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Franz Mehring

27. 2. 1846 Schlawe/Pommern - 29.1.1919 Berlin

 

100ème anniversaire de la mort

29 janvier 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fils d’officier, Mehring fut élevé dans une stricte tradition prusienne et protestante. Il étudia la philologie et s’initia au journalisme. En 1875, il publia une série d’articles contre l’historien officiel de la Cour (Monsieur Treitschke le tueur de socialistes et les buts finaux du libéralisme).

Puis, il mena une campagne acharnée contre la corruption de la presse bourgeoise, mais, déçu par l’absence de soutien de la part du SPD, il écrivit un livre polémique. Cet ouvrage lui valut d’être nommé en 1882 docteur en philosophie de l’Université de Leipzig.

Sa conversion au socialisme fut accélérée par les mesures antisocialistes de Bismark. Dès 1883, il se fit l’avocat de la social-démocratie persécutée dans des journaux progressistes bourgeois, tels que le Berliner Volkszeitung, dont il devint le rédacteur en chef en 1899.

Il lut les oeuvres de Marx et d’Engels, prit contact avec Bebel et Wilhelm Liebknecht.

Mis à pied de la Berliner Volkszeitung, il devint un des collaborateurs les plus réguliers de Die Neue Zeit, spécialisé en Histoire et histoire de la Littérature. En 1898, il fit paraître son grand ouvrage Geschichte der deutschen Sozialdemokratie, où il se révéla comme historien marxiste majeur.

En 1902, il publia trois volumes d’oeuvres de jeunesse de Marx-Engels et un volume de correspondance de Lassalle avec Marx. De 1902 à 1907, il fut rédacteur en chef du Leipziger Volkszeitung, journal en pointe dans la lutte contre le révisionnisme.

Il enseigna aussi à l’Ecole du parti. Se retirant en 1911 pour raisons de santé, Rosa reprit d’ailleurs une partie de son cours sur l’Histoire du socialisme.

Vers 1912, il entra en conflit avec la direction du SPD. Kautsky lui retira toute fonction importante à la DNZ, notamment celle d’éditorialiste. Rosa le conjura d’ailleurs de ne pas démissionner : « N’importe qui de bien au parti, sachant être autre chose que l’esclave de la direction, sera de votre côté. Mais comment avez-vous pu laisser tout cela vous amener à abandonner une position aussi importante ? Je vous en prie, gardez la situation générale du parti à l’esprit. Vous vous rendez certainement compte que nous approchons de plus en plus d’un moment où les masses auront besoin d’une direction énergique, impitoyable et généreuse, et que nos pouvoirs en place, la direction, l’organe central, les représentants au Reichstag et le “journal scientifique”, sans vous, deviendront de plus en plus misérables, étroits d’esprit et seront de plus en plus atteints de crétinisme parlementaire. Nous devons occuper et garder toutes les positions qui nous permettent de défier la “direction” officielle en exerçant notre droit de critique. Combien peu nombreuses sont ces positions et combien peu de gens comprennent la situation, vous le savez mieux que moi. Le fait que les masses se trouvent néanmoins derrière nous et désirent des dirigeants nouveaux était évident lors de la dernière réunion générale de Berlin, et même dans l’attitude de presque toutes les organisations du parti dans le pays. A cause de cela, c’est notre devoir de rester et de ne pas faire le jeu des “bonzes” du parti en pliant bagage. Nous devons accepter les luttes et les frictions continuelles, surtout lorsque qui que ce soit attaque ce saint des saints, le crétinisme parlementaire, aussi violemment que vous l’avez fait. Mais, en dépit de tout cela, le mot d’ordre le plus juste semble être de ne pas céder un pouce de terrain. La Neue Zeit ne doit pas être entièrement cédée aux pouvoirs officieux et à la sénilité. Moquez-vous de ces misères et continuez à y écrire afin que nous puissions tous avoir la joie de vous lire. » (Lettre de Rosa du 19 avril 1912, in Nettl, p. 447)

Avec quelques militants (Rosa, Karski ...), il fonda la Sozialistische Korrespondenz, journal exprimant le point de vue de l’aile gauche du SPD, qui parut du 27 décembre 1913 à décembre 1914. Adversaire déclaré de la guerre, il publia (septembre 14), dans le Vorwärts et la Bremer Bürgerzeitung, une protestation contre la falsification, par les majoritaires du SPD, de certaines déclarations d’Engels sur le tsarisme. En avril 1915, il édita avec Rosa le numéro unique de la revue Die Internationale.

Il participa à la fondation, le 1° janvier 1916, du groupe Spartakus mais fut placé en détention en août, pour quatre mois. En mars 1917, il fut élu au Landtag, en remplacement de Karl Liebknecht, incarcéré.

Il publia, en 1918, une grande biographie de Marx et salua la Révolution russe : « Si seulement je pouvais vous adresser de meilleures nouvelles sur la vie des travailleurs allemands ! Mais le socialisme d’Etat s’étend comme une tache d’huile, bien qu’il n’ait cessé et ne cesse chaque jour de dépérir politiquement et moralement (...) Nous nous sommes trompés sur un seul point : c’est d’avoir en effet rallié l’organisation du parti des Indépendants après sa fondation - tout en conservant bien sur l’autonomie de nos positions - dans l’espoir de la faire progresser. Nous avons dû renoncer à cette espérance. » (Nettl, p. 675)

Enfin, il prit part à la préparation du congrès de fondation de KPD, mais ne put assister aux débats car il était déjà gravement malade.

Mehring, âgé et très affaibli, fut profondément bouleversé par la perte de ses amis : « Lorsqu’il reçut la nouvelle du sauvage assassinat de Karl et de Rosa, il fit les cent pas dans sa chambre pendant des heures (...) A présent, je ne voyais plus de larmes dans ses yeux, qui ne cessaient de jeter des éclairs de colère et de raillerie : “Aucun gouvernement n’est encore descendu aussi bas”, murmura-t-il à plusieurs reprises. » (Nettl, p. 759) Quelques jours plus tard, il fut emporté par une pneumonie.

 

 

Mehring et la question militaire