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[ this website is published on occasion of the 120th Birthday of Hans Beimler ]

July 2, 2015

Hans Beimler

born. July 2, 1895 in Munich


On December 1, 1936 - killed in action of the Spanish Civil War

 

"Dachau, dans le camp des meurtriers" Livre d’Hans Beimler paru en août 1933 sur les débuts des camps d’extermination

 

Nous avons mis en ligne sur ce site des extraits du document "Les camps tragiques", témoignage accablant sur le camp de concentration de Dachau paru en France en mars 1934

En introduction à cet article, nous informions de l’existence d’autres textes qui auraient sensibilisé l’opinion publique mondiale si globalement, le grand patronat, les droites des divers pays et l’Eglise catholique n’avaient pas soutenu et protégé alors le fascisme comme allié face au syndicalisme et aux partis de gauche. Monsieur JP Hollande nous a demandé en message l’auteur d’un autre texte sur Dachau. Voici quelques mots sur Hans Beimler, auteur de cette brochure parue en août 1933, éditée ensuite en livre.

Hans Beimler naît à Munich en 1895. Fils d’un ouvrier agricole, il devient métallurgiste et participe au DMV (syndicat des travailleurs du métal). Soldat puis officier de marine pendant la première guerre mondiale, il participe en 1918 au Conseil des soldats et travailleurs de Cuxhaven puis à la république des conseils de Munich. Il milite au sein de la Ligue spartakiste avant de contribuer à la fondation du Parti communiste allemand. Il sera élu conseiller municipal d’Augsbourg puis député.

Adolf Hitler accède au pouvoir le 30 janvier 1933. Le 11 avril 1933, Hans Beimler est arrêté puis brutalement torturé dans les locaux de la préfecture de police de Munich. Le 25 avril 1933, il est interné à Dachau dans un état physique dégradé. Il constate vite qu’il s’agit en fait d’un camp d’extermination visant les militants antifascistes. Dans la nuit du 8 au 9 mai, il tue un gardien SS, revêt son uniforme et s’enfuit.

Il se cache plusieurs semaines en Bavière, rédigeant son texte : "Dachau, dans le camp des meutriers" qui paraît en brochure en août 1933. Il s’agit probablement du premier témoignage publié sur la réalité d’un camp de concentration ayant une fonction d’extermination, en particulier pour les militants antifascistes. Ce document sera publié par Moscou en 1935 qui lui donnera une certaine publicité.

Réfugié à Prague puis Zurich, il fonce vers Barcelone à l’annonce du coup d’état de Franco et sera un des premiers engagés des brigades internationales. Membre de la brigade Thalmann, il devient commissaire politique de tous les bataillons allemands. Par son courage et son activité, il gagne une popularité considérable.

Le 1er décembre 1936, il meurt à Madrid dans des conditions non élucidées. D’après son amie Antonia Stern, une grande violoniste suisse, il a été assassiné par la GPU, en raison de ses critiques sur les aspects de la politique menée par les Soviétiques en Espagne qui ne contribuaient pas à la victoire (répression du POUM, refus de la radicalisation sociale...).

Il est enterré en Catalogne dans le cimetière de Montjuich.

Une chanson des républicains espagnols et des brigades internationales a conservé le souvenir d’Hans Beimler :

 

CAMARADA HANS BEIMLER

La muerte no anunciada

en Madrid busca a Hans

detrás de una barricada

lejos de su patria lucha

Hans Beimler, por la libertad.

Hans Beimler, por la libertad.

*****

Las calles están teñidas

de sangre internacional

una bala lo destroza

disparada con certeza

por un frío fusil alemán.

por un frío fusil alemán.

*****

Comisario Hans Beimler

nadie te podrá olvidar

Te lo juro camarada

vivirás entre nosotros

Vencerá la libertad !

Vencerá la libertad !

Vencerá la libertad !

