec un peu d'or nous pouvons soulever, sans qu'il soit trop tard, les régions de l'Albanie du Nord contre Hoxha», etc. Voilà quels étaient alors les jugements et les agissements de nos ennemis. A présent, ils le reconnaissent de leur bouche.
Sulzberger avoue également qu'en novembre 1949 les Anglais ont parachuté chez nous des agents saboteurs préparés à Malte que nous avons capturés et annihilés. L'important, c'est qu'ils reconnaissent eux-mémes ce que nos tribunaux de l'époque ont tout étayé de preuves irréf utables.
Dans son livre, Sulzberger révèle également les machinations de Tito, Djilas et Dedijer contre notre pays et il raconte comment ces individus se sont liés, ou bien avec l'Angleterre ou bien avec les Etats-Unis, mais l'essentiel est de savoir comment a commencé et fini leur conversion en agents.
Les traitres titistes Djilas et Dedijer, se livrant aux plus viles calomnies contre nous, prétendent que c'est nous, avec notre régime «policier>,-, qui avons provoqué les Yougoslaves afin de fournir aux Soviétiques et à Staline un prétexte pour justifier leur intervention militaire en Yougoslavie et pour liquider Tito.
C'est là une vile calomnie dont le but est de camoufler leur activité hostile contre l'Albanie socialiste et de convaincre les Amérícaíns que la Yougoslavie titiste était menacée par l'Union soviétique et par Staline.
Sulzberger avoue dans son livre avoir été parmi les Anléricains les plus cotés dans les milieux monarcho-fascistes grees. Il avait ses entrées chez le roi de Grèce, chez le chef de l'Etat-major grec, chez Vénizélos et chez le général Van Fleet. Tito, par l'entremise de Djilas, a chargé Sulzberger d'aller chez le roi de Grèce et chez le chef de l'Etat-major grec leur proposer de conclure un pacte tripartite avec la Yougoslavie et la Turquie, ce qui a été fait plus tard.* *( Signé le 28 février 1953 et complété par le traité de Bled (Yougoslavie) en aoút 1954. Cet accord n'était point un facteur de paix dans les Balkans, comme le prétendaient ses auteurs, mais un instrument belliciste aux mains des impérialistes américains et anglais.) Mais l'important, c'est ce qu'a écrit Sulzberger sur notre compte dans ce livre et je retranscris presque mot à mot:
«Paris, 28 avril 1953. Ce soir j'ai pris un verre et j'ai discuté avee mon vieil ami, Panajot Canellopoulos, ministre grec de la Défense. Quand je lui ai demandé quels étaient leurs rapports avec la Yougoslavie et la Turquie, il m'a répondu ouvertement: En cas de guerre, il n'y aura pas d'offensive commune gréco-yougoslave contrel'Albanie. On espère que, dans un délai de deux à neuf mois, sera organisé un coup d’Etat qui permettra de libérer l'Albanie et de Hoxha et des Soviétiques. Si cela s'avère nécessaire, les troupes américaines maintiendront l'ordre après cette action. Les Grecs ont accepté de ne pas s'occuper de cette question et ont mis aussi au courant, en termes plus ou moins vagues, les Yougoslaves...
«Quoi qu'il en soit, si le coup d'Etat ne réussit pas, il a été décidé, avec l'approbation de l'amiral Carney, qu'il ne sera pas nécessaire d'occuper l'Albanie. Ainsi, les divisions grecques et yougoslaves qui devaient attaquer et envahir l'Albanie, sont libres de passer au nord et à l'est».
C'est ce qu'écrit en bref cet agent chevronné des Américains. Certes, les grands et dangereux complots tramés par les Américains et les Anglais ne se comptent plus. Ils n'osent naturellement pas les dévoiler, mais nos historiens les ont mis au jour par des faits et des documents et ils continueront à écrire à leur sujet et à les démasquer.
MERCREDI
2 FEVRIER 1972
L'AMBASSADEUR GREC TIENT DES PROPOS
AMICAUX ET BIENVEILLANTS SUR LA
SITUATION EN ALBANIE
D'après ce que les camarades m'ont rapporté, l'ambassadeur grec Karalanis est favorable à l'amélíoration des rapports entre la Grèce et l'Albanie. Il dit que Palamas* *( A l’époque ministre grec des Affaires étrangères) et lui ont joué un róle de «pionniers» pour amener le gouvernement grec à éliminer les obstacles absurdes que la Grèce avait dressés pour entraver l'établissement de ces rapports. En cette qualité de «pionnier», donc, il a demandé aussi à son gouvernement à étre le premier ambassadeur de Grèce en Albanie.
Karalanís tient des propos amicaux et bienveillants sur la situation en Albanie, il reconnalt que partout où il se rend, il trouve un accueil courtois et chaleureux en tant qu'ambassadeur de Grèce. «En Grèce, nous a-t-il dit, du. fait de la propagande injustifiée menée à l’ encontre de l'Albanie et des Albanais, nous ne pouvions jamais imaginer une chose pareille. Et malheureusement, a-t-il poursuivi, cela a laissé chez nous des marques que nous devons absolument effacer». Il parle avee sympathie des suclcès que l'Albanie a obtenus dans tous les domaines et il s'oppose à ceux qui déforment la réalité albanaise, qui est pourtant claire. Il dit que ces détracteurs mentent et rabaissent tout ce qui de toute évidence est positif. «12 faut juger l'Albanie, a-t-il ajouté, en comparant son passé à son présent, que l'on approuve ou non son régime ac-tuel». ---Nous souhaitons vivre en bon voisinage .avec vous, a déclaré l'ambassadeur grec à notre :ministère des Affaires étrangères. Personne en 'Grèce ne croit à l'affaire des revendications terri-toriales, et «l'état de guerre» avec l'Albanie était une absurdité, car s'il est vrai que les Italiens ,ont attaqué la Grèce à partir du territoire albanais, l'Albanie elle-méme était occupée par les Italiens et elle s'est battue contre eux. Lorsque l'Albanie s'est opposée aux ingérences soviétiques et qu'elle ne présentait, d'après lui, plus de danger pour la Grèce (?!) nous nous sommes convaincus, a-t-il dit, qu'en méme temps que ce danger disparaissaient toutes les autres raisons de cet état de choses.»
Après quoi l'ambassadeur grec nous a demandé courtoisement, en justifiant sa demande, de permettre à un journaliste démocrate grec de venir en Albanie voir la situation, afin qu'il fasse connaitre à l'opinion grecque les progrès enregistrés dans notre pays. «Je sóuhaite ainsi, a-t-il af firmé, contribuer à extirper les idées erronées sur l'Albanie qui ont pris racine en Grèce.» Il nous a ensuite demandé de lui faire des facilités pour aller visiter Sarande puis Gjirokastér. Voilà de quoi l'ambassadeur grec a parlé à notre ministère des Affaires étrangères.
J'ai conseillé aux camarades de satisfaire à ses demandes au moment qui lui conviendra le mieux. Nous aussi avons intérét à ce que la Grèce change d'opinion sur notre compte. Le journaliste en question que l'ambassadeur grec nous recommande et dont il répond, peut écrire plus ou moins la méme chose que beaucoup d'autres journalistes étrangers venus chez nous. Nous ne pouvons pas avoir de trop grandes prétentions en ce qui le concerne, mais il se peut que l'ambassadeur grec lui-méme l'influence positivement. Nous lui permettrons de se rendre dans le Sud, de visiter méme quelques villages du Dropull, de s'entretenir avec leurs habitants et de voir de ses propres yeux la vie heureuse que mènent nos frères minoritaires dans leur pays socialiste, car la région du Dropull fait partie de l'Albanie, ses habitants sont liés au peuple albanais et au Parti du Travail ,comme la chair à l'os et celui-ci leur a accordé tous les droits, l'égalité, etc.
Confrontant notre réalité aux calomnies de la réaction grecque, il se fera une juste idée des choses.
VENDREDI
14 AVRIL 1972
KARAΪANIS VISITE NOS RĒGIONS DU SUD
Les camarades du ministère des Affaires. étrangères m'ont fait savoír que l'ambassadeur gree Karalanis s'est rendu à Gjirokastér, à Sarande et à Vlore (en longeant la cóte). Il a fait une visite officielle au présidentAu Comité exécutif du Conseil populaire du. district de Gjirokastér, il a visité aussi les musées de cette ville et transerit ses bonnes impressions sur le livre des, visiteurs. A la coopérative agricole de Sofratike, il a été amplement informé du développement de l'économie et de la culture de la minorité grecque.
On lui a offert des paquets de manuels scolaires en grec. Dans la soirée, il a parcouru la route traversant la vall~ée de Dropull pour voir les lumières des villages de la minorité éclairés à l'électricité. La nature, les villages et les plaines verdoyantes étaient belles comme elles le sont au printemps et il en a été très agréablement impressionné.
MARDI
5 SEPTEMBRE 1972
UN NAVIRE GREC SOMBRE DANS NOS EAUX
TERRITORIALES
J'ai été informé par le ministère de la Défense qu'un navire gree a sombrè dans nos eaux territoriales. Il peut s'agir là d'un simple accident, mais il y a aussi des cas où les armateurs provoquent eux-mémes le naufrage de leurs vieux bateaux pour toucher l'assurance. Nos camarades se sont immédiatement portés au secours des marins grecs.
VLORE, MARDI
28 NOVEMBRE 1972
DE NOTRE PAYS AUCUN MAL NE VIENDRA
JAMAIS AU PEUPLE GREC FRĒRE
Aujourd’hui, à l'occasion du 60' anniversaire de la proclamation de l'indépendance et du 280 anniversaire de la libération de la patrie, le Conseil des ministres de la RP d'Albanie et le Comité exécutif du Conseil populaire du district de Tirana ont donné une réception. Xy ai prononcé un discours.
Le camarade Enver Hoxha, évoquant les objectifs secrets que les révisionnistes soviétiques
visaient par leurs <<aides>>, a dit entre autres:
Nous, Albanais, savons fort bien ce qui se cache derrière les prétendues aides internationalistes des révisionnistes soviétiques. Les autres peuples et Etats se rendent bien compte aujourd'hui du caractère impérialiste de leurs aides. Ce sont les révisionnistes soviétiques qui ont saboté intensivement le développement de notre économie, de notre industrie et de nos mines. Ils allaient très loin dans leurs visées: ils entendaient asservir notre pays socialiste et en faire un de leurs satellites.
Cette méme ville héroique de Vlore a vu, aussi Khrouchtchev*.*( En mai 1959, Khrouchtchev visita l'Albanie.) Lorsque ce renégat du marxisme-léninisme s'est trouvé devant le merveilleux golfe de cette ville il en a été fasciné et, à un moment, j'ai entendu son acolyte Malinovsky lui glisser à l'oreille: «Tu vois, Nikita Seirghéiévitch? Avec nos fusées lancées de Berlin et de l'Allemagne de l'Est nous pouvons maintenant frapperGibraltar, tandis que du golfe de VIore nous pouvons contróler toute la Méditerranée». Mais ce. ne fut que du vent, car notre Parti et notre gouvernement ont déjoué leurs plans. VIore ne sera jamais entre les mains des étrangers.
Ce méme Malinovsky disait encore à Khrouchtchev quand nous nous trouvions à Butrint: «Joli lac, ma foi, si on le reliait à la mer, on pourrait installer ici une magnifique base desous-marins et alors la Grèce aussi serait à nous». J'ai tressailli et j'ai pensé à cette nuit sombre où, à Tirana, avec Vasil Shanto, nous collions sur les murs des affiches portant écrit: «A bas le fascisme italien! Vive le peuple grec frère, qui lutte pour la liberté!»- Non, notre Parti et notre gouvernement n'auraient jamais permis que le mal vInt du pays des oliviers frapper le peuple grec frère!
VENDREDI
1 JUIN 1973
EN GRĒCE LA MONARCHIE A ĒTĒ RENVERSĒE
En Grèce la monarchie a été renversée par les colonels. Jorgos Papadhopoulos a proclamé la république et s'est lui-méme proclamé président. Un référendum populaire va avoir lieu.
JEUDI
27 JUIN 1974
FĒTE À BODRISHTE
Les habitants de Bodrishte, village du Haut Dropull, m'ont envoyé une lettre m'invitant à participer à la féte qu'ils' ont l'intention d'organiser le 30 juin pour commémorer le 15' anniversaire de ma visite à leur village. Je ne peux, hélas, ~m'y rendre, car je suis très occupè en. ce moment, mais je leur enverrai une lettre de salutations.
LA VIE DES DROPULLITES DEVIENT
PLUS HEUREUSE
Lettre aux habitants du village de Bodrishte
du distriet de Gjirokastër
Chers camarades!
Je voudraís d'abord vous remercier de la lettre que vous m'avez adressée et par laquelle vous m'invitez à particíper à la célébration de votre féte. Je m'excuse de ne pouvoir venir, empéché que fen suis par mon travail, bien que je brúle d'envie de me trouver une fois de plus parmi vous, dans votre village où, comme partout en Albanie, le travail de construetion bat son plein pour que notre chère patrie socialiste ne cesse de s'embellir et de se renforcer.
Je me rappelle bien le jour inoubliable où je me suis rendu en visite chez vous, à Bodrishte. A dire vrai, maintenant que je vous écris, je vois défiler devant mes yeux, dans toute leur beauté, tous les villages du Haut Dropull, de Jergueat à Koshovice, de Llongo à Sotire, de Kera à Kakavie, qui ne forment depuis longtemps qu'une seule coopérative agrandie et ne cessent de prospérer dans la voie radieuse du socialisme où nous guide notre cher Parti.
La voie de la collectivisation de l'agriculture dans votre région, où le village de Zervat, votre voisin, s'est engagé le premier, a été également suivie par tous les autres villages du Dropull, ce quí a transformé leur aspect et amélioré la vie de leurs habitants, la rendant encore plus heureuse. Quelle satisfaction éprouve aujourd'hui celui qui, connaissant bien l'amer passé de tout notre peuple, visite votre belle vallée! Il se réjouit d'entendre le vrombissement des tracteurs et de moissonneuses-batteuses, d'embrasser d'un coup d'oeil votre plaine fertile irriguée par les eaux abondantes du réservoir de Dofti et de Pepel, de voir pousser le blé et le mais, verdoyer la luzerne, le tabac et d'autres cultures, tout cela gráce au travail intense mené avec enthousiasme par les habitants patriotes et progressistes de votre région, par les merveilleux hommes et femmes dropullites.
Les camarades du Parti et du pouvoir du district deGjirokastérm'onttoujourstenu au courant des changements intervenus aussi à Bodrishte. Les camarades de notre áge se souviennent bien que jadis les habitants de ce village; dIPméme que le peuple albanais tout entier, restaient toujours sur leur faim, qu'ils avaient toujours soif, Feau étant rare chez eux, et que les plantes sauvages étaient leur nourriture quotidienne, qu'ils étaient lourdement exploités et que la mort les fauchait prématurément. Mais cetemps-là est à jamais révolu. Le Parti vous a rendus maitres de votre pays ' au méme titre que tout le peuple albanais. Aujourd'hui c'est vous-méme qui travaillez, produisez et gérez vos affaires. Vous avez aujourd'hui en abondance le pain qui vous manquait hier. L'eau potable qui vous a manquè des siècles durant descend au village des fralches sources de la montagne. Vos filles et gargons vont à l'école de huit ans de votre village, au lycée agricole de Bularat ou encore ils fréquentent d'autres écoles secondaires et supérieures partout en Albanie. Bientót, vous verrez se dresser dans votre village une nouvelle maison de la culture. Qui voyage de nuit pour aller à Vrisera et voit les villages de Bodrishte et de Bularat éclairés à l'électricité, a l'impression de laisser à sa droite une vraie ville.
Cest donc gráce au Parti et à sa juste ligne que votre village et tous ceux de la région du Dropull jouissent de tous ces avantages. Notre Parti a renversé une fois pour toutes le régime ù'exploitation et d'injustice qui pesait lourde:ment sur notre peuple comme sur la minorité grecque, dont les habitants, depuis trente années de vie libre et dans une vraie fraternité avec notre. peuple, jouissènt, en vertu de notre Constitution, une des plus avancées au monde, des rnémes droits que tous les autres citoyens de la
RP d'Albanie. Voilà pourquoi notre peuple tout entier aux cótés duquel vit le peuple patriote et travailleur de la minorité grecque, cette partie inséparable de notre patrie5 est très attaché à son Parti bien-aimé, qui a dissipé les ténèbres pour nous faire accéder à la lumière, qui nous a assuré des jours heureux et nous conduit de victoire en victoire. Voilà pourquoi la minorité grecque de chez nous, dans une unité d'acier avee la classe ouvrière et tout notre peuple, travaille inlassablement, sous la direction de notre glorieux Parti du Travail, pour édifier le socialisme et renforcer la capacité de défense de la patrie.
Nous savons bien que nos ennemis, les impérialistes, les révisionnistes et tous les autres réactionnaires, cherchent à nous ravir les victoires que nous avons remportées. Ces farouches ennemis révent tout éveillés, tantót ils nous calomnient, tantót ils agitent le rameau d'olivier, tantót ils nous menacent, tantót ils font semblant de nous plaindre sous prétexte que nous vivons mal, qu'il n'y a pas de démocratie chez nous, etc. Mais qui les croit? Personne! Quant à notre peuple, .Al leur a depuis longtemps dit: il ne faut pas plaindre la mariée d'étre belle. Et, en méme temps que nous travaillons et étudions, nous nous rnontrons vigilants et nous nous entrainons pour renforcer la capacité de défense de notre pays afin que demain, en cas de besoin, le fusil de chacun soit aussi meurtrier qu'un canon.
Chers frères et sceurs de Bodrishte, comme vous me l'écrivez dans votre lettre, vous profiterez de votre féte pour dresser le bilan de votre travail. Je suis convaincu que ce bilan dressé aujourd'hui, quinze ans après ma visite dans votre village, sera riche, parce que chez vous tout le monde travaille, jeunes et vieux, y compris mon vieil ami de Boularat, Ilia Gazhga, le communiste aveugle. Tous, vous travaillez inlassablement sans relácher votre vigilance parce que vous avez trop souffert dans le passé, parce que vous étes des gens simples, mais à la fois courageux, laborieux et assoiffés de savoir, liés au Parti comme la chair à l'os. Il n'est aucune force au monde capable de diviser notre peuple qui est doté de si précieuses qualités, de le détourner de sa voie révolutionnaire, il n'est aucune difficulté dont nous ne puissions venir à bout, nous, qui sommes en mesure de remporter toutes les victoires.
En vous félicitant de vos succès dans tous les domaines, je vous souhaite, chers frères et soeurs de Bodrishte, d'en remporter de nouveaux encore plus importants. Que votre féte puisse marquer aujourd'hui chez vous le début d'une nouvelle et puissante attaque sur chaque front du travail, dans la produetion, dans l'assimilation et l'application des enseignements du Parti, dans le renforcement continu de la vigilance révolutionnaire et de la capacité de défense de notre pays, pour que vous vous présentiez au 30' anniversaire de la libération de la patrie en ayant accompli toutes vos táches.
Mes amitiés à tous, aux enfants, à mes soeurs et frères du Dropull.
Bien à vous
Enver Hoxha
Tirana, le 29 juin 1974
SAMEDI
20 JUILLET 1974
LE PEUPLE DE CHYPRE DEMANDE SA LIBERTE,
SON INDĒPENDANCE ET UNE DĒMOCRATIE
VĒRITABLE
Aujourd'hui la Turquie a débarqué des troupes à Chypre. Il va sans dire qu'elle a trouvé à cela une justification: «défendre les accords de Genève et de Zúrích», (la Turquie en est un des garants). <<défendre la minorité turque>>, <<défendre tous les Cypriotes, le statu quo, la paix>>, etc.
Lorsque la situation en Chypre ne s«était pas déstabilisée, nous aussi nous étions pour ce statu quo. Qui Fa rompu? Naturellement, les grandes puissances impéríalistes et leurs alliés avec leurs visées à l’égard de Chypre, qui se trouve en face de l'Anatolie et dont le nez est dirigé vers la baie d'Iskenderun et le port militaire de Mersin d’où sont parties les troupes turques de débarquement.
L'archevéque Makarios et le général Grivas combattaient pour l’ENOS*.*( En gree, l'union.) Makarios était contre les Tures, pour l'union de l'ile à la Grèce, puis il s'est opposé à Athènes, il a été favorable, puis hostile à l'Angleterre, qui l'a finalement sauvé des grif f es de l'ENOS, il a été aussi favorable aux Etats-Unis, puis il a rompu avec eux, il a permis à l'OTAN d'installer ses bases dans l'ile, il s'est hé d'amitié avec l'Union soviétique, a visité la Chine, rencontré Mao et Chiang Ching, se disant «non-aligné», mais flirtant avec tout le monde.
Les Etats-Unis se sont empressés d'agir vite pour se rendre eux-mémes maltres de Chypre de peur que la Russie, si désireuse d'installer ses bases militaires en M~éditerranée, ne prenne les devants. Mais la Turquie, sans demander l'avis ni le conseil de personne, a franchi les eaux qui la séparaient de Chypre.
L'Union soviétique accuse haut et fort la Grèce de vouloir annexer Chypre- Mais quels sont ceux qui disent cela? Les khrouchtchéviens, qui se sont entendus avec Vénizélos (le Jeune) pour annexer à la Grèce les villes albanaises de Gjirokastér et de Korçe. Qui entend-on parler d'annexion? Les social-impérialistes soviétiques qui ont envahi la TchécosIovaquíe?! Et l'on corriprend bien pourquoi ils agissent ainsi.
Titochka,* *( Déformation ironique du nom de Tìto.) qui se pose en homme à cheval sur les principes, élève lui aussi la voix, mais nous allons voir jusqu'à quand cet «ami» et «allié» de la Turquie,et de la Grèce continuera de le faire. Il dira certainement quelque chose à l'a,dresse de la Turquie, comme il l'a fait, «pour la £rime»., à l'adresse des Soviétiques lors de l'inva-sion de la Tchécoslovaquie.
Ceux qui aujourd'hui sont les «amis» des cli-ques, seront demain leurs ennemis, ils les soutiennent aujourd'hui, mais ils trouveront demain ù'autres formules dictées par le dollar, la rouble 1011 la livre sterling.
Les grandes puissances impérialistes à l'ONU se perdent en palabres. En fait, toute décision :est prise en dehors de FONU. Quelle impudence! On fait de grandes déclarations à chaque réunion, alors qu'on lance des bombes et tire sur les peuples.
Nous sommes pour la liberté et l'indépendance du peuple de Chypre, et de la communauté grecque, et de la communauté turque, pour une démocratie véritable dans l'ile. Mais dans la situation actuelle, rien ne peut étre fait dans ce ,sens. Pour que la révolution triomphe, il faut ,que le peuple cypriote et tous les autres peuples combattent, qu'ils mènent une longue lutte contre les deux superpuissances, contre leurs agents et leurs cliques dans le monde entier. Quant à nous, nous renforo;ons notre défense, nous tendons notre vigilance, car le danger d'une guerre plane sur la Méditerranée et sur les Balkans. Rien ne nous prendra au dépourvu et si ce danger se présente, nous l'affronterons avec succès et nous vaincrons toute agression.
MARDI
23 JUILLET 1974
CHYPRE ET LES PLANS HĒGEMONIQUES DES
DEUX SUPERPUISSANCES DANS LA
MĒDITERRANĒE ORIENTALE
J’ai revu avec le camarade Hysni [Kapo] l’article que nous avons rédigé pour le publier demain dans le journal «Zéri i popullit» SOUS le titre de «Chypre et les plans hégémoniques des deux superpuissances dans la Méditerranée orientale».
Javais conçu et formulé quelques idées dans l'intention de les ajouter à cet article en ayant soin d'éviter les redites, mais j'y ai renoncé. Mon but était de raffermir l'opinion déjà formée sur notre politique sage et pondérée concernant la question de Chypre, problème politiquement important surtout en ce qui concerne notre voisine du. Sud. Indépendamment des menées des chauvins grecs et tures, nous conservons un juste équilibre dans nos sentiments de synipathie pour le peuple turc et pour le peuple grec, de méme que nous dénongons au méme titre tous les laquais des Américains et des Soviétiques, de Tito à Ceaucescu et compagnie.
Il est regrettable de voir cacher la vérité et cela pour servir des intéréts égoistes, pour faire plaisir à tel ou tel grand Etat, par opportunisme, par servilité ou par peur. Mais nous, Albanais, nous n'avons jamais eu peur de dire ouvertement ce que nous pensons. Nous sommes pour la coexistence pacifique, pour l'égalité des droit,s et une fraternité sincère et harmonieuse entre les deux communautés de l'ile.
Le peuple ami grec est attaqué. Nous sommest con'Ere ces attaques parce que ce n’est pas le peuple grec, mais l'impérialisme américain, qui est responsable de ce qui se produit. Celuici, de concert avec l'impérialisme anglais et le social-impérialisme soviétique, fomente et encourage ces intrigues. Ces trois monstres jouent avec les destinées des peuples de la Méditerranée, des Balkans et du monde entier. Chacun d'eux cherche à mettre la main sur Chypre, à planter ses griffes sur la Turquie et à occuper ses détroits, à asservir le peuple grec pour passer ensuite à un conflit général. Voilà la vérité nue. C'est contre ces impérialistes et les social-impérialistes que nous devons diriger notre fer de lance et non pas contre les peuples frères ture et gree.
L'Union soviétique révisionniste et impérialiste, les Etats-Unis, l'impérialisme féroce et sanguinaire foulent aux pieds les droits souverains des peuples, les poussent à entrer en conflit et a s'ensanglanter pour pouvoir mieux les piller et leur sucer le sang. Le Vietnam, le Bangladesh, le Moyen-Orient et à présent Chypre ne sont-ils pas là pour le prouver? Peut-on oublier les horreurs qu'ont connus les peuples du fait de l'impérialisme américain? Les révisionnistes de Mos~ cou attaquent la Grèce dans leur propagande. Et qui sont les auteurs de ces attaques? Ceux qui ont attaqué et envahi la Tchécoslovaquie, renversé Dubéek-Makarios et mis à sa place Husak~ Samson! Les révisionnistes soviétiques prétendent défendre la Turquie. Mais qui peut gober ce mensonge? Personne et eneore moins nous et les Turcs, avec lesquels nous sommes ljés d'une amitié sineère, comme nous le sommes aussì avee le peuple grec.
Nous disons aux impérialistes américains et aux social-impérialistes,soviétiques: Hors de Turquie et de Grèce, laissez ces pays tranquilles, parce qu'ils sont capables de régler eux-mémes leurs désaccords dans la bonne compréhension et dans l'intérét de leurs peuples et de la paix mondiale. C'est vous, impérialistes américains et révisionnistes social-impérialistes soviétiques, qui jetez de l'huile sur le feu, qui avez provoqué une effusion de sang à Chypre et ù présent, bien entendu, vous allez vous poser en «sauveurs de la situation»-. Dès maintenant, ils ont commencé à couvrir de louanges un intrigant nommé Kissinger, dès maintenant le bruit court que «les forces soviétiques» vont stabiliser la situation.
Mais ne nous y laissons pas prendre. C'est la bonne volonté des Tures, des Grees et des Cypriotes qui a conduit à un cessez-le-feu. Et nous avons confiance que la bonne volonté de ces peuples vaillants et progressistes établira la paix à Chypre, que son indépendance et sa souveraineté, la démocratie, la liberté, la coexistenee et la fraternité entre les habitants grecs et tures de l'ile y seront établies dans une bonne compréhension et dans un esprit de justice. Ce sera là une ceuvre grandiose et glorieuse dont profiteront beaucoup surtout les peuples des Balkans, dont les destinées ont été foulées aux pieds par les grandes puissances impérialistes, qui les ont ensanglantés et dressés l'un contre l'autre afin de les asservir plus facilement. Mais ce temps-là est à jamais révolu.
JEUDI
3 OCTOBRE 1974
ENTRETIEN CHALEUREUX AVEC LES ĒLECTEURS
Aujourd'hui j'ai eu d,ans la salle du Théátrede l'Opéra et des Ballets une rencontre avec mes électeurs de la circonscription 209 où je me suis porté candidat pour les prochaines élections k l'Assemblée populaire.
Cette prise de contact a tourné en une mani festation ardente de l'amour et du profond respect que la masse des travailleurs de la capitale ressent pour notre cher Parti. A cette occasion, A j'ai prononcé un discours, dont j'ai consacré une longue partie à notre politique extérieure, une politique ouverte, une politique des principes. prolétariens.
NOTRE POLITIQUE EST UNE POLITIQUE
OUVERTE, UNE POLITIQUE DE PRINCIPES
PROLĒTARIENS
Extraits du discours prononcé devant les électeurs de
la circonscription 209, à Tirana
3 OCTOBRE 1974
Nous sommes amis avec les peuples voisins Yougoslaves et grec. Les puissances impéirial[stes et leurs officines ont fourré toutes sortes de mè(ches et de détonateurs pour nous dresser les uns (contre les autres. Mais, nous, les peuples des Balkans, en avons tiré les enseignements qui s'imposaient et, face au danger commun, méme si naus ne sommes pas d'accord sur maintes qu~estions, nous avons trouvé et pouvons trouver un langage commun. Les faits historiques ne sauraie!nt étre ,effacés. Quand un d'entre nous a été attaqué, l'autre aussi l'a été par le méme ennerni. Les mémes ennemis ont poussé l'un ou l'autre à affaiblir le troisième. La mèche du baril de poudre se trouvait aux mains des ennemis de nos peuples et des cliques à leur solde.
Or, les peuples albanais, yougoslaves et grec n'ont jamais été mis à genoux par l'ennemi extérieur. Ces peuples n'ont pas une áme d'esclave, et cela ils l'ont montré constamment tout au long de leur histoire séculaire. Les Albanais, les Yougoslaves et les Grecs ne sont pas de ceux qui porteront leur pistolet pour rien, si, soit les Américains, soit, les Soviétiques, ou méme quel-qu'un d'autre, les attaquent et tentent de leur ravir leur liberté et leur souveraineté. C'est pourquoi les deux superpuissances ou les Etats «porteavions». qu'elles ont placés sous leur coupe, peuvent bien réver les yeux ouverts; ni les peuples de Yougoslavie, ni le peuple grec, ni le peuple albanais ne permettront jamais que leur sol soit foulé par les Soviétiques, les Américains, ou. quiconque qui y soit poussé par ceux-ci.
Nous avons dit et nous disons aux peuples de la Yougoslavie et de la Grèce que la frontière de l'Albanie avec eux sera toujours tranquille et que l'ennemi sera obligé tout d'abord de nous affronter, nous Albanais, atiquel cas il sera battu et pourra difficilement atteindre leurs frontières. Nous avons confiance qu'ils agiront de méme à notre égard.
Nous désirons vivre libres dans nos pays. Que les ennemis ne pensent pas avoir la táche
facile avec nous. Nous, Albanais, nous voulons du bien aux peuples de Yougoslavie et de Grèce. Développons donc notre amitié dans la voie la plus appropriée pour chacun, sans ingérence dans nos affaires intérieures mutuelles et ne permettons, sur les territoires de nos pays, rien qui, pour une raison ou une autre, puisse porter atteinte à nos intéréts de bon voisinage ou les menacer. L'Albanie, la Yougoslavie et la Grèce vivent non seulement en dehors du paete de Varsovie et de l'OTAN, mais encore elles vivent libres et indépendantes. Nous saluons les efforts du gouvernement grec pour quitter l'OTAN. Le peuple grec n'a pas permis d'étre foulé aux pieds et tous ceux qui pensent que des secrétaires du département d'Etat de Washington et des ministres des Affaires étrangères de Moscou pourraient se livrer à des manipulations et à des intrigues au détriment du peuple grec, font mal leurs calculs. Le monde se rappelle bien que la Grèce a versé son sang dans la guerre de libération à un moment où d'autres se tournaient les pouces.
Nous disons à nos voisins: Il n'y a ni il n'y aura de bases militaires étrangères dans notre pays, mais nous désirons que, de leur cóté, ils liquident les bases militaires étrangères dans les leurs. Aucun prétexte n'est valable quand on permet aux flottes des deux superpuissances non seulement d'avoir des bases permanentes, mais encore de mouiller, de procéder à des réparations et de se ravitaffier dans vos ports. Cela est très dangereux, aussi bien pour le pays qui fait de pareilles concessions, que pour ses voisins. Nous ne saurions étre d'accord avec personne sur ces prátiques. Nous avons falt connaltre notre position à l'égard des flottes d'a~gression américaine et soviétique dans la Méditerranée et nous de nieurons conséquents et fidèles à cette politique.
Ces derniers temps, les flammes de la guerre se sont aussi allumées à Chypre. Une nouvelle n-,enace est ainsi apparue pour la paix et la sécurité dans la M~éditerranée orientale et dans les Balkans. Le cours des événements, tels qu'ils se sont produits jusqu'à présent, témoigne que la nouvelle tragédie cypriote a vu le jour sur le fond de la rivalité soviéto-américaine, de l'atmosphère d'intrigues et de complots que les deux superpuissances, isolément ou de concert, trament contre les peuples. Les impérialistes américains cherchent à s'établir politiquement et militairement dans l'ile, et:les social-impérialistes soviétiques, eux, à p&cher en eau trouble. Ils profitent de la situation pour raviver les vieilles inimitiés turco-grecques et pour créer un état de choses qui faciliterait leur expansion ou justifierait leur intervention.
Les problèmes de Chypre sont multiples et, certes, nullement faciles à résoudre. Mais nous estimons que le peuple cypriote, grec et ture, est parfaitement en. mesure de décider lui-méme de son sort, libre des pressions étrangères et sur la base de ses intéréts souverains. Chypre est un Etat indépendant et souverain, membre des Nations unies et reconnu par la majorité des Etats du monde. n doit denieurer tel et nul Wa le droit de l'attaquer sous quelque prétexte que ce soit, de s'ingérer dans ses affaires intérieures et de lui imposer des solutiong qui ne concordent pas avee la volonté librement exprimée de son peuple.
UN JEUNE COMMISSAIRE DES LUMIĒRES
Ilia Nikolla Qiqi, jeune instituteur et fils de la minorité grecque, est tombé à son poste, en se sacrifiant à l'intérét général. Le Présidium de l'Assemblée populaire de la Rèpublique populaire d'Albanie lui a décerné, le 30 octobre 1974, le titre de <<Héros du Travail socialiste>>. Le camarade Enver Hoxha a adressé à sa famille, à Zervat de Gjirokastér, la lettre suivante.
Chers parents, soeurs et frères d'Ilia,
Je tiens à vous exprimer la profonde douleur que m'a causée la nouvelle de la mort de votre cher fils et frère, de ce fils fidèle de notre peuple, et à vous présenter mes plus vives condoléances.
La mort d'Ilia est un événement poignant, car il a été arraché subitement à sa famille et à la soci,été à la fleur de l'áge, quand il faísait ses premiers pas dans la vie pour servir avec dévotion le Parti, le peuple, la patrie, son Albanie socialiste. Cependant, cette perte si douloureuse éveille en nous un sentiment de fierté, car la décision qu'il avait prise de retourner sans tarder de Burrel à Lis, à son poste de travail, pour rejoindre ses élèves qu'il aimait et qui l'aimaient tant, témoigne d'une haute conscience socialiste dans le travail.
On m'a appris qu'Ilia était très assidu et attaché à son travail. Bien qu'ayant commencé à enseigner depuis peu à Lis du district du Mat, il s'était acquis, gráce à son parfait comportement, la confiance, l'amour et le respect de ses camarades, qui l'avaient élu secrétaire de l'organisation de la jeunesse de leur école.
Ayant fait de l'idéologie marxiste-léniniste du Parti sa conviction profonde, ce jeune commissaire des lumières, comme notre peuple appelle les enseignants, est mort pour demeurer à jamais dans le souvenir de ses petits élèves, de ses camarades, de sa famille et de toute sa patrie, qu'il aimait tant.
J'ai admiré votre courageuse attitude à l'annonce de cette si triste nouvelle, j'ai été très touché par vos paroles si chaleureuses, dans la lettre que vous m'avez écrite, à l'adresse de notre Parti bien-aimé ainsi que par votre prompte décision d'envoyer Stefan*,*( Stefan Qiqi est allé travailler comme instituteur à Lis, à la place de son frère. Son travall exemplaire lui a permis devenir membre du Parti du Travall d'Albanie.) le frère d'Ilia, le remplacer immédiatement à son poste.
C'est là un geste significatif d'une grande noblesse. Le départ du Dropull d'un autre men~_ bre de votre famille pour aller travailler à Bui~rel illustre de faqon éclatante l'ardent patriotisme et la pureté des sentiments de fraternté socialiste que notre Parti a toujours cimentés chez les gens de chez nous. On se réjouit de voir que les fils et les filles de la minorité se rendent de leur.propre initiative et avec joie dans chaque coin du pays, conscients qu'aujourdIui leur patrie est l'Albanie entière, que le socialisme se construit partout ' dans le Nord comme dans le Sud, et que tout citoyen trouve le bonheur non seulement dans sa région natale, mais sur tout le territoire de notre République populaire.
Etant à vos cótés, je vous envoie par l'esprit, en. méme temps que mes condoléances, mes salutations clìaleureuses et fais des voeux pour que vous ne connaissiez désormais que la joie, le bonheur et le succès dans votretravail. De tout mon coeur, je félicite Stefan pour la promptitude avec laquelle il est allé relayer son frère et lui souhaite une bonne santé et de bons résultats dans sa noble táche d'instituteur pour l'éducation communiste de la nouvelle génération.
Bien à vous
Enver Hoxha
Tírana, le 30 octobre 1974
MERCREDI
10 SEPTEMBRE 1975
UNE ĒCOLE DE HUIT ANS VIENT D’ĒTRE
OUVERTE A KËRRE
Les habitants du village de la minorité grecque de Kërre du. Haut Dropull m'ont fait savoir par télégramme qu'ils sont en train de féter un événement; important dans son histoire, l'ouverture d'une école nouvelle, de huit ans. Je leur enverrai un télégramme de félicitations.
VOTRE VILLAGE MONTAGNEUX VIT DES JOURS
HEUREUX
Télégramme à la population du village de Kërre du
Haut Dropull, Gjirokastër
Chers camarades, sceurs et frères de Kërre,
Je vous remercie de votre télégramme où vous m’apprenez que vous avez fété le 1` septembre l'ouverture chez vous d'une école de huit ans*.*( Jusqu'en 1975, les enfants de Kërre fréquentaient l'école du premier cycle de leur village (4 ans) puls ils poursuivalent leur instruetion dans une école de hult ans d'un autre viilage) Je comprends votre joie, car désormais vos enfants feront leurs huit premières années d'étude dans votre village méme. C'est aussi une grande joie pour moi qui connais Kérre et la vie triste et difficile que vous y meniez naguère.
Mais maintenant tous les villages de la minorité et du pays, ainsi que les laborieux habítants
de votre village montagneux, vivent enfin des jours heureux. Depuis le grand jour du 29 Novembre 1944 les habitants de la minorité, vous compris, vivent libres, et, aux termes de la Constitution de la République populaire d'Albanie, ils jouissent pleinement dans notre patrie socialiste bienaimée des mémes droits qge la population albanaise. Voilà pourquoi la population de la minorité grecque, mes chers soeurs et frères de Kërre, aime tant le Parti et, tout comme le peuple albanaís, travaille d'arrache-pied pour construire le socialisme, monte la garde jour et nuit pour assurer la défense du pays et son propre bonheur.
Votre village, qui fait partie de la coopérative agricole de Vrisera, progresse lui aussi chaque jour. Gráce à votre travail, vous vous suffisez en céréales. Votre région prospere. Dans le Haut Dropull il y a aujourd'hui plus de 110 enseignants, plus de 40 médecins, etc., des hópitaux, des dispensaires, des pharmacies, des maternités, etc., qui sont au. service de votre région montagneuse. Vos enfants grandissent en bonne santé, maintenant ils termineront Ieurs huit premières années d'études dans le village, et ceux qui auront obtenu les meilleurs résultats à l'école Pourront aller s'inserire à l'école secondaire agricole de Bularat, village proche du vótre. De nombreux fils et f illes de la minorité grecque ont fait Ou Poursuivent eneore des études secondaires et Supérieures ailleurs dans le pays. C'est une joie de voir que nombre d'entre eux veulent retourner dans vos beaux villages pour contribuer à y augmenter la production et à construire le socialisrne. La vie nouvelle, heureuse, dans notre pays n'est pas le fruit du hasard, elle est le résultat d'une lutte et d'un travail intenses, le résultat de grands sacrifices. Comme toute la population du Dropull, comme tous les habitants de la minorité grecque, comme le peuple albanaís lui-mème, dans une unité d'acier avec lui, unis comme de vrais frères, sous la direction du Parti, vous avez apporté votre contribution à la libération du pays, à l'instaurafion du pouvoir populaire et à Favènement de la vie heureuse que nous menons aujourd'hui. Les vìctoires remportées reposent sur cette unité du peuple autour du Parti. Il nous incombe donc de préserver et de consolider cette unité face à laquelle se sont brisés et se briseront toujours les ennemis intérieurs et extérieurs de notre patrie, les beys, les agas, les capitalistes, les traltres, ainsi que les impérialistes, les révisionnistes et quiconque ose toucher ne serait-ce qu'à un pouce de notre sol bien-aimé, qui, gráce à notre travail, embellit de jour en jour.
Partageant votre ioie, je suis convaincu que votre école de huit ans qui vient d'ouvrir ses portes deviendra, en méme temps que les autres établissements d'enseignement, culturels et sanitaires qui embellissent votre région, un foyer révolutionnaire d'éducation de vos enfants, qui Y acquerront le savoir et s'y nourriront des enselgnements de notre Parti pour devenir d'ardents patriotes et combattants, des travailleurs infatigables, qui oeuvreront à faire prospérer votre village et votre coopérative, à accroltre les productions agro-pastorales, les rendements des cultures fruitières et forestières, afin que votre vie devienne, comme celle de tout le peuple albanais, touiciurs plus belle.
Par la méme occasion, je vous envoie mes aniitiés et mes salutations, en vous souhaitant de tout cceur à vous tous, soeurs, frères et enfants de Kérre, une bonne santé, une vie heureuse et plein de succès dans votre travail pour accomplir toutes les táches qui vous sont assignées.
Bien à vous
Enver Hoxha
Tirana, le 13 septembre 1975
MERCREDI
19 NOVEMBRE 1975
LA RECONNAISSANCE DES DROITS Ā LA
MINORITĒ GRECQUE PAR NOTRE CONSTITUTION
N'EST PAS PUREMENT FORMELLE
J'ai appris que dans leurs curriculum vitae de membre du Parti quelques communistes de la minorité grecque figurent comme étant d'origine ethnique albanaise. Ce n'est pas juste, c'est méme une erreur politique et antimarxiste. Ce npest pas seulement pour la forme, mais aussi dans les faits que notre Parti et notre Constitution reconnaissent leurs droits aux minoritaires grees. Ceux-ci se sont vu ainsì accorder tous les droits qui leur reviennent, y compris celui d'avoir leur enseignement, leur presse et leur radio en langue grecque.
Si vraiment il y a eneore des cas de ce genre, il faut y remédier sur-le-champ. Je vais en parler aujourd'hui aux camarades secrétaires du Comité central du Parti.