français


 

La Révolution française de 1789

 

 

 

Message du Comintern (SH)


à l'occasion du 225iéme anniversaire


de la «Prise de la Bastille"


- Révolution Française



14 Juillet 1789 - 14 Juillet 2014


Aujourd'hui, il y a 225 ans, la Bastille a été saisi par les masses populaires au cours de la fameuse Révolution française qui a mis fin à la domination de l'aristocratie féodale. Bien que cela s'est produit en France, ce feu révolutionnaire se propagera rapidement à travers l'ensemble du continent Européen et il est devenu clair que la règle aristocratique et ses forces de base socio-économique et de production féodaux périssaient.


La Bastille était une prison bien connue à Paris, où les adversaires de la tyrannie féodal monarcho-aristocratique ont été emprisonnés dans des conditions indescriptibles. Quand le roi Louis XVI a été renversé, les masses furieux, fatigués de siècles d'oppression féodale, ont envahi la prison, libérer tous les prisonniers dans un épisode qui se souvient jusqu'à nos jours.


Staline a dit dans son interview avec HG Wells en 1934:


"Prenez la France à la fin du XVIIIe siècle. Bien avant 1789, il était clair pour beaucoup la façon dont était pourri le pouvoir royal, le système féodal. Mais une insurrection populaire, un affrontement de classes n'était pas, ne pouvait pas être évitée. Pourquoi? Parce que les classes qui doivent abandonner la scène de l'histoire sont les derniers à être convaincu que leur rôle est terminé. C'est impossible de les convaincre. Ils pensent que les fissures dans l'édifice décomposition de l'ancien ordre peuvent être réparés et enregistrés.


C'est pourquoi les classes mourants prennent à bras et recourent à tous les moyens de sauver leur existence en tant que classe dirigeante. Était la grande Révolution Française une révolution d’avocats et non une révolution populaire, qui a remporté la victoire par de vastes masses entraînantes du peuple contre le féodalisme et le champion des intérêts du Tiers État? Et les avocats parmi les leaders de la grande Révolution Française n’agissent pas en conformité avec les lois de l'ordre ancien? N'ont-ils pas introduire une nouvelle loi, bourgeoise révolutionnaire?


La riche expérience de l'histoire enseigne que, jusqu'à présent, pas une seule classe á volontairement cédé la place à une autre classe. Il n'y a pas de précédent dans l'histoire. Les communistes ont appris cette leçon de l'histoire. Les communistes accueilleront le départ volontaire de la bourgeoisie. Mais une telle tournure des choses est improbable, c'est ce que l'expérience nous enseigne. C'est pourquoi les communistes veulent être prêt pour le pire et faire appel à la classe ouvrière d'être vigilants, d'être prêt pour la bataille. »


La Révolution française de 1789 présentait des caractéristiques très positives: il représente un énorme pas en avant dans l'évolution nécessaire des rapports de production du féodalisme au capitalisme, c'était le début de la fin de la domination de classe aristocratique, il a assuré certains «droits» formelles que les masses populaires n'avait jamais connu jusque-là. Cependant, cela ne peut pas nous fait oublier ses nombreux et profonds limites. Il est vrai que la Révolution française a contribué de manière décisive à l'anéantissement de l'ordre féodal-aristocratique, mais seulement pour la remplacer par un autre type d'exploitation et d'oppression – cella du capitaliste-bourgeoise et d’esclavitude salarié. Dans le même temps, ces «droits» formelles ont été rejetés dans la pratique pour les masses populaires, restant un privilège des nouveaux dominateurs bourgeois autant que les prérogatives féodales avaient été des seigneurs aristocratiques. La Révolution Française de 1789 était de nature bourgeoise, la libération totale et définitive des travailleurs n'était pas encore en cause. Seuls près de un siècle après, avec l'émergence du matérialisme scientifique Marxiste et plus tard avec la Révolution d'Octobre 1917, les portes de son accomplissement ont été ouvertes.


Nous saisissons également cette occasion pour dénoncer l'arrogance et la présomption de révisionnistes Français, qui tentent de remplacer l'héritage irremplaçable et glorieux de la Grande Révolution Bolcheviste d'Octobre de 1917 en Russie par la Révolution Française bourgeoise de 1789. Leurs objectifs avec ça sont de garder les prolétaires, les travailleurs et les autres classes exploitées et opprimées sous l'influence de l'idéologie bourgeoise capitaliste, donc l’esclavitude salarié est en mesure de survivre. Les révisionnistes Français comme Thorez utilisent même la Révolution de 1789 pour justifier leur défense d'une «supériorité» supposée de la France sur les autres pays et peuples Européens:


"Et c'est, une fois de plus, la France, (…) la France de 1789, devenue la France du Front populaire, qui va guider les peuples de l'Europe dans la voie du bonheur, du progrès, de la liberté et de la paix." (Maurice Thorez, Oeuvres, Paris, 1950-1965, édition en langue Française)


Sans parler du fait que Thorez loue ouvertement les ultra-révisionnistes « théories du front populaire » de Dimitrov et remplace les classes par les nations de façon opportuniste, c'est bien la preuve de la grande «internationalisme» des révisionnistes Français, qui ont toujours été des spécialistes dans l'exacerbation chauvin et des sentiments nationalistes chez les travailleurs Français contre les classes exploitées et opprimées des autres pays.


Nous, Staliniens-Hoxhaistes, tirons les leçons des Classiques du Marxisme-Léninisme:


En 1852, Marx a écrit dans son «18 du Brumaire»:


«Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne font pas ce qu'ils veulent, ils ne le font pas dans des conditions d'auto-sélectionné, mais dans les circonstances actuelles déjà, directement données et héritées du passé!


Les révolutions bourgeoises comme ceux de la tempête du XVIIIe siècle plus rapidement de succès en succès, leurs effets dramatiques se surpassent les uns les autres, les hommes et les choses semblent sertie de diamants étincelants, l'ecstasy est à l'ordre du jour, mais ils sont de courte durée, dès qu'ils ont atteint leur zénith, et une longue Katzenjammer [crapule] s'empare de la société avant qu'il apprend à assimiler les résultats de sa période d'orage et le stress sobrement. D'autre part, les révolutions prolétariennes, comme ceux du XIXe siècle, se critiquent constamment, s'interrompent constamment dans leur propre cours, reviennent sur ​​ce qui semble déjà être accompli pour le recommencer à nouveau; ils raillent impitoyablement les demi-mesures, les faiblesses et la mesquinerie de leurs premières tentatives, semblent jeter leurs adversaires que si celui-ci peut puiser de nouvelles forces de la terre et s'élever devant eux encore plus gigantesque que jamais, reculer sans cesse de la colossale infinie de leurs propres buts - jusqu'à ce que la situation est créée qui rend tout retour en arrière impossible .


La révolution sociale du XIXe siècle ne peut pas prendre sa poésie du passé, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer par lui-même avant qu'il a dépouillé toute superstition du passé. Les révolutions antérieures nécessaires souvenirs de l'histoire du monde passent pour étouffer leur propre contenu. La révolution du XIXe siècle doit laisser enterrer leurs morts afin d'arriver à son propre contenu. »


Le 20ème siècle a été l'époque de l'impérialisme et de la révolution prolétarienne, de la victoire de la dictature du prolétariat dans la première période du socialisme.

Lénine a dit le 19 Mai 1919:


"Prenez la grande Révolution Française. C'est avec raison qu'il est appelé d’une grande révolution. Elle a tant fait pour la classe qu'elle a servie, pour la bourgeoisie, qu'il a laissé son empreinte sur tout le XIXe siècle, le siècle qui a donné la civilisation et la culture à l'ensemble de l'humanité. Les grands révolutionnaires Français ont servi les intérêts de la bourgeoisie mais ils ne s'en rendent pas compte, leur vision a été obscurci par les mots "liberté, égalité et fraternité". Dans le dix-neuvième siècle, cependant, ce qu'ils avaient commencé a continué, réalisée au coup par coup et a été terminé dans toutes les parties du monde.


Dans une affaire de dix-huit mois, notre révolution a fait tellement plus pour notre classe, la classe que nous servons, le prolétariat, que les grands révolutionnaires Français ont fait. Ils ont tenu dans leur propre pays pendant deux ans, puis ont péri sous les coups de la réaction européenne unie, sous les coups des hordes unis du monde entier, qui ont écrasé les révolutionnaires Français, réintégrés le monarque légitime en France, la Romanov de la période, a rétabli les propriétaires fonciers, et pour de nombreuses décennies plus tard écrasé tout mouvement révolutionnaire en France. Néanmoins, la grande Révolution Française a triomphé.


Tout le monde qui étudie l'histoire au sérieux admettra que, même s'il a été écrasé, la Révolution française a néanmoins été triomphante, car elle prévue pour le monde entier ces bases solides de la démocratie bourgeoise, la liberté bourgeoise, qu'ils ne pourraient jamais être déracinés.


Dans une affaire de dix-huit mois, notre révolution a fait tellement plus pour le prolétariat, pour la classe qui nous servons, pour le but vers lequel nous nous efforçons – le renversement de la domination du capital - que la Révolution Française a fait pour sa classe. Même si les Bolcheviks seraient exterminés jusqu'au dernier homme, la révolution serait toujours invincible."


Le 20e siècle fut l'époque de la lutte entre les camps du monde capitaliste et socialiste.


Le 21e siècle est le siècle de la transformation révolutionnaire mondial du capitalisme mondialisé en socialisme mondialisé.


Ainsi, nous prenons directement des mesures pour la deuxième période du socialisme, pour la période du socialisme mondialisé. Le temps du Comintern (SH) est le temps de la préparation de la victoire de la révolution socialiste, de la dictature du prolétariat et du socialisme à l'échelle mondiale.


Par conséquent, la révolution socialiste mondiale n'est ni la continuation, ni la conclusion de la Révolution Française. Le but de la Révolution Française a été l'abolition de la féodalité pour ouvrir la voie à la société capitaliste mondiale. En revanche, le but de la révolution socialiste mondiale est l’abolition du capitalisme mondial pour ouvrir la voie vers la société socialiste mondiale, puis transformé en société communiste mondiales.


Travailleurs du monde - tout comme les prisonniers de la Bastille, vous aussi seront libérés de vos chaînes!


Ne soyez pas trompé par les mensonges de la bourgeoisie-révisionnistes - seule la révolution socialiste prolétarienne armé peut vraiment vous émanciper!


A bas toutes les formes d'exploitation et d'oppression - esclavagistes, féodales et capitalistes-impérialistes!


Vive le Marxisme-Léninisme-Stalinisme-Hoxhaisme!


Vive la révolution socialiste mondiale!


Vive la dictature prolétarienne partout dans le monde!


Vive le socialisme mondial et le communisme mondial!


Vive le Comintern (SH), la seule organisation véritablement communiste dans le monde, le seul parti d’avant-garde du prolétariat mondiale!


 

 

 

 

 

Karl Marx, qui a largement rendu explicite son point de vue dans La critique moralisante et la morale critique (1847), explique :

« L'historiographie moderne a démontré que la monarchie absolue fait son apparition dans les périodes de transition, où les vieux ordres féodaux déclinent et où l'ordre des bourgeois, l'état bourgeois, se transforme progressivement en classe bourgeoise moderne, devient la classe bourgeoise, sans qu'un des partis en lutte ait encore pu venir à bout de l'autre. Les éléments sur lesquels s'édifie la monarchie absolue ne sont, par conséquent, nullement son produit ; ils en constituent plutôt la prémisse sociale. »

 

Karl Marx constate ainsi ce retournement en son contraire de la nature de la monarchie absolue :

 

« Lorsque les conditions de vie matérielles de la société se sont développées jusqu'à un point point où la transformation de son organisation politique officielle est devenue pour elle une nécessité vitale, toute la physionomie de l'ancienne puissance politique subit un changement.

Ainsi la monarchie absolue, au lieu de centraliser – et c'était là son activité civilisatrice proprement dite – tente-t-elle de décentraliser. Issue de la défaite des ordres féodaux, participant elle-même très activement à leur destruction, elle tâche de sauvegarder ne fût-ce que l'apparence des distinctions féodales.

 

Ayant jadis favorisé le commerce et l'industrie, donc simultanément l'essor de la classe bourgeoise, comme autant de conditions nécessaires de la puissance nationale ainsi que de sa propre splendeur, la monarchie absolue fait, désormais et partout, obstacle au commerce et à l'industrie, qui sont devenus des armes de plus en plus dangereuses entre les mains d'une bourgeoisie déjà puissante.

De la ville, berceau de son élévation, elle jette un regard angoissé et terni sur la campagne qu'ont engraissés les cadavres de ses anciens adversaires à la taille de géant. »

 

En France, le prolétariat n'était pas du tout assez développé, la bourgeoisie elle très forte, comme nous le verrons. Karl Marx notait à juste titre, en 1847 donc, que :

 

« Si donc le prolétariat renverse la domination politique de la bourgeoisie, son triomphe ne sera que passager, ne sera qu'un facteur au service de la révolution bourgeoise elle-même, tout comme en l'an 1794, tant que, dans le cours de l'histoire, dans son « mouvement », ne sont pas créees les conditions matérielles qui rendent nécessaire l'abolition du mode de production bourgeois et, par conséquent, la chute définitive de la domination politique bourgeoise.

C'est pourquoi le régime de la Terreur ne devait servir en France qu'à faire disparaître comme par enchantement, sous ses puissants coups de marteau, les ruines féodales du sol français.

Timorée et conciliante comme elle l'est, la bourgeoisie ne fût pas venue à bout de cette besogne même en plusieurs décennies. Par conséquent, l'action sanglante du peuple n'a fait que lui préparer les voies.

De même, la chute de la monarchie absolue ne serait que momentanée, si les conditions économiques voulues pour la domination de la classe des bourgeois n'étaient pas encore parvenues à maturité.

Les hommes se construisent un monde nouveau, non pas au moyen de « biens terrestres », comme le croit la superstition grossière, mais grâce aux conquêtes historiques faites par leur monde, qui est en train de sombrer. Au cours de leur évolution, ils doivent d'abord produire aux-mêmes les conditions matérielles d'une nouvelle société, et nul effort de l'esprit ou de la volonté ne peut les libérer de cette destinée. »

 

Karl Marx explique :

 

« Les travailleurs savent fort bien que la bourgeoisie est obligée non seulement de leur faire des concessions politiques plus larges que ne le fait la monarchie absolue, mais qu'au service de son commerce et de son industrie, elle fait naître, contre son gré, les conditions favorables à l'union de la classe laborieuse, et cette union des travailleurs est la première condition de leur victoire.

Les travailleurs savent que la suppression des rapports de propritété bourgeois ne peut être obtenue si l'on maintient les rapports féodaux.

Ils savent que le mouvement révolutionnaire de la bourgeoisie contre les ordres féodaux et la monarchie absolue ne peut qu'accélerer leur propre mouvement révolutionnaire. Ils savent que leur propre lutte contre la bourgeoisie ne pourra débuter que le jour où la bourgeoisie aura triomphé. [...]

Ils peuvent, ils doivent prendre à leur compte la révolution bourgeoise comme une condition de la révolution des ouvriers. Mais ils ne peuvent la considérer un seul instant comme leur but final. »

 

Les communistes comprennent qu'il existe des étapes historiques, que chaque étape anéantit le stade précédent en l'assimilant de manière dialectique. Aux yeux des communistes regardant l'histoire de France, tant la monarchie absolue que la révolution bourgeoise ont été des phénomènes historiques progressistes.

Le regard porté sur l'histoire de France allant de 1789 à 1871 ne peut se fonder que sur le point de vue de Karl Marx :

 

« Toute évolution, quel que soit son contenu, peut être présentée comme une série de divers degrés d'évolution qui sont reliés de maière que l'un d'eux constitue la négation de l'autre.

Quand, par exemple, un peuple évolue de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle, il nie son existence politique antérieure. En aucun domaine, on ne peut traverser une évolution sans nier son mode d'existence antérieur. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES GRANDES DATES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

 

1789

janvier-mai. Élections pour les États généraux.
5 mai. Réunion des États généraux.
20 juin. Serment du Jeu de paume.
23 juin. Réplique royale (le roi casse et annule les décisions de l'Assemblée).
27 juin. Recul du roi. Réunion des trois ordres.
9 juillet. L'Assemblée nationale se déclare Assemblée nationale constituante.
11 juillet. Renvoi du populaire Necker.
14 juillet. Prise de la Bastille.
16 juillet. Rappel de Necker.
été. La Grande Peur.
4 août. Abandon des privilèges.
26 août. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
5-6 octobre. Sous la pression populaire, Louis XVI quitte Versailles pour Paris.
2 novembre. Les biens du clergé sont déclarés biens nationaux.
22 décembre. Création des départements.
24 décembre. Les protestants reçoivent tous les droits politiques.

 

1790

28 janvier. Les Juifs deviennent citoyens.
janvier-mai. Émeutes de la faim.
22 mai. Déclaration de paix au monde.
12 juillet. Constitution civile du clergé.
14 juillet. Fête de la Fédération.
novembre. Suppression des douanes intérieures.

 

1791


La Contre-Révolution passe partout à l'action.
L'émigration s'amplifie.

17 mars Loi d'Allarde, qui abolit les corporations.
2 avril Mort de Mirabeau.
16 mai Les membres de l'Assemblée constituante ne pourront pas se présenter aux élections pour l'Assemblée législative.
14 juin Loi Le Chapelier, qui interdit les coalitions et la grève.
21-25 juin Fuite, arrestation (à Varennes) et retour à Paris du roi et de sa famille. Loi martiale.
17 juillet Fusillade du Champ-de-Mars (la garde nationale tire sur les citoyens venus porter une pétition républicaine).
27 août Déclaration de Pillnitz.
3 septembre L'Assemblée vote la Constitution du royaume.
5 septembre Élection (au suffrage censitaire) des députés à l'Assemblée législative.
13 septembre Le roi accepte la Constitution.
14 septembre Le roi prête serment à la Constitution.
30 septembre L'Assemblée constituante se sépare.
1er octobre L'Assemblée législative se réunit pour la première fois.
9 novembre Décret contre les émigrés.
29 novembre Décret contre les prêtres réfractaires.
19 décembre Veto du roi à ce dernier décret.

 

1792

mars Ministère de guerre girondin (Roland-Dumouriez-Clavière). Mort de l'empereur Léopold II (1er  mars).
20 avril Déclaration de guerre au roi de Bohême et de Hongrie . Premiers revers.
27 mai Les Girondins font voter des mesures contre les prêtres réfractaires. Veto du roi.
29 mai Licenciement de la garde soldée.
8 juin Vote de la formation d'un camp de 20 000 fédérés à Paris.
13 juin Renvoi du ministère girondin. Formation d'un ministère feuillant.
20 juin Journée de pression contre le roi et son droit de veto.
11 juillet Décret déclarant la patrie en danger.
14 juillet Camps fédérés à Paris.
25 juillet Manifeste de Brunswick.
9 août Une Commune insurrectionnelle se substitue à la Commune légale de Paris.
10 août Chute de la royauté. Arrestation de Louis XVI et de sa famille.
17 août Création du premier tribunal révolutionnaire.
23 août Les Prussiens s'emparent de Longwy.
2 septembre Capitulation de Verdun. Réunion des assemblées électorales en vue de la formation d'une Convention nationale.
2-6 septembre Massacres dans les prisons de Paris.
20 septembre Victoire de Valmy.
22 septembre Proclamation de la (Ire) République.
2 octobre Création du Comité de sûreté générale.
24 octobre Adoption du calendrier républicain.
6 novembre Victoire de Jemmapes. Occupation de la Belgique.
19 novembre La Convention appelle les peuples opprimés à l'insurrection.
20 novembre Mise en accusation du roi (découverte de l'armoire de fer contenant des documents compromettants).
27 novembre Réunion de la Savoie à la France.
11 décembre Ouverture du procès du roi.

 

1793

1er janvier Création d'un Comité de défense générale.
19 janvier Condamnation à mort du roi.
21 janvier Exécution de Louis XVI.
31 janvier Le comté de Nice est annexé à la France.
1er février Rupture avec l'Angleterre et les Provinces-Unies.
24 février Levée de 300 000 hommes et vote de l'amalgame.
25 février Entrée de Dumouriez à Breda.
7 mars Rupture avec l'Espagne. Début de la coalition générale contre la France.
10 mars Début de l'insurrection dans l'Ouest (Vendée).
18 mars Défaite de Dumouriez à Neerwinden.
début avril-23 juillet Siège de Mayence par les Prussiens.
1eravril Suspension de l'inviolabilité des députés.
5 avril Défection de Dumouriez.
6 avril Création d'un Comité de salut public.
9 avril Conférence alliée à Anvers (dépeçage de la France).
11 avril Cours forcé de l'assignat.
13 avril Marat arrêté sous la pression des Girondins.
24 avril Acquittement de Marat.
18 mai Commission d'enquête (girondine) contre la Commune de Paris.
31 mai Démonstration antigirondine.
2 juin Coup d'État jacobin. Décret d'arrestation contre 29 députés girondins et 2 ministres.
9 juin Prise de Saumur par les vendéens.
24 juin Vote de la Constitution très démocratique (dite de l'an I, jamais appliquée), ratifiée par référendum.
13 juillet Assassinat de Marat par Charlotte Corday.
16 juillet Révolte de Lyon.
26 juillet Loi punissant de la peine de mort les accapareurs de marchandises de première nécessité.
27 juillet Entrée de Robespierre au Comité de salut public.
28 juillet Prise de Valenciennes par les Autrichiens.
1er août Introduction du système décimal.
23 août Loi de réquisition générale.
24 août Création du Grand Livre de la Dette publique.
28 août Entrée des Anglais à Toulon.
3 septembre Emprunt forcé sur les riches. Renforcement du tribunal révolutionnaire.
6-8 septembre Victoire de Hondschoote.
17 septembre Loi des suspects.
29 septembre Loi du maximum général, fixant un prix maximal des marchandises de première nécessité.
9 octobre Reprise de Lyon.
10 octobre Le gouvernement est déclaré révolutionnaire jusqu'à la paix . Terreur, exécution, début de la vague de déchristianisation.
16 octobre Victoire de Wattignies.
17 octobre Défaite des Vendéens à Cholet.
21 novembre Discours de Robespierre contre l'athéisme des hébertistes.
24 novembre Fermeture des églises. Culte de la Raison.
4 décembre Décret constitutif du gouvernement révolutionnaire.
19 décembre Reprise de Toulon.
23 décembre Défaite des vendéens à Savenay.
26 décembre Victoire du Geisberg près de Wissembourg.

 

1794

janvier Début de la dictature de Robespierre.
25 février Création des Écoles centrales.
26 février Décret de ventôse confisquant les biens des ennemis de la République.
14-24 mars Robespierre se débarrasse des hébertistes.
30 mars-5 avril Robespierre se débarrasse des dantonistes.
1er avril Suppression du Conseil exécutif provisoire. Rôle prépondérant du Comité de salut public.
16 avril Décret renforçant la Terreur : tous les prévenus de conspiration seront déférés au seul Tribunal révolutionnaire de Paris.
8 juin Fête de l'Être suprême.
10 juin Loi d'exception (22 prairial) renforçant la justice révolutionnaire.
26 juin Victoire de Fleurus.
10 juillet Entrée des Français à Bruxelles.
26-28 juillet (8-10 thermidor an II) Chute et exécution de Robespierre. Fin de la Grande Terreur.
Réveil royaliste ; vague contre-révolutionnaire. La Commune de Paris perd la plupart de ses pouvoirs.
18 septembre Séparation de l'Église (constitutionnelle) et de l'État.
6 octobre Prise de Cologne.
10 octobre Création du Conservatoire des arts et métiers.
11 novembre Fermeture du club des Jacobins.
24 décembre Abolition de la loi du maximum.
27 décembre Invasion des Provinces-Unies.

 

1795

hiver 1794-1795 Misère populaire.
17 février Hoche traite avec les Vendéens.
21 février Proclamation de la liberté des cultes.
8 mars Les Girondins proscrits sont rappelés.
1er avril Émeute de la misère.
5 avril Premier traité de Bâle (avec la Prusse).
16 mai Traité de La Haye (avec les Provinces-Unies).
20 mai Nouvelle manifestation des sans-culottes. Début de la Terreur blanche dans le Midi.
31 mai Suppression du Tribunal révolutionnaire.
27 juin Tentative de débarquement royaliste à Quiberon.
22 juillet Second traité de Bâle (avec l'Espagne).
22 juillet Échec du débarquement royaliste à Quiberon.
22 août Vote de la Constitution de 1795 (an III), ratifiée par référendum.
30 août Décret des deux tiers, imposant aux futures Assemblées une majorité initiale de deux tiers de Conventionnels sortants.
5 octobre (13 vendémiaire an IV) Révolte royaliste à Paris, écrasée par Bonaparte.
22 octobre Création de la future École polytechnique.
26 octobre Fin de la Convention.
2 novembre Première séance au Luxembourg du Directoire composé de cinq membres élus par le Conseil des Anciens et le Conseil des Cinq-Cents.
21 décembre Cri d'alarme du Directoire : l'inflation est à son comble.

 

1796

28 février Fermeture du club du Panthéon.
18 mars Suppression des assignats, remplacés par des mandats territoriaux.
26 mars Bonaparte à la tête de l'armée d'Italie.
16 avril Rétablissement de la peine de mort.
14 mai Bonaparte à Milan.
17 novembre Victoire d'Arcole.

 

1797

9 avril Échec des Conventionnels aux élections.
18 avril Préliminaires de Leoben.
27 mai Exécution de Babeuf.
juillet-septembre Négociations à Lille avec les Anglais : c'est un échec.
4 septembre (18 fructidor an V) Réaction du Directoire contre les monarchistes (Clichyens).
18 octobre Traité de Campoformio.

 

1798

15 février Création de la République romaine.
12 avril Création de la République helvétique.
9-18 avril Élections favorables aux Jacobins.
11 mai (22 floréal an VI) Invalidation de 98 nouveaux représentants de l'opposition.
19 mai Départ de Bonaparte pour l'Égypte.
21 juillet Victoire des Pyramides.
1er août Défaite d'Aboukir.
22 août Fondation de l'Institut d'Égypte.
5 septembre Instauration de la conscription (loi Jourdan ).
23 décembre-21 janvier 1799 Turquie, la Russie et l'Autriche, qui forment la seconde coalition.

 

1799

23 janvier Création de la république Parthénopéenne.
25 mars Défaite de Stokach.
16 avril Victoire du mont Thabor.
18 juin (30 prairial an VII) Les directeurs jacobins doivent démissionner.
24-25 juillet Victoire d'Aboukir.
15 août Défaite de Novi.
22 août Bonaparte quitte l'Égypte.
25-27 septembre Victoire de Zurich.
9 octobre Bonaparte débarque à Fréjus.
9-10 novembre (18-19 brumaire an VIII) Coup d'État de Bonaparte à Saint-Cloud ; début du Consulat et fin de la Ire République.

 

 

 

"Nous aussi des citoyennes".

Les femmes dans la Révolution française de 1789

 

"La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits", jette Olympe de Gouges à la face des citoyens. Paradoxe majeur d'une Révolution française fondée sur l'universalité du droit naturel: la moitié de la société reste exclue des droits politiques et du suffrage dit universel. Les femmes jouèrent un rôle important, et même souvent un rôle moteur, dans le processus révolutionnaire. Rappelons ainsi la marche de milliers de femmes sur Versailles, les 5 et 6 octobre 1789, qui ramena le roi à Paris et l'obligea à ratifier les décrets du 4 août. Remémorons-nous l'engagement actif des "tricoteuses" parisiennes aux côtés des Montagnards dans le conflit qui les opposa, en 1793, aux Girondins. Ou évoquons encore les manifestations de femmes qui, en avril et mai 1795, marquèrent le déclenchement des grandes insurrections de l'an III.



Contrairement à une vision répandue, la revendication du pain ne fut jamais l'unique étendard des foules féminines.



Présentes à chaque étape



On retrouve la présence des femmes à chacune des étapes qui marquèrent la radicalisation de la Révolution : dans le rassemblement du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791 ; parmi les initiateurs de la pétition pour l'abolition de la royauté ; au sein du mouvement des sans-culottes parisiens, en 1793, et souvent sur les positions politiques les plus avancées. Ce sont elles encore qui peuplèrent les tribunes des grands clubs Jacobins et Cordeliers et de l'Assemblée nationale, d'où elles n'hésitèrent pas à interrompre les orateurs pour manifester leur approbation ou leurs désaccords.



Leur exclusion des droits politiques ne suscita pas la naissance d'un mouvement féministe tel qu'en connut le XXe siècle. Mais la tonalité féministe de nombre de déclarations et d'écrits de ces femmes semble indéniable. Leur action mit souvent en cause concrètement le statut traditionnel que la société, même révolutionnaire, leur réservait alors.



Cette dimension féministe, on en trouve des traces dès les débuts de la Révolution, dans cette floraison de brochures, motions et pétitions à laquelle donne lieu la préparation des états généraux. Quelques femmes, de milieu aisé, prennent elles aussi la plume pour dénoncer la situation de mineures à vie qui est le lot de la moitié de la société. "La devise des femmes est travailler, obéir et se taire, écrit ainsi M.B. dans son « Cahier de doléances et réclamations des femmes », en 1789. « Voilà certes un système digne de ces siècles d'ignorance, où les plus forts ont fait les lois et soumis les plus faibles. »



Les principales revendications alors mises en avant portent sur les droits civils (la fin du privilège de masculinité en matière d'héritage, le divorce) et sur l'instruction. "Ne nous élevez plus comme si nous étions destinées à faire les plaisirs du sérail", proteste encore M.B.



Mais cette période reste avant tout marquée par deux grands textes de portée plus théorique: celui d'un homme, Condorcet ("Sur l'admission des femmes au droit de cité", paru dans la presse en juillet 1790), et la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », d'Olympe de Gouges, en septembre 1791. Tous deux se placent d'emblée sur le terrain de l'égalité. Pour Condorcet, "ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes"; si les femmes restent exclues des droits politiques, c'est une violation des principes de 1789, un "acte de tyrannie".



L'égalité ou la tyrannie



De son côté, l'article premier de la Déclaration d'Olympe de Gouges proclame : "La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits." Ce qui inclut les droits politiques (article VI) : "La loi doit être l'expression de la volonté générale; toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous." Anticipation véritablement révolutionnaire, la Constitution du 3 septembre 1791, adoptée au même moment, instaure le suffrage censitaire masculin...



Beaucoup plus modérée sur le plan politique, Olympe de Gouges dénonce à plusieurs reprises la politique des Montagnards : elle meurt sur l'échafaud le 3 novembre 1793. Mais le commentaire publié quelques jours plus tard dans le Moniteur montre bien quel est son principal crime: "Elle voulut être homme d'Etat. Il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d'avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe."



D'autres voix s'élèvent également pour dénoncer l'exclusion des femmes des droits naturels. Celle de M. Jodin, qui écrit en 1790, dans ses Vues législatives pour les femmes : "Et nous aussi nous sommes citoyennes." Ou encore, la même année, celle d'Etta Palm, avec son Discours sur l'injustice des lois en faveur des hommes, au dépend des femmes.



Un changement va toutefois se produire à partir de 1792: les femmes ne vont pas rester en dehors du mouvement qui pousse le peuple à intervenir de plus en plus directement dans le cours d'une histoire en train de s'accélérer (menaces de guerre aux frontières, menées contre-révolutionnaires des "ennemis de l'intérieur", difficultés économiques croissantes, etc.). Et, ainsi, aux prises de position individuelles des premières années succèdent des formes d'action plus collectives et portées par des femmes d'origine plus populaire, qui vont inscrire dans les faits cette aspiration égalitaire.



De la réthorique à la pratique



Cette évolution est manifeste, par exemple, dans l'histoire des clubs de femmes, qui font leur apparition dès 1790-1791 dans plusieurs villes de province (une trentaine sont actuellement connus). Constitués au début essentiellement de bourgeoises, épouses ou filles de membres des clubs masculins, et principalement tournés vers des activités philanthropiques d'éducation et d'assistance publiques - activités traditionnelles qui traduisent toutefois la volonté de leurs adhérentes de contribuer directement au "service de la patrie" -, la plupart de ces clubs se radicalisent rapidement sous la pression des événements. Ils participent activement à la vie politique de leur ville, en même temps que leur recrutement se démocratise (parallèlement, de nombreuses femmes, et parfois les mêmes, entrent dans les sociétés populaires qui acceptent plus facilement leur participation).



La question de l'armement des femmes est une des revendications les plus souvent mises en avant. Au-delà de la volonté patriotique, il s'agit, pour celles qui avancent cette revendication, de s'affirmer comme citoyennes à part entière. "La société ne peut nous ôter ce droit que la nature nous donne, à moins que l'on ne prétende que la Déclaration des droits n 'a point d'application pour les femmes": de cette façon s'expriment trois cent dix-neuf Parisiennes en mars 1792 dans une pétition à l'Assemblée nationale.



Quelques jours plus tard, Théroigne de Méricourt, devant la Société fraternelle des minimes, appelle les femmes à s'organiser en corps armé: "Il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l'ignorance, l'orgueil et l'injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps." Comme on peut s'en douter, toutes ces demandes sont refusées: "Gardons-nous d'intervertir l'ordre de la nature", réplique un député aux signataires de la pétition...



Dans la rue et les clubs



La volonté des femmes de participer pleinement à la vie politique et de peser directement sur la marche des événements se manifeste aussi par de nombreuses pétitions ou adresses portant sur des thèmes généraux, non spécifiques. Celles de Nantes demandent, par exemple, l'arrestation des nobles; à Besançon, elles réclament l'arrestation de la reine; d'autres dénoncent le clergé réfractaire ou exigent "la punition de tous les conspirateurs".



Le même souci anime celles qui, le 10 mai 1793, fondent à Paris le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires. Estimant qu'elles ne pouvaient s'exprimer pleinement au sein des clubs et sociétés populaires, elles décident de se regrouper à part afin, expliquent-elles, de "délibérer sur les moyens de déjouer les projets des ennemis de la République".



Elles vont ainsi se mobiliser pleinement, en mai-juin 1793, contre les Girondins, demandant leur mise en accusation et l'épuration des administrations. Elles participent directement à l'insurrection des 31 mai et 2 juin, qui pousse la Convention à décréter l'arrestation de vingt-neuf députés girondins. Durant toute cette période, leur club constitue l'une des principales forces du mouvement révolutionnaire, à l'origine directe de nombreuses initiatives.



L'écrasante majorité des députés n'en continue pas moins à ne pas se poser le problème des droits politiques des femmes (à de rares exceptions près comme Guyomar ou Romme). La Constitution adoptée le 24 juin 1793 ne leur accorde toujours pas le droit de vote. Ce qui n'empêche pas un grand nombre de femmes, lors du référendum de ratification de la Constitution, de venir voter et prêter serment, elles aussi, manifestant dans les faits, une nouvelle fois, leur refus d'être exclues de la nation.



Elles se regroupent donc, dans plusieurs villes, pour voter l'acceptation de la Constitution et rédiger des déclarations à l'adresse de la Convention: "Les citoyennes ont aussi le droit de ratifier un acte auquel elles ont si efficacement concouru. Les droits de l'homme sont aussi les nôtres", affirment les républicaines de Beaumont. Tandis que les citoyennes de la section du faubourg Montmartre regrettent que "la loi les prive du droit précieux de voter".



Un sentiment d'injustice



Ces femmes ont le sentiment légitime d'avoir contribué à la victoire du mouvement révolutionnaire et de représenter une force importante. Ce sentiment de leur force rend l'injustice d'autant plus flagrante. Cela éveille des interrogations, suscite des remises en cause... Cette prise de conscience, si elle reste encore minoritaire, n'est plus limitée, comme au début, à quelques individus isolés. Il ne s'agit pas d'un mouvement organisé, mais d'un débat diffus qui traverse la plupart des clubs et nombre de sociétés populaires.

 


Début juillet 1793, des citoyennes de la section des Droits de l'homme affirment par exemple qu'elles ne veulent plus être considérées comme des "êtres passifs et isolés", relégués dans la "sphère étroite de leur ménage".



Durant tout l'été et l'automne 1793, les militantes des clubs vont continuer à intervenir directement dans le champ politique. Mais ceux qui viennent de s'assurer le pouvoir grâce à l'appui du mouvement populaire cherchent maintenant à endiguer celui-ci...



Sous l'impulsion de ses dirigeantes, Claire Lacombe et Pauline Léon, le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires se rapproche des positions des Enragés. Dans une pétition, le 26 août, ce club dénonce "les prévarications sans nombre qui ont lieu dans les ministères", l'"anarchie et le règne des Intrigants", les "scélérats qui sont à la tête de nos armées". Les signataires demandent aux députés de destituer tous les nobles et les administrateurs coupables et de créer des tribunaux révolutionnaires. Un peu plus tard, le Club se prononce pour le contrôle et la responsabilité des agents de l'Etat, et pour un exécutif placé sous le contrôle direct du peuple organisé dans les sections. Cette conception de la démocratie directe va susciter l'hostilité croissante du gouvernement et des grands clubs masculins.



Auto préservation masculine



A partir de septembre 1793. des députés dénoncent devant la Convention ces "prétendues révolutionnaires". Elles sont désormais considérées comme suspectes, et à double titre: du fait de leurs positions politiques avancées, et parce qu'elles remettent directement en cause la suprématie masculine. La citoyenne Dubreuil l'a bien compris: "Les hommes s'aperçoivent qu'à mesure que les femmes s'éclaireront leur despotisme marital disparaîtra, comme celui du ci-devant roi."



La Convention va se saisir du premier prétexte venu – une rixe entre des membres du Club et des marchandes des Halles au sujet du port du bonnet rouge - pour déclencher l'offensive. Le député Fabre d'Eglantine se fait l'écho des angoisses et des fantasmes masculins devant ces "filles émancipées", ces "grenadiers femelles" qui, prédit-il, après avoir obtenu, peu de temps auparavant, l'extension aux femmes de l'obligation de porter la cocarde, ne vont pas tarder à "demander la ceinture, puis les deux pistolets à la ceinture".



Le lendemain, le 30 octobre, après avoir rappelé dans un long discours que "les fonctions privées auxquelles sont destinées les femmes par la nature même tiennent à l'ordre général de la société", Amar, le rapporteur du Comité de sûreté générale, conclut: "Il n'est pas possible que les femmes exercent des droits politiques." En conséquence, la Convention décrète l'interdiction des clubs et sociétés populaires de femmes, "sous quelque dénomination que ce soit". Un seul député proteste.



Le coup du 9 brumaire



C'est ainsi que le problème des droits politiques des femmes est, pour la première fois, débattu à l'Assemblée nationale... et rapidement tranché! De ce 9 brumaire an 1 (30 octobre 1793) date la première grande mesure contre-révolutionnaire de la Convention. Ce décret renvoie officiellement les femmes au domaine du privé - que selon beaucoup de gens, elles n'auraient jamais dû quitter.



Reste que, à travers les Citoyennes révolutionnaires, cette mesure vise aussi tous les courants politiques radicaux. Le deuxième article du décret (toutes les séances des sociétés populaires doivent dès ce moment être publiques) annonce déjà l'offensive suivante, contre les sociétés sectionnaires.



Celles qui se veulent des "femmes libres" trouvent bien peu de défenseurs, même parmi les révolutionnaires politiquement les plus avancés. Le rapport Amar exorcise sans doute des peurs masculines largement partagées!



Le décret du 9 brumaire ne met pas un terme à l'intervention politique des femmes, qui continuent à jouer un rôle de premier plan dans toutes les manifestations de mécontentement général, jusqu'à l'insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795). L'échec de ce dernier signe la fin du mouvement féminin de masse : les décrets des 1er et 4 prairial interdisent aux femmes d'assister aux assemblées politiques et de s'attrouper dans la rue à plus de cinq.



En revanche, le 9 brumaire met bien fin à ce mouvement d'idées qui s'est développé depuis le début de la Révolution, pour lequel l'avènement d'une société réellement nouvelle devait signifier aussi l'avènement d'une femme nouvelle, une femme libre. Après le rapport Amar, personne n'élèvera la voix pour défendre les droits des femmes.



 

 

 

25/08/2014

French translation

by the Portuguese Section of the Comintern (SH)

 

[ On the French Revolution 1789 ]

Textes du camarade Ernst Aust traduits
à l'occasion du 29iéme anniversaire de sa mort

25/08/1985 - 25/08/2014

Révolution Française

"DEMAIN ROUGE" – « ROTEN MORGEN »
Organe officiel du PCA / ML (KPD / ML)


29 n° 20 Juillet 1974

"Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé."


Cette première ligne de la Marseillaise, créé dans les années de la Révolution en France, indique la situation en France en Juillet 1789, lors de la nuit du 12 Juillet tiré la sonnette d'alarme pour un soulèvement général. Venu le cri: «AUX ARMES». Arsenaux ont été pillés par les masses en quête de nouvelles armes. Le 14 Juillet, la Bastille, la prison la plus détestée de Paris a été envahi. Le siège a duré quatre heures. Puis a été entendu dans toutes les places et les rues:

Victoire! Victoire!"

Paris est occupé par la bourgeoisie, les artisans et les travailleurs. La prise de la Bastille était le signal pour prendre les forteresses de l'absolutisme féodal en France. À plusieurs reprises au cours des années, il ya eu des soulèvements paysans, combinés avec la révolution. Les paysans ont pris de faux, de fourches et de maillets et brûlé les châteaux des seigneurs. Pour les propriétaires fonciers et de la noblesse dans les villes, le "jour du grande peur”, comme on l'appelait alors, est venu à la fin.

La France à la fin du XVIIIe siècle était mûr pour la révolution, une transformation révolutionnaire de conditions économiques, sociales et politiques. La féodalité était devenu à ce moment-là un obstacle à la production. En France à cette époque constitue le mode de production capitaliste est apparue. Dans l'atelier, nous avons travaillé par les salaires. Parmi eux, quelques grandes entreprises, telles que les mines de charbon Anzin, employant 2.000 travailleurs. Les artisans qui ont travaillé à la maison ont toujours été une plus grande dépendance sur le secteur manufacturier. S'ils possédaient les moyens de production, ils diffèrent pour les employés que dans la mesure que le travail à la maison. La poursuite du développement de la grande industrie, cependant, n'a été possible que lorsque le système féodal a été éliminé. Voici la cause fondamentale de la Révolution Française. D'autres causes développement accéléré.

L’agriculture a également montré la pourriture et la décomposition de ce système. 25 millions de paysans vivaient à cette époque en France. La moitié d'entre eux n'avaient pas de terres, a dû vendre et utiliser le travail de la famille de payer des impôts. 1,5 million de paysans ont été réduits à la mendicité. Dans ces circonstances, il y avait une grande famine et révoltes paysannes, même dans les années de bonne récolte. Souffert terriblement précise où, comme en 1788, la sécheresse a provoqué une mauvaise récolte. Ensuite, les paysans mouraient de faim dans la campagne, que les artisans et les ouvriers de la ville. 200 000 artisans ont été ruinés seulement en 1788.

Pendant ce temps, le troisième état, 96% de la population Française, et en particulier les travailleurs exploités remarquaient le parasitisme toujours répugnant de la première classe et de la deuxième classe, la noblesse et le clergé. Les dépenses à l'égard de sa famille royale étaient tout simplement scandaleuses. Louis XVI a passé pour nourrir leurs chiens £ 54 000 par an.

La partie la plus riche de la bourgeoisie, les paysans de l'impôt général, les banquiers qui ont prêté de l'argent de l'État, les marchands qui commercent avec le commerce des colonies, les propriétaires fonciers qui ont reçu des dons auprès des agriculteurs, ont été intrinsèquement liée à ces couches, et a essayé ostentation les imiter. Dans le même temps, cependant, également demandé des réformes, et surtout, un moyen de sortir de la paralysie totale de l'état demandant des droits politiques.

En Juillet 1789, lorsque le roi refusait encore de l'imposition des impôts á la noblesse et au clergé, et avait tiré un ministre bourgeois, il s'était couché le carburant pour le feu de la bourgeoisie au sein de son propre cabinet, les mouvements de réforme de la bourgeoisie moyenne et supérieure alliés eux-mêmes avec la rébellion des autres couches du Tiers État.

La Révolution Française éclate

Pourquoi est-ce que la révolution bourgeoise en France était plus radical que tous les autres révolutions bourgeoises? Pourquoi aurait-elle, en effet, conduit à la destruction de la féodalité? Pourquoi elle est devenue un phare pour la lutte anti-féodale en Europe? -
Comme Staline a caractérisé la Révolution, elle était

"Une révolution populaire qui a gagné parce qu'il a conduit les masses à la révolte contre le féodalisme et a défendu les intérêts du Tiers État."

"Qu'est-ce que le Tiers Etat?" Sieyès avait demandé un livret de journées révolutionnaires de Juillet.

"La nation entière dans les chaînes et l'oppression." "Qu'est-ce qu'il a été dans le système de l'État à ce jour? Rien. Que veut-il? Être quelque chose."

Dans cette connaissance de soi, et représentant 96% de la nation, les représentants du tiers état des Etats généraux aux réunions convoquées par le roi a déclaré au début de Juillet 1789, qui étaient les représentants de la nation tout entière et pourraient exiger de leurs demandes et les intérêts de masses représentées, montrant leur pouvoir à l'époque de la guerre civile contre les forces du roi. La garde nationale de la Citoyenneté protége leur pouvoir.


La "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen"

Cela a fourni les principes de ce nouvel état bourgeois. Elle a proclamé l'abolition de la propriété, de l'égalité de tous devant la loi et que seuls les gens sont la source du pouvoir. Le dernier point de la «Déclaration» était: «La propriété étant un droit inviolable et sacré."

Ainsi, la Déclaration a confirmé le nouvel ordre comme un ordre de la classe moyenne, la bourgeoisie. Elle dicté par une ordonnance de côté des privilèges féodaux. Quant à la propriété bourgeoise, cela a été proclamé comme un «droit sacré», et a créé une nouvelle inégalité fondée sur le principe de fonctionnement de l'ordre social capitaliste.

De cette façon, la vie sociale de la France a changé. Le nouveau gouvernement a révolutionné l'appareil d'Etat, et a abandonné le développement du capitalisme de l'industrie de la volonté de la production. Ils ont gardé leurs lois oppressives et même ajouté une nouvelle où la bourgeoisie a voulu affirmer leur pouvoir contre les travailleurs. Ainsi, une loi en Octobre 1789, qui a permis aux gens de prendre des accumulations a déjà été approuvé. Lorsque, en 1791, les travailleurs ont rejoint dans le contexte des grandes grèves et les associations professionnelles, celles-ci ont été interdits. Il en était de même des droits politiques. Ils n'avaient accès qu'à ceux qui ont payé des impôts. Mais seulement 4 des 25 millions de citoyens avaient le droit d'être élus dans les organes de l'Etat et de rejoindre la Garde nationale.
Le 17 Juillet 1791, une foule nombreuse s'était rassemblée dans le Champ de Mars, ce qui nécessite la déchéance du roi et la proclamation de la République, mais la bourgeoisie a lancé la garde nationale contre eux.

Compte tenu de ces conditions, aggravé les contradictions entre les forces anti-féodaux. Outre cette révolution alarmé les dirigeants féodaux de l'Europe, qui se sentaient menacés dangereusement. Première à l'Autriche, puis d'autres Etats ont déclaré la guerre à la France. Dans ces jours artisans et ouvriers de la banlieue de Paris - avec son chant révolutionnaire sur les lèvres - marcha contre l'ennemi. Mais le gouvernement des masses, ils ne seraient pas perdre la face dirigée directement contre l'ennemi dans leur propre pays. Les Tuileries, le siège de Louis XVI à Versailles, a été perquisitionné, et la bourgeoisie a été contraint de déclarer la République.


Déclaration de la République

Cependant, avec la déclaration de la République, la situation des masses n'a pas changé. Les gens ont souffert de l'inflation. Il se révolta contre le traître et l'attitude même timide de la bourgeoisie, représentée par Girondino partie, et contre les troupes d'intervention contre-révolutionnaire.

«La liberté est un fantôme vide, si une classe peut affamer l'autre impunément. Depuis quand est-ce que la possession de mécréants est plus précieux que la vie humaine?" - Ces slogans du peuple des agitateurs ont été prises par les Jacobins, les représentants révolutionnaires les plus radicaux de la bourgeoisie.


2 Juin 1793

Le 2 Juin 1793, 40 000 citoyens ont pris d'assaut la Convention. Les Girondins, le parti politique de la bourgeoisie - affligé par les personnes - qui avaient trouvé refuge parmi la noblesse, ont été arrêtés. Le domaine des Jacobins a commencé. Ils ont vu que ce n'était pas possible pour veiller à ce que, avec des artisans, des ouvriers et des paysans, il était possible de construire une violence révolutionnaire solide contre les ennemis de la révolution interne, alors qu'il a défendu les droits de la classe moyenne. Ils ont vu qu'ils ne pouvaient pas trahir le patriotisme des masses qui ont combattu les maîtres européens contre-attaques face contre les gains démocratiques bourgeoises en France. Donc, ils ont continué la révolution avait commencé, et avant que les droits politiques limités étendues des citoyens qui les rend en droits démocratiques des masses. Ils ont réussi à battre la réaction féodale à l'intérieur et à l'extérieur de la France. Mais même cette partie radicale de la bourgeoisie ne pouvait pas être long avec la masse de millions de travailleurs et exploités ensemble et la simple raison qu'ils ont aussi ne veulent pas d'éliminer, en tant que représentants de la bourgeoisie, la propriété bourgeoise, et donc l'origine de la révolte des masses. Isolé des masses qui soutenaient le domaine des Jacobins, ils ne pouvaient pas rivaliser avec la section réactionnaire de la bourgeoisie elle-même. Le domaine des Jacobins a été renversé et une partie de la bourgeoisie contre-révolutionnaire est arrivé au pouvoir et a lancé une terreur furieuse contre les masses.


Lénine

Lénine a écrit à propos de l'importance de la Révolution Française:
Pour sa classe, la bourgeoisie, tant qu'elle a fait tout au long du XIXe siècle, ce siècle qui a la civilisation à l'humanité entière et de la culture a été dominée par la Révolution Française. Ce siècle ne s'applique partout dans le monde et a terminé la grande bourgeoise révolutionnaire Française avait créé, et qui a servi les intérêts de la bourgeoisie, même si elles n'avaient pas connaissance de celui-ci et qu'il était caché derrière les mots de liberté, d'égalité et de fraternité. Et pourtant, la grande Révolution Française a triomphé. Quiconque se penche sur l'histoire de la conscience va dire que la Révolution Française a gagné parce qu'il a jeté les bases de la démocratie bourgeoise, les civils dans le monde qui ne peuvent plus être éliminés libertés.
La Révolution Française est le rôle révolutionnaire qu'il a joué dans l'histoire de la bourgeoisie. Il a permis à l'industrie de démarrage coincé a ces contraintes sociales et politiques de la féodalité. Mais ces victoires ne peuvent pas gagner sans sacrifices. Parce que, à aucun moment dans l'histoire d'une classe donne leur pouvoir volontairement. Toute nouvelle classe doit toujours se battre pour son pouvoir par la violence révolutionnaire.


Limites de la progressivité de la bourgeoisie

La Révolution Française est à la fois un test aux limites de la bourgeoisie progressiste.

"La révolution bourgeoise est limitée par le fait qu’elle seulement remplace la domination d'un groupe d'exploiteurs par un autre." (Staline)

Au lieu de chaînes féodales, elle a mis les ouvriers et les paysans dans les nouvelles chaînes de l'exploitation et de l'oppression capitaliste. Avec l'avènement du capitalisme, la société dans son ensemble a été de plus en plus divisé en deux grands camps hostiles classe: la classe capitaliste et le prolétariat. Une fois au pouvoir, la capitale n'a qu'un seul but: défendre sa souveraineté contre son fossoyeur lui-même créé, la classe ouvrière.

Afin de se libérer, le prolétariat doit détruire cette classe.


Staline et la révolution prolétarienne

Par conséquent, Staline a dit à propos de la Grande Révolution socialiste d'Octobre que

Cette n’est ni une continuation, ni une réalization de ça. L’objectif de la Révolution Française a été l'abolition de la féodalité et le renforcement du capitalisme. L'objectif de la Révolution d'Octobre est l'élimination du capitalisme et le renforcement du socialisme.”

Seule une révolution socialiste élimine toute l’exploitation de l'homme par l'homme. Pour révoquer la propriété privée des moyens de production, il détruit les racines de l'exploitation. La classe ouvrière ne peut pas, par conséquent, penser que juste en appuyant sur la bourgeoisie et l'ancien appareil capable de gagner et d'émancipation état. Elle doit anéantir et détruire l'appareil d'Etat bourgeois qui supprime les masses dans les intérêts d'une petite minorité d'exploiteurs. Le prolétariat créera un nouvel état qui représente la volonté des masses pour la première fois dans l'histoire, la dictature du prolétariat.