 

 

 

 

 

La brochure de Hans Beimler a été publiée à Moscou en allemand [Im Mörderlager Dachau, Moskau,Verlagsgenossenschaft Ausländischer Arbeiter in d. UdSSR, 1933], et de Moscou elle a été diffusée en plusieurs langues. Ce fut le premier témoignage publié sur le fonctionnement d’un camp de concentration allemand. En l’occurrence, Dachau, le premier qui ait été ouvert, suite à l’incendie du Reichstag au soir du 27 février 1933.La publication de la brochure de Beimler en français le fut sous l’égide du PCF, au Bureau d’éditions. Elle est annoncée dans L’Humanité en octobre 1933 par un encart publicitaire de l’Office de Diffusion. Elle semble donc avoir été disponible avant mars 1934. En février-mars 1934,en revanche, il en est beaucoup question dans les campagnes de propagande contre les atrocités nazies, puisque Beimler est alors à Paris et participe aux manifestations du Comité Thälmann, en vue d’obtenir la libération du dirigeant communiste allemand Ernst Thälmann.

 

Selon Esmond Romilly (neveu de Winston Churchill), Beimler était l'archétype du bon communiste,

« une personne sérieuse, prônant une discipline rigide, membre du PC, intéressé par tous les aspects techniques de la guerre, et dépourvu de toute tendance égoïste, comme la peur ou le courage bravache »

 

 

Beimler avait morigéné et renvoyé dos-à-dos les cadres médicaux :

« Nous sommes ici pour combattre les fascistes, et vous perdez votre temps en vous disputant entre vous. Si vous continuez, on va vous renvoyer d'où vous venez. [...]Nous nous sommes serré la main, et nos yeux se sont rencontrés pour la 1° fois : son regard était à la fois pénétrant et bon. Je remarquai qu'un de ses doigts était déformé, et l'ongle mal implanté; j'appris plus tard que c'était une séquelle de son interrogatoire par la Gestapo. »

 

 

Agnes Hodgson, une infirmière australienne, décrit dans son journal les funérailles officielles de Baimler à Barcelone :

"Six décembre : ai suivi le convoi funèbre de Baimler, un ex-député communiste allemand qui a été tué sur le front en combattant. Un homme très capable, et très aimé, c'est une grande perte pour le parti... ... Nous étions toutes là, toutes les femmes des BI, Anglaises, Allemandes, Suisses. Nous défilons, poing levé, après les officiels, derrière une bannière qui proclame : "Vengeons la mort de Hans Beimler" , nous descendons lentement le rue, nous passons devant l'Hôtel Colon, et des haut-parleurs diffusent des discours honorant la dépouille de Baimler. Puis nous traversons la place de Catalogne et descendons les Ramblas, lentement, toujours en saluant du poing. Au passage nous sommes saluées par diverses associations : les étudiants latino-américains, les Anarchistes, les Jeunesses Communistes, etc.Nous atteignons l'extrémité des Ramblas et nous nous rangeons sur un côté. Là nous assistons au défilé de milliers d'Espagnols, de tous les partis, de la police, des milices, des femmes, des enfants, avec leur milliers de drapeaux et d'orchestres. On entendait régulièrement l'Internationale, puis la marche des anarchistes, puis l'Internationale . Enfin arrivent les attelages portant de magnifiques couronnes... ...Aucune de nous 4 n'avait mis de chapeau, car le chapeau est considéré comme bourgeois ici"

 

 



Ancien député communiste allemand, Hans Beimler, fut le commissaire d'un des premiers bataillons des Brigades internationales, la "Centurie" Thaelmann.
Il fut tué sur le front de Madrid en octobre 1936. Antifasciste de la première heure, Hans Beimler avait été interné à Dachau par les hitlériens le 11 avril 1933. Il parvint cependant à s'en 'échapper, in extremis, un jour avant la date prévue pour son exécution.
Note : dans le bataillon commandé par Hans Beimler, se trouvaient 18 anglais parmi lesquels Esmond Romilly, un neveu anarchiste de Winston Churchill !

 

Des soldats de la « Brigade Hans Beimler » défilent en mars 1937.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Spanische Freiheitskämpfer und Angehörige der Internationalen Brigaden halten Ehrenwache am Sarge des Genossen Hans Beimler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Monument des Brigades internationales

Brigada Internacional est
le nom de notre honneur

Les brigadistes provenèrent de 53 nations, et furent 40-50.000 (avec un roulement: les Brigades Internationales étaient composées de 10-15.000 personnes). Environ 8000 de ces 40-50.000 brigadistes étaient d'origine juive